Elsa Zylberstein incarnera Simone Veil pour Olivier Dahan

Posté par vincy, le 31 janvier 2019

Un projet sur Simone Veil, entrée au Panthéon l'été dernier et décédée en 2017, est mis en route. Elsa Zylberstein interprètera la femme politique. Cette femme rescapée de la Shoah a marqué la vie politique française, notamment pour avoir fait adopter la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse et pour avoir été la première présidente du Parlement européen.

Selon l'AFP, Olivier Dahan s'attaquera à cette figure emblématique de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a déjà filmé Marion Cotillard en Edith Piaf dans La Môme et Nicole Kidman en Grace Kelly dans Grace de Monaco, son dernier film en date (2014). Ces dernières années, il s'est lancé dans plusieurs projets - Un sac de billes, Charlotte, d'après la biographie de David Foenkinos - avant de les abandonner.

Cette fois-ci le film semble mieux parti. Il sera coscénarisé par la journaliste et écrivaine Vanessa Schneider.

Simone Veil a fait l'objet de nombreux documentaire, dont le récent Auschwitz Projekt d'Emil Weiss. Elle a aussi été incarnée par Emmanuelle Devos dans le téléfilm La Loi, réalisé en 2014 par Christian Faure, et par Marina Foïs dans le court métrage Les Hommes s'en souviendront réalisé par Valérie Müller en 2006.

Noah Schnapp (Stranger Things) en tournage dans les Pyrénées

Posté par vincy, le 2 avril 2018

Le tournage de Waiting for Anya a commencé la semaine dernière à Lescun, dans les Pyrénées, au sud de Pau. Cette coproduction internationale, épaulée par la société britannique Goldfinch Studios, est réalisée par Ben Cookson (Almost Married), et s'offre un casting hétéroclite.

Jean Reno, Anjelica Huston (L'honneur des Prizzi, La famille Addams), Thomas Kretschmann (Le pianiste), Elsa Zylberstein, Tomas Lemarquis (X-Men: Apocalypse, Insensibles), Frederick Schmidt (Mission:Impossible - Fallout, Taboo), Sadie Frost (Absolutely Fabulous), Joséphine De La Baume entourent le jeune Noah Schnapp, vu dans Le Pont des Espions et surtout la série Netflix Stranger Things.

Le tournage est prévu pour cinq semaines dans les montagnes basques. Waiting For Anya est écrit par le scénariste Toby Torlesse qui a adapté le roman jeunesse éponyme de Michael Morpurgo (Cheval de guerre). En France le livre est paru sous le titre Anya. Il raconte l'histoire d'un jeune berger, Jo, qui vit dans un village des Pyrénées occupé par les Allemands durant la seconde guerre mondiale. Il découvre des enfants juifs cachés dans une ferme et décide de les aider pour passer la frontière espagnole, avec l'aide d'une veuve. Schnapp incarne le jeune berger tandis que Reno interprète son grand-père et Anjelia Huston la veuve Horcada.

Le film est coproduit par 13 films.

Claude Lelouch en tournage avec Dujardin, Dalle, Hallyday, Foly, Perez et Seigner (entre autres)

Posté par vincy, le 6 juillet 2016

Claude Lelouch est en tournage depuis lundi, dans la région de Beaune, réputée pour ses vignobles. Pour son 46e film, Chacun sa vie et son intime conviction, le réalisateur a rassemblé un casting très varié (mais pas forcément signe de diversité), entre stars du cinéma, de l'humour et de la chanson, couples déjà vus au 7e art et couples sur scènes, habitués du réalisateurs et nouveaux venus.

Jean Dujardin, Elsa Zylberstein et Christophe Lambert, déjà à l'affiche de son dernier film, Un + Une, son plus gros succès depuis 1996, seront cernés par Johnny Hallyday (Salaud, on t'aime), Thomas Dutronc (fils de Jacques qui avait joué dans Les Bons et les Méchants), Béatrice Dalle (La belle histoire), Mathilde Seigner, Antoine Duléry, Julie Ferrier, Gérard Darmon, Audrey Dana, Déborah François, Francis Huster, Philippe Lellouche, Vanessa Demouy, Michel Leeb, Jean-Marie Bigard (And now... Ladies and Gentlemen), Rufus, Nadia Farès, Zinedine Soualem, Marianne Denicourt, Liane Foly, Stéphane De Groodt, Pascal Elbé, Vincent Perez, Isabelle Pasco, Chantal Ladesou et l'avocat Eric Dupond-Moretti (ce qui change un peu de Bernard Tapie).

Un soleil, chacun son ombre.

L'histoire optimiste (car selon lui on surdramatise le malheur) sera décomposée en 13 rounds (son chiffre porte-bonheur). Une seule séquence, la finale, réunira tous les comédiens vers la mi-août. Il sera question de "12 hommes, 12 femmes, et 12 signes du zodiaque mais d'un seul soleil, et chacun son ombre. Leurs histoires se mêlent et s'entrecroisent autour d'un festival de jazz dans la capitale du vignoble bourguignon, Beaune. Un jour, la vie les rassemble pour juger un homme, et ils doivent faire appel à leur intime conviction" explique le réalisateur au Parisien. "Ces histoires tirées de faits divers seront reliées les unes aux autres. Pour moi, la vie est un grand procès, qu'on le veuille ou non, dont on attend tous le verdict, la mort. C'est ce procès que je vais essayer de filmer."

Le tournage de ce film "heureux" a lieu dans les Ateliers du cinéma de Beaune, son école, dont quelques élèves participeront au film. On peut imaginer ce film à Cannes en 2017. Mais d'ici là, il sera occupé à accompagner la célébration des 50 ans de sa Palme d'or et à être président du jury de Dinard fin septembre.

Christian Duguay a remplacé Olivier Dahan pour « Un sac de billes »

Posté par vincy, le 11 octobre 2015

un sac de billes Depuis le 20 août et jusqu'en novembre, le réalisateur canadien Christian Duguay (Jappeloup) tourne une nouvelle adaptation du best-seller mondial Un sac de billes, le récit autobiographique de Joseph Joffo. Le casting rassemble Patrick Bruel, Elsa Zylberstein, Christian Clavier, Bernard Campan, Kev Adams autour des deux jeunes héros de l'histoire, Dorian Le Clech qui incarne Joseph et Batyste Fleurial dans le rôle de Maurice.

La semaine dernière, le tournage a donné lieu à une petite crise de stress pour les Niçois qui ont découvert, sans qu'on les ait prévenus, des drapeaux nazis sur le bâtiment de la préfecture des Alpes-Maritimes. Certains passants ont été offusqués à la vue de la croix gammée.

Le livre, traduit dans une vingtaine de langues, avait déjà fait l'objet d'une adaptation au cinéma réalisée par Jacques Doillon il y a 40 ans. Cette nouvelle version devait, à l'origine, être un "musical" signé Olivier Dahan (La Môme, Grace de Monaco). Annoncé en février dernier comme son prochain projet, Dahan, qui travaille depuis plusieurs années sur ce film, n'a finalement pas été jusqu'au bout de son rêve, sans que l'on sache pourquoi.

Pour la Gaumont, qui distribuera le film au second semestre 2016, le choix de Duguay est dans la continuité de son catalogue. Un sac de billes est assez complémentaire avec sa franchise Belle et Sébastien, dont le nouvel opus sort en salles en décembre et est signé... Christian Duguay.

Un sac de billes se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. Deux jeunes frères juifs parisiens doivent fuir les Nazis et rejoindre deux de leurs frères déjà installés à Menton. Leur odyssée se déroulera non sans mal mais leur ingéniosité et leur complicité les sauveront. Mais une fois sur la Côte d'Azur, en 1942, la famille ne connaîtra aucun répit et sera sous la menace permanente d'une déportation.

Un sac de billes a été publié en 1973.

L’instant Glam’: Ryan Gosling, Christina Hendricks, Naomi Kawase, Marion Cotillard…

Posté par cynthia, le 20 mai 2014

ryan goslingOyé oyé cinéphiles! Les journées à Cannes se suivent mais ne se ressemblent guère . Toutes plus différentes les unes que les autres, les stars qui défilent sur les marches nous offrent chaque jour un sacré spectacle. Cette septième journée cannoise mériterait d'entrer dans les annales du merveilleux. La légende Sophia Loren qui se fait appeler Sofia Coppola par une journaliste, une rousse incendiaire, une beauté à la française, une japonaise luminescente et un homme qui a fait exploser le baromètre d'excitation, petit récapitulatif de ce qu'il ne fallait pas rater hier soir.

Attendez...votre respiration devient saccadée? Vous avez les jambes qui tremblent? Votre cœur s'accélère? Non rassurez-vous ce n'est pas le début d'une crise cardiaque, c'est juste l'effet Ryan Gosling. Et durant les 10 minutes qui ont suivi la montée des marches, votre compagnon n'existait plus. Je me trompe? Ryan est l'homme qui éclipserait tous les autres en soirée, celui qui en un battement de cils vous ferait quitter famille, boulot et amis, celui qui pourrait être l'égérie de la lotion anti-sécheresse vaginale de la marque Roger Cavaillès. Bref, il est un orgasme ambulant et en plus il est brillant !

La minute "fangirling" passée, il faut rappeler qu'il est tout de même venu présenter son tout premier film en tant que réalisateur : Lost River. Pour l'occasion, l'acteur au regard de braise a choisi un costume noir et une chemise blanche pour illustrer sa belle silhouette. On se souvient qu'il avait tenté la veste bordeaux en 2011. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il avait autant enflammé la Croisette que cette année. Est-ce qu'enveloppé dans un sac poubelle comme Mika, il serait aussi attractif ? On est tenté de dire oui ! Et avec un sac à patates ? Des arbustes ? Du papier toilette ? On pourrait continuer à fantasmer toute la nuit que cela ne changerait rien au fait qu'il a réduit les marches de Cannes à néant. Pourtant, même si vous n'avez que le nom Ryan Gosling à la bouche (il sait marquer les esprits), en ce septième jour du festival, les femmes étaient à l'honneur.

Naomi Kawase réalisatrice du film en compétition Still the water a subjugué les photographes cannois avec une robe traditionnelle japonaise et une coiffure ornée de feuilles. Si on a eu envie d'en rire à ses côtés autour d'un plateau de sushis, on ne peut que saluer son originalité et admettre que sa tenue lui allait à merveille. Concernant sa coiffure très "parc floral" cela semble être un clin d’œil à son film qui, selon les chanceux qui l'ont vu, est un hymne à l'amour de la nature. Donc Naomi, ton style sur le tapis rouge, on aime!

Ce qu'on aime moins c'est la robe... enfin les bribes de tissus qui recouvraient le corps de l'actrice Elsa Zylberstein. Je vous prie de m'excuser lectrices et lecteurs, je vais perdre mon professionnalisme pour hurler à travers mes touches d'ordinateur : WHAT THE FUCK ? Il semble que les stars se dénudent de plus en plus à mesure que le festival avance. Aura-t-on le droit à une tenue "Adam et Eve" pour le dernier jour ? Même si on a commencé à croiser les doigts pour que ce soit Ryan Gosling qui se colle la feuille de vigne, la robe de Marion Cotillard remet en question cette hypothèse de nudité absolue pour les jours à venir : courte devant, longue (et un tantinet étrange) à l'arrière. Et n'oublions pas les bottines noires. L'héroïne du prochain Dardenne était de toute beauté tout en respirant la simplicité. Une audacieuse étincelle de french touch.

Autre femme à avoir retourné la Croisette : la rousse flamboyante Christina Hendricks. La belle, vue dans Drive et dans la série Mad Men, a fait profiter l'assemblée de ses sublimes et vertigineuses formes. Tout comme Sophie Marceau, une heure après elle. La robe bordeaux de cette dernière pourrait presque nous faire oublier le navet Une rencontre dans lequel elle est à l'affiche depuis le mois dernier. Un flop, au passage.

Des femmes, un homme, du tissus et des feuilles... le festival se poursuit tranquillement mais sûrement, en nous faisant rêver (fantasmer) un peu plus chaque jour.

Fabrice Luchini et Gemma Arterton dans Gemma Bovery

Posté par vincy, le 8 août 2013

On avait découvert l'univers de Posy Simmons avec Tamara Drewe, son roman graphique transposé au cinéma par Stephen Frears et présenté hors-compétition à Cannes en 2010. Tamara Drewe était l'adaptation écrite et dessinée d'un roman du XIXe siècle, Far from the Madding Crowd, de Thomas Hardy.

On retrouvera au cinéma en 2014 le même humour de l'auteure avec Gemma Bovery, autre roman graphique, ce coup-ci inspiré par Madame Bovary de Gustave Flaubert. C'est Anne Fontaine qui s'attaque à cette comédie britannique, après avoir adapté le roman de Doris Lessing, Perfect Mothers. Pour son 13e film, dont le tournage commence dans deux semaines, la plus internationale des réalisatrices françaises réunit un casting franco-anglais : Fabrice Luchini et Gemma Arterton (qui incarnait la jeune et farouche Tamara dans le Frears) sont entourés de Elsa Zylberstein, Niels Schneider, Jason Flemyng, Mel Raido et Pip Torrens.

Anne Fontaine a écrit le scénario avec Pascal Bonitzer : Martin, ex-bobo parisien passionné de littérature, vient de se reconvertir en boulanger dans un petit village normand. Il voit un jour une couple d'anglais, Gemma et Charles) Bovery, s'installer dans une ferme; c'est alors que son excitation s'accroît quand il s'aperçoit qu'ils se comportent comme les protagonistes de Madame Bovary : découverte émerveillée de la vie française, puis, très vite, retour à l'ennui et au dégoût.

Le tournage va durer plus de 40 jours, en Haute Normandie, à Paris et à Londres. Le film devrait être prêt au printemps 2014.

Le roman graphique Gemma Bovary est disponible en français chez Denoël depuis un an.

Deauville : Andy Garcia et Steven Soderbergh jouent avec les mensonges

Posté par kristofy, le 13 septembre 2009

Andy GarciaAndy Garcia est acteur, producteur, réalisateur, musicien, père de famille... et d'autres choses encore. Que pourrait-on bien lui reprocher ? Peut-être de très mal imiter Marlon Brando... mais c’est pour nous faire rire dans son nouveau film, City Island. Alors voila, ce comédien aux multiples talents méritait bien un hommage du Festival américain de Deauville. Quand on lui demande de se souvenir de ses débuts, l'acteur se rappelle immédiatement qu’il a été d’abord un enfant émigré de Cuba vers la Floride. Cet exil l’a toujours marqué, et il a trouvé une consolation dans l’art, la musique et le cinéma. Il a eu l’aspiration de participer à ce monde merveilleux qui était une sorte d’échappatoire. C'est ainsi qu'il a commencé par jouer gratuitement au théâtre, et après pas mal de temps et d’embûches, à force d’entêtement et d’acharnement, il a fini par en faire son métier. Il était devenu acteur…

On l'a particulièrement remarqué dans Huit millions de façons de mourir de Hal Ashby, Les incorruptibles de Brian De Palma, Black Rain de Ridley Scott, Le Parrain 3 de Francis Ford Coppola, Héros malgré lui de Stephen Frears, Dernières heures à Denver de Gary Felder, L’enjeu de Barbet Schroeder, Modigliani de Mick Davis… Dans ce dernier film, il partageait d'ailleurs l’écran avec Elsa Zylberstein, et c’est la comédienne qui était sur scène avec Jean-Loup Dabadie (membre du jury) pour lui rendre cet hommage. Inès Sastre était également présente, elle qui a joué dans Adieu Cuba, la grande œuvre d'Andy Garcia puisque qu’il en est le producteur, le co-scénariste, le réalisateur, le compositeur de la bande-originale, et bien entendu aussi l’acteur.

On a découvert un nouveau visage du comédien lors de la première de City Island : il veut nous faire rire de la même manière que le personnage principal d’une pièce de boulevard. Dans ce film, toute la famille fait des mensonges et des cachotteries : le fils est attiré par les femmes obèses sur internet, la fille qui a une bourse pour ses études fait du strip-tease dans un club, le père dit qu’il va jouer au poker pour ne pas avouer qu’il suit des cours de théâtre, la mère est en manque d’étreintes fougueuses et s'intéresse à l’ex-prisonnier ramené à la maison par son mari pour une obscure raison… Cet étranger va attiser les soupçons et les dérapages en tout genre, et ça va être difficile pour toute la famille, chacun ayant honte d’assumer ce qu'il a été. Au générique de cette comédie, on retrouve Julianna Marguiles, Emily Mortimer, Alan Arkin, et une jolie actrice présente à Deauville qui est Dominik Garcia-Lorido (la fille aînée de Andy Garcia !).

"Il s’agit surtout de résoudre le problème de la forme à choisir pour raconter telle histoire"

Andy Garcia a aussi joué dans les Ocean’s 11, 12 et 13 de Steven Soderbergh. Celui-ci était déjà venu à plusieurs reprises à Deauville, et il y est revenu une nouvelle fois pour Steven Soderberghnous présenter The Informant, avec en vedette un Matt Damon méconnaissable qui a pris quinze kilos de plus. Il s’agit d’un cadre d’une multinationale de l’agroalimentaire qui après un possible sabotage va livrer aux FBI les pratiques illégales de son entreprise. Il se prend pour un espion à enregistrer des réunions pour donner des preuves aux autorités d’une entente sur les prix entre concurrents qui fausse le marché. Mais à toujours raconter une nouvelle chose à une nouvelle personne, on va se poser bien des questions sur cet informateur. La plus grande réussite du film est de nous montrer cette histoire actuelle avec un look vintage seventies du plus bel effet. Ce personnage de menteur qui dit des vérités avait en fait déjà été proposé à Matt Damon dès 2001, il est inspiré d’une histoire vraie ou presque. Steven Soderbergh s’est confié en donnant sa version des faits, vraie avec quelques mensonges ?

"Je ne raisonne pas vraiment en terme de film sérieux ou de comédies, de l’extérieur vous pouvez avoir l’avis que vous voulez, mais en fait pour moi il s’agit surtout de résoudre le problème de la forme à choisir pour raconter telle histoire. Le livre et le scénario me suffisaient, je n’ai pas rencontré la personne qui a vécu ces évènements, il ne fallait que les faits, je voulais être précis mais pas réel. Je vais vous avouer une lubie : j’adore la décennie 1966-1976, ce qui explique l’époque où j’ai placé le film. On a transformé de manière radicale Matt Damon avec 15 kilos en plus et une modification du visage, il est devenu monsieur tout le monde. On ne le reconnaît pas, donc de manière homogène il y a dans ce film que des acteurs peu ou pas connus, pour pas que le spectateur soit distrait en reconnaissant une personnalité."
Steven Soderbergh filme un homme qui se perd dans ses vérités au milieu de menteurs tandis qu'Andy Garcia interprète un homme qui se perd dans ses mensonges parmi les membres de sa familles qui cachent leurs secrets : City Island et The Informant, deux films très différents qui montrent bien que le cinéma est l'art de l'illusion.

Crédits photo : Christophe Maulavé

La maison Nucingen : cauchemar éveillé

Posté par Claire Fayau, le 2 juin 2009

nucingen.jpg Synopsis: l'histoire se passe dans les années 20.  William, un jeune aristocrate, vient de gagner au poker une propriété au Chili , près de Santiago.Il y emmène sa femme Anne-Marie afin qu'elle puisse s'y reposer. Dès leur arrivée, ils sont accueillis par des  personnages étranges et envahissants soudés autour d'une  oppressante et poétique figure ,celle d'un fantôme, celui de  Léonor,disparue accidentellement. La maison aux contours étouffants, devient le théâtre d'une incroyable  substitution liée aux angoisses et désirs d'un homme insatisfait. 

Notre avis: Ce film est tout simplement inracontable, déroutant, déconcertant, onirique, "ruizien" dans son aspect le plus caricatural. On est effrayé par la réalisation plus proche du téléfilm ou de la série B que du Temps retrouvé.

Mais qu'est-il arrivé à Raoul  Ruiz ? A -t-il été contaminé par la folie de ses personnages ? Il est entendu que les cartésiens n'apprécieront pas le film. Les autres s'ennuieront, en rigoleront. Le grotesque devient ridicule et s'il ne tue pas il assassine un scénario, pourtant inspiré du roman de Balzac. Alors on voit Laure de Clermont-Tonnerre soufflant dans un tibia comme dans une flûte,  Laurent Malet  goûtant  le cerveau de feu Laure de Clermont-Tonnerre. Les acteurs dialoguent entre eux de façon surréaliste, avec humour (certaines répliques sont vraiment drôles) et parfois lisent du Pascal. C'est décousu, sans aucun intérêt. Pour une maison aux esprits, le film en manque terriblement, d'esprit. On ressort du ciné...  halluciné, victime de ces productions fantaisistes françaises surannées.

César : première réaction d’Elsa Zylberstein

Posté par MpM, le 27 février 2009

Elsa ZylbersteinLa première à défiler dans l'arène des journalistes est Elsa Zylberstein , César du second rôle féminin pour Il y a longtemps que je t'aime. Sublime dans sa robe fourreau Elie Saab noire, recouverte de plumes et dotée d'une traîne vaporeuse, l'actrice a parlé avec passion de son rôle de soeur blessée dans le film de Philippe Claudel : "Mon personnage aussi est en prison. Elle ne croit plus à rien. Ce fut un personnage très complexe à composer". "Je savais qu'il y avait une alchimie avec Kristin Scott-Thomas, que ce n'était pas une fausse idée de casting comme ça arrive parfois. Je savais que Philippe avait choisi les bonnes personnes pour les bons rôles, que ce n'était pas de l'esbroufe. Il y avait une vraie sincérité dans son choix des actrices. Quand ça se passe comme ça à l'écran, c'est assez rare."

Elle a aussi avoué que pour elle, la récompense de ses pairs comptait autant que l'accueil chaleureux du public (environ un million d'entrées). "J'aurais été triste de ne pas l'avoir. Là je suis très heureuse. Ca arrive au moment où je me dis que le travail a payé, mais aussi ma passion et l'envie que j'ai du cinéma. J'ai eu raison de m'accrocher à ce que je voulais faire depuis que j'ai 16, 17 ans."

La comédienne, visiblement très émue, a enfin déclaré que cette première récompense arrivait juste après qu'on lui ai proposé d'interpréter une grande actrice, Arletty, dans un film qui n'a pas encore de réalisateur.

Crédit photo : Marie-Pauline Mollaret

Nuit de Chien: Insurrection grotesque

Posté par geoffroy, le 4 janvier 2009

pascal greggory nuit de chien- « J’arrive pas à ouvrir la bouteille de jus d’orange ».

L'histoire : Ossorio descend du train de Santamaria à la recherche de celle qu’il aime dans une ville pourtant assiégée, encerclée, aussi dangereuse dehors que dedans. La folie traîne ses guêtres, l’anarchie n’a plus de nom et le pays imaginaire semblable à beaucoup d’autres est en proie à la guerre civile. Le périple d’une nuit commence alors pour Ossorio, le calvaire pour le spectateur aussi.

Notre avis : Filmer la décomposition d’un ordre social circonscrit à la géographie d’une cité inhospitalière où chacun cherche à sauver sa peau peut s’avérer l’endroit idéal pour une mise en abîme des comportements devenus extrêmes, absurdes et désespérés. En somme, le cinéaste allemand Werner Schroeter nous offre une Nuit de chien où comment filmer mal, très mal la nature humaine à l’agonie. Car Nuit de chien cherche, dans les méandres glauques d’une ville fantôme, à savoir comment l’Homme (avec son grand H) réagi lorsque l’ordre des choses – ici elles sont multiples, vagues, incertaines, brouillonnent, faciles, pompeuses – n’a plus de sens, perd sa raison et son utilité. Or, dans le roman de Juan Carlos Onetti (source d’inspiration du film), Ossorio est prisonnier d’une ville qu’il cherche à fuir. Son état ressemble à celui de la ville et non à cette quête artificiellement plaquée pour romancer une histoire qui n’en a pas besoin. D’ailleurs nous oublions par intermittence le pourquoi de son retour à Santamaria (bien qu’il demande sans arrêt où se trouve Clara), Ossorio (Pascal Greggory, sobre malgré tout) devenant assez vite un pantin observateur du chaos ambiant. L’ennui se pare alors de ses plus beaux atours, la mise en scène sautant de rue en rue, de taxi en taxi, de pièce en pièce sans une once de dramatisation humaine (car pour ce qui est de la dramatisation opératique boursouflée et inepte nous sommes gâtés).

Dans ce gentil bordel ambulant désincarné, froid et à l’esthétique douteuse, les situations risibles (mention spéciale pour la scène de cul entre Pascal Greggory et Elsa Zylberstein dont le dénouement est consternant d’ineptie) succèdent à celles, répétitives et lassantes, d’un Ossorio courant à sa perte sans que la notion de paranoïa, ni de danger ne nous submerge (et ce n’est pas avec deux ou trois scènes aussi chocs que cheep que le cinéaste s’en sort). Le pompon de la classe ultime revient sans doute à un Samy Frey vieillissant se faisant « péter la tronche » à coup de dynamite ; mortel !

Un dernier mot, un seul, au sujet de la comparaison soulevée par Schroeter lui-même : il assimile son Nuit de chien à un mixte entre la Soif du mal de Welles et Le Procès de Kafka. Un brin mégalo tant la complexité narrative du premier (dialogue, mise en scène subjective au possible, tragique de chaque personnage…) et la paranoïa absurde et vraiment flippant du deuxième semblent totalement absente du long métrage de Schroeter. En effet, le retour du colonel / médecin (Ossorio) aurait pu, à travers ses recherches, offrir un point de vue décalé, extérieur et donc parasitaire au conflit en marche. Au lieu de cela nous assistons, consterné, à un naufrage dont la prétention n’a d’égal que la vacuité du propos. Et dire qu’il a reçu le prix spécial du Jury lors de la dernière Mostra de Venise. Affligeant !