CNC : un budget en baisse mais des soutiens financiers en hausse

Posté par vincy, le 16 octobre 2011

Pendant que la Primaire citoyenne du Parti Socialiste et du Parti Radical de Gauche ont occupé les médias, le gouvernement préparait son projet de loi de finances pour 2012. Le Centre National du Cinéma et de l'Image Animée (CNC) devrait ainsi bénéficier d'un fond de soutien de 700 millions d'euros contre 750 millions l'an dernier. C'est confortable, mais en baisse, dans un budget global du Ministère en stagnation.

Le projet de loi de finances prévoit aussi 539 millions d'euros de recettes fiscales générées par la TST (77% des revenus du CNC). Cette taxe sur les services de télévision doit justement être réformée prochainement. Le budget du CNC a fortement augmenté ces dernières années grâce à la taxe sur les services de télévision (TST) payée par les opérateurs télécom. Les parlementaires aimeraient pouvoir piquer dans ce "trésor". Le gouvernement aimerait bien récupérer 70 millions d'euros. mais pour ne pas fragiliser les aides du CNC, il faut augmenter certaines taxes. Pour ça, le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère de l'Economie et des finances doivent présenter leur projet au parlement lors du vote du budget. La réforme consiste à faire payer ceux qui contournent cette taxe par des astuces commerciales, comme le fournisseur d'accès Free. L'assiette de cet impôt porterait sur l'ensemble du chiffre d'affaires des opérateurs télécoms, avec un abattement de 55%, et non plus seulement la partie consacrée aux services de TV. Selon les premières estimations, cela pourrait rapporter 180 millions d'euros supplémentaires.

Des taxes, des aides

D'autres ressources sont prises en compte dans le budget du CNC.

La taxe sur le prix des places de cinéma devrait rapporter 130 millions d'euros au CNC (+ 2,1 millions d'euros)si les prévisions de fréquentation sont conformes à la tendance actuelle, soit 190 millions d'entrées d'ici la fin de l'année.

A cela il faut ajouter la taxe vidéo et vidéo à la demande, qui doit rapport 32,5 millions d'euros, dont 31,8 millions pour le CNC.

Le CNC devrait répartir ces sommes de la manière suivante.

Hors frais de gestion de l'institution, il reste 661,5 millions d'euros.

Le soutien automatique est de 399,2 millions d'euros (+ 6% par rapport à 2011) : 210 millions d'euros seront répartis entre les producteurs audiovisuels, 85,9 millions iront aux producteurs de cinéma, 65,5 millions seront versés aux exploitants, 30,7 millions seront dévolus aux distributeurs, 7,1 millions partiront chez les éditeurs vidéos.

Les soutiens sélectifs sont budgétés à hauteur de 255,9 millions d'euros (+ 7% comparé à 2011). 6,4 millions d'euros concerneront le plan sur la numérisation du patrimoine en plus des 125 millions d'euros pour le plan de numérisation des salles.

Les nouveaux horizons de StudioCanal

Posté par vincy, le 29 septembre 2011

StudioCanal, la filiale cinéma de Canal+ créée en 1986 sous le nom de Canal + production, a signé un accord avec le fonds d'investissement britannique Anton Capital Entertainment, dirigé par Sébastien Raybaud et Mark Field-Marsham, afin de produire une centaine de films sur trois ans. Ce "deal" permet à StudioCanal de recevoir 150 millions d'euros sur trois ans, ce qui concernera une centaine de films. StudioCanal alignera 350 millions d'euros. ACE financera donc environ 30% de chaque film international, avec une logique de partage complet des risques et des recettes. StudioCanal garde le pouvoir d'accorder ou non le feu vert aux films en développement.

La filiale de Canal + devient ainsi une "minimajor", un studio européen. Le studio pourra être plus réactif dans ses choix et facilitera l'acquisition de droits. La priorité reste le marché européen : il est présent sur les trois plus gros marchés, la France, le Royaume Uni et l'Allemagne.

StudioCanal devient donc l'Astérix de l'Empire hollywoodien avec une quarantaine de films produits par an (contre 15-25 pour chaque "major" américaine) et les deux tiers de ses revenus réalisés hors de France. La société devrait afficher une croissance de 10% cette année pour atteindre un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros. Sa rentabilité (14%) est exceptionnelle pour le secteur.

Le groupe mise sur une stratégie différente de celle des studios américains qui exploitent directement leurs contenus sur tous les supports, mais qui les obligent à produire des blockbusters coûteux avec des frais de distribution, d'exploitation et de marketings toujours plus élevés.

Olivier Courson, patron de la filiale de Canal +, veut développer principalement quatre styles de films : le cinéma indépendant international, le cinéma familial, les films de genre de qualité et la production locale événementielle (des films d'auteurs à budget moyen mais avec un potentiel populaire).

Une nouvelle taxe pour les films étrangers en Argentine

Posté par vincy, le 25 septembre 2011

cinéma buenos aires copyright vincy thomasL'INCAA, l'équivalent du CNC en Argentine, veut appliquer une nouvelle taxe pour les films étrangers. Cette taxe est basée sur le nombre d'écrans, ce qui limitera les sorties "envahissantes" des blockbusters hollywoodiens.

Autrement dit, plus un film monopolise les salles, plus il paye de taxes. Par exemple à Buenos Aires, si le film est distribué sur 40 copies, la taxe équivaut à 300 billets vendus ; si on atteint les 80 copies, il faudra payer l'équivalent de 1 200 billets. Et si le film squatte 160 écrans, alors la taxe s'élève au prix de 12 000 tickets!

Pour le reste du pays, la taxe est moins élevée. Avec 13 millions d'habitants, la métropole de Buenos Aires concentre un tiers de la population du pays ; la deuxième métropole est neuf fois moins importante...

Le Ministère a calculé qu'avec un tarif moyen de 30 pesos (7$15), cette nouvelle taxe pouvait rapporter entre 2 100 $ et 86 000 $ par sortie de films! Hollywood est la principale cible de cette nouvelle mesure. Le cinéma américain représente plus de 80% du marché argentin et ses plus gros blockbusters  peuvent sortir sur plus de 120  écrans (le pays en compte 800). Cette semaine quatre films (tous hollywoodiens) sont distribués sur plus de 60 copies.

Cette taxe (protectionniste) vertueuse a un double effet : garantir la diversité des films proposés et augmenter le pactole de l'INCAA (à condition de le réinvestir dans des aides au cinéma local). Plus de 100 films argentins sont produits chaque année mais la plupart ne dépasse pas les 10 000 entrées (voire ne sort pas en salles). Même les succès locaux souffrent de la diminution parfois brutale du nombre de copies après deux ou trois semaines d'exploitation. Les films argentins ont une part de marché de 10 % (comme le Québec par exemple). Et les films venus d'ailleurs (ni américains ni argentins) se partagent les 10 autres % du marché.

En 2011, un seul film non américain se classe dans le Top 20 (en 10e position). Et six films ont dépassé le million de $ de recettes. C'est pour l'instant, un peu mieux qu'en 2010.

L'Argentine est un pays où le cinéma est en plein boom, notamment grâce à une politique d'ouverture de multiplexes, mais aussi grâce à quelques succès locaux (qui s'exportent plutôt bien). Cette année, les recettes en salles devraient grimper de 32% et atteindre 215 millions de $ selon Variety.

Cannes 2011 – le chiffre du jour : 20 000 000 d’euros

Posté par vincy, le 11 mai 2011

Environ 20 millions d'euros, c'est le budget du festival, assez stable depuis quelques années, malgré la crise. La moitié provient des 14 partenaires officiels (Canal +, L'Oréal, Air France, Chopard, Europcar, Hewlett-Packard, LG, Nestlé, Orange, Renault, Société Générale, Continental Media Assurances, Jacques Dessange et Electrolux). On peut aussi rajouter Kodak pour la Caméra d'or. Beaucoup ont quand même réduit leur train de vie : annulation de fêtes, réduction du nombre d'invités, diminution de la publicité....

L'autre moitié vient des pouvoirs publics : 30% pour la ville de Cannes, 15% du ministère de la Culture, 2,5% de la région et 2,5% du département. La ville répartit ses aides entre une subvention coquette (2,1 millions d'euros) et des aides directes : sécurité, achats d'espace, mise à disposition de la Villa Domergue, ornements publics ... Il faut dire que la ville triple sa population durant le festival. Au total, 250 millions d'euros de chiffre d'affaires sont générés par le Festival (soit près d'un tiers des recettes annuelles de la ville de Cannes dans le secteur Tourisme d'affaires). C'est aussi 2 600 emplois créés durant cette période et 15% du chiffre d'affaires annuels des Hôtels. Cannes rapporte...

Et pourtant le Ministère des Affaires étrangères a cessé son apport régulier.

Un bilan euphorique pour l’IFCIC

Posté par vincy, le 28 avril 2011

"En 2010, l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC) a enregistré une hausse très importante de son activité" indique le communiqué reçu hier mercredi 27 avril. L'IFCIC a créé un nouveau fonds de garanties dédié au théâtre privé "et, en décembre, par celle d’un fonds de garantie à la production cinématographique européenne doté par le programme MEDIA de l’Union". Il s'agit de mettre en œuvre un fonds de garantie à la production cinématographique "dont la dotation atteindra, à terme, 4 millions d’euros et permettra de garantir plus de 65 millions d’euros de crédits". Il vise à faciliter l’accès au crédit des producteurs indépendants du secteur cinématographique ressortissants des pays membres de ce programme .

Présidé par Guillaume Cerutti depuis un an, l'IFCIC que 2010 fut une année record en garantissant 375 millions d'euros de nouveaux crédits pour la production cinématographique, touchant ainsi 112 longs métrages. L'IFCIC soutient aussi le processus de numérisation des salles de cinéma indépendante.

L’IFCIC (Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles) est un établissement de crédit créé en 1983 pour faciliter l’accès au crédit des entreprises culturelles. Le Conseil d’administration de l’IFCIC a procédé dans le même temps à la cooptation en
son sein de Teresa Cremisi, PDG du groupe Flammarion, en qualité d’administrateur
indépendant, qui remplace l'ancien éditeur Claude Durand. Le mandat de l'éditrice de Michel Houellebecq court jusqu’en mai 2013 et il est renouvelable.

Le Conseil a également procédé "à la cooptation en son sein de la Banque Espirito Santo et de la Vénétie (BESV), nouvellement actionnaire de l’IFCIC, ainsi qu’à un réajustement des modalités de la représentation de son premier actionnaire, OSEO, suite à la fusion intervenue au 31 décembre dernier entre OSEO Financement et OSEO Garantie." OSEO est actionnaire à hauteur de 25,65% et l'Etat de 18,93%.

Le Conseil d’administration de l’IFCIC compte 15 administrateurs, dont 6 représentants des banques actionnaires, 6 représentants de l’Etat ou du secteur public, parmi lesquels un représentant du CNC, et 2 administrateurs indépendants.

L'IFCIC remet aussi un prix annuel à une société de production indépendante. L'an dernier, ce septième trophée avait récompensé THE FILM, producteur d'Espion(s) et du film d'Elia Suleiman, Le temps qu'il reste. Le prix est doté d'un chèque de 10 000 euros. Les lauréats précédents furent TS Productions (2004), Les Productions du Trésor (2005), Elia Films (2006), La Mouche du Coche (2007), les Films du Poisson (2008) et 2.4.7. Films (2009).

7,75 millions de $CAN pour rouvrir le cinéma eXcentris à Montréal

Posté par vincy, le 17 avril 2011

Rebondissement : le cinéma eXcentris va renaître, après deux ans de fermeture et un projet risqué de reconversion (voir actualité du 24 septembre 2009). Le cinéma art et essai Parallèle va devenir propriétaire, en partie, avec l'aide de financements publics, du complexe situé sur le Plateau de Montréal. Cerise sur le gâteau, les trois salles actuelles seront complétées par deux nouvelles salles de 50 et 70 places d'ici deux à trois ans. La ville qui fut autrefois la plus cinéphile du Canada va pouvoir retrouver un peu de son lustre face à Toronto, désormais coeur de l'industrie nord-américaine avec l'un des quatre festivals les plus prestigieux du monde.

Lors de la conférence de presse, le fondateur du Parallèle et patron du Festival du nouveau cinéma (FCMM), Claude Chamberlan, semblait ravi : « ces cinq salles de cinéma d'auteur, c'est un vieux rêve. Comme ça existe à Paris...» Simon Brault, patron de Culture Montréal, semblait rassurer : « on arrête ainsi de dégringoler, car on se marginalisait. Montréal est une vraie ville de résilience. On est capable de rebondir ».

La SODEC apportera 4 millions de $CAN sous forme de prêts, dont 2 millions immédiatement, la Fondation Daniel Langlois, qui avait créé le complexe eXcentris, donnera un million de $ pour moderniser l'équipement (sièges, régie) et la Ville de Montréal contribuera à hauteur de 2,5 millions de $ (dans un fonds qui est en fait alloué par le gouvernement du Québec). C'est bien cette dernière subvention qui a permis de boucler le financement du projet, ainsi que la baisse du prix de vente par Daniel Langlois, propriétaire des salles. Par ailleurs, le Ministère de la culture s'est en plus engagé à verser 1,25 million de $CAN sur cinq ans.

44 ans après sa création, le cinéma Parallèle, simple exploitant, devient donc copropriétaire de l'édifice, inauguré dans les années 90, soit deux étages sur les cinq (Softimage occupe une grande partie des locaux). Il ne restait plus qu'une salle en exploitation depuis la fermeture par Daniel Langlois il y a deux ans. Cela avait fortement affecté la fréquentation du quartier, très animé, avec de nombreux restaurants et bars lounge.

Les rénovations débuteront dès cet été pour une réouverture à l'automne, certainement à l'occasion du Festival du nouveau cinéma, en octobre. En attendant l'extension dans un espace jardin-amphithéâtre, dont le calendrier reste à préciser.

La Queer Palm en quête de financements

Posté par vincy, le 7 avril 2011

L'an dernier, la première Queer Palm, dérivé cannois des Teddy Bear de Berlin, a été remise dans le Zanzibar, désormais fermé, à la bonne franquette et avec une énorme envie d'en parler. Kaboom, le délirant film de Gregg Araki, a dignement remporté la première palme LGBT de l'histoire. Mais y en aura-t-il une deuxième? Les organisateurs de la Queer Palm ont besoin de 5 000 euros et ils en ont...110. A peine 2 % grâce à 5 soutiens et ce, malgré 468 fans sur Facebook. Faible.

L'objectif de cette collecte est de "professionnaliser le prix qui a été lancé l'année dernière sans budget." Volonté de développer la visibilité, avec un magazine-guide : mais pourquoi ne pas dire un catalogue? pourquoi ne pas créer un fil Queer Palm sur Yagg et Facebook ? Un magazine-guide, c'est si peu écolo, si vite jeté avant de remplir sa valise de retour... Volonté d'organiser toute l'année des événements autour de la représentation LGBT dans le cinéma : mais pourquoi ne pas se greffer à des médias (comme le nôtre), à des festivals ou des cycles dans certaines salles, à ARTE (qui développe sa web TV avec inventivité)?

En revanche, on peut comprendre que cela ait un coût. Matériel de communication, soirée de remise des prix, réunions de jury, statuette...

Mais est-ce bien tentant d'investir 10 euros pour avoir une carte postale postée depuis Cannes ; 25 euros pour un badge collector ; 50 euros pour une invitation à la cérémonie de remise de la Queer Palm sur ne page cannoise et sa soirée exceptionnelle et festive (encore heureux, si les gays ne savent plus faire la fête, où va-t-on?!) ; 100 euros pour deux invitations ; 500 euros pour deux invitations et un remerciement nominatif dans le fameux magazine-guide, pour la postérité, et deux invitations à l'avant-première du film à Paris ; 1000 euros pour huit invitations et tutti quanti... (deux tee shirts de la collection Queer Palm, un DVD du film récompensé, huit badges, huit affiches).

Ecran Noir soutient avec ferveur l'initiative  de la Queer Palm(voir actualité du 6 mai 2010). Il est important que le plus grand festival de cinéma offre un prix, comme à Venise et à Berlin, à un film qui ouvre les regards sur la condition lesbienne, gay, trans ou bi. Si l'on semble critique sur les initiatives dispendieuses, c'est justement parce que nous ne voudrions pas voir cette Queer Palm abandonnée pour des ambitions un peu démesurées pour une deuxième édition. Laissons-la s'installer, faire son nid et séduire des sponsors. Le Teddy Bear ne s'est pas fait en un an.

Que la Queer Palm reste un événement sympathique, décalé et elle est assurée de sa survie à moyen terme. Ceci dit rien ne vous empêche d'aider son créateur, qui a eu le courage de lancer l'idée. Il est nécessaire que ce prix existe : après tous les catholiques ont bien le leur. Il suffit de cliquer sur http://fr.ulule.com/queer-palm/.

Le prix sera remis le samedi 21 mai prochain.

Le programme européen MEDIA survivra-t-il au delà de 2014?

Posté par vincy, le 16 février 2011

Que va devenir le programme MEDIA (*), qui fête ses 20 ans cette année, après 2014? La commission à tendance très libérale de José Manuel Barroso aurait la volonté de fusionner MEDIA avec d'autres programmes.

L'inquiétude commence à se transformer en angoisse. Une déclaration commune des responsables des différentes "CNC" européens a été envoyée au Président de la Commission et à la Commissaire en charge de la Culture, la cypriote Androulla Vassiliou.

En jeu : le budget de MEDIA et ses missions, très utiles pour les coproductions européennes et les films d'auteur. C'est l'identité même du cinéma européen qui serait mise en danger. Une diversité menacée qui amènerait un renforcement des studios et une concentration des moyens, et par conséquent un affaiblissement des prises de risque.

Il faudra attendre fin février pour connaître les premiers arbitrages budgétaires en vue de travailler sur le budget 2014-2018 et du programme Europe 2020.

Il est temps de paniquer. La Commission européenne a fait clairement savoir depuis quelques mois qu'elle allait réorganiser sa politique d'aides. Or MEDIA avait lancé une consultation fin septembre afin de se défendre face aux coupes prévues par Barroso. Résultats : en novembre, MEDIA alertait les professionnels français car l'organisme avait reçu trop peu de réponses. Un désintérêt de la profession? On n'ose y croire, à moins d'avoir une courte vue.

La remise en cause du programme provient aussi de ce faible nombre de réponses, qui n'encourage pas la Commission à vouloir reconduire le programme, ainsi remis en cause. Pas faute d'avoir été prévenus. Certes, MEDIA a peu communiqué; certes, le lobbying n'a pas été assez intense; mais les producteurs français ont)ils conscience de l'importance de ce programme, qu'ils sont bien heureux de trouver pour des films exigeants? Actuellement le programme MEDIA est financé jusqu'en 2013. Pour son exercice 2007-2013, il a reçu 755  millions d'euros. Pour exemple, en 2010, 11 films présentés à Venise et 20 films à Cannes avaient reçu son soutien.

Une audition publique concernant "Le futur des programmes MEDIA" se tiendra le 18 mars à Bruxelles (inscription).

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*MEDIA est le programme de soutien de l'UE pour l'industrie audiovisuelle européenne. MEDIA intervient à la fois en amont et en aval de la production: en cofinançant la formation continue des professionnels, le développement de projets de production (films, téléfilms, documentaires, animations et multimédias), la distribution et la promotion des œuvres  européennes...

Bellocchio censuré par Berlusconi ?

Posté par vincy, le 18 janvier 2011

La censure a de multiples visages. En Italie, elle peut être effectuée par de simples pressions financières ou politiques. Silvio Berlusconi n'en rate pas une : rachat d'un des derniers cinémas romains d'art et essai, pour en faire un magasin Benetton, baisse des crédits d'impôts pour la production cinématographique, retrait des livres des écrivains soutenant l'ancien activiste Cesare Battisti dans les bibliothèques vénitiennes...

Et on apprend dans le Corriere della Sera du 11 janvier que Marco Bellocchio a du abandonner son prochain film, faute de financement. L'article est intitulé ainsi :  "Nessuno vuole produrre il mio film sull' Italia di oggi" (personne ne veut produire mon film sur l'Italie d'aujourd'hui). Bellocchio ce n'est pas rien : trois prix à Berlin, six sélections à Cannes, prix de la critique aux European Film Awards, un Donatello du meilleur réalisateur, deux prix à Locarno, six au Festival de Venise...

Italia Mia etait un projet qu'il devait enchaîner après son nouveau film, Lacrime (anciennement La Monaca di Bobbio), qui pourrait être à Cannes ou à Venise cette année. Il s'agissait d'une satire politique inspirée par les années Berlusconi. L'histoire suit une jeune fille mêlée à un certains nombre d'affaires publiques et médiatisées et s'achève dans une villa luxueuse et insulaire où des événements choquants ont laissé leur trace. Cela rappelle en effet l'actualité récente de Berlusconi.

Bellocchio s'est toujours intéressé à l'histoire de son pays, de Mussolini (Vincere) aux années de plomb (Buongiorno, Notte) en passant par le Vatican (Le sourire de ma mère).

Mais comment financer un tel film quand le Président du conseil des ministres italien est malmené dans les sondages, par son camp politique, et par la justice? Il risque en effet une mise en examen pour l'affaire Ruby en étant soupçonné d'incitation à la prostitution de mineure et abus de fonction. Son groupe Mediaset possède trois chaînes de télévision majeures, Medusa Cinema, Medusa Film, Cinecitta Digital Factroy, Ares Film, et les multiplexes The Space Cinemas... Sans oublier que les chaînes de télévision publiques sont assujetties à son pouvoir. Autant dire qu'il contrôle toute la chaîne.

Italia Mia a été refusé par une dizaine d'investisseurs, malgré son budget modeste (moins de 7 millions d'euros, soit un devis inférieur à celui de Vincere). Bellocchio n'avait jamais connu pareille situation. Il pourrait en faire un film, tant les dysfonctionnements de son pays l'inspirent.
"Bien sûr je ne voulais pas mettre en scène une comédie. Je voulais parler de l’Italie d’aujourd’hui, il n’y a donc pas de quoi rire. Je n’avais pas pour autant l’intention de suivre les journaux à la lettre, ou de donner dans le pamphlet."

Il ne reste plus qu'à des producteurs étrangers d'avoir le courage de le financer.

Tribeca a dix ans : dix dates qui en ont fait l’un des festivals majeurs nord-américain

Posté par vincy, le 16 janvier 2011

Redford avait créé Sundance. De Niro aura créé Tribeca. Prix Cecil B. De Mille à la Cérémonie des Golden Globes ce dimanche, futur président du jury du festival de Cannes. Et notamment pour son rôle actif à défendre un cinéma indépendant.

2002 - Fondation du Tribeca Film Festival avec Jane Rosenthal et Craig Hatkoff à la suite des attentats du 11 septembre 2001. L'objectif est de restaurer l'image de New York et d'accompagner les transformations sociologiques et urbanistiques du quartier Tribeca. Le festival se prépare en quatre mois avec 1 300 volontaires. Roger Dodger, de Dylan Kidd, reçoit le premier prix du meilleur film. Star Wars Episode II fait son avant-première mondiale au festival.

2003 - 300 000 spectateurs fréquentent le festival. La programmation s'étend à l'international et à des projections en plein air sur le bord de l'Hudson River. À la fin de l'année, Robert De Niro acquiert un cinéma rebaptisé Tribeca Cinema. Blind Shaft, de Li Yang, reçoit le prix du meilleur film. Mais c'est la franco-italienne Valeria Bruni Tedeschi qui retient l'attention avec deux prix (meilleur nouveau talent, meilleure actrice) pour son premier film, Il est plus facile pour un chameau....

2004 - L'actrice mythique brésilienne Fernanda Montenegro reçoit le prix de la meilleure actrice.

2005 - Felicity Huffman ("Desperate Housewives") fait sensation en transsexuelle et obtient le prix de la meilleure actrice dans Transamerica

2006 - Marwan Hamed est primé pour L'immeuble Yacoubian, à titre de meilleur nouveau talent.

2007 - Gucci colle sa marque au Tribeca Documentary Fund pour soutenir les documentaires aux enjeux humanistes et sociaux. Marina Hands meilleure actrice dans Lady Chatterley.

2008 - Le festival s'associe à la chaîne de sport ESPN et propose le Tribeca / ESPN Film Festival avec des documentaires et des archives de films sportifs. Le film culte Morse, de Tomas Alfredson, reçoit le prix du meilleur film.

2009 - Avant que le Tribeca Film Festival ne soit filialisé dans Tribeca Entreprises, les co-fondateurs sont classés 14e de la liste des 25 plus grands philanthropes de la planète pour leur rôle dans la reconstruction de New York. About Elly d'Asghar Farhadi reçoit le prix du meilleur film. Mais surtout, Tribeca ouvre un Festival à Doha (Qatar), le Doha Tribeca Film Festival. La première édition accueille 35 000 visiteurs.

2010 - Le Tribeca Film Institue s'associe à la chaîne HBO pour créer un nouveau fonds de financement pour les documentaires, soit 100 000 $. Au total le TFI distribue 500 000 $ pour différents soutiens à la production grâce à six programmes (Tribecca All Access, TFI Latin America Media Arts Fund, Robert De Niro Sr. Prize...) .  La valeur totale des prix décernés est de 185 000 $. Le français Kim Chapiron (Dog Pound) reçoit le prix du meilleur nouveau talent. Au total, 410 000 spectateurs sont venus à un événement du Festival qui présentait 146 films (dont 91 longs métrages). 1 100 volontaires venus de 13 pays ont collaboré à la manifestation.

2011 - La 10e édition se tiendra du 20 avril au 1er mai 2011. En 9 éditions Tribeca a rapporté 600  millions de $ à l'économie de New York.