Fernando Trueba » Le Blog d'Ecran Noir

Berlin 2017: déjà 10 films de la compétition révélés

Posté par vincy, le 15 décembre 2016

La 67e Berlinale (9-19 février) a commencé la révélation de ses sélections avec 10 films en compétition, parmi lesquels les nouveaux films de Teresa Villaverde, Alain Gomis, Sally Potter, Agnieszka Holland et Aki Kaursimäki. A cela s'ajoutent trois films hors compétition. Le jury est présidé cette année par Paul Verhoeven.

Competition

  • A teströl és a lélekröl (On Body and Soul) de Ildiko Enyedi (Hongrie), avec Géza Morcsányi, Alexandra Borbély, Zoltán Schneider
  • Ana, mon amour de C?lin Peter Netzer (Roumanie), avec Mircea Postelnicu, Diana Cavallioti, Carmen T?nase, Adrian Titieni, Vlad Ivanov
  • Beuys de  Andres Veiel (Allemagne), documentaire
  • Colo de Teresa Villaverde (Portugal), avec João Pedro Vaz, Alice Albergaria Borges, Beatriz Batarda, Clara Jost
  • The Dinner d'Oren Moverman (USA), avec Richard Gere, Laura Linney, Steve Coogan, Rebecca Hall, Chloë Sevigny
  • Félicité de Alain Gomis (France), avec Véro Tshanda Beya, Gaetan Claudia, Papi Mpaka
  • The Party de Sally Potter (Royaume Uni), avec Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Cherry Jones, Emily Mortimer, Cillian Murphy, Kristin Scott Thomas, Timothy Spall
  • Pokot (Spoor) de Agnieszka Holland (Pologne), avec Agnieszka Mandat, Wiktor Zborowski, Miroslav Krobot, Jakub Giersza?, Patricia Volny, Borys Szyc
  • Toivon tuolla puolen (The Other Side of Hope) de Aki Kaurismäki (Finlande), avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji (photo)
  • Una Mujer Fantástica de Sebastián Lelio (Chili), avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Amparo Noguera

Berlinale Special

  • La Reina de España (The Queen of Spain) de Fernando Trueba (Espagne), avec Penélope Cruz, Antonio Resines, Chino Darín, Cary Elwes, Mandy Patinkin, Neus Asensi, Ana Belén
  • Le jeune Karl Marx (The Young Karl Marx) de Raoul Peck (France), avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Hannah Steele, Olivier Gourmet
  • Últimos días en La Habana (Last Days in Havana) de Fernando Pérez (Cuba), avec Jorge Martínez, Patricio Wood, Gabriela Ramos

Arras 2012 : retour en vidéo sur le jour 2 avec Costa-Gavras, Fernando Trueba, Clément Michel…

Posté par MpM, le 13 novembre 2012

Invités : Costa-Gavras pour la leçon de cinéma ; Jacques Cambra pour le ciné-concert Aelita ; Fernando Trueba pour L'artiste et son modèle ; Clément Michel, Charlotte Le Bon et Raphaël Personnaz pour La stratégie de la poussette ; Thomas Liguori pour L'histoire du petit Paolo.

L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Nina Debail, Vincent Escriva, Pearl Hart, Olympe Le Touze et Alain Pétoux.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.

Arras 2012 : rencontre avec Fernando Trueba

Posté par MpM, le 11 novembre 2012

Au 13e Arras Film Festival, le cinéaste espagnol Fernando Trueba, fraîchement récompensé à San Sebastian d'un prix de mise en scène, est venu présenter aux festivaliers arrageois son dernier long métrage.

L'artiste et son modèle met en scène Jean Rochefort dans le rôle d'un sculpteur retrouvant son énergie créatrice après avoir trouvé un nouveau modèle. Situé dans le contexte difficile de la seconde guerre mondiale, c'est une fable poétique et pleine d'espoir sur la création, la vie, la vieillesse et la nature.

Ecran Noir : Comment situez-vous L'artiste et son modèle dans votre filmographie ?
Fernando Trueba : C'est le premier film de ma vieillesse (rires) ! Non, mais c'est un film que j'ai porté en moi pendant pas mal d'années. Je rêvais toujours de le faire mais à chaque fois j'arrivais à trouver un autre projet à faire avant parce que je trouvais qu'il fallait attendre plus longtemps pour comprendre un personnage comme Marc Cros, le sculpteur joué par Jean Rochefort. D'ailleurs, les gens qui me connaissent me reconnaissent dans le film. Pas nécessairement dans le personnage, mais dans le film, dans l'addition des choses de la vie.

EN : Quel a été le premier élément qui s'est imposé à vous et vous a donné l'envie de faire le film ? Le personnage du sculpteur ?
FT : Je ne saurais pas dire exactement. Je crois que ce n'est pas une chose mais plusieurs choses. C'est le rapport entre un personnage vieux et un personnage jeune qui est un sujet que j'ai traité pas mal de fois dans mes films, de façon complétement différente. En même temps, l'atelier comme endroit, comme décor où il se passe quelque chose, où l'artiste travaille, ça m'attirait beaucoup. Lorsque j'étais enfant, je rêvais de peindre, ce que j'ai abandonné à la fin de mon adolescence parce que déjà le cinéma avait pris la place, mais à l'époque j'étais fasciné par les ateliers d'artistes. Toutes ces photos de Brassaï, de Cartier-Bresson, tous ces photographes des années 30-40 qui comme moi et avant moi aimaient l'atelier de l'artiste comme un endroit presque magique où l'on voudrait passer une partie de sa vie ! Alors je voulais raconter une histoire dans cet atelier magique. Et puis il y a cette espèce de fondu enchaîné entre une vie qui se termine et une vie qui commence.

EN : Comment s'est fait le choix de Jean Rochefort pour le rôle principal ?
FT : Dès le début, Jean Rochefort était pour moi le personnage principal. Il était le premier de ma liste. Il a accepté de jouer dans le film et ç'a vraiment été un moment exceptionnel. D'un point de vue professionnel mais d'un point de vue humain aussi. Au niveau de l'humour, de l'amitié, de tout ce qui s'est passé. Qu'est-ce qu'on a pu rire ! On s'est raconté nos vies... C'est une chose formidable du cinéma, les rencontres qu'on peut faire. Chaque fois qu'on se voit depuis, c'est une nostalgie... on aimerait recommencer lundi prochain !

EN : Comment avez-vous travaillé avec Daniel Vilar, le directeur de la photographie, qui a fait un travail magnifique sur les images ?

FT : Ca a été très joli. J'avais travaillé avec lui comme assistant à la caméra puis comme opérateur, et finalement je lui ai proposé d'être le directeur de la photo du film. Il est très cinéphile, il aime beaucoup le cinéma mais il est jeune donc il connaissait très bien le cinéma moderne, les films indépendants, tout ça. Mais à un moment donné je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de références que je lui donnais qui appartenaient à un cinéma plus classique qu'il ne connaissait pas. Ca a été très joli de l'inviter à connaître ce cinéma et à lui montrer notamment beaucoup de films français. Des films de Renoir, de Bresson, de Truffaut. Maintenant il adore voir ces films ! Donc pour lui ça a été un joli voyage d'inititation dans le cinéma classique. Suvent les jeunes ne voient que les films contemporains et ils ne connaissent pas assez le cinéma classique. Or c'est très important, il y a plein de trésors dans ce cinéma. On découvre un monde dont on ne veut plus sortir. Ca a été très intéressant de travailler avec Daniel car il était très ouvert. J'aurais pu appeler un grand directeur de la photo espagnol avec qui j'avais déjà travaillé mais je voulais quelqu'un de frais, sans préjugés.

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Dans la Maison, de François Ozon, Coquillage d’or à San Sebastian

Posté par vincy, le 30 septembre 2012

Le 60e Festival international du film de San Sebastian (Espagne) a couronné le dernier film de François Ozon, Dans la maison, Coquillage d'or du meilleur film. Le film sort dans les salles françaises le 10 octobre. Il avait déjà reçu le prix de la critique internationale au dernier Festival de Toronto.

Cette adaptation d'une pièce de l' espagnol Juan Mayorga met en scène Fabrice Luchini, professeur de français qui pose un regard désenchanté sur le monde qui l'entoure et qui va renouer avec l'imaginaire grâce à l'un de ses élèves, interprété par Ernst Umhauer. Le casting est également composé de Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner et Jean-François Balmer. Ozon revient de la ville basque avec un autre prix, celui du meilleur scénario.

Le cinéma français est reparti avec d'autres récompenses puisque Katie Cosenie a été primée pour son interprétation dans le film de Laurent Cantet, Foxfire. Elle partage son prix avec  Macarena Garcia, également distinguée en tant que meilleure actrice,  dans Blancanieves, film espagnol de Pablo Berger. Ce film a aussi reçu le prix spécial du jury.

Le cinéma espagnol a pu mettre panser ses plaies ouvertes avec quelques Coquillages. Ainsi, Fernando Trueba, avec L'artiste et son modèle - où Jean Rochefort,  sculpteur,  retrouve l'inspiration grâce à une jeune Espagnole, qui fuit le Franquisme, dans une France occupée par les nazis - a remporté le Coquillage d'argent du meilleur réalisateur. Le scénario est signé de Jean-Claude Carrière.

Le comédien ibère José Sacristan a été distingué par le prix du meilleur acteur pour son rôle dans El muerto y ser feliz de Javier Rebollo ; il y incarne un tueur à gages atteint d'un cancer en phase terminale.

Cinespana2008 : qui est José Luis Alcaine ?

Posté par MpM, le 7 octobre 2008

On doit à ce passionné d’image et de peinture parmi les plus belles lumières et atmosphères du cinéma espagnol des trente dernières années. D’abord photographe de plateau, José Luis Alcaine est en effet devenu dans les années 80 l’un des directeurs de la photographie les plus respectés dans son pays. Collaborateur de Fernando Fernán Gómez, Manuel Gutiérrez Aragón, Carlos Saura, Pedro Almodóvar, Bigas Luna, Fernando Trueba, Pilar Miró... il offre à chacun un style adapté à ses désirs et contraintes, bien loin d’une recette toute faite qu’il ne ferait que décliner. On lui doit notamment la tonalité bleue, presque indigo, de Démons dans le jardin (Manuel Gutiérrez Aragón, 1982), la faible luminosité et l’ambiance poussiéreuse des intérieurs espagnols des années 50 dans Amants de Vicente Aranda (1993) ou encore l’intense combat entre la lumière et l’ombre qui imprègne El Sur (Víctor Erice, 1983), poème visuel proche de Vermeer. Obsédé par les nuances de lumière selon les lieux et les heures du jour, il crée également la luz de siesta ("lumière de sieste"), où les rayons du soleil, encore haut dans le ciel, envahissent doucement les pièces tout en se réfléchissant sur le sol. Il l’utilise notamment dans Tasio (Montxo Armendáriz, 1984) et Belle époque de Fernando Trueba, où, selon lui, la couleur et la lumière faisaient écho à la sensualité des jeunes filles et au monde champêtre et pictural de Renoir.

Pour José Luis Alcaine, la lumière doit être la plus réaliste possible et générer un volume et un relief mettant en valeur acteurs et objets. "La question du volume est inhérente à ma façon de voir les choses", explique-t-il. "C’est peut-être à cause de l’influence d’un tableau qui m’a toujours obsédé, Las Meninas de Velázquez, où la lumière crée au fur et à mesure une foisonnante échelle de volumes." Autre caractéristique de son travail, le contraste inspiré du clair-obscur pictural qui lui permet de créer des ombres sans forcer l’intensité et en marquant le rythme du film. Lui-même définit son art comme une "peinture avec la lumière", permettant de façonner à l’infini les émotions et les perceptions de chaque scène. En lui rendant hommage au cours de sa 13e édition (jusqu’au 12 octobre prochain), Cinespana le met en lumière à son tour, offrant au public de (re)découvrir une partie de son œuvre, et honorant à travers lui une profession souvent méconnue.

Cinespana 2008 : qui est Fernando Fernán Gómez ?

Posté par MpM, le 5 octobre 2008

fernando fernan gomezFigure emblématique du cinéma et de la culture espagnols, Fernando Fernán Gómez, qui est décédé à la fin de l’année 2007, avait à son actif plus de deux cent films en tant qu’acteur, une trentaine en tant que réalisateur, ainsi que plusieurs romans et pièces de théâtre. Lui qui débuta sur les planches sous la direction de Jardier Poncela en 1940 travailla aussi bien avec le communiste Juan Antonio Bardem et l’anarchiste Luis García Berlanga dans Esa pareja feliz, véritable comédie se riant des modèles dominants, qu’avec des proches du régime comme Rafael Gil, José Luis Sáenz de Heredia ou Antonio Ruiz Castillo. Toutefois, son cœur et son idéologie le portaient vers un cinéma plus moderne et irrévérencieux comme celui de Carlos Saura (Anna et les loups en 1972, Maman a cent ans en 1979) ou Victor Erice (L’esprit de la ruche en 1973). Au fil des ans, on l’a également retrouvé chez Pedro Almodovar (Tout sur ma mère), Fernando Trueba (Belle époque), José Luis Cuerda (La langue des papillons), mais aussi au théâtre dans des pièces de Bernard Shaw, Mihura,Tolstoï ou encore André Roussin.

En tant que cinéaste, il réalisa quelques drames et comédies pendant les années de dictature avant d’aborder, après la chute de Franco, tous les thèmes qui ont fortement marqué l’histoire espagnole du XXe siècle : la République (Mi hija Hildegart en 1977), la guerre (Mambrú se fue a la guerra en 1986), l’exil (El mar y el tiempo en 1989), etc. Son film le plus personnel (et le plus autobiographique) reste néanmoins El viaje a ninguna parte (1986) qui met en scène une troupe de théâtre en tournée dans la campagne espagnole d’après-guerre. On pourra revoir ce film, ainsi qu’une demi-douzaine d’autres, lors de l’hommage que lui rend le festival Cinespana de Toulouse jusqu’au 12 octobre prochain.