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Annecy 2018 : des longs métrages d’animation qui dressent un certain état du monde

Posté par MpM, le 22 juin 2018

Cette édition 2018 du Festival d'Annecy aura redit avec efficacité et panache le dynamisme et la belle diversité du cinéma d'animation mondial, qui s'adresse à tous les publics et explore tous les genres cinématographiques. Côté longs métrages, la tendance principale était clairement à un cinéma fort et engagé, voire politique, qui regarde en face les réalités de son époque comme celles du passé. La guerre et la violence étaient ainsi omniprésentes à l'écran, du conflit israélo-palestinien à la guerre civile en Angola, en passant par l'Afghanistan des Talibans et le Cambodge des Khmers rouges.

Ce sont d'ailleurs ces deux propositions qui ont emporté l'adhésion du jury et du public. Sur un mode assez classique, Funan de Denis Do, qui a reçu le Cristal du meilleur long métrage, et Parvana de Nora Twomey, qui a fait le doublé prix du Jury et prix du Public, racontent de manière linéaire et simple le quotidien dans un régime d'ordre totalitaire.

Vivre sous un régime totalitaire


Dans Funan, le réalisateur s'attache à un couple, déporté par le régime, qui se retrouve séparé de son fils. Contraints aux durs travaux des champs, malmenés par les cadres du nouveau régime, sous-alimentés, et sous surveillance permanente, les personnages se battent pour leur survie en même temps que pour retrouver leur fils. C'est l'occasion d'un plongée toute en nuances dans la vie de ces déportés privés de tout : on découvre la cruauté et la bêtise de cadres qui se raccrochent à des idéaux fallacieux de pureté et d'égalité absolue, l'inhumanité d'un système qui nie toute individualité, puis contamine insidieusement victimes comme bourreaux, l'impuissance de tous, la nécessité de survivre coûte que coûte... N'étant jamais à charge, si ce n'est contre le système lui-même, le film montre à la fois les gestes cachés de solidarité (deux cadres aident fugacement le couple de protagonistes, les membres de la famille essayent de rester soudés) et l'impossibilité de cette solidarité dans un contexte où se joue, à chaque instant, la survie de chacun, et où il devient tout à coup acceptable d'accepter un viol (parce que le violeur peut fournir de la nourriture) ou de ne pas venir en aide à une enfant (parce qu'elle est la fille d'un des bourreaux).

Il s'agit de l'histoire vraie de la famille du cinéaste, qui s'est attaché, on le sent, à retranscrire toutes les nuances d'une réalité complexe. Là où on aurait pu craindre une certaine forme de complaisance ou de misérabilisme, il préfère la sécheresse narrative de l'ellipse et une mise en scène très ample qui fait la part belle aux vastes paysages comme aux très gros plans sur les visages, et surtout les yeux, de ses personnages. Le regard voilé de cette mère séparée de son enfant se suffit à lui-même, et l'absence devient une forme de fantôme présent à chaque scène, même quand il n'est pas question du petit garçon. Le cinéaste a aussi tenu à ne pas transformer l'histoire douloureuse de ses proches en une matière à suspense facile. Il limite donc ses effets dans une écriture très sobre qui se contente de raconter, au jour le jour, les moments les plus prégnants de ces destins tragiques, où la douleur des uns ne prend jamais le pas sur celle tout aussi réelle des autres.

Parvana, adapté d'un roman de Deborah Ellis, s'attache aux pas d'une petite fille contrainte de se déguiser en garçon à la suite de l'arrestation arbitraire de son père. Le stratagème, bien que risqué, est le seul moyen pour elle d'assurer la subsistance de sa mère, de sa soeur et de son petit frère, confinés à la maison car le régime taliban interdit à une femme de sortir seule dans la rue. Une fois ce postulat de départ posé, le film patine un peu dans une forme d'auto-complaisance à l'égard des exactions commises et des obstacles qui s'amoncellent sur le chemin de la petite fille. On sent parfois le regard occidental qui force le trait et adopte un ton manichéen destiné à mieux dénoncer les absurdités du régime.

Même la très belle idée du film, celle de raconter en parallèle, sous forme de conte, le combat qui se joue entre Parvana et ses ennemis, est plombée par des maladresses d'écriture (notamment la mère qui ne cesse de réclamer la suite de l'histoire) qui alourdissent tout. C'est pourtant cette partie, réalisée dans une forme de "papiers découpés" numérique, qui est de loin la plus amusante et la plus riche, débordant d'une fantaisie et d'une légèreté qui font défaut au reste. Malgré tout, et même si les bons sentiments n'ont jamais fait les bons films, on ne peut qu'applaudir sur le fond, à savoir un discours engagé sur la culture, l'éducation et l'art comme remèdes contre l'obscurantisme, et le rappel nécessaire du travail qu'il reste à accomplir dans le domaine des droits des femmes.

Questionner le conflit israélo-palestinien


Autre sujet d'actualité brûlant, la situation au Moyen Orient était également au centre de plusieurs longs métrages.  Projeté en compétition, Wall de Cam Christiansen est l'adaptation d'un monologue du dramaturge David Hare, qui s'interroge sur les répercussions du "mur de sécurité" construit autour de l'état d'Israël.  Le documentaire nous emmène sur ses pas, de Jérusalem à Ramallah et Naplouse, montrant concrètement les effets du "mur" sur la vie quotidienne des Palestiniens.

David Hare se met ainsi beaucoup en scène : assis seul sur un banc en train de discourir sur les origines du mur, en pleine conversation avec ses amis israéliens qui se sentent honteux, ou arrêté à un checkpoint avec son chauffeur palestinien, sans raison aucune. Chaque séquence (filmée en prise de vue réelle, puis rotoscopée, ce qui donne une image assez laide sans que l'on comprenne exactement l'intérêt de ce traitement) est l'occasion de dénoncer les absurdités induites par cette barrière infranchissable, et de mettre l'état israélien face à ses contradictions. Sur le fond, le film est assez captivant, notamment lorsqu'il nous amène à Naplouse, "capitale de la pauvreté" que les Israéliens ont rendu quasiment inaccessible, ou qu'il se lance dans une démonstration ironique sur les bienfaits supposés du mur après avoir vu un portrait de Saddam Hussein sur le mur d'un café (il fallait effectivement un mur pour se protéger des gens qui affichent ce genre de choses, déclare-t-il avec malice, avant de feindre le doute : et si c'était la construction du mur qui les avait amenés à se radicaliser de la sorte ?).

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Have a nice day de Liu Jian enfin au cinéma !

Posté par MpM, le 20 juin 2018

Have a nice day de Liu Jian revient de loin ! Il y a un peu plus d'un an, ce long métrage d'animation qui se déroule dans une petite ville du sud de la Chine soudainement en émoi suite au vol d'un sac rempli de billets, était subitement déprogrammé du festival d'Annecy où il était en compétition. A l'époque, les organisateurs avaient précisé dans un communiqué que la décision leur avait été "imposée", déplorant "les pressions officielles qui ont fait en sorte que [le festival] ne soit pas en mesure de présenter ce film remarquable".

Parce qu'Annecy rendait justement hommage à l'animation chinoise, la sélection d'Have a nice day dérangeait Pékin,  alors même que le film figurait en compétition officielle à Berlin en février 2017, et avait été présenté au marché du film à Cannes en mai, puis dans plusieurs festivals européens comme Utrecht et Zagreb.

Tout est donc rentré dans l'ordre, et on peut découvrir Have a nice day sur grand écran dès ce mercredi 20 juin, ce dont on se réjouira. Le film est en effet un portrait au vitriol d'une société chinoise qui marche sur la tête, dont on comprend qu'elle ne suscite pas franchement l'enthousiasme des autorités chinoises. Liu Jian y croque avec cynisme les travers d'un pays obsédé par l'argent et le paraître, prenant ses citoyens en étau entre des désirs tout faits et leurs aspirations réelles.  Un sac rempli de billets devient ainsi l'objet de la convoitise de tous les personnages qui croisent sa route, et provoque une suite de catastrophes et de drames qui servent de prétexte pour révéler les rêves et les espoirs de chacun : aider sa petite amie victime d'une opération de chirurgie esthétique ratée, se marier, s'installer à la campagne, financer ses inventions...

Des rêves si simples, si modestes qu'ils en sont presque tristes, et donnent à voir mieux que de longs discours l'échec du miracle économique chinois. Liu Jian situe en effet son intrigue dans un village des faubourgs d’une petite ville du sud de la Chine que les vagues de rapide urbanisation et d'industrialisation ont transformé brutalement, témoignant des changements que connaît une partie du pays. Le film s'inscrit ainsi dans la lignée d'un certain cinéma chinois contemporain (on pense notamment à I am not Madame Bovary de Feng Xiaogang sorti l'été dernier, ou bien sûr à A touch of sin de Jia Zhang-ke en 2013) qui entremêle humour noir et satire sociale, cinéma de genre et fable désenchantée, et donne de la Chine une vision à la fois grotesque et déshumanisée qui, forcément, ne plait pas spécialement aux principaux intéressés, mais captive le reste du monde.

Annecy 2018 : le cinéma engagé triomphe avec Funan et Parvana

Posté par MpM, le 17 juin 2018

A l'issue d'une captivante semaine de compétition, le jury "longs métrages" du Festival d'Annecy 2018 a fait le choix d'un palmarès engagé, voire politique, qui récompense deux des films les plus attendus de l'année : Funan de Denis Do (Cristal), et Parvanna, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey (Prix du jury, mais également prix du public). Le premier se déroule sous le régime des Khmers rouges au Cambodge et raconte à la fois le quotidien des travailleurs forcés, exilés dans les campagnes, et la lutte désespérée d'un jeune couple pour retrouver leur fils de 4 ans, retenu loin d'eux dans un autre camp. Il faudra malheureusement attendre le 13 mars 2019 pour découvrir cette belle fresque sensible, jamais tire-larmes, qui mêle avec finesse la tragédie intime et les horreurs de l'Histoire, et qui s'inspire de la propre histoire de la mère du réalisateur.

Parvana, adapté d'un roman de Deborah Ellis, se déroule en Afghanistan sous le régime taliban. Il met en scène une petite fille, Parvana, contrainte de se déguiser en garçon pour avoir la possibilité de sortir dans la rue et subvenir aux besoins de sa famille. On y sent un regard occidental qui force parfois le trait sur les innombrables obstacles se mettant sur la route de la petite fille, et adopte un ton un peu manichéen manquant de souplesse et subtilité. Reste le discours engagé sur la culture, l'éducation et l'art comme remèdes contre l'obscurantisme, et le rappel nécessaire du travail qu'il reste à accomplir dans le domaine des droits des femmes.

Stylistiquement, les deux films sont relativement classiques, proposant, pour Funan, de magnifiques plans larges sur les champs et les rizières où se déroule l'intrigue, et, pour Parvana, un paysage plus urbain, assez réaliste, mais également un univers plus délicatement naïf grâce au conte servant de fil rouge au film, illustré par des personnages en "papiers découpés" et des décors plus oniriques.

Une mention a par ailleurs été attribuée à La casa lobo de Cristóbal León et Joaquín Cociña, un film singulier, réalisé avec des marionnettes, qui raconte l'étrange séjour d'une jeune fille nommée Maria dans une maison qui ne cesse de se transformer, comme répondant à ses attentes. Tout à tour contemplatif et inquiétant, poétique et anxiogène, ce premier film chilien frappe notamment par son esthétisme qui joue sur la transformation et la déconstruction. Les personnages et les lieux se modifient ainsi sous nos yeux, laissant voir les matériaux qui les constituent, et ne cessant de se réinventer formellement.

La compétition de courts métrages a quant à elle permis de mettre en lumière les films Weekends de Trevor Jimenez remarqué à Clermont-Ferrand (Prix du jury et prix du public), Cyclistes de Veljko Popovic (mention du jury), une fresque colorée sur des cyclistes fantasmant sur les charmes de l'une de leurs voisines, et Egg de Martina Scarpelli, qui reçoit le prix du premier film. Il s'agit du récit à la première personne d'une jeune femme frappée d'anorexie.

Enfin, c'est le très délicat Bloeistraat 11 de Nienke Deutz qui remporte le Cristal. Tourné dans une grande simplicité de moyens (un décor minimaliste et une maison en carton qui tourne sur elle-même, révélant qu'il n'y a rien autour, et des personnages en celluloïd, dont les contours sont dessinés au crayon, et au travers desquels on voit en transparence), le film montre le délitement sourd de l'indéfectible amitié entre deux fillettes qui sont en train de muer en jeunes filles.

Annecy 2018 : Un homme est mort d’Olivier Cossu, à découvrir également sur Arte

Posté par MpM, le 13 juin 2018

Avant sa diffusion sur Arte ce mercredi 13 juin à 22h35 (et sur arte.tv du 6 juin au 13 juillet), le festival d'Annecy propose hors compétition le long métrage Un homme est mort d'Olivier Cossu, adapté du roman graphique de Kris et Étienne Davodeau qui raconte le combat des ouvriers du bâtiment brestois pendant les grèves de 1950. Il s'inspire de faits réels, la mort d'un ouvrier lors d'une grande manifestation organisée par la CGT et secrètement interdite par le Préfet. René Vautier, cinéaste engagé (il a déjà réalisé Afrique 50, premier film anticolonialiste français), est invité à venir témoigner de la lutte. Le film qu'il réalisera, Un homme est mort, et qui sera montré dans toute la Bretagne grâce à un cinéma ambulant, sera malheureusement détruit.

C'est donc à un film sur un film disparu que s'est attelé Olivier Cossu, dont c'est le premier long métrage, et qui vient plutôt du domaine des effets visuels. Pour cela, il a dû faire face à un défi de taille, réaliser un long métrage d’animation avec un budget limité (2 millions d'euros, dont 1,6 M€ pour la fabrication) qui l'a poussé à travailler dans une grande économie de moyens. Il a dû notamment renoncer à la fluidité généralement recherchée dans ce type de longs métrages pour privilégier le contenu des scènes et l'émotion qui s'en dégage.

On peut ainsi être décontenancé par l'aspect parfois statique de certaines scènes qui auraient gagné à avoir plus d'ampleur, notamment lors du grand moment de bravoure de la manifestation. Mais Olivier Cossu contourne le problème avec de larges mouvements de caméra sur des décors figés ainsi que de nombreux plans rapprochés qui créent l'illusion du mouvement. Ce n'est finalement pas gênant de voir un seul personnage bouger au milieu d'une foule, parce que cela donne justement l'impression d'une focale portée sur lui en tant que membre d'un tout. Le propos politique et humain n'y perd d'ailleurs rien en force et en puissance, et on ne peut qu'admirer la reconstitution habile du Brest d'après-guerre et des conditions de vie déplorables des ouvriers. Ainsi, l'animation accompagne d'autant mieux le sentiment ambiant de révolte et d'injustice que son minimalisme lui permet de suggérer sans jamais souligner.

Kris et les scénaristes Guillaume Mautalent et Sébastien Oursel ont par ailleurs décidé de changer le point de vue du récit. Dans le livre, c'est René Vautier qui est au centre. Dans le film, la caméra adopte le point de vue de P’tit Zef, un des ouvriers, dont on découvre le quotidien ainsi que la rage mal contenue. Les scénaristes ont aussi souhaité rajouter des personnages féminins, car les femmes ont joué un rôle important dans le mouvement de grève. On peut toutefois déplorer qu'il s'agisse d'une mère (celle de P'tit Zef) et d'une petite amie potentielle (Paulette, après laquelle soupire P'tit Zef). Pour la mise en scène de la conscience politique des femmes de l'époque en tant que telle, on repassera. En revanche, on ne pourra pas faire l'économie de l'incontournable histoire d'amour qui apporte un contrepoint parfois bien inutile et artificiel à l'intrigue sociale.

C'est probablement le principal défaut d'Un homme est mort : répondre un peu trop au calibrage des fictions télé traditionnelles (c'est une commande d'Arte). En plus de l'histoire d'amour, il faut donc un zeste de rivalité masculine et des touches d'humour pas toujours bien amenées. Si l'on est un peu embarrassé de voir René Vautier donner des conseils sentimentaux au personnage principal, le film s'élève dès qu'il revient au cœur de son sujet : le contexte social, les revendications, la solidarité ouvrière, la lutte.

Toute l'histoire liée au film de Vautier ainsi qu'aux projections organisées dans la région est ainsi éminemment évocatrice et touchante. L'avant-dernière séquence, avec Paul Eluard, est même franchement émouvante, nous renvoyant à la conjoncture d'autres luttes, en des temps anciens qui semblent à la fois révolus et tellement proches de nous. C'est ce que semble dire en filigrane la toute fin du film, qui se vérifie aujourd'hui : "il ne faut jurer de rien, ils sont capables de tout, les patrons". D'où la nécessité d'un film comme celui-ci.

Annecy 2018 : création du label Azimut pour favoriser la distribution de films d’animation pour adultes et adolescents

Posté par MpM, le 12 juin 2018

On penserait inutile de le rappeler, et pourtant ce n'est pas encore une évidence pour tout le monde : non, l'animation n'est pas un genre (mineur) réservé aux enfants ! On voit même de plus en plus de longs métrages ambitieux s'adressant à un public d'adultes et d'adolescents, tels que les documentaires Chris the Swiss d'Anja Kofmel et Another day of life de Raúl de la Fuente et Damian Nenow, l'essai politique ironique et irrévérencieux Seder masochisme de Nina Paley ou encore le pastiche de film de genre Chuck Steel : Night of the Trampires de Mike Mort, tous présentés à Annecy cette année.

Pourtant, certains de ces films exigeants peinent à trouver le chemin des salles (on a un doute assez sérieux sur Chuck Steel, par exemple). C'est dans l'idée de favoriser ces sorties jugées "atypiques" que le distributeur Cinéma Public Films et la société de production Autour de Minuit ont décidé de créer le label de distribution Azimut. "Né d’une envie commune de défendre la création et la diffusion d’un format en pleine (re)naissance, Azimut portera dans les salles des projets atypiques d’animation destinés aux adultes et jeunes adultes, des visions d’artistes iconoclastes, des scénarios et des graphismes barrés au service d’histoires et de problématiques profondément actuelles" expliquent-ils dans un communiqué commun.

Cinema Public Films poursuivra dans la voie qui est la sienne, à savoir l'accompagnement des films à travers du matériels spécifique et des ateliers, expositions, ciné- goûters, rencontres ou workshop, tandis qu'Autour de minuit (à qui l'on doit notamment Psiconautas de Alberto Vazquez), fournira le contenu éditorial. Dans un premier temps, Azimut diffusera ainsi des productions ou coproductions issues de la société de production, puis sera appelé à proposer également des oeuvres externes, acquises pour l'occasion.

Deux programmes très attendus sont d'ores et déjà annoncés : Thee Wreckers Tetralogy, qui réunit quatre courts métrages du cinéaste Rosto (No place like home, Lonely bones, Splintertime et Reruns), et est actuellement présenté au Festival d'Annecy, mais aussi Unicorn wars, le très attendu nouveau long métrage d'Alberto Vazquez.

Annecy 2018 : quelle place pour l’animation en France ?

Posté par MpM, le 11 juin 2018

Alors que le Festival international du film d’animation d’Annecy ouvre ses portes, le Centre national du cinéma et de l’image animée vient de publier la dixième édition de son étude sur le marché de l’animation.

A cette occasion, la ministre de la Culture Françoise Nyssen et Présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) Frédérique Bredin saluent l'excellence de la filière française, reconnue dans le monde entier pour sa créativité, et le dynamisme dont elle fait preuve.

Le rapport du CNC relève ainsi que l’animation française est le premier genre audiovisuel à l’export, et représente plus de 130 millions d'euros. Dans les salles, 29 films d'animation ont réalisé en 2017 un total de 15,1 millions d’entrées à l'international. C’est Ballerina, coproduction franco-canadienne, qui cumulait le plus d’entrées à l’étranger (14 millions d’entrées à fin 2017).

Pour poursuivre dans cette direction, cinq films d’animation, tous d’initiative française, ont été produits en 2017 : Minuscule - les mandibules du bout du monde, Pachamama, Les Hirondelles de Kaboul, La Traversée et La Jeune fille sans mains. Deux d’entre eux sont des premiers films et deux sont des productions entièrement françaises.

A noter que l'offre élevée de films d'animation en salles (36 en 2017) rencontre son public. En 2017, cinq films ont cumulé deux millions d’entrées ou plus et trois des dix plus grands succès de l’année étaient des films d’animation, dont Moi, moche et méchant 3 qui, avec 5,7 millions d’entrées, figure à la première place du classement tous genres confondus.

A Annecy, un seul long métrage représentera la France en compétition, Funan de Denis Do. On peut toutefois souligner la présence du spécial télé Un homme est mort d'Olivier Cossu hors compétition et bien sûr de Dilili à Paris de Michel Ocelot en ouverture.

Et le court dans tout ça ?


Sur le marché du court métrage d'animation, la France est là encore particulièrement dynamique, même s'il est difficile de mesurer son "succès" sur le territoire national comme à l'étranger. On peut toutefois souligner qu'à Annecy, une vingtaine de courts métrages français seront présents, parmi lesquels La Mort, père et fils de Denis Walgenwitz et Vincent Paronnaud dit Winshluss, Étreintes de Justine Vuylsteker, La Chute de Boris Labbé, Fool Time Job de Gilles Cuvelier ou encore Guaxuma de Nara Normande.

Pendant le festival, le projet « France in shorts » (lancé en 2016 et coordonné par l'AFCA, Association française du cinéma d'animation) mettra d'ailleurs en valeur le court métrage d’animation français et ses acteurs dans le cadre du Marché international du Film d’animation (MIFA).

Le but est notamment d'accompagner les sociétés dans leur développement et de favoriser les échanges entre les professionnels ainsi que la valorisation de leur catalogue. Des rencontres sont également prévues avec des distributeurs français de courts métrages comme Miyu distribution et Autour de minuit.

Cannes 2018 : quand Annecy « goes to Cannes »

Posté par MpM, le 10 mai 2018

Pour la troisième année consécutive, le dispositif "Annecy goes to Cannes" permettra à cinq long métrages d'animation en work in progress d'être présents sur la Croisette. En partenariat avec le marché du film de Cannes, le Festival et le Marché international du film d’animation d’Annecy organisent en effet une session de pitchs le vendredi 11 mai entre 10h et 12h.

Il s'agit d'offrir à ces projets en cours l'opportunité de se faire connaitre par les nombreux professionnels (distributeurs, aux investisseurs et aux agents de vente ) réunis à Cannes. L'occasion pour eux de partager les premières images exclusives des films et de parler de leur avancement afin de susciter l'intérêt de nouveaux partenaires potentiels.

Les projets viennent du monde entier (Brésil, Chine, Mexique, Danemark...) avec un important pourcentage de productions ou coproductions françaises. On notera notamment la présence de Pachamama, le nouveau projet de Folivari qui met en scène deux petits indiens de la Cordillère des Andes à la recherche de l'idole protectrice de leur village, ainsi que celui des Films d'ici, Au coeur des ténèbres, qui se passe à Rio de Janeiro, dans un futur proche.

HEART OF DARKNESS - Brésil, France, Portugal
En préproduction

En présence de Rogério Nunes (réalisateur, producteur, Karmatique Imagens LTDA) et de Sébastien Onomo (producteur, Les Films d’Ici)

FLEE – Danemark, France, Suède
En préproduction

En présence de Jonas Poher Rasmussen (réalisateur) et de Monica Hellström (productrice, Final Cut for Real)

SPYCIES – Chine, France
En production

En présence de Benoit Luce (producteur, Lux Populi Production) et de Quinshu Zuo (distributrice, iQiyi Pictures)

KOATI – Mexique
En production

En présence de Rodrigo Perez-Castro (réalisateur) et d'Anabella Sosa-Dovarganes (productrice, Upstairs)

PACHAMAMA – France
En production

En présence de Didier Brunner et Damien Brunner (producteurs, Folivari)

Annecy 2018 : le Brésil, la musique, Brad Bird et les shadoks à l’honneur

Posté par MpM, le 24 avril 2018

C'est à une superbe édition que le Festival International du Film d'Animation d'Annecy nous convie du 11 au 16 juin prochain, avec 218 films (issus de 93 pays) en sélection officielle, des avant-premières attendues comme celles de Have a nice day de Jian Liu (censuré lors de l'édition 2017 et qui sortira le 20 juin prochain), Insect de Jan Svankmajer (réalisateur culte à qui l'on doit entre autres Alice et Survivre à sa vie (théorie et pratique)), Les indestructibles 2 de Brad Bird (qui recevra un cristal d'honneur), Hôtel Transylvanie 3 de Genndy Tartakovsky ou encore Dilili à Paris de Michel Ocelot présenté en ouverture.

En tout, 23 longs métrages ont été sélectionnés, dont 10 en compétition. Celle-ci réunit notamment Miraï, ma petite soeur de Mamoru Hosada (que l'on verra d'abord à la Quinzaine des réalisateurs), Parvana de Nora Twomey (qui sort le 27 juin), Virus tropical de Santiago Caicedo (découvert à Berlin), Seder-masochism de Nina Paley (qui avait réalisé Sita chante le blues) et Funan de Denis Do, seul film français en course pour le Cristal d'or. Hors compétition, on retrouve Chris the Swiss d'Anja Kofmel (qui fera sa première mondiale à la Semaine de la Critique), La tour de Mats Grorud (que l'on espérait à Cannes !), ou encore Un homme est mort d'Olivier Cossu (d'après le roman graphique de Kris et Etienne Davodeau).

Les courts métrages seront quant à eux à l'honneur à travers 5 sélections : compétition internationale (46 films), Off-Limits (8), Perspectives (18), Jeune public (10) et Fin d’études (48). Les amateurs devraient se régaler avec, en vrac, les nouveaux films de Nikita Diakur (Fest), Nara Normande (Guaxuma), Marta Pajek (III), Boris Labbé (La chute), Patrick Bouchard (Le sujet), Sarah van den Boom (Raymonde ou l'évasion verticale), Anca damian (Telefonul), Sébastien Laudenbach (Vibrato), Stéphanie Lansaq et François Leroy (Cadavre exquis)...

On retrouvera également l'un de nos courts métrages préférés de l'année 2017, (Fool) Time job de Gilles Cuvelier, l'une des découvertes de Clermont-ferrand (Everything de David O'Reilly) et l'un des films les plus attendus de 2018 : Etreintes de Justine Vuylsteker, réalisé avec le dernier écran d'épingles construit par le couple Alexandre Alexeieff et Claire Parker en 1977, et tout récemment restauré par le CNC. A noter aussi qu'une séance spéciale permettra aux festivaliers de découvrir l'étonnant moyen-métrage Ce magnifique gâteau ! de Marc James Roels et Emma De Swaef (présenté à la Quinzaine des Réalisateurs),  accompagné du film Kings of souls de Jean-Charles Mbotti Malolo.

Cette année, le pays à l'honneur sera le Brésil. L'occasion de découvrir trois programmes de courts métrages, un programme de séries télé et de films de commande, plusieurs longs métrages (dont Tito et les oiseaux de Gabriel Matioli, Yazbek Bitar, André Catoto Dias et Gustavo Steinberg en compétition) et une exposition.

La musique de films sera elle-aussi célébrée à travers des projections, des ateliers, des ciné-concerts, une conférence, une leçon de cinéma (de Rosto, Vladimir Leschiov et Patrick Bouchard) et un concert de Dominique A accompagné d'une performance inédite et en live de Sébastien Laudenbach).

Comme l'an passé, une dizaine de projets de réalité virtuelle ont par ailleurs été sélectionnés, dont Isle of Dogs Behind the Scenes in Virtual Reality, qui permet de pénétrer dans l’univers de la nouvelle animation en volume de Wes Anderson.

Enfin, le festival sera agrémenté de nombreux autres événements, comme une exposition qui reviendra sur l'histoire des Shadoks, et plusieurs rendez-vous professionnels dans le cadre du MIFA (le marché d'Annecy), dont les work in progress qui mettront par exemple en lumière des projets comme Les Hirondelles de Kaboul de Éléa Gobbé-Mévellec et Zabou Breitman, La Fameuse Invasion des Ours en Sicile de Lorenzo Mattotti, Buñuel et le labyrinthe des tortues de Salvador Simó ou encore La Traversée de Florence Miailhe.

En résumé, les chanceux qui seront présents à Annecy n'ont aucune chance de s'y ennuyer. Ecran Noir sera d'ailleurs de l'aventure, pour vous faire vivre en direct cet événement incontournable du cinéma d'animation contemporain qui promet, cette année encore, de proposer un panorama époustouflant de toutes les formes du cinéma (d'animation) mondial !

Longs métrages en compétition

Funan de Denis DO
Gatta Cenerentola de Ivan CAPPIELLO, Alessandro RAK, Marino GUARNIERI, Dario SANSONE
Miraï, ma petite sœur de Mamoru HOSODA
Okko's Inn de Kitaro KOSAKA
Seder-Masochism de Nina PALEY
Parvana de Nora TWOMEY
Tito e os Pássaros de Gustavo STEINBERG, Gabriel MATIOLI YAZBEK BITAR, André CATOTO DIAS
Wall de Cam CHRISTIANSEN
Virus Tropical de Santiago CAICEDO
La casa lobo de Cristóbal LEON, Joaquín COCIÑA

Longs métrages hors compétition

CAPTAIN MORTEN AND THE SPIDER QUEEN de Kaspar JANCIS
CATS AND PEACHTOPIA de Gary WANG
CHRIS THE SWISS de Anja KOFMEL
KIKORIKI: DEJA VU de Denis CHERNOV
LA TOUR de Mats GRORUD
LIZ AND THE BLUE BIRD de Naoko YAMADA
L’ULTIME FICTION de Ashkan RAHGOZAR
MAQUIA – WHEN THE PROMISED FLOWER BLOOMS de Mari OKADA
MARNIE'S WORLD de Christoph LAUENSTEIN, Wolfgang LAUENSTEIN,
NORTH OF BLUE de Joanna PRIESTLEY
ON HAPPINESS ROAD de Hsin-Yin SUNG
THE ANGEL IN THE CLOCK de Miguel Ángel URIEGAS
UN HOMME EST MORT de Olivier COSSU

30 ans d’engagement en faveur du cinéma avec la Fondation Gan

Posté par MpM, le 27 juin 2017

La Fondation Gan pour le cinéma est née en 1987 et fête donc ses trente ans tout au long d’une année exceptionnelle. Dominique Hoff, sa déléguée générale (à droite sur notre photo, en compagnie de Sophie Boé de Canal+), était présente à Annecy dans le cadre du prix décerné à l’un des projets des « Work in progress », prix qui est d'ailleurs allé à Petit vampire de Joann Sfar. L’occasion de faire le point sur l’action et l’histoire de cet important mécène du cinéma français ainsi que sur ses liens avec le cinéma d’animation.

Ecran Noir : Comment est née la Fondation Gan ?
Dominique Hoff : En 86, Costa-Gavras avait approché la société Gan en lui demandant si elle ne voulait pas être mécène de la Cinémathèque pour ses 50 ans. Gan a accepté et puis, l’année suivante, a dit que cela l’intéresserait de continuer à aider le cinéma. C’est Costa-Gavras qui a suggéré de créer une fondation et d’aider les premiers films. Pendant le Festival de Cannes 87, lors d’un dîner prestigieux, Gan a annoncé la création de la Fondation. Aujourd'hui, on fête donc ses trente ans, ce qui montre que c’est un Groupe qui tient ses promesses. En créant cette fondation, ils voulaient devenir des mécènes du cinéma, presque des amis, pas juste des sponsors. Cet anniversaire montre la pérennité de la Fondation qui maintenant jouit d’une vraie réputation. Ce n’est pas à moi de le dire, mais les professionnels, eux, le disent. Ils trouvent que c’est une vraie caution pour les premiers films. Et je voulais vraiment saluer cet engagement du Groupe Groupama qui a confiance dans l’action de la Fondation.

EN : Quelles sont les missions de la Fondation ?
DH : Cette fondation est spécialisée dans les premiers et deuxièmes longs métrages de fiction. Il y a l’aide à la création, sur scénario, suite à des appels à projets et à des lectures. Ensuite, il y a notre autre pan, l’aide à la diffusion. Là, on accompagne le film dès le scénario et jusqu'à la sortie en salles, et même le DVD ou la VOD. On aide les lauréats avec de l’argent, bien sûr, mais après on a également toute une politique de communication avec différents supports, notamment des sujets filmés pendant le tournage ou dans les coulisses. Ces sujets sont à la disposition du distributeur. Il y a tous les supports de communication externes : les réseaux sociaux, le site, mais il y a également des actions en interne, à l’intérieur du groupe, ce qui représente 30 000 personnes. Il y a ainsi un mécénat en argent et un autre en nature. On s’occupe essentiellement de films de fiction en prise de vues réelles, mais également maintenant d’animation. Ca a démarré en 2007 lorsque nous avons récompensé sur scénario Marjane Satrapi pour son projet Persépolis, et depuis on donne régulièrement des prix en animation. Surtout, depuis 2014, chaque année, on donne un prix spécial à l’animation. Il y a un tel savoir-faire, une telle expérience, des univers tellement forts et variés en France qu’on s’est dit : il faut aussi aider les films d’animation. On a donc aidé Marjane Satrapi, Joann Sfar, Michael Dudok de Wit, Claude Barras...

EN : Quel est votre lien avec le festival d’animation d’Annecy ?
DH : Notre actualité à Annecy, c’est que l’on est partenaire des « Work in progress » pour le long métrage. Il y a 8 projets présentés et la Fondation a son propre jury qui en choisit un. Nous donnons un prix qui va ensuite au distributeur français qui s’engage sur le projet. Comme tout le monde, on cherche la perle rare. Mais pour nous, la perle, c’est un projet qui a un univers très fort, un ton. On aime bien les histoires universelles qui peuvent interpeller autant les enfants que les adultes. On aime quand il y a plusieurs lectures. Quand on peut, on demande à lire le scénario, car nous, c’est un peu notre marque de fabrique, l’aide sur scénario. On ne va pas s’engager sur un projet pour lequel on a seulement cinq lignes de synopsis. C’est très important. Si l’univers est beau, la forme est belle, mais que ça ne raconte pas grande chose, ce n’est pas pour nous. On voit aussi la personnalité du réalisateur, comment il est entouré. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est le 4e prix remis cette année à Annecy. On a démarré avec Adama de Simon Rouby, puis Ma vie de Courgette de Claude Barras et l’an dernier Croc-Blanc d'Alexandre Espigares. Des histoires pas forcément comme on a l’habitude d’en voir. Des œuvres plutôt singulières et audacieuses.

EN : Y a-t-il des films aidés par la Fondation à Annecy ?
DH : Cette année, on n’a pas de film en compétition, ni en séance spéciale car ils sont tous en production. Par exemple, on a aidé l’an dernier La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzi Mattotti, produit par Primalinea (La Tortue rouge). Ensuite on a Croc-blanc qui va sortir en mars prochain et aussi, on a un prix spécial pour un projet très singulier qui est encore en recherche de fonds, ça s’appelle Mister Wu, c’est de Patrick Zachmann, un reporter très célèbre chez Magnum qui a fait des photos pendant 30 ans en Chine, et qui raconte une très belle histoire d’amitié entre un Chinois et un Français. Son film va être de forme hybride : prise de vues réelles, photos et animation. C’est plus une histoire pour adultes, produit par Les films d’Ici.

EN : Quels sont les événements particuliers pour votre trentenaire ?
DH : Pour les 30 ans, nous avons commandé une affiche au réalisateur Michael Dudok de Wit. Le brief était de proposer un visuel qui incarne la Fondation et ses valeurs. Il est revenu vers nous avec des éléphants. Au départ, on était un peu surpris… En occident, on pense que les éléphants, c’est la lourdeur… Et pas du tout. En Orient, c’est plutôt la sagesse, la mémoire, la bienveillance… Et surtout, l’originalité du dessin, c’est qu’il y a plusieurs éléphants, des grands, des petits, des vieux… Et ça, ça traduit deux choses. D’abord, l’esprit de communauté : nous avons aujourd'hui 180 lauréats aidés par la Fondation, qui ont donné naissance à plus de 500 œuvres, parmi lesquels Christophe Honoré, Catherine Corsini, Bruno Dumont, Tran Anh Hung, Rachid Bouchareb… Par ailleurs, ces éléphants cheminent ensemble. Les petits, ce sont les nouveaux lauréats, les autres sont les plus anciens. Et bien sûr, c’est le cheminement de la création car on sait que faire un film, c’est très long, d’autant plus si c’est de l’animation. C’est cette métaphore-là : en route avec la Fondation et la communauté des lauréats.

Ensuite, nous sommes partenaires de ce magnifique livre : Cinéma d’animation, la french touch de Laurent Vallières, journaliste et producteur à Radio France. Il retrace tout le savoir-faire en France dans le cinéma d’animation, depuis Emile Cohl. C’est un livre de références qui s’adresse à tout le monde, les familles comme les étudiants ou les professionnels, et c’est ce qui nous intéressait. En dix chapitres, il retrace tout l’histoire de l’animation en France. Ce n’est pas l’animation française. On tient beaucoup à cette nuance car il y a des Tchèques, des Polonais, des Iraniens… des gens de toutes origines qui ont fait cette excellence de l’animation. Ca replace tous ces films dans un contexte historique et en même temps c’est très vivant. Pour chaque chapitre il y a une interview : Marjane Satrapi explique ce qu’est le scénario, Claude Barras comment on anime un personnage, etc. On s’est dit que pour nos 30 ans, c’était un magnifique ouvrage à accompagner, même si d’habitude on accompagne rarement des livres.

Après, on va aussi créer un trophée pour les lauréats de la fondation, ce qui n’avait jamais été fait. On va leur offrir un objet qui sera dévoilé en novembre, pour la soirée des lauréats. On va confier cet objet à un sculpteur qui s’appelle Jean-Paul Douziech. Et pour la deuxième partie de l’anniversaire qui va courir jusqu'à la Semaine de la Critique 2018, il y aura un autre super projet qu’on démarrera cet été, mais dont on ne parlera officiellement qu’en novembre. Ca sera lié aux premières œuvres. Voilà la feuille de route des 30 ans !

Annecy 2017 : retour sur le palmarès

Posté par MpM, le 18 juin 2017

Si la Chine était officiellement à l'honneur en cette 41e édition, c'est finalement le Japon qui tire son épingle du jeu en remportant deux des trois principaux prix de la compétition longs métrages : le Cristal pour Lou et l'île aux sirènes de Masaaki Yuasa, l'histoire d'un jeune garçon se liant d'amitié avec une sirène, malgré les superstitions des habitants de son village ; et la mention du jury pour Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi, qui aborde la catastrophe nucléaire d'Hiroshima. Le troisième long métrage récompensé n'est autre que La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman, dont nous vous parlions il y a quelques jours.

Côté courts métrages, on ne peut que se réjouir de la victoire de l'incroyable comédie musicale animalière en stop-motion de Niki Lindroth Von Bahr, The burden, qui oscille entre dérision hilarante et constat désespéré, mais aussi de l'attribution du prix du jury au très beau Vilaine fille de Ayce Kartal qui met son animation libre et inventive au service du sujet sensible, traité avec beaucoup de pudeur, des viols collectifs d'enfants en Turquie. Belle surprise également que ce prix du public obtenu par Pépé le morse de Lucrèce Andreae, chronique familiale tendre sur le deuil et les différentes manières d'y faire face.

Trois autres films ont été eux-aussi particulièrement remarqués : L'Ogre de Laurène Braibant qui cumule mention du jury et Prix "CANAL+ aide à la création" avec son histoire mi poétique, mi monstrueuse d'un ogre qui se laisse soudainement aller à sa vraie nature ; Negative Space de Max Porter et Ru Kuwahata, une histoire très simple de connivence entre un père et son fils à travers la confection d'une valise, qui remporte prix Fipresci et Mention spéciale André-Martin ; et enfin le bien nommé Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot, dans lequel des gens se rassemblent et attendent quelque chose qui n'arrive jamais, reçoit les Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes et André-Martin.

Evidemment chaque jury est souverain, mais on pourra malgré tout déplorer à titre personnel l'absence au palmarès du court métrage Tesla : Lumière mondiale de Matthew Rankin, biopic électrique, inventif et ultra-maîtrisé du scientifique Nicolas Tesla, ainsi que du long métrage Téhéran Tabou d'Ali Soozandeh, plongée oppressante dans la vie de plusieurs femmes, victimes du carcan social iranien.

Tous les prix

Longs métrages


Cristal du long métrage : Lou et l'île aux sirènes de Masaaki Yuasa (Japon)
Mention du jury : Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi (Japon)
Prix du public : La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (Pologne, Royaume-Uni)

Courts métrages


Cristal du court métrage : The Burden de Niki Lindroth Von Bahr (Suède)
Prix du jury : Vilaine fille de Ayce Kartal (France, Turquie)
Prix "Jean-Luc Xiberras" de la première oeuvre : The Blissful Accidental Death de Sergiu Negulici (Roumanie)
Mention du Jury : L'Ogre de Laurène Braibant (France)
Prix du public : Pépé le morse de Lucrèce Andreae (France)

Courts métrages "Off-Limits"

Prix du film "Off-Limits" : Dix puissance moins quarante trois secondes de Francis (France)

Prix spéciaux


Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes : Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)
Prix du jury junior pour un film de fin d'études : What a Peaceful Day de Eden (Kai-Hsun) Chan (Taiwan)
Prix du jury junior pour un court métrage : La Vallée des oiseaux blancs de Cloud Yang (Chine)
Prix Jeune public : Hedgehog's Home de Eva Cvijanovic (Canada, Croatie)
Prix FIPRESCI : Negative Space de Max Porter, Ru Kuwahata (France)
Prix de la meilleure musique originale : Radio Dolores de Katariina Lillqvist et Kusti Vuorinen (Finlande)
Prix Fondation Gan à la Diffusion : Petit Vampire de Joann Sfar (France)
Prix "CANAL+ aide à la création" pour un court métrage : L’Ogre de Laurène Braibant (France)
Prix André-Martin pour un long métrage français produit en 2016 : La Jeune Fille sans mains de Sébastien Laudenbach (France)
Prix André-Martin pour un court métrage français : Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)
Mention spéciale André-Martin pour un court métrage français : Negative Space de Max Porter, Ru Kuwahata (France)
Prix de la Ville d’Annecy : Le Curry de poisson d'Abhishek Verma (Inde)