Posté par vincy, le 5 mai 2012
Le 23 novembre dernier, la Commission européenne de Bruxelles a crée Europe Créative, un programme (2014-2020) de 1,8 milliard d'euros pour la culture. MEDIA n'est pas dissout mais se voit englobé par Europe Creative et ses fonds sont augmentés. Après une année de discussions, consultations et même de pétitions avec la menace qui pesait sur le programme MEDIA, Androulla Vassiliou, commissaire en charge de l'éducation, la culture, le multilinguisme et la jeunesse, a lancé Europe Créative qui combinera l'ensemble des mécanismes de soutien en un seul organisme permettant de répondre à toutes les demandes émanant des industries culturelles et créatives. 900 millions d'euros seront dédiés au secteur cinématographique et audiovisuel (rappelons que MEDIA bénéficiait sur la période 2007-2013 de 755 millions d'euros).
Selon la commission, ce sont 300 000 artistes et professionnels de la culture, 1 000 films européens, 2 500 salles de spectacles et de cinéma qui sont concernés.
"Les aides attribuées par Europe Créative ne pourront être sollicitées par des individus mais via des sociétés ou des organisations culturelles. Tous les membres de la communauté européenne et du marché commun pourront y prétendre. Les dossiers de demandes devraient se voir grandement simplifiés", explique la Commission. "Sans le soutien de l’Union, il leur serait difficile, voire impossible, de percer sur de nouveaux marchés" ajoute la commissaire Androulla Vassiliou.
Une programme trop flou
Reste que l'initiative inquiète par ses imprécisions. Le 24 avril, deux jours avant l'audition publique à Bruxelles sur les suites du programme Europe Creative, les Coalitions européennes pour la Diversité culturelle ont exigé des éclaircissements et des garanties pour l'autonomie et le financement des actions et des colets média et Culture. Elles ne retrouvent dans cette proposition aucune des garanties qui avaient été promises en mars 2011 par le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et la Commissaire européenne à la Culture.
Dans leur communiqué, elles demandent la garantie de l’autonomie des volets « MEDIA/MEDIA Mundus» et « Culture » ; la garantie de l’augmentation réelle de la somme allouée à « MEDIA/MEDIA Mundus » et « Culture » ; la garantie de la préservation de l’identité de « MEDIA/MEDIA Mundus » ; que le futur programme « Europe Créative » s’inscrive dans l’esprit et la logique de la Convention de l’UNESCO pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ratifiée par l’Union européenne.
Les Coalitions européennes ont déjà annoncé qu'elles se mobiliseraient au cours des prochaines semaines, pour que le Parlement européen, co-législateur sur ce dossier, puisse les transcrire en acte juridique et préciser les lignes d’actions et les moyens qui leur seront alloués.
Une initiative pas isolée
Les Coalitions ne sont pas seules à réclamer des garanties et exiger plus de clarté puisque l'Arp, Europa Distribution, Europa International et Europas Cinémas ont publié une tribune commune datée du 26 avril, jour de l'audition publique. Ils rappellent l'importance du programme MEDIA et son impact sur les productions audiovisuelles, tant d'un point de vue artistique que financier. Ils réclament que le secteur audiovisuel et cinématographique soit spécifiquement pris en compte, de manière particulière et non pas noyé dans un ensemble. Surtout, ils souhaitent que les budgets continuent de financer la distribution des oeuvres européennes.
Lors de cette audition publique du 26 avril, la députée européenne italienne Silvia Costa (Socialiste et démocrates), a félicité l'action de la Commission mais elle a également critiqué l'imprécision du texte et la fusion des différents programmes existants. "Nous devons proposer des programmes distincts : un pour l'industrie culturelle, un pour l'industrie des médias et un pour les secteurs à l'intersection des deux". La présidente allemande de la commission de la culture et de l'éducation, Doris Pack (Parti populaire), a également demandé des détails sur le budget prévu.
Prochaine étape : le 10 mai, où une réunion importante sur le sujet entre les ministres de la culture européens à Bruxelles devrait mobiliser de nombreux professionnels européens. Le rapport du Parlement sera présenté en octobre 2012.
Parallèlement, une campagne a été lancée, We are more, accompagnée d'une pétition et d'un manifeste.
Rappelons que le secteur culturel représente 4,5% de la richesse européenne et emploie 3,8% de sa population active.
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Posté par vincy, le 21 mars 2012
Gros enjeu de ces prochaines années, la numérisation du patrimoine cinématographique vient de recevoir deux bonnes nouvelles.
Tout d'abord, la Commission européenne a donné son feu vert aujourd'hui au projet français d'aide à la numérisation des oeuvres du patrimoine cinématographique car ce projet contribue à la promotion de la culture tout en limitant les distorsions de concurrence.
Les oeuvres, courts et longs métrages produits jusqu'en 1999, ainsi que le cinéma muet de patrimoine, sont ainsi éligibles pour bénéficier du plan. Les longs métrages postérieurs à 1929 comptent parmi les 2 500 premières oeuvres concernées par ce plan de numérisation.
Le ministre français de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, avait annoncé en mai dernier, que le Grand Emprunt réservait un budget de 100 millions d'euros afin de numériser près de 10 000 films.
Incitation à la délocalisation
Selon la Commission, le plan français de numérisation des films du patrimoine devrait au total disposer, sur six ans, d'un budget global de 400 millions d'euros. La Commission précise que "l'aide vise essentiellement des œuvres qui ont des perspectives d’exploitation commerciales très aléatoires et sur de très longues périodes" même si cette aide peut-être "modulée au cas par cas en tenant compte des perspectives de recettes de l'œuvre soutenue".
Seul bémol : la Commission n'a pas réservé d'exclusivité européenne au processus de numérisation. A croire qu'ils sont autistes. En effet, "le demandeur de l’aide pourra choisir librement les prestataires techniques auxquels il confiera le travail de numérisation et, le cas échéant, de restauration, que ces prestataires soient ou non établis dans un État membre de l’Union européenne". Autrement dit, si les prestataires sont moins chers en Inde, en Chine, ou ailleurs, ce n'est pas un problème. Le ailleurs peut concerner une multinationale américaine, qui voudra forcément en échange quelques contreparties...
270 films de Gaumont numérisés
La deuxième bonne nouvelle, qui a été annoncée hier, est liée à la première : Gaumont a signé avec la commission du Grand emprunt un accord pour pouvoir numériser en très haute définition (2K) et restaurer 270 films de son catalogue sur quatre ans.
270 films des années 1920 à 1990 seront ainsi concernés parmi lesquels L'assassin habite au 21 d'Henri-Georges Clouzot (affiche), La passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer, L'atalante de Jean Vigo, Mon oncle Benjamin d'Édouard Molinaro, F comme Fairbanks de Maurice Dugowson, La gifle de Claude Pinoteau et Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, Palme d'or en 1987.
Eclair pourrait être le prestataire choisi. Les laboratoires ont déjà numérisé 150 films de la Gaumont. Il sont aussi été retenus pour bénéficier du Grand Emprunt, en décembre dernier.
Pour Gaumont, c'est une bonne affaire : l'État investira 10 millions d'euros (Gaumont seulement la moitié), en contrepartie d'une part des recettes à venir sur les films restaurés, sur une durée de 15 ans pour chaque titre.
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Posté par vincy, le 11 février 2012
Comme tous les ans, à l’occasion du Festival international du film de Berlin, l'Observatoire européen de l'audiovisuel a publié ses premières estimations sur la fréquentation des cinémas européens en 2011 : "les entrées en salles dans l’Union européenne ont légèrement reculé de 0,4 %, soit 960 millions de billets vendus contre 964 millions en 2010" annonce le communiqué.
L'année 2011 est cependant plus contrastée avec un peu plus de la moitié, seulement, des territoires enregistrant une diminution de leur fréquentation. Mais on constate surtout que le niveau de 2009 (982 millions d'entrées) n'a pas été retrouvé. Certes, la fréquentation en Europe est largement supérieure aux années 2005-2008, mais on est loin du milliard d'entrées de 2002 et 2004.
C'est en Bulgarie que la hausse du nombre d'entrées a été la plus forte (+19,2%). Globalement, les pays de l'ancien bloc de l'Est s'en tirent bien : on note des fortes hausses en Estonie, Lituanie, Roumanie et une belle augmentation en Pologne. Mais c'est aussi dans cette zone qu'on enregistre la plus forte baisse avec - 20,3% en République Tchèque. Les pays en pleine crise économique souffrent plus que les autres : Espagne, Grèce, Italie, Portugal, Slovaquie...
Autres données significatives, la part de marché des films nationaux. La Turquie (championne avec 50,2%), la France (2e avec 41,6%), l'Italie, le Royaume Uni (certes avec l'aide des coproductions américaines) et la Pologne sont les seuls pays où leurs films attirent plus de 30 % des spectateurs. A l'inverse, quelques pays, plus nombreux, voient leur part de marché inférieure à 10%, démontrant qu'il y a péril en la demeure : Estonie, Lettonie, Slovénie, Suisse, Irlande, Autriche, Croatie, Roumanie et Portugal (0,7%!!!).
Dans la hiérarchie rien ne bouge vraiment. La France reste de loin la première puissance cinématographique du continuent. 5 pays dépassent les 100 millions d'entrées et représentent près de 83% des spectateurs sur le continent.
1- France 216 millions (22,5 % des entrées en Europe)
2- Royaume Uni 172 millions
3- Russie 165 millions
4- Allemagne 130 millions
5- Italie 111 millions
6 - Espagne 94 millions
7- Turquie 42 millions
8- Pologne 39 millions
9- Pays Bas 30 millions
10- Suède 16 millions
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Posté par vincy, le 16 novembre 2011
Les neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian, a reçu aujourd'hui le prix Lux 2011 du Parlement européen récompensant le meilleur film européen de l'année. Le film sort aujourd'hui dans les salles françaises. Il avait été projeté en avant-première mondiale au dernier Festival de Cannes, dans la sélection Un Certain regard.
Le prix a été remis au producteur du film, Marc Bordure, au sein même du Parlement à Strasbourg. Il est doté de 87 000 euros, permettant de sous-titrer le film dans 23 langues officielles de l'Union européenne et de l'adapter aux personnes atteintes d'un handicap visuel ou auditif. Le prix permet aussi de produire une copie pour chacun des membres de l'Union.
Le Prix Lux récompense un film dont les valeurs européennes, la diversité culturelle et le processus de construction continentale sont particulièrement illustrées.
Marc Bordure a rappelé, lors de la cérémonie, que "les valeurs de l'Europe sont liés à l'idée de République, cette République que Jean Jaurès appelait république sociale. République sociale: liberté, égalité, fraternité sont les qualités qu'elle se doit de défendre. Nous avons je crois trop longtemps oublié ces trois piliers de la République, ces trois piliers de l'Europe. Ils ne signifient pas, ces mots-là, concurrence, compétition et individualisme. Ils signifient épanouissement, entraide et communauté. C'est le message de mon film et vous l'avez récompensé".
Les neiges du Kilimandjaro était en concurrence avec le film grec Attenberg et le film suédois Play.
C'est la deuxième fois qu'un film français emporte ce prix, après Welcome de Philippe Lioret en 2009. Les autres récipiendaires ont été De l'autre côté de Fatih Akin (2007), Le silence de Lorna des frères Dardenne (2008) et L'étrangère de Feo Aladag (2010).
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Posté par vincy, le 9 septembre 2011
Le film de Vincent Garenq, sorti en salles mercredi dernier, Présumé coupable, a remporté le prix du meilleur film européen (jury de quatre exploitants), au Festival de Venise. Il était présenté dans le cadre de la section Giornate degli Autori. Il reçoit du même coup le Label Europa Cinema. C'est la huitième année du label à la Mostra de Venise.
Cette année le label a été attribué à Cannes à Atmen (Breathing), à Karlovy-Vary à Cigàn (Gitan) et à Berlin à Über uns das all (Il n'y a que le ciel au dessus de nous). Parmi les autres films français à avoir reçu ce prix, notons Le petit lieutenant (Venise en 2005), Crustacés et coquillages (Berlin en 2005) et La moustache (Cannes en 2005).
Présumé coupable a attiré 22 000 spectateurs (195 copies) lors de son premier jour d'exploitation en France.
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Posté par vincy, le 26 juillet 2011
Aujourd'hui, à Rome, le parlement européen a fait connaître ses trois finalistes pour le prix LUX 2011. Les grands noms - Wenders, Ruiz, Moretti, Kaurismaki ... (voir les sélectionnés) - n'ont pas été retenus.
Les trois finalistes sont Attenberg de Athina Rachel Tsangari (Grèce), primé à Venise (meilleure actrice) et à Thessalonique (prix spécial du jury), Les neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian (France), sélectionné à Un certain regard à Cannes cette année et Play de Ruben Östlund (Suède, France, Danemark), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année.
Les films sélectionnés seront diffusés lors des Journées des Auteurs de Venise du 31 août au 10 septembre 2011. Puis entre le 4 et 11 octobre 2011, les films en compétition seront projetés au Parlement européen et le vote des députés interviendra à l'issue de la projection.
Enfin, les 15 et 16 novembre 2011, le lauréat du Prix LUX 2011 sera annoncé lors d'une cérémonie officielle à Strasbourg.
Il succédera à L'étrangère (Autriche), Welcome (France), Le silence de Lorna (Belgique) et De l'autre côté (Allemagne).
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Posté par vincy, le 4 juillet 2011
Le prix Lux du parlement européen a révélé sa premier sélection lors du Festival international du film de Karlovy Vary (Rép. Tchèque). Créé en 2007, ce prix valorise le cinéma européen et ses forces créatives. Les dix sélectionnés seront réduits à trois lors du festival de Venise avant de connaître le gagnant en novembre. Celui-ci gagnera le soutien financier nécessaire pour que les copies du films soient sous-titrées dans les 23 langues officielles de l'Union Européenne.
Les 10 sélectionnés :
Morgen, de Marian Crisan - Festival de Locarno
Les neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian - Festival de Cannes
Le Havre, d'Aki Kaurismaki - Festival de Cannes
Habemus Papam, de Nanni Moretti - Festival de Cannes
Play, de Ruben Ostlund - Festival de Cannes
Mystères de Lisbonne, de Raul Ruiz - Festival de San Sebastian
Essential Killing, de Jerzy Skolimowski - Festival de Venise
Le cheval de Turin, de Bela Tarr - Festival de Berlin
Attenberg, d'Athina Rachel Tsnagari - Festival de Venise
Pina, de Wim Wenders - Festival de Berlin
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Posté par vincy, le 16 mai 2011
Après 6 mois de crise, de lobbying (voir actualité du 16 février dernier) et finalement de happy ending, le programme d'aide au cinéma de la Commission européenne, connu sous le nom de MEDIA, a pu fêter ses 20 ans au Festival de Cannes.
Ce programme a représenté en deux décennies l'équivalent de 1,5 milliard d’euros dans l’industrie du cinéma européen.
Pour marquer l'événement, la Commissaire européenne à la Culture Androulla Vassiliou a monté les marches pour la projection dimanche soir de The Artist, accompagnée du Ministre français de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand, et surtout de 20 cinéastes invités pour la célébration de cet anniversaire : Theo Angelopoulos (Grèce), Lucas Belvaux (Belgique), Léa Binzer (Grèce), Jochem De Vries (Pays-Bas), Costa Gavras (France), Bent Hamer (Norvège), Laurent Heynemann(France), Kamen Kalev (Bulgarie), Ole Christian Madsen (Danemark), Arunas Matelis (Lituanie), Olivier Masset-Depasse (Belgique), Radu Mihaileanu (Roumanie-France), Catalin Mitulescu (Roumanie), Adela Peeva (Bulgarie), Michael Radford (Grande-Bretagne), Paolo Sorrentino (Italie), Petr Vaclav (République Tchèque) et Jaco Van Dormael (Belgique).
Un dîner les a réunis par la suite.
Ce même jour, Mme Vassiliou a remis exceptionnellement deux prix MEDIA du Talent européen 2011. Virág Zomborácz (Hongrie) et Hanna Sköld (Suède) pour leurs films Afterlife et Granny’s Dancing on the Table. Vous pouvez voir les courts-métrages de la première sur son compte Vimeo. Elle a fait partie du Berlinale Talent Campus en 2010. A 27 ans, cette cinéaste en devenir est intéressée par la lutte des sexes, l'érotisme, la peur de la mort et l'angoisse existentielle. Afterlife, son projet ici primé, est une comédie "réaliste et magique" à propos d'un homme qui a toujours que son fils était un fantôme, jusqu'au jour où il en est vraiment un. La seconde, issue du collectif Nasty Old People, a imaginé un film transmédia, récompensé par le prix ARTE's Power to the The Pixel. A partir d'histoires sur le thème de l'identité, des origines, de la sexualité, du pouvoir, de la solitude, Granny’s Dancing on the Table va devenir un film et un jeu vidéo, en plus de performances réelles dans des lieux publiques. L'histoire commencera avec le tremblement de terre de Messine, en Sicile, en 1908. Elle reposera sur des contributions ouvertes à tous.
Lors de la remise des prix, la Commissaire a espérer voir ces deux films à Cannes très rapidement. MEDIA a aidé douze films ayant reçu la Palme d'or. Cette année, 20 films, dont sept réalisés par des français, sont présents toutes sélections confondues : Amodovar, Bonello, les Dardenne, Kaurismäki, Mihaileanu, Moretti, Sorrentino, Von Trier, Honoré, entres autres, ont bénéficié du programme.
Aujourd'hui, lundi 16 mai, la Commissaire et les 20 cinéastes européens ont rendez-vous pour bâtir ensemble l’avenir du programme à la veille de son renouvellement. Mme Vassiliou espère rassurer l'industrie : « Des inquiétudes ont été exprimées ces derniers mois et je souhaite balayer ces craintes une fois pour toutes. Le programme MEDIA sera maintenu dans la durée. Nous sommes déterminés à poursuivre sur cette lancée afin d’étendre le champ des activités du Programme MEDIA tout en améliorant son efficacité. »
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Posté par vincy, le 3 mai 2011

Frédéric Sojcher (Cinéastes à tout prix) est un tel amoureux du cinéma qu'il filme avec un appareil photo une déclaration d'amour à la diversité culturelle. Sujet aussi politique que peu cinématographique, il réussit l'exploit de nous passionner pour un débat complexe et ancien avec des moyens à la limite du bricolage. Il s'aide de l'humour absurde, d'un rythme incessant, d'une dérision loufoque, voire d'un effet de joyeux bordel propre à son sujet : l'Europe. Cet hymne au cinéma européen est une contestation de la domination américaine, qu'il assimile à une entreprise guerrière de propagande. HH, Hitler à Hollywood (site officiel) n'évite aucun de ses paradoxes : Maria de Medeiros, actrice / réalisatrice portugaise, parlant français et anglais, connue essentiellement pour son rôle dans Pulp Fiction, oeuvre américaine par excellence, fait un documentaire sur Micheline Presle, l'une des doyennes du cinéma français qui a connu le succès à Hollywood. Cette ambivalence entre les cinémas européens et américains permet de confronter les visions des deux cinémas avec les nuances nécessaires.
Sojcher mise sur une esthétique propre : Medeiros est la couleur et la lumière quand les décors et les personnages secondaires sont davantage saturés et presque effacés. L'appareil photo qui sert de caméra rend l'ensemble fascinant et démontre que le cinéma est l'affaire de tous, comme la Nouvelle Vague avait rendu désuet les productions en studio. Il y a un goût de la liberté qu'on ressent jusque dans les moyens techniques. Cette même aspiration à vouloir être "indépendant" des normes américaines se retrouve à travers un tour d'Europe (Paris, Bruxelles, Londres, Berlin, Venise, Cannes, Malte, soit les trois grands lieux de festival et les deux plus importantes métropoles) qui commence comme une enquête et se termine comme une poursuite digne d'un Jason Bourne.
Le prétexte est de retrouver un film perdu. Plus la vérité approche, plus le mystère se dissipe, plus notre investigatrice découvre avec effroi les objectifs de la toute puissance américaine. Hollywood hits. Les succès d'Hollywood, comme vecteur de communication globale. Une frappe massive, loin d'être chirurgicale, qui n'admet pas la résistance du cinéma d'ailleurs. A travers des discussions, des témoignages, un scénario finalement bien ficelé, Sojcher démontre comment le cinéma américain, par des manipulations politiques, une force de frappe financière, une assimilation culturelle, a détruit le cinéma européen.
Il faudrait que la Commissaire européenne à la Culture voit ce film, écoute ce que Angelopoulos, Konchalovski, Schlöndorff, Wenders, Kusturica disent. Leurs arguments sont imparables sur le déséquilibre des forces, sur l'absence totale de synergie communautaire. Les Américains peuvent sortir leurs films dans toute l'Europe, squatter la plupart des écrans d'un multiplexe : les Européens, non. Où est le choix? Les Américains peuvent doubler leurs films dans la langue locale, les Européens subissent l'impact du sous-titrage. Ce protectionnisme unilatéral prend sa source dans les accords Blum-Byrnes en 1947, avantageant les productions américaines en facilitant leurs exportations. HH, Hitler à Hollywood devient ainsi un plaidoyer désespéré pour l'exception culturelle. Désespéré mais pas désespérant : c'est vif, efficace, instructif pour qui souhaite comprendre l'appauvrissement cinéphilique de ces trente dernières années.
A une semaine du Festival de Cannes, forteresse imprenable du cinéma international et des auteurs, Sojcher pousse un cri pour rappeler à quel point le cinéma ne peut exister qu'en étant varié. Avec le doyen Oliveira en guise d'image finale, il espère que cet art vieux de plus cent ans, comme son doyen, est éternel et ne mourra jamais.
Filmer cela avec un appareil Canon, une égérie du cinéma d'après guerre et une fiction autour d'une stratégie politique digne d'une stratégie guerrière, était sans aucun doute le meilleur moyen de hurler, de se battre, de rêver. Cela reste aussi une Utopie, comme il le signifie dans les derniers plans. Un idéal accentué par la faible combinaison de salles qui le diffuseront lors de sa sortie alors qu'il mériterait une extension du domaine de lutte jusque dans les collèges et lycées de l'Union européennne.
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Posté par Claire Fayau, le 7 mars 2011
Festival de film d’auteur et d’art de la Grande Europe, "L’Europe autour de l’Europe" présente les films des années soixante et contemporains sur lesquels repose le prestige des cinématographies nationales des pays de l’Europe du Sud et de l’Est, de l’Europe Centrale et de l’Europe Occidentale. La thématique cette sixième édition tourne autour de « Héros – Antihéros ».
Le Festival aura lieu, à Paris, au cinéma L’Entrepôt du 15 au 24 mars puis à la Filmothèque du Quartier Latin, au cinéma V4, au cinéma 104 à Pantin et dans différents Centres Culturels et musées jusqu’au 15 avril 2011. Une édition parallèle se déroulera en Normandie.
Plus de 60 films seront présentés et les cinémas norvégien, danois, slovaque, suisse et hongrois seront à l'honneur.
Ce sera aussi l'occasion de découvrir l'inédit Womb, film hongrois de 2010, sélectionné par les festivals de Locarno et Toronto, avec Eva Green. C'est l'histoire de Rebecca et Thomas, des amoureux d’enfance séparés par la vie qui se retrouvent lorsqu’ils sont étudiants pour une idylle fulgurante brisée par la mort de Thomas dans un accident de voiture. Incapable d’accepter ce coup du sort, Rebecca se bat pour le cloner et le porter en elle. Un nouveau Thomas naît et Rebecca pense que tout pourrait recommencer, mais rien ne se passe comme prévu.
Parmi les films déjà connus, il y aura Tender Son - The Frankenstein Project du hongrois Kornel Mundruczo, en compétition à Cannes l'an dernier, primé à Séville et Sarajevo et Comment j'ai passé cet été du Russe Alekseï Popogrebski, primé à Berlin en 2010 (double prix d'interprétation) et à Londres.
Une rétrospective Images du vieux monde, du tchèque Dusan Hanak, permettra de découvrir une oeuvre documentaire rare qui met en scène des paysans slovaques.
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Site officiel : L'Europe autour de l'Europe 2011.
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