Posté par vincy, le 30 décembre 2011

Belle affiche pour le 5e Festival international du film et de la musique de Küstendorf (Drvengrad), en Serbie. Créé par Emir Kusturica en 2008, le Festival s'offre cette année Isabelle Huppert, Benicio Del Toro, Jean-Pierre et Luc Dardenne et Asghar Farhadi, le réalisateur d'Une séparation (Ours d'or à Berlin). Le réalisateur double Palme d'or réside dans cette ville montagneuse de Serbie.
Par ailleurs, le Festival présentera Arirang de Kim Ki-duk et Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan, respectivement primés par le prix Un certain regard et le Grand prix du jury au dernier festival de Cannes. les deux cinéastes seront honorés par des rétrospectives.
Le jury, présidé par l'actrice iranienne Leila Hatami (Une séparation), devra départager 20 films de jeunes réalisateurs en vue de décerner l'Oeuf en or. La compétition proposera des films venus du monde entier dont le français Moussa de Christophe Nanga-oly. Hors compétition, des films comme Poulet aux prunes et Corpo Celeste seront projetés, en plus d'une importante sélection de films nationaux.
Le 5e Festival international du film et de la musique de Küstendorf se déroulera du 17 au 23 janvier 2012. Il a la particularité de donner autant de place au cinéma qu'à la musique.
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Posté par vincy, le 21 mai 2011
130 000 entrées pour la Palme d'or de 2010, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. Un seul film a fait pire, Les meilleures intentions, en 1992, avec un peu plus de 90 000 spectateurs. Oncle Boonmee s'approche donc davantage du Goût de la cerise, avec ses 160 000 curieux en 1997.
Mais osons le dire : sans la Palme d'or, le film de Apitchapong Weerasethakul n'aurait sans doute pas briller ainsi. C'est un record pour ce cinéaste si confidentiel aux oeuvres souvent hermétiques. Sans doute son film le plus accessible, Oncle Boonmee a réussit un exploit en plein automne. Et ce film a déjà rapporté dans le monde plus de 1 million de $ de recettes. Aux Etats-Unis, avec 155 000 $ de recettes (il est toujours à l'affiche), il fait même mieux que L'Eternité et un jour, Sous le soleil de Satan et Papa est en voyage d'affaires. Il pourrait même battre Underground au final.
Si c'est en France qu'il a connu la plus grosse audience, il aussi touché les italiens, les espagnols et les britanniques. Dans son propre pays, où il était interdit aux moins de 15 ans, Oncle Boonmee a récolté 32 000 $, le classant au 164e rang de l'année. Mais reconnaissons qu'il est rare de voir un film thaïlandais cartonner en Occident, hormis Ong Bak. Et les films d'auteurs asiatiques font rarement de tels scores.
La prochaine Palme aura pour défi de remplir un peu les salles. Cela fait 7 ans qu'une Palme d'or n'a pas été un succès au box office américain (Fahrenheit 9/11). En France, Entre les murs en 2008 est le seul millionnaire depuis 2005.
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Posté par vincy, le 4 mai 2011
Petites évolutions pour le festival de Cannes qui commence la semaine prochaine...
Le film de Michel Hazanavicius, The Artist, avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo sera finalement en compétition (au total 20 longs métrages).
Elena, d’Andrey Zvyagintsev, sera projeté le samedi 21 mai en clôture d'Un Certain Regard. Le jury de cette sélection est désormais connu. Autour de son Président, Emir Kusturica, il y aura l'actrice française Elodie Bouchez, le critique britannique Peter Bradshaw, le directeur artistique de Tribeca, Geoffrey Gilmore et la directrice du festival de Morelia au Mexique, Daniela Michel.
Le jury de la caméra d'or est lui aussi bouclé. Bong Joon-ho présidera la critique française Danièle Heymann, la directrice de Magyar Filmunio Eva Vezer, le chef opérateur français Robert Alazraki, le directeur de laboratoire Daniel Colland, le cinéaste Jacques Maillot et le critique Alex Masson. ils devront départager le meilleur premier film toutes sélections confondues.
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Posté par vincy, le 25 mars 2011
Deux fois Palme d'or (Papa est en voyage d'affaires, Underground), six fois en sélection officielle (un prix de la mise en scène au passage), Président du jury de la compétition en 2005, de celui des courts métrages Cinéfondation en 2003, membre du jury de la compétition en 1993 : Emir Kusturica est un artiste lié à l'histoire contemporaine du festival de Cannes.
En attendant ses prochains films, il reviendra sur la Croisette pour présider le jury Un certain regard, lors du 64e Festival (11-22 mai). Il devra, avec son jury, choisir parmi la vingtaine de films de la sélection pour décerné le successeur de Ha Ha Ha de Hong sang Soo, Prix Un certain regard 2010, actuellement à l'affiche.
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Posté par MpM, le 17 mars 2011
Pour les besoins de son prochain film, Emir Kusturica a élaboré le projet de construction d'un ancien village en pierres d'une cinquantaine de maisons. Le réalisateur serbe deux fois palmé à Cannes a en effet décidé d'adapter Le pont sur la Drina de l'écrivain yougoslave Ivo Andric (prix Nobel de littérature en 1961), un roman retraçant l'histoire de la Bosnie et de ses communautés qui se croisent et se déchirent.
"Nous construirons une ville qui sera comme si elle était édifiée il y a 400 ans", a déclaré le cinéaste. "Dans les rues de cette ville, sur ses places, sur les façades, les remparts, les toits et les pavés, on lira l'histoire qui s'est évaporée comme l'eau salée au soleil et qui a laissé derrière elle le scintillement des cristaux." Le projet bénéficie du soutien des dirigeants de la Republika Srpska, l'entité des Serbes de Bosnie où sera construit le village.
Les travaux de construction devraient commencer en juin à proximité du célèbre pont ottoman du XVIe, sur quelque 14 000 m2. Ils coûteront plus de dix millions d'euros, en partie financés par la Republika Srpska et le gouvernement de Serbie. Après le tournage, "Kamengrad", ou "La ville d'Andric" comme on appelle également le projet, devrait se transformer en attraction touristique.
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Posté par vincy, le 26 mars 2010
Le beau parcours international de Tahar Rahim, César du meilleur acteur et du meilleur espoir masculin pour Un Prophète, continue. Emir Kusturica est sur le point de l'enrôler pour être l'un des frères de son film Cool Water. Une comédie "palestinienne" qui se tournerait cet automne. Il s'agit de l'histoire de deux frères palestiniens pris dans une spirale tumultueuse pour faire passer leur père tout juste décéder de Jérusalem à Ramallah, en évitant la police israélienne et les maffieux russes.
Ce film, en grande partie allemand (scénariste, production...) est budgété modestement à 4,5 millions d'euros. Le financement reste à boucler. Kusturica souhaite tourner le film rapidement avant le tournage de Sept amis de Pancho Villa et la Femme aux six doigts, dont Johnny Depp sera la vedette.
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Posté par vincy, le 10 décembre 2009
Johnny Depp renoue avec le cinéma d'auteur européen. Hormis la version inachevée de Don Quichotte par Terry Gilliam, la star américaine s'était souvent fourvoyée dans des productions insipides hollwoodiennes ces dernières années, entre deux épisodes de la franchise qui l'a rendu milliardaire, Pirates des Caraïbes, et les films de Tim Burton. Cette année, avec les films de Terry Gilliam et Michael Mann, Depp a retrouvé son public cinéphile. Et ça devrait continuer puisque l'acteur a accepté d'être le révolutionnaire mexicain Pancho Villa dans le prochain film d'Emir Kusturica.
17 ans après Arizona Dream (Prix spécial du jury à Berlin), les deux artistes croisent de nouveau leur chemin. Depp est devenu une star mondiale catégorie A, Kusturica a été confirmé comme un cinéaste majeur avec une deuxième Palme d'or. Le réalisateur Serbe n'a cependant pas convaincu les critiques depuis plusieurs années, sans doute enfermé dans son style, ou désireux de liberté (documentaire, tournée musicale...).
L'actrice mexicaine (productrice hollywoodienne, épouse d'un milliardaire français) Salma Hayek complète le casting de ce film qui sera tourné cet hiver en Andalousie (Espagne).
Kusturica adapte ici le livre de James Carlos Blake, Les amis de Pancho Villa, racontant l'histoire du bandit et général mexicain "à travers les yeux de ses amis et de la femme qu'il aimait".
A l'origine, Kusturica avait songé à Javier Bardem pour le rôle de Villa.
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Posté par vincy, le 6 février 2009
Après le Che de Soderbergh, Pancho Villa par Emir Kusturica. Le cinéaste serbe projette de réaliser un "biopîc" sur le révolutionnaire mexicain. Le scénario est en cours d'écriture, avec Gordan Mihic, son collaborateur habituel, et s'intitule : Sept amis de Pancho Villa et la femme aux six doigts. Il s'agit de l'adaptation du livre de James Carlos Blake (Les amis de Pancho Villa, Rivages). La société de production française Fidelité prépare actuellement le tournage, qui aurait lieu au Mexique, en Espagne et en Serbie à la fin de l'année. La sortie n'est donc pas prévue avant fin 2010.
Kurturica espère pouvoir convaincre Javier Bardem d'endosser le costume du révolutionnaire, une trentaine de fois incarné au cinéma. Antonio Banderas, Yul Brynner, Telly Savalas, Raoul Walsch, Wallace Beery (dans Viva Villa, cité à l'Oscar du meilleur film en 1934) font partie de la longue liste d'interprètes. Pedro Amendariz Jr l'a joué quatre fois depuis 1957 dans Asi era Pancho Villa, Pancho Villa y la Valentina, Cuando viva Villa! es la muerte, la série "Aqui esta Pancho Villa" et Old Gringo, film où se côtoyaient Jane Fonda et Gregory Peck en 1989.
Pour Kusturica, après son documentaire sur Maradona, il s'agira de son premier film de fiction depuis Promets-moi, présenté à Cannes en 2007. Ce fut son premier gros échec public, et la première fois qu'un de ses films n'a été primé nulle part.
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Posté par MpM, le 9 août 2008

L'histoire : Succession de contes surréalistes en quatre tableaux qui mêlent deux destins : celui du fils d'une femme étrange et d'un universitaire déchu. La folie y croise les rêves, l'amour les armes. Une invitation au voyage à travers le temps et la Chine, une symphonie de couleurs, de textures et de sons. Avec Joan Chen.
Notre avis : Jian Weng avait fait sensation en 2000 avec Les démons à ma porte, Grand prix du festival de Cannes unanimement salué comme un pamphlet antimilitariste gonflé et percutant sur la guerre sino-japonaise. Tout le monde n’avait pas apprécié la blague, Pékin et Tokyo en tête, ce qui explique sans doute le long silence cinématographique qui s’en est suivi. Mais Jiang Wen est enfin de retour derrière (et devant) la caméra, avec un film qui, s’il ne réitère pas le choc du précédent, offre un savoureux mélange de farce truculente et d’espièglerie politique. L’intrigue (foisonnante, délirante, multiple) ne compte pas tant que les personnages hauts en couleur et les situations bigarrées imaginées par l’acteur-réalisateur. Il y a une femme fantasque qui aime sauter du haut des arbres et creuser des trous dans le sol, au grand dam de son fils singulièrement plus conventionnel. Il y a de jeunes femmes qui crient "cochon" quand on les touche, puis défilent au chevet de celui qu’elles ont accusé. Il y a enfin un homme envoyé en rééducation à la campagne et qui redécouvre les joies simples de la nature, quitte à en négliger l’essentiel. Des destins individuels qui se mêlent à l’histoire collective (la guerre, la révolution culturelle) sous le regard mi-ironique, mi-bienveillant du cinéaste.
Ce dernier ne manque d’ailleurs ni d’audace, ni de références, si bien que l’on croise au détour d’une scène le joyeux n’importe quoi baroque d’un Kusturica, l’outrance onirique d’un Fellini ou encore les fulgurances de Jiang Wen lui-même dans son précédent opus. Cette mise en scène inventive, faussement désordonnée, associée à une palette infinie de couleurs et de nuances, compose un univers rigoureusement personnel et pourtant totalement cohérent. Peu importe si l’on ne voit pas toujours où il veut en venir, ou si l’acharnement symbolique finit par sacrifier la clarté du propos, il y a dans chaque plan, dans chaque mouvement de caméra, presque dans chaque geste des acteurs, une étincelle de cinéma qui couve. Celle-ci ne s’embrase pas à chaque fois, mais l’infinité de possibles à explorer qu’elle offre est à elle-seule une promesse.
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Posté par vincy, le 29 juin 2008

Le sport le plus populaire du monde, c'est-à-dire le plus joué, le plus regardé à la télévision, générant le plus d’argent, est sans conteste le football, ou soccer aux Etats-Unis. Pas étonnant, qu’il soit aussi très courtisé par le cinéma. Cette année, entre le documentaire (raté) de Kusturica sur Maradona et le (très beau) film de Walter Salles (Linha de Passe) où l’un des frères se rêve footballer dans la patrie du ballon rond, le festival de Cannes introduisait l’Euro de football. Au détour d’une scène ou au cœur du film, un match de foot défie l’imaginaires des cinéastes et nargue les chef op’ : la télévision, avec sa multitude de caméra et sa prise de vue en direct se sait imbattable en matière d’adrénaline.
Aussi le cinéma préfère en faire un prétexte pour des initiations individuelles ou des drames sociaux. De Goal (trilogie raté à la gloire d’une nouvelle star du foot) à des films sur la violence dans les stades, du récent Affaire de famille (avec Grenoble en vice-champion de France !) des comédies (l’absurde Didier, le populo Trois zéro), la fiction explorent tous les recoins de ce sport. On répertorie quelques 200 films sur le sujet, et autant de documentaires (notamment Zidane en France, Libero en Allemagne, Pelé au Brésil). Les cinémas anglais, italien et allemand n’ont pas ménagé leur inspiration autour du sujet. Grandes nations de foot, comme le Brésil, elles aiment glisser un extrait radio, télé ou même une séquence sur la pelouse.
Cependant, on prend rarement son pied avec les films « de foot ». Depuis plus de cent ans, des équipes fictives s’affrontent avec plus ou moins de bonheur. Il faut signaler qu’hormis Loach, peu de grands auteurs ont mis leur crampon. Il faut attendre les années 70 pour voir des films de haute tenue. Jean-Jacques Annaud donne son Coup de tête en 1979, avec un scénario de Francis Veber, et Patrick Dewaere en ailier vedette. Deux ans plus tard, John Huston signe A nous la victoire (avec Caine, Stallone, Von Sydow, Pelé et Carole Laure), où le football est un passe-temps de prisonnier de la seconde guerre mondiale où il faut initier un Américain à jouer au ballon… En 1984, Jean-Piere Mocky, dans sa période faste, clame A mort l’arbitre, avec là encore Carole Laure et surtout le duo Mitchell-Serrault. Véritable critique à charge du milieu, le film est sans doute celui qui révèle les plus bas instincts réveillés par le sport.
Quatre films contemporains méritent les éloges : les britanniques My Name is Joe (équipe amateure de Glasgow) par le grand fan Ken Loach et Joue-la comme Bekham (ascension d’une jeune footballeuse sur fond de querelles de tradition, révélant au passage Keira Knightley) ; et les asiatiques Shaolin Soccer (Stephen Chow en super-man du but, délirant) et La coupe (film bhoutanais sur l’obsession de jeunes moines bouddhistes pour voir le match France Brésil de 1998 en direct).
En l’absence d’Hollywood dans la compétition, difficile de faire mieux. Les studios américains ont commencé, cependant, à filmer le foot pour deux raisons : le sport est populaire dans le monde et notamment chez tous les immigrés latino-américains, africains et européens ; il plaît aux mères de familles américaines par son aspect non –dangereux.
On finira sur deux petites perles. Un court métrage signé Tati sur le club de foot de Bastia (Forza Bastia 78) lors d’une finale de coupe d’Europe. Et dans Le petit monde de Don Camillo (1952), le foot divise et unit les frères ennemis Peppone et Don Camillo. Mais aucun chef d’œuvre, comme pour la boxe…
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