Berlin 2018: Steven Soderbergh et Lav Diaz s’invitent dans la compétition

Posté par vincy, le 22 janvier 2018

La Berlinale a ajouté trois films à sa compétition:

  • Ang panahon ng halimaw (Season of the Devil) de Lav Diaz, avec Piolo Pascual, Shaina Magdayao
  • Museo (Museum) de Alonso Ruizpalacios, avec Gael García Bernal, Leonardo Ortizgris photo)
  • Unsane de Steven Soderbergh, avec Claire Foy, Joshua Leonard, Jay Pharoah, Juno Temple, Aimee Mullins, Amy Irving

7 Days in Entebbe de José Padilha, avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, sera lui présenté hors-compétition, tout comme le film bulgare Aga de Milko Lazarov.

Dans la section Berlinale Special, le festival de Berlin présentera The Happy Prince, premier film de Rupert Everett, avec Colin Firth et Emily Watson, et Unga Astrid (Becoming Astrid) de Pernille Fischer Christensen, avec Alba August et Trine Dyrholm.

La 68e Berlinale aura lieu du 15 au 25 février.

Rappel des films en compétition:
3 Tage in Quiberon (3 Days in Quiberon) de Emily Atef (Allemagne)
Ang panahon ng halimaw (Season of the Devil) de Lav Diaz (Philippines)
Damsel de David Zellner & Nathan Zellner (USA)
Don't Worry, He Won't Get Far on Foot de Gus Van Sant (USA)
Dovlatov de Alexey German Jr. (Russie)
Eva de Benoit Jacquot (France)
Figlia mia (Daughter of Mine) de Laura Bispuri (Italie)
Las herederas (The Heiresses) de Marcelo Martinessi (Paraguay) - premier film
In den Gängen (In the Aisles) de Thomas Stuber (Allemagne)
Isle of Dogs de Wes Anderson (Royaume Uni) – Animation (film d'ouverture)
Khook (Pig) de Mani Haghighi (Iran)
Mein Bruder heißt Robert und ist ein Idiot (My Brother’s Name is Robert and He is an Idiot) de Philip Gröning (Allemagne)
Museo (Museum) de Alonso Ruizpalacios (Mexique)
La prière (The Prayer) de Cédric Kahn (France)
Toppen av ingenting (The Real Estate) de Måns Månsson & Axel Petersén (Suède)
Touch Me Not de Adina Pintilie (Roumanie) - premier film
Transit de Christian Petzold (Allemagne)
Twarz (Mug) de Malgorzata Szumowska (Pologne)

Berlin 2018: 10 nouveaux films annoncés en compétition

Posté par vincy, le 15 janvier 2018

La sélection berlinoise s'enrichit de dix nouveaux titres, en plus du film d'ouverture (Wes Anderson) et des premiers films déjà annoncés dont ceux de Gus van Sant, Benoît Jacquot, Malorzata Szumowska et Alexey German Jr.

Pour la 68e Berlinale, les organisateurs ont ajouté 10 nouveaux films en compétition et trois hors-compétition, et avec les venues de Robert Pattinson, Mia Wasikowska, Hanna Schygulla et Tony Leung Chiu Wai. Cette année le jury est présidé par Tom Tykwer.

Compétition

  • 3 Tage in Quiberon (3 Days in Quiberon) de Emily Atef, avec Marie Bäumer, Birgit Minichmayr, Charly Hübner, Robert Gwisdek, Denis Lavant
  • Black 47 de Lance Daly, avec Hugo Weaving, James Frecheville, Stephen Rea, Freddie Fox, Barry Keoghan, Moe Dunford, Sarah Greene, Jim Broadbent
  • Damsel de David et Nathan Zellner , avec Robert Pattinson, Mia Wasikowska, David Zellner, Nathan Zellner, Robert Forster, Joe Billingiere
  • Eldorado de Markus Imhoof - documentaire
  • Las herederas (The Heiresses) de Marcelo Martinessi, avec Ana Brun, Margarita Irún, Ana Ivanova
  • Khook (Pig) de Mani Haghighi, avec Hasan Majuni, Leila Hatami, Leili Rashidi, Parinaz Izadyar, Ali Bagheri
  • La prière (The Prayer) de Cédric Kahn, avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl, Louise Grinberg, Hanna Schygulla (photo)
  • Toppen av ingenting (The Real Estate) de Mans Mansson et Axel Petersén, avec Léonore Ekstrand, Christer Levin, Christian Saldert, Olof Rhodin, Carl Johan Merner, Don Bennechi
  • Touch Me Not de Adina Pintilie, avec Laura Benson, Tómas Lemarquis, Christian Bayerlein, Grit Uhlemann, Hanna Hofmann, Seani Love, Irmena Chichikova
  • Transit de Christian Petzold, avec Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Maryam Zaree, Barbara Auer, Matthias Brandt, Sebastian Hülk, Emilie de Preissac, Antoine Oppenheim

Berlinale Special Gala

  • Monster Hunt 2 de Raman Hui, avec Tony Leung Chiu Wai, Baihe Bai, Boran Jing
  • Gurrumul de Paul Williams - documentaire
  • Viaje a los Pueblos Fumigados de Fernando Solanas - documentaire

Les 30 films sélectionnés pour le 8e MyFrenchFilmFestival

Posté par vincy, le 10 janvier 2018

MyFrenchFilmFestival se lancera le 19 janvier et s'achèvera le 19 février 2018. Avec 30 longs et courts-métrages disponibles partout dans le monde en streaming, le festival initié par Unifrance va devoir renouveler son énorme succès de l'an dernier (7 millions de spectateurs).

Les films seront disponibles dès le 19 janvier, sur la plateforme MyFrenchFilmFestival.com et sur cinquante plateformes partenaires à travers le monde.

Paolo Sorrentino (La Grande Bellezza, The Young Pope) présidera le Jury de cette 8e édition, qui sera composé de Nabil Ayouch, Kim Chapiron, Julia Ducournau et Brillante Mendoza.

La section WTF…RENCH!?
La Loi de la jungle, de Antonin Peretjatko
Rock'n Roll, de Guillaume Canet
Willy 1er, de Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas
Belle à croquer, de Axel Courtière
Lazare, de Tristan Lhomme
Le Scénariste, de François Paquay

La section HIT THE ROAD!
Ava, de Léa Mysius
Crash test Aglaé, de Éric Gravel
Avant la fin de l'été, de Maryam Goormaghtigh
Le Film de l’été, de Emmanuel Marre

La section TEEN STORIES
Noces, de Stephan Streker
Swagger, de Olivier Babinet
1:54, de Yan England
Chasse Royale, de Romane Gueret et Lise Akoka
L'Enfance d'un chef, de Antoine de Bary

La section FRENCH AND FURIOUS
Dans la forêt, de Gilles Marchand
Les Derniers Parisiens, de Hamé et Ékoué
C'est arrivé près de chez vous, de André Bonzel, Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde
Please Love Me Forever, de Holy Fatma
La Mort, Père & Fils, de Denis Walgenwitz et Winshluss
La Caresse, de Morgane Polanski

La section LOVE “À LA FRANÇAISE”
Victoria, de Justine Triet
Le Dernier Métro, de François Truffaut
Noyade interdite, de Mélanie Laleu
Que vive l'Empereur, de Aude Léa Rapin
Le Goût du Vietnam, de Pier-Luc Latulippe
Une robe d'été, de François Ozon

La section NEW HORIZONS
PLANET ?, de Momoko Seto
Phallaina, de Marietta Ren
WEI OR DIE, de Simon Bouisson

Paul Otchakovsky-Laurens (1944-2018), éditeur cinéphile

Posté par vincy, le 4 janvier 2018

L'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, qui a publié George Pérec, Marguerite Duras ou encore Emmanuel Carrère, était aussi un homme de cinéma. Disparu accidentellement le 2 janvier à l'âge de 73 ans, P.O.L (comme le nom de sa maison d'édition) était passionné par le 7e art. Il a notamment fondé la revue Trafic suite à une rencontre avec le critique Serge Daney, qui écrivait : "Les images du cinéma sont très précieuses parce qu’elles constituent pour deux ou trois générations de par le monde une véritable archive de souvenirs, un trésor d’émotions stockées et aussi une usine à questions. Le temps est venu de se servir du cinéma pour questionner les autres images – et vice versa. Trafic veut retrouver, retracer, voire inventer les chemins qui permettent de mieux savoir, dès aujourd’hui, « comment vivre avec les images »."

Un trimestriel où cinéastes, écrivains, philosophes écrivaient sur le cinéma qui a survécu à Daney grâce au soutien de Otchakovsky-Laurens. Une collection de livres fut même déclinée. Le n°104 de la revue vient de paraître.

Il a surtout publié de nombreux écrits de Serge Daney, dont Persévérance, avec Serge Toubiana, L’exercice a été profitable, Monsieur, adapté au théâtre, l’Amateur de tennis et la Maison cinéma et le monde en quatre tomes.

Outre le romancier-scénariste-cinéaste Emmanuel Carrère (La classe de neige, L'adversaire, La moustache...), P.O.L a aussi publié des romans ou des essais d'Alain Guiraudie, Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Abbas Kiarostami, ...

L'éditeur a aussi soutenu la revue Positif durant les années 1990 et Lettre du cinéma. Plus institutionnellement, il a présidé l’Avance sur recette du CNC entre 2011 et 2014 et continuait de présider le conseil d'administration du Festival international de cinéma de Marseille (FID).

La Présidente du CNC, Frédérique Bredin, a rendu hommage à cet "esprit intuitif" dont les livres "ont également inspiré de bien belles adaptations cinématographiques", et a souligné son apport à ce travail d'adaptation quand il a été le dirigeant de la Scelf (Société civile des éditeurs de langue française) et initié au Salon du livre de Paris les Rencontres audiovisuelles et à Cannes le rendez-vous Shoot the Book, où les éditeurs et les producteurs se croisaient pour trouver des projets de films et de téléfilms.

Le FID a adressé "un salut à cet homme immense. Immense, il l’était, dans ses affections comme dans ses engagements, et jusque dans sa modestie."

Le documentaire, Paul Otchakovsky-Laurens l'avait pratiqué avec deux films: Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, en 2009, où il évoquait son enfance douloureuse (la mort de son père, la maladie de sa mère, l'adoption par une cousine de celle-ci, un abus sexuel) et Editeur, sorti en novembre dernier, où il filme son métier et son parcours avec un regard décalé, sa courtoisie légendaire et son humilité sincère. Paradoxalement, cet homme qui a su se révéler grâce aux mots des autres, discret et sentimental, avait su s'exposer en pleine lumière grâce à la réalisation, sans filtre, sans les phrases de ceux qu'il publiait.

Cate Blanchett, Présidente du jury du Festival de Cannes

Posté par vincy, le 4 janvier 2018

On attendait, on voulait une femme présidente. C'est chose faite. Le Festival de Cannes a choisi l’actrice australienne Cate Blanchett comme Présidente du Jury du 71e Festival de Cannes (8-19 mai). Après la néo-zélandaise Jane Campion en 2014 et l'Australien George Miller en 2016, c'est la troisième fois qu'un artiste océanien préside le jury cannois en quelques années. Jane Campion a aussi été la dernière femme à ce poste, ce qui commençait à faire long.

"Je viens à Cannes depuis des années comme actrice, comme productrice, pour les soirées de gala et pour les séances en Compétition, pour le Marché même, a-t-elle déclaré. Mais je ne suis encore jamais venue pour le seul plaisir de profiter de la corne d’abondance de films qu’est ce grand festival" a déclaré la comédienne. "Le privilège que l’on me fait de me demander de présider le Jury et la responsabilité qui sera la mienne m’emplissent d’humilité, poursuit-elle. Cannes joue un rôle majeur dans l’ambition du monde de mieux se connaître en racontant des histoires, cette tentative étrange et vitale que tous les peuples partagent, comprennent et désirent ardemment" ajoute-t-elle dans le communiqué du festival.

Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes et Thierry Frémaux, Délégué général se déclarent "très heureux d’accueillir une artiste rare et singulière dont le talent et les convictions irriguent les écrans de cinéma comme les scènes de théâtre. Nos conversations, cet automne, nous promettent qu’elle sera une Présidente engagée, une femme passionnée et une spectatrice généreuse."

Du théâtre au cinéma, Cate Blanchett a près de 30 ans de carrière derrière elle. Révélée par son incarnation de Elizabeth dans la version de Shekhar Kapur en 1998, elle a tourné pour Peter Jackson, David Fincher, Wes Anderson, Jim Jamrusch, Steven Soderbergh, Anthony Minghella, Steven Spielberg, Terrence Malick, Sally Potter, Joe Wright, George Clooney et Ron Howard, alternant films audacieux et blockbusters (dont le dernier Marvel, Thor: Ragnarok).

A Cannes, on l'a vue monter les marches plusieurs fois: en compétition avec Carol de Todd Haynes et Babel d’Alejandro González Iñárritu. Hors-compétition pour Un mari idéal, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, Robin des bois et Dragons 2.

Femme puissante, récompensée par un prix pour l'ensemble de sa carrière par l’Académie australienne, Oscar de la meilleure actrice (Blue Jasmine de Woody Allen) et Oscar du meilleur second rôle féminin (Aviator de Martin Scorsese), en plus de 4 autres nominations aux Oscars, 3 fois primée par les Golden Globes, Prix d'interprétation à Venise (I'm not there de Todd Haynes), Cate Blanchett est aussi populaire que respectée, glamour (égérie d'un parfum d'une grande marque de luxe) que exigente.

En 2018, ce sera son année avec quatre films: Bernadette a disparu (Where'd You Go, Bernadette) de Richard Linklater, Ocean's Eight de Gary Ross, The House with a Clock in Its Walls d'Eli Roth et la voix de Kaa dans Mowgli d'Andy Serkis.

Les Arcs 2017 : l’émigration s’invite en compétition

Posté par MpM, le 20 décembre 2017

Il est toujours fascinant d'observer comment, dans le cadre d'un festival, les thématiques se répondent d'un film à l'autre, et viennent donner du monde une vision particulière, renforcée par le hasard (et les coïncidences) des sélections. Ainsi, trois films présentés dans la compétition officielle de ce 9e festival des Arcs traitent plus spécifiquement des questions de migration, d'exil et d'expatriation : La mauvaise réputation d'Iram Haq, The charmer de Milad Alami et Beyond words d'Urszula Antoniak.

Le premier prend le sujet à contrepied en racontant l'histoire, inspirée de l'expérience personnelle de la réalisatrice, d'une jeune fille d'origine pakistanaise vivant en Norvège, parfaitement intégrée, qui est enlevée par sa famille puis envoyée au Pakistan, pays qu'elle ne connaît pas et avec lequel elle doit se confronter. Le deuxième raconte le combat mené par Esmail, un jeune homme iranien dont le permis de résidence au Danemark a été refusé. Son seul espoir réside dans le fait de se marier avec une Danoise, ce qui l'oblige à draguer inlassablement toutes les jeunes femmes qu'il rencontre. Le troisième s'intéresse à Michael, un jeune avocat d'affaires talentueux exerçant à Berlin et cherchant à dissimuler au maximum ses origines polonaises.

A chaque fois, il y a une originalité dans la manière de traiter le sujet de l'exil et de l'intégration. L'angle choisi par Milad Alamai est à ce titre particulièrement intéressant puisqu'il place son personnage dans une situation de "séduction" permanente complètement intenable, faisant de lui une sorte de gigolo dissimulé à qui toute sincérité est refusée. Son parcours est un peu trop tracé d'avance (notamment dans la dernière partie du film qui multiplie les maladresses de scénario), mais il est malgré tout assez représentatif d'une détresse humaine impossible à exprimer. Le personnage, en plus du stress de sa situation, souffre en effet à la fois de la honte de devoir utiliser son corps, de la culpabilité de mentir aux femmes qu'il rencontre et du déshonneur de trahir sa famille.

Le réalisateur parvient à s'abstraire de tout misérabilisme, grâce à des scènes très courtes et une mise en scène tout en retenue, et suggère habilement à la fin que le destin d'Esmail n'a rien d'un cas particulier. Il observe ainsi un durcissement des conditions d'accueil des réfugiés qui les pousse à renoncer à toute dignité élémentaire. Car tout le paradoxe est là : Esmail est intégré socialement, a un travail, et parvient à se débrouiller au Danemark, mais il doit malgré tout monnayer son corps et ses sentiments dans le but d'être autorisé à rester.

Discours plus ambigu dans Beyond words d'Urszula Antoniak, une réalisatrice néerlandaise d'origine polonaise, qui s'inspire de son propre vécu d'émigrante pour dresser le portrait d'un jeune homme parfaitement intégré dans le pays où il a choisi de vivre, et qui pourtant n'y serait pas parfaitement à sa place. On a de quoi être dérangé par le fort relent de déterminisme qui émane de la cinéaste pour qui son personnage continue d'appartenir au monde des réfugiés vivant dans des conditions précaires bien qu'il soit installé depuis longtemps en Allemagne et ait réussi à y avoir une belle carrière.

Avec un mélange de naïveté et de didactisme, le film traque en lui tout ce qui le distingue d'un "vrai" Allemand, s'embourbant dans un parallèle douteux avec un réfugié africain tentant d'obtenir le droit d'asile. On vous passe la justification hallucinante du choix d'une image noir et blanc pour mieux renforcer ce qui semble être le message clef du récit : il est plus facile pour un émigré blanc de passer inaperçu en Allemagne, que pour un émigré noir. C'est d'autant plus regrettable que le film dispose de belles qualités esthétiques et qu'il sonne juste lorsqu'il s'attache aux scènes de rue, aux respirations dans un Berlin parfaitement capté, ou encore à la relation ténue et hésitante qui se tisse entre le personnage et son père qu'il croyait mort.

On sent ainsi que le cinéma a besoin de s'emparer du sujet de l'exil et des migrations, volontaires ou contraintes, et d'interroger à la fois les représentations du migrant (Esmail comme Michael sont loin de la figure stéréotypée du réfugié en galère) et l'histoire particulière de chaque pays avec son immigration. Pourtant, le sujet le plus brûlant, celui des réfugiés de guerre ou victimes de répression politique, et qui est au coeur des préoccupations européennes actuelles, est étonnamment hors champ, laissé à distance. Comme s'il était trop tôt (trop douloureux ?) de se pencher sur une réalité contemporaine dans laquelle la responsabilité collective est plus présente.

Le Festival Premiers Plans d’Angers dévoile sa sélection

Posté par vincy, le 8 décembre 2017

La 30e édition de Premiers Plans d’Angers, qui sera présidée par Catherine Deneuve, se déroulera du 12 au 21 janvier 2018. 70 œuvres ont été sélectionnées, réparties dans six sections de la compétition pour un total de plus de 100 premiers films projetés si on compte les rétrospectives, les courts métrages (y compris la sélection animée), les films d'école et les films numériques ou en réalité virtuelle.

Certains des films ont déjà été sélectionnés dans d'autres festivals, et même récompensés comme Jusqu'à la garde, multi-primé à Venise. Avec la venue d'Isabelle Huppert pour l'ouverture (Madame Hyde), Angers s'offre un carré de reines cette année: Deneuve en présidente, Adjani pour une lecture, Huppert pour l'ouverture et Moreau en hommage. Un beau cadeau d'anniversaire.

Premiers longs métrages européens :

Broers (Brothers) de Bram Schouw (Pays-Bas)
The Cured de David Freyne (Irlande)
Gutland de Govinda Van Maele (Luxembourge)
Il figlio (Manuel) de Dario Albertini (Italie)
Strimholov (Falling) de Marina Stepanska (Ukraine)
Tesnota (Closeness) de Kantemir Balagov (Russie)
Valley of Shadows de Jonas Matzow Gulbrandsen (Norvège)
Vinterbrodre (Winter Brothers) de Hlynur Pálmason Islande)

Premiers longs métrages français :

Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher
Los versos del olvido (Oblivion Verses) d’Alireza Khatami
Sparring de Samuel Jouy

Avant-premières et séances spéciales:
Madame Hyde de Serge Bozon (ouverture)
Après la guerre d’Annarita Zambrano
Ni juge, ni soumise d’Yves Hinant et Jean Libon
Revenge de Coralie Fargeat
Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza
Cornelius le meunier hurlant de Yann Le Quellec
Dolphin Man de Lefteris Charitos
Signer de Nurith Aviv

L’île aux chiens de Wes Anderson en ouverture de la 68e Berlinale

Posté par vincy, le 4 décembre 2017

Wes Anderson est un habitué du festival de Berlin. Alors qu'il n'a été en compétition à Cannes et à Venise qu'une seule fois, le cinéaste américain a été trois fois sélectionné pour l'Ours d'or au cours de sa carrière (et a remporté le Grand prix du jury pour The Grand Budapest Hotel). Il revient à la Berlinale avec son nouveau film, L'île aux chiens (Isle of Dogs), pour ouvrir le festival (honneur déjà réalisé avec Grand Budapest Hotel il y a 4 ans).

La 68e édition se lancera le 15 février avec un film d'animation, une première dans l'histoire du festival. Le film y sera présenté en avant-première mondiale. Il faut dire que le casting vocal est alléchant: Bryan Cranston, Koyu Rankin, Edward Norton, Liev Schreiber, Bill Murray, Bob Balaban, Jeff Goldblum, Scarlett Johansson, Kunichi Nomura, Tilda Swinton, Ken Watanabe, Akira Ito, Greta Gerwig, Akira Takayama, Frances McDormand, F. Murray Abraham, Courtney B. Vance, Yojiro Noda, Fisher Stevens, Mari Natsuki, Nijiro Murakami, Yoko Ono, Harvey Keitel et Frank Wood.
Soit 4 acteurs et actrices oscarisées et six acteurs et actrices nommées aux Oscars. Sept d'entre eux étaient déjà dans Grand Budapest Hotel et autant de comédiens et comédiennes étaient au générique de Moonrise Kingdom. Et c'est le 8e film de Anderson avec Bill Murray.

L'histoire de L'île aux chiens commence lorsqu’une épidémie de grippe canine envahit la ville japonaise de Megasaki et menace de contaminer les hommes. Le maire corrompu Kobayashi ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens. L’île poubelle devient ainsi l’Île aux Chiens. Un jeune garçon de 12 ans, Atari, s'envole sur place avec un propulseur à la recherche de son chien perdu, Spots. C’est alors qu’il fait la découverte, à l’aide d’une meute de cinq chiens, d’une conspiration qui menace la ville.

C'est le premier film que Wes Anderson écrit sans co-scénariste.

Le film sort le 23 mars en Amérique du nord et le 11 avril en France.

Deneuve au premier plan à Angers

Posté par vincy, le 2 décembre 2017

Pour sa 30e édition anniversaire, le Festival Premiers Plans d'Angers s'est choisi une Impératrice. Catherine Deneuve présidera le jury de la manifestation, qui se déroulera du 11 au 21 janvier 2017.

Elle croisera une Reine, Isabelle Adjani, qui viendra le 13 janvier faire une lecture de scénario dans le cadre d'une actrice / un texte, pour faire le lien entre théâtre et cinéma par la lecture d’une œuvre dramatique de la littérature américaine portée au cinéma par un immense réalisateur.

S'ajoutera une autre diva du cinéma français: le Festival rendra hommage à Jeanne Moreau, disparue en août dernier, présidente du Festival en 2003 et co-fondatrice des Ateliers d’Angers en 2005.

Quatre rétrospectives seront au programme: Pedro Almodovar (en intégralité), Agnès Varda (longs, courts et docus), les Monthy Python et "Drôles de familles", où l'on retrouvera aussi bien Jacques Tati qu'Ettore Scola, Maurice Pialat que Yasujirô Ozu, Richard Linklater que Yorgos Lanthimos, Ma vie de Courgette que Festen.

Pépinière de futurs talents et découvreurs de cinéastes, le festival programmera plus de 70 films dans le cadre des 6 sections de la compétition.

Retour sur le 21e festival de courts métrages de Winterthur

Posté par MpM, le 28 novembre 2017

Plus important festival de courts métrages de Suisse, Internationale Kurzfilmtage Winterthur, dont c’était cette année la 21e édition, s’est tenu du 7 au 12 novembre dernier. Organisé autour de plusieurs compétitions (internationale, suisse et films d’écoles suisses), il proposait notamment des journées professionnelles, des programmes pour la jeunesse, des focus géographiques (l’Asie du Sud-Est et la Grèce) ou encore des rétrospectives monographiques autour de cinéastes comme Pimpaka Towara (Thaïlande) et Freddi M. Muerer (Suisse).

Un programme dense et varié mais pas intimidant pour autant, puisque la concentration des lieux de projection et la répétition des séances permet de profiter assez largement des différents programmes.

Une compétition exemplaire


Comme c’est souvent le cas, les regards étaient particulièrement tournés vers la compétition internationale qui réunissait 37 films venus du monde entier. Et c’est vrai que cette sélection (réalisée de manière collégiale par le directeur artistique John Canciani et son équipe) est exemplaire de tout ce que l’on recherche traditionnellement en festival : éclectique, équilibrée, assumant des prises de risque audacieuses, et mêlant des œuvres fortes déjà repérées par ailleurs à des premières mondiales d’envergure ou des films plus fragiles et confidentiels. Bien sûr, les amateurs de cinéma dans un sens restrictif (très attaché à « l’histoire », par exemple) peuvent ne pas y trouver leur compte. Mais pour les cinéphiles soucieux de se confronter avec la réalité d’une production qui ne cesse de se chercher, voire de se réinventer, c’est évidemment une chance formidable !

À force de fréquenter les festivals, on finit par repérer ceux qui ne cherchent pas à "protéger" leur public de ce qu'il pourrait ne pas aimer, l'enjeu n'étant jamais tant de faire aimer les films que de donner à voir ce qui constitue un paysage cinématographique particulier. Winterthur a ainsi fait l'impasse sur les traditionnelles concessions à un goût présumé du grand public pour le classicisme. On n’a pas vu pendant le festival suisse de ces films éternellement sélectionnés en festival pour servir de transition ou de respiration entre deux œuvres plus puissantes. Des films inaboutis, des réalisations maladroites, oui, mais pas ces terribles films moyens qui n’apportent rien à celui qui les regardent, et d’où toute idée de cinéma semble définitivement exclue.

Amener le spectateur à sortir de sa zone de confort est probablement la mission la plus importante des festivals de cinéma, et elle est indéniablement remplie par l'équipe des Internationale Kurzfilmtage Winterthur qui avait réuni des films offrant tous un intérêt propre, que ce soit en terme esthétique, dramatique, scénaristique, ou de réflexion sur le cinéma lui-même. Des films qui parfois nous bousculent, nous dérangent, nous interpellent par leur formalisme, leur propos ou leur radicalité. Qui semblent élargir la définition que l’on peut avoir du cinéma, ou en tout cas viennent la questionner.

Retrouvailles et découvertes


On a ainsi revu avec plaisir quelques-uns des courts métrages les plus passionnants de l'année, comme The burden de Niki Lindroth von Bahr (Quinzaine des réalisateurs et Cristal du court métrage à Annecy), comédie musicale animalière en stop motion dans laquelle des poissons solitaires, des singes travaillant dans un centre d'appel et des souris employées de fast-food chantent leur mal de vivre, dans un manifeste hilarant et désespéré à la fois ; Gros chagrin de Céline Devaux (Lion d'or à Venise), récit d'une rupture amoureuse qui oscille entre l'humour d'une comédie sentimentale et l'amertume bouleversante d'une relation qui s'achève, réalisé à la fois en prise de vues réelles et en animation (avec la technique rare de l'écran d'épingles) ; After school knife fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (Séance spéciale à Cannes), chronique adolescente stylisée et élégante sur la fin d'une époque ; Möbius de Sam Kuhn (Semaine de la Critique), ovni lynchien qui tient tout autant du récit initiatique que du conte cruel ; et Selva de Sofia Quiros (Semaine de la Critique), oeuvre sensorielle et fantomatique, à la beauté sidérante, sur la fatalité des départs et des séparations. Lire le reste de cet article »