Yorgos Lanthimos se lance dans une mini-série

Posté par vincy, le 24 novembre 2019

Chouchou des festivals et des récompenses, le cinéaste grec Yorgos Lanthimos (La Favorite), va produire et réaliser The Man in the Rockfeller Suit, adaptation d'un essai de Mark Seal (2011) inédit en France.

L'auteur, après avoir enquêté sur Bernard Madoff, avait écrit The Man In The Rockefeller Suit: The Astonishing Rise and Spectacular Fall of a Serial Impostor, l'histoire de Clark Rockfeller, a priori héritier du clan milliardaire. Mais sa femme découvre finalement qui est son mari. En fait, il s'agissait de Christian Karl Gerhartsreiter, imposteur et meurtrier. Il est actuellement emprisonné pour une peine de 27 ans. Outre un meurtre au premier degré dans les années 1980, il a été accusé du kidnapping de sa fille.

La série sera produite par Fox Searchlight, à travers sa nouvelle filiale, Searchlight Television.  A l'origine, la série devait être réalisée par Pablo Trapero avec Benedict Cumberbatch pour le rôle principal. L'histoire avait déjà été adaptée pour un téléfilm, en 2010, avec Eric McCormack dans le rôle de Clark Rockfeller (Who is Clark Rockfeller?). Plusieurs livres ont été publiés sur le sujet, et deux documentaires britanniques sont revenus sur le sujet.

Disney absorbe et transforme la Fox

Posté par vincy, le 20 août 2019

La Fox disparaît un peu plus. Il aura fallu à peine quelques mois pour que Disney opère son grand ménage. D'abord en fermant Fox 2000, puis en licenciant pas mal d'employés  (124 simplement pour la journée d'hier), et enfin en fusionnant différents départements de la Fox avec ceux similaires chez Disney.

La dévoration continue alors que les résultats de la Fox (170M$ de pertes) ont plombé le dernier bilan financier de Disney. L'Oncle Picsou vient de confirmer que les super-héros Marvel de 20th Century Fox (X-Men, Les Quatre Fantastiques) seront dorénavant sous la coupe du patron de Marvel Studios, Kevin Feige, qui aura tous les personnages et comics sous ses ordres. Certains iront directement sur la future plateforme Disney +.

Mais le plus dur est ailleurs. La plus grande partie des films en développement va être supprimée tandis que le calendrier des sorties va être revu. Ad Astra a déjà été décalé, et Ford v. Ferrari reste dans les starting-blocks, tout comme The Woman in the Window. The King's Man, Mort sur le Nil ou le West Side Story de Steven Spielberg sont de toute façon plus ou moins en boîte et calés pour 2020 (on imagine mal Disney se fâcher avec Steven Spielberg).

Disney + en priorité

Cependant, Bob Iger, patron de Disney, a clairement critiqué les performances de la Fox, dont le potentiel est, à ses yeux, sous-exploité. Aucun film n'est prévu après 2020. Ce sont bien les prochaines annonces qu'il faudra surveiller pour évaluer la stratégie de Disney pour la Fox, notamment les films d'animation et les reboots.

En revanche, le groupe veut exploiter au maximum quatre franchises familiales populaire pour sa plateforme Disney + : Une nuit au musée, Maman j'ai raté l'avion, Journal d'un dégonflé, Treize à la douzaine connaîtront de nouvelles vies. En clair, Disney veut industrialiser la Fox, en créant des marques. Tous les projets seront revus sous cet angle. De Avatar à La Planète des singes.

La bonne nouvelle est que Fox Searchlight survit à tout ça, pour l'instant.  Mais rien ne dit que sa liberté éditoriale persistera. Là encore, le distributeur n'a plus que quatre films en stock pour la fin de l'année. Bob Iger a assuré, à défaut de rassurer, que la filiale "art et essai" devra fournir des films à Disney +.

Barry Jenkins filmera la vie du danseur Alvin Ailey

Posté par vincy, le 6 juin 2019

Barry Jenkins, le réalisateur de Moonlight, Oscar du meilleur film, et de Si Beale Street pouvait parler, s'attaque à une légende de la danse contemporaine, Alvin Ailey. Le biopic sera distribué par Fox Searchlight qui avait signé un accord avec la Alvin Ailey American Dance Theater et acquis les droits de la biographie de Jennifer Dunning, Alvin Ailey: A Life In Dance. (1996, inédite en France).

Le scénario sera écrit par Julian Breece, qui jusque là a surtout écrit des séries télévisées (dont Buppies).

Alvin Ailey (1931-1989) est considéré comme l'un des chorégraphes les plus importants du XXe siècle. Il a fondé sa compagnie à l'âge de 27 ans, créant jusqu'à sa mort 79 ballets mêlant jazz, danse moderne et danse contemporaine. Figure afro-américaine majeure de la culture américaine , il est mort du sida. Ses créations tournent toujours dans le monde entier, et régulièrement à Paris et Avignon. Il a également fondé une école de danse, en 1969. Personnalité secrète, il se révélait davantage dans la danse, et certains de ses ballets sont devenus cultes dans la culture queer, puisqu'il y survalorisait la beauté et la sensualités des corps (notamment les masculins).

Jessica Chastain et Andrew Garfield ont la foi (cathodique)

Posté par vincy, le 10 mai 2019

Duo inédit pour The Eyes of Tammy Faye. Jessica Chastain et Andrew Garfield sont réunis par le réalisateur Michael Showater (The Big Thick, prix du public à Locarno et aux SXSW), pour le studio Fox Searchlight, dont l'avenir reste incertain depuis le rachat de la Fox par Disney.

A partir du documentaire du même nom réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbato, qui date du 1999 et dont la voix off était assurée par RuPaul, Abe Sylvia a écrit le scénario sur l'ascension, la chute et la rédemption des télévangélistes Jim et Tammy Faye Bakker, qui seront incarnés par les deux acteurs.

Le récit se déroule dans les années 1970 et 1980. Les Faye-Bakker ont créé à partir de leur émission The PTL Club (Praise The Lord) le plus grand réseau télévisé dédié à la religion, mais aussi un parc d'attraction. Vénérés pour leur compassion et leur message d'amour, de bienveillance et de prospérité, ils ont été vite rattrapés par de sordides réalités: magouilles financières, fraudes, manipulations pour étouffer les concurrents, vie opulente, scandale sexuel autour d'un viol d'une femme par Jim Bakker. Tout cela a détruit leur mariage et leur empire.

Le mari a été condamné à 8 ans de prison puis a refait sa vie, toujours en prophète télévangéliste, pro-Donald Trump, légèrement suprémaciste et clairement anti-darwiniste. Tammy Faye a divorcé de son mari, une fois qu'il était en prison, pour se remarier à un promoteur immobilier. Paradoxalement, elle est devenue une icône gay, non seulement grâce à son look très eighties, mais surtout parce qu'elle a donné la parole à de nombreux homosexuels atteints du HIV en plein pic de l'épidémie. Sa vie a inspiré des documentaires et même deux "musicals" et une pièce de théâtre.

Tammy Faye est décédée en 2007. Jim Bakker a aujourd'hui 79 ans.

Jessica Chastain produira le film. On la verra cette année dans X-Men Dark Phoenix, Ça chapitre 2 et le film de Tate Taylor, Eve. Andrew Garfield, Tony Award du meilleur acteur dans une pièce de théâtre l'an dernier pour Angels in America, interprètera le pianiste James Marsh dans Instrumental et sera au générique du nouveau film de Gia Coppola, Mainstream.

Oscars 2019 : Roma et La Favorite en tête des nominations

Posté par wyzman, le 22 janvier 2019

Deux semaines et demi après les Golden Globes où il a été sacré meilleure film (comédie ou musical), Green Book de Peter Farrelly continue de faire parler. Après être devenu le grand favori de la catégorie meilleur film de la 91e cérémonie des Oscars, Green Book part dans la course aux Oscars aux côtés de A Star is Born, BlacKkKlansman, Bohemian Rhapsody, La Favorite et Roma. Ces deux derniers dominent la liste avec 10 nominations chacun: Hollywood a plébiscité un cinéaste mexicain et un réalisateur grec. Roma est le premier film "Netflix" nommé dans la catégorie suprême, ce qui est un tournant dans l'industrie hollywoodienne à coup sûr. C'est le premier film en langue étrangère depuis Amour en 2012 à être nommé en meilleur film. Pour Alfonso Cuaron, c'est carrément un carton plein puisqu'en son seul nom, il glane 4 nominations (producteur, réalisateur, scénariste, directeur de la photo), le faisant entrer dans un club très select où règnent Warren Beatty, Alan Menken, et les frères Coen.

Grâce à La Favorite et Bohemian Rhapsody mais aussi L'île aux chiens et Can You Ever Forgive Me? la Fox domine la course cette année avec 25 nominations pour le studio (Fox Searchlight et 20th Century Fox), devant Universal et Focus Features (17), Walt Disney (16), Netflix (13), Annapurna Pictures (9), Warner Bros (8). Amazon Studios repart avec 3 nominations

Signalons, même si ce n'est pas une surprise, la nomination d'un Marvel, Black Panther, pour la première fois dans la catégorie meilleur film, en plus de six autres citations (là aussi un record dans le genre). Trois des cinq réalisateurs nommés sont étrangers (ce qui évince Bradley Cooper comme Ryan Coogler). Mais pour Spike Lee, c'est aussi sa première nomination dans les deux catégories reines (film, réalisateur)! Avec BlacKkKlansman, au total six fois nommé, il devient le 6e cinéaste afro-américain à être distingué dans la catégorie réalisateur, qui ne compte cette année aucune réalisatrice. Cannes (avec 3 films, dont la Palme d'or) et Venise (avec 2 films, dont le Lion d'or) se disputent l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

A Star is Born et Vice remportent 8 nominations chacun. Glenn Close capte sa 7e nomination, et enfin une victoire?

Des snobés

Parmi les surprises, notons les absences de Thimothee Chalamet (Beautiful Boy) et Ethan Hawke (First Reformed, pourtant nommés partout depuis 3 mois,, des actrices de films de genre (Emily Blunt et Toni Collette), mais aussi de Michael B. Jordan, Margot Robbie, Saoirse Ronan, John David Washington, Claire Foy et Nicole Kidman, de cinéastes comme Barry Jenkins et Peter Farrelly, de films attendus (mais surestimés) comme Crazy Rich Asians ou La mule (Eastwood est complètement snobé). Leave no trace ne marque pas plus de points malgré les faveurs des critiques, tout comme le documentaire à succès Won't you be my Neighbor?. First man fait aussi partie des perdants tout comme Burning évincé des films en langue étrangère comme des catégories d'interprétation.

Au moins la diversité et reine, du film en costumes au blockbuster de super-héros, du remake musical au biopic musical, de fresques sociales en noir et blanc ou en couleurs pops, du drame politique à la comédie dramatique humaniste. La liste révèle une variété de styles mais aussi de cultures (il suffit de voir les multiples nominations de Cold War, Roma, La favorite, Never Look Away ou celles dans les catégories courts métrages). C'est d'ailleurs la leçon à retenir: les films qui ont triomphé à Cannes et Venise jouent à égalité avec les productions américaines, prenant même des nominations dans des catégories reines, rendant ces Oscars plus cosmopolites que jamais.

On connaîtra les gagnants le 24 février.

Voici la liste complète des nominations:

Meilleur film
Black Panther
BlacKkKlansman
Bohemian Rhapsody
La favorite
Green Book
Roma
A Star Is Born
Vice

Meilleur réalisateur
Spike Lee, BlacKkKlansman
Pawel Pawlikowski, Cold War
Yorgos Lanthimos, La favorite
Alfonso Cuarón, Roma
Adam McKay, Vice

Meilleur acteur
Christian Bale, Vice
Bradley Cooper, A Star Is Born
Willem Dafoe, At Eternity’s Gate
Rami Malek, Bohemian Rhapsody
Viggo Mortensen, Green Book

Meilleure actrice
Yalitza Aparicio, Roma
Glenn Close, The Wife
Olivia Colman, La Favorite
Lady Gaga, A Star Is Born
Melissa McCarthy, Can You Ever Forgive Me?

Meilleur acteur dans un second rôle
Mahershala Ali, Green Book
Adam Driver, BlacKkKlansman
Sam Elliott, A Star Is Born
Richard E. Grant, Can You Ever Forgive Me?
Sam Rockwell, Vice

Meilleure actrice dans un second rôle
Amy Adams, Vice
Marina de Tavira, Roma
Regina King, Si Beale Street pouvait parler
Emma Stone, La favorite
Rachel Weisz, La favorite

Meilleur scénario original
La Favorite ; First Reformed ; Green Book ; Roma ; Vice

Meilleur scénario adapté
The Ballad of Buster Scruggs ; BlacKkKlansman ; Can You Ever Forgive Me? ; If Beale Street Could Talk ; A Star Is Born

Meilleurs décors (et direction artistique)
Black Panther ; First Man ; La favorite ; Le retour de Mary Poppins ; Roma

Meilleurs costumes
Ballad of Buster Scruggs ; Black Panther : La Favorite : Le retour de Mary Poppins ; Mary, reine d'Ecosse

Meilleurs maquillages et coiffures
Border ; Mary, reine d'Ecosse ; Vice

Meilleure photographie
Cold War ; La favorite ; Never Look Away ; Roma ; A Star is born

Meilleur montage
BlacKkKlansman ; Bohemian Rhapsody ; Green Book ; La Favorite ; Vice

Meilleur montage son
Black änther ; Bohemian Rhapsody ; First Man ; Sans un bruit ; Roma

Meilleur mixage de son
Black Panther ; Bohemian Rhapsody ; First Man ; Roma ; A Star is Born

Meilleurs effets visuels
Avengers: Infinity War ; Christopher Robin ; First Man ; Ready Player One ; Solo: A Star Wars Story

Meilleure chanson originale
“All The Stars”(Black Panther), Kendrick Lamar, SZA
“I’ll Fight” (RBG), Diane Warren, Jennifer Hudson
“The Place Where Lost Things Go” (Le retour de Mary Poppins), Marc Shaiman, Scott Wittman
“Shallow” (A Star Is Born), Lady Gaga, Mark Ronson, Anthony Rossomando, Andrew Wyatt et Benjamin Rice
“When A Cowboy Trades His Spurs For Wings” (The Ballad of Buster Scruggs), Willie Watson, Tim Blake Nelson

Meilleure musique de film
Black Panther ; BlacKkKlansman ;L'île aux chiens ; Si Beale Street pouvait parler ; Le retour de Mary Poppins

Meilleur film en langue étrangère
Capharnaüm (Liban)
Cold War (Pologne)
Never Look Away (Allemagne)
Roma (Mexique)
Une affaire de famille (Japon)

Meilleur film d’animation
Les indéstructibles 2 ; L'île aux chiens ; Mirai ; Ralph 2.0 ; Spider-Man: Into the Spider-Verse

Meilleur film documentaire
Free Solo ; Hale County This Morning, This Evening ; Minding the Gap ; Of Fathers and Sons ; RBG

Meilleur court-métrage de fiction
Detainment ; Fauve ; Marguerite ; Mother ; Skin

Meilleur court-métrage d’animation
Animal Behaviour ; Bao ; Late Afternoon ; One Small Step ; Weekends

Meilleur court-métrage documentaire
Black Sheep ; End Game ; Lifeboat ; A Night at the Garden ; Period. End of Sentence

Oscars d’honneur

James Ivory écrit pour Alexander Payne

Posté par vincy, le 3 juin 2018

Oscarisé en février pour l'adaptation de Call Me By Your Name, le réalisateur et scénariste James Ivory va écrire l'adaptation d'une nouvelle parue dans The New Yorker il y a cinq ans. Alexander Payne réalisera le film intitulé The Judge's Will.

Ecrite par la romancière et scénariste Ruth Prawer Jhabvala avant sa mort en 2013, cette fiction a pour cadre une relation entre un juge de Delhi, malade, et sa femme venue de Mumbay (Bombay). Les deux ont eu des vies très distinctes malgré leur toit commun. Alors que la mort approche, leur partie d'échecs amoureuse approche de la fin. Le juge veut être certain que sa maîtresse, beaucoup plus jeune, ne sera pas rejetée quand il décèdera.

James Ivory et Ruth Prawer Jhabvala (Booker Prize, Bafta et deux Oscars en poche) ont longtemps collaboré ensemble. Elle lui a écrit quelques un de ses plus beaux films: Howards End, Les vestiges du jour, A Soldier's Daughter Never Cries, Chambre avec vue, les Bostonniennes... soit un total de 23 films en 46 ans!

Alexander Payne a pris une option dès 2014 sur cette histoire. L'histoire sera transposée d'Inde à Chicago.

Le scénario est promis pour la fin de l'année. Fox Searchlight espère pouvoir le sortir pour la fin 2019.

Les super-pouvoirs de Guillermo del Toro

Posté par vincy, le 5 avril 2018

Un effet Oscar indéniable pour Guillermo del Toro. La forme de l'eau, Lion d'or à Venise en Septembre, Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur début mars, a entraîné une série de "deals" et d'annonces qui font du cinéaste mexicain un super-héros pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices et le cinéma de genre.

Ainsi Fox Searchlight Pictures, qui a coproduit La Forme de l'eau (190M$ de recettes mondiales), vient de signer un pacte global avec le cinéaste pour produire les films en prises de vues réelles, écrit ou/et réalisé ou/et produit par Del Toro.

La filiale "art et essai" de la Fox créé un label spécifique pour les films de genre (horreur, SF, Fantasy), incluant ceux soutenus, produits ou portés par Del Toro. Tous ces films seront financés et distribués par Fox Searchlight.

"Pendant longtemps, j’ai espéré trouver un environnement dans lequel je puisse distribuer, et produire de nouvelles voix à travers des films de genre intelligents et inventifs. Et par la même occasion canaliser mes propres projets. Avec Fox Searchlight, j’ai trouvé un vrai foyer pour la production de ce type d’œuvres – un partenariat basé sur le travail acharné, la compréhension de l’autre et, surtout, la foi" a expliqué le cinéaste.

Un premier projet déjà en développement

Autant dire que le réalisateur s'offre un mini-studio au sein d'une structure déjà solide (qui sera peut-être rachetée par le groupe Disney). Le premier projet lancé avec cette structure, et produit par Guillermo del Toro, devrait être Antlers, qui raconte l'histoire d'une enseignante qui accueille un étudiant perturbé chez elle alors qu'il porte en lui un secret de famille mystérieux aux conséquences fatales. Le film doit être réalisé par Scott Cooper, et il est adapté d'une nouvelle de Nick Antosca, The Quiet Boy.

Une salle de cinéma à son nom, une bourse pour les nouveaux talents

Guillermo del Toro ne s'arrête pas là. Au récent 33e Festival du film de Guadalajara (Mexique), sa ville d'origine, il a inauguré une salle de cinéma qui porte son nom au Centre culturel / Cinémathèque de l'Université publique de Guadalajara. Il a aussi donné trois masterclasses - la première a enregistré 30000 demandes d'inscription en une demi-heure - devant un total de 12000 personnes. Enfin il a annoncé qu'il lancerait une bourse pour les aspirants cinéastes mexicains. The Jenkins-Del Toro International Grant sera doté de 60000$ et décerné chaque année au festival de Guadalajara à un étudiant en cinéma mexicain.

Producteur de deux réalisatrices mexicaines

Del Toro a enfin révélé qu'il produirait les prochains films des réalisatrices Issa Lopez (Vuelven) et Karla Castaneda, qui travaille sur son premier long métrage animé en stop-motion. Il a bien l'intention de soutenir l'industrie du cinéma mexicain, qui, malgré sa vitalité, ses succès aux Oscars comme au box office nord-américain, et sa forte présence dans les festivals internationaux, reste mal aimé dans son pays. L'an dernier, seul Hazlo Como Hombre (Do It Like An Hombre), une comédie familiale et "gay", a réussi à se classer dans le Top 30 annuel du box office mexicain. Il n'y en avait que trois en 2016.

Nul ne doute que Guillermo Del Toro, prochain président du jury de Venise, va vouloir, avec ces nouveaux moyens, résister à l'envahisseur hollywoodien.

Scarlett Johansson dans un drame de Taika Waititi (Thor: Ragnarok)

Posté par vincy, le 30 mars 2018

C'est Pâques, alors parlons de lapin. Ni Bugs Bunny, ni mascotte de Playboy ni même Pierre Lapin. Mais Jojo. Jojo Rabbit plus précisément.  Il s'agit du prochain film de Taika Waititi (Thor: Ragnarok). Scarlett Johansson, selon la presse professionnelle américaine serait en négociations finales pour être la star de cette production Fox Searchlight.

Johansson incarnerait une Allemande durant la seconde guerre mondiale. Son jeune fils, fidèle des jeunesses hitlériennes, découvre qu'elle abrite une jeune juive dans leur foyer. Le scénario a été écrit par le réalisateur et le tournage devrait commencer d'ici l'été.

Taika Waititi prépare actuellement l'épisode pilote de What We Do in the Shadows, d'après son propre film Vampires en toute intimité sorti en 2014.

Depuis quelques mois, Scarlett Johansson ne cache pas son intention de revenir à des personnages plus matures dans des films d'auteur ou dramatiques, après une succession de grosses productions et de comédies. Elle sera à l'affiche d'Avengers: Infinity War début mai. On l'entendra dans L'île aux chiens de Wes Anderson où elle prête sa voix à une chienne de concours. Elle s'est aussi engagée sur le premier film Reflective Light de Gregory Crewdon, où là encore elle doit incarner la mère d'un garçon qui ne lui facilite pas la vie. Enfin, elle vient de terminer le nouveau film de Noah Baumbach, avec Adam Driver et Laura Dern, prévu pour une sortie cet automne.

Oscars 2018: les perdants et les gagnants

Posté par vincy, le 23 janvier 2018

La forme de l'eau domine largement les nominations aux Oscars avec 13 citations, devant Dunkerque (8), 3 Billboards, les panneaux de la vengeance (7), Phantom Thread et Les heures sombres (6). Dunkerque et Phantom Thread sont sans doute les élus les moins attendus, boudés par les palmarès des critiques comme par les Golden Globes. Au total, l'Académie a retenu 28 films dont 17 reçoivent au moins 2 nominations.

Studios

Grand vainqueur, la Fox, dans l'attente d'être rachetée par Disney. La filiale Fox Searchlight et le studio 20th Century Fox cumulent 27 nominations. C'est loin devant les autres majors que sont Universal/Focus Features (18), Warner Bros (14), Sony / Sony Classics (11) et Walt Disney (10). Les nouveaux venus Netflix et A24 obtiennent 7 nominations chacun. Amazon n'a été retenu qu'une seule fois. Mais le séisme c'est du côté de la Paramount qui repart avec un zéro pointé.

Genres

Ce qu'il faut retenir de ces Oscars 2018 c'est le surgissement du film de genre dans les catégories reines du meilleur film et du meilleur réalisateur avec le fantastique (La forme de l'eau) et l'horreur (Get Out). C'est une vraie reconnaissance. A ces deux films, les votants ont choisi un polar noir, un mélo gay, un film de guerre, un drame élégant, un thriller politique, une comédie dramatique, un biopic historique. Une véritable diversité de styles, qui couvre aussi bien le film d'auteur qui a gagné moins de 20M$ au box office que le blockbuster mondial.

Femmes et diversité

En s'invitant dans la course pour l'Oscar du meilleur réalisateur, l'actrice Greta Gerwig a éjecté quelques favoris avec Lady Bird. C'est seulement la 5e femme à avoir été nommée dans cette catégorie après Lina Wertmüller, Jane Campion, Sofia Coppol et Kathryn Bigelow. C'est aussi la première fois qu'une femme concoure dans la catégorie meilleure image grâce à la chef op' Rachel Morrison (pour Mudbound).

Cette année, les Oscars ont décidé en effet d'innover: la preuve avec Logan, premier super-héros nommé pour une catégorie majeure (le scénario adapté qui plus est). Là encore les genres se diversifient. Leur LGBT-philie se prolonge après l'Oscar du meilleur film pour Moonlight en 2017: Call Me By Your Name et Une femme fantastique n'ont pas manqué à l'appel.

Plus globalement, on peut noter que sur les 9 films nommés à l'Oscar suprême, 4 sont portés par des rôles féminins principaux (et des femmes fortes), et autant par des personnages "jeunes". Et hormis deux films, tous ont un discours politique soutenu.

Habitués

Ils aiment aussi les valeurs sûres: le compositeur John Williams reçoit sa 51e nomination (un record tout juste dépassé par Walt Disney. Meryl Streep bat son propre record avec sa 21e nomination. L'actrice comme Daniel Day-Lewis, lui aussi nommé cette année, a déjà gagné trois Oscars. D'ailleurs parmi les comédiens (premiers et seconds rôles), six ont déjà été Oscarisés sur vingt. Mais 8 comédiens et comédiennes sont nommées pour la première fois.

Not so whites

Et là pas d'#OscarsSoWhite avec 4 afro-américains (mais aucun asiatiques en l'absence de Hong Chau pourtant très attendue en second-rôle féminin, ni latino-américains). Côté réalisateurs, on compte un latino-américain, Del Toro qui rejoint Cuaron et Inarritu dans le club des mexicains oscarisables, et un afro-américain, Jordan Peele (c'est la cinquième fois seulement qu'un cinéaste afro-américain accède à ce club). Côté scénaristes, là encore, la diversité est très présente avec Dee Rees, Virgil Williams, Kumail Nanjiani, Guillermo del Toro et Jordan Peele.

Pas si Golden les Globes

Mais les Oscars 2018 ont aussi une autre particularité: l'émancipation croissante par rapport aux Golden Globes. Autrefois, un Golden Globe, voire une nomination suffisait à garantir une nomination aux Oscars. Dans la catégorie réalisateur, seuls deux nommés au Golden Globes sont nommés aux Oscars. Côté acteurs, le vainqueur du Golden Globe pour une comédie, James Franco, n'est pas nommé. Et le gagnant du Golden Globe du film en langue étrangère, In The Fade, n'a même pas été choisi parmi les cinq finalistes de cette catégorie aux Oscars. Dans cette catégorie, les films retenus viennent du Chili, du Liban, de Russie, de Hongrie et de Suède. Soit l'Ours d'or et la Palme d'or en face à face. Un film de Venise, deux films de Berlin et deux films de Cannes. Ne déformons pas trop ce prisme: la Mostra de Venise est la grande gagnante avec La forme de l'eau et 3 Billboards (20 nominations à eux deux). Le festival de Berlin ne cumule finalement que 6 nominations au total tandis que celui de Cannes n'en aligne que 3. Mais l'autre grand gagnant est sans doute Sundance avec Get Out, Call Me By Your Name, Mudbound et The Big Sick, soit 13 nominations à eux quatre.

Losers

James Franco a clairement payé les rumeurs de harcèlement sexuel qui le concernent. "Time's Up" pour ceux qui se comportent mal avec les femmes. Toute la question est de savoir si l'Oscar du meilleur acteur d2017, Casey Affleck, qui a souvent acheté le silence de ses "conquêtes" pas forcément consentantes sera le bienvenu pour remettre l'Oscar de la meilleure actrice. Plus étonnant, Armie Hammer s'est fait volé sa nomination par Woody Harrelson. Le second-rôle de Call Me By Your Name a semble-t-il été concurrencé par un autre second-rôle du film, Michael Stuhlbarg, très présent à l'écran cette année (Miss Sloane, La forme de l'eau, Pentagon Papers), qui a récolté plus de votes que prévu (et aurait mérité une citation pour son formidable monologue à la fin du film).

Parmi les snobés, on compte aussi au registre des actes manqués Tiffany Haddish, Diane Kruger, Helen Mirren, Judi Dench, Emma Stone côté actrices, Tom Hanks et Jake Gyllenhaal côté acteurs (où Denzel Washington parvient une fois de plus à créer l'événement avec sa 8e nomination pour un film qui n'a pas convaincu ni les critiques ni le public). Le vétéran Steven Spielberg (Pentagon Papers) et l'étoile montante Martin McDonagh (3 Billboards, l'un des deux favoris pour l'Oscar du meilleur film) ont été recalés côté réalisateurs.

Cela donne une indication d'ailleurs sur le vote final: les électeurs pourraient choisir Del Toro en réalisateur (comme ils ont choisi par le passé Ang Lee et Alfonso Cuaron sans les couronner par un Oscar du meilleur film) et 3 Billboards en film. Ce qui ferait, quoiqu'il arrive, un doublé pour Venise, où les deux films ont été primés (respectivement Lion d'or et scénario).

L'Académie a aussi préféré Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, pourtant peu récompensé durant la saison des prix, à Wonder Woman, complètement absent de la liste des nominations y compris dans les catégories techniques. Ce n'est pas forcément une injustice. Mais assurément c'est une surprise, d'autant que Wonder Woman avait un bon buzz derrière lui. Phantom Thread et ses 6 nominations, dont film, réalisateur, acteur et second-rôle féminin, c'est au moins inattendu. D'autres films ont récolté moins de citations que prévu ou espéré comme The Florida Project et Moi, Tonya.

French touch

Finissons avec les Français: Florian Babikian, Vincent Bayoux, Victor Caire, Théophile Dufresne, Gabriel Grapperon, Lucas Navarro pour Garden Party, Max Porter et Ru Kuwahata pour Negative Space en court métrage animé, Agnès Varda en documentaire (Visages Villages), Alexandre Desplat en compositeur de musique (La forme de l'eau), Bruno Delbonnel en chef opérateur (Les heures sombres) et Emilie Georges en coproductrice de Call Me By Your Name ont été nommés aux Oscars cette année. Il faut ajouter Julie Gayet, Rachid Bouchareb, Genevieve Lemal et Jean Bréhat (L'insulte), Philippe Bober (The Square) et Pascal Caucheteux (Faute d'amour) s'ajoutent à la liste. Pas un grand cru en quantité, mais un excellent cru en qualité.

Disney avale la Fox: c’est la souris qui mange le renard

Posté par vincy, le 14 décembre 2017

C'est le dernier monstre hollywoodien. La souris de Disney, 18,5% des recettes nord-américaines en salles, pourraient gober la 20th Century Fox, 12% des recettes cette année. 30% de part de marché (soit 3,2 milliards de $ avant la sortie du nouveau Star Wars, depuis janvier), c'est largement plus que les 20% de la Warner, les 15% de Universal ou les 9% de la Sony. On insiste sur le conditionnel du verbe pouvoir. Car si Disney a bien racheté les actifs du groupe 21st Century Fox appartenant à la famille Murdoch (52,4 milliards de dollars en action, auxquels s'ajoutent 13,7 milliards de dollars de dettes), les autorités de la concurrence n'ont pas encore dit leur mot sur ce méga-deal. Rien de suppose que le gouvernement Trump fasse à un tel cadeau à l'empire Walt Disney : il a déjà bloqué une méga-acquisition plus tôt dans l'année (celle du groupe Time Warner, et donc CNN, par l'opérateur ATT).

Selon les termes de l’accord définitif, Disney acquiert les studios télé et cinéma de la Fox, y compris Fox Searchlight, qui ont dominé les nominations aux Golden Globes lundi dernier, les chaînes FX et National Geographic, la chaîne indienne Star, la part de  la Fox dans Sky (en Europe) et la plate-forme de streaming vidéo Hulu (dont Disney est déjà coactionnaire avec NBCUniversal). Les Murdoch garderont juste la chaîne TV Fox, les chaînes locales, les chaînes d'infos et les chaînes sportives.

Disney veut ainsi s'armer face à la concurrence des GAFAS (Google, Apple, Facebook, Amazon) et de Netflix, notamment en s'octroyant un accès direct aux foyers avec les chaînes dTV et la plateforme SVàD.

Déjà propriétaire de profitables marques comme Marvel, Star Wars, Indiana Jones, et leader dans l'animation, le groupe de Burbank agrandit sa famille avec d'autres héros Marvel comme Deadpool , les 4 Fantastiques et les X-Men ( de quoi faire de nouveaux crossovers), mais aussi la franchise Avatar et des films comme The Shape of Water, l'un des favoris pour les Oscars. Ironiquement, la Fox avait distribué les six premiers films de la saga Star Wars. Le studio a aussi de sacrés succès dans son catalogue comme Independance Day, Maman j'ai raté l'avion, Une nuit au musée, Seul sur Mars, Seul au monde, la récente trilogie de La Planète des singes, The Revenant, Gone Girl, les films de Wes Anderson, mais aussi des séries comme Les Simpsons ou This is Us. Dans les prochains mois, la Fox a programmé The Post de Steven Spielberg, le nouveau Labyrinthe, Deadpool 2 et le biopic sur Freddie Mercury.

Il y a fort à parier, si la transaction est autorisée, que la Fox devrait voir son territoire se réduire. Si on ignore ce que va devenir l'animation, les franchises autour des super-héros vont être rapatriées sous le label Marvel.