Crash au Forum des Images

Posté par vincy, le 12 mai 2009

Notre collaborateur Denis Baron, spécialiste des films de genre (mais pas seulement) fera une présentation-analyse du film Crash de David Cronenberg ce mercredi 13 mai au Forum des Images (Paris) à 19h.
Le film est projeté dans le cadre du cycle Désir. Denis est l'auteur du livre “Corps et artifices : De Cronenberg à Zpira” (Éd. L’Harmattan)

Bienvenue à Zoé…

Posté par vincy, le 21 décembre 2008

Notre amie et collaboratrice Sabrina a mis au monde la jolie Zoé le 17 décembre dernier. A 16h26, ce bébé de 3 kg 210 et 48 cm a découvert le monde de ses grands yeux qui n'en revenaient certainement pas. Toute notre affection pour l'heureuse maman et tous nos voeux de bonheur dans ce monde brut pour Zoé, dont l'étymologie provient du grec et signifierait vie!

FFGLP ’08 : une clôture en forme de points de suspension . . .

Posté par vincy, le 13 novembre 2008

blog_donnemoilamain.jpgLe 14e festival s'achève au Rex. Toute la question est de savoir s'il réintégrera le nouveau (et cosmique) Forum des Images l'an prochain... Temps suspendu durant un an.

En attendant, les lesbiennes, gays, bis, trans, indéterminés et queers en auront eu plein les yeux. Enfin, presque. Il y a l'exception Madame H. qui n'a "pas arrêté de faire la fête". Du coup elle n'a "pas pu voir un seul film."

Canal + a décerné son prix du meilleur court métrage qui est revenu à un court "indéterminé" (ni gay, ni lesbien, ni trans, ni bi, ni queer). The Saddest boy in the world raconte l'histoire d'un gamin décalé dans une banlieue aussi factice que superficielle. Dans cet univers très coloré et flirtant avec les années 50 du moèdle américain faussement heureux, ce pauvre Timothy a décidé de se pendre le jour de ses 9 ans, mérisé par ses camarades, ignoré par sa mère. On est proche de Todd Solondz, David Lynch et John Waters dans la forme. Il faudra suivre ce cinéaste canadien Jamie Travis, pas encore 30 ans, souvent primé. The Saddest boy avait fait son avant-première au festival de Toronto en 2006.

En clôture, le festival a présenté Donne-moi la main (en photo), film français qui sortira le 14 janvier prochain en salles. Road-movie dramatique et sensoriel avec deux jumeaux s'en allant vers l'Espagne pour assister à un enterrement. Ce film de Pascal-Alex Vincent s'est inspiré d'une idée originale de notre confrère Olivier Niklaus (Les Inrocks) et a été scénarisé par notre collaborateur à Ecran Noir, Martin Drouot.

Comme le film d'ouverture, et le prix Canal +, on note que les sexualités indéfinies étaient à l'honneur dans ce festival qui souhaitait confondre les genres. Il ne faudrait pas que cela soit interprété comme un acquis : on le voit avec le rejet du mariage gay par les californiens ou encore la décision de la cour de cassation sur les propos homophobes de M. Vanneste : l'affirmation de soi n'est pas si évidente, même dans les sociétés occidentales. Au nom de la liberté, des sexualités, diverses et indéterminées, il s'agit, plus que jamais d'être déterminés.

Villerupt : journal d’une jurée (3) – Dernière ligne droite

Posté par MpM, le 10 novembre 2008

Jour J, 21h : Le grand moment des délibérations est enfin arrivé. D’abord, on parle de chaque film : le combat des Indiens Guarani-Kaiowa pour retrouver la terre de leurs ancêtres spoliée par de riches propriétaires brésiliens (La terre des hommes rouges) a beaucoup interpellé le jury, frappé par l’injustice fondamentale de la situation, de même que l’amour fou d’un père pour sa fille (Il papa di Giovanna) en a touché certains. Les autres font débat. Caos Calmo est-il une pâle copie de La chambre du fils ou une parabole extrêmement touchante sur le deuil et la tendresse ? Pranzo di Ferragosto est-il une comédie sans prétention, joliment écrite mais non révolutionnaire, ou au contraire un petit bijou d’humour et d’humanisme ? Celui qui divise le plus, c’est Il divo : quelques jurés adorent, quelques jurés détestent. Les autres sont perplexes ou avouent n’avoir pas tout compris. Le choix s’annonce finalement très serré, aucune œuvre ne parvenant à faire l’unanimité. C’est alors l’heure du vote, à bulletins secrets. Le décompte se fait avec une certaine fébrilité, d’autant que tout se joue dans un mouchoir de poche. Alors, le résultat ? Encore un peu de patience, il sera annoncé le 14 novembre lors de la soirée de remise des prix ! Je suis d’ailleurs tenue par le secret de la délibération, aussi tout ce que je peux vous dire, c’est que le lauréat est un film intéressant, même si ce n’était pas mon coup de cœur…

22h30 : Enfin une pause bien méritée ! Après avoir hésité (au moins trois secondes) à regarder notre 6e film de la journée, nous partons dîner. Preuve que le moment de vérité des délibérations n’a pas trop entamé l’ambiance… A table, on discute encore de notre choix qui laisse quelques frustrations, et puis le débat s’élargit sur le cinéma en général, la vie et le reste. Histoire de prolonger encore un peu cette aventure, avant que chacun ne reparte de son côté.

J+1 : Epilogue. Dans le train qui me ramène à Paris, je fais le bilan de cette expérience de jurée : plein de films, quelques échanges animés, des rencontres passionnantes, une ambiance chaleureuse et décontractée… Un vrai régal ! Mon seul regret ? Que cela ait passé si vite…

Villerupt : journal d’une jurée (2) – Dans la mêlée

Posté par MpM, le 9 novembre 2008

Jour J, 9h : C’est l’heure de la première séance : La terre des hommes rouges de Marco Bechis. Le projectionniste qui a fini tard la veille n’est pas encore arrivé, on profite de ce contretemps pour profiter de la lumière du jour et faire le plein d’air frais. Qui sait quand on aura l’occasion de recommencer !

9h15 : La séance commence, dans des conditions idéales de projection : on a la salle pour nous tous seuls !

11h : Sans transition, on enchaîne sur Il papa di Giovanna de Pupi Avati, cette fois-ci dans une salle comble.

13h : Pause déjeuner. Vite, on en profite pour partager ses impressions sur les deux premiers candidats à l’Amilcar de la presse. C’est l’occasion de sonder les goûts de chacun et d’anticiper la délibération en faisant le compte des alliances possibles. Les réactions sont disparates, mais globalement pas dithyrambiques. Le déjeuner, lui, est englouti à vitesse grand V. C’est qu’Il divo de Paolo Sorrentino nous attend !

14h15 : A nouveau bien calés dans nos fauteuils, nous attendons que le film commence. C’est souvent la séance la plus compliquée, celle où la fatigue se fait le plus sentir. L’envie de piquer du nez est parfois un peu forte, mais Il divo tient en haleine. Et puis ce n’est pas le moment de flancher !

16h25 : Il nous reste cinq minutes pour rejoindre la salle où a lieu la projection suivante. Un peu unilatéralement, nous nous accordons malgré tout une petite pause : après tout, c’est aussi l’avantage de faire partie du jury, la séance ne démarrera pas sans nous…

16h35 : On arrive finalement dans une salle pleine à craquer : il a fallu refuser des spectateurs pour nous garder des places ! Personne ne menace de nous lyncher, c’est déjà ça… Dès qu’on est installé, le film démarre : Caos calmo de Antonio Luigi Grimaldi.

18h30 : Allez, courage, c’est le dernier ! On sort prendre l’air deux minutes… le temps de se rendre compte que la séance suivante a en fait lieu à l’autre bout de la ville, dans une ancienne chapelle reconvertie en salle de spectacles. Zut, on va encore être en retard.

18 h 40 : Une gigantesque file d’attente nous accueille à l’entrée de la chapelle : quel succès pour Pranzo di Ferragosto de Gianni di Gregorio ! Il faut même rajouter quelques chaises ici et là pour accueillir tout le monde.

Villerupt : journal d’une jurée (1) – L’attente

Posté par MpM, le 8 novembre 2008

J-3mois : J’apprends que je vais faire partie du jury presse du Festival du film italien de Villerupt. Je fais de petits bonds partout en essayant de me souvenir des 4 mots d’italien que je connais.

J-7 : Début de mon régime spécial jury : 4 films par jour, avec moins d’une heure de battement entre chaque séance. Il faut accoutumer les yeux et le cerveau à recevoir un flot presque continu d’images.

J-1 : Séance de massage, pour anticiper les inévitables maux de dos liés à la station assise prolongée. Dîner constitué de sucres lents pour tenir la longueur. Longue nuit de sommeil réparatrice.

Jour J, 7h : Le réveil me tire d’un étrange rêve rempli de critiques de cinéma se baignant dans la fontaine de Trévise. Ca commence bien ! Hop, quelques assouplissements, un petit déjeuner copieux, et je me sens prête à me jeter à l’eau à mon tour.

8h15 : Arrivée sur le lieu du rendez-vous dont la porte reste désespérément close. Pendant que les organisateurs cherchent la clef, je fais connaissance avec les autres membres du jury, mettant des noms sur des visages, et parfois l’inverse. On se découvre des affinités, et même des connaissances communes. Sont présents François-Guillaume Lorrain (Le point), Paola Cairo (Passa Parola), Elise Descamps (La croix), Anne-laure Letellier (Le jeudi), Patrizia Molteni (Focus), Philippe Bertrand (France Inter), Michel Bitzer (Le républicain lorrain), Patrick Tardit (L’Est républicain) et Jean Walker (Côté cinéma). Seul manque Joris Fioriti (AFP), qui nous rejoindra plus tard.

8h30 : Quelqu’un vient nous ouvrir par une porte dérobée. Les présentations continuent autour d’un café. Première grande nouvelle de la journée, un 5e film a été rajouté in extremis dans la compétition, à la demande d’un des membres du jury. La nouvelle est prise diversement. Certains s’effrayent, d’autres s’interrogent. Moi, je suis ravie : chic, une 5e chance d’être emportée et conquise !

Joyeux Anniversaire… Québec

Posté par vincy, le 3 juillet 2008

open-1.jpg end06-react-b.jpgshadow-quebec.jpgVous allez me dire : quel rapport entre les 400 ans de la Ville de Québec et le cinéma ? A priori aucun. Ecran Noir n’est pas né un 3 juillet mais le 12, et c’était à Montréal.

Pourtant, la Ville de Québec, toute concentrée à ses célébrations festives, a perdu son Commissariat au cinéma et à la télévision en mai dernier. 400 ans et quasiment inexistante au cinéma. C’est d’autant plus incompréhensible qu’elle est l'une des rares villes cinégéniques d’Amérique du Nord. Le Vieux Québec, comme la Nouvelle Orléans ou Boston, a un aspect européen romantique bien mieux préservé que son équivalent à Montréal. La vue sur les environs, notamment sur l’esplanade du Château Frontenac, offre un panorama somptueux qui n’a d’égal que celui de San Francisco.

shadow-confessional.jpgDans son communiqué daté du 7 mai, le Gouvernement du Québec a enterré le Commissariat, ses employés avec, après trois ans d’existence. Hélas, peu de réactions ont émergé. Le scandale provoqué par la destruction du Bureau du film (1987-2004) ne se répètera pas. Le Gouvernement estime, en se fondant sur un audit des surestimés consultants de PriceWaterHouse Coopers - leur pensée unique étant formatée comme un Powerpoint en « slides » enchaînées, ils ne se sont intéressés qu’au point de vue des producteurs -, que l’environnement multimédia aura raison dans quelques années d’une approche trop classique (des tournages audiovisuels dans des décors naturels). La priorité n’est donc plus de faire de Québec une ville de tournage mais un pôle multimédia et technologique, où la croissance serait plus forte. Montréal doit bien rigoler, elle qui investit tant pour séduire les productions hollywoodiennes… et empocher les retombées économiques qui en découlent.

movie-react-c.jpgSi vous voulez tourner à Québec, il restera le service de la culture de la Ville pour vous guider dans « ses vieilles forteresses », « ses ruelles étroites recouvertes de pavés », et aux alentours, « ses montagnes, gorges et falaises ». Eventuellement, la Ville vous accordera « une réduction substantielle quant aux coûts des services municipaux fournis lors des tournages. »

Peut-être que l’indifférence politique, la concurrence des contributeurs d’aide entre eux, l’absence de résultats sur le nombre de tournages produits dans la région, ont eu raison de cet organisme. Evidemment, les demandes transiteront ailleurs, les financements viendront d’autre part. Il n’y a pas péril en la demeure.

Reste que la vieille dame du Saint-Laurent  se voit marginalisée sur la carte des lieux de tournage, alors même que l’industrie de l’image nécessite une dynamique alliant les nouvelles technologies, le divertissement, la création et le financement.

react3-c.jpgIl est vrai aussi que Québec a échoué à attirer les créateurs et les producteurs étrangers. Il y a bien eu Taking Lives, un thriller de serial-killer avec Anjelina Jolie et Ethan Hawke ou une brève séquence d’ Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg. Bollywood a réalisé un de ses films comme ils vont en Corse pour s'encanailler dans des paysages exotiques.  Michel Boujenah y a tourné la conclusion de son Père et fils, ultime film de Philippe Noiret. Rien de transcendant. Québec souffre sans doute du poids d’un mythe. Qui oserait tourner dans la ville de La Loi du Silence (I Confess), film d’Alfred Hitchcock, entre foi, meurtre et culpabilité, avec Montgomery Clift et Anne Baxter. Dans l’ombre du maître, Québec est condamnée depuis 55 ans à attendre qu’un grand cinéaste la courtise de nouveau...

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