Cabourg 2020 : Guillaume Brac couronné, Robert Guédiguian sacré

Posté par kristofy, le 3 juillet 2020

Le 34e Festival du Film de Cabourg est le premier festival de cinéma en France a voir pu s'organiser avec le récent déconfinement. Il y a donc eu des projections dans les salles pour le public,t en présence de certaines équipes, des jurys, et aussi un tapis-rouge en bord de mer avec de nombreuses stars pour la cérémonie de remise des prix. Cette année reste spéciale avec une édition de Cabourg réduite à 3 jours (au lieu de 5  habituellement) du 29 juin au 1er juillet, mais avec un concentré de films en avant-première.

Le palmarès :

- Grand Prix du Jury : A l’abordage de Guillaume Brac

Guillaume Brac a révélé au cinéma deux interprètes de théâtre ,Vincent Macaigne et Laure Calamy (depuis devenus des noms de plusieurs gros films) avec son moyen-métrage Un monde sans femme sorti en 2012. Son court-métrage précédent, Le Naufragé , avec Vincent Macaigne (déjà), était d'ailleurs à Cabourg en 2010. Ce nouveau film A l’abordage, déjà présenté à Berlin, flirte en apparence avec le cinéma d'Éric Rohmer. mais il se révèle progressivement plein d'audace autant en traits d'humour qu'en petites observations de la société. C'est un grand film romantique (joué par  des jeunes du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris), déjà l'un des meilleur film français de l'année ...

- Mention Spéciale du Jury : Balloon de Pema Tseden (sortie le 18 novembre 2020)

Les films de Pema Tseden sont à chaque des invitations à la poésie et au voyages dans diverses régions du Tibet, et on a la chance que certains sortent en salles en France : Tharlo en 2018 et Jinpa en 2020 après être sélectionnés aux festivals de Venise et de Vesoul (en remportant d'ailleurs 2 Cyclo d'or), ce dernier Balloon va suivre la même trajectoire (Venise, puis Vesoul) avec une sortie à venir prévue au 18 novembre 2020. Balloon est son film peut-être le plus 'accessible' avec en particulier une histoire d'amour contrariée (et aussi derrière le sujet de l'accès à des moyens de contraception) : cette mention spéciale du Festival Romantique de Cabourg est logique.

- Meilleur court-métrage : La Grande nuit de Sharon Hakim
- Prix du Jury court-métrage : Aline de Simon Guélat
- Mention Spéciale du Jury Court-Métrage : Shakira de Noémie Merlant
- Meilleure actrice court-métrage ex-aequo : Catalina Danca dans Shakira et Tamara Saade dans La Grande nuit
- Meilleur acteur court-métrage ex-aequo : Paulin Jaccoud et Schemci Lauth dans Aline

La spécificité du Festival de Cabourg est aussi de décerner des prix, le romantique Swann d'Or, qui viennent saluer les talents des films français de l'année entre chaque été. L'un de ces films est d'ailleurs de nouveau distribué en salles depuis leur réouverture : De Gaulle avec Lambert Wilson

- Swann d’Or du meilleur film : Gloria Mundi de Robert Guédiguian
- Swann d’Or de la meilleure réalisation : Nicolas Bedos pour La Belle Époque
- Prix Gonzague Saint-Bris du scénario adapté d'une oeuvre littéraire : Seules les bêtes par Dominik Moll et Gilles Marchand (d’après le roman de Colin Niel)
- Swann d’Or de la meilleure actrice : Chiara Mastroianni dans Chambre 212 de Christophe Honoré
- Swann d’Or du meilleur acteur : Lambert Wilson dans De Gaulle de Gabriel Le Bomin
- Swann d’Or de la révélation féminine : Luàna Bajrami dans Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
- Swann d’Or de la révélation masculine : Benjamin Voisin dans Un vrai bonhomme de Benjamin Parent
- Swann d’Or du meilleur premier film : Tu mérites un amour de Hafsia Herzi

Par ailleurs les Prix Premiers Rendez-Vous qui récompensent les débuts à l’écran d’une actrice et d’un acteur dans un premier grand rôle ont été donné à Zahia Dehar dans Une Fille facile de Rebecca Zlotowski et à Alexandre Wetter dans Miss de Ruben Alves

Une édition inédite pour le Festival international du film de La Rochelle

Posté par redaction, le 29 juin 2020

Comme beaucoup d’autres manifestations culturelles, le Festival international du film de La Rochelle subit les conséquences du Covid-19 et de la crise sanitaire. Il n’a donc pas lieu dans les conditions habituelles, mais les organisateurs lui ont donné une forme nouvelle pour l’occasion, avec notamment une première partie en ligne, et un week-end de projections devant un public, en présence de réalisateurs en chair et en os.

Ainsi, seize films (neuf longs et sept courts-métrages) sont disponibles en ligne jusqu’au 5 juillet sur la plate-forme Cinetek, créée par les réalisateurs Cédric Klapisch, Pascale Ferran et Laurent Cantet. Au programme de cette 48e édition du Festival La Rochelle Cinéma (FEMA) : des rétrospectives consacrées à Roberto Rossellini (avec La prise du pouvoir par Louis XIV, Le psychodrame, Le Général della Rovere) et à René Clément (La bataille du rail, Jeux interdits), des courts-métrages d’animation réalisés en stop motion, ou encore une séance « Retour de flamme ». Des films de Mathieu Amalric (Mange ta soupe, Barbara Hannigan...), parrain de cette édition virtuelle, seront également proposés aux internautes cinéphiles. Un pass festival, vendu cinq euros, permet d’accéder à l’ensemble de ces films.

En plus de cette édition virtuelle, sept films seront projetés en avant-première les 3, 4 et 5 juillet dans les salles de La Coursive, en présence des réalisateurs François Ozon (pour Eté 85), Michel Leclerc (pour Pingouin & goéland et leurs 500 petits) et Guillaume Brac (pour A l’abordage). Un hommage sera également rendu à Michel Piccoli, décédé le 12 mai dernier, avec la projection de Milou en mai de Louis Malle.

Enfin, du 1er au 4 octobre, le festival, un peu particulier cette année en raison des circonstances, s’achèvera par de nouvelles projections devant un public, avec des films restaurés, des ciné-concerts, des films pour les enfants, et d’autres films présentés en avant-première.

Pierre-Yves Roger

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48e édition du Festival La Rochelle Cinéma
Jusqu'au 5 juillet
Plus d'informations sur le site de la manifestation

Un beau programme en ligne pour le Festival du Film court de Grenoble (privé de plein air)

Posté par MpM, le 29 juin 2020

Son intitulé est cette année un peu trompeur. Crise sanitaire oblige, le Festival du Film court en plein air de Grenoble migre sur une plate-forme en ligne, accessible gratuitement à tous du 30 juin au 4 juillet. Les habitués auront un petit pincement au coeur à l'idée de ne pas retrouver l'ambiance particulière des projections sous le ciel étoilé, mais tout le monde se réjouit du maintien de la manifestation qui propose, comme chaque année, un programme riche et alléchant.

En compétition officielle, on retrouvera avec plaisir des incontournables comme Physique de la tristesse de Théodore Ushev, fraîchement auréolé de son Cristal à Annecy et Genius Loci d'Adrien Merigeau (lui aussi primé à Annecy, après être passé par Angers, Clermont et Berlin), mais aussi Hãy Tinh thuc và san sàng de Pham Thien An, découvert à la Quinzaine des Réalisateurs 2019 ou Un adieu de Mathilde Profit, dont on vous parle depuis des mois, et qui vient d'obtenir le prix du meilleur premier film à Côté Court.

On retrouvera également des réalisateurs repérés comme Salvatore Lista (Rap night), Valérie Leroy (Teen Horses) et William Laboury (Yandere), et des films à ne pas rater à l'image de Sororelle de Frédéric Even et Louise Mercadier, huis clos tchekhovien et minimaliste.

Le Festival proposera par ailleurs des "masterclasses" décalées avec les youtubeurs Le Fossoyeur de Films et Amazing Lucy, des ateliers en ligne, des séances jeune public et une nuit blanche "Horreur et Frissons" déclinée en 24 films dont le classique Do you have the shine de Johan Thurfjell, mais aussi le délirant Wild love de Paul Autric, Quentin Camus, Léa Georges, Maryka Laudet, Zoé Sottiaux et Corentin Yvergniaux, Acide de Just Philippot, Fast film de Virgil Widrich ou encore La Femme qui se poudre de Patrick Bokanowski.

Chaque programme sera mis en ligne à heure fixe pour une durée de 48h.

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43e Festival du Film court en plein air de Grenoble
Du 30 juin au  4 Juillet 2020
https://www.festivalcourtgrenoble.fr/home

Cabourg 2020 : enfin un festival avec des salles et du public

Posté par kristofy, le 25 juin 2020

La pandémie du coronavirus et les différentes mesures sanitaires ont bousculé l'organisation des Festivals de cinéma ainsi que le calendrier des sorties de films.

Le Festival de Cabourg, qui se déroule chaque année à la mi-juin, avait réfléchi à diverses options comme des séances de type drive-in sur la plage durant l'été. Il avait déjà organisé la projection des films en compétition aux jurys à huis-clos à Paris.

Avec l'annonce d'une réouverture des salles le 22 juin, Cabourg va finalement bel et bien organisé son Festival dans ses salles normandes. La 34e édition du Festival du Film de Cabourg se déroulera du 29 juin au 1er juillet. Les jurys y seront présents pour y annoncer leur palmarès, et différentes équipes de films viendront sur le tapis-rouge : y sont attendus des talents comme Lambert Wilson, Zahia Dehar, Benjamin Voisin et Alexandre Wetter, Chiara Mastroianni, Gustave Kervern, Guillaume Brac, Lola Naymark, Gilles Marchand...

Le président du jury des films en compétition est Benoit Magimel, avec, à ses côtés, les actrices Doria Tillier et Isild Le Besco, le scénariste Ahmed Hamidi, Aurélie Dupont (directrice de la danse du ballet de l’Opéra national de Paris), et le compositeur Issam Krimi.
Même si cette édition du Festival de Cabourg sera réduite avec beaucoup moins de films il y a toujours des séances de courts-métrages dont le jury est présidé par Noémie Lvovsky, entourée des actrices Carmen Kassovitz et Aloïse Sauvage et des acteurs Malcolm Conrath et Steve Tientcheu.

Les films en compétition sont :
À L’ABORDAGE de Guillaume Brac, France
BALLOON de Pema Tseden, Tibet/Chine
BROOKLYN SECRET d’Isabel Sandoval, USA/Philippines
EVA EN AOÛT de Jonas Trueba, Espagne
LA FEMME DES STEPPES, LE FLIC ET L’ŒUF de Quan’an Wang, Mongolie
GOODBYE de William Nicholson, Angleterre; avec Annette Bening, Bill Nighy, Josh O'Connor
LES PARFUMS de Grégory Magne, France; avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern
POISSONSEXE d’Olivier Babinet, France; avec India Hair, Ellen Dorrit Petersen, Gustave Kervern

Les films en avant-première :
À CŒUR BATTANT de Keren Ben Rafael
THE SINGING CLUB de Peter Cattaneo
REMEMBER ME de Martin Rosete

Les  courts-métrages en compétition :
ALINE de Simon Guélat
BALTRINGUE de Josza Anjembe
DÉSIRÉE de Victoria Jadot
EXTÉRIEUR CRÉPUSCULE de Roman Kané
JAIZKIBEL de Justine Fabre
LA GRANDE NUIT de Sharon Hakim
LITTORALEMENT de Lisa Sallustio
MISS CHAZELLES de Thomas Vernay
SHAKIRA de Noémie Merlant
RAP NIGHT de Salvatore Lista

Un protocole sanitaire particulier est prévu avec notamment du gel hydro-alcoolique à disposition, des masques, des micros fixes pour les présentations en salles, un stylo personnel à chaque invité pour faire ses dédicaces, un distanciation physique avec les photographes... Ce Festival de Cabourg sera le premier rendez-vous cinéma post-confinement avec des projections en salles qui réuniront artistes et public : « Il nous est apparu important de ne pas baisser les bras, de continuer à exercer notre fonction de soutien à la Culture et au Cinéma et plus particulièrement à leurs acteurs dans toutes leurs diversités professionnelles et aussi de répondre au besoin de divertissement et de rêve dont nos spectateurs et festivaliers ont terriblement besoin.Nous pensons que chacun doit tenir, malgré la crise, son rôle aussi modeste soit-il, le nôtre est de faire un Festival, tout en préservant les gestes protecteurs »
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34e Festival de Cabourg
du 29 juin au 1er juillet.
Renseignements sur le site de la manifestation

Le Festival Côté Court commence aujourd’hui en ligne et en accès libre

Posté par MpM, le 17 juin 2020

C'est déjà la 29e édition du Festival Côté Court de Pantin, manifestation consacrée comme son nom l'indique aux films courts et moyens. Si l'événement a lieu cette année en ligne, comme la majorité des festivals du printemps, il n'en présente pas moins 132 courts métrages répartis en 5 sections : Compétition Fiction, Compétition Essai / Art vidéo, Compétition Prospective Cinema, Écrans libres et Panorama. Cette dernière section est elle-même divisée en trois : fiction, documentaire et animation. On notera que "fiction" est généralement le nom que les gens venant de la prise de vues continues donnent à leurs films, afin de les distinguer absolument de l'animation, bien que cette dernière puisse, comme chacun sait, être soit fiction, soit documentaire, soit même hybride.

A l'exception de ce classique problème d'appellation, on se réjouira de pouvoir découvrir assez facilement (chaque programme étant disponible pendant 6 jours) un échantillon non négligeable de la production française de courts des 18 derniers mois. En compétition "fiction", on note la présence de certains de nos films préférés de l'an passé, tels que Sapphire Crystal de Virgil Vernier et Un Adieu de Mathilde Profit, mais aussi Journey Through a Body de Camille Degeye qui était à Cannes en 2019 et Sole Mio, l'avant-dernier court de Maxime Roy (le réalisateur ne chôme pas, il a eu le temps depuis de boucler un autre court et un premier long). On vous recommande aussi Miss Chazelles de Thomas Vernay et Massacre de Maïté Sonnet qui ont déjà pas mal fait parler d'eux auparavant.

En compétition "Essai / Art vidéo", ne passez pas à côté de l'incontournable Clean With Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, étonnant film de montage sur des femmes se filmant en train de faire le ménage de manière frénétique, qui débouche sur une réflexion passionnante sur la place des femmes dans la société contemporaine. Il faudra aussi voir À l’entrée de la nuit d’Anton Bialas (qui était à Berlin), Bab Sebta de Randa Maroufi (primé notamment à Winterthur), 1998 de Sigrid Bouaziz et Shanzhài Screens de Paul Heintz. Sans oublier les nouveaux films de Bertrand Mandico (Extazus), Patrick Bokanowski (Vers Syracuse), Antonin Peretjatko (Mandico et le TopsychoPor) ou encore Marie Losier (Which is Witch ?).

Plus globalement, le festival est aussi l'occasion de (re)découvrir Electric Swan de Konstantina Kotzamani (prix du court métrage du syndicat de la critique), Jusqu’à l’os de Sébastien Betbeder, Genius Loci d’Adrien Mérigeau, L’Heure de l’ours d’Agnès Patron ou encore Douma Underground de Tim Alsiofi. Mais aussi d'assister à des rencontres (virtuelles) en direct avec Marie Losier, Virgil Vernier, Bertrand Mandico, Antonin Peretjatko ou encore Sigrid Bouaziz.

Le Festival se clôturera le 27 juin avec l'annonce du traditionnel palmarès. A noter enfin que si tous les films sont accessibles gratuitement, il est possible de faire un don libre pour soutenir la manifestation.

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Côté Court, 29e édition
Edition en ligne du 17 au 27 juin

Cannes 2020: la sélection de l’ACID « hors les murs »

Posté par vincy, le 4 juin 2020

Après la Sélection officielle et celle de la Semaine de la Critique, c'est au tour de l'ACID de vouloir promouvoir 9 films (dont 4 documentaires), qui bénéficieront d’une valorisation au Marché du Film en ligne mais aussi, de projections à l’automne.

- Les affluents de Jessé Miceli (Cambodge)
- Funambules d’Ilan Klipper (France)
- Les graines que l’on sème de Nathan Nicholovitch (France)
- Il mio corpo de Michele Pennetta (Suisse)
- The Last Hillbilly de Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe (France)
- Loin de vous j’ai grandi de Marie Dumora (France)
- Si le vent tombe de Nora Martirosyan (Arménie), une coprésentation avec la sélection officielle du Festival de Cannes. Le film sortira au premier trimestre 2021.
- La última primavera d'Isabel Lamberti (Espagne)
- Walden de Bojena Horackova (Lituanie)

Les films seront projetés du 25 au 29 septembre au Louxor à Paris, du 2 au 4 octobre au Comoedia à Lyon, du 8 au 11 octobre au Gyptis et à La Baleine à Marseille, mais aussi à la Cinémathèque de Corse et dans des festivals partenaires.

Retour sur la 66e édition du Festival de courts métrages d’Oberhausen

Posté par MpM, le 4 juin 2020

La situation sanitaire a au moins un avantage, celui de rendre accessible à tous un certain nombre d'événements et manifestations ayant choisi de passer en version dématérialisée. On a ainsi pu découvrir courant mai le Festival du court métrage d'Oberhausen (Allemagne) qu'il ne nous avait jamais été donné de couvrir. En préambule, évidemment, rien ne vaut l'expérience d'un festival physique, avec des séances en salles, et surtout des rencontres et des échanges à la fin de chaque journée (autour d'un verre, ou pas, chacun fait ce qu'il veut).

Mais même dans la solitude de son salon, cette 66e édition d'Oberhausen fut riche et captivante, minutieusement organisée pour une découverte on-line, avec des publications régulières de programmes disponibles pendant 48h et des courtes interviews venant éclairer la plupart des films en compétition. Elle fut surtout particulièrement inspirante pour tous ceux qui s'intéressent au cinéma sous toutes ses formes.

Car autant le dire tout de suite, la programmation d'Oberhausen ne ressemble pas exactement à celle de la plupart des festivals de courts métrages que l'on a l'habitude de fréquenter. Bien sûr, on y trouve plusieurs compétitions (internationale, allemande, et régionale, cette dernière étant consacrée aux films d'école), des focus sur des auteurs tels que Maya Schweizer et Philbert Aimé Mbabazi Sharangabo, de nombreux programmes jeunesse pour tous les âges, de 3 à 16 ans, mais surtout une grande quantité d'autres programmes proposant notamment des cartes blanches à des fonds d'archives spécialisés tels que Cyland Video Archive ou des distributeurs spécialisés dans le cinéma expérimental et les vidéos d'art tels que LIMA aux Pays-Bas, Filmform en Suède et Light Cone en France.

Une offre foisonnante et riche de films singuliers et "à la marge" qui était tout à fait au diapason d'une compétition internationale elle-même très axée sur des choix de cinéma audacieux. Se refusant résolument à être un simple best of des "meilleurs" courts des derniers mois (c'est-à-dire de ceux ayant déjà tourné partout), la compétition réunissait en effet un mélange hétéroclite et passionnant de films étranges et hors-normes mêlant documentaires conceptuels, installations vidéo, essais expérimentaux et recherches formelles radicales. La narration n'était pas forcément le maître mot de la majorité de ces oeuvres mais on y sentait un intérêt pour le geste de cinéma, une réflexion sur le médium, un regard privilégié porté sur l'instant.

Expériences immersives

Quelques films, notamment, amenaient le spectateur à faire l'expérience particulière, souvent immersive, presque physique, d'un lieu donné. C'est le cas de Chris Kennedy qui, dans The Initiation Well (Canada), descend à l'intérieur d'un puits d'initiation portugais et nous en fait éprouver la réalité circulaire, mouvante, presque floue, qui rend le lieu et ceux qui le visitent fantomatiques et insaisissables. On a le même sentiment face à Junkerhaus de Karen Russo (Allemagne) qui nous emmène dans la résidence de l'artiste Karl Junker. Méditation sur le lieu plus qu'explication sur sa construction, le film donne vie à ses étranges sculptures par des jeux de lumière et de projection.

Dans un style plus documentaire, mais toujours dénué d'explications superflues, A Thin Place de Fergus Carmichael (Royaume Uni) plonge le spectateur dans les célébrations du solstice d'été sur la colline de Glastonbury Tor (Angleterre) et lui fait vivre l'expérience d'une joyeuse communion collective sur fond de mythologie celtique et de nouvelles technologies. Josef Dabernig, lui, nous emmène chez le dentiste. Heavy Metal Detox (Autriche) est en effet un cauchemar éveillé pour ceux que l'idée même de la roulette met au supplice. Dans un noir et blanc glaçant, le film montre avec une distanciation ironique, mais malaisante, différents actes de chirurgie dentaire qui nous ont semblé intolérables (mais c'est très personnel).

Problématiques environnementales

D'autres thématiques plutôt classiques se dégageaient également de cette sélection, traitées elles-aussi sur un mode décalé, formaliste ou conceptuel. Plusieurs films abordaient par exemple des problématiques environnementales, à l'image de Extrañas Criaturas de Cristóbal León et Cristina Sitja (Chili), qui sous forme de conte, dans une esthétique rétro volontairement naïve et un style d'animation ouvertement artisanal, met en scène des animaux confrontés à la destruction de leur forêt par leurs voisins humains, contraints d'expliquer à ces "étranges créatures" ce qu'est le concept d'habitat.

Camera Trap de Chris Chong Chan Fui (Malaisie) met quant à lui en parallèle des images vieilles de plus de cent ans (celles du photographe et inventeur du zoopraxiscope Muybridge) et d'autres contemporaines, prises dans les forêts tropicales de Borneo. S'y côtoient ainsi des animaux confinés auxquels le procédé de Muybridge redonne le mouvement et d'autres surpris dans leur habitat naturel, saisis par l'indiscrétion de "pièges photographiques" se déclenchant automatiquement. Le film, qui était à l'origine une installation, met ainsi subtilement en parallèle la manière dont notre rapport aux animaux et à la nature en général a changé en l'espace d'un siècle.

Enfin, L’eau faux de Sverre Fredriksen et Serge Onnen (Pays-Bas) est une parabole sur le cycle de l'eau, observant et retranscrivant ce cycle dans sa dimension la moins naturelle possible, celle de l'eau en bouteille. Mélangeant prise de vues continue et animation, le film est un objet déroutant, tantôt abstrait, tantôt grotesque, qui questionne le paradoxe d'un élément constitutif du cycle naturel de la vie transformé en vulgaire bien de consommation.

Transmissions

Dans un autre registre, les questions de transmission, notamment de l'histoire commune des minorités éthniques, étaient elle aussi au centre de plusieurs films, tels que O Jardim Fantástico de Tico Dias et Fábio Baldo (Brésil), dans lequel une institutrice veut inciter ses élèves à renouer avec leurs racines et à découvrir les secrets d'une réalité cachée à travers le rituel de la consommation de Ayahuasca. Dans Oursons de Nicolas Renaud (Canada), c'est un Canadien natif qui témoigne de son existence dans la Réserve de Lorette, et de la manière dont les habitants (appartenant aux Hurons-Wendats) ont peu à peu été chassés par le gouvernement local au profit de "clubs" réservés aux élites.  A travers ses souvenirs et son expérience, il interroge la disparition progressive de l'identité de son peuple.

Le film ( ( ( ( ( /*\ ) ) ) ) ) de Saúl Kak et Charles Fairbanks (Mexique) observe quant à lui la vie dans un petit village du Chiapas où s'est réfugiée la communauté zoque suite à l’éruption du volcan Chichonal. Sans commentaires, mais avec un sens aigu du montage, le film nous plonge dans l'ambiance presque pittoresque des annonces publicitaires crachées par les hauts parleurs, sur fond de contexte électoral et de revendications liées à l'exil forcé de tout un peuple.

Le cinéma comme sujet

Il faut enfin relever la multiplicité des films portant un regard réflexif sur leur propre forme, et sur le média cinéma en général. On a déjà parlé de Camera trap de Chris Chong Chan Fui, qui juxtapose les procédés de Muybridge avec sa propre pratique consistant à animer image par image les photographies prises par des cellules automatiques posées telles des pièges dans les forêts de Borneo. We Still Have to Close Our Eyes de John Torres (Philippines) réunit des images prises dans les lieux et décors d'autres films en train de se tourner à Manille (ceux de Lav Diaz, Erik Matti, Dodo Dayao, Joel Ferrer et Dan Villegas), proposant une fiction étrange et fantomatique sur les dérives d'une application permettant à l'utilisateur de prendre le contrôle de véritables personnes, les dirigeant à sa guise comme des avatars de jeu vidéo. Une dystopie inquiétante dont toute ressemblance avec le régime autoritaire du président Dutertre n'est évidemment pas fortuite, doublée d'une plongée troublante dans les coulisses du cinéma philippin.

Hacer una Diagonal con la Música d'Aura Satz (Royaume Uni) est un documentaire que l'on pourrait qualifier de plus traditionnel, bien qu'il s'ouvre sur une porte qui grince. C'est un portrait fascinant de la compositrice électroacoustique argentine Beatriz Ferreyra qui explique, démonstration à l'appui, et avec humour, comment elle collectionne les sons, à la recherche de ceux dont elle aura un jour besoin pour recomposer un élément sonore particulier. Avec Patentti Nr. 314805, Mika Taanila (Finlande)  fait en quelque sorte écho à ces recherches sur le son, puisqu'il a exhumé des séquences tournées en 1914 par Eric Tigerstedt avec son invention alors révolutionnaire; le photomagnétophone permettant d'enregistrer les images et le son simultanément. La guerre l'a malheureusement empêché de voir reconnaître son procédé. Ce que l'on voit dans Patentti Nr. 314805, ce sont des ondes noires matérialisant les voix et les bruits qui nous parviennent du passé, de manière désormais banale, tant nous y sommes habitués, et en réalité comme par miracle.

Enfin, A Month of Single Frames de Lynne Sachs, qui a d'ailleurs remporté le Grand Prix du Jury, est un dialogue à travers le temps entre les images tournées par la réalisatrice Barbara Hammer lors d'une résidence de réalisation en 1998 et le travail effectué sur ces images par la réalisatrice Lynne Sachs vingt ans plus tard, à la demande de Barbara Hammer qui était malade. Le film mêle les recherches expérimentales de Barbara Hammer, le journal tenu par la cinéaste à l'époque, et qu'elle lit en voix-off, mais aussi des scènes contemporaines et des commentaires de Lynne Sachs ajoutés directement sur l'image. La nature joue un rôle primordial dans ces images, gorgées de soleil et de couleurs, mais aussi de la simplicité chère à Barbara Hammer. On sent en filigrane le temps qui passe, et la solitude à la fois féconde et mélancolique de la créatrice. On comprend pourquoi le jury a été séduit par la combinaison des recherches formelles de Barbara Hammer et du regard porté a posteriori sur son travail, proposant un duo à deux voix à vingt ans d'écart.

Les cinémas rouvriront le 22 juin en France

Posté par redaction, le 28 mai 2020

Le Premier ministre a annoncé la réouverture des salles de cinéma dans toute la France pour le 22 juin prochain. Un peu en avance par rapport à la date anticipée du 1er juillet.

Rappelons que les mesures sanitaires devront être respectées, ce qui signifie qu'environ un fauteuil sur trois sera disponible dans une salle.

Les manifestations de plus de dix personnes seront interdites jusqu'au 21 juin au moins. Le Festival de Cannes devait avoir lieu fin juin pour rappel.

Le Festival de Venise maintient son édition 2020

Posté par vincy, le 25 mai 2020

Le Festival de Venise a confirmé qu'il aurait bien lieu, a annoncé le gouverneur de la Vénitie, contrairement à la Biennale d'architecture qui a décidé de passer son tour cette année. Cate Blanchett est toujours confirmée comme présidente du jury. Le Festival se déroulera du 2 au 12 septembre, comme prévu.

Moins de fréquentation attendue

Cependant, la programmation sera allégée, avec moins de films projetés. La manifestation acte que de nombreux professionnels ne pourront pas venir et que les déplacements internationaux seront toujours entravés. Une plateforme numérique de diffusion de films pourrait ainsi compléter les séances cinématographiques classiques pour les professionnels absents. On estime que seuls 30 à 40% du nombre  de festivaliers habituels seront présents.

L'Italie,  l'un des pays plus touchés par le coronavirus avec près de 33000 morts, doit rouvrir ses frontières le 3 juin, ce qui pourrait au moins permettre aux Européens de venir.

Attendre ou être solidaire

Venise lancera donc le retour du cinéma dans l'après-Covid-19. Certes, sur un mode mineur, mais pas moins symbolique après les annulations de Cannes et Locarno. Le festival assure qu'il conservera sa dimension internationale et déroulera le tapis rouge aux artistes.

Alberto Barbera, directeur du festival, n'aura que l'embarras du choix côté avant-premières et grands noms. Mais une présentation à Venise dépendra aussi de l'attitude des producteurs qui, habituellement, visent une sortie au second semestre pour les palmarès de fin d'année.

Dans un contexte où les cinémas ne sont pas encore rouvertes partout, où le box office mondial est à son plus bas, et où les jauges dans les salles sont contraintes par les mesures sanitaires et limitent les entrées, certains producteurs voudront attendre l'année prochaine pour montrer leur film.

D'autres voudront au contraire, par solidarité, relancer l'industrie en s'offrant cette première vitrine de la saison.

Cannes, Karlovy-Vary, San Sebastian

Venise va devoir gérer le nombre de sièges vides, la distanciation sociale des photographes, la sécurité des invités, le surnombre de films proposés aux comités de sélections, des conférences de presse en mode virtuel, etc...

Et le festival a les yeux rivés sur Cannes: l'éventuel succès du marché du film en mode 2.0 fin juin sera la premier vrai test de la santé du secteur. Ensuite, avec son label Cannes 2020, le festival français va sans doute vouloir, par solidarité, s'intégrer à la programmation de Venise. Sans compter que certains films cannois n'iront pas à Venise, soit parce qu'ils seront présentés ailleurs avant, soit parce qu'ils préfèrent patienter jusqu'à Berlin ou Cannes en 2021.

A la fin de l'été, des festivals comme Angoulême et Deauville, en France, devraient se maintenir, tout comme San Sebastian en Espagne. e montrer leur film, officiellement annulé, a décidé de présenter 16 films - dont Babyteeth, Procima, Luxor et Ema -  dans 80 villes de la République Tchèque durant 9 jours début juillet.

Venise va être un laboratoire passionnant pour les organisateurs de festivals et le premier indice pour connaître l'état du cinéma mondial après cette crise sanitaire et économique.

Tout cela en espérant que le virus se soit calmé d'ici là un peu partout dans le monde. Et que les spectateurs retrouvent le chemin des salles

[We miss Cannes] Côté Courts #1 : Amours possibles et impossibles

Posté par MpM, le 16 mai 2020


Ce qui nous manque du Festival de Cannes, c'est l'effervescence des séances qui s'enchaînent ; les montagnes russes émotionnelles ; les flots d'images qui reviennent nous hanter pendant les nuits trop courtes ; les retrouvailles, avec les cinéastes qu'on aime comme avec de vieux copains que l'on ne croise qu'une fois par an sur la Croisette, ou encore  l'impression d'être exactement à sa place, au coeur de la petite planète cinéphile, celle qui est capable de passer moins de temps à dormir qu'à faire la queue pour une projection d'un film d'Apichatpong Weerasethakul. Mais ce qui est chaque année le plus marquant, ce sont bien sûr les découvertes et les rencontres, ces moments où l'on croise un film, une mise en scène, un geste de cinéma que l'on n'oubliera pas de sitôt.

Pour célébrer ces découvertes qui ne sont que partie remise, nous avons eu envie de revenir sur des découvertes très récentes, faites à Cannes ces dix dernières années. Et parce que le court métrage est le format privilégié pour ces premières fois, ce sont ainsi une douzaine de courts métrages que nous vous proposons de (re)découvrir, en quatre programmes (on ne se refait pas !) thématiques et évidemment subjectifs.

Pour ce premier rendez-vous, on est d'humeur romantique, avec un voyage en trois films dans le courant foisonnant des Amours possibles et impossibles, motifs évidemment récurrents du cinéma en général, et du format court en particulier.

Première étape, une rencontre incertaine dans l'ambiance nocturne et moite d'une station service grecque. Deux hommes qui se frôlent, leurs visages cadrés en gros plan envahissent l'écran. Deux inconnus qui se découvrent en quelques phrases à l'ironie décalée. Deux corps qui s'accrochent l'un à l'autre dans un plan final à la beauté magnétique et persistante. La distance entre le ciel et nous de Vasilis Kekatos, amorce ténue et intimiste de romance pop à la sensibilité à fleur de peau, a reçu la Palme d'Or du meilleur court métrage lors de l'édition 2019 du Festival de Cannes.

On passe ensuite à un mélange de passion et de folie, grâce au très électrisant Tesla, Lumière mondiale de Matthew Rankin, sélectionné à la Semaine de la Critique en 2017. Ce quasi biopic du scientifique Nicolas Tesla est traité avec une audace folle, entre hommage au cinéma d'avant garde et expérimentation pyrotechnique. On y découvre le fameux scientifique en proie à des crises presque mystiques (sa vision d'un monde réunifié par son invention à venir, l'électricité) en même temps qu'aux doutes les plus affreux (son mécène ne veut plus financer ses recherches), sans oublier une transe amoureuse irrésistible causée par... une pigeonne. C'est en apparence déconcertant, voire complètement délirant, et pourtant tout est parfaitement maîtrisé, visuellement passionnant, et surtout en exacte résonance avec certains épisodes de l'existence de Tesla.

Pour finir, notre voyage nous amène dans un univers dont toute ressemblance avec le nôtre n'est pas du tout fortuite, lors d'une Nuit des sacs plastiques signée Gabriel Harel (Quinzaine des Réalisateurs 2018). Pendant une soirée en apparence comme les autres, les emballages plastiques abandonnés dans la nature se rebellent contre l'être humain. On assiste alors à un véritable jeu de massacre, tandis que le personnage principal, Agathe, n'a qu'une obsession : tenter de reconquérir son ex, et surtout le convaincre de lui faire un enfant. Le contraste entre les motifs traditionnels du film de genre horrifique et l'interminable logorrhée de la jeune femme est une savoureuse démonstration d'humour noir qui propose en parallèle un sous-texte écologique plutôt flippant, l'Humanité se retrouvant plus ou moins condamnée à périr par le plastique, ou à fusionner avec lui.

Pour découvrir notre mini-programme en ligne :

La Distance entre le ciel et nous de Vasilis Kekatos
Tesla, Lumière mondiale de Matthew Rankin
La Nuit des sacs plastiques de Gabriel Harel

Et pour prolonger le plaisir du court cannois, nous vous invitons à aller faire un tour sur le site Format Court, qui propose d'ici le 23 Mai 25 courts sélectionnés dans les différentes sections du Festival entre 1965 et 2017.