Lumière 2018 – Vincent Lindon « crève d’envie de mettre en scène un film »

Posté par Morgane, le 16 octobre 2018

© ecran noir

Festival Lumière, Lyon. Lundi 15 octobre, 10h, le soleil brille et la file d'attente est déjà longue devant les portes de la Comédie Odéon. Tous attendent impatiemment l'arrivée de Vincent Lindon pour cette "masterclass part 3". En effet il avait déjà fait une masterclass lors d'une précédente édition du festival, puis l'avait prolongée en revenant à l'Institut Lumière quelques mois plus tard pour la continuer aujourd'hui même lors de cette 10e édition. Car Vincent Lindon a pu être classé comme un acteur timide et peu loquace mais c'est en réalité tout l'inverse. Il ne s'arrête plus, a des tonnes d'anecdotes à raconter et semble pouvoir parler de son métier d'acteur des heures durant. La preuve en est encore aujourd'hui avec ces 2h30 de masterclass qui, selon Thierry Frémaux, devraient se poursuivre avec une nouvelle rencontre à l'institut Lumière dans les mois à venir.

10h30, les portes s'ouvrent, le public s'installe. 10h45 Thierry Frémaux et Vincent Lindon prennent place sur la scène, éclairage rouge et très en forme à la sortie d'un mâchon matinal, tradition lyonnaise consistant à remplacer le petit déjeuner classique par de la cochonnaille, des tripes et du vin rouge principalement. Comme le dit Thierry Frémaux, "on en sort en léger état d'ébriété avec un grand sentiment de supériorité".

Les sujets sont nombreux et très éclectiques. Vincent Lindon passe de la question du numérique à son métier d'acteur. Concernant le numérique, les portables, les selfies etc. il dit qu'avec tout cela on a le sentiment de vivre les choses par procuration et non en direct. "Il faut arrêter avec ces machines, c'est comme si vous n'aviez plus de cœur ni de tête." (notons quand même que le comédien "facetime" de temps en temps place Saint-Sulpice à Paris).

Il bascule alors sur le Cinéma: "je ne dis pas que c'était mieux avant internet, mais je dis qu'il faut quand même connaître les metteurs en scène qui nous ont précédé pour pouvoir faire des films magnifiques!" Et il trouve alors formidable ce festival car les salles sont pleines pour voir des films restaurés de 1930, des Chaplin, des Keaton etc. "c'est incroyable!"

Il revient ensuite sur la violence de sa profession, sur sa vie quotidienne "d'un banal déconcertant" et sur le métier d'acteur qui ne peut être bien fait que si l'on "parle avec les gens, que si l'on échange. Il ne faut pas s'enfermer. Moins on vit, moins on va dans la rue, moins on parle aux autres, plus on a de filtres et plus on se perd et moins on a de talent."

"J'aimerais que des jeunes se battent pour être à ma table!"

Il parle du milieu bourgeois dans lequel il a grandi, de ce monde où "quand y'a plus y'a encore". Il raconte cette fausse solitude qu'il chérit c'est-à-dire "être seul avec plein de gens au bout du fil". Cette envie étant acteur depuis 30 ans que son nom reste un tout petit peu. "Je voudrais passer deux ans de ma vie avant de mourir à ce qu'on ne me fasse que des honneurs. Comme ce que vit actuellement Belmondo au festival! J'aimerais que des jeunes se battent pour être à ma table!" Ce besoin d'être regardé tout en étant conscient que "c'est le regard sur l'homme qui me plait plus que le regard sur l'acteur". Souhaitant cette reconnaissance il dit en même temps ne pas avoir conscience de la place qu'il pourrait occuper dans le Cinéma français. "Je n'en reviens pas à chaque fois qu'on prononce mon nom. Je pense que c'est ma force à moi de penser que je suis indispensable et en même temps un encombrement. Je ne peux pas imaginer un jour qu'il y ait un hommage pour moi ou que je me retrouve dans un livre sur l'histoire du cinéma."

Il en est ensuite venu sur sa façon de préparer ses rôles. "Je fais un travail inconscient énorme. Je sais mon texte à la perfection, c'est le stade après le par cœur. Et pour moi le naturel passe par un excès de travail."

"Je pense qu'au cinéma l'habit fait le moine." Très intéressé par le rendu, il précise: "quand je joue un rôle j'ai besoin d'être au plus près du fantasme que je me fais de moi dans ce personnage." C'est pourquoi dans le film Casanova (qui sortira en salles au mois de mars 2019) il a beaucoup de grosses bagues mais sur ses mains bien à lui, c'est-à-dire avec les ongles rongés et ses mains de "pseudo-paysan".

Il avoue qu'il "crève d'envie de mettre en scène un film" mais qu'il aurait trop peur que des acteurs lui piquent des rôles pendant qu'il le préparera. "Alors quand je serai vraiment chauve j'attaque ma première mise en scène!"

Belmondo et Delon

Concernant le théâtre il dit que ce n'est pas pour lui car on joue le soir, pile à l'heure de l'apéro et du dîner. Non plus sérieusement pour le théâtre: "J'ai peur d'aimer le théâtre à en mourir! Du coup si j'aime trop j'ai peur de ne vouloir faire que du théâtre et du coup de lâcher le cinéma. Je suis comme un gamin qui aurait peur de lâcher une rive pour aller sur une autre. Du coup je ne vais pas y aller comme ça je suis peinard." En tout cas la pièce qu'il rêverait de jouer est celle du Misanthrope avec le rôle d'Alceste.

Il revient sur ses quelques films clef (37,2° le matin, L'étudiante, La crise, Fred, Welcome et La loi du marché), insiste sur le fait qu'il aime ceux qui travaillent dur et déteste les flemmards, ceux qui font les choses à moitié. Et de conclure avec en vrac son amour pour Gabin, son admiration pour Delon. "Belmondo c'est joyeux, c'est le soleil, tout est gai. Je ne crois pas avoir jamais entendu quelqu'un dire de Belmondo, aujourd'hui ça ne va pas très fort. Delon c'est le contraire, c'est l'ombre. Et je ne crois pas que quelqu'un ait dit de Delon, aujourd'hui il est très en forme. Mais les deux me fascinent."

Anecdotes, humour, histoires de cinéma, histoires d'acteur, moments de l'enfance... C'était un beau moment de partage que nous a proposé Vincent Lindon. Mais maintenant il est temps de quitter les lieux, Javier Bardem va venir prendre sa suite dans la salle. C'est ça la magie du Festival Lumière!

Le Festival Lumière souffle ses 10 bougies

Posté par Morgane, le 15 octobre 2018

Le mois d'octobre est arrivé à Lyon et avec lui son désormais traditionnel Festival Lumière qui, pendant 10 jours, dans de très nombreuses salles de Lyon et de la Métropole, va ravir les très nombreux cinéphiles fidèles au rendez-vous.

Car en 10 ans, après seulement trois jours de festival, nous pouvons déjà constater que l'amour que le public lui porte ne s'essouffle pas, bien au contraire: il ne fait que grandir.

Les séances, toujours aussi nombreuses, font quasiment toutes salles combles que ce soit pour l'avant-première du dernier film d'Alfonso Cuaron, Roma (Lion d'Or à Venise), pour un film d' Alfred Hitchcock de 1956, Le faux coupable (projeté en 35mm avec trois ruptures de pellicule en une séance) ou encore le documentaire Hollywood 1982, un été magique au cinéma. La Comédie Odéon affichait également complet pour la rencontre avec Vincent Lindon ce matin et les places pour la masterclass avec Javier Bardem se sont envolées en quelques minutes.

On peut dire qu'un véritable vent de cinéphilie souffle sur Lyon en ce moment, et que cela va durer jusqu'à dimanche prochain!

L'ouverture a donc eu lieu samedi à la Halle Tony Garnier. Comme pour les éditions précédentes 5000 personnes étaient présentes au rendez-vous. Plusieurs noms du 7e Art étaient elles aussi au rendez-vous. Jerry Schatzberg, Elsa Zylberstein, Monica Bellucci, Guillermo Del Toro, Jean Dujardin, Vincent Lindon et bien d'autres... Javier Bardem, invité d'honneur cette année avec Liv Ullmann, a fait son entrée sous un tonnerre d'applaudissements! Claude Lelouch, qui revient pour présenter le film d'ouverture Itinéraire d'un enfant gâté, est accompagné par le duo du film, Richard Anconina et le rare Jean-Paul Belmondo. Celui-ci, à qui le festival avait rendu hommage en 2013, soulève le deuxième tonnerre d'applaudissements de la soirée. C'est toujours très émouvant de voir ce grand nom du Cinéma français ovationné par 5000 personnes faisant son entrée les larmes aux yeux...

Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier, respectivement directeur et président de l'Institut Lumière, sont montés sur scène. Le film des 10 ans a été projeté, le film de cette édition également ainsi que les traditionnels films des Frères Lumière. Renzo Piano était également dans l'assistance disant quelques mots sur cette "Cité Lumière" qui permettra de donner un nouveau visage à cette institution qu'est l'Institut Lumière et qui pour le moment en est à la phase de projet.

Après 2h30 de cérémonie, il est désormais temps de laisser place à la magie du Cinéma! Les lumières s'éteignent, le silence se fait et la musique entêtante de Francis Lai joue ses premières notes... Silence, on tourne...

Dinard 2018: tout le monde succombe au charme de Jellyfish

Posté par vincy, le 29 septembre 2018

6 films en compétition par des cinéastes émergents ou des talents confirmés qui font leurs débuts, avec ou sans stars, dramatiques ou drôlatiques, ou les deux. Le Dinard Film Festival a décerné son palmarès ce samedi 29 septembre, après trois jours sous le soleil, et dans le vent. Un bon air marin qui a fait oublier le Brexit. Des salles pleines même un samedi matin aux soirées dansantes tard dans la nuit, cela n'a pas empêché le jury de Monica Bellucci de rendre son verdict.

Par ailleurs, cette année, pour la première fois, un nouveau prix Hitchcock a été remis, celui de la Critique, décerné par un jury de journalistes. Avec le Hitchcock d'or du jury et le Hitchcock du public, cela aurait pu faire trois grands prix à donner pour une compétition certes inégale mais variée et inspirante.

Pourtant il n'y a qu'un grand vainqueur, plusieurs fois récompensé par le jury, y compris avec un prix créé pour l'interprétation, mais aussi par la critique.

Assez logiquement, Jellyfish a remporté les suffrages. Dans la veine de Ken Loach, James Gardner, pour son premier long métrage, suit une adolescente débrouillarde qui cherche à sauver sa famille (sa mère, atteinte d'un trouble psychologique, son frère et sa sœur), tout en poursuivant ses études, en travaillant à mi-temps et en s'affranchissant de limites morales pour gagner un peu plus d'argent. Ce drame doux, amer et drôle est porté par une mise en scène délicate et simple, qui a enthousiasmé les professionnels.

C'était le premier film sélectionné pour la compétition, dès le mois de mai. Comme s'il s'agissait d'une évidence. Liv Hill, dont c'est le premier rôle au cinéma, et Sinead Matthews, qui incarne la mère, ont reçu en juillet le prix d'interprétation au Festival d'Edimbourg. Liv Hill, actuellement à l'affiche de The Little Stranger de Lenny Abrahamson, a été révélée l'an dernier avec la série Three Girls. Le film avait aussi été montré à Tribeca à New York en avril en avant-première mondiale. Espérons que ce beau parcours intéresse un distributeur en France...

Old Boys, qui a gagné le prix du public est un choix assez évident tant le film réunit tous les attraits de la comédie britannique avec une intrigue à la Cyrano.

Avec seulement deux films sur six récompensés, et rien pour Winterlong par exemple, le palmarès ne reflète sans doute pas l'éclectisme de la sélection et certaines qualités des films retenus, mais on espère au moins que pour le 30e anniversaire l'an prochain, malgré la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, Dinard continue de chercher une pépite comme Jellyfish. Mais il faudra aussi revoir le règlement et contraindre le jury à ne pas cumuler les prix pour un seul film.

Le palmarès

Hitchcock d'or du jury: Jellyfish de James Gardner

Prix d'interprétation: Liv Hill pour Jellyfish de James Gardner

Meilleur scénario: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock d'honneur: Ian Hart

Hitchcock d'or du public: Old Boys de Toby MacDonald

Hitchcock d'or de la critique: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock "Coup de cœur" La règle du jeu: The Bookshop d'Isabel Coixet

Hitchcock shortcuts du jury: Bridge de Lain Robertson
Mention spéciale: Cabin de Matthew Lee

Hitchcock shortcuts du public: Two strangers who meet five times de Marcus Markou

Dinard 2018: la crème de la crème anglaise

Posté par kristofy, le 28 septembre 2018

Le Dinard Film Festival est lancé, depuis le 26 septembre jusqu'au 30. C'est la 29e édition de ce festival du film britannique : toute la ville s'est mise à l'heure anglaise avec drapeaux et cabine téléphonique d'outre-Manche. C'est l'occasion de découvrir en avant-première sur grand-écran un large panorama de films inédits avec, au générique, Emily Mortimer, Bill Nighy, Andrew Garfield, Claire Foy, Glenn Close, Gillian Anderson, Terence Stamp, Tom Wilkinson, Colin Firth, Paddy Considine, Jodie Whitaker, Billy Zane, Sam Claflin, Toby Jones, Paul Bettany, Judi Dench, Maggie Smith, Eileen Atkins, Kelly Reilly... La crème de la crème anglaise...

Des hommes cassés

Dinard c'est aussi le festival qui révèle au public français les jeunes talents en devenir de demain : par exemple l'acteur Andrew Garfield a vu son premier film Boy A recevoir il y a 10 ans le Grand prix du jury Hitchcock d’or et le Prix du public en 2008. Cette année, le film d'ouverture est justement le premier film en tant que réalisateur de Andy Serkis (Gollum, César et autres performances numériques), Breathe avec en vedette ce même Andrew Garfield et Claire Foy. Il s'agit du biopic bouleversant de Robin Cavendish qui, à peine marié, avec son épouse (enceinte) est atteint par la polio, qui va le paralyser de tout ses membres. Il se retrouve allongé relié à une machine respiratoire, emprisonné dans une existence qu'on pense de courte durée, mais l'amour de sa femme lui redonne goût à la vie : une chaise roulante équipée du respirateur va lui permettre de rentrer à la maison et même de voyager! Cette renaissance aventureuse et romantique va au fil des années poser des questions comme l'intégration du handicap dans la société ou le choix de l'euthanasie... Le film a été initié et produit par leur fils.

Par ailleurs le premier film de Paddy Considine Tyrannosaur avait remporté en 2011 le Grand prix du jury Hitchcock d’or et le Prix du scénario. C'est comme une évidence de voir ici son nouveau long métrage Journeyman dans lequel il se donne le premier rôle avec Jodie Whittaker (venue plusieurs fois à Dinard). La thématique de guérison quand on a tout perdu traverse là aussi cette histoire : un champion du monde de boxe s'effondre victime d'un grave traumatisme crânien, il a besoin de rééducation des membres mais surtout il a perdu la mémoire et ne reconnait plus sa femme, son bébé ni même ses amis...

Brexin

Cette année la présidente du jury est Monica Bellucci. Une italienne. Elle avait fait succomber l'agent secret britannique James Bond dans Spectre.Mais, après tout, la nationalité des cinéastes ou des comédiens, importent peu. Il suffit de voir The Bookshop, typiquement britannique dans son ADN (intrigue, décors, acteurs, ...), qui est réalisé par la catalane Isabel Coixet. Là aussi d'ailleurs on y voit un homme brisé (Bill Nighy, formidable) par les hypocrisies et les méchancetés des gens, et qui se réfugie dans les livres, tout en renouant avec le goût de la vie grâce à une libraire.

Autour d'elle, il y a Rupert Grint (de la sage Harry Potter), très entouré de jolies filles aux soirées, Emmanuelle Bercot, Kate Dickie, fidèle et adorée du festival, Sabrina Ouazani, Thierry Lacaze, de Studiocanal, Alex Lutz, et l'acteur Ian Hart  (auquel Dinard va rendre hommage). Pour la récompense du Hitchcock d'or, ils verront, comme le nouveau jury de la presse qui décernera le premier Hitchcock d'or de la critique:

- Funny Cow d'Adrian Shergold (Prix du public à Dinard en 2006), avec Maxine Peake, Paddy Considine et Stephen Graham.
- The Happy Prince de Rupert Everett, avec Rupert Everett, Colin Firth et Emily Watson. Premier film de l'acteur, présenté à Sundance et Berlin.
- Jellyfish de James Gardner, avec Liv Hill, Sinead Matthews et Cyril Nri. Double prix d'interprétation à Edimbourgh cet été, après avoir été présenté au Festival de Tribeca.
- Old Boys de Toby MacDonald, avec Alex Lawther, Pauline Etienne et Denis Ménochet. Le film a fait son avant-première à Edimbourgh.
- Pin Cushion de Deborah Haywood, avec Lily Newmark et Joanna Scanlan. Prix du public à Créteil, trois fois nommé aux British Independent Film Awards et en sélection à Venise l'an dernier.
- Winterlong de David Jackson, avec Francis Magee, Carole Meyers et Doon Mackichan. Premier film présenté en avant-première à Edimbourgh.

Malgré le soleil radieux de la Bretagne, les salles obscures sont pleines. A quelques mois du Brexit qui menace la Culture au Royaume-Uni, notamment dans ses liens avec les coproducteurs européens, le cinéma britannique montre encore sa vitalité et sa diversité.

Epinal 2018 : le festival Regards sur courts rayonne

Posté par kristofy, le 20 septembre 2018

Regards sur courts Epinal 2018Le Festival international de l'image de Épinal est l’un des plus anciens rendez-vous consacré au diaporama ou “court-métrage photographique” : de sa création en 1961, avec des récits constitués de diapositives passées en fondu-enchaîné sur une bande sonore sur bobine, aux années 2000, avec des montages tout numérique, ce type bien particulier de court a toujours été en évolution.

Cette forme audiovisuelle à base d’images fixes (et parfois de vidéo et d'animation) multiplie les styles (fiction, documentaire, reportage, essai...) et ouvre une fenêtre vers bien des audaces : propos engagés, témoignages intimes, fictions humoristiques... tous les thèmes sont permis !

La manifestation a d'ailleurs récemment été rebaptisée Festival Regards sur courts pour proposer une plus grande variétés de découvertes, avec désormais un volet de courts métrages de cinéma.

A Epinal, le court se décline ainsi désormais en image fixe comme en prise de vues réelles ou en animation. Peu importe le format, pourvu qu'on ait le frisson esthétique ou émotionnel !

L'édition 2018, qui commence ce jeudi 20 septembre dans la belle cité vosgienne, propose ainsi une compétition de courts photo qui réunit 48 oeuvres en lice pour la Coupe de l'Europe et une autre compétition internationale de 17 courts cinéma venus d’Australie, du Canada, du Brésil, de Turquie, du Portugal ou encore d'Israël, dont certains ayant été remarqués à Cannes, Berlin, Toronto ou Annecy.

On relève notamment la présence de deux films en sélection pour les César : Etreintes de Justine Vuylsteker (que l'on avait rencontrée à l'occasion de notre série animée d'été) et Vilaine fille de Ayce Kartal, ainsi que de deux réalisatrices qui figuraient également dans les rencontres animées de l'été : Vergine Keaton pour Le tigre de Tasmanie et Nara Normande pour Guaxuma.

Il y aura aussi un focus sur la thématique «Ecrire l’intime », et surtout une carte blanche à la réalisatrice Chloé Mazlo, César du meilleur court-métrage d’animation en 2015 pour Les petits cailloux, qui sera présente pour montrer certains de ses films, parler de son travail et rencontrer le public.

Si l'on n'est pas en train d'assister à la naissance d'un festival de cinéma à Epinal, cela y ressemble fort !

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Regards sur Courts
Du 20 au 23 septembre 2018
Infos et programme sur le site de la manifestation
A suivre sur la page Facebook

Toronto 2018: le public choisit « Green Book » de Peter Farrelly

Posté par vincy, le 16 septembre 2018

Après plus de 300 films, longs comme courts, la 43e édition du Festival international du film de Toronto (Tiff) a décerné ses multiples prix, dont ceux très convoités du public (nommés Grolsch comme la bière). Lion d'or à Venise, Roma d'Alfonso Cuaron s'est fait doublé par If Beale Street could Talk, le nouveau film de Barry Jenkins (Oscar du meilleur film pour Moonlight il y a deux ans). Mais le vainqueur est Peter Farrelly, sans son frère Bobby, dont Green Book est le premier film en solitaire depuis Dumb and Dumber en 1994. Ce Miss Daisy et son chauffeur inversé (un pianiste afro-américain célèbre, incarné par Mahershala Ali, se fait conduire par un italo-américain, interprété par Viggo Mortensen, lors d'une tournée en Amérique du sud dans les années 1960) prend une sérieuse option pour les Oscars. Le film sort fin novembre aux Etats-Unis et fin décembre en France chez Metropolitan.

Pas de Dolan au palmarès mais un Pilote. Le cinéaste québécois Sébastien Pilote (Le vendeur, le démantèlement) dresse dans La disparition des lucioles, meilleur film canadien, le portrait d'un Québec rural et prolétaire où frustrations et insatisfactions, colères et blues, poussent une jeune femme à s'enfuir.

Notons que Louis Garrel, avec L'homme fidèle, a reçu une mention spéciale de la Critique internationale.

Prix Grolsch du public : Green Book de Peter Farrelly (2e If Beale Street could Talk de Barry Jenkins, 3e Roma d'Alfonso Cuaron)
Prix Grolsch du public du meilleur documentaire : Free Solo d’E. Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin (2e This Changes Everything de Tom Donahue, 3e The Biggest Little Farm de John Chester)
Prix Grolsch du public de la section Midnight Madness : The Man Who Feels No Pain de Vasan Bala (2e Halloween de David Gordon Green, 3e Assassination Nation de Sam Levinson)

Prix de la critique internationale (Fipresci) : Skin de Guy Nattiv
Mention spéciale : L'homme fidèle de Louis Garrel
Prix de la critique internationale de la découverte : Float Like A Butterfly de Carmel Winters
Mention spéciale Twin Flower de Laura Luchetti

Prix Toronto Platform : City of Last Things de Wi Ding Ho
Mention spéciale : The River d'Emir Baigazin
Prix Netpac de la meilleure première mondiale ou internationale : The Third Wife de Ash Mayfair (Vietnam)
mention spéciale : The Crossing de Bai Xue
Prix Eurimages Audentia de la meilleure réalisatrice : Fig Tree d’Aäläm-Wärqe Davidian
Mention spéciale : Phoenix de Camilla Strøm Henriksen

Prix Canada Goose du meilleur film canadien : La disparition des lucioles de Sebastien Pilote
Prix de la ville de Toronto du meilleur premier film canadien : Roads in February de Katherine Jerkovic

Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage canadien : Brotherhood de Meryam Joobeur
Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage international : The Field de Sandhya Suri

Venise 2018: des valeurs sûres au palmarès

Posté par vincy, le 8 septembre 2018

Netflix repart avec le Lion d'or, et le prix du scénario. le jury a fait fi des polémiques. Au passage, le cinéma mexicain s'offre un deuxième Lion d'or consécutif puisque Guillermo del Toro (et son jury) a récompensé son ami Alfonso Cuaron pour sa fresque Roma. Dans le reste du palmarès de la compétition, on note que ce sont des artistes affirmés qui ont presque tout raflé, souvent des cinéastes estampillés cannois: Audiard à la réalisation (seul prix majeur pour un film français), les Coen, Willem Dafoe et bien sûr Lanthimos, autre grand vainqueur avec le Grand prix du jury ET le prix d'interprétation féminine pour The Favourite. L'omniprésence d'un cinéma en langue anglaise peut aussi inquiéter : Venise se transforme de plus en plus en rampe vers les Oscars, plus qu'en zone de découverte.

Seules véritables surprises: l'absence de Capri-Revolution, qui a récolté plusieurs prix chez les jurys parallèles, et les deux prix mérités pour The Nightingale, seul film réalisé par une femme dans la compétition, et qui aurait sandoute mérité un peu mieux quand même.

Compétition
Lion d'or: Roma d'Alfonso Cuaron
Grand prix du jury:The Favourite de Yorgos Lanthimos
Meilleur réalisateur: Jacques Audiard pour The Sisters Brothers
Coupe Volpi de la meilleure actrice: Olivia Colman dans The Favourite de Yorgos Lanthimos
Coupe Volpi du meilleur acteur: Willem Dafoe dans At Eternity's Gate de Julian Schnabel
Meilleur scénario: The Ballad of Buster Scruggs de Joel & Ethan Coen
Prix spécial du jury: The Nightingale de Jennifer Kent

Prix Marcello Mastroianni pour un acteur émergent
Baykali Ganmbarr dans The Nightingale de Jennifer Kent (compétition)

Prix Luigi de Laurentiis
Meilleur premier film (toutes sélections confondues): Yom Adaatou Zouli (The Day I Lost My Shadow) de Soudade Kaadan (en sélection Orizzonti)

Lion d'or d'honneur: Vanessa Redgrave et David Cronenberg

Orizzonti
Meilleur film: Kraben Rahu de Phuttipohong Aroonpheng
Meilleur réalisatrice: Emir Baigazin pour Ozen
Prix spécial du jury: Anons de Mahmut Fazil Coskun
Meilleure actrice: Natalya Kudryashova dans The Man Who surprised Everyone de Natasha Merkulova et Aleksey Chupov
Meilleur acteur: Kais Nashif dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi
Meilleur scénario: Jinpa de Pema Tseden
Meilleur court métrage: Kado d'Aditya Ahmad

Venice Virtual Reality
Meilleur VR: Spheres d'Eliza McNitt
Meilleure expérience: Buddy VR de Chuck Chae
Meilleure histoire: L'île des morts de Benjamin Nuel

Venezia Classics
Meilleur film restauré: La notte du San Lorenzo de Paolo et Vittorio Taviani
Meilleur documentaire sur le cinéma: The Great Buster: a Celebration de Peter Bogdanovich

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Les palmarès de la Gironate degli autore et de la Semaine internationale de la Critique
Tous les autres prix décernés au Festival de Venise

Venise 2018: aucun film français parmi les premiers prix décernés à la Mostra

Posté par vincy, le 8 septembre 2018

La première salve de prix (ils sont nombreux) a été remise au fil des heures à la 75e Mostra de Venise. Si le nouveau Laszlo Nemes a eu les faveurs de la critique internationale, ce sont d'autres films de la compétition qui récolte deux ou plusieurs prix tous jurys confondus. Les films de Florian Henckel von Donnersmarck et Julian Schnabel notamment, mais surtout Capri-Revolution de Mario Martone qui rafle six prix. Le cinéma italien se porte plutôt bien avec plusieurs prix pour Ricordi? et Sulla mia Pelle, distribution Netflix. La plateforme de streaming  n'a, cependant, pas fait de razzia malgré des titres forts en compétition.

L'autre vainqueur est bien entendu le film de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub, Still Recording, déjà deux fois récompensé à la Semaine internationale de la critique. Le film repart avec deux autres prix, dont celui de la critique internationale pour les sections parallèles, et une mention spéciale. Mais, si deux films français ont les honneurs des sections parallèles (Giornate degli autore et SIC), aucun film français, toutes sélections confondues, n'a été distingué avant le palmarès suprême.

Une chose est certaine: hormis éventuellement le Martone, aucun film n'a réellement fait l'unanimité parmi ces jurys très divers, ce qui laisse le palmarès très ouvert.

FIPRESCI Award (Critique internationale)
Napszállta (Sunset) de László Nemes
Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub (sections parallèles)

Lionceau d'Or
Werk Ohne Author (Never Look Away) de Florian Henckel von Donnersmarck

Queer Lion Award
José de Li Cheng

UNICEF
What you gonna do when the world's on fire? de Roberto Minervini

CICT - UNESCO "Enrico Fulchignoni" Award (Conseil International du Cinema et de la Télévision)
Pepe, une vie suprême d'Emir Kusturica

Smithers Foundation Award (UNESCO et observatoire culturel de l'ONU)
A Star is Born de Bradley Cooper
Mention spéciale: The Mountain de Rick Alverso

HRNs Award (Droits de l'Homme)
A Letter to a Friend in Gaza d'Amos Gitai
Mentions spéciales: Peterloo de Mike Leigh et 1938 Diversi de Giorgio Treves

Lanterna Magica Award
Amanda de Mikhael Hers

Francesco Pasinetti Award (Syndicat national des journalistes de cinéma italiens)
Capri-Révolution de Mario Martone
Prix spécial: Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini pour les interprétations d'Alessandro Borghi et Jasmine Trinca

FEDIC Award (Federation italienne des cinéclubs)
Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini
Mentions spéciales: Ricordi? de Valerio Mieli et I Villani de Daniele De Michele

Gillo Pontecorvo Award (Institut pour le cinéma des pays latins)
Meilleur coproduction pour un premier film: The Road not taken de Tang Gaopeng

Lizzani Award – ANAC (Association nationale des auteurs pour le cinéma)
Capri-Révolution de Mario Martone

Brian Award (Athées et Agnostiques)
Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini

SIGNIS Award (Associations catholiques)
Roma d'Alfonso Cuarón
Mention spéciale: 22 July de Paul Greengrass

Interfilm Award for Promoting Interreligious Dialogue (Organisation interreligieuse)
Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi

Green Drop Award (Croix verte italienne)
At Eternity's Gate de Julian Schnabel, et pour Willem Dafoe

ARCA Cinemagiovani Award (jeunesse)
Meilleur film italien: Capri-Révolution de Mario Martone
Meilleur film: Werk Ohne Author (Never Look Away) de Florian Henckel von Donnersmarck

Sorriso diverso Award (université)
Un Giorno all'improvviso de Cirio D’Emilio

UNIMED Award (universités méditerranéennes)
A Tramway in Jerusalem d'Amos Gitai

Edipo Re Award (Université de Padoue)
Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal and Ghiath Ayoub

Fondazione Mimmo Rotella Award
Julian Schnabel et Willem Dafoe pour At Eternity's Gate

NuovoImaie Award (Droit des artistes)
Linda Caridi pour Ricordi? de Valerio Mieli et Giampiero De Concilio pour Un Giorno all'improvviso de Cirio D’Emilio

La Pellicola d'Oro Award
Franco Ragusa pour les effets spéciaux de Suspiria
Katia Schweiggl pour les costumes de Capri-Révolution
Prix pour l'ensemble de sa carrière: Atelier Nicolao du Stefano (costumes)

Premio Soundtrack Stars (musiques de film)
Meilleure BOF: Capri-Révolution de Mario Martone, musique de Sacha Ring et Philipp Thimm
Meilleure chanson: A Suspirium de Thom Yorke pour Suspiria de Luca Guadagnino
Mention spéciale: Judy Hill pour What You Gonna Do When the World's on Fire de Roberto Minervini

Premio Vivere da Sportivi, Fair play al cinema
What You Gonna Do When the World's on Fire de Roberto Minervini
Mentions spéciales: Zen sul Ghiaccio Sottile de Margherita Ferri et Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal and Ghiath Ayoub

Sfera 1932 Award
Capri-Révolution de Mario Martone

en attente: HFPA Award (Hollywood Foreign Press Association)
Casa Wabi – Mantarraya Award

Venise 2018: Deux films français récompensés dans les sélections parallèles

Posté par vincy, le 7 septembre 2018

Claire Burger est la lauréate de la 15e édition des Giornate degli Autori (les Venice Days) de la Mostra de Venise avec son premier long métrage (en solitaire), C'est ça l'amour. La coréalisatrice (avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis) de Party Girl (Caméra d'or à Cannes il y a quatre ans) raconte l'histoire d'un père, dont l'épouse est partie, qui doit gérer le foyer et ses deux filles adolescentes.

Le film doit sortir cet automne.

Le jury, présidé par le réalisateur Jonas Carpignano, a souligné qu'il s'agissait d'un "film extrêmement personnel de la réalisatrice, une œuvre très pertinente sur les différentes situations auxquelles nous sommes confrontées dans nos vies, que nous soyons au prise avec une relation décevante, ou que nous ayons le cœur brisé pour la première fois."

Lors de la cérémonie, deux autres prix ont distingué Sudabeh Mortezai pour Joy, qui reçoit le Hearst Film Award (Meilleur film réalisé par une femme) et le Label Europa Cinemas (Meilleur film européen).

Le public a plébiscité quant à lui Ricordi? de Valerio Mieli.

La Semaine internationale de la Critique a de son côté décerné le Verona Film Club Award à un autre film français Bêtes blondes d'Alexia Walther et Maxime Matray. Le film suit une éphémère vedette de sitcom dans les années 1990, Fabien, qui a sombré aujourd'hui dans l'alcoolisme. Jusqu'au jour où il croise la route de Yoni. Même pas surpris de découvrir dans le sac du jeune militaire en larmes, la tête d'un autre jeune homme, beau comme un rêve, comme un souvenir, comme un reproch

Le Sun Film Group Audience Award a distingué Still Recording de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub, qui repart également avec le Mario Serandrei – Hotel Saturnia Award pour la meilleure contribution technique.

Le prix du meilleur réalisateur est revenu à Domenico De Orsi pour Gagarin, Mi Mancherai.

Venise 2018 : Jennifer Kent signe un film de genre féministe, féroce et intense avec The Nightingale

Posté par kristofy, le 7 septembre 2018

20 films en compétition, dont un seul film est signé par une réalisatrice (et, au passage, un seul est asiatique). La question a bien évidemment été posée à Jennifer Kent : « Un but du cinéma est de refléter le monde, mieux qu'avec une sous-représentation. Cela concerne non seulement les femmes réalisatrices mais d'autres aussi cinéastes comme ceux de pays en voie de développement, tout comme les personnages à l'écran. Une femme comme personnage principal d'un film ce n'est pas un film uniquement pour des femmes. ».

© ecrannoir.frJennifer Kent a surpris tout le monde avec son premier film The Babadook en 2014 : le succès est au rendez-vous, et on lui posait déjà la question à propos du trop peu femmes réalisatrices dans le cinéma d'horreur. Elle refuse d'en faire une suite, elle lit et refuse quantité de scénarios que lui envoient des studios d'Hollywood... « Je suis allé en Tasmanie pour la première fois il y a déjà quelques années, j''ai toujours voulu raconter une histoire là. Ce que je ne savais pas encore c'est que le film allait être très difficile à faire, les conditions météo ont été un enfer. Il y a eu des prisonniers Irlandais envoyés en nombre là-bas, eux, mais aussi, surtout, les aborigènes ont supporté une terrible oppression des Anglais qui sont venus occuper ce territoire. A notre époque il faut oser raconter des histoires qui méritent d'être racontées. C'est la première fois que la langue Palawa Kani est entendu dans un film, ça aussi c'est important. J'ai voulu évoquer ce que c'est de surmonter chagrin et deuil pour chercher l'amour et la compassion quand absolument tout autour de soi hurle le contraire. J'espère que l'horreur et la beauté coexistent ensemble dans ce film ».

The Nightingale a donc été dévoilé et la surprise est grande : l'horreur est présente tout au long du film sous une forme d' injustice et de malaise, enchaînant une séquence-clé violente avec la beauté. Le film fait l'éloge de l'entraide et de la découverte de l'autre tout au long d'une expédition insensée.

En 1825 dans cette partie de l'Australie qu'est la Tasmanie les soldats anglais sont des colonisateurs. Avec eux il y a des prisonniers déportés d'Irlande pour diverses servitudes. Les aborigènes sont pour beaucoup massacrés ou contraints à une forme d'esclavage. Un soir l'officier anglais Hawkins abuse de son pouvoir et de sa force sur Clare une servante irlandaise. Un peu plus tard ce sont trois soldats anglais dont ce même officier qui vont perpétrer l'effroyable : son mari et son petit bébé sont tués devant ses yeux. Alors que ces Anglais sont partis vers une autre ville, Clare persuade Billy, un aborigène, de la guider à travers des forêts pour se lancer à leur poursuite...

Hormis le début et sa fin, le film se déroule exclusivement en pleine nature, au milieu des bois, rivière et montagne. La relation entre Clare et Billy est compliquée puisqu'il y a un fort racisme entre 'whitefella' (les colonisateurs) et 'blackfella' (les aborigènes), mais tout deux sont aussi des cibles pourchassés. Durant cette double croisade il sera question de survie et de perte de repères.

© ecran noir

Dans le film on entend plusieurs langues (l'anglais, le gaélic irlandais, le palawa kani aborigène), le britannique Sam Claflin dévoile un visage brutal de méchant, l'irlando-italienne Aisling Franciosi est surprenante dans ce premier grand rôle avec la révélation Baykali Ganambarr. The Nightingale est dans sa structure proche du genre 'rape and revenge', il y a plusieurs scènes de viol et plusieurs mises à mort un peu éprouvantes, le tout reposant sur un puissant propos féministe et humaniste. Il est déjà certain que The Nightingale sera cité au palmarès du jury de Guillermo del Toro. Un film de genre réalisé par une femme remportera-t-il le Lion d'or ? C'est devenu très probable.

Après 74 éditions, la Mostra de Venise, n'a récompensé que quatre femme : Margarethe von Trotta (1981), Agnès Varda (1985), Mira Nair (2001) et Sofia Coppola (2010). Une cinquième Lionne d'or sera-t-elle couronnée demain?