Sergio Leone en tête d’affiche à la Cinémathèque, en librairie et au Festival Lumière

Posté par vincy, le 11 octobre 2018

"Il était une fois Sergio Leone" est la nouvelle exposition de la Cinémathèque française, débutée mardi et qui fermera ses portes le 27 janvier.  L'occasion de découvrir un maître du cinéma italien, longtemps réduit au "western spaghetti", écrasé par la musique de son ami d'enfance Ennio Morricone, méprisé par une grande partie de la critique.

La grande expo de la rentrée à la Cinémathèque s’offre à « bon conte » ce monstre du cinéma Sergio Leone. Enfant de la balle – au temps du muet, sa mère était comédienne, son père, après voir été acteur, fut cinéaste et même chef du syndicat des réalisateurs – le petit Sergio est tombé dans le cinéma quand il était petit. Et il est resté longtemps le fils de Vincenzo Leone. « Au fond de moi, il y a un enfant, il y aura toujours un enfant » avait-il confié lors de sa Master class en 1986 à la Cinémathèque.

De ses origines à son projet inachevé, Leningrad, en passant par ses influences et ses méthodes de travail, le parcours réhabilite fondamentalement celui qui a inspiré Scorsese ou Tarantino. Ce brouilleur de pistes méritait bien qu'on le suive à la trace.

La Cinémathèque propose plusieurs événements pour compléter cette exposition. D'abord une visite guidée tous les samedis et dimanches à 15h30. Mais l'événement sera bien entendu la Masterclasse d'Ennio Morricone le 22 novembre à 20h, avec une rétrospective des films mis en musique par le compositeur du 22 au 26 novembre.

A cela s'ajouteront des conférences : "Il était une fois en Italie, les westerns de Sergio Leone" par Christopher Frayling le 14 octobre à 14h30, et "Sergio Leone: à la recherche du temps rêvé" par Jean-François Rauger le 18 octobre à 19h.

Il y aura aussi un documentaire sur Arte, Sergio Leone, une Amérique de légende, réalisé par Jean-François Giré et diffusé le 9 décembre (et à la Cinémathèque le 20 octobre), ainsi qu'un mois dédié à Ennio Morricone sur France Musique chaque samedi de novembre à 13h.

Sans oublier le catalogue, sous la forme d'un essai compilant entretiens (Scorsese, Cardinale, Bertolucci, Wallach...), analyses, texte de la masterclasse du réalisateur à la Cinémathèque en 1986, documents et images divers. Le livre, La révolution Sergio Leone, de Gian Luca Farinelli et Christopher Frayling, vient de paraître aux éditions de la Table ronde. Frayling a aussi écrit une biographie, Sergio Leone: quelque chose à voir avec la mort que l'Institut Lumière publie avec Actes Sud fin octobre.

Le Festival Lumière, par ailleurs, projettera la semaine prochaine une nuit Sergio Leone avec Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois... la révolution et Le Bon, la brute et le truand.

Mais l'intégrale de Leone sera à la Cinémathèque, avec une séance bonus: Claudia Cardinale présentera Il était une fois dans l'Ouest le 10 novembre à 20h15. Toous les films, qu'il en soit le réalisateur, le réalisateur non crédité, le réalisateur de la seconde équipe, ou le producteur, seront projetés.

Rebond de la fréquentation en 2017 pour la Cinémathèque française

Posté par vincy, le 3 février 2018

expo goscinny © vincy thomas380 000 entrées en 2017. La Cinémathèque enregistre une belle hausse de sa fréquentation (+8%). Les moins de 26 ans représentent désormais 22% du public grâce à une politique orientée vers le jeune public.

Tout va mieux du côté du parce de Bercy. Les salles sont mieux remplies (44% contre 40% en 2016) avec des taux de remplissages parfois étonnants (la rétrospective Tarkovski a fait quasiment salles pleines avec 95%, devant les rétros Visconti et Vigo, 75% chacune).

Les expositions et le musée du cinéma ont séduit 120000 personnes, loin des records passés comme l'expo Tim Burton (plus de 350000 visiteurs). L'expo Goscinny et le cinéma, toujours en cours jusqu'au 4 mars et qui ira à Angoulême à partir de juin, a attiré 42000 visiteurs durant le dernier trimestre. Les expositions produites par la Cinémathèque ont rayonné dans le monde avec 30000 visiteurs de Turin à Lausanne, en passant par l'Espagne.

Quant au site internet de la Cinémathèque, il enregistre également une hausse de fréquentation de 12,5%, avec 1,5 million de visiteurs.

Enfin, le Festival international du film restauré, Toute la mémoire du monde, a connu un joli succès avec 73% de taux de remplissage. Cette année, la 6e édition aura lieu du 7 au 11 mars, avec Wim Wenders en parrain de la manifestation et Stefania Sandrelli en invitée d'honneur.

L'année 2018 accueillera aussi une exposition Chris Marker à compter du 2 mai (puis à Bruxelles à partir du 19 septembre), des rétrospectives Tod Browning, Rainer Wener Fassbinder, Robert Bresson et William Wyler, un cycle spécial dédié à la première sélection de la Quinzaine des Réalisateurs (celle de 1969)

Le Musée Art Ludique proche de la fermeture

Posté par vincy, le 3 décembre 2017

Cruel. Alors que le Salon des formations artistiques (le START) se déroule avec succès ce week-end à Paris, aux Docks - Cité de la mode et du design, le Musée Art Ludique, installé au même endroit, risque l'expulsion.

Après 4 ans d'expos consacrées à l'animation et à la bande dessinée/mangas/comics, la fermeture de cet espace de 1200m2 risque d'être effective en janvier 2018. Le Tribunal de grande instance de Paris a validé l'expulsion la semaine dernière. Cela mettrait 13 salariés sur le carreau.

La fréquentation est en chute (580000 pendant les 18 premiers mois, 350000 visites durant les deux années et demi suivantes) et les recettes ont diminué d'autant. Les restaurants aux alentours ont fermé. La Cité ressemble à un navire fantôme où les parisiens ne vont pas, préférant les péniches sur les quais d'en face ou plus en aval près de la Bibliothèque nationale. Le musée accuse aussi l'arrivée d'un camp de migrants qui aurait découragé les visiteurs et on peut y ajouter la désertification touristique liée aux attentats entre 2015 et début 2017.

Le musée voulait réviser son bail (34000€ de loyer). La suspension des loyers avait d'ailleurs été actée dans un premier temps, en attendant un nouvel accord. Mais depuis le début de l'été, le bailleur, la très riche Caisse des dépôts et consignations a réclamé ses arriérés de loyers (soit 600000€), rejeté toute discussion et finalement porté la décision en justice. Pour Jean-Jacques Launier, le créateur du musée, "la suspension du paiement est liée au non-respect du contrat par leur propriétaire". Il a assigné le propriétaire des murs.

L'art de DC: l'aube des superhéros, prolongée jusqu'au 7 mai, sera sans doute la dernière exposition. On vous conseille d'aller la voir tant elle est riche et passionnante. Le Musée Art Ludique avait mis en lumière Pixar, Marvel, Ghibli, le jeu vidéo français et Walt Disney. Si les expositions étaient de très bonne qualité, l'entrée restait très chère (16,5€).

Une Cité boudée par les Parisiens

Tout n'est pas perdu même si le calendrier est serré. Si la prochaine exposition est stoppée, les fondateurs du musée espère un redressement des comptes grâce aux développements de ses tournées internationales. Mais il est nécessaire que les pouvoirs publics interviennent aussi. Pour l'instant c'est un musée complètement privé, ne bénéficiant d'aucune aide publique. Le couple Launier a investit 2M€ dans leur passion.

Là où le bailleur a une part de responsabilité c'est dans le concept même de cette Cité de la mode et du design qui ne séduit pas les parisiens. Mal desservie, mal indiquée, elle n'a jamais trouvé sa place dans les lieux "hype" de la Capitale alors que son architecture est assez marquante. Les boutiques ont fermé. les animations sont inexistantes.

Dans Le Parisien, le maire socialiste de l'arrondissement, a salué "le travail formidable de ce musée qui fait des expos géniales et ne demande de subventions à personne." L’élu a interpellé le nouveau PDG de la Caisse des dépôts, Eric Lombard, pour trouver un médiateur et faire en sorte que ce musée continue.

Lire aussi: Le musée de l’Art ludique ouvre samedi en célébrant la magie Pixar

6 événements de la rentrée à ne pas rater: le culte Harmony Korine

Posté par vincy, le 19 août 2017

Rétrospective et exposition "Harmony Korine"
Centre Pompidou, Paris 4e
du 6 octobre au 5 novembre 2017

En présence du réalisateur himself, le Centre Pompidou a décidé de consacrer sa grande rétrospective à un cinéaste à part, décalé, culte: Harmony Korine. Une grande exposition présentée pour la première fois dans une institution en France réunira un ensemble de ses peintures, photographies et installations créées depuis l'adolescence.

Korine sera également présent pour accompagner de nombreuses séances qui lui sont dédiées ainsi que des événements live, dont un DJ set durant la Nuit Blanche le 7 octobre et une rencontre le 8 octobre. Au programme, les spectateurs pourront revoir ses longs métrages - Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely, Trash Humpers, Spring Breakers - les films qu'il a scénarisé pour Larry Clark - Kids, Ken Park -, ses courts et moyens métrages - A Bundle a Minute, Visual Mafia, Fight Harm, Korine Tap, Crutchnap, Mac and Plak, Blood of Havana, Act Da Fool, Curb Dance, Umshini Wam, Caput, Snowballs, The Lotus Community Workshop: The Fourth Dimension -, ses clips (Sonic Youth, Cat Power, Rihanna...), publicités et réalisations pour la télévision. Et bien entendu, comme pour chaque rétrospective à Beaubourg, un film de commande exclusif: "Où en êtes-vous, Harmony Korine?".

On peut ajouter au programme une carte blanche au réalisateur avec The Outsiders, Les nains aussi ont commencé petits, Pixote, la loi du plus faible, Les Amants du Pont-Neuf et Scum.

Un livre, coédité par les Éditions Rizzoli, la Gagosian Gallery et les Éditions du Centre Pompidou, abordera les différents aspects de son univers visuel.

"Ce que moi j’essaie de faire, c’est de vous faire ressentir quelque chose. Je n’essaie pas de dire quelque chose en particulier, peut-être que le film, lui, dit quelque chose et c’est très bien. À partir des personnages et de ce qu’ils racontent, ce que j’essaie d’obtenir est davantage une expérience physique : une sensation de malaise, de confusion, de transcendance, de stupéfaction, de gêne, d’humour. J’aime que ces sensations arrivent les unes après les autres, très rapidement de façon à ne jamais vous laisser en paix" rappelle le réalisateur.

6 événements de la rentrée à ne pas rater: Jean Rouch à la Bibliothèque

Posté par vincy, le 18 août 2017

Exposition Jean Rouch, l'Homme-cinéma
26 septembre-26 novembre 2017
Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand

Dans le cadre de Paris Photo et du Centenaire Jean Rouch 2017, le CNC et la BnF organisent l'exposition « Jean Rouch, l’Homme-cinéma » qui met en lumière la vie et l’œuvre d’un homme "inclassable, explorateur, ethnographe, photographe, cinéaste."

"Auteur de 180 films tournés principalement en Afrique, Jean Rouch a lié le cinéma et l’ethnographie d’une manière unique" explique le communiqué. La caméra a remplacé le crayon avec Rouch: il observait les hommes, leurs cultures et leurs croyances. Surtout il apportait une dose de subjectivité, à l'écart de la neutralité scientifique. S'appuyant sur les méthodes de la Nouvelle Vague, il réalisait un cinéma léger, mobile, libre, inventif. La BnF présentera des films restaurés, des photographies, des écrits....

Depuis le début de l'année, les événements autour de Jean Rouch se succèdent du Fespaco à Cannes. Au Musée de l'Homme, du 25 octobre 2017 au janvier 2018, sera organisé un dialogue photographique entre l’œuvre de Jean Rouch et celle de Catherine de Clippel.

Et, toujours au Musée de l'Homme, du 8 novembre au 3 décembre, le 36e Festival Jean Rouch sera dédié aux documentaires ethnographiques.

6 événements de la rentrée à ne pas rater: Goscinny, Astérix et le cinéma

Posté par vincy, le 16 août 2017

Exposition Goscinny et le cinéma
4 octobre 2017 - 4 mars 2018
Cinémathèque française (Paris)

On devine déjà que cette expo pluridisciplinaire sera un carto(o)n. Pour les 40 ans de la disparition du plus génial des scénaristes de BD français, la Cinémathèque a décidé de relier 9e art et 7e art. Et en bonus, le 19 octobre, un nouvel Astérix (Astérix et la Transitalique) va inonder les librairies du monde entier (5 millions d'exemplaires prévus pour le premier tirage international).

"Je crois qu’il faut écrire pour la bande-dessinée comme il faut écrire pour le cinéma" expliquait René Goscinny. Pas étonnant qu'Astérix, Lucky Luke, Le Petit Nicolas aient connu d'immenses succès dans les salles, une fois adapté. Pas surprenant non plus que le cinéma soit souvent invité sous forme de clins d'œil ou de références explicites dans les cases de ses BD. Avec tout Lucky Luke John Ford n'est jamais loin et avec Astérix et Obélix on a une version bien gauloise de Laurel et Hardy, etc...

Outre l'expo très attendue, la Cinémathèque proposera un cycle de films: Lucky Luke et le Western, Cléopâtre vue par le cinéma, Le Viager, seul scénario écrit pour le cinéma par l'auteur, les adaptations de ses BD pour le jeune public... Des ateliers, des conférences (dont un dialogue avec Alain Chabat) et même une exposition au Musée d'art et d'histoire du judaïsme"René Goscinny - Au-delà du rire", qui débutera le 27 septembre et portera sur un regard plus "politique" de son œuvre.

Enfin, le catalogue comprendra des essais sur l'art de la parodie des genres les plus populaires (burlesque, péplum, western) et des focus sous forme de fiches pour les films les plus importants, des entretiens inédits avec Albert Uderzo, Alain Chabat et Patrice Leconte, un texte sur l'histoire des Studio Idefix et un éclairage sur la fabrication d'un dessin animé. En bonus, le livre réunit pour la première fois les BD scénarisées par Goscinny et dessinées par ses amis du magazine Pilote sur le thème du cinéma, soit Jean Giraud, Alexis, North et Mulatier.

6 événements de la rentrée à ne pas rater: L’art brut de Caro et Jeunet

Posté par vincy, le 14 août 2017

"L'art brut de Caro et Jeunet", Exposition par Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro
La Halle-Saint-Pierre, Paris 18e
7 septembre 2017 - 31 juillet 2018

A deux pas du café d'Amélie Poulain, La Halle Saint Pierre accueillera Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro pour une première grande exposition en France. On y trouvera leur cinéma, à travers extraits de films, objets, costumes et autres documents vient dialoguer avec les dessins et peintures de Marc Caro et des œuvres d’art singulier réalisées ou collectionnées par Jean-Pierre Jeunet. D'Amélie Poulain à Alien, on se confrontera aussi à l’electromécanomaniaque Gilbert Peyre et son esthétique foraine, Ronan-Jim Sevellec et ses cabinets de curiosités miniature à l’élégance fanée ou encore Jéphan de Villiers et son petit peuple imaginaire nostalgique des civilisations perdues.

Œuvres et objets « fétiches » des films des deux réalisateurs ouvriront de nouvelles voies vers l’imaginaire, un monde onirique et fantastique.

"Pour ma part, notre filiation revendiquée avec Meliès et l’art forain, trouve naturellement sa place à la Halle Saint Pierre qui a toujours sut accueillir ceux qui marchent en dehors des clous..." explique Marc Caro. Jean-Marc Jeunet de son côté dévoile un pan de ce que l'on y verra: "Marionnettes articulées pour les films d’animation, Machines Steampunk, costumes baroques, Aliens géants, objets emblématiques comme le cahier de photomaton d’Amélie, sans compter les storyboards, dessins de décors, BD et illustrations de Marc Caro... Tant d’objets qui traînaient dans mon bureau que je décidai de les partager."

On n’arrête plus Wonder Woman

Posté par vincy, le 29 juillet 2017

Près de 400M$ en Amérique du Nord, autant dans le reste du monde. Le carton de Wonder Woman ne passe pas inaperçu à Hollywood. Au point que Warner Bros envisage de placer le film et sa réalisatrice Patty Jenkins dans la course aux Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur. Dans les deux cas, si Wonder Woman parvenait à ses fins, ce serait une première pour un film adapté d'un comics.

La suite est calée. Depuis mardi, on sait que Wonder Woman 2 sortira le 13 décembre 2019. Patty Jenkins est en bonne place pour rester derrière la caméra, même si rien n'est signé. Gal Gadot retrouvera son costume d'Amazone (mais d'ici là on la reverra dans Justice League cet automne et dans Aquaman pour les fêtes de 2018).

Et comme ça ne suffit pas, au Festival de Toronto sera présenté Professor Marston & the Wonder Woman, film réalisé par Angela Robinson, avec Luke Evans et Rebecca Hall. Ce film biographique est l'histoire de William Moulton Marston, psychologue américain, créateur d'un test qui permit d'inventer le détecteur de mensonges, féministe adepte du polyamour. C'est lui qui initie le concept d'une alter-ego féminine à Superman et Batman auprès de DC Comics. Il créé le personnage en 1941, sous le nom de Charles Moulton.

D'ailleurs, vous pouvez découvrir tout l'histoire de Wonder Woman (et des personnages de DC Comics) dans l'excellente exposition "L'art de DC, L'aube des super-héros", au musée Art Ludique à Paris (jusqu'au 10 septembre)

Enfin finissons sur Patty Jenkins qui a annoncé hier un projet de séries, One Day She'll Darken où elle retrouvera l'acteur principal de Wonder Woman, Chris Pine. La cinéaste est en charge du pilote et éventuellement des six épisodes. Chris Pine a signé pour la série complète. La série est inspirée de l'histoire vraie (et récit autobiographique de Fauna Hodel, à l'ombre du Dahlia noir...

Grâce à la Gaumont, Angoulême a (enfin) son musée (éphémère) du cinéma

Posté par vincy, le 6 juillet 2017

A l'occasion de l'exposition "120 ans de cinéma: Gaumont, depuis que le cinéma existe", un lieu ressurgit du passé: les Studios Paradis à Angoulême. Longtemps fermés au public, ces Studios, situés dans Les Chais Magelis, où réside également la Cité Internationale de la BD et de l'Image, qui accueille le plus grand musée de la bande dessinée en France, ont rouverts pour l'exposition événement du producteur à la marguerite.

Il faut remonter vingt ans en arrière. En 1996, le Département de la Charente cherchait à mettre en valeur les projecteurs et les films rassemblés par René Charles et Guy Goursaud, en imaginantla création d’un musée du cinéma au sein des bâtiments de l’ex-Cofpa.

Un gros trou dans les finances

Las, il va falloir attendre. En 2003, un appel d’offres était publié pour trouver le futur scénographe du musée. Trois ans plus tard, l’association « Cinéma et Compagnie » qui gérait le projet, fait faillite avec un déficit de 2,5 millions d'euros. Le projet muséographique est prêt, mais il est figé dans les méandres de la politique locale. On relance en 2008 le projet avec un nouvel appel d'offres. Une SARL, Confino, remporte le marché en 2011 : elle doit élaborer un musée dédié au secteur de l’animation, domaine phare du pôle image Magelis d'Angoulême, qui veut se spécialiser. Mais tout semble trop cher et les élus abandonnent le projet.

Entre temps la Cité de la BD a ouvert avec succès, proposant deux expos temporaires majeures, une expo permanente et une librairie à succès. Mais elle n'occupe qu'une partie des Chais et sait qu'avec un musée du cinéma voisin, les visiteurs seraient bien plus nombreux. Sans compter que depuis 1997, le Pôle Image Magelis prend de l'ampleur, accueillant, entre autres 31 studios d'animation (dont Dargaud Media et Xilam), 29 structures de BD, 8 entreprises de jeu vidéo, des sociétés de post-productions etc...

Abandon du musée

Il faut attendre 2015 pour que les Studios Paradis reviennent sur la table des élus. 3500 m2 à occuper. Sous l'impulsion du département, avec l'appui de professionnels de l'image (Dominique Benehard entre autres), le projet émerge avec un nouveau visage: autour des décors de cinéma et du matériel conservés dans le bâtiment, l’idée est de créer un lieu fédérateur et pédagogique sur les métiers de l'images, en valorisant notamment le travail des entreprises et des écoles installées dans la région.

"On pourrait imaginer un bar-restaurant d’un côté pour le grand public, et des studios d’images avancées pour les professionnels de l’autre" explique l'initiateur de cette réouverture, le Président du conseil départemental François Bonneau dans Sud Ouest. Ce ne sera pas un musée (trop cher) mais la collection qui s'y trouve devrait être sauvée. Reste à savoir à quoi ressembleront les Studios pour faire le lien entre le passé et le futur de l'image.

Les photographies d’Audrey Tautou exposées aux Rencontres d’Arles

Posté par vincy, le 4 juillet 2017

Du 3 juillet au 24 septembre, les Rencontres d'Arles accueillent une exposition signée Audrey Tautou. "Superfacial", à l'Abbaye de Montmajour, est "une série d’autoportraits réalisés en argentique", avec i, Meoca et un Hasselblad, montrés pour la première fois au public.

Sans retouche, la photographe réalise ainsi des fictions avec son regard distancié tout en créant une nouvelle mise en perspective de la comédienne. Des photos prises durant une quinzaine d'années ,après Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, qui dévoilent aussi son quotidien d’actrice, tout en s'amusant de son image. Plus de 800 clichés pris lors des séances de promos et des dizaines d'autoportraits, dans lesquels il a fallu trier. Elle y aime les miroirs, les déguisements, les dissimulations et les reflets.

Audrey Tautou joue ainsi "de son statut de célébrité et en devenant son propre modèle." Elle a conçu ainsi des mises en scène travaillées "et non dénuées d’humour qui laissent volontairement visibles les traces de leur artificialité."

Dans une récente interview au journal Le Monde, Tautou expliquait: "J’ai fait ces photos, je pense, pour prendre du recul par rapport à ce tourbillon médiatique qui m’a emportée après le succès du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain." L'actrice y évoquait aussi son attitude paradoxale à la photographie: "Curieusement, la séance photo représente un exercice dans lequel je n’ai jamais été à l’aise. En revanche mon métier m’a appris des choses techniques comme la fabrication d’un plan, l’éclairage."