Mark Rylance, William Shakespeare et une sale odeur de pétrole

Posté par vincy, le 23 juin 2019

Le comédien britannique Mark Rylance (Le Pont des espions, Dunkerque, Ready Player One) va quitter la Royal Shakespeare Company. En soi, pas une nouvelle extraordinaire. Excepté qu'il le fait pour une raison politique: il refuse de joindre son nom à une troupe aussi prestigieuse soit-elle qui se vend au mécénat de la compagnie pétrolière BP (British Petroleum). Il jouait au sein de la RSC depuis plus de 37 ans. De 1995 à 2005, il a également été le directeur artistique du Shakespeare's Globe Theatre.

L'acteur - Prix Laurence Olivier Awards en 1994 pour Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare et en 2010 pour Jerusalem de Jez Butterworth, trois fois récompensé par les Tony Awards (Boeing Boeing, Jerusalem, La nuit des rois, toujours de Shakespeare), et meilleur acteur dans un second rôle pour Le Pont des espions de Steven Spielberg aux Oscars et aux Baftas - en a fait une cause engagée.

Engagé

"J'ai informé la Royal Shakespeare Company que je pensais devoir démissionner car je ne souhaite pas être associé à BP, comme je ne souhaiterais pas l'être à un marchand d'armes, un vendeur de tabac ou toute personne qui détruit délibérément la vie de personnes vivantes et à naître. William Shakespeare ne le voudrait pas non plus, je crois", écrit le comédien dans The Guardian.

Opposé de longue date à ce mécénat, et ne voyant pas la direction de la compagnie changer sa position, il a dramatisé la situation: "Je suis sûr que la RSC veut être du côté des jeunes qui changent le monde, pas des entreprises qui détruisent le monde".

La RSC voit là une mauvaise publicité et a répondu laconiquement qu'elle reconnaissait l'importance du débat face à l'urgence environnementale et climatique, qu'elle ne conteste pas (il manquerait plus que ça). Quant au mécène, il rappelle que ce soutien financier permet à 10000 jeunes d'acheter des billets à bas coûts.

BP et les autres compagnies pétrolières sont sous les feux des artistes et des militants environnementaux, qui critiquent leurs liens financiers avec des institutions culturelles alors qu'elles détruisent la planète. Tous réclament la fin de ces mécénats toxiques et anti-climatiques.

Cannes 2019: Un doc écologique (et salutaire) au Festival vs un (sérieux) gâchis environnemental à Cannes

Posté par vincy, le 30 mai 2019

Projeté à Cannes en séance spéciale, La Glace en feu de Leila Conners sera diffusé sur OCS le 11 septembre prochain. Produit et narré par Leonardo DiCaprio, tout comme le premier documentaire de la réalisatrice, La 11ème heure, le dernier virage (présenté à Cannes en 2007), La glace en feu est moins un cri d'alarme sur l'état écologique de la planète qu'une succession de solutions et de témoignages pour espérer freiner la catastrophe climatique annoncée. En cela, il se rapproche plus de Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

"Il y a des solutions". L'horloge tourne mais on se veut encore relativement optimiste. Après tout, 12 ans après la 11ème heure, la catastrophe est déjà là. Il ne s'agit plus de la stopper mais d'inverser toutes les courbes. Des espèces sont en voie d'extinction. Et à la lecture du dernier livre de Fred Vargas, L'humanité en péril (Flammarion), on va rapidement manquer de matières premières essentielles, à commencer par le phosphore et l'eau. Car nous sommes à la fois la première génération à prendre conscience et vivre ces dysfonctionnements environnementaux mais aussi la dernière à pouvoir y remédier .

Un doc scientifique, technique et pédagogique

Avec une espèce humaine en croissance démographique, le formidable gâchis des ressources primaires et un climat qui se dérègle fortement, l'avenir est plutôt noir comme des nuages prêts à se vider dans un déluge de pluie. Du Colorado à la Californie, d'Islande à l'Ecosse, du MIT de Boston à la Norvège, de la Croatie à Zurich, de Berlin au Nouveau-Mexique, ce n'est pas une tournée internationale des cataclysmes que filme Leila Conners. Non, ce qui l'intéresse ce sont les gardiens du temple, qui observent et préservent la Nature, et les chercheurs qui trouvent de nouveaux modèles ou des solutions innovantes pour réparer, améliorer, voire effacer l'empreinte carbone.

De l'océan (étonnant pouvoir du varech) au soleil, du méthane au permafrost, la réalisatrice signe un film pédagogique et scientifique, et même assez technique. Pas forcément cinématographique d'ailleurs. Mais l'image, avec ses infographies et ses illustrations, a une grande importance pour comprendre les enjeux. Pas besoin de filmer un mur pour savoir qu'on fonce dedans. "On est tous connectés" et on détient chacun des fragments de solutions. Leila Conners veut croire que l'individu peut contribuer au sauvetage de la planète, sans responsabiliser les pollueurs majeurs, même si elle dénonce leurs actes. On peut aussi regretter que le documentaire fasse l'éloge du solaire quand on sait le coût environnemental d'un panneau photovoltaïque. Ces petites approximations n'enlèvent rien au propos global et à l'intention originelle.

Mais cela ne doit pas faire oublier le message: "ça va dégénérer".

D'ailleurs, à Cannes, on voit bien que ça ne fait qu'empirer. Embouteillages boulevard Carnot, rue d'Antibes, avenue Bachaga Saïd Boualam. Des voitures Renault pas électriques qui amènent les invités prestigieux et autres stars pour faire moins de 500 mètres jusqu'aux marches (heureusement certaines vedettes optent pour le mode piéton). Vitrines de magasin et affiches publicitaires allumées toute la nuit. Quasiment pas de bio ou de produits locaux dans les restaurants autour du Palais. Du coca-cola jusque dans la salle de presse (quand on connait l'effet néfaste sur les nappes phréatiques et sur la santé, on ne peut plus dire qu'on ne savait pas). Sous l'eau, les sacs plastiques et autres déchets s'amoncellent. Trop de bouteilles en plastique (puisque les gourdes ne sont pas autorisées dans les salles au-dessus de 50ml).

Ballet incessant d'hélicoptères (il n'y en a jamais eu autant) qui font tourner leurs hélices au-dessus du port. Gros paquebots de croisières - de véritables barres d'immeuble - stagnant dans la baie, et tout ce que la induit en consommation énergétique. On peut critiquer l'avion (le pire c'est quand même les jets privés) mais critiquons aussi la SNCF qui a diminué le nombre de TGV relativement directs (avec certains trains qui reliaient Paris en 6 heures au lieu de 5), ce qui pousse logiquement les festivaliers venus d'Asie ou des Amériques à préférer un Paris-Nice en correspondance directe à un Paris-Cannes en train. On peut râler que les festivaliers utilisent des taxis ou vtc dans le périmètre de la Croisete, mais où sont les vélos en libre service ?

La ville de Cannes, côté empreinte carbone, n'est pas vraiment un modèle, même si le festival a fait des efforts récemment avec des poubelles pour le tri des dossiers de presse et autres papiers distribués aux journalistes. Il va falloir imposer rapidement un objectif de décarbonisation d'un événement qui attire des dizaines de milliers de personnes dans une industrie qui a encore un peu de retard sur le sujet, et qui n'est pas forcément aidée ou accompagnée.

Leila Conners a encore de quoi filmer avant que la mer Méditerranée ne monte, faisant disparaître les plages pour les soirées, noyant également tout le rez-de-chaussée et les sous-sols du Palais des festival. Tout cela est prévu pour la fin du siècle. D'ici là, est-ce que le cinéma existera encore? C'est une autre affaire.

Todd Haynes s’attaque à une histoire vraie

Posté par vincy, le 22 septembre 2018

On l'attendait sur le biopic de la chanteuse Peggy Lee, c'est finalement avec une autre histoire vraie que Todd Haynes a décidé de revenir à la réalisation, un an après la sortie du Musée des merveilles.

Le réalisateur de Carol filmera Dry Run, une coproduction Mark Ruffalo / Participant Media (oscarisé pour Spotlight), dont l'histoire est adaptée d'un article de Nathaniel Rich du New York Times Magazine, The Lawyer Who Became DuPont’s Worst Nightmare, paru en 2016. Il s'agit d'une enquête sur l'avocat d'affaires Robert Bilott qui s'est attaqué au géant de la chimie DuPont, 2e pollueur privé de la planète, en endossant une cause environnementale. La bataille judiciaire a duré 19 ans, engagé des dizaine d'experts, produit une étude scientifique considérée comme fondamentale désormais, le tout au nom de 70000 clients contaminés en buvant de l'eau et en prouvant que les produits chimiques de l'entreprise avaient un sérieux impact sur la santé de ces citoyens.

Mark Ruffalo pourrait incarner l'avocat.

C'est le premier film ouvertement engagé et politique du cinéaste, qui plus est un projet de commande et non pas un film dont il a eu l'initiative. Le point commun entre tous ses films est sans aucun doute de faire le portrait d'un résistant aux dominants, comme l'était Carol Aird, Bob Dylan, Cathy Whitaker ou Curt Wild.

A noter enfin que la famille DuPont a déjà fait l'objet d'un film récemment, Foxcatcher (en compétition à Cannes), réalisé par Bennett Miller, avec Steve Carell et Vanessa Redgrave dans les rôles de John et Jean DuPont, mais aussi Channing Tatum et... Mark Ruffalo.

200 personnalités lancent un appel contre « un cataclysme planétaire »

Posté par vincy, le 3 septembre 2018

200 personnalités ont signé l'appel publié dans Le Monde aujourd'hui lancé par Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique ferme et immédiate face au changement climatique. Parmi les signataires du monde entier, on retrouve Adjani, Almodovar, Baye, Boorman, Campion, Cotillard, Cronenberg, Cuaron, Dafoe, Delon, Deneuve, Faithfull, Fiennes, Frémaux, Hawke, Huppert, Jaoui, Kapoor, Marceau, Rampling, Robbins, Rossellini, Santoro, Satrapi, Scott Thomas, Sissako, Stewart, Tarr, Trintignant, Turturro, Viard, Wenders ou encore Jia Zhang-ke.

Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Lire le reste de cet article »

500 œufs de flamants roses sacrifiés sur le tournage du film de Nicolas Vanier

Posté par vincy, le 3 juillet 2018

Nicolas Vanier se retrouve au cœur d'une polémique dont il se serait sûrement passé... Lors du tournage de son prochain film Donne-moi des ailes, le réalisateur a utilisé début juin un ULM pour survoler la colonie de flamants roses en Camargue. C'est notamment là que les volatiles se reproduisent. Or le survol de l'ULM, à très basse altitude a causé une panique générale: 500 couples (sur 4500) ont abandonné ainsi définitivement leurs œufs.

Un nid sur dix a donc été abandonné a rapporté l'association France Nature Environnement, à l'origine d'un dépôt d'une plainte contre X.

Au cœur d'une polémique après la perte de 500 œufs de flamants roses lors de repérages effectués par un prestataire, le cinéaste Nicolas Vanier a annoncé lundi à l'AFP avoir renoncé à poursuivre en Petite Camargue (Gard) le tournage de son prochain film.

Le flamant rose bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter. (wikipedia)

Une mauvaise publicité pour un film qui devait évoquer la protection des oiseaux à travers l'histoire d'un scientifique passionné par les oies sauvages et de son fils. Le scientifique dispose d'un ULM pour sauver une espèce en voie de disparition...

Dans un premier temps, le réalisateur a reporté la faute sur un prestataire extérieur et leur collaboration avait été immédiatement arrêtée après l'incident. Le tournage a également été interrompu.

"Un plan de vol avait pourtant été remis à ce pilote indiquant précisément les zones à éviter", a-t-il regretté auprès de l'AFP. "Ils ont joué à faire s'envoler des oiseaux, j'ai été scandalisé", a poursuivi le cinéaste, qui ne veut pas être responsable de ce carnage.

Pour tenter de "réparer ce qui peut l'être", il a proposé aux acteurs locaux de parrainer une population de flamants roses, de permettre d'utiliser le film dans un cadre pédagogique et d'intégrer les associations à la présentation du film dans la région.

Le tournage se poursuivra quand même dans les semaines qui viennent en Norvège. Le film doit sortir en octobre 2019 chez SND, avecJean-Paul Rouve, Mélanie Doutey et Louis Vasquez au générique.

L'AFP rappelle que Nicolas Vanier avait déjà été visé par une polémique en 2014, lorsque l’État avait ordonné l'évacuation de tous les chiens de son domaine dédié aux activités nature dans la Drôme, après une mise en demeure sur les conditions d'hygiène et de sécurité. L'explorateur vedette avait alors qualifié de "grotesques" les accusations faisant état d'un très mauvais état sanitaire de ses chiens.

« Une suite qui dérange » retourne en salle de montage à cause de Donald Trump

Posté par vincy, le 2 juin 2017

A peine le Président des Etats-Unis Donald Trump a-t-il signifié qu'il voulait sortir son pays de l'Accord (non contraignant pourtant) de Paris, que l'ancien vice-président Al Gore a répliqué sur Twitter mais pas seulement. Il faut dire que l'écologie est devenue son obsession.

Si on vous en parle c'est tout simplement parce qu'Al Gore a décidé d'inclure cette décision du Président Trump dans son documentaire, Une suite qui dérange, prévu en novembre dans les salles françaises et en juillet aux Etats-Unis. Le docu a été montré au dernier Festival de Cannes, hors compétition, comme l'avait été son premier film "pédago-environnementaliste" Une vérité qui dérange.

La version vue à Cannes ne sera donc pas la définitive. Paramount a confirmé que les cinéastes allaient intégrer de nouveaux plans autour de ce revirement politique. D'autant que le film passe du temps sur la Cop 21 de Paris qui a débouché sur l'Accord historique.

L'Accord de Paris prévoit de contenir le réchauffement climatique et le désinvestissement dans les énergies fossiles. Il faut qu'il soit signé par 55 pays représentant au moins 5% des émissions de gaz à effets de serre. Le retrait des USA ne change rien: l'Accord a déjà été ratifié par 145 autres pays représentant 65,7% des émissions. L'Accord est donc toujours valide.

Cannes 2017: Nos retrouvailles avec Al Gore

Posté par vincy, le 22 mai 2017

Il n'a rien à voir avec le cinéma. Al Gore est un politique. Pourtant c'est son deuxième passage à Cannes en sélection officielle. La première fois c'était il y a onze ans. Il venait présenter Une vérité qui dérange, documentaire édifiant sur le réchauffement climatique et ses conséquences.

Écologiste convaincu, adepte des nouvelles technologies, il a définitivement abandonné la vie politique au sens électoral du terme. Depuis qu'il a échoué (de façon contestable, rappelez-vous les bulletins de vote qu'il a fallu recompter en Floride) face à George W. Bush, il a entamé une série de conférences grand public où il expose les constats, les dangers et les enjeux du réchauffement climatique. Son film était une sorte de manuel "L’écologie pour les Nuls" avec une présentation pédagogique, ludique, didactique, et avouons-le brillante. Sa vision globale, intelligente, rigoureuse, utile, jamais démago faisait le « le tri entre la vérité et la fiction.»

Prix Nobel de la paix

Al Gore, 69 ans aujourd'hui, député durant 8 ans, sénateur pendant 7 ans puis vice-président de Bill Clinton durant ses deux mandats, a une vraie prestance physique. Il en impose. Diplômé de Harvard, où il partage sa chambre avec Tommy Lee Jones, il a été journaliste pour l'Armée au Vietnam, et a d'abord été un reporter dans un canard local du Tennessee avant d'embrasser une carrière politique. Grâce à lui, Internet est devenue une stratégie numérique aux Etats-Unis, devenant un outil grand public tout en étant une priorité politique.

Mais son dada c'est l'environnement. Il prend conscience de l'urgence planétaire lors de la ratification du Traité de Tokyo. Après avoir quitté la politique, il redevient simple militant de la cause. Mais avec les moyens que peut avoir un ancien Vice-Président. Acteur et orateur d'Une vérité qui dérange, il se met en scène et joue les professeurs. Le film reçoit deux Oscars (Oscar du meilleur film documentaire et Oscar de la meilleure chanson originale) et Al Gore est le lauréat en 2007 du Prix Nobel de la Paix.

Lanceur d'alerte

Il revient à Cannes avec la suite de son documentaire, Une suite qui dérange: le temps de l'action, prévu en salles le 1er novembre (en France). Le film, comme le premier documentaire, a déjà fait l'objet d'une avant-première à Sundance. Réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk, il reprend les faits survenus depuis dix ans qui donnent raison au cri d'alarme poussé dans le premier film. Mais il semble que celui-ci soit davantage politique, avec en toile de fond le Traité de Paris et les décisions de Donald Trump. Al Gore n'est plus élu. Mais il conserve sa colère, continue à répandre son message, veut croire à une révolution énergétique et citoyenne et attaque bille en tête l'actuel Président des Etats-Unis, coupable à ses yeux de crime contre l'humanité, la nature, bref la planète.

Il y a dix ans il alarmait sur le temps des conséquences. Aujourd'hui il alerte et réclame le temps de l'action.

Sundance 2017: une cyberattaque, une panne d’électricité et des gros contrats

Posté par vincy, le 23 janvier 2017

La billetterie du Festival de Sundance a connu une sacrée mésaventure: une cyberattaque qui a empêché le service de vente de tickets de fonctionner  samedi 21 janvier. Les séances prévues ont quand même été assurées.
La cyberattaque a eu lieu juste après le début de la marche des Femmes qui était organisée dans le monde entier, y compris à Park City où se déroule le festival. La coupure a duré moins d'une heure. Pour l'instant, on ne connaît pas l'origine de cette attaque...

Dimanche 22 janvier, c'est une panne d'électricité qui a conduit à l'annulation de trois projections au Redstone Theater (Mars Generation, Dolores, Landline). Les films ont été reprogrammés

Malgré ces avaries, cela n'a pas freiné l'activité du business. Le marché se porte bien.

Ainsi, Amazon Studios aurait signé les droits de distribution pour les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France et l'Allemagne de The Big Sick pour la somme astronomique de 12M$. Depuis le début du festival, jeudi, c'est le plus gros deal enregistré. Amazon l'a emporté sur Sony Pictures Worldwide Acquisitions et Fox Searchlight. C'est un record pour le studio puisque l'an dernier, il n'avait déboursé "que" 10M$ pour obtenir les droits nord-américains de Manchester by the Sea. Ce film réalisé par Michael Showalter, avec Kumail Nanjiani, Zoe Kazan, Holly Hunter, Ray Romano et Anupam Kher, est produit par Judd Apatow. Emily V. Gordon et Kumail Nanjiani ont écrit cette histoire d'amour "hilarante et larmoyante" à partir de leur propre romance. Le comique né au Pakistan est tombé amoureux d'une étudiante mais les deux doivent affronter un problème de taille: leurs différences culturelles.

Son concurrent Netflix s'est associé avec Momentum Pictures pour les droits de Fun Mom Dinner. 5M$ pour cette comédie qui sera distribué en salles aux USA par Momentum et en SVOD sur une grande partie de la planète via la plateforme Netflix. Ce premier film de Alethea Jones, écrit par Julie Rudd, réunit Katie Aselton, Toni Collette, Bridget Everett, Molly Shannon, Adam Scott et Adam Levine. L'histoire est celle de quatre femmes dont les enfants sont dans la même classe de maternelle. Elle organisent un dîner en elles et s'aperçoivent qu'elles ont bien plus en commun que le mariage et la maternité.

Netflix a aussi signé un montant à sept chiffres, en équipe avec Vertical Entertainment, pour pouvoir diffuser en svod Berlin Syndrome, thriller psychologique de Cate Shortland). C'est apparemment la tendance: les droits en streaming sont négociés avec les droits de distribution au cinéma.

Toujours du côté de Netflix, le diffuseur a acquis les droits mondiaux du documentaire environnement Chasing Coral, qui, on s'en doute, concerne la destruction des barrières de corail à cause du réchauffement climatique. Le film est en compétition à Sundance. Alors que la nouvelle administration de Donal Trump, composée de climato-sceptiques, fait craindre un retour en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique, le film de Jeff Orlowski a intéressé de nombreux distributeurs. Netflix, avec sa force de frappe mondiale et son portefeuille épais, a fait la différence. L'environnement est un des grands thèmes du festival de Sundance cette année, avec notamment la première mondiale de An Inconvenient Sequel, suite du documentaire d'Al Gore, An Inconvenient Truth, Oscar en 2006.

Les documentaires ont d'ailleurs la côte puisque The Orchard et CNN ont acquis les droits nord-américains et télévisuels de Trophy, réalisé par Shaul Schwarz et Christina Clusiaupour 2M$. Trophy, autre film activiste, explore les relations entre l'industrie de la chasse et la sauvegarde de la faune, notamment les lions, les éléphants et les rhinocéros. Il est en compétition au festival.

Enfin, last but not least, Amazon a aussi signé un gros chèque de 6M$ pour le documentaire de 4 heures sur le groupe The Grateful Dead , réalisé par Amir Bar-Lev et produit parr Martin Scorsese. Il sera notamment diffusé sur Amazon Prime, en six épisodes. Une sortie cinéma est prévue également.

Cannes 2015 : La glace et le ciel de Luc Jacquet, un documentaire engagé pour clore la 68e édition

Posté par MpM, le 30 avril 2015

la glace et le cielLa 68e édition du Festival de Cannes s'achèvera donc sur une note engagée avec La glace et le ciel, le 4e film de Luc Jacquet (La marche de l'empereur, Le renard et l'enfant). Le documentaire aborde la question du réchauffement climatique et de ses conséquences pour la planète à travers les découvertes du scientifique Claude Lorius, parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique.

"Je crois que l’homme va se redresser. L’homme va trouver la solidarité qui mènera les gens qui vivent sur cette planète vers un autre type de comportement" déclare ce dernier, désormais âgé de 82 ans, et malgré tout convaincu que l'optimisme face à l'avenir est de mise.

Un message qui bénéficiera d'une audience inattendue grâce à cette projection cannoise saluée comme "une chance immense" par Luc Jacquet. "Je suis heureux et impressionné, un peu comme le joueur de fifre des contes qui est reçu au palais. Montrer ce film dans le plus grand festival de cinéma au monde, c’est contribuer à ce défi gigantesque que doit relever au plus vite l’humanité pour pérenniser son avenir et celui de la planète" déclare-t-il dans le communiqué du Festival.

"Programmer un tel film, c'est l'envoyer dans le futur, et c'est se donner rendez-vous pour que réussisse la Conférence Climat qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015", soulignent quant à eux les organisateurs.

C'est la première fois qu'un documentaire est proposé en clôture de la manifestation. Il succède à Pour une poignée de dollars de Sergio Leone en 2014 et Zulu de Jérôme Salle en 2013.

Steak (R)évolution: un documentaire cuit à point

Posté par vincy, le 5 novembre 2014

steak (r-evolution franck ribiere

Synopsis: Steak (R)évolution parcourt le monde à la découverte d'éleveurs, de bouchers et de chefs passionnés. Loin des élevages intensifs et des rendements industriels, une révolution est déjà en marche ; la bonne viande rouge devient un produit d'exception, voire de luxe. Mais où se trouve le meilleur steak du monde ?
Franck Ribière et son boucher favori, Yves-Marie Le Bourdonnec, partent rencontrer les nouveaux protagonistes de la filière, généreux, attachants et écologistes, pour essayer de comprendre ce qu'est une bonne viande. Les nouveaux enjeux du marché ne sont pas toujours là où on les attend.
Steak (R)évolution est un film gourmand et politiquement incorrect sur la viande "haute couture".

Notre avis: Avec Steak (r)évolution, Franck Ribière signe un documentaire sur la viande. Le film n'est pas là pour nous faire devenir végétarien puisqu'il valorise la bonne viande. De même, ce n'est pas un calvaire à regarder pour ces mêmes végétariens puisqu'il ne s'agit pas d'un brûlot critique contre le steak.

Franck Ribière signe plutôt un hymne à la bonne bouffe, à opposer à cette malbouffe qui nous fait oublier le goût et les saveurs. Il n'est pas non plus béat devant le produit en soulignant bien que l'abus de viande nuit à la santé.

Le propos de Steak (r)évolution est ailleurs. D'Argentine au Brésil, d'Espagne en Corse, des Îles britanniques aux Etats-Unis, du Japon au Québec, il fait le tour du monde des Chefs, bouchers, éleveurs: toutes ces personnes qui sont en contact avec le boeuf. Véritable cours scientifique sur les différentes races (passionnant), c'est avant tout un cri d'amour pour des "artisans". Ceux qui perpétuent une tradition (l'élevage non intensif, la qualité du produit final) ou qui élèvent la simple bavette au rang de plat inoubliable. C'est un véritable portrait transfrontalier d'une profession et de sa passion, qui rappelle les documentaires de Jonathan Nossiter (Mondovino). Le boeuf n'est pas le même selon les pays. Il ne se consomme pas de la même manière non plus.

Ce qu'il en ressort compte peu. Si vous êtes carnivore, vous ferez juste attention à la viande que vous achetez. Steak (r)évolution est avant tout une prise de parole, alertant sur les méfaits d'une alimentation industrielle, expliquant la difficulté d'un travail complexe, vantant la prédominance d'un produit quand il est de qualité.

Le réalisateur opère un véritable désossage de la filière, dans son meilleur aspect. Ici, nulle ferme des 1000 vaches, aucun MacDo, pas de Charal. Le documentaire est avant tout sociologique: l'impact d'un aliment dans notre culture, une profession de l'agriculture, un regard sur les usages d'un produit identique qui diffère selon les peuples.

L'évolution a bien eu lieu au fil des siècles. Les races se sont mélangées, elles sont désormais mieux vérifiées. Les morceaux de boeufs conduisent à des variations culinaires infinies. La révolution arrivera sans doute bientôt: l'élevage est nocif pour l'environnement et le végétarisme gagne des parts de marché. La viande sera peut-être un produit de luxe pour les prochaines générations. En attendant, du boeuf de Kobé, au 500 grammes de protéines à Buenos Aires, du T-Bone américain au bourguignon en France, le boeuf est incontestablement le meilleur ami de l'Homme depuis qu'il a découvert que, cuit, c'était délicieux. Avec ou sans sel, sauce, poivre ou autres condiments et accompagnements.