Deauville 2017: Hommages à Laura Dern, Jeff Goldblum et Michelle Rodriguez

Posté par vincy, le 25 juillet 2017

Le 43e Festival International du Cinéma Américain de Deauville (1er-10 septembre) rendra hommage à Laura Dern, Jeff Goldblum et Michelle Rodriguez, en leurs présences.

Ce sont donc trois comédien(ne)s très différents qui seront honorés sur les planches normandes. Laura Dern et Jeff Glodblum ont joué ensemble dans Jurassic Park en 1993. Mais leurs itinéraires sont très différents.

Laura Dern est avant tout une actrice lynchéenne: Blue Velvet, Sailor et Lula, Inland Empire et la nouvelle saison de Twin Peaks. On l'a aussi vue dans Un monde parfait de Clint Eatswood, Citizen Ruth d'Alexander Payne, Docteur T et les femmes de Robert Altman, The Master de Paul Thomas Anderson, et dans le récent Nos étoiles contraires. Elle sera également Vice Amiral dans le prochain Star Wars! Elle a été citée deux fois aux Oscars.

Jeff Goldblum est plus populaire. Sa longue carri!re l'a amené à tourné pour Robert Altman (Nashville, The Player), Woody Allen (Annie Hall), Philip Kaufman (L'invasion des profanateurs, L'étoffe des héros), Lawrence Kasdan (Les copains d'abord, Silverado). Mais c'est avec La mouche de David Cronenberg qu'il deviendra une tête d'affiche. De là on le verra dans tous les Jurassic Park, Independance Day et sa suite, Neuf mois aussi, ... Il a aussi tourné pour Wes Anderson (La vie aquatique, The Grand Budapest Hotel), Roger Mitchell (Morning Glory), Paul Schrader (Adam Resurrected). En attendant de le voir dans Thor: Ragnarok cet automne.

Quant à Michelle Rodriguez, révélée par Girlfight en 2000, elle est l'une des vedettes récurrentes de la franchise Fast and Furious, et une adepte des Resident Evil. Evidemment on se souvient aussi d'elle dans Avatar de James Cameron, Machete de Robert Rodriguez et le récent Revenger de Walter Hill. Elle sera à l'affiche du prochain film de Steve McQueen, avec Viola Davis et Elisabeth Debicki, Widows.

Venise 2017: Un film français dans la compétition de la Semaine de la critique

Posté par vincy, le 24 juillet 2017

La Semaine internationale de la Critique du Festival de Venise a dévoilé sa sélection. Tous les films seront présentés en avant-première mondiale.

La compétition très européenne sera composée de Il Cratere de Luca Bellino et Silvia Luzi (Italie), Drift d'Helena Wittmann (Allemagne), Körfez (The Gulf) d'Emre Yeksan (Turquie), Sarah joue un loup garou de Katharina Wyss (Suisse), Team Hurricane d'Anika Berg (Danemark), Temporade De Caza de Natalia Garagiola (Argentine) et le film français Les garçons sauvages de Bertrand Mandico, avec Vimela Pons.

A ces films s'ajoutent deux événements: le film d'ouverture, Pin Cushion de Deborah Haywood (Royaume Uni), et le film de clôture, Veleno (Poison) de Diego Olivares (Italie).

A noter que l'affiche de la SIC de Venise a été réalisée par l'illustrateur Carmine Di Giandomenico, collaborateur régulier pour DC Comics et Marvel Comics.

Venise 2017: les jurys au complet

Posté par vincy, le 24 juillet 2017

La 74e Mostra de Venise (30 août - 9 septembre) révèlera sa sélection jeudi. En attendant, le Festival a dévoilé l'intégralité de ses quatre jurys.

Compétition officielle
Présidente: Annette Bening
Michel Franco (réalisateur, Mexique), Edgar Wright (réalisateur, Royaume Uni), Ildikó Enyedi (réalisatrice, Hongrie), Yonfan (réalisateur, Taïwan), Rebecca Hall (actrice, Royaume Uni), Anna Mouglalis (actrice, France), Jasmine Trinca (actrice, Italie), David Stratton (critique, Australie).

Section Orrizonti
Président: Gianni Amelio
Rakhshan Banietemad (réalisateur, Iran), Ami Canaan Mann (réalisatrice, Etats-Unis), Mark Cousins (réalisateur, Irlande), Fien Troch (réalisatrice, Belgique), Rebecca Zlotowski (réalisatrice, France), Andres Duprat (scénariste, Argentine).

Lion du future (Prix Luigi De Laurentiis)
Président: Benoît Jacquot
Geoff Andrew (auteur, enseignant, Royaume Uni), Albert Lee (producteur, Hong Kong), Greta Scarano (actrice, Italie), Yorgos Zois (réalisateur, Grèce)

Venice Virtual Reality
Président: John Landis
Céline Sciamma (actrice, France), Ricky Tognazzi (réalisateur, Italie)

Venise 2017: Robert Redford et Jane Fonda honorés, Alexander Payne en ouverture

Posté par vincy, le 18 juillet 2017

Venise dévoile peu à peu son programme à quelques semaines du lancement des festivités de sa 74e édition (30 août-9 septembre). Après la Présidente du jury, le Festival a révélé deux des Lions d'or qui seront décernés et le film d'ouverture qui sera projeté.

Deux monstres sacrés hollywoodiens seront ainsi sacrés sur la lagune italienne. Jane Fonda et Robert Redford recevront le plus prestigieux des honneurs. Notons qu'avec Annette Bening comme Présidente du jury, Venise a choisi là aussi deux personnalités américaines, activistes et de gauche, bref anti-Trump (ne serait-ce que sur la question du climat et des droits de la femme).

Ils seront à Venise pour présenter Our Souls at Night, un film... Netflix, sélectionné hors compétition et projeté en avant-première mondiale. Jane Fonda, deux Oscars et une Palme d'or d'honneur, et Robert Redford, un Oscar du meilleur réalisateur et un Oscar honorifique, fondateur du festival Sundance, ont souvent partagé l'affiche ensemble. La dernière fois remonte à 1979 avec Le cavalier électrique de Sydney Pollack. Ils se sont aussi croisés dans La poursuite impitoyable d'Arthur Penn, aux côtés de Marlon Brando, en 1966. Mais leur duo au cinéma reste mémorable avant tout avec la comédie romantique Pieds nus dans le parc de Gene Saks (1967), où ils étaient au sommet de leur beauté. Deux sex-symbols, avides de liberté, producteurs, icônes féministe ou écologiste, en plus d'être deux acteurs talentueux et audacieux, défendant les films indépendants et étrangers tout en ayant fait carrière avec succès à Hollywood.

Ils recevront leur prix le 1er septembre. Our Souls at Night est l'adaptation du roman de Kent Haruf, Nos âmes la nuit. Dans une petite ville du Colorado, Addie, une veuve de 75 ans, décide de rompre sa solitude en proposant à Louis, son voisin, veuf lui aussi, de passer du temps ensemble. Ils sont voisins depuis des décennies mais ils se connaissent peu. Ils tombent amoureux l'un de l'autre. Cependant, leurs enfants les désapprouvent et les amoureux doivent se cacher pour vivre leur histoire.

En ouverture, Venise projettera Downsizing, le nouveau film d'Alexander Payne, qui sera également en compétition. Le casting de ce film est composé de Matt Damon, Christoph Waltz, Kristen Wiig, Jason Sudeikis, Alec Baldwin et Neil Patrick Harris. Le film devrait aussi aller à Telluride et Toronto. L'histoire est assez baroque: des gens choisissent de rétrécir afin de trouver une meilleure vie. Cela fait trois ans que le réalisateur a commencé à travailler sur ce film.

Le 70e Festival de Locarno dévoile une programmation très française

Posté par vincy, le 12 juillet 2017

Adrien Brody honoré par un Leopard Club Award. Mathieu Kassovitz (qui viendra pour le premier film de Samuel Jouy, Sparring) récompensé par un Excellence Award. A ces deux acteurs, s'ajoutent Michel Merkt (Prix du producteur indépendant), Jean-Marie Straub (Léopard d'or d'honneur) et Nastassja Kinski parmi les hommages rendus cette année. Le 70e Festival de Locarno a révélé ce mercredi 12 juillet le programme des festivités.

Lynch, Huppert, Ruiz...

En compétition on retrouve notamment pas mal de productions et coproductions françaises: 9 doigts de F.J. Ossang, As Boas Maneiras de Juliana Rojas et Marco Dutra, Charleston d'Andreï Cretulescu, Good Luck de Ben Russell, Madame Hyde de Serge Bozon, avec Isabelle Huppert et Romain Duris, Mrs. Fang de Bing Wang et Wajib de Annemarie Jacir. A côté de ces films, ont note la présence de Denis Côté (Ta peau si lisse), Xu Bing (Qing Ting Zhi Yan), John Carroll Lynch (Lucky, avec David Lynch), une œuvre posthume de Raul Ruiz (La telenovela Errante), Jim McKay (On the Seventh Day), Travis Wilkerson (Did You Wonder Who Fired Gun?), Aaron Katz (Gemini) ou encore Germano Maccioni (Les astéroïdes - Gli asteroidi, avec Pippo Delbono)

Paradis, Ardant, Argento...

Pour cette édition anniversaire, le cinéma français sera très présent avec Olivier Assayas et Sabine Azéma à la présidence de deux jurys, mais aussi Samuel Benchetrit, Vanessa Paradis et Vincent Macaigne (Chien), Fanny Ardant transgenre (Lola Pater), Noémie Lvovsky et Mathieu Amalric (Demain et tous les autres jours qui ouvrira la prestigieuse programmation de la Piazza Grande), Paul Hamy et Pascal Greggory (9 Doigts) et Jean-Pierre Léaud (36 fillette). Parmi les autres stars attendues Albert Serra, Francesca Comencini, Irrfan Khan et Golshifteh Farahani (The Song of the Scorpions), Vincent Pérez et le cultissime Dario Argento. Locarno a aussi obtenu la comédie indépendante The Big Sick, véritable phénomène à Sundance, et succès inattendu au box office américain cet été dans les circuits art et essai.

Côté diversité, Locarno présentera deux blockbusters Atomic Blonde avec Charlize Theron et le thriller SF de Netflix, What Happened to Monday? avec Noomie Rapace. De Cannes, seul Good Time des frères Safdie a été retenu pour la Piazza Grande.

D'hier à aujourd'hui

Dans la section Cinéastes du présent, on notera le sud coréen Kim Dae-hwan (The First Lap), le japonais Ryutaro Ninomiya (Sweating the Small Stuff), la française Narimane Mari (Le fort des fous) et l'américain Dustin Guy Defa (Person to Person).

Enfin, est-ce pour la francophilie affirmée de cette édition? Mais la Rétrospective 2017 sera consacrée à Jacques Tourneur, disparu il y a 40 ans: "un réalisateur qui n’est encore pas reconnu à la hauteur de son talent. Tourneur a souvent tourné des films classifiés comme « série B », des films qui nous semblent aujourd’hui plus incisifs, plus visionnaires et plus actuels que leurs aînés. Car le réalisateur a toujours su mêler dans son travail l’imaginaire puissant des récits de genre et une poésie visuelle unique, héritée sans doute de sa double identité, européenne et américaine."

Pas de festival de Marrakech en 2017

Posté par vincy, le 8 juillet 2017

Selon un communiqué de la Fondation du Festival International du Film de Marrakech, daté du 30 juin, la 17e édition du FIFM n'aura pas lieu en décembre prochain.

"Pour permettre au Festival d’aller encore plus de l’avant dans sa mission, non seulement de promotion de l’industrie cinématographique marocaine, mais aussi d’ouverture vers les autres cultures, réalité incontournable de l’universalité du Septième Art, la décision a été prise de surseoir à la tenue de l’édition 2017 du Festival International du Film de Marrakech pour reprendre en 2018" est-il énoncé. "Cette période sera mise à profit pour définir et impulser une dynamique de changement destinée à mettre en œuvre une nouvelle organisation et de nouveaux outils qui prennent en compte l'évolution effrénée du monde digital, pour mieux servir la vision et les objectifs du Festival" ajoute le communiqué.

Trop glamour? Trop occidental? En tout cas pas assez connecté et pas assez valorisant pour le cinéma marocain, complètement absent de la dernière compétition (un incident qui a sans doute accélérer la situation de blocage actuel).

Sarim Fassi-Fihri, vice-président délégué de la Fondation, s'interroge sur la manière d'innover, de diversifier l'offre, en films comme en évènements, tout en touchant un public plus large, y compris hors de Marrakech. Il confirme aussi que le contrat triennal de l'agence co-organisatrice, Le Public Système Cinéma, n'a pas été renouvelé. Le partenariat datait de 2004. Bruno Barde, DG du groupe Le Public Système, quitte donc la direction artistique du festival. Officiellement, à cause de cette suspension de l'édition 2017.

Mais en creux, dans une interview accordée à un site marocain, le VP souligne que le Maroc dispose désormais de compétences nationales pour être seul maître à bord. En revanche, il nuance le départ de Mélita Toscan du Plantier, directrice du festival. Elle avait affirmé en mars qu'elle ne serait plus directrice du festival. Mais selon Sarim Fassi-Fihri, elle serait toujours en poste, au sein du comité de direction chargé de réfléchir à l'avenir de la manifestation.

Le Forum des Images perd sa directrice et Séries Mania

Posté par vincy, le 7 juillet 2017

Laurence Herszberg, directrice générale du forum des Images depuis 15 ans, a démissionné de son poste. En acceptant de prendre la direction du festival international des séries à Lille, la créatrice de Séries Mania porte un coup fatal au festival parisien.

"J'ai accepté de prendre la direction du projet de Festival international des séries porté par la région Hauts-de-France et par la ville de Lille. C'est le choix du cœur, de la légitimité et du courage" explique-t-elle dans son communiqué. Elle ajoute: "C'est le choix du cœur d'abord, parce que je porte Séries Mania depuis sa naissance en 2010. En huit éditions, les 5 000 spectateurs du début sont devenus 50 000 en 2017. Les prochaines années, je veux désormais les consacrer à faire de ce nouveau projet le festival de référence dans le monde pour les séries. Je sais que je peux compter sur l'appui essentiel de Frédéric Lavigne, directeur artistique de Séries Mania depuis l'origine et qui a décidé de m'accompagner à Lille…"

Il est vrai que le jury qui a attribué ce projet de Festival de séries à Lille avait préconisé, en décembre dernier, de solliciter l’équipe parisienne de Laurence Herszberg, "jugée la plus à même de développer ce projet sur les acquis de Séries Mania." Jusqu'au bout, Laurence Herszberg a défendu Séries Mania à Paris lors de la compétition pour le Festival voulu par le ministère, puis lors de la dernière édition, en avril, qui fut un véritable succès.

Lille reprend aussi le nom du festival parisien

Belle prise de guerre pour Xavier Bertrand qui porte politiquement le projet lillois. Le départ de la directrice et de son équipe pour Lille signe la fin de Séries Mania à Paris. La ville a cédé gracieusement le nom du Festival à celui de Lille, qui deviendra officiellement Séries Mania-Festival international des séries. Dans Le Monde, Bruno Julliard, premier adjoint et chargé de la Culture, voit "une opportunité pour le Forum des Images d’écrire une nouvelle page avec l’arrivée d’une nouvelle direction d’ici l’automne" et acte qu'il n'y aura pas "de nouvelle édition de Séries Mania l’an prochain, du moins sous cette forme." Dans notre article du 25 mars, "Festival des Séries: il y aura forcément des morts!", on imaginait bien un tel scénario. Reste le projet cannois qui reste une grosse épine dans le pieds pour celui de Lille.

A la mairie de Paris, la priorité  est désormais de choisir une nouvelle équipe et un nouveau projet. Le Forum des images, c'est plus de 300000 spectateurs par an, avec 5 salles de cinéma, une bibliothèque spécialisée, un bar-restaurant, 7500 films numérisés et avant tout le lieu d'accueil de L'Etrange Festival, de Mon premier festival, de Cinéma du réel, du Carrefour du Cinéma d'animation, de Cinéma au Clair de Lune, en plus des reprises de la Quinzaine, d'Annecy et d'Angers.

Annette Bening, la présidente anti-Trump du Festival de Venise

Posté par vincy, le 5 juillet 2017

Le choix est audacieux, pour ne pas dire gonflé. Et réjouissant par la même occasion. Une femme. Une actrice respectée et même admirée. Une militante engagée. Bref une Américaine qui symbolise à elle-seule la lutte anti-Trump. Annette Bening sera la présidente du jury du 74e Festival de Venise (30 août-9 septembre). La dernière fois qu'une femme avait été à ce poste c'était en 2006 (Catherine Deneuve). Berlin avait quand même réussi à convaincre Meryl Streep d'être à la tête de son jury en 2016. On ne peut que se féliciter d'avoir été cherché une comédienne qui n'est pas dans la catégorie A des stars bankables, mais dont les choix de films révèlent une exigence que son talent enrichit largement. C'est l'une des plus brillantes actrices américaines, assumant ses rides, et capable de jouer avec naturel tout en nous bouleversant sans effets.

Bafta de la meilleure actrice pour American Beauty de Sam Mendes, deux fois récompensée par les Golden Globes en tant que meilleure actrice dans une comédie (Adorable Julia de Istvan Szabo et Tout va bien ! The Kids are All Right de Lisa Cholodenko), nommée aux Oscars pour Les Arnaqueurs, de Stephen Frears, American Beauty, Adorable Julia et Tout va bien ! The Kids are All Right, Annette Bening va célébrer ses 30 ans de carrière au cinéma l'an prochain.

Des studios aux films indépendants, Annette Bening a aussi brillé chez Milos Forman (Valmont), Mike Nichols (Bons baisers d'Hollywood, A propos d'Henry>), Barry Levinson (Bugsy, où elle a rencontré son mari, Warren Beatty), Rob Reiner (Le Président et Muss Wade), Tim Burton (Mars Attacks!), Neil Jordan (Prémonitions), Rodrigo Garcia (Mother and Child), Sally Potter (Ginger and Rosa), Michel Hazanavicius (The Search)...

Politiquement engagée

A l'affiche de 20th century Women qui lui valu sa 8e nomination aux Golden Globes (et qui fut une des polémiques de cet hiver quand on découvrit son absence aux nominations des Oscars), elle a trois films à venir: La mouette de Michael Mayer, avec Saoirse Ronan, Film Stars Don’t Die in Liverpool de Paul McGuigan, avec Jamie Bell, Life, Itself de Dan Fogelman, avec Olivia Wilde, Oscar Isaac, Samuel L. Jackson et Antonio Banderas.

Soucieuse de son indépendance, elle sait attaquer, y compris politiquement. Elle veut défendre le système de sécurité sociale américain et l'IVG, est soucieuse des plus fragiles, des minorités ou des familles monoparentales. "C’est un moment historique dans la vie de notre pays. La plupart d’entre nous a honte de ce qui est train de se passer. Cette politique est honteuse, elle est anti-américaine" expliquait-elle cet hiver. Mais elle profite de ses interviews pour marteler sa façon de penser et sur le féminisme. "S'il est plus facile d'être une femme en 2017 qu'il y a quarante ans, grâce aux progrès de l'éducation, il existe aujourd'hui une autre pression : on attend de nous que nous réussissions nos études, que nous ayons un bon travail, mais aussi que nous soyons de bonnes mères, de bonnes épouses, sexy et tout le temps heureuses. C'est trop !" affirmait-elle cet hiver dans Télérama.

Festival d’Angoulême 2017: John Malkovich, Au revoir là-haut, Epouse-moi mon pote et les 120 ans de la Gaumont

Posté par vincy, le 3 juillet 2017

Marie France Brière et Dominique Besnéhard ont présenté ce matin les grandes lignes du prochain Festival du film Francophone d'Angoulême (22-27 août) lors d'une conférence de presse. Année après année, Angoulême se positionne comme un rendez-vous incontournable pour le cinéma français qui y voit là son "Deauville" (ou son "Toronto") pour lancer la saison d'automne et des fêtes avec un mix de films d'auteurs et de films populaires attendus.

On savait déjà que le jury serait présidé par l'acteur américain et francophile John Malkovitch. Il sera entouré de Claire Chazal, Laura Smet, Lucas Belvaux, Philippe Besson, Stefi Selma et de la productrice Denise Robert. Ils décerneront les Prix Valois. Le jury étudiant sera présidé par Cristiana Reali.

La compétition

  • Demain et tous les autres jours de Noémie Lvovsky
  • Et au pire on se mariera de Léa Pool
  • Frontières d'Apolline Traoré
  • Money de Gela Babluani
  • Nous resterons à Damas de Philippe Van Leeuw
  • Petit Paysan de Hubert Vharuel
  • Surface de Réparation de Christophe Tegin

L'un de ces films succédera à Ma vie de Courgette, Valois de diamant l'an dernier.

L'événement de ce 10e festival, ce sera évidemment l'avant-première du film d'Albert Dupontel, Au revoir là-haut, adaptation du best-seller et Prix Goncourt de Pierre Lemaître. Le film fera l'ouverture du festival. Autre événement majeur, l'avant-première du dernier film d'Eric Tolédano et Olivier Nakache, Le sens de la fête, avec Bacri, Lellouche et Rouve. Depuis Intouchables, les deux cinéastes croient à la vertu chanceuse du festival.

Deneuve & Depardieu en guests

Mon fils de Christian Carion avec Guillaume Canet, Jalouse le deuxième film de Stéphane et David Foenkinos, L’Ecole Buissonnière de Nicolas Vanier, avec François Cluzet, L'un dans l'autre de Bruno Chiche, avec Louise Bourgoin et Stéphane de Groodt, Bonne pomme, de Florence Quentin, avec la présence de Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, Le Petit Spirou de Nicolas Bary et Le Prix du succès de Teddy Lussi-Modeste avec Tahar Rahim, Maïwenn et Roschdy Zem feront également parti des avant-premières prestigieuses.

Par ailleurs un hommage au cinéma ivoirien; un focus sur Xavier Giannoli et une sélection de films cannois (Nos années folles, Un beau soleil intérieur, Le redoutable) seront au programme. Sans aucun doute, les spectateurs iront voir la dernière comédie de l'équipe de Babysitting et Alibi.com, Epouse-moi mon pote, réputée gay-friendly (lire notre article du 6 août 2016).

Enfin, la Gaumont fêtera ses 120 ans dès demain et jusqu'au 31 décembre 2017, avec l'exposition "120 ans de cinéma: Gaumont, depuis que le cinéma existe" au sein de la Cité de la BD, dans les Studios Paradis (chais Magelis) d'Angoulême qui ouvriront pour la première fois leurs portes au public. L'expo, qui a déjà séduit 50000 visiteurs à Paris, fera voyager les visiteurs à travers les grandes époques du septième art.

Festival de La Rochelle 2017: Suspendre le temps avec Hitchcock et Tarkovski

Posté par Martin, le 3 juillet 2017

Notes à propos de The Lodger d’Hitchcock (1926) et Stalker de Tarkovski (1979).

Difficile de proposer deux rétrospectives en apparence aussi différentes que celles consacrées à Alfred Hitchcock et Andrei Tarkovski au Festival de La Rochelle cette année. L'un, prolixe, est toujours considéré comme le maître du suspense et est admiré, plagié pour son découpage qui dirige avec précision les émotions du spectateur. L'autre n'aura réalisé que sept longs-métrages et, s'il s'est essayé avec succès au film de genre (Stalker, Solaris) ses intrigues métaphysiques, loin de jouer sur le suspense, dilatent le temps. Pourtant, Tarkovski, comme Hitchcock, pratique un art de la suspension de l'instant. Voici une comparaison de leur méthode à travers deux films fondateurs, The Lodger et de Stalker.

Dans le premier grand succès muet d’Hitchcock, The Lodger, chaque moment est dilaté autour de la même attente, comme un jeu avec le spectateur aux multiples variations : le locataire est-il le tueur de jeunes femmes blondes qui sévit tous les mardis ? La jeune blonde de la maison dans laquelle il vit est donc la victime idéale. Lorsqu’elle prend un bain, il frappe à la porte. Elle est dans sa baignoire au premier plan, et au second la porte crée une attente dans l’image même : elle pourrait s'ouvrir à tout instant et causer la mort de la jeune femme. Mais, comme on est chez Hitchcock, cette porte est aussi une métaphore sexuelle tenace : le plan sur les pieds de la jeune femme qui battent la mesure dans l'eau du bain est suivi par celui du jeune homme ému de l'autre côté de la porte. Voyeurisme frustré qui dure jusqu'à ce que la jeune femme s'entoure d'une serviette et aille elle-même ouvrir au jeune homme – elle n'est pas farouche, elle est amoureuse.

Mais ce qui caractérise plus encore le temps du suspense chez Hitchcock, c'est la subjectivité. On est toujours avec le personnage, dans son émotion, si bien que le spectateur peut être mis dans la même tension avec un (presque) innocent sur le point de se faire tuer (la fameuse scène de la douche dans Psychose) qu'avec un criminel avéré qui essaie de récupérer la preuve qui l'accusera (le briquet de L'Inconnu du Nord-Express). Dans The Lodger encore, il est intéressant de noter qu'un effet spécial, une transparence, est utilisé pour nous révéler à quoi pense la blonde héroïne : elle lève les yeux au plafond et la lampe vacille, elle voit soudain les pieds du jeune homme possiblement coupable marcher comme si son regard était capable de transpercer le plafond. Subjectivité sentimentale donc, et une nouvelle fois liée aux pieds, objet de tous les fétiches, puisque c'est un plan sur la trace des chaussures du locataire dans la neige qui orientera le policier dans sa recherche.

Le cinéma de Tarkovski propose l'opération inverse : plutôt que de nous concentrer dans un instant, il nous y perd, plutôt que de nous amener à une transparence dans l’image le récit ne fait que renforcer son opacité. Le temps devient un paysage, et vice versa. Le trajet des trois antihéros de Stalker raconte bien cet étirement du temps. Au lieu d'aller droit sur le chemin de leur quête, le guide fait passer le scientifique et l'intellectuel par de multiples chemins de traverse. Quand l'un s'aventure vers la bâtisse désolée qui semble contenir tous les trésors, une voix le rappelle à l'ordre. Il devra bel et bien suivre le chemin sinueux du guide. Le temps n'existe plus. Ou alors que parce qu'il est perdu. Il s'agit alors pour les trois personnages de ralentir, de réfléchir. Quel petit chemin parcouru physiquement pour un aussi long questionnement moral. Le suspense fait ainsi place à une suspension infinie.

Par la durée de ses films, il s'agit pour Tarkovski de nous mettre dans cet état de brouillard particulier où rêve, réalité, objectif concret et découverte morale se mêlent. Plus l'intrigue se simplifie, plus l'action se densifie. Le film s’apparente alors à un ralenti, une action empêchée, qui nous permettrait de faire miroiter chaque pensée dans l'espace (ce que les personnages appellent la Zone). À la fin, il ne reste qu'à s'abandonner à la contemplation de gouttes d'eau qui tombent et résonnent dans une ruine vide. La beauté est perdue, mais elle est pourtant bien tangible. Le suspend se poursuit, même après le film, dans l'esprit du spectateur. Dans Andrei Roublev, il faut attendre les dernières images pour voir les tableaux du peintre : éclatantes, en couleurs, elles sont le résultat de près de trois heures de luttes, de tortures historiques et de questionnements moraux. Là où chez Hitchcock l'attente est un moyen – elle a toujours une fin : le coupable est confondu, l'innocent innocenté – elle est chez Tarkovski le sujet même du film.