Toujours plus de stars dans la prochaine saison de « Dix pour Cent »

Posté par vincy, le 15 janvier 2018

bellucci lanvin huppert dujardin dalle

Pour sa saison 3, la série Dix pour cent étoffe son portefeuille de stars. Dès le premier épisode, l'oscarisé Jean Dujardin lancera les festivités. Monica Bellucci s'invite dans le deuxième épisode, Gérard Lanvin dans le troisième, Isabelle Huppert dans le quatrième, Béatrice Dalle dans le cinquième. Julien Doré, déjà présent dans la saison précédente, reviendra faire un tour.

Pour le sixième et dernier épisode, la production réserve un lot de surprises.

La saison sera réalisée par Marc Fitoussi et Antoine Garceau. Le tournage débute cette semaine, jusqu'à fin avril.

Dix pour cent a déjà accueilli avec plus ou moins de bonheur Cécile de France, Line Renaud, Françoise Fabian, Nathalie Baye, Laura Smet, Audrey Fleurot, Julie Gayet, Joey Starr, François Berléand, Virginie Efira, Ramzy Bedia, Fabrice Luchini, Christophe Lambert, Norman Thavaud, Isabelle Adjani, Guy Marchand et Juliette Binoche.

Si la première saison était emballante, par son ton comme par la singularité de son sujet, la deuxième a légèrement déçu, notamment à cause d'une trame narrative plus faible et des rebondissements plus plats.

Dans cette nouvelle saison, les agents de l'agence ASK vont partir en guerre contre leur patron, le millionnaire mondain imbuvable Hicham (Assaâd Bouab). Deux des agents historiques, Andréa et Gabriel (respectivement Camille Cottin et Grégory Montel) préparent leur départ en secret tandis que Mathias (Thibault de Montalembert) fait tout pour s’imposer à la tête de l’entreprise. Pour le reste, on retrouvera les autres employés de l'agence interprétés par Liliane Rovère, Fanny Sidney, Laure Calamy, Nicolas Maury et Stefi Celma.

Edito: Jamais contents

Posté par redaction, le 12 janvier 2017

C'est le propre de la critique paraît-il de toujours râler sur les films: pas assez ci, pas assez ça, c'était quand même mieux avant, non mais là franchement c'est pas possible, souviens toi en 69!, etc... Alors on fait taire les critiques. La radio (publique surtout), la presse écrite et le web laisse encore de la place aux autres films que les très gros canons anglo-saxons (et ses stars si people) et les productions françaises à 5 millions d'euros et plus (et ses acteurs si populaires). En revanche pour la télévision, c'est une autre histoire. Il y a bien Ça balance à paris sur Paris Première (chaîne qui cumule à 0,5% d'audience), Le cercle sur Canal plus et puis c'est à peu près tout. Le petit écran qui aime tant les vedettes du grand pour ses séries et téléfilms, pour ses plateaux télé et ses cérémonies à la gloire du 7e art, laisse de moins en moins de place au cinéma.

Le cinéma est partout à la télévision: en soirée, sur à peu près toutes les chaînes, il attire des millions de téléspectateurs. Aucun talk show ne refuse une star hollywoodienne ou un comédien français réputé. Les JT du week-end se bagarrent pour avoir la tête d'affiche du gros film de la semaine (le réalisateur doit vraiment s'appeler Spielberg pour que ça les intéresse). Cela reste sexy, glam, attractif. La promo bat ainsi son plein autour de quelques films. Parfois jusqu'à l'overdose quand les acteurs/actrices font le tour des émissions. On pourrait donc croire que le cinéma est bien traité dans le poste.

Et bien non. Hors Canal Plus, chaîne dont le cinéma est inscrit dans l'ADN, quelles émissions sont dédiées au cinéma? Le nouveau "Mardi cinéma" de Ruquier sur France 2? Le concept est raté. l'audience manque. C'est plutôt la réunion des acteurs dont les bons films sortaient en VHS. Un truc vintage où il n'est question que d'un certain type de cinéma, dit populaire. Sur France 3, on parle des films de manière décalée avec Le Pitch cinéma. Certes, le programme est un peu plus varié, mais pas sûr que ça donne envie d'y aller. Ça s'arrête là. Pour cause de traduction (qui ne gêne pas quand il s'agit d'accueillir Madonna, Tom Hanks ou Novak Djokovic) ou par peur de faire fuir les téléspectateurs faute de vedettes identifiées, on promeut rarement les films asiatiques, européens, latino-américains etc... Même les films indépendants américains ou les petits budgets français sont globalement snobés par les programmes les plus forts en audience.

Avec sa force de frappe indépassable, la télévision gagnerait à prendre quelques risques, à défendre des films de tous genres et de tous horizons. Au lieu de cela, elle incite le téléspectateur à aller voir l'un des deux ou trois films dont tout le monde parle, accentuant le phénomène de concentration. Si bien que le spectateur lambda, pas particulièrement cinéphile, mais qui aime bien regarder les César ou vivre par procuration le festival de Cannes, se retrouve déboussolé quand il regarde ces événements, ne connaissant pas la moitié des films ou des talents qui y sont attachés. La télévision lui avait donné envie de voir Les Tuche 2, Radin! ou Camping 3 et le voici face à Une vie, Divines ou La mort de Louis XIV. Imaginez le choc.

Le plus ironique dans l'histoire est ailleurs: les journalistes qui travaillent dans ces chaînes aiment bien les films d'auteurs et ne sont pas de grands fans des blockbusters et farces frenchys. Le critique peut encore râler, cette fois-ci contre les choix éditoriaux de ses supérieurs.

Ciné à la TV: Kev Adams a aussi régné sur l’audimat

Posté par vincy, le 1 février 2016

Il n'y a pas un seul film parmi les trente meilleures audiences de l'année 2015 à la télévision française selon les bilans de Médiamétrie. Ils sont seulement quatre (deux de moins qu'en 2014) à être dans le Top 100: trois sur TF1, un sur France 2.

Le cinéma permet à dix chaînes d'obtenir leur meilleur audience de l'année

Mais à l'inverse c'est bien le cinéma qui a permit à dix chaînes de télévision d'atteindre leur record d'audience annuel : M6 avec Belle et Sébastien (6,3 millions de téléspectateurs), Arte avec Le vieil homme et l'enfant (1,7 million), D8 avec Hunger Games (3 millions), et ainsi de suite pour NT1, NRJ12, France 4, D17, 6ter, Numéro 23 et Chérie 25 (toutes avec des films américains). Leurs records d'audience annuels permettent également à certaines chaînes de passer des caps en part d'audience. Grâce à un film, M6 dépasse ainsi les 20% (deux fois plus que sa moyenne annuelle), D8 les 10%, TMC, W9, Arte, NT1 et NRJ12 franchissent les 5%.

Les films américains boostent l'audience de la TNT

Plus de 1300 films ont été diffusés en première partie de soirée en 2015. 9 d'entre eux ont multiplié par trois la moyenne de l'audience de leur chaîne lors de leur diffusion (un sur D8, 4 sur 6ter, 3 sur HD1 et un sur France 4). Là encore les petites chaînes profitent à fond des films américains, même ce sont des rediffusions. Mais ce n'est pas toujours le cas. 10 films, souvent des films art et essai, ont contre-performé: trois sur Arte (La bataille de Solférino a été un bide, tout comme le premier Superman), 4 sur Gulli (qui a pris des risques avec des films de patrimoine), 2 sur France 4 (dont un Soderbergh, Harvey Milk) et un sur Numéro 23 (Un conte de Noël de Desplechin).

Le cinéma reste cependant un beau produit de soirée, mais n'a plus l'aspect événementiel ou fédérateur des années précédentes. Les 20 meilleures audiences pour un film (dont 6 rediffusions) naviguent entre 6 et 8 millions de spectateurs (alors que 4 dépassaient les 8 millions de téléspectateurs en 2014), soit largement moins que The Voice, un match de championnat du monde de rugby ou un épisode de Mentalist. D'une part, la multiplication des chaînes, et donc de l'offre, ne permet plus à TF1 ou France 2 de capter autant de spectateurs qu'avant, sauf événement. On va se rassurer: avec des films comme Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu? que TF1 devrait diffuser cette année, on imagine que les scores seront bien meilleurs. Cette année fut assez pauvre en exclusivité de qualité ou fédératrice, contrairement à 2014 où Intouchables avait séduit 13,9 millions de téléspectateurs sur TF1.

Kev Adams, Steven Soderbergh et Christian Clavier au top

Mais, comme pour le box office en salles, c'est Kev Adams qui l'emporte. L'acteur qui a été à l'affiche des deux films français les plus populaires en salles en 2015 - Aladin, Les Profs 2 - a également été le plus vu sur le petit écran avec Les profs sur TF1. 8 millions de téléspectateurs et une part d'audience de 28,5%.

En part d'audience, Contagion, Un plan parfait, Skyfall, Die Hard 5 et Battleship suivent dans le classement. En nombre de téléspectateurs, le classement diffère légèrement : Contagion, Les bronzés font du ski, Skyfall, Rien à déclarer. Notons que Contagion de Steven Soderbergh s'offre une belle culbute: même pas 700 000 spectateurs en salles et 7,3 millions de téléspectateurs.

Hormis Skyfall sur France 2 et Belle et Sébastien sur M6 (un lundi pendant les fêtes), les 18 meilleures audiences sont captées par "le film du dimanche soir" de TF1.

Dans ce Top 20, dix films sont français, les dix autres américains. 9 des dix films français sont des comédies, dont quatre avec Christian Clavier et deux avec Dany Boon. Les américains prédominent dans le thriller/aventures/fantasy avec 7 films, auxquels s'ajoutent deux dessins animés (Tintin et Moi, moche et méchant 2) et un drame (Gran Torino, pourtant rediffusé).

Les petits cailloux de Chloé Mazlo : découvrez le César 2015 du meilleur court-métrage d’animation sur France 2

Posté par MpM, le 10 mai 2015

les petits cailloux

Dernier volet de la trilogie autobiographique de Chloé Mazlo, Les petits cailloux est un petit bijou d'humour et de poésie sur une jeune femme souffrant d'un mal de ventre insoutenable et tenace. Animé en stop motion, le film présente des personnages humains fortement typés (la fée, l'indien) ou carrément hybrides, corps humain et tête animale qui portent à la main, sous la forme d'une valise plus ou moins encombrante, ses préoccupations ou ses soucis principaux. Dans cet univers de conte, l'ironie, la douleur et même la violence ne sont pas absents, et la malheureuse héroïne devra passer par plusieurs étapes sensibles avant de comprendre ce qui la frappe.

Touchant, pudique et plein d'une fantaisie faussement naïve, Les petits cailloux a été récompensé par le César du meilleur court-métrage d’animation en février dernier, face à des concurrents de poids comme La bûche de Noël de Vincent Patar et Stéphane Aubier (les réalisateurs de Panique au village) ou La petite casserole d'Anatole d'Eric Montchaud (prix du public au Festival d'Annecy 2014).

Une récompense qui couronne le travail passionnant de Chloé Mazlo dont le nouveau film, Conte De Fées À L’usage Des Moyennes Personnes (également produit par Les films sauvages) poursuit dans la même veine ludique et profonde à la fois son observation de l'absurdité un peu dérisoire du monde. Cette adaptation du conte éponyme de Boris Vian utilise en effet la technique d'animation singulière typique de l'oeuvre de la créatrice pour mettre en scène les aventures loufoques d'un jeune homme souffrant d'un gros chagrin d'amour, en quête d'un peu de sucre pour "adoucir l'amertume de la vie"...

Pour découvrir l'univers de la jeune réalisatrice, rendez-vous sans faute le dimanche 24 mai dans l'émission "Histoires courtes" de France 2 où sera diffusé en exclusivité Les petits cailloux. Par ailleurs, suivez toute l'actualité de Chloé Mazlo sur son site internet. Et, en bonus, découvrez dès maintenant le premier volet de sa trilogie, L'amour m'anime :

11 chiffres à retenir sur le Cinéma à la télévision

Posté par vincy, le 4 novembre 2014

publicité canal +plus avatarSelon le CNC, l’offre de cinéma progresse à la télévision. Alors que Canal +, partenaire incontournable du cinéma célèbre ses 30 ans aujourd'hui, le CNC a publié les chiffres de 2013 (Le document dans son intégralité) concernant l’offre de films sur les chaînes nationales françaises gratuites.

Grâce à la TNT, le 7ème art a connu une renaissance sur le petit écran.

3,7 millions de spectateurs en moyenne sur les chaînes nationales (France 2, France 3, TF1, M6). Cette diminution par rapport à 2012 (231 000 spectateurs perdus) touche avant tout les films français. On est surtout très loin de la moyenne des années 2004-2007 (4,8 millions de téléspectateurs). Mais n'empêche pas le cinéma de redevenir une valeur sûre dans un PAF très fragmenté. De plus, les films inédits enregistrent une audience moyenne supérieure aux autres (4,2 millions de téléspectateurs), même si, là aussi, on constate un déclin par rapport aux années 2004-2007 (5,4 millions de téléspectateurs). Quatre films ont dépassé les 8 millions de téléspectateurs en 2013 (tous sur TF1, lire notre actualité du 30 décembre 2013).

+ 15,9%: 2 129 œuvres cinématographiques différentes ont été diffusées contre 1 837 en 2012. Dont 44,6% sur les chaînes nationales publiques (France Télévisions, Arte et LCP-AN) qui ont diffusé 950 œuvres, soit 65 films de plus qu’en 2012. France 3 et France 4 ont cependant réduit leur offre (respectivement de 26 et 9 films). Les chaînes nationales privées gratuites (TF1, qui revient au niveau de 2010 avec 13 films de plus mais reste très loin de 2005 avec 43 films de moins, M6, stable mais très en dessous de son record de 2005 avec une perte de 68 films, et les chaînes privées gratuites de la TNT) ont programmé 1 219 films en 2013 (+227 films par rapport à 2012).

429 films diffusés sur Arte, la fenêtre la plus cinéphile du PAF (et un record historique pour la chaîne). 51 titres de plus en 2013. Double exploit: Arte diffuse des films art et essai et des films du patrimoine, tout en réussissant à fédérer des audiences qui dépassent souvent le million de téléspectateurs. Arte se distingue en diffusant avant tout des films européens (179) et français (123), loin devant des films américains (101). Et contrairement aux préjugés, Arte diffuse majoritairement des films de moins de 10 ans (58,5%) et une grosse partie d'inédits (46,9%).

1 061 œuvres cinématographiques différentes (dont seulement 96 inédits) pour un total de 2 007 diffusions ont trouvé leur place sur les chaînes de la TNT privée gratuite. C'est une hausse de 243 films (+29,7%). En 2008, l'offre ne représentait que 630 films. Notons que certaines de ses chaînes diffusent davantage de films que des chaînes comme France 3 ou M6. D8 (154 films), TMC (153 films), NT1 (151 films, dont 45,7% déjà diffusés en 2012), HD1 (141 films) et W9 (131 films dont 51,1% de films déjà diffusés en 2012) sont ainsi de gros pourvoyeurs de films sur le petit écran, et souvent avec succès . Le cinéma américain est dominant avec 46,1% des films diffusés. Par ailleurs, Gulli, HD1 et NT1 sont celles qui ont proposé le plus de films inédits.

377 films et 1936 diffusions pour Canal +. Une légère hausse (+6 titres) mais elle est trompeuse. En 2006, la chaîne cryptée proposait 462 films! et 2079 diffusions. Parmi les films diffusés 50,9% sont français, 36,1% sont américains, un écart qui s'est réduit de près de 9 points! Autre particularité, Canal + diffuse 97,9% de films de moins de 10 ans et 89,7% d'inédits.

34,7% des films programmés par les chaînes nationales gratuites en 2013 ont déjà diffusés en 2012. En 2006, cette proportion n'était que de 9,6%!

11,4% des films ont été diffusés sur deux ou trois chaînes différentes à quelques mois d’intervalle en 2013. Cette pratique est également en hausse.

12,1% . C'est la part de films inédits programmés sur les chaînes nationales gratuites, soit un total 483 films, le niveau le plus haut de la décennie.

1 963 diffusions en première partie de soirée. Merci la TNT privée gratuite et les chaînes HD.

412. C'est le nombre de films européens diffusés en 2013. C'est un record depuis 2005! 59 films n'étaient ni français, ni européens, ni américains (loin du record de 2010 avec 75 films). Le cinéma français continue de dominer légèrement le cinéma américain avec 845 oeuvres cinématographiques nationales contre 813 venues des USA. L'écart se réduit au fil des années cependant. En 2005, les films français représentaient 49,1% de l'offre (31,2% étaient américains, 16,7% européens). En 2013, les films français n'occupaient que 39,7% des diffusions (38,2% de films américains, 19,4% européens).

58% des films diffusés l'an dernier étaient vieux de plus de 10 ans. Ainsi les films datant de la période 1983-2003 étaient quasiment aussi nombreux que ceux de la période 2003-2003.

La pub pour le ciné à la TV ? Une fausse bonne idée…

Posté par redaction, le 1 juin 2013

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) veut engager dès juin une réflexion sur la publicité pour le cinéma à la télévision. La membre du CSA Christine Kelly avait déjà anticipé l'annonce en énonçant cette possibilité le 19 mai dernier lors du Festival de Cannes.
Actuellement c'est interdit en France mais les chaînes de TV, qui investissent dans les films français par obligation rappelons-le, espèrent ainsi freiner une chute des recettes publicitaires liées à une explosion de l'offre (nouvelles chaînes, concurrence du web...). Une étude récente estimait que les recettes publicitaires du secteur cinématographique s'élevaient à 10 millions d'euros de recettes nouvelles pour les chaînes généralistes.

Les auditions avec les organisations professionnelles, le CNC et les chaînes de TV débuteront dans la seconde partie du mois de juin. Le CSA nous rassurerait presque en signalant qu'à l'issue de celles-ci "le Conseil, soucieux de la prise en compte de la diversité des situations dans un contexte économique difficile, élaborera des propositions qu'il souhaite voir soumises à la concertation d'ici la fin de l'année". Le contexte difficile n'est pas celui du cinéma mais bien de la télévision.

Kelly avait justifié le revirement du CSA sur le sujet avec un argument assez étrange : la France est une exception en Europe : "En France, depuis les débuts de la télévision, la publicité pour le cinéma a été interdite, dans l'idée de se prémunir de grandes campagnes financées par des films étrangers. Avec ce protectionnisme, la France se distingue en Europe. Elle a été plusieurs fois critiquée pour cela par la Commission européenne". So what? la France est aussi le seul à avoir su préserver une certaine diversité cinématographique qui ont ainsi permis aux cinémas non-américains de rester populaires et attractifs dans les salles.

Alors que la France se bat pour protéger l'exception culturelle face à une Commission européenne qui voudrait l'intégrer dans le futur traité de libre-échange américaino-européen, cela sonne comme une incongruité. Car si la publicité a été interdite sur les chaînes de TV en France, c'est bien pour éviter que les films bénéficiant de moyens marketing conséquents (les productions des studios hollywoodiens, les gros budgets français) écrasent par leur notoriété les films plus fragiles. On imagine mal des distributeurs indépendants, déjà vulnérables financièrement, investirent des centaines de milliers d'euros dans des espaces publicitaires cathodiques alors que la presse écrite, web et radio leur coûtent déjà très cher.

On serait moins inquiet si les mêmes chaînes de télévision défendaient sur leurs antennes les "petits" films. Mais les grands talk-shows dits "culturels" (et en fait fourre-tout) préfèrent inviter les stars et autres vedettes de comédie. Avec ses "people" hors cinéma, le Grand Journal en est le parfait exemple à Cannes, malgré le statut de partenaire officiel du Festival de Canal +. Ne parlons pas des émissions culturelles dédiées ou partiellement consacrées au 7e art, qui se résument souvent à des échanges de critiques (Le Cercle, Ça balance pas mal à Paris), des talkshows ou un entretien (dans les JT). Contrainte de sabrer dans ses dépenses, France TV annonce l'arrêt absurde du peu coûteux Des Mots de minuit, laissant les attachés de presse choisir entre On n'est pas couché et Grand Public ; les autres chaînes généralistes gratuites n'ont pas un seul magazine même indigne ; Canal + a arrêté depuis longtemps son émission spécialisée, optant pour un gavage sportif ; quant aux chaînes infos, leur couverture des sorties est au mieux anecdotique au pire pathétique.

Autant dire que si le CSA décidait d'autoriser la publicités des films sur les chaînes de TV, il faudrait exiger des contreparties au niveau des programmes (diversité, qualité, spécialité). Difficile d'exiger des quotas ou une auto-régulation. Une fois libéralisée, la publicité pour les films aura pour conséquence ce qui a toujours voulu être évité : la domination d'un certain cinéma tant en nombre de copies le mercredi qu'en visibilité. L'écart entre les gros et les petits ne fera que s'accentuer, dans un marché qui se concentre déjà de plus en plus. Et rien ne dit, en plus, que ces 10 millions d'euros de cash publicitaire serviront à financer de meilleures créations ou émissions audiovisuelles...

Si les chaînes de TV ont besoin d'argent, c'est aussi parce que l'audience se disperse : la faute à des programmes le plus souvent médiocres. Hélas, pour ce nivellement par le bas, le CSA n'a toujours pas entamé de réflexion.

Roses à crédit d’Amos Gitai interdit de cinéma (mais ce soir sur France 2)

Posté par vincy, le 22 juin 2012

Vendredi soir, France 2 diffuse Roses à crédit, le nouveau film d'Amos Gitaï, adapté du roman éponyme d'Elsa Triolet. Ce film n'a jamais été montré au cinéma. Et pour cause, il a été interdit de salles (voir notre actualité du 12 décembre 2010).

Pourtant le cinéaste israélien avait en tête deux versions : l'une pour le grand écran, l'autre pour le petit, plus longue de 15 minutes. C'est cette version que France 2 diffusait, en deuxième partie de soirée. Ce film sur une jeune esthéticienne piégée par le surendettement (Léa Seydoux) avait été ainsi conçu afin de disposer de plus de moyens techniques, financiers et humains. La narration des deux versions est différente. Dans une interview au magazine Télérama, Gitaï explique que "la version « télé » commence directement avec le mariage de Marjoline. Dans la version « cinéma », il est précédé par un prologue sur le contexte historique : on y découvre le passé de Marjoline pendant la guerre. Autre différence, la version télé se termine sur un très gros plan de Léa Seydoux. La version « cinéma » se poursuit et se conclut avec un mouvement de caméra ample sur les quais de Seine : Léa Seydoux, dans ses habits des années cinquante, se retrouve au milieu de la circulation automobile d'aujourd'hui. J'ai conçu cette conclusion comme une passerelle temporelle entre les deux époques." Grégoire Leprince-Ringuet (Daniel), Maud Wyler (Cécile), Catherine Jacob (Mme Donzert), Pierre Arditi (M. Georges), Arielle Dombasle (Mme Denise), Valeria Bruni-Tedeschi (Suzette), André Wilms (M. Donelle) et Ariane Ascaride (Le médecin) complètent la distribution.

Mais nous ne verrons pas cette version cinéma. Dans ce même entretien, le cinéaste confirme que le film devait sortir en décembre 2010 et diffusé à la télévision au printemps 2011. "Les affiches étaient déjà placardées, les projections de presse avaient eu lieu... Mais deux semaines avant la sortie, la commission d'agrément du CNC a refusé de donner son accord. Un an et demi après, je reste toujours aussi choqué que des gens aient sacrifié le destin d'un film à cause de jeux de pouvoir bureaucratiques ou politiques. J'ai revécu la douleur de mes débuts de réalisateur en Israël, quand la télévision publique a refusé de diffuser mon premier documentaire, House, qu'elle avait pourtant produit."

Pour les 26 membres de la commission d'agrément, unanimement, "les deux versions n'étaient pas suffisamment différentes". Pourtant à Cannes, les films de la chaîne HBO sont sélectionnés régulièrement. Mais on se souvient que Carlos (de Canal +) n'avait pas pu être en compétition au motif qu'il était avant tout un produit télévisuel. Contradictions.

Gitaï espère cependant une fin heureuse : "en théorie, rien n'empêche d'exploiter le film en salles une fois qu'il a été diffusé à la télévision. Mais comme Roses à Crédit n'a pas obtenu l'agrément du CNC, il ne peut prétendre à aucune aide à la distribution, ce qui rend l'opération délicate sur le plan économique. Une partie des scènes inédites sera toutefois visible lors d'une projection unique à Paris le 6 octobre prochain : je vais les intégrer à une installation que je dois réaliser place du Colonel-Fabien dans le cadre de la Nuit Blanche."

Bilan 2011 : le cinéma dope les chaînes de la TNT

Posté par vincy, le 21 janvier 2012

Au palmarès des audiences, le cinéma peut apparaître comme un petit joueur. Sur les 30 audiences les plus fortes, seul un film se hisse parmi les séries, le sport, l'information et les divertissements. De l'autre côté du lit, avec Dany Boon et Sophie Marceau, est en effet le film le plus vu de l'année sur le petit écran, le 6 février dernier sur TF1 : 9,4 millions de téléspectateurs (un tiers de l'audience ce soir là) ont regardé cette comédie française qui n'avait attiré que 1,8 million de spectateurs dans les salles.

Cependant, le cinéma reste un vecteur fort d'audience. En 2011, M6 (Le petit Nicolas), sa filiale W9 (Une journée en enfer), TMC (L'arme fatale), NT1 (Shooter, tireur d'élite), France 4 (Alvin et les Chipmunks) et Gulli (Garfield 2) ont réalisé leur plus fort score de l'année, tous genres confondus, grâce à un film.

Hors TF1, Le petit Nicolas sur M6 est aussi le seul film à se classer parmi les 20 plus fortes audiences pour un film en 2011. France 2 semble hors-course malgré la très belle audience de son leader, Quantum Of Solace, le plus récent James Bond (6,3 millions de téléspectateurs). TF1 place donc 29 des plus fortes audiences, dont 6 au dessus des 8 millions de téléspectateurs. Ce Top 20 est très égalitaires entre blockbusters hollywoodiens (11 titres) et comédies françaises (8 titres). Largo Winch fait presque figure d'intrus en tant que film d'action français.

Si De l'autre coté du lit a largement séduit, ses interprètes ont aussi charmé avec un autre film, séparément : Dany Boon avec Le code a changé et Sophie Marceau avec LOL, respectivement 4e et 3e meilleures audiences de l'année. Toujours dans ce Top 20, on peut dénombrer 2 dessins animés (DreamWorks), 2 Harry Potter (pourtant rediffusés), 9 épisodes de franchise, 6 rediffusions (Prête-moi ta main, en tête, après, déjà un succès télévisuel en 2008). On constate aussi qu'un flop en salles peut être rattrapé par la télé : RTT n'avait vendu que 730 000 billets pour le grand écran et il a été vu par 8 millions de français sur le petit écran.

Mais cette année, on remarque surtout que le cinéma a dopé les nouvelles chaînes de la TNT, qui égalisent voire dépassent désormais avec les scores de Canal + et ARTE. Les films les plus vus sur ses chaînes ont attiré entre 1,3 millions et 2,2 millions de téléspectateurs, quand ARTE a captivé 1,6 millions de curieux pour Tom Horn, sa véritable histoire, meilleure audience 2011 pour un film sur la chaîne franco-allemande culturelle. La TNT double voire triple ses scores de l'an passé grâce à des films populaires vus de multiples fois. Ainsi James Bond, On ne vit que deux fois et toute la série diffusée semaine après semaine a fait mouche auprès des français.

Finalement, le succès de TF1, M6 et de la TNT font le malheur de ARTE, qui, avec des films parfois pointus, ne parvient pas à lutter et voit sa part d'audience décliner. On peut se consoler, cependant, avec la réalité du chiffre le plus bas : 136 000 téléspectateurs pour un film muet allemand comme Les Nibleungen, c'est presque inespéré.

Roses à crédit d’Amos Gitaï hélas déjà fané

Posté par geoffroy, le 12 décembre 2010

Le dernier film d’Amos Gitaï, Roses à crédit, qui devait sortir sur les écrans le 15 décembre prochain, ne verra pas le jour au cinéma. Alors que tout était paré pour une sortie en bonne et due forme, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) vient d’y opposer son veto.

L’argument avancé par la commission d’agrément du CNC est très simple : l’adaptation éponyme du roman d’Elsa Triolet produit par Images & Cie pour une chaîne de télévision,  France 2 en l’occurrence, fait de Roses à crédit un téléfilm et non une œuvre de cinéma à proprement dite. Peu importe, alors, que les différentes parties se soient mis d’accord sur un projet clairement défini comme cinématographique et destiné à sortir dans les salles de cinéma avant sa diffusion télé.

Il aurait fallu, pour que la commission d’agrément donne son aval, que le film d’Amos Gitaï  se décline en deux versions distinctes, l’une pour le cinéma, l’autre pour la télévision. Or la commission a estimé « qu'il n'y a qu'une seule œuvre. Dans ce cas, on ne peut pas accepter qu'un film soit diffusé sur une chaîne non payante seulement trois mois après sa sortie en salles. Si on remet en cause la chronologie des médias, c'est la mort de l'économie du cinéma. ». Ce que conteste Nicole Collet, productrice du film, considérant que « la version cinéma est pourtant plus longue, et donne surtout à la narration un autre éclairage en l’encrant dans un contexte historique différent ».

Insuffisant, semble t-il, pour une commission indépendante ayant comme objectif principal de veiller au respect d’une réglementation encadrant la production des films de cinéma selon des critères définis par le CNC lui-même. Doté d’un pouvoir consultatif, elle obtient donc sans peine l’interdiction d’un film en salles sous prétexte qu’il fut intégralement financé par la télévision. Peu importe que celui-ci possède des qualités artistiques évidentes que de nombreux journalistes ont déjà pu constater.

Confusion des genres

Mais revenons sur cette interdiction qui, outre son caractère incroyablement tardif (elle arrive une dizaine de jours avant la sortie du film), est à géométrie variable. N’est-il pas étrange, qu’en 2008, Plus tard, tu comprendras, téléfilm du même Amos Gitaï financé par Arte, ait été diffusé sur France 2 le 20 janvier 2009 puis le lendemain au cinéma sans que la commission n’y trouve rien à redire. Comment comprendre, par exemple, les différences de traitement entre les films d’Olivier Assayas, Carlos, et de Pascale Ferran, Lady Chatterley. Si le premier, intégralement financé par Canal +, aura été "désélectionné" du festival de Cannes pour des raisons de production (il a finalement été présenté hors compétition), le deuxième aura obtenu, sans contestation aucune, le double agrément de la commission. Nous le voyons, tout ceci est bien flou et discrédite un organe de contrôle se basant essentiellement sur des critères de financement, certes importants, et non vis-à-vis d’enjeux artistiques eux aussi bien réels. D’où l’ambiguïté de certaines situations ou de vrais films de cinéma sont interdits dans les salles de cinéma. Sans parler des incohérences à la marge relevées plus haut, exceptions rares mais ô combien symboliques d’un système ayant montré à plusieurs reprises ses limites.

Une sortie en salles n'est pas garante d'une existence dans les cinémas

Loin de nous l’idée de nier en bloc l’utilité d’un système (les raisons de sa mise en place est toujours d’actualité) qui, bon an mal an, fonctionne correctement. En effet, séparer la production cinématographique de la production en général est nécessaire, les chaînes de TV n’ayant pas à user et abuser d’une position enviable pour financer en sous-main leurs téléfilms. Le système est complexe, imparfait, voire pervers. Dans ce cas, doit-on s’en indigner et constater, incrédule, à la mise au placard d’œuvres cinématographiques parce que produites sur des fonds audiovisuelles alors qu’on nous abreuve toute l’année de films estampillés « cinéma » aux allures de mauvais téléfilms ? Bien sûr que non, mais que faire lorsque Alexandra Henochsberg, directrice de la société Ad Vitam (celle qui devait distribuer Rose à crédit) admet qu’elle n’est pas « certaine qu’il faille la réformer (la commission), moins encore la supprimer, même si nous sommes victimes d’un système qui manifestement ne fonctionne pas ».

Il ne s’agit pas, d’un coup d’un seul, de tout chambouler pour faire plaisir aux contestataires que nous aimons être. Non, ce qu’il faut c’est mettre en place, une bonne fois pour toute, une politique culturelle cohérente à même de garantir la pluralité des cinémas pour que des films comme Rose à crédit puisse exister sur grand écran. Il en va de la sauvegarde d’un cinéma de plus en plus difficile à financer se retrouvant l’otage des moyens de financement qu’on lui accorde. Résultat : au lieu d’aider des cinéastes à monter puis à diffuser leurs films, on les enterre lamentablement comme de vulgaires produits consommables non conformes. Le cinéma et l’art en général valent mieux que cela.

Le cinéma à la télévision couronne la programmation de TF1 et… de W9.

Posté par vincy, le 16 janvier 2010

 Sur le petit écran, les films du grand écran ne réprésentent plus que 11 des 100 meilleures audiences en France en 2009 et seulement deux des 30 meilleures audiences de l'année.

Ils sont de moins en moins fédérateurs : Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre a rassemblé 35,5 % de l'audience le jour de sa diffusion, ce qui en fait le film le plus dominateur de l'année ; on est loin des Enfoirés (53,1%), du foot (47,3%), de Dr. House (40,9%).

Parmi les six chaînes généralistes prises en compte par Médiamétrie, W9 (filiale de M6) a fait son record d'audience annuelle avec un film (toujours Astérix, mais en version animée avec Astérix et les vikings), Arte l'a réalisé avec le téléfilm diffusé au cinéma, La journée de la jupe et France 2 a réussi à être à son meilleur grâce à un documentaire, lui aussi projeté au cinéma, Home.

Avec sa 15e Grande Vadrouille, TF1 emporte la médaille d'or de l'audience

Mais force est de constater que les vingt plus grosses audiences "cinéma" en 2009 ont toutes été diffusées sur TF1. 11 films français (que des comédies ou des films familiaux à l'exception de La Môme) et 9 films américains (plutôt des thrillers et des films d'action, à l'exception du Diable s'habille en Prada et de Bruce Tout-Puissant). Le film américain le plus vu fut un Spielberg, La guerre des mondes avec 8,3 millions de téléspectateurs. Mais le grand vainqueur de l'année, la meilleure audience c'est ... La grande vadrouille. Inusable. 9 millions de téléspectateurs pour sa 15e rediffusion, un poil devant Astérix 2 et La maison du bonheur. Sinon, Besson, les acteurs du Splendid et Francis Veber cumulent plusieurs films dans ce classement.

Mais ces valeurs sûres voient leur emprise se fragiliser. Majoritairement inédits, les films les plus vus l'ont aussi moins été que les années précédentes, en moyenne. Avec davantage de films diffusés en première partie de soirée, on s'attendait à mieux. Le cinéma ne semble plus le produit d'appel idéal. France 2 a cartonné avec un James Bond, sans réussi à le placer dans les 20 meilleures audiences annuelles, et faisant à peine plus que Je vais bien ne t'en fais pas, le record de France 3, et Nos jours heureux, le record de M6.

En fait, la surprise provient de W9, la petite chaîne de la TNT. Jusque là Arte dominait le classement des films ayant eu plus d'audience que prévue, à jour comparable. La filiale de M6, avec une programmation grand public, a réussi à séduire davantage de téléspectateurs qu'habituellement. De nombreux films sont parvenus à attirer plus d'un million de téléspectateurs, et notamment le dimanche (face à TF1) et le lundi (jour de séries).  En prenant de gros risques de programmation, Arte a même souvent fait moins bien que les autres années avec le cinéma. Tendance inquiétante car si W9 a cartonné avec des films hollywoodiens et des dessins animés, Arte a l'avantage de  promouvoir des films d'auteur pointus et des oeuvres européennes rares sur le petit écran.