Venise 2011 : les autres prix

Posté par vincy, le 11 septembre 2011

Comme tous les grands festivals, Venise foisonne de prix, remis par différentes associations ou divers organismes. Globalement ce sont souvent les mêmes films qui reviennent, avec, en tête de la compétition Shame (avec Michael Fassbender, en photo, qui a reçu le prix d'interprétation) et Faust (Lion d'or).  Voici la liste complète des autres prix (hors palmarès officiel).

Sélection officielle : prix Orrizonti (jury présidé par Jia Zhangke).

Meilleur film : Kotoko, de Shinya Tsukamoto (Japon)

Prix spécial du jury : Whore's Glory, de Michael Glawogger (Autriche)

Meilleur court-métrage : In Attesa dell'avvento, de Felice D'Agostino et Arturo Lavorato (Italie)

Meilleur moyen-métrage : Accidentes Gloriosos, de Mauro Andrizzi et Marcus Lindeen (Suède)

Mention spéciale à : O le Tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande) et All the Lines Flow Out de Charles Lim Yi Yong (Singapour)

Sélection officielle : Controcampo Italiano (jury présidé par Stefano Incerti)

Meilleur film : Scialla! de Francesco Bruni

Meilleur court métrage : A Chjàna de Jonas Carpignano

Meilleur documentaire : Pugni chiusi de Fiorella Infascelli

Mention spéciale au documentaire Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt

Prix FIPRESCI (Critique internationale)

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Sélection Orrizzonti et Semaine de la critique : Two Years at Sea de Ben Rivers

Prix Signis

Faust, d'Alexandre Sokourov (Russie)

Mention spéciale : A Simple Life d'Ann Hui

Prix du public Kino - Semaine internationale de la critique

Là-bas de Guido Lombardi

Prix Label Europa Cinémas

Présumé Coupable de Vincent Garenq (France)

Lionceau d'or (Prix Agiscuola) - jeunesse

Carnage, de Roman Polanski (France)

Mention Unicef : Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Prix Francesco Pasinetti

Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Mention SNGCI : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti (Italie)

Prix Brian

The Ides of March, de George Clooney (USA)

Prix Queer Lion (cinéma LGBT)

Wilde Salomé, d'Al Pacino (USA)

Prix Arca CinemaGiovani - jeunesse

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film italien : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti

Prix lancia Biografilma

Meilleur film : Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt (Italie)

Prix du jury : Pivano Blues – Sulla strada di Nanda de Teresa Marchesi

Prix “Enrico Fulchignoni” UNESCO

Tahrir 2011 de Tamer Ezzat, Ayten Amin, Amr Salama (Egypte)

Prix CICAE (Arte & Essais)

O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix CinemAvvenire

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film (autres sélections) : O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix Vittorio Veneto Film Festival

Scialla! de Francesco Bruni

Mention spéciale : Eva de Kike Maillo

Venise 2011 pactise avec le Faust d’Alexandre Sokourov

Posté par vincy, le 10 septembre 2011

Le jury du 68e Festival de Venise, présidé par Darren Aronofsky, a joué le consensus. En récompensant le vétéran russe Alexandre Sokourov, toujours audacieux dans son formalisme, il répare une injustice de 30 ans : le cinéaste, pour la première fois sélectionné à Venise, n'avait jamais obtenu plus qu'un prix de la critique et un prix du meilleur scénario à Cannes. Il avait aussi obtenu un Léopard de bronze et un Léopard d'honneur à Locarno.

Avec sa version de Faust (photo du casting lors de la présentation officielle le 8 septembre), parabole de la corruption du pouvoir dans une atmosphère suffocante (à l'instar de sa trilogie sur les dictateurs), Sokourov remporte le Lion d'or, au nez et à la barbe des favoris (Carnage de Polanski était le film le plus apprécié de la critique). C'est la deuxième fois en 68 Mostras qu'un cinéaste russe gagne la prestigieuse récompense, après Le retour en 2003. Mais c'est la troisième fois si l'on compte Urga du soviétique (à l'époque) Nikita Mikhalkov.

Le Palmarès, très porté sur des oeuvres radicales ou "auteurisantes" fait la part belle au cinéma asiatique. On remarquera que le prix de la mise en scène a été décerné au film surprise, le 23e de la compétition, invité en dernière minute, People Mountain, people sea.

Le cinéma français n'obtient rien. De nombreux primés ont déjà été remarqués dans d'autres festivals.

Notons enfin la consécration de l'allemand Michael Fassbender, dans son rôle d'addict au sexe dans Shame, et qui se voit propulser ainsi parmi les incontournables du cinéma anglo-saxon, après un blockbuster (X-Men : First Class) et un autre film remarqué à Venise et reparti bredouille, A Dangerous Method de David Cronenberg.

Lion d'or : Faust, d'Aleaxandre Sokourov (Russe)

Lion d'agent de la mise en scène : Cai Shangjun pour People Mountain, people sea (Chine)

Prix spécial du jury : Terraferma, d'Emmanuele Crialese (Italie)

Coupe Volpi du meilleur acteur : Michael Fassbender pour Shame (Honte) de Steve McQueen (Grande-Bretagne)

Coupe Volpi de la meilleure actrice : Deanie Yip pour Taojie (Une vie simple) de Ann Hui (Chine Hong-Kong)

Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune interprète: Shôta Nikaidô et Fumi Nikaidô pour Himizu de Sion Sono (Japon)

Prix Osella du meilleur scénario : Alpeis (Alpes) de Yorgos Lanthimos (Grèce)

Prix Osella de la meilleure direction artistique : Robbie Ryan pour Wuthering Heights (Les hauts de Hurlevent) d'Andrea Arnold (Grande-Bretagne)

Venise sélectionne un film suprise… chinois

Posté par vincy, le 6 septembre 2011

On attendait Captured, le nouveau film du philippin Brillante Mendoza, avec Isabelle Huppert. C'est en fait People Mountain, People Sea, du chinois Cai Shangjun, qui créé la surprise. Le film a été sélectionné par le 68e Festival de Venise et devient ainsi le 23e à être en lice pour le Lion d'or. Projeté le 6 septembre, le film raconte le drame d'un jeune homme en quête du meurtrier de son frère. Cai Shangjun a scénarisé trois films de Zhang Yang - Spicy Love Soup, Shower (Prix de la critique internationale à Toronto, prix du public à Rotterdam...) et Sunflower (primé à San Sebastian) - avant de réaliser son premier long métrage, Les moissons pourpres, Grand prix à Thessalonique, prix de la critique internationale à Pusan et Grand prix du jury aux Asia Pacific Screen Awards.

James Franco dans la sélection des 5e Queer Lion Awards

Posté par vincy, le 29 août 2011

Le 68e Festival de Venise s'apprête à célébrer la 5e édition du Queer Lion Award. Contrairement à la Queer Palm de Cannes, le Queer Lion est une initiative du directeur artistique du Festival de Venise, Marco Müller. Ce prix sera décerné à l'un des films, toutes sélections confondues, traitant de près ou de loin l'homosexualité et la diversité. Il est organisé par l'association CinemArte et reçoit, cette année, pour la première fois, le parrainage du ministère de la Culture et la province de Venise.

Ont été récompensés jusque là : The Speed of Life d'Edward Radtke, Un altro pianeta de Stefano Timmolini, A Single Man de Tom Ford et En el futuro de Mauro Andrizzi. Une mention spéciale avait été donnée en 2007 à Kenneth Branagh pour Sleuth et un Queer Lion pour l'ensemble de sa carrière a été décerné à Ang Lee en 2009.

Cette année, parmi les films sélectionnés, on retrouve le film portugais Palácios de Pena de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, l'histoire de deux homosexuels condamnés à mort dans un conte mystique avec deux adolescentes ; le film sud-coréen Jultak Dongshi (Stateless Things (en photo)), où des jeunes hommes solitaires sont confrontés à leurs désirs de Kyungmook Kim ; le film américain Sal de James Franco, sur la vie de l'acteur bisexuel Sal Mineo ; et le film canadien Marécages de Guy Édoin qui suit un adolescent inquiet qui découvre sa sexualité.

A cela s'ajoutera une séance spéciale pour le cinéaste sarde (italien, de Sardaigne), Peter Marcias, avec son dernier film, I bambini della sua vita. Le film est déjà sorti en Italie en avril dernier.

Venise 2011 : Vanessa Paradis, Tahar Rahim, Vincent Lindon et Philippe Torreton aux Venice Days

Posté par vincy, le 28 juillet 2011

Nouveau lieu (La Pagoda), nouvelle orientation. La maison des auteurs, lieu de rencontre professionnel, a installé depuis 7 ans ce nouveau programme dans l'agenda déjà chargé de la Mostra. Pour ce 68e Festival de Venise, Venice Days s'étoffe, avec des auteurs souvent déjà très reconnus dans leur pays, des castings alléchants (Vanessa Paradis, Tahar Rahim, Vincent Lindon, Philippe Torreton, Vincent rottiers, Marie Gillain, Stefano Accorsi, Marie-Josée Croze, Ronit Elkabetz, Kevin Parent...), et finalement une sélection qui prend de la maturité. Une sorte de Quinzaine des réalisateurs, très européenne, à la quelle s'ajoute des séances spéciales où la coproduction de la France est très présente.

Venice Days

Another Silence, de Santiago Amigorena (Argentine)

My Name is Ki, de Ladzek Dawid (Pologne)

Ruggine, de Daniele Gaglianone (Italie)

Présumé coupable, de Vincent Garenq (France)

Toutes nos envies, de Philippe Lioret (France)

Love and Bruises, de Lou Ye (France)

Historias, de Julia Murat (Brésil)

Twilight portrait, d'Angelina Nikonova (Russie)

Io Sono Li, d'Andrea Segre (Italie)

Hiver dernier, de John Shank (Belgique)

Café de Flore, de Jean marc Vallée (Canada)

Habibi, de Susan Youssef (Palestine)

Venise 2011 : une Semaine de la critique très latine

Posté par vincy, le 28 juillet 2011

Deux films français, deux coproductions majoritaires. Le cinéma français impose près de la moitié des titres de la Settimania Internazionale della Critica du 68e Festival de Venise. Au total avec les films latino-américains et italiens, les deux tiers des oeuvres présentées sont d'origine latine. Il faut rajouter la séance spéciale lors des Venice Days, de l'italien Voi siete qui, de Francesco Matera.

Semaine de la critique

El campo, Hernán Belón (Argentine)

El lenguaje de los machetes, Kyzza Terrazas (Mexique)

Là-bas, Guido Lombardi (Italie)

La terre outragée, Michale Boganim (France)

Louise Wimmer, Cyril Mennegun (France)

Marécages, Guy Édoin (Canada)

Totem, Jessica Krummacher (Allemagne)

Stockholm Est, Simon Kaijser da Silva (Suède) - ouverture, hors compétition

Missione di pace, Francesco Lagi (Italie) - clôture, hors compétition

Venise 2011 : James Franco en vedette américaine de la sélection Orizzonti

Posté par vincy, le 28 juillet 2011

Orizzonti

De Pippo Delbono à Yves Caumon, de Jonathan Demme à Marina de Van, de Yolande Zauberman  à James Franco (l'acteur réalise son premier long métrage), la sélection Orizzonti du 68e Festival de Venise, qui se veut un panorama du cinéma contemporain mondial pioche dans les premiers films comme dans les retours derrière la caméra d'auteurs moins connus. Elle est aussi géographiquement plus diversifié que la Sélection officielle.

Cut, de Amir Naderi (Japon) - ouverture

L'oiseau, d'Yves Caumon (France)

Hail, d'Amiel Courtin-Wilson (Australie)

Nocturnos, d'Edgardo Cozarinsky (Argentine)

Amore Carne, de Pippo Delbono (Italie)

I'm Caroline Parker, de Jonathan Demme (U.S.)

Sal, de James Franco (U.S.)

Whore's Glory, de Michael Glawogger (Autriche)

Die Herde des Herrn, de Romulda Karmakar (Allemagne)

Stateless Things, de KIM Kyungmook (Corée du sud)

Girimunho (Swirl), de Helvécio Marins J. et Clarissa Campolina (Brésil)

Photographic Memeory, de Ross McElwee (U.S.)

L'envahisseur, de Nicolas Provost (Belgique)

Shock Head Soul, de Simon Plummel (Pays Bas)

Two Years at Sea, de Ben Rivers (R.Uni)

Anhey ghorhey da daan (Alms of the Blind Horse), de Gurvinder Singh (Inde)

O le tulafale (The Orator), de Tusi Tamasese (Samoa)

Lung Neaw Visits His Neighbourgs, de Rirkrit Tiravanija (Thaïlande)

Verano, de José Luis Torres Leiva (Chili)

Kotoko, de Shinya Tsukamoto (Japon)

Le petit Poucet, de Marina de Van (France)

Cygne, de Teresa Villaverde (Portugal)

Wokou de zongji (The Sword Identity), de XU Haofeng (Chine)

Would you have sex with an arab? , d'Yolande zauberman (France)

Venise 2011 : plusieurs maîtres dans la sélection officielle

Posté par vincy, le 28 juillet 2011

La 68e édition du Festival de Venise s'annonce étoilée : entre les stars hollywoodiennes (Pacino, Soderbergh, Clooney, Madonna, ...), les maîtres du genre (Cronenberg, Friedkin, Ferrara...), les auteurs décalés que la Mostra affectionne tant (Solondz), le cinéma américain est presque sur-représenté.  Jodie Foster, Kate Winslet, Keira Knightley, Ryan Gosling, Philip Seymour Hoffman, Marisa Tomei, Viggo Mortensen, Matthew McConaughey, Christopher Walken, Matt Damon, Jude Law, Colin Firth, Gary Oldman, Sam Worthington, Gwyneth Paltrow sont toutes susceptibles de venir défendre un film sur la lagune vénitienne.

Le cinéma anglo-saxon domine une sélection officielle qui est pourtant plus variée qu'il n'y paraît. Déjà, notons la belle proportion de films français et italiens : Garrel, Satrapi et Paronnaud, Polanski, Ackerman, Comencini, Crialese, Olmi... En choisissant autant de films russes, et en se concentrant uniquement sur la Chine et le Japon pour l'Asie, Venise oublie des pans entiers du cinéma mondial.

La variété des propositions cinématographiques suscite un désir de cinéphile évident. Mais l'Amérique latine est complètement absente, l'Asie relativement mal représentée (aucun film coréen par exemple, ni iranien). Ce centrisme occidental pourrait même être jugé inquiétant pour Venise qui s'offre peu de découvertes. Il y a bien trois auteurs révélés par Cannes (Arnold, Lamthimos et McQueen) qui y feront leurs premiers pas. Mais c'est hors-compétition que la véritable nature du festival devrait se dévoiler avec des films très engagés réalisés par des collectifs : Tahrir 2011, Tamer Ezzat, Ahmad Abdalla, Ayten Amin, Amr Salama, sur la révolution égyptienne de cet hiver, et deux oeuvres syriennes, The End et Vanguard, du Collectif Abounabbara.

Compétition :

The Ides of March, George Clooney (U.S.) - ouverture de la compétition

Tinker, Tailor, Soldier, Spy, Tomas Alfredson (Suède)

Wuthering Heights, Andrea Arnold (R.Uni)

Texas Killing Fields, Ami Canaan Mann (U.S.)

A Dangerous Method, David Cronenberg (Canada)

Silent Souls, Aleksei Fedorchenko (Russie)

Last Day on Earth, Abel Ferrara (U.S.)

Killer Joe, William Friedkin (U.S.)

The Exchange, Eran Kolirin (Israël)

Alps, Yorgos Lamthimos (Grèce)

Shame, Steve McQueen (R.Uni)

Carnage, Roman Polanski (France)

Poulet aux prunes, Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud (France)

Après le sud, Philippe Garrel (France)

A Simple Life, Ann Hui (Chine)

Faust, Aleksander Sokourov (Russie)

Dark Horse, Todd Solondz (U.S.)

Himizu, Sion Sono (Japon)

Seediq Bale, Wei Desheng (Taiwan)

Quando la Notte, Cristina Comencini (Italie)

Terraferma, Emanuele Crialese (Italie)

L'Ultimo Terrestre, Gipi (Italie)

Hors- Compétition :

Vivan las Antipodas!, Victor Kossakovsky (Russie) - ouverture de la sélection hors compétition

La Folie Almayer, Chantal Akerman (France)

The Moth Diaries, Mary Harron (Canada)

W.E., Madonna (R. Uni.)

Il villaggio di cartone, Ermanno Olmi (Italie)

Wilde Salome, Al Pacino (U.S.)

Contagion, Steven Soderbergh (U.S.)

The Sorcerer and the White Snake, Tony Ching Siu-tung (Chine)

Giochi d'estate, Rolando Colla (Italie/Suisse)

La Désintegration, Philippe Faucon (Belgique)

Alois Nebel, Tomas Lunak (Rép. Tchèque)

Eva, Kike Maillo (Espagne)

Scossa, Francesco Maselli, Carlo Lizzani, Ugo Gregoretti, Nino Russo (Italie)

La Clé des chants, Claude Nuridsany, Marie Perennou (France)

Tormented, Takashi Shimizu (Japon)

Marco Bellocchio, Venezia 2011, Pietro Marcello (Italie)

La Meditazione di Hayez, Mario Martone (Italie)

Tahrir 2011, Tamer Ezzat, Ahmad Abdalla, Ayten Amin, Amr Salama (Egypte)

The End,  Collectif Abounabbara (Syrie)

Vanguard, Collectif Abounabbara (Syrie)

Evolution (Megaplex 3D), Marco Brambilla (U.S.)

Damsels in Distress, Whit Stillman (U.S.) - film de clôture

André Téchiné, Todd Haynes et David Byrne au jury de Venise

Posté par vincy, le 8 juillet 2011

Ils seront les hommes et femmes du réalisateur américain Darren Aronofsky, président du jury du 68ème Festival de Venise. 6 artistes venus du monde entier qui se retrouveront du 31 août au 10 septembre ^pour choisir un palmarès et le successeur de Somewhere, Lion d'or contesté l'an dernier..
Par ordre alphabétique :

- Eija-Liisa Ahtila, artiste multimédia finlandaise. Son moyen métrage, Consolation service fut présenté à la Biennale de Venise en 1999.
- David Byrne, musicien américain, ex-membre des Talking Heads, Oscar pour la BOF du Dernier empereur de Bernardo Bertolucci ; il a aussi joué son propre rôle dans le récent Paolo Sorrentino, This must be the Place (présenté à Cannes).
- Todd Haynes, scénariste et réalisateur américain, primé à Venise pour Loin du paradis (actrice, photo) et I'm Not There (prix spécial du jury).
- Mario Martone, cinéaste italien, primé à Venise (Mort d'un mathématicien napolitain, Grand Prix spécial du jury) et récent David di Donatello du meilleur film (Noi credevamo).
- Alba Rohrwacher, actrice italienne, Prix d'interprétation féminine à Venise l'an dernier (La solitude des nombres premiers)
- André Téchiné, scénariste et réalisateur français dont le dernier film, Impardonnables, a été tourné à Venise. Il n'a été sélectionné qu'une fois sur la Lagune, en 2001, avec Loin.

Rencontre avec Tsui Hark pour Detective Dee

Posté par redaction, le 19 avril 2011

Tsui HarkLors du dernier festival de Venise, Tsui Hark était sur le Lido pour défendre son nouveau film, Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme, qui sort mercredi sur nos écran. Un film d'action spectaculaire qui s'inspire d'un personnage réel, le fameux Detective Dee, véritable Sherlock Holmes de la Chine impériale. Rencontre avec un réalisateur passionné.

Pour ce film, vous vous inspirez de personnages qui ont vraiment existé comme l’impératrice Wu Ze Tian, et le fameux Detective Dee (le juge Ti) popularisé en Occident par les romans de Robert van Gulik…

Tsui Hark : En effet, il s’agit de personnages très célèbres. A l’époque où se déroule le film, il y avait dix mille cas de meurtres par an. Le détective Dee était célèbre pour les résoudre. Ce genre d’histoire peut être de la fiction, mais là en plus, ce sont des faits réels ! Cela constitue donc un excellent matériau pour faire un film. En tant que réalisateur, c’est un défi à relever d’utiliser des personnages historiques dans un récit de fiction. Il y a environ 5 ans le producteur du film et le scénariste Chang Chia-Lu m’ont proposé de mettre en image Detective Dee, et en fait c’est ce genre de projet que je voulais mettre en route depuis des années. Nous avons donc eu différentes versions du script et pas mal d’échanges d’idées pour arriver au résultat final.

Certains comparent Detective Dee à une sorte de Sherlock Holmes asiatique…

TH : Je suis un grand fan de Sherlock Holmes. Il peut tout vous dire sur qui s’est assis sur cette chaise, par exemple en trouvant un long cheveu brun ou une trace de chaussure à talon. Chez lui, l’esprit et la logique dominent. Detective Dee me semble très différent, il fait plus attention aux comportements des témoins par exemple. Il n’a pas de logique, mais une personnalité qui nous charme. De toute façon, on est toujours charmé par les personnages de détective…

Le film regorge d’effets spéciaux vraiment impressionnants. Selon vous, est-il plus facile de tourner ce type de films aujourd’hui grâce aux progrès de la technique, ou est-ce au contraire plus complexe ?

Déjà, il faut trouver une bonne maison d’effets spéciaux, qui soit capable de fournir exactement ce dont on a besoin pour le tournage, et cela dépend aussi du budget dont on dispose. Les effets spéciaux peuvent être un très bon outil mais ça peut aussi fragiliser la crédibilité d’une scène. Il ne faut pas se reposer dessus et être extrêmement prudent avec.

Pour vous, qu'est-ce qu'un bon film, un film dont vous pouvez être fier ?

TH : Si on m’avait demandé ce que je voulais faire avec ce film, j’aurais répondu que je serais fier de réaliser un grand film qu’on pourrait voir et revoir pour toujours sans en être lassé, mais personne ne peut prétendre faire ça.

Chaque film s’inscrit dans le temps où il a été conçu. Pour chaque très bon film, il y ensuite beaucoup de gens qui essaient de l’imiter ou de s’en inspirer. Un film original un moment le devient moins après que d’autres en reprennent certains éléments. A mon sens, un très bon film, c’est celui dont vous retirez une nouvelle expérience ou une nouvelle appréciation à chaque fois que vous le regardez.

Alors bien sûr, cela peut être une histoire un peu difficile à comprendre, ou une mise en scène sophistiquée où l’on remarque des éléments en plus quand on revoit le film une seconde fois. Pour parvenir à ces différentes visions il faut réaliser le film avec plusieurs couches, plusieurs niveaux de lectures avec un sens en surface et un autre plus souterrain.

propos recueillis par MpM & Kristofy