Les sociétés Lucasfilm et Pixar contraintes au libre échangisme

Posté par vincy, le 26 décembre 2010

Juste avant Noël, le Ministère américain de la justice a fait un très beau cadeau aux employés de Lucasfilm (le studio de George Lucas) et Pixar (filiale de Walt Disney). Il a obligé les deux entreprises à rompre un pacte anti-concurrence qui empêchait leurs employés de passer librement d'une société à l'autre… Cela concernait notamment les animateurs. Cette interdiction de débaucher les employés du concurrent "était un obstacle totalement injustifié à la concurrence pour les animateurs numériques", a estimé dans un communiqué Christine Varney, procureur-adjointe chargée de la division antimonopole du ministère de la Justice, qui poursuivait les deux sociétés depuis septembre.

Dès que le Ministère a déposé sa plainte contre Lucasfilm et Pixar mardi 21 décembre, les deux studios ont présenté un nouvel accord qui annule les dispositions du pacte antérieur.

Notons que Lucasfilm collabore depuis longtemps avec le groupe Walt Disney pour créer les attractions Star Wars et Indiana Jones dans leurs parcs d'attraction.

Pierre et le Loup en DVD : un classique avec un livret pédagogique

Posté par Claire Fayau, le 18 décembre 2010

A l'occasion des fêtes de fin d'année,et des vacances scolaires, le Centre national de documentation pédagogique [CNDP] réédite le film d'animation Pierre et le Loup de Suzie Templeton (voir notre critique parue l'an dernier) dans sa collection "Films en classe".

L'histoire : Bravant l'interdiction de son grand-père, Pierre s'aventure dans la forêt, accompagné d'un oiseau et d'un canard . Il parvient à capturer le loup, grâce à son courage et son ingéniosité.

Un détournement pédagogique d'une œuvre intemporelle

A l'origine, Pierre et le Loup est un conte musical, dont le compositeur Sergueï Prokofiev (1891 - 1953) écrit le texte et compose la musique en 1936, année de son retour définitif en URSS.

Prokofiev se lance dans la création de Pierre et le Loup à la demande de la directrice artistique du Théâtre central pour enfants de Moscou, qui souhaitait présenter les principaux instruments de l'orchestre symphonique  à ses élèves. A chaque personnage de Pierre et le loup est attribué un (ou plusieurs) instrument(s) de musique. Un Piccolo, Saxo et cie avant l'heure!

Ce conte fut l'objet de nombreuses adaptations, dont une par Disney, Peter and the Wolf, du vivant de Prokofiev, mais celui-ci ne fut jamais autorisé à voir cette version américaine.

La version de 2006 de Suzie Templeton est intéressante, car elle ne comporte aucun dialogue, aucune parole. Juste des marionnettes et  la musique de Prokofiev, et un prologue muet. La fin diffère de celle de Prokofiev, le loup étant libéré par Pierre, dans un élan écologique, alors que dans l'original, Pierre sauve le loup en l'emmenant au zoo. A discuter avec les enfants!

L'oeuvre de Suzie Templeton a récolté de nombreuses récompenses, notamment le Grand Prix et Prix du Public au Festival d'Annecy.

A noter que le film inspiré du célèbre conte musical de Prokofiev s'accompagne d'un livret pédagogique (pour les enseignants ou les parents) destiné à des enfants de la maternelle au cycle 3.

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DVD vidéo de 33 min + livret pédagogique
SCÉRÉN-CNDP, 2010
Réf. 755B0807– 14 €

Festival national du film d’animation: la science des rêves

Posté par Claire Fayau, le 9 décembre 2010

Pour sa 17e édition, le Festival national du film d'animation devient annuel et déménage en Bretagne, à Bruz, près de Rennes (du  14 au 19 décembre)

Bénéficiant du soutien  de l'association française du cinéma d'animation (Afca) et de l'association L'arrosoir à Emile, ce festival a sélectionné plus d'une centaine de films.

* L' Ouverture du festival avec Michel Ocelot qui présentera sa dernière œuvre, un épisode inédit de Dragons et princesses.

* Une sélection de 62 films en compétitions, sélectionnés parmi plus de 300 films reçus, en présence des réalisateurs (courts métrages professionnels et films d’étudiants)

* Des cartes blanches : Aux réalisateurs Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli ; à Monique Renault, personnalité atypique du cinéma d'animation ; au Kask, célèbre département d'animation des Beaux-Arts de Gand créé par Raoul Servais ; aux Fous d'Anim', et à la société de production créée par Michel Gondry, Partizan.

* Une dizaine de programmes spéciaux  pour revenir sur les films qui ont marqué l'animation depuis 30 ans,  découvrir des techniques - images de synthèse ou films d'encre et de charbon - mais aussi des films d'ateliers, des longs métrages…

* de nombreuses rencontres :  Xilam Animation nous dévoilera les secrets de fabrication de la série télévisée Oggy et les Cafards ; Cédric Mercier  parlera des décors de La science des rêves, long métrage de Michel Gondry, Sébastien Laudenbach nous présentera son film Regarder Oana,  et Juliette Loubières son nouveau court métrage en avant-première Citrouille et vieilles dentelles ... Et bien d'autres rendez-vous  avec les réalisateurs (une trentaine) et les personnalités invitées des cartes blanches. Un entretien intéressant à  noter  sur long- métrage Renaissance. Et enfin, le dessin animé français des fêtes, Une vie de chat.

* En extra: les programmes jeunesse, une Journée professionnelle, des Apéros Animés,et enfin, trois Ciné-Concerts : Fantasmagorie d’Émile Cohl, premier dessin animé de l’histoire du cinéma (1908),  La leçon de Solfège de Segundo de Chomon (1909), et Gertie le dinosaure de  Winsor McCay (1914).

Pour ceux qui sont  à Paris :

Le Festival national du film d’animation est au CARREFOUR DE L'ANIMATION, les 8,9, 10 et 12 décembre 2010 au Forum des Images, Paris.

Au programme :

- Trois séances thématiques (un mélange de films retenus en compétition à Bruz et de coups de cœur du Forum des Images) : «Après l’école » le 9/12 à 17h ; « Voyages » le 10/12 à 21h15 ; « Musique et son » le 12/12 à 17h30.

- Une table ronde : « films d’étudiants et droits d’auteur : l’entre deux droits ». Le 9 décembre à 15h.

Retrouvez toutes les informations sur le site internet du Festival national du film d'animation

L’Apprenti Père Noël : un conte doux comme un flocon

Posté par Morgane, le 26 novembre 2010

« - si l’enfant n’a pas été choisi d’ici là, il est écrit que la magie de noël fondra à jamais »

L’Histoire : Nicolas est un jeune orphelin vivant à Sidney. Dans l’orphelinat où il attend de trouver de nouveaux parents, Nicolas fait une rencontre plus que surprenante par une nuit enneigée. Le Père Noël en personne vient le chercher pour qu’il devienne son apprenti et donc le futur Père Noël...

Notre avis : L’Apprenti Père Noël fait fi de la 3D et des nombreux effets spéciaux qui font aujourd’hui la gloire des studios d’animation. Ce petit conte de noël s’appuie sur une animation très traditionnelle, pleine de poésie et haute en couleurs, rappelant parfois les films de Jacques-Rémy Girerd.

Les plus petits s’émerveilleront devant ce film dans lequel chaque petit détail compte et écarquilleront de grands yeux remplis d’envie à la découverte de l’atelier magique de celui qui fait rêver tous les enfants. Plein de bons sentiments, parfois trop, cette fable se déguste comme une bûche de noël s’accompagnant d’un gros chocolat chaud devant un bon feu de cheminée... On sait que c’est un peu cliché mais finalement, mais ne refoulons pas ce genre de plaisir régressif ! Les plus grands qui accompagneront les plus petits trouveront donc un certain plaisir à se lover dans ces images parfois un peu mielleuses mais qui réchauffent et qui nous font retrouver notre âme d’enfant.

Poésie et tendresse ne sont d’ailleurs pas les seuls au rendez-vous. À eux se mêle une petite pointe d’humour à travers ce père noël quelque peu bougon refusant de prendre sa retraite. Et derrière tout cela, quelques thématiques plus sérieuses telles que la peur de ne plus servir à rien, la peur de ne pas être à la hauteur etc. pointent le bout de leur nez en arrière-plan de ce conte de noël prêt à faire rêver les petits et parfois même les grands.

La nuit des enfants et rois et Le chat du rabbin changent de date de sortie et visent Cannes

Posté par vincy, le 17 novembre 2010

À quelques jours d'écart, Warner Bros et UGC ph ont changé la date de deux dessins animés français très attendus en 2011. Prodigies, la nuit des enfants rois, d'après le roman culte de Bernard Lenteric (voir ) et Le Chat du rabbin, adaptation par Joann Sfar de sa propre bande dessinée, étaient prévus en mars.

Ils sortiront désormais à la fin du printemps. D'une part, les deux films d'animation veulent profiter de la Fête du cinéma mais surtout, les deux distributeurs visent une éventuelle sélection au Festival de Cannes 2011.

Prodigies, la nuit des enfants rois (l'affiche teaser en photo) sortira le 25 mai, tandis que Le chat du rabbin est désormais prévu une semaine plus tard, le 1er juin.

L’illusionniste en lice pour l’Oscars du meilleur film d’animation

Posté par vincy, le 14 novembre 2010

15 dessins animés vont s'affronter pour les trois nominations à l'Oscar du meilleur film d'animation (il y en aurait eu 16 comme prévu, cela aurait donné de l'air avec cinq nominations). Les campagnes de publicité avec la mention" For your consideration" ont déjà commencé. Passage en revue par studios et évaluation des chances.

Bill Plympton Studios peut tenter le coup avec Des idiots et des anges. Ce serait un bon signe pour l'animation indépendante américaine et surtout pour valoriser une autre forme d'animation, plus adulte. L'auteur mériterait aussi une reconnaissance pour l'ensemble de son oeuvre. C'est aussi sa faiblesse : manque de popularité, ton trop décalé, style un peu marginal. Et le studio peut placer plus facilement son court métrage The Cow Who Wanted to Be a Hamburger.

DreamWorks Animation espère bien placer un de ses trois films dans la liste. Pourtant, la déconvenue pourrait être au rendez-vous avec, au final, aucune nomination. Dragons a le plus de chance : c'est le meilleur de tous, et son histoire a séduit le jeune public.  Megamind, malgré son succès public, apparaît beaucoup plus faible en terme artistique. Shrek Forever After ne devrait pas se retrouver dans la liste finale : le box office décevant, la baisse de qualité de la franchise ne lui permettra sans doute pas de faire aussi bien que les deux premiers épisodes : l'Oscar en 2001 et une nomination en 2004. DreamWorks n'a rien gagné depuis 2005 (Wallace & Gromit) et n'a pas été sélectionné depuis 2008 (Kung Fu Panda).

Lionsgate présente Alpha et Omega, qui a peu de chance : critiques médiocres, public pas vraiment au rendez-vous.

Madhouse va essayer de placer un manga (de Science Fiction) dans la liste. Summer Wars, de Mamoru Hosada (le culte La traversée du temps), peut profiter de l'absence d'Hayao Miyazaki (un Oscar, une nomination). Mais les films d'animation visant les ados n'ont jamais été parmi les favoris des "électeurs" de l'Académie.

New Yorker Films parie sur My Dog Tulip, un autre film d'animation indépendant et très personnel, surtout quand ils sont réalisés par des vieux de la vieille. Mais l'aspect artistique, sans qualité réelle, en fait un outsider sans réel potentiel.

Sony Pictures Classics (et Django Films) mise sur L'illusionniste, du français Sylvain Chomet. Le cinéaste est très apprécié depuis Les Triplettes de Belleville (nommé en 2003). L'esthétique, le sujet et le scénario de Jacques Tati sont incontestablement un plus pour des professionnels souvent nostalgiques. A l'inverse, sa mélancolie, sa singularité peuvent le desservir pour séduire des votants sensibles au box office et souvent protectionnistes.

Universal propose Moi, moche et méchant. A priori, le dessin animé a toutes ses chances, malgré des critiques un peu mitigées (pour ne as dire désemparée par l'humour du film). Mais l'énorme succès international et le fait qu'il ait battu Shrek 4 au box office local en fait un compétiteur solide.

Walt Disney / Pixar a trois films dans la course. Le studio a gagné 5 des 9 Oscars du meilleur film d'animation, et n'a pas perdu depuis 2007. Il n'y a qu'en 2005 où aucun film issu de l'un des deux studios, à l'époque pas encore fusionnés, avait fait chou blanc. Cette année devrait confirmer l'hégémonie de John Lasseter sur l'animation américaine. Raiponce devrait plaire avec cette histoire de princesse, à la fois rafraîchie et traditionnelle. L'humour, la romance et l'action sont au rendez-vous. Un carton au box office pourrait faire le reste. Clochette et l'expédition féérique (la suite de La féé clochette) n'est, en revanche, pas à la hauteur de la catégorie. D'autant que le film, sorti directement en DVD, n'a pu bénéficier d'une nomination qu'avec une petite tricherie : le film a été diffusé dans une salle de cinéma durant une semaine. Mais tous les yeux seront rivés sur Toy Story 3, archi grand favori de l'année. Plus gros succès de l'année en Amérique du Nord, troisième épisode d'une trilogie adorée et qui n' jamais pu être récompensée (l'Oscar a été créé en 2001), Toy Story 3 a tous les ingrédients (émotion, action, humour) pour être nommé aussi dans la catégorie meilleur film. C'est dire qu'il domine la concurrence.

Warner Bros n'a que deux cartes à jouer, hélas assez faiblardes. Le Royaume de Ga'Hoole, malgré son sublime travail de l'image de synthèse, manque de consistance côté scénario et a subit un échec public. Les critiques ont pourtant été bonnes et Zack Snyder peut faire une légère différence. Yogi Bear a été disqualifié avant la confirmation de la liste. En revanche, le studio a réussi à placer Comme chiens et chats : la revanche de Kitty Galore, qui n'a pourtant convaincu ni public ni critique.

Et puis, pas encore distribué, notons la présence d'un film chinois en 3D, The Dreams of Jinsha. Avec Summer Wars, il est le deuxième film asiatique, et les deux peuvent être disqualifiés s'ils ne sortent pas dans une salle de Los Angeles ou de New York avant le 31 décembre.

Cars, en attendant la suite, des courts métrages qui « cars-toonent » !

Posté par Claire Fayau, le 12 novembre 2010

bande annonce cars 2Disney et Pixar travaillent sur une suite du film d’animation Cars - Quatre roues, qui sera sur nos écrans pour l'été 2011. Ce sera un remake déguisé de La grande course autour du monde, de Blake Edwards, avec des références à Fast & Furious et James Bond (l'Aston Martin en guest-star), puisque les voitures entrent en compétition à travers les plus belles villes de la planète, de Tokyo à Londres en passant par Paris. Cars est une exception dans l'histoire de Pixar : c'est le seul dessin animé qui a réalisé un box office international moins important que son box office nord-américain, ce qui ne l'a pas empêché de cumuler 460 millions de $ de recettes.
Le logo de Cars 2 a été dévoilé et la bande-annonce divulguée (sur IMDB.com). L'attente est presque insoutenable pour les fans.

Mais en attendant juillet 2011, vous pouvez  voir Martin la dépanneuse rouillée (Mater en VO) et Flash McQueen le bolide rouge dans une compilation de courts-métrages .
Réunis en DVD sous le titre Cars Toon : Martin se la raconte, certains ont déjà pu être projetés dans les salles de cinéma, mais deux d'entre eux sont totalement inédits. Prêt à sortir le 24 novembre prochain, il faut aussi noter que le Blu-ray accompagne systématiquement le Blu ray du premier long métrage.

Au programme, un hommage aux films de genre (film noir, science fiction,"Fast and Furious"/manga.)

  • MARTIN A LA RESCOUSSE : Martin est un camion de pompier, mais aussi docteur qui va sauver Flash ...
  • MARTIN LE GRAND : Martin est un casse-cou qui n'a peur de rien ...
  • LE MARTINDOR : Martin est un célèbre matador espagnol.
  • TOKYO MARTIN : Un  Martin  "modifié" et "super- tuné" participe à une course de" drift-style" contre   un chef yakusa et des ninjas.
  • MARTIN VOLANT NON IDENTIFIE : Martin rencontre un  "OVNI"  du nom de Mator/ Marteau en VF.
  • HEAVY METAL MARTIN : Martin est une star du rock dans un groupe de heavy metal.
  • MARTIN POIDS LOURD : Martin est un lutteur professionnel et participe à un tournoi de catch automobile...
  • MARTIN LUNAIRE (inédit) : Martin est un « autonaute » qui part en mission sauvetage sur la Lune.
  • MARTIN DETECTIVE PRIVE (inédit) : La belle décapotable Mia demande à Martin retrouver sa sœur Tia...

Si les jeunes et moins jeunes se régaleront des aventures de Martin et de Flash McQueen, il ne faut pas qu'ils manquent les passionnantes  52 minutes de bonus. Un vrai plus pour mieux appréhender l'univers de Cars et des artistes Pixar.

Mon premier festival : Jacques-Rémy Girerd et Bernadette Lafont parlent d’Une vie de chat

Posté par MpM, le 29 octobre 2010

La nouvelle production du studio Folimage, Une vie de chat de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol, a fait l’ouverture mercredi 27 octobre de l'édition 2010 de Mon premier festival. Avant de le découvrir lors de sa 2e projection le 30 octobre prochain au Studio des Ursulines ou dès le 15 décembre en salles, rencontre avec Jacques-Rémy Girerd (La prophétie des grenouilles, Mia et le Migou), le producteur du film, et Bernadette Lafont, qui a prêté sa voix à l’un des personnages, la mystérieuse Claudine.

Ecran Noir : Parlez-nous du film…

Jacques-Rémy Girerd : Il s’agit d’un polar où le personnage principal est un chat qui partage sa vie entre la maison d’une petite fille dont la mère est commissaire de police, et les toits de Paris où il accompagne un "monte-en l’air" dans ses expéditions. Ces deux mondes vont se rencontrer et faire des étincelles.

EN : A qui s’adresse-t-il ?

JRG : Ce serait une erreur de croire qu’il s’agit seulement d’un film pour les enfants. Les adultes eux-aussi peuvent y prendre plaisir. Le film est bourré de clins d’œil ! Son histoire emporte tout le monde et l’esthétique est de tous les âges.

EN : Quelle technique a été utilisée ?

JRG : Il s’agit tout simplement d'un dessin animé. Mais la particularité est que les dessins ont été faits à la craie grasse, ce qui donne un velouté esthétique original. C’est une technique unique et à ma connaissance, c’est la première fois que c’est utilisé dans un long métrage. Par ailleurs, le film part des voix. Nous avons enregistré les dialogues il y a environ 4 ans et ensuite les dessins ont été créés et animés en fonction des voix. Il ne s’agit pas de doublage comme d’habitude, où l’on plaque des mots sur des dessins, mais d’une véritable création de la voix et du personnage.

EN : Est-ce que les acteurs ont ainsi une influence sur leur personnage ?

JRG : Oui, d’autant qu’on filme les acteurs à travers la vitre pendant qu’ils enregistrent, donc on peut s’inspirer de ces images pour les dessins et l’animation. Même physiquement. Par exemple, dans La prophétie des grenouilles, Michel Galabru interprétait un éléphant coincé dans une fenêtre. On ne voyait que ses yeux et sa trompe. L’animateur a observé Galabru et au final, le personnage lui ressemble ! Avec trois fois rien, on peut capter l’âme d’un personnage. C’est la magie du dessin animé… Et parfois du hasard. Dans le scénario, le "méchant" - Vincent Costa - était directement inspiré de l'acteur Joe Pesci. Au moment d'enregistrer les textes, on a demandé à Jean Benguigui d'incarner le personnage. Or lui-même a doublé Joe Pesci dans Les affranchis de Scorsese...

EN : Bernadette Lafont, vous interprétez le personnage de la nounou. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Bernadette Lafont : Ce n’est ni du doublage ni de la synchronisation. On part d’une histoire, d’un texte, un peu de l’univers graphique, et c’est tout. C’est comme enregistrer un texte pour un livre audio. Ensuite, c’est formidable de voir la voix incarnée. C’est très joyeux. Là ce n’est pas fini car il y a encore le plaisir de la découverte.

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Une vie de chat de de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol
en salles le 15 décembre
avant-première dans le cadre de Mon premier festival le 30 octobre à 14 h 15 au Studio des Ursulines
Informations sur le site de la manifestation

Allez Raconte ! : c’est l’histoire d’un mec…

Posté par Morgane, le 19 octobre 2010

L’Histoire : Laurent déborde d’imagination et raconte si bien les histoires que ses enfants décident de l’inscrire à un concours télévisé... de papa conteur. Mais sera-t-il le meilleur? Car il faudra compter avec la présence d’Éric, son diabolique collègue de bureau, menteur, tricheur... sans scrupules!

Notre avis : Maquilleur sur plusieurs tournages français, Jean-Christophe Roger est également le réalisateur des deux saisons de la série télévisée (format de 6 minutes) Allez Raconte !. Gardant le même titre et les même personnages, c’est-à-dire Laurent le conteur et ses deux enfants Pierre et Jeanne, Jean-Christophe Roger passe aujourd’hui au long métrage.

Adaptation de la bande dessinée créée par Lewis Trondheim et José Parrondo, le film en garde l’univers graphique ainsi que l’humour. En effet, le graphisme d’Allez Raconte ! ne joue pas la carte de la poésie mais plutôt la touche comique (grimaces, personnages caricaturés et très stylisés). Adoptant également un ton décalé et se jouant des clichés, le héros du film ressemble plus à un zéro, à première vue bien sûr. Peureux, peu sûr de lui, Laurent n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler le plus fort des papas. Mais son imagination très fertile, son grand coeur et son authenticité font de lui un véritable héros aux yeux de ses deux enfants.

On appréciera également les intermèdes musicaux dans lesquels sont parodiés de grandes figures telles que Michel Polnareff, Michael Jackson, Les Beatles, Ray Charles, Mick Jagger etc. En revanche, un léger regret pour une petite tendance au politiquement correct qui censure les histoires sur le caca ou les mots quelque peu grossiers...

La réussite du film repose également sur les voix des personnages. Destiné aux 6-10 ans, les enfants ne les remarqueront sûrement pas mais leurs parents seront ravis de reconnaître en Éric la voix d’Élie Semoun ou bien encore celles du célèbre duo Omar et Fred qui interprètent respectivement Momo et l’animateur du jeu télévisé.

Véritable ode à une imagination débordante mêlant les extra-terrestres aux princesses et les chevaliers à la préhistoire, Allez Raconte ! est un film pour les enfants sur des adultes qui n’ont pas tout perdu de leur fantaisie de bambins...pour le bonheur de tous.

L’animation a (enfin) son César !

Posté par vincy, le 2 juillet 2010

15 ans que nous plaidions pour que cette récompense voit le jour. Depuis l'envol de l'animation française (avec Ocelot, Girerd, Chomet, Schiel, Leclerc) et l'arrivée de Volkman, Satrapi, Sfar, cela devenait honteux, irrespectueux, incompréhensible. L'Académie des César a communiqué qu'un "nouveau César sera désormais décerné au meilleur film d'animation de l'année".

"Les conditions d'éligibilité et de nomination définitives seront fixées lors du prochain conseil d'administration de l'académie, qui aura lieu au mois de novembre", précise-t-elle.
La 36e édition de la cérémonie des César aura lieu le 25 février 2011.