Venise 2018 : The Favourite, déjà parmi les favoris

Posté par kristofy, le 31 août 2018

Yorgos Lanthimos est l'exemple même de cinéaste révélé par les festivals majeurs et qui, grâce à ce tremplin, attire sur lui l'oeil de la profession pour chaque nouveau projet, avec un casting de stars internationales. Après Canine à Cannes en 2009 et Alps à Venise en 2011, deux films grecs, il poursuit dans la même veine de récit à propos de rapports humains aux règles très étranges avec les films "britanniques" The Lobster (Colin Farrell, Rachel Weisz, Léa Seydoux, John C Reilly, Olivia Colman, Ben Wishaw) et Mise à mort du cerf sacré (Colin Farrell et Nicole Kidman). Il était sans doute temps pour lui de proposer quelque chose de très différent, laissant derrière lui son formalisme glaçant. On lui a alors proposé un scénario so british, écrit par Deborah Fean Davis et Tony McNamara: la cour de la Reine Anne d'Angleterre au début des années 1700 : The Favourite est en compétition à Venise.

La Royauté britannique au féminin a toujours inspiré des œuvres fortes (et des rôles en or pour les actrices) : Elisabeth avec Cate Blanchett (Oscar), The Queen avec Helen Mirren (Oscar), The Young Victoria avec Emily Blunt, Confident royal avec Judi Dench, la série The Crown avec Claire Foy... Est-ce le cas avec The Favourite réalisé par Yorgos Lanthimos ? Bien sûr, production britannique oblige. Les costumes et accessoires sont somptueux dans le cadre d'un grand château. Mais surtout le film est servi par un casting british royal : Olivia Colman, Rachel Weisz, Nicolas Hoult, Joe Alwyn et l'américaine Emma Stone, tous venus à Venise (sauf Rachel Weisz, enceinte).

The Favourite commence de la manière la plus classique et la plus efficace : le spectateur découvre le personnage principal qui pénètre dans un univers avec ses codes. Voici donc Emma Stone (Abigail Masham) qui arrive toute boueuse pour demander assistance à une lointaine cousine : elle a besoin d'un toit et d'une place. Elle est donc engagée comme servante (dans les cuisines en sous-sol) de Rachel Weisz (duchesse de Marlborough), qui est à la fois favorite et amie de confiance de la reine. Emma Stone cherche à monter en grâce auprès de Rachel Weisz et même auprès de la reine elle-même : on n'est pas favorite sans user de diverses manigances...

La reine est justement mal en point avec des douleurs aux jambes, Emma Stone a l'audace de préparer et proposer un onguent d'herbes et de plantes, qui en fait la soulage. Emma Stone est donc remarquée et gagne au passage le privilège de disposer d'une petite chambre plutôt que de dormir à même le sol avec d'autres servantes. Et elle compte bien continuer son ascension avec différents stratagèmes pour devenir de plus en plus indispensable, et donc puissante... The Favourite est raconté sous forme de différents chapitres qui se suivent et au cours duquel elle gagne en influence tout en s'exposant davantage aux dangers en se créant des rivalités avec d'autres personnages de la cour. En coulisse des affaires d'impôt et de guerre doivent se décider selon l'arbitrage et les ordres de la reine, et une favorite est une personne qui peut à la fois espionner ou influencer des décisions.

Dans le rôle de Anne d'Angleterre Olivia Colman livre une interprétation phénoménale de reine autoritaire, instable, acariâtre, fêlée. Elle sera probablement récompensée pour ce rôle à Venise, aux BAFTA, et ailleurs. En France il faudra attendre le 16 janvier 2019 pour voir le film.


Little Women : Emma Watson remplacera Emma Stone dans l’adaptation de Greta Gerwig

Posté par wyzman, le 25 août 2018

La nouvelle est tombée il y a quelques heures sur Variety : Emma Watson est sur le point de rejoindre l'adaptation de Greta Gerwig des Quatre Filles du Docteur March.

Un casting impressionnant

Si l'on en croit les informations du magazine américain, Emma Watson prendrait la place d'Emma Stone qui ne peut se joindre au tournage en raison d'obligations contractuelles liées à The Favourite, le film de Fox Searchlight déjà en route pour les Oscars 2019. Si l'arrivée d'Emma Watson devrait donner un véritable coup de boost à la production de Little Women, le média révèle que l'attribution des rôles n'a pas encore été dévoilée et que l'on ne sait donc pas qui Emma Watson interprétera dans cette nouvelle adaptation du du roman de Louisa May Alcott.

Néanmoins, et comme on vous le disait un peu plus tôt, Little Women dispose déjà d'un casting quatre étoiles. En effet, outre Emma Watson, Greta Gerwig qui écrit et réalise le film, a déjà trouvé un accord avec Meryl Streep (Mamma Mia! Here We Go Again), Laura Dern (Star Wars : Les Derniers Jedi), Saoirse Ronan (Lady Bird), Timothee Chalamet (Call Me By Your Name) et Florence Pugh (The Young Lady).

Pour rappel, Les Quatre Filles du Docteur March suit les péripéties de jeunes sœurs issues de la classe moyenne alors que leur père, un pasteur nordiste, est engagé comme aumônier pendant la guerre de Sécession. Publié en 1868 aux Etats-Unis, le roman de Louisa May Alcott est aujourd'hui un classique de la littérature américaine. Le film de Greta Gerwig est d'ores et déjà programmé pour une sortie le 8 janvier 2020 en France et devrait concourir pour les Oscars de cette année-là !

Sacré casting en vue pour « Les quatre filles du docteur March » de Greta Gerwig

Posté par vincy, le 30 juin 2018

Sony accélère la production de Little Women (aka Les quatre filles du Docteur March). Le studio veut absolument que ce soit le prochain film de Greta Gerwig, nommée à l'Oscar de la meilleure réalisatrice cette année pour son premier film Lady Bird.

Le film semble attirer les talents: Meryl Streep, Emma Stone et Florence Pugh (The Young Lady) sont en négociations pour rejoindre ce projet, tout comme Saoirse Ronan et Timothee Chalamet, qui étaient tous deux déjà dans Lady Bird.

Le casting doit encore être complété par l'actrice qui incarnera Beth aux côtés d'Emma Stone, Saoirse Ronan et Florence Pugh, qui pourraient être respectivement Meg, Jo et Amy. Une série d'auditions est prévue cette semaine.

Columbia Pictures et Amy Pascal cherchent depuis plusieurs années à faire "revivre" au cinéma l'histoire des Quatre filles du Docteur March, grand classique adapté du roman de Louisa May Alcott plusieurs fois adapté au cinéma.

La dernière version hollywoodienne de 1994, réalisée par Gillian Armstrong, avait déjà un casting de luxe: Winona Ryder, Claire Danes, Kirsten Dunst , Christian Bale, Susan Saranadon, John Neville, Gabriel Byrne... Le film avait reçu trois nominations aux Oscars dont une pour Winona Ryder en tant que meilleure actrice. On peut aussi rappeler la version de 1933, réalisée par George Cukor, avec Katharine Hepburn et Joan Bennett. Sans oublier les multiples déclinaisons en série TV (dont celle de la BBC l'an dernier en minisérie).

Les étoiles semblent alignées

L'histoire se déroule pendant et après la Guerre de Sécession. En l’absence de leur père Robert, pasteur nordiste engagé comme aumônier dans cette guerre civile, quatre jeunes sœurs font face aux difficultés de la vie quotidienne. La raisonnable Margaret (surnommée Meg), l'intrépide Joséphine (surnommée Jo), la charitable Élisabeth (surnommée Beth) et l'orgueilleuse Amy vivent dans l'État du Massachusetts avec leur mère et leur fidèle domestique, Hannah. Autrefois riche, la famille March a été ruinée lorsque Mr March avait aidé un ami dans ses affaires, ce qui avait entraîné la faillite. Malgré cela, la famille est heureuse et généreuse.

Greta Gerwig adaptera elle-même le livre. Si le scénario ne semble pas encore complètement finalisé, la presse professionnelle souligne l'impatience du studio et des producteurs à vouloir commencer la production au plus vite. D'autant qu'à la fin de l'été tout le monde semble être disponible et sans engagement immédiat. Emma Stone a terminé le tournage de The Favourite. Saoirse Ronan vient d'achever celui de Mary Queen of Scots. Timothee Chalamet tourne cet été The King pour Netflix. Et Meryl Streep a encore quelques jours de tournage pour la série Big Little Lies.

Edito: je, set et match

Posté par vincy, le 9 novembre 2017

Le 8 novembre, les spectateurs peuvent "revivre" la finale de Wimbledon de 1980 opposant les deux premiers mondiaux, Björn Borg et John McEnroe. Ce fut le match le plus regardé de l'histoire de ce sport jusqu'en 2008. Après quatre heures d'un match saisissant, le Suédois conserve son trophée et son trône en battant l'Américain 1-6, 7-5, 6-3, 6-7 (16-18), 8-6. McEnroe prendra sa revanche l'année suivante en battant Borg 4–6, 7–6 (7–1), 7–6 (7–4), 6–4. Borg McEnroe c'est une rivalité entre deux amis (ils se connaissaient mal avant cette final d'anthologie) que seuls Federer et Nadal sont parvenus à surclasser (de très loin), et notamment en battant les records d'audience TV et la durée de la finale la plus longue en 2008.

Nul ne doute que le duel/duo Suisso-espagnol fera un jour l'objet d'un ou de plusieurs films. Les deux champions finiront en biopic, leurs confrontations feront de grands films dramatiques sur ce sport. Il faudra juste choisir l'angle, ou la période, ou le match qui servira de prétexte à ce futur film.

Borg McEnroe se focalise sur la pression exercée sur les deux joueurs ambitieux et mauvais perdants. Si le tennis fascine tant le cinéma, c'est bien parce qu'il est cinégénique, élégant et nerveux. De Match Point à La plus belle victoire (Wimbledon) en passant par La Famille Tenenbaum, l'esthétique de ce sport et son essence même (des duels imprévisibles) en font un parfait décor pour une romance ou un drame. Ici, ce qu'on nous montre aussi c'est la professionnalisation d'un sport et surtout sa démocratisation.

Le 22 novembre sortira Battle of the Sexes. Avec Emma Stone en Billie Jean King, première "star" du tennis féminin, première sportive ouvertement homosexuelle, première en tout le plus souvent d'ailleurs. Face à elle Steve Carell en Bobby Riggs, vétéran et dinosaure du tennis masculin, lui même ancien leader mondial dans le domaine. Là on nous raconte deux histoires: l'émancipation des femmes et l'aspiration à être l'égale des hommes. L'enjeu dramatique est un autre match légendaire: en indoor, à Houston, diffusé à la TV (en prime time sur une chaîne nationale, une première!), devant 30000 personnes (un record), un homme contre une femme. Et à la fin le sexe faible est le plus fort. Avec ce film, on remonte aux origines d'un sport, qui, grâce à eux deux, s'est médiatisé, popularisé, et surtout scindé. Les femmes ont créé leur propre circuit.

En voyant cela, on imagine les films qui pourraient se faire "d'après une histoire vraie". En France, avec Noah (dernier champion à domicile en Grand chelem) et Mauresmo (seule "joueur" français à avoir été numéro 1 mondial), on a un peu de matière à condition d'aborder autre chose que leur victoire. Ailleurs, nul ne doute que Chris Evert, André Agassi, Martina Navratilova, Monica Seles, les sœurs Williams peuvent fournir un sacré matériau dramatique.

Car outre le tennis, d'autres sports, autre que la Boxe, le foot et le baseball, commencent à être une nouvelle source d'inspiration. I, Tonya avec Margot Robbie incarnant la patineuse Tonya Hardling a reçu un bon accueil à Toronto. Des projets sur Ivan Lendl, Alain Prost ou Jesse Owens sont en cours.

Pour le cinéma, il y a un sacré enjeu: raconter une histoire captivante, universelle, dramatique de préférence, tout en filmant, à l'instar de Rush pour la Formule 1, les compétitions avec un autre regard que celui du direct à la télévision, ou celui du spectateur dans un stade. Pour gagner ce match (live versus cinéma), il faut assurément une bonne histoire qui tourne autour d'un grand personnage. Car derrière tout champion il y a un égo format grand écran, un "je" immense qui passionne de plus en plus les comédiens au "jeu" ambitieux. Et qu'on rassure les non sportifs, aucun des acteurs interprétant Borg, McEnroe, BJK ou Riggs ne savaient vraiment jouer au tennis avant de nous faire croire à des lobs insensés et des revers magiques.

Oscars 2017: La La Land, Moonlight, deux enveloppes et un addict aux tweets

Posté par cynthia, le 1 mars 2017

Dans la nuit de dimanche à lundi, le plus grand malaise de l'histoire des Oscars a eu lieu au Dolby Theater. Non ce n'est pas Jennifer Lawrence qui s'est encore cassée la figure, c'est bien pire: ils ont annoncé le mauvais gagnant. Alors si vous vivez dans une grotte et que vous n'avez pas vu cet accident industriel, on vous rappelle les faits.

Le pataquès sur scène devant les caméras

La cérémonie touche à sa fin lorsque Faye Dunaway et Warren Beatty, le duo de Bonnie & Clyde (ça finissait mal d'ailleurs ce film) sont appelés à annoncer le grand gagnant, soit l'Oscar du meilleur film. Silence dans la salle, Warren ouvre l'enveloppe, semble mal à l'aise, regarde son amie, regarde l'enveloppe, regarde de nouveau son amie qui termine par lui lancer un "Non mais vas-y" avant d'hésiter (deux fois), de regarder le papier de la discorde puis l'actrice à ses côtés. N'en pouvant plus, Faye lui arrache l'enveloppe, mot devenu très tendance, et annonce le titre du film qu'elle voit: "La La Land!" Damien Chazelle sert dans ses bras avec fougue sa petite copine, toute l'équipe saute de joie et monte sur scène. Les producteurs Jordan Horowitz, Fred Berger, Marc Platt remercient tout le monde. Mais soudainement, alors qu'il discute avec Ryan Gosling, Horowitz déboule devant le micro. Il a entendu quelque chose et balance dans la confusion la plus totale: "Les gars, il y a eu une erreur! Moonlight c'est vous qui avez gagné ! Ce n'est pas une blague !" Alors que tout le monde s'attend à ce qu'il découpe son Oscar tel Adele avec son Grammy, afin de le partager avec l'équipe de Moonlight, le producteur de La La Land arrache la nouvelle enveloppe que l'on vient de donner à Warren Beatty pour montrer à la caméra et à l'assistance que c'est bien le film de Barry Jenkins qui est marqué sur le carton... Le temps que l'équipe de La La Land se mette en retrait, que Jimmy Kimmel intervienne un peu hagard, que Warren Beatty explique sa confusion, et que l'équipe de Moonlight monte sur scène et reçoive ces applaudissements: le mal était fait.

Choc dans l'assemblée nous avons eu le droit aux meilleures réactions de l'histoire du septième art, entre Ryan Gosling qui pouffe de rire sur scène (on adore), l'équipe de Moonlight où chacun se maintien la poitrine, Dwayne Johnson qui lève tellement son sourcil que ce dernier s'est réfugié en son crâne, Casey Affleck aussi mal à l'aise que lorsqu'il a été accusé d'agressions sexuelles ou encore Michelle Williams et Meryl Streep la bouche bloquée dans un "WHAT"! En 89 ans, c'était une première. Tout a foiré.

Pendant ce temps, dans les coulisses...

Dans les coulisses, Jimmy Kimmel prépare sa sortie avec Matt Damon. Il est tranquille mais l'acteur lui dit qu'il a entendu le régisseur parler d'erreur sur le gagnant. Kimmel ne comprend pas tout de suite, de son propre aveu, et son ami Damon le pousse à aller sur scène pour calmer l'effervescence.

Damien Chazelle sert dans ses bras le réalisateur de Moonlight (mais quel homme ce Damien) avant de s'éclipser, le regard sombre, avec son équipe de la scène. Warren Beatty s'excuse en expliquant qu'il avait la précédente enveloppe dans les mains (Oscar à Emma Stone pour LA LA LAND) et non celle qu'il devait avoir. Or, Emma Stone (grande fan de Moonlight), lors de son interview en backstage, explique qu'elle était très excitée pour Moonlight "car c'est le meilleur film de tous les temps" et qu'elle s'est mise sur le côté tout en tenant dans ses mains le carton où était inscrit son nom. "J'étais ultra-excitée pour Moonlight et je tenais la carte avec mon nom en tant que meilleure actrice tout ce temps! Je n'ai pas envie de commencer une histoire ou quoique ce soit mais je veux juste préciser que j'avais cette carte dans les mains! Du coup je ne sais pas ce qui s'est passé et j'ai vraiment eu envie de vous en parler en premier!"

Donc, DOUX JESUS que s'est-il passé? Un complot afin de discréditer le film hollywoodien par excellence que tout le monde voyait gagner? Miles Teller aurait-il jeter un sort à Damien Chazelle après avoir été évincé du projet La La Land?

Selon d'autres rumeurs et même si Emma Stone affirme avec force qu'elle avait son carton, l'un des responsables des enveloppes, Brian Cullinan, à ce poste depuis 4 ans, était plus occupé à tweeter des photos avec les lauréats (qu'il a retiré par la suite, comme par hasard) qu'à surveiller le bon échange des papiers sacrés. Quand on vous dit que les réseaux sociaux sont un fléau! Mais désormais on en a la preuve: Variety a réussit à obtenir des photos de Brian Cullinan en coulisses durant toute cette séquence.

Le distrait

En fait il y a deux piles d'enveloppes : pour chacune des catégories, il y a deux cartons si vous préférez. L'une à la gauche de la scène, l'autre à la droite. Selon par où entrent les remettants. Le rigoureux cabinet PwC, en charge de l'opération "enveloppe", ne s'était jamais trompé pourtant en 83 ans. C'est arrivé ce soir là. Quelqu'un, distrait par son narcissisme, a confondu de pile. Mais immédiatement, Cullinan et sa collègue Martha Ruiz, qui connaissent par cœur la liste des vainqueurs, comprennent qu'il y a une erreur. Martha Ruiz ouvre alors l'enveloppe de sa pile pour vérifier que c'est normalement Moonlight le gagnant. Et Cullinan a alors prévenu toute la production. Cela a quand même pris deux minutes entre La La Land de Dunaway et Moonlight de Horowitz.

Avec ce scandale, soit le moment le plus dingue de toute l'histoire de l'académie, les Oscars ont réussi à faire parler d'eux alors que c'est le film le moins coûteux de l'histoire de la récompense qui a été primé. PwC a évidemment pris l'entière responsabilité de son erreur. Cela a empêché Jimmy Kimmel de faire son épilogue avec Matt Damon. En revanche, les internautes ont très vite détourné ce moment, de M. Night Shyamalan qui avoue avoir écrit la fin de cette cérémonie, à Kimmel qui confesse qu'un tel final ne s'était jamais vu à la TV depuis l'épilogue de Lost, en passant par ceux qui ont parodié le carton.

L'académie s'est excusée. Une enquête est en cours. Des têtes vont tomber. Pendant ce temps, on peut dire que la victoire de Moonlight a été un peu volée (le temps des discours a été fortement réduit) et que le triomphe de La La Land a été amoché.

Oscars 2017: Moonlight triomphe, La La Land et Manchester by the Sea rayonnent

Posté par vincy, le 27 février 2017

Il y avait une revendication anti-Donald Trump dans l'air. Hollywood est entré en résistance. "Puissiez-vous toujours avoir le courage d'affronter vos peurs" le disait si bien le réalisateur Alan Barillaro, auteur du court de chez Pixar, Piper, en gagnant son Oscar. Dans un registre plus léger, Jimmy Kimmel s'inquiétait: "Ça fait plus de 2 heures qu'on a commencé et Trump a pas fait un seul tweet sur les Oscars... Ça commence à m'inquiéter !". Il lui a donc envoyé un court tweet au président où "Meryl Streep lui disait bonjour", en référence au tweet de Trump considérant Streep "surévaluée". Kimmel en a fait son "running gag" puisqu'il avait déjà balancé plus tôt dans la soirée: "Dès le début de sa carrière, Meryl Streep a été médiocre. Elle a déçu dans 50 films et c'est sa 20ème nomination !" (bon en même temps celle de cette année était peut-être un peu superflue).

Mais Kimmel aussi pointé avec ironie la polémique de l'an dernier sur des Oscars jugés trop blancs: "J'aimerais remercier le président Trump. L'année dernière, on pensait tous que c'était les Oscars qui étaient racistes !"

Accident en direct

Oscars so white? Oubliez-ça! Pour une fois, les Oscars ont sacré, Moonlight, un premier film, avec un casting 100% black et une histoire gay! Le combo total! "Il y a une époque où je pensais que ce film était impossible ! Merci beaucoup" a clamé le cinéaste Barry Jenkins. Bon, on va passer sur l'erreur la plus dingue de l'histoire des Oscars: Warren Beatty et Faye Dunaway présentent l'Oscar du meilleur film. Beatty a un moment d'hésitation, trouvant sans doute étrange ce qu'il lit. Dunaway clame La la Land. L'équipe de Chazelle exulte et monte sur scène! Manque de bol, ce n'était pas la bonne enveloppe ("Ce n'est pas une blague!"). Un accident industriel. C'est bien Moonlight qui l'emporte et un producteur de La La Land, très digne, très classe tend l'Oscar à Barry Jenkins, qui n'en revient pas, assis dans la salle.
On retire tout ce qu'on a dit sur Hollywood qui préfère se regarder dans un miroir et oublie de récompenser des films qui regardent le monde. Pour le coup, cet Oscar du meilleur film est un vrai "face palm" ou une réaction à Trump et à ceux qui l'an dernier accusaient les Oscars de racisme.

Un américain musulman pour la première fois

Dans la catégorie du meilleur second-rôle, ce sont deux afro-américains pour deux films centrés sur des afro-américains, et leurs conditions de vie dans une Amérique qui ne leur fait pas de cadeaux, qui ont gagné. Viola Davis réalise ainsi l'exploit d'être la première interprète afro-américaine à avoir emporté un Emmy, un Tony et un Oscar. Outre l'Oscar du meilleur second-rôle pour Mahershala Ali (et premier acteur musulman à être ainsi lauréat d'un Oscar ce qui a du rendre Trump plus rouge que d'habitude), Moonlight a aussi remporté l'Oscar de la meilleure adaptation. L'auteur de la pièce originelle Tarell Alvin McCraney a d'ailleurs dédié "ce prix à toute la communauté LGBT !" Les minorités assument face à cette Amérique qui tente de revenir en arrière.

Un doublé rare grâce à Farhadi

Et que Le client décroche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (certes les quatre autres nommés n'étaient pas ni meilleurs ni moins bons) et on ne pourra qu'y voir une contestation affichée au Muslim ban du président des Etats-Unis, qui a empêché Asghar Farhadi d'aller sur la scène des Oscars pour la deuxième fois, cinq ans après celui qu'il a reçu pour Une séparation. Boycottant la cérémonie au nom des habitants des sept pays interdits d'entrée aux USA, il a rappelé que les films étaient fait pour partager les valeurs humanistes et abolir les frontières. Il devient le sixième réalisateur à gagner plus d'une fois cet Oscar (après Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972), Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), René Clément (1951,1953) et Akira Kurosawa (1952, 1976)).

Le plus jeune cinéaste oscarisé

Cette année, les Oscars ont éparpillé leurs récompenses entre de nombreux films tout en privilégiant Tu ne tueras point, Moonlight, Manchester by the Sea et bien sûr La La Land, qui ont tous gagné plus d'une statuette. Comme si les meilleurs films de l'année avaient chacun leurs propres qualités. De la technique pour le film de Mel Gibson, le scénario et l'acteur pour Manchester by the Sea. Casey Affleck a ainsi logiquement été sacré meilleur acteur, après avoir raflé à peu près tous les prix depuis novembre. la musique et la réalisation pour La La Land, qui récolte 6 Oscars! Damien Chazelle devient le réalisateur le plus jeune à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, by the way. Dommage qu'il ait fait un discours si banal... Comme on s'y attendait, Emma Stone rapporte elle aussi un Oscar de la meilleure actrice, empêchant Isabelle Huppert de faire son grand chelem américain. "J'ai encore beaucoup à apprendre mais cette statuette c'est un symbole pour poursuivre ce voyage" a rappelé la jeune actrice.

Ce fut donc un palmarès sans réelle surprise, mais assez équilibré pour cette 89e Cérémonie des Oscars, et la preuve, une fois de plus, que les films d'auteur ont réellement dominé l'année hollywoodienne. C'est d'autant plus une bonne nouvelle que chacun des gagnants a été rentable pour leurs producteurs et même, pour certains, de véritables succès publics. On peut regretter que plus les Oscars majeurs passaient, plus les discours s'affadissaient, avec des tonnes de remerciements personnels. La fin de la soirée était ainsi une suite de consécrations attendues, sans la verve de Jimmy Kimmel ou l'engagement des speechs des premiers gagnants.

Mais Kimmel a été bon jusqu'au bout. Profitant de l'incident sur l'Oscar du meilleur film, il a eu la bonne vanne pour conclure: "Je savais que j'allais foirer... Je vous promets de ne plus jamais revenir !"

Meilleur film: Moonlight
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice: Emma Stone dans La La Land
Meilleur acteur: Casey Affleck dans Manchester by the Sea
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis dans Fences
Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali dans Moonlight

Meilleur film en langue étrangère: Le client d'Asghar Farhadi
Meilleur film d'animation: Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Clark Spencer
Meilleur court métrage d'animation: Piper d'Alan Barillaro et Marc Sondheimer
Meilleur documentaire: O.J.: Made in America d'Ezra Edelman et Caroline Waterlow
Meilleur court métrage documentaire: The White Helmets d'Orlando von Einsiedel et Joanna Natasegara
Meilleur court métrage fiction: Mindenki (Sing) de Kristof Deak et Anna Udvardy

Meilleur scénario: Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
Meilleure adaptation: Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney (Moonlight)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)
Meilleure chanson: "City of stars" (La La Land)

Meilleure image: Linus Sandgren (La La Land)
Meilleur montage: John Gilbert (Tu ne tueras point)
Meilleurs décors: David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco (La La Land)
Meilleurs costumes: Colleen Atwood (Les animaux fantastiques)
Meilleurs maquillages et coiffures: Alessandro Bertolazzi, Giorgio Gregorini, Christopher Allen Nelson (Suicide Squad)
Meilleur montage (son): Sylvain Bellemare (Premier contact)
Meilleur mixage (son): Kevin O'Connell, Andy Wright, Robert Mackenzie, Peter Grace (Tu ne tueras point)
Meilleurs effets visuels: Robert Legato, Adam Valdez, Andrew R. Jones, Dan Lemmon (Le livre de la jungle)

BAFTA 2017: La La Land et le cinéma américain font une OPA sur les « Oscars » britanniques

Posté par cynthia, le 13 février 2017

Dans la soirée du 12 février, la cérémonie des BAFTA ou les Oscars britanniques s'est déroulée dans le froid, sous la pluie et sous le signe du glamour et de La La Land.

Sans surprise, c'est le film de Damien Chazelle qui repart en effet grand gagnant avec 5 prix dont les prestigieux meilleur film, meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et meilleure actrice pour Emma Stone. Le film est aussi sacré pour sa musique et sa photographie. Annonciateur pour les prochains Oscars, il est sûr que La La Land n'a pas fini de faire chanter son réalisateur et l'industrie, quitte à trouver ses seuls détracteurs en France, pays de Jacques Demy.

Côté acteur, c'est Casey Affleck qui est sacré pour son rôle dans Manchester by the Sea qui est aussi récompensé pour son scénario original.

Lion, production Weinstein, remporte 2 baftas (meilleure adaptation et meilleur second rôle masculin pour Dev Patel. Viola Davis ne repart pas bredouille puisque elle emporte le prix du meilleur second rôle féminin pour Fences.

Tandis que ceux qui s'interrogent sur ce palmarès américain, la Palme d'or de 2016, Moi Daniel Blake de Ken Loach, repart avec le prix du meilleur film britannique.

Notons que Moonlight et Noctural Animals ont été boudés par cette 70e cérémonie colonisée par Hollywood. En soi le scandale est là et on se demande toujours pourquoi les artistes britanniques ne se révoltent pas conte cette cérémonie qui a plus l'allure d'une copie des Oscars, avec en bonus une soumission idéologique.

Le palmarès complet:
Meilleur film: La La Land
Meilleur film britannique: Moi, Daniel Blake
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle ( La La Land)
Meilleure actrice: Emma Stone ( La La Land)
Meilleur acteur: Casey Affleck (Manchester by the Sea)
Meilleur second rôle masculin: Dev Patel (Lion)
Meilleur second rôle féminin: Viola Davis (Fences)
EE Rising Star (meilleur espoir): Tom Holland
Meilleur scénario adapté: Lion
Meilleur scénario original: Manchester by the Sea
Meilleur premier film: Babak Anvari, Emily Leo, Oliver Roskill, Lucan Toh (Under the Shadow)
Meilleur film étranger: Le Fils de Saul
Meilleur documentaire: 13th
Meilleur film d’animation: Kubo et l’armoire magique
Meilleure photographie: La La Land
Meilleur montage: Tu ne tueras point
Meilleur maquillage et coiffure: Florence Foster Jenkins
Meilleurs costumes: Jackie
Meilleurs décors: Les Animaux fantastiques
Meilleurs effets spéciaux: Le Livre de la Jungle
Meilleure musique: La La Land
Meilleur son: Premier Contact (Arrival)
Meilleur court métrage britannique: Home
Meilleur court d’animation britannique: A Love Story

Damien Chazelle: « Je voulais que La La Land soit comme une musique romantique! »

Posté par cynthia, le 26 janvier 2017

Peu connu il y a un an, mais déjà aimé par les cinéphiles, Damien Chazelle, qui vient de fêter ses 32 ans, a grimpé les échelons aussi vite qu'il est possible de le faire à Hollywood. D'abord un film documentaire qui lui vaudra de se faire remarquer (Guy and Madeline on a Park Bench) avant de retourner au Festival de Deauville en 2014 avec son ballet sanglant, Whiplash. Deux ans, 7 Golden Globes et 14 nominations aux Oscars plus tard, le cinéaste s'offre une courte masterclass parisienne, avec sa timidité et sa modestie (déjà palpable lors de notre tête à tête avec lui en 2014), pour le génial La La Land, Damien Chazelle s'est confié à son auditoire.

L'ombre d'Hitchcock

"Quand j'étais très petit j'ai voulu faire du cinéma. Je n'ai jamais voulu faire autre chose. Petit, je dessinais, j'adorais Disney et je voulais être Walt Disney (rires). Après ça, j'ai commencé à regarder des films et mes héros sont devenus Hitchcock, Spielberg ou Godard. Mais ça a toujours été le cinéma peu importe le genre. Je n'ai pas de souvenir d'avant ma passion le cinéma. C'est une passion qui a augmenté chaque année. Par contre ce qui est drôle avec La La Land c'est que je n'aimais pas trop les comédies musicales. Je n'aimais pas le moment où les gens commencent à chanter, je trouvais ça assez pénible (rires). Moi ce que j'aimais c'était les polars, les thrillers, les films d'Alfred Hitchcock surtout. Hitchcock était mon héros !! J'aimais les choses assez noires, assez macabres. J'ai commencé à lire sur le cinéma. J'avais 10 ans lorsque je lisais l'échange entre Truffaut et Hitchcock. À l'époque je pensais que Truffaut était un journaliste comme ça qui avait des bonnes questions (rires) mais j'étais déjà fasciné par Hitchcock."

Le déclic avec Demy

"Je faisais des petits films avec la caméra de mon père où je filmais mes amis, ma sœur, dans des trucs de meurtres et d'ailleurs c'était toujours ma sœur qui jouait les victimes (rires). C'était des films comme ça que je voulais faire. Simultanément, je faisais de la musique : d'abord le piano mais ça n'était pas ça, puis la batterie et c'était mieux. Les comédies musicales sont arrivées après. J'aimais beaucoup les comédies musicales françaises : Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg que j'ai découvert grâce à mon colocataire. Avant Les parapluies de Cherbourg, je ne savais pas qu'une comédie musicale pouvait dégager autant d'émotion et de mélancolie. Comme j'aime les choses noires, je trouvais les comédies trop joyeuses et avec Jacques Demy cela a changé. Du coup j'ai regardé tous les chef-d’œuvres des années 30, 40 et 50."

La catharsis Whiplash

"Le film Whiplash vient d'une expérience que j'ai vécu au lycée où j'avais un professeur un peu comme le personnage de Fletcher [incarné par J.K. Simmons dans le film, ndlr], cela me donne encore des cauchemars. C'était un moment très important tout de même dans ma vie. Je me posais la question de savoir s'il y a un équilibre entre la vie et l'art et ce qu'il faut pour devenir un artiste. Je fais des films pour trouver la réponse, Whiplash était surtout porté là dessus. D'ailleurs, l'écriture de ce film a été facile pour moi car c'était presque autobiographique. J'étais comme Andrew à son âge et j'ai écris des anecdotes très personnelles dans le scénario."

6 ans pour La La Land

"Cela nous a pris 6 ans pour faire le film et on a souvent entendu le mot NON plusieurs fois. C'était un projet très personnel pour moi, un projet de rêve et je ne savais pas si on n'allait pouvoir le faire vraiment. À partir du moment où on a tourné, où on a monté La La Land, c'était ça qui devenait surréaliste. Pour tout ce qui s'est passé après, je ne peux dire que merci.
Je me souviens que je n'étais vraiment pas bien avant le Festival de Venise. On avait juste terminé le film avant le festival et comme je savais qu'on allait faire l'ouverture , toute la nuit j'avais des crises d'angoisse. Moi, j'aimais bien le film, mais je ne savais pas si le public ou les critiques allaient bien répondre au film. Finalement, c'était un grand moment pour moi à Venise car je me sentais enfin léger.
Je voulais que La La Land soit comme un morceau de musique romantique. Que cela bouge comme de l'eau, que la caméra danse alors que pour Whiplash il fallait être dans la tête du ce batteur, il fallait que ce soit carré, claustrophobe. Whiplash était le sujet sur le prix à payer pour devenir ce que l'on veut, La La Land je voulais y ajouter de la joie."

Une ouverture d'anthologie

"C'était pour moi important de trouver une vraie autoroute et ne pas faire ce long plan séquence musical avec l'appui d'un ordinateur, car je voulais mêler la magie au réel. La ville nous a laissés utiliser une partie de cette autoroute de Los Angeles durant un week-end. On a fait beaucoup de répétition au préalable en studio mais il fallait l'adapter sur la vraie autoroute par la suite. Le soleil brûlait, il faisait chaud car c'était la canicule. D'un côté tant mieux (rires). Je voulais que ce soit comme un plan continue car je savais que le spectacle était tellement absurde et je voulais donner cette sensation de vrai. Comme si la caméra était une personne, coincée sur l'autoroute, qui s'échappe comme ça et qui commence à danser. D’où le fait que certaines chorégraphies sortent de l'écran. Pour faire ça j'avais un chef opérateur vraiment merveilleux avec qui, la chorégraphe Mandy Moore et moi-même, on échangeait énormément. Moi, je prenais mon I-phone et je courais comme un malade autour des voitures afin de montrer ce que je voulais. D'ailleurs, tout ce qui était bien sur l'i-phone ne rendait pas bien en cinémascope (rires). Mais cela nous a appris plein de choses sur la manière de filmer. On était tous nerveux, angoissés mais joyeux car il n'y a pas beaucoup de choses dansant à Hollywood. Il n'y avait que du positif. On a donc fait les prises samedi et le final avec Ryan Gosling et Emma Stone le dimanche."

Les étoiles: Emma Stone/Ryan Gosling

"J'ai commencé à écrire le scénario de La La Land fin 2010 et j'imaginais déjà à ce moment-là Ryan et Emma. Mais c'était un rêve... Je ne pensais pas que cela était possible. J'imaginais quelqu'un comme Emma Stone et comme Ryan Gosling. Et puis les années passaient, on avait de l'argent puis on n'en avait plus, on avait un acteur puis finalement on ne l'avait plus, on avait une actrice puis elle se désistait ou elle n'était plus disponible. Ça changeait chaque année. Après Whiplash, on a trouvé l'argent qu'il fallait pour faire le film. Puis j'ai rencontré les acteurs séparément. Le premier ça a été Ryan que j'ai rencontré au sujet du biopic d'Armstrong que l'on doit faire. Mais il a commencé à me parler de son fanatisme des comédies musicales des années 30 et de pleins de choses et c'est là que je me suis dit que c'était peut-être possible. C'était un coup de chance! Tout a fait que ça a fonctionné pour que ce soit Ryan et Emma : l'univers était avec moi. Ryan a même appris le piano pour l'occasion, il pratiquait tous le jours au point qu'on n'a pas eu besoin d'une doublure. Pour Emma je suis fasciné par son visage et en particulier ses grands yeux. Elle me rappelle les vedettes des années muets, elle est classique et moderne. Avec elle, on sent que la caméra l'adore et c'est très important pour un film d'amour.
Emma et Ryan dégagent cette amour avec la caméra. Ils sont non seulement des acteurs mais ils sont aussi des stars."

Golden Globes 2017: La La Land au firmament, Moonlight et Elle dans les étoiles

Posté par vincy, le 9 janvier 2017

7 Golden Globe Awards pour La La Land. Une razzia, et surtout un record. Le jeune cinéaste Damien Chazelle a réussi l'exploit de tout rafler ou presque dans une cérémonie dont le nombre de prix permet généralement un certain éparpillement. Son hommage à Los Angeles, son ode à l'amour impossible, son hymne à la musique et aux musicals de Minnelli et Demy a séduit les votants (les correspondants de la presse étrangère) du scénario à la chanson, des acteurs principaux à la réalisation.

Jusqu'ici il fallait remonter à Vol au dessus d'un nid de coucou et Midnight Express pour trouver un film ayant remporté 6 Golden Globe Awards.

Il ne reste donc pas grand chose pour les autres films. Moonlight a quand même réussi à récolter le convoité prix du meilleur drame tandis que Casey Affleck a reçu le prix du meilleur acteur pour Manchester by the Sea. Il apparaît comme l'unique favori pour les Oscars dans sa catégorie.

Amazing Huppert

La surprise a quand même été de voir Elle doublement récompensé: meilleur film en langue étrangère et surtout meilleure actrice dans un drame pour Isabelle Huppert. Elle était elle-même étonnée de supplanter ses concurrentes (et notamment une Natalie Portman a priori favorite). C'est seulement la deuxième française à recevoir ce prix dans la catégorie drame après Anouk Aimée en 1967 pour Un homme et une femme, la troisième avec Marion Cotillard dans la catégorie comédie/musical.

"Merci de m'avoir fait gagner dans un film français dirigé par un réalisateur néerlandais, ici aux Etats-Unis" a déclaré Huppert dans son discours de remerciement. "Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d'Amérique, d'Europe. N'attendez pas du cinéma qu'il dresse des murs et des frontières" a-t-elle ajouté en référence aux programmes politiques de nombreux dirigeants dans le monde, à commencer par Donald Trump, prochain président des Etats-Unis.

Meryl Streep, récompensée pour l'ensemble de sa carrière, n'a pas non plus ménagé ses critiques à l'égard des idées de Trump. "Vous tous dans cette salle appartenez aux segments les plus diabolisées de la société américaine en ce moment". Elle a rappelé que "Hollywood croule sous les gens venus d'ailleurs et les étrangers". "Si vous les mettez tous dehors, vous n'aurez plus rien à regarder que du football américain et des arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l'art" a-t-elle rappelé. L'actrice multi-oscarisée, dans un discours engagé, a fait sa petite leçon et son petit effet: "L'irrespect amène l'irrespect. La violence incite à la violence. Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants."

Palmarès cinéma

Meilleur film - drame: Moonlight
Meilleur film - comédie/musical: La La Land
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle (La La Land)

Meilleur acteur - drame: Casey Affleck (Manchester by the Sea)
Meilleure actrice - drame: Isabelle Huppert (Elle)
Meilleur acteur - comédie/musical: Ryan Gosling (La La Land)
Meilleure actrice - comédie/musical: Emma Stone (La La Land)
Meilleur second-rôle masculin: Aaron Taylor-Johnson (Nocturnal Animals)
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis (Fences)

Cecil B. DeMille Award pour l'ensemble de sa carrière: Meryl Streep

Meilleur scénario: La La Land
Meilleur film en langue étrangère: Elle
Meilleur film d'animation: Zootopie
Meilleure chanson: "City of Stars" (La La Land)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)

Les stars hollywoodiennes se lancent dans les séries TV

Posté par vincy, le 8 janvier 2017

Pour la première fois, Julia Roberts va être la star d'une série télévisée, en l'occurrence l'adaptation du best-seller Today Will Be Different (Aujourd'hui tout va changer, qui sera bientôt publié en France) de Maria Simple. La série suivra Eleanor Flood durant une journée pas comme les autre. Ce jour-là Eleanor veut enfin gérer tout ce qu'elle reporte indéfiniment. Hélas rien ne va se passer comme prévu et ces 24 heures vont avoir bien plus de conséquences qu'elle ne l'imaginait.

Ce n'est pas la seule star à avoir franchit le cap. Si Hollywood peut compter sur ses "grands noms" oscarisés ou populaires pour des téléfilms de prestige, la tendance à être au générique d'une série TV est assez récente. Le projet de Julia Roberts est particulier puisqu'elle co-produit la série, alors qu'aucun diffuseur n'est attaché au projet (mais nul ne doute que les enchères vont s'envoler).

Meryl Streep a aussi sauté le pas en septembre dernier en signant pour la série The Nix, adaptation du roman de Nathan Hill sorti l'été dernier. Produite par J.J. Abrams, qui devrait réaliser quelques épisodes, la série est centrée sur un professeur d'université dont l'étrange mère réapparait des décennies après avoir abandonné sa famille.

Autre "package" étoilé confirmé ce week-end: Kirsten Dunst, George Clooney (en producteur avec Smokehouse) et Yorgos Lanthimos (The Lobster) pour la réalisation d'une série à l'humour noir, On Becoming A God In Central Florida. Dunst incarnera une jeune veuve complètement démunie, employée d'un parc d'attraction au salaire minimum et qui ment, manipule et arnaque à sa manière après avoir été elle-même victime d'une escroquerie dont elle veut se venger.

Il y a deux mois, c'est le trio David O. Russell, Julianne Moore et Robert De Niro qui s'associait pour une série (sans titre) produite par The Weinstein Company pour le compte d'Amazon. La série sera écrite et réalisée par le cinéaste d'Happiness Therapy.

S'ajoutent Daniel Craig dans Purity, adaptation du dernier roman de Jonathan Franzen, écrite et réalisée par Todd Field ; ou encore Emma Stone et Jonah Hill dans Maniac, série en 10 épisodes réalisée par Cary Fukunaga et inspirée d'une série norvégienne. True Detective a fait des émules...

Avant c'était les vedettes du petit écran qui rêvaient du grand. Désormais, parce que la qualité des scénarios et des productions a donné à la série ses lettres de noblesses, et parce que l'audience globale est stratosphérique pour certaines d'entre elles, ce sont les stars du grand écran qui veulent s'inviter dans le petit.