Les Gardiens de la Galaxie 3 : Disney ne devrait pas réembaucher James Gunn

Posté par wyzman, le 2 août 2018

Voilà maintenant près de deux semaines que les fans des Gardiens de la Galaxie retiennent leur souffle : après que des blogueurs conservateurs américains ont fait remonter d'anciens tweets de James Gunn, Disney a tout simplement décidé de renvoyer le scénariste. Il ne réalisera pas Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 3.

Scandale politique

Lors du dernier Comic-Con, Warner Bros. a tout donné. Côté séries, l'entreprise américaine a joué des coudes pour être le centre d'attention des médias, annonçant l'arrivée prochaine sur The CW de Batwoman, une série centrée sur l'héroïne lesbienne. Et si côté cinéma, le studio a pu compter sur les panels d'Aquaman, Shazam! ou encore Les Animaux fantastiques 2, c'est finalement de Disney dont on a le plus parler. En effet, durant l'événement annuel le plus important des fans de pop culture, le géant de l'entertainment a tout simplement décidé de virer James Gunn, le co-scénariste et réalisateur des deux premiers Gardiens de la Galaxie.

Mais pourquoi cela ? La raison est simple. Des blogueurs conservateurs pro-Trump (dont l'adepte des théories du complot Mike Cernovich) ont fait remonter d'anciens tweets du réalisateur. Ces tweets, particulièrement nauséabondes dataient parfois de 10 ans. The Verge les a compilés pour l'occasion. Sans doute écrits avec un humour loin de faire l'unanimité, on peut lire sur certains : "La meilleure chose à propos d'être violé, c'est quand vous avez fini d'être violé et vous êtes en mode 'Ca sent bon de ne plus être violé !'" ou encore "Je fais une grande adaptation hollywoodienne de L'Arbre généreux avec une fin heureuse - l'arbre repousse et fait une fellation à l'enfant." Plus qu’inappropriés, d'autres tweets du même acabit mentionnaient le Sida, l'Holocauste ou encore le 11 septembre. Bref, des sujets particulièrement sensibles pour l'opinion publique américaine. Et d'autant plus pour Disney, une entreprise bâtie sur le thème de la famille et dont les valeurs morales peuvent différer des autres studios.

Pour certains, Disney a tout simplement été piégé par la droite conservatrice américaine. Après avoir rédigé un billet de blog intitulé "Les 50 super-héros avec lesquels tu aurais le plus envie de baiser", James Gunn avait dû présenter des excuses publiques. Nous étions fin 2012 et le réalisateur avait écrit dans ledit billet qu'il était possible de "transformer" Batwoman en hétérosexuelle et que Batgirl était une fille "facile". L'ayant déjà placé aux commandes Gardiens de la Galaxie, Disney a choisi de croire qu'il avait changé (comme le reste du casting) mais s'est retrouvé malgré tout sous le feu des critiques au cours des deux dernières semaines.

Le casting s'engage

Poussé par les fans et des membres du tournage, les acteurs principaux des Gardiens de la Galaxie (Chris Pratt, Zoe Saldana, Vin Diesel, Dave Bautista, Karen GillanBradley Cooper, Sean Gunn, Michael Rooker et Pom Klementieff) ont rédigé une lettre ouverte appelant Disney à revenir sur sa décision. Disponible sur les réseaux sociaux, la lettre a obtenu plus de 2 millions de likes. A côté, une pétition a été lancée par les internautes. Au moment où nous écrivons ces lignes, celle-ci a recueilli plus de 362.000 signatures. Un joli score qui ne semble pas faire de différence puisque Disney et Marvel semblent bien partis pour camper sur leur position : ne pas réembaucher James Gunn. Un pari risqué dès lors que l'on sait que James Gunn est l'âme des Gardiens de la Galaxie.

C'est en effet lui qui a su insuffler aux personnages de la saga le grain de folie qui les rend si attrayants aux yeux d'un public qui, pour la grande majorité, n'en avait jamais entendus parler avant 2014. Si le casting semble pour le moment uni du côté du réalisateur, les acteurs ont malheureusement les mains liées. En effet, le casting principal est d'ores et déjà sous contrat avec Disney et Marvel pour Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 3. Tout manquement à l'appel au moment du début du tournage se solderait pas des poursuites judiciaires aux conséquences désastreuses pour la carrière de chacun et chacune.

La direction ne lâche rien

Selon les informations recueillies par Variety, Disney ne semble pas prêt à revoir sa décision concernant James Gunn. S'il se murmure depuis quelques jours que l'entreprise chercherait un remplaçant au réalisateur, le futur ou la future chanceux.se ne devrait pas être u.e habitué.e du studio. En effet, Jon Favreau (Iron Man), Taika Waititi (Thor: Ragnarok) et les frères Russo (Avengers : Infinity War) sont d'ores et déjà engagés sur d'autres projets et ne pourront pas prendre part aux Gardiens de la Galaxie, Vol. 3 si la phase de production débute bien au cours du premier semestre 2019. De plus, il convient de rappeler que le renvoi de James Gunn a été approuvé par Alan Horn, le président de Walt Disney Studios Entertainment. Une décision soutenue par Bob Iger, le président-directeur général de la Walt Disney Company. Si les porte-paroles n'ont pas souhaité répondre aux questions de Variety, une source proche du studio aurait tout de même déclaré au média : "Je ne vois pas Disney le réembaucher. Ces tweets étaient si horribles et Disney a un standard différent des autres studios."

Bien qu'il ait présenté des excuses publiques, James Gunn se retrouve au beau milieu d'un scandale à un très mauvais moment. Depuis le début du mouvement #MeToo et l'avalanche d'accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles, Hollywood se voit régi par une tolérance zéro. Des personnalités telles que Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Terry Richardson, Jeffrey Tambor, Ed Westwick, ou encore Charlie Sheen en savent quelque chose. Ils ont été blacklistés de l'usine à rêves et leurs projets mis de côté. A moins d'un miracle, on voit donc difficilement comment James Gunn pourrait réintégrer l'équipe des Gardiens de la Galaxie ou retrouver du travail chez Disney prochainement...

L’affaire Weinstein plombe l’ambiance des Oscars 2018

Posté par wyzman, le 5 mars 2018

Avec Jimmy Kimmel de retour aux manettes, nous pensions que cette 90e édition des Oscars serait complètement folle. A l'image du micmac qui a eu lieu l'an dernier, au moment de remettre le prix du meilleur film. Malheureusement, plombée par l'affaire Weinstein et les déclarations chocs de Donald Trump, cette soirée fut anormalement molle. Au niveau du palmarès comme des sketches du  présentateur, il n'y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Points forts :

  • La performance de Sufjan Stevens. Venu interpréter "Mystery of Love", un morceau extrait de la bande originale de Call Me By Your Name, l'auteur-compositeur-interprète de 42 ans a mis tout le monde d'accord à l'aide de son banjo.
  • Le discours de Guillermo Del Toro, vainqueur dans la catégorie meilleurs décors : "May I keep dreaming up your monsters and their wonderful storiess so people like us can help share their worlds."
  • La bonne humeur communicative de Timothée Chalamet. Nommé pour son incroyable performance de jeune Italien amoureux dans Call Me By Your Name, le Franco-américain de 22 ans était la caution jeune et cool de cette cérémonie.
  • Le retour de Faye Dunaway et Warren Beatty. L'an dernier, ils avaient commis la plus grosse bourde de l'histoire des Oscars : annoncer que La La Land avait remporté le Graal et non Moonlight... L'affaire a fait la Une pendant des semaines. Crucifiés à tort en 2017, il était temps que les organisateurs rendent justice à ces deux monuments du cinéma américain.
  • La chemise de James Ivory. Si la presse people aime se délecter des robes des actrices aux Oscars, il convient de préciser qu'hier soir le scénariste de Call Me By Your Name était particulièrement stylé. Avec le visage de Timothée Chalamet dessiné sur lui, il a fait sensation.
  • Guillermo Del Toro lorsqu'il découvre qu'il a remporté l'Oscar du meilleur film. Aussi abasourdi que nous (qui espérions une victoire surprise de Get Out), le réalisateur de The Shape of Water avait tout d'un enfant un matin de Noël.

Points faibles :

  • Dire que l'on aime Jimmy Kimmel serait un doux euphémisme. D'ordinaire drôle et couillu, il semblait pourtant complètement au fond du trou hier soir, épuisé sous le poids de la pression. Dans son viseur dès le début de la cérémonie, le président américain en a pris pour son grade. Mais n'était-ce pas un peu facile ?
  • Le moment anti-Trump juste avant la performance de Gael Garcia Bernal, Miguel et Natalia Lafourcade. Venus interpréter leur titre "Remember Me" présent sur la bande originale de Coco, ils étaient précédés par des propos pro-immigrants et pro-Mexique peu subtils et trop attendus.
  • Un palmarès trop prévisible : Dunkirk vainqueur côté montage, mixage et montage son, qui aurait pu le prédire ? Tout le monde. Allison Janney récompensée pour son second rôle dans Moi, Tonya ? C'était annoncé. Blade Runner 2049 vainqueur côté effets spéciaux ? Une évidence ! James Ivory enfin oscarisé pour le scénario adapté de Call Me By Your Name ? Sans blague.
  • Une cérémonie trop longue que même Jimmy Kimmel n'a su rendre plus dynamique. Incitant les vainqueurs à être brefs leurs discours de remerciement, l'animateur phare de ABC est allé jusqu'à offrir un jet ski d'une valeur de 18.000$ au costumier de Phantom Thread, Mark Bridges, pour son speech de seulement 30 secondes.

Guillermo del Toro et « Coco » sacrés par la guilde des Producteurs

Posté par vincy, le 21 janvier 2018

Les producteurs ont lancé la mère des batailles: les Oscars. Alors que plusieurs favoris ont été plébiscités par les critiques, que ce soit ceux de New York, Los Angeles ou la presse étrangère pour les Golden Globes, la Producers Guild of America a décerné ses prix cette nuit, donnant le pouls d'une partie de la profession (voir les nominations).

La forme de l'eau (The Shape of Water) de Guillermo del Toro l'a donc emporté sur quatre autres prétendants sérieux: Call Me By Your Name, Lady Bird, Get Out et Three Billboards outside Ebbing Missouri. Le Lion d'or du cinéaste mexicain a été couronné du meilleur film.

En revanche, Coco semble seul dans la catégorie animation, raflant un à un tous les prix ou presque depuis trois mois.

Jane a gagné dans la catégorie documentaire, The Handmaid’s Tale dans la catégorie télévision (drame), The Marvelous Mrs. Maisel dans la catégorie télévision (comédie), Black Mirror dans la catégorie série télévisée ou téléfilm, Leah Remini: Scientology and the Aftermath dans la catégorie documentaire télévisé, Last Week Tonight with John Oliver dans la catégorie talk et entertainment, The Voice dans la catégorie émission de divertissement.

Jordan Peele a, de son côté, reporté le Prix visionnaire de la guilde pour Get Out. Lors de son discours, il a évidemment parlé de ce qui préoccupe tout le monde à Hollywood depuis quelques années: "L'endroit creux est le système qui fait taire la voix des femmes, des minorités et d'autres personnes. Le lieu submergé est le président qui appelle les athlètes des fils de chiennes pour avoir exprimé leurs croyances sur le terrain et la patrie de nos plus beaux immigrants pays de merde."

Cette parole engagée a été renforcée par la victoire d'un cinéaste-producteur mexicain, et quelque part d'un film d'animation sur le Mexique: un pays qui sert de bouc-émissaire à l'idéologie nationaliste du président des Etats-Unis.

Venise 2017: avec Suburbicon, George Clooney explose l’American Dream

Posté par kristofy, le 2 septembre 2017

Quel est le point commun entre George Clooney et les frères Joel & Ethan Coen ? Certes ils ont tourné quatre films ensemble. Mais ils ont aussi un même sens de l’humour sarcastique pour des (anti)héros pris dans une spirale criminelle, et surtout: ils sont amis et ils ont les même amis… C’est ainsi qu’est né le générique de Suburbicon, en compétition au 74e festival de Venise: au scénario, les frères Coen et George Clooney (et son co-scénariste Grant Heslov), et à l’écran Matt Damon, Julianne Moore, Oscar Isaac (qui ont d’ailleurs tous été dirigés par les Coen), mais aussi Alexandre Desplat pour la musique. Soit une dream team prête à tout pour le 6ème film de George Clooney derrière la caméra. Et c’est jouissif!

Suburbicon est le nom d’une ville idéale des Etats-Unis vers la fin des années 50. C’est même l’incarnation idyllique du rêve américain de cette époque, quand on découvrait le consumérisme, l'électro-ménager et la télévision. Le facteur et bientôt tout le voisinage vont se rendre compte d’un événement déplaisant pour eux : dans une maison vient d’arriver une nouvelle famille pas comme les autres, avec la peau noire. Tout le monde y va de son commentaire négatif et raciste… La maison juste à côté est celle de Matt Damon avec sa femme Julianne Moore (blonde), leur fils et la sœur de son épouse, toujours incarnée par Julianne Moore (mais rousse). Chez eux tout va basculer le temps d’une nuit : deux malfaiteurs se sont introduits chez eux, ils ont été immobilisés et brutalisés, et malheureusement la femme est décédée. Après l’épreuve des funérailles Matt Damon et sa belle-sœur Julianne Moore (la rousse si vous suivez) sont convoqués par la police pour une séance d’identification de suspects arrêtés : ils ne reconnaissent aucun de leurs agresseurs. On ne procède par conséquent à aucune arrestation. Mais leur fils est persuadé que les coupables étaient bien là, devant eux…

Ce début pétaradant va être le point de départ pour une implosion de la famille: mensonges et manipulations vont s’ensuivre à un rythme effréné. Les apparences ne sont pas seulement trompeuses, elles vont être mortelles. On y reconnaît bien l’humour noir particulier des frères Coen, en particulier le ton de leurs films Fargo et Burn After Reading. Alors qu’une machination dérape de pire en pire, pour la maison voisine, celle de la famille noire, les évènements empirent aussi : un mur est construit autour comme clôture, des dizaines de gens viennent les importuner en faisant du vacarme, puis une centaine de ‘citoyens’ fanatiques l'encercle…

Le contexte de la ségrégation raciale a particulièrement retenu l’attention puisque la présentation du film arrive quelques semaines après la dramatique actualité de Charlottesville, où le KKK, les néo-nazis, les suprémacistes blancs et autres groupuscules d'extrême-droite se sont confrontés à des antiracistes, notamment issus du mouvement Black Lives Matter, causant la mort d'une entre eux (Heather Heyer) et en blessant 19 autres.

George Clooney a dû évidemment apporter à Venise un commentaire politique : "Le slogan de Trump ‘Make America Great Again’ est tourné vers l’Amérique de Eisenhower, il s’adresse uniquement à un homme, blanc, hétérosexuel. Il a fallu environ deux ans pour mettre en route la production de ce film et le terminer, on ne se doutait pas que Suburbicon allait être autant en phase avec l’actualité. Oui, c’est un film de colère. Il y a beaucoup d’américains en colère aujourd’hui contre la façon dont le pays est dirigé."

Sur Twitter, Damien Chazelle s’oppose à Donald Trump

Posté par wyzman, le 17 août 2017

C'est sans doute l'information dont on parlera le plus aujourd'hui. Hier soir, le réalisateur de Whiplash et La La Land a officiellement rejoint le réseau social Twitter, pensant avoir une responsabilité "d'ajouter sa voix au chœur" qui résonne actuellement. Celui-ci fait sans surprise référence aux critiques que le président américain Donald Trump subit depuis les tristes événements survenus à Charlottesville (Virginie) et qu'il n'a pas directement condamnés.

Pour rappel, samedi dernier, des activistes d'extrême droite – suprémacistes blancs, néonazis, antisémites et membres du Ku Klux Klan – ont décidé de se rassembler à Charlottesville pour défendre la statue de Robert E. Lee, chef militaire sudiste durant la guerre de Sécession, que la municipalité souhaite retirer. Voulant marquer un grand coup, l'"alt-right" comme on l'appelle outre-Atlantique a déclenché des affrontements violents avec des militants antiracistes. Ce qui s'est soldé par la mort d'une jeune femme, écrasée par un manifestant d'extrême droite au volant de sa voiture.

Plus jeune réalisateur oscarisé, Damien Chazelle a ainsi voulu rappeler à tous que "l'administration Trump soutient le nazisme et la suprématie blanche" et que "quiconque en position de force mais [qui] reste silencieux est un complice" écrit-il dans une série de tweets déjà partagée par plus de 1000 internautes au moment où nous écrivons ces lignes.

Chouchou du public et de la critique, Damien Chazelle vient de rejoindre une belle brochette de stars déjà très favorables à la procédure de mise en accusation de Donald Trump et parmi lesquelles on retrouve J.K. Rowling, Jessica Chastain ou encore la réalisatrice Ava DuVernay.

Damien Chazelle sera prochainement de retour dans les salles puisque son biopic sur Neil A. Armstrong (First Man) est déjà calé au 12 octobre 2018 aux Etats-Unis. Ryan Gosling tiendra le rôle-titre. De plus, son scénario pour The Claim sera également porté à l'écran dans les mois qui viennent.

« Une suite qui dérange » retourne en salle de montage à cause de Donald Trump

Posté par vincy, le 2 juin 2017

A peine le Président des Etats-Unis Donald Trump a-t-il signifié qu'il voulait sortir son pays de l'Accord (non contraignant pourtant) de Paris, que l'ancien vice-président Al Gore a répliqué sur Twitter mais pas seulement. Il faut dire que l'écologie est devenue son obsession.

Si on vous en parle c'est tout simplement parce qu'Al Gore a décidé d'inclure cette décision du Président Trump dans son documentaire, Une suite qui dérange, prévu en novembre dans les salles françaises et en juillet aux Etats-Unis. Le docu a été montré au dernier Festival de Cannes, hors compétition, comme l'avait été son premier film "pédago-environnementaliste" Une vérité qui dérange.

La version vue à Cannes ne sera donc pas la définitive. Paramount a confirmé que les cinéastes allaient intégrer de nouveaux plans autour de ce revirement politique. D'autant que le film passe du temps sur la Cop 21 de Paris qui a débouché sur l'Accord historique.

L'Accord de Paris prévoit de contenir le réchauffement climatique et le désinvestissement dans les énergies fossiles. Il faut qu'il soit signé par 55 pays représentant au moins 5% des émissions de gaz à effets de serre. Le retrait des USA ne change rien: l'Accord a déjà été ratifié par 145 autres pays représentant 65,7% des émissions. L'Accord est donc toujours valide.

Cannes 2017: Nos retrouvailles avec Al Gore

Posté par vincy, le 22 mai 2017

Il n'a rien à voir avec le cinéma. Al Gore est un politique. Pourtant c'est son deuxième passage à Cannes en sélection officielle. La première fois c'était il y a onze ans. Il venait présenter Une vérité qui dérange, documentaire édifiant sur le réchauffement climatique et ses conséquences.

Écologiste convaincu, adepte des nouvelles technologies, il a définitivement abandonné la vie politique au sens électoral du terme. Depuis qu'il a échoué (de façon contestable, rappelez-vous les bulletins de vote qu'il a fallu recompter en Floride) face à George W. Bush, il a entamé une série de conférences grand public où il expose les constats, les dangers et les enjeux du réchauffement climatique. Son film était une sorte de manuel "L’écologie pour les Nuls" avec une présentation pédagogique, ludique, didactique, et avouons-le brillante. Sa vision globale, intelligente, rigoureuse, utile, jamais démago faisait le « le tri entre la vérité et la fiction.»

Prix Nobel de la paix

Al Gore, 69 ans aujourd'hui, député durant 8 ans, sénateur pendant 7 ans puis vice-président de Bill Clinton durant ses deux mandats, a une vraie prestance physique. Il en impose. Diplômé de Harvard, où il partage sa chambre avec Tommy Lee Jones, il a été journaliste pour l'Armée au Vietnam, et a d'abord été un reporter dans un canard local du Tennessee avant d'embrasser une carrière politique. Grâce à lui, Internet est devenue une stratégie numérique aux Etats-Unis, devenant un outil grand public tout en étant une priorité politique.

Mais son dada c'est l'environnement. Il prend conscience de l'urgence planétaire lors de la ratification du Traité de Tokyo. Après avoir quitté la politique, il redevient simple militant de la cause. Mais avec les moyens que peut avoir un ancien Vice-Président. Acteur et orateur d'Une vérité qui dérange, il se met en scène et joue les professeurs. Le film reçoit deux Oscars (Oscar du meilleur film documentaire et Oscar de la meilleure chanson originale) et Al Gore est le lauréat en 2007 du Prix Nobel de la Paix.

Lanceur d'alerte

Il revient à Cannes avec la suite de son documentaire, Une suite qui dérange: le temps de l'action, prévu en salles le 1er novembre (en France). Le film, comme le premier documentaire, a déjà fait l'objet d'une avant-première à Sundance. Réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk, il reprend les faits survenus depuis dix ans qui donnent raison au cri d'alarme poussé dans le premier film. Mais il semble que celui-ci soit davantage politique, avec en toile de fond le Traité de Paris et les décisions de Donald Trump. Al Gore n'est plus élu. Mais il conserve sa colère, continue à répandre son message, veut croire à une révolution énergétique et citoyenne et attaque bille en tête l'actuel Président des Etats-Unis, coupable à ses yeux de crime contre l'humanité, la nature, bref la planète.

Il y a dix ans il alarmait sur le temps des conséquences. Aujourd'hui il alerte et réclame le temps de l'action.

Cannes 2017 – Télex du marché: Catherine Deneuve, Mamoru Hosoda, Mia Hansen-Love, Michael Moore et Jaoui-Bacri

Posté par vincy, le 19 mai 2017

- Auteure des récents documentaires La cour de Babel et Dernières nouvelles du cosmos, Julie Bertuccelli vient de commencer le tournage de son troisième film de fiction, produit par Les Films du Poisson et qui sera distribué par Pyramide. Le dernier vide-grenier de Claire Darling réunit une nouvelle fois Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, auxquelles s'ajoutent Alice Taglioni, Samir Guesmi, Laure Calamy, Olivier Rabourdin et Johan Leysen. Le scénario coécrit avec Sophie Fillières est l'adaptation du roman Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling (éditions J. Chambon) de Lynda Rutledge. L'histoire est celle d'une femme persuadée que c'est son dernier jour à vivre. Elle décide de vendre toutes ses antiquités dans son jardin, lui rappelant un à un toute sa vie passée.

- Mamoru Hosoda (Le garçon et la bête, Les Enfants loups Ame et Yuki, Summer Wars) a annoncé son nouveau projet au sein du Studio Chizu. Mirai (titre de travail) a été officialisé au marché du film de Cannes. Le film d'animation suivra un garçon âgé de quatre ans dont la vie va changer avec l'arrivée d'une petite sœur. Ce sera le début d'une aventure magique. Le jardin de sa maison se révèle en effet une passerelle permettant à Mirai de voyager vers le passé, où il rencontre ainsi sa mère, à l’époque où elle était petite fille, et son grand-père qui était alors un jeune adulte. Mais aussi sa sœurs quand elle aura grandit. Mirai, qui a peur que ses parents ne l'aiment plus, va alors comprendre son rôle de grand frère. Le réalisateur a écrit le scénario.

- Mia Hansen-Løve se lance dans un film entièrement en langue anglaise. Bergman Island rassemblera Greta Gerwig, John Turturro et Mia Wasikowska. La réalisatrice de L'avenir filmera ainsi un couple de cinéastes américains débarquant sur l’île de Farö, en Suède, où résidait le réalisateur Ingmar Bergman. Ils cherchent l'inspiration pour écrire, chacun de leur côté, leur nouveau film. Le film est produit par Charles Gillibert (CG Cinéma). Avant de le tourner dans un an, la réalisatrice filmera Maya, avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee et Cédric Kahn.

- Michael Moore revient au documentaire politique américain. Lui qui avait prévu la victoire de Donald Trump, a décidé de s'attaquer au nouveau Président des Etats-Unis, ou plutôt à sa nouvelle bête noire. Après Farhenheit 9/11 autour du 11 septembre, il a décidé de tourner Fahrenheit 11/9 (le 9 novembre étant la date où ont été proclamés les résultats de l'élection présidentielle). "Peu importe les révélations, il reste droit dans ses bottes. Les faits, la réalité, les méninges, rien ne l'atteint. Même quand il se fait mal lui-même, il se lève le lendemain et continue à tweeter. Tout ça termine dans ce film", a affirmé dans la presse américaine Michael Moore, au sujet de Trump. Les Weinstein reviennent dans la production, treize ans après la Palme d'or pour Farhenheit 9/11.

- Agnès Jaoui, membre du jury cannois, a dévoilé son prochain film, qu'elle a coécrit avec son complice Jean-Pierre Bacri une fois de plus. Place Publique, produit par SBS (Elle) et distribué par Le Pacte, se tournera cet été. Bacri incarnera un présentateur télé célèbre, qui retrouve ses vieux amis, dont son ex-femme, dans une soirée parisienne. Au cours de cette soirée, chacun constatera que le succès l'a changé. Alors que son ex-femme a conservé ses opinions politiques idéalistes, lui est devenu plus réaliste, voire cynique. Le film renoue avec l'esprit des deux pièces de théâtre adaptées au cinéma, Cuisine et dépendances et Un air de famille.

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Cannes 2017 : une cérémonie d’ouverture avec Trump dans le viseur

Posté par kristofy, le 18 mai 2017

« Sur l'écran noir de mes nuits blanches, moi je me fais du cinéma... » Benjamin Biolay et Louane ont chanté la célèbre chanson de Claude Nougaro et de Michel Legrand, accompagnés de la danseuse Blanca Li. Quand on entend 'Ecran Noir' ça nous plaît beaucoup car suit après la promesse que l'écran va s'illuminer d'images projetées...

C'est la maîtresse de cérémonie Monica Bellucci (la deuxième fois dans ce rôle) qui a ensuite éclairer de sa présence la scène avec une robe aux transparences audacieuses (l'alerte tétons n'était pas loin). Un discours dont la politesse a aussi permis d'être un peu féministe et politique : « Ici toutes les voix peuvent être écoutées, l'identité du cinéma n'a ni sexe ni drapeau ni frontière ».

Et comme pour lui donner raison, Asghar Farhadi, qui a déclaré le festival ouvert aux côtés de Lily-Rose Depp, qui avait boycotté les Oscars suite au bannissement de musulmans de certains pays aux Etats-Unis, a rappelé que Cannes reste "une place où les gens dialoguent entre eux avec enthousiasme à propos de cinéma et partagent de mémorables moments.". Sa présence même était une pique à l'Amérique de Trump.

Après la présentation des différents membres du jury présidé par Pedro Almodovar ("Je promets d'être subjectif, passionné et souple" a-t-il promis), on a eu le droit à un petit numéro de danse inspiré de ses films, avec en bonus Monica Bellucci embrassant Alex Lutz, remake moins glam que le baiser fougueux entre Laurent Laffite et Catherine Deneuve l'an dernier.

La petite blague avec une erreur d'enveloppe (so hiver 2017 et pas gentil pour les Oscars) était inutile et ringarde. Mais bon passons. Les cérémonies ne sont pas un savoir-faire très français.

Mais c'est un film très français, Les Fantômes d’Ismaël d'Arnaud Desplechin, qui a fait l'ouverture

«Bonne lumière à tous ! »

Matthew McConaughey choisit une comédie d’Harmony Korine pour se relancer

Posté par vincy, le 7 février 2017

Matthew-McConaughey

Il était l'acteur le plus hot du moment il y a à peine deux ans et demi, après avoir enchaîné Magic Mike, Mud, Dallas Buyers Club (et un Oscar en poche), Le Loup de Wall Street et Interstellar, en plus de la série phare "True Detective". Matthew McConaughey traverse pourtant une mauvaise passe, même s'il peut s'enorgueillir d'être la voix principale de Tous en scène, hit mondial, et de Kubo et l'Armure magique, considéré pari les meilleurs films d'animation de l'année. Free State of Jones de Gary Ross a rapporté à peine 20 millions de $ (il a couté 50M$). The Sea of Trees (Nos souvenirs) de Gus Van Sant a été hué à Cannes et n'a pas dépassé les 2000 $ de recettes (autant dire que personne ne l'a vu aux Etats-Unis). Et son dernier film, Gold, de Stephen Gaghan, calibré pour les Oscars, a été boudé par les votants et cumule à date 6M$ de recettes.

Comment va-t-il rebondir? L'acteur vient de signer pour être la star de la comédie d'Harmony Korine (Spring Breakers), The Beach Bum. Le film suit les mésaventures hilarantes de Moondog, coquin, rebelle et adorable qui vit sa vie en grand. Korine promet une course sauvage et audacieuse, édifiante et sans issue. Le personnage est outrancier, charismatique et l'humour aussi noir que frais.

D'ici là, le comédien sera à l'affiche de La Tour sombre de Nikolaj Arcel, adaptation du best-seller de Stephen King, avec Idris Elba. le film est prévu en salles le 9 août. Et en janvier 2018, il sera au générique de White Boy Rick, de Yann Demange ('71).

Dans l'actualité, Matthew McConaughey a surpris tout le monde avec ses récentes déclarations sur Donald Trump: "Les Américains n'ont plus tellement le choix maintenant. Il est notre président. Et si les jours qui ont précédé et succédé à son investiture furent dynamiques et clivants, au regard de ses déclarations et de ses premiers décrets, il est peut-être temps de l'accepter et de se montrer constructif", a déclaré l'acteur dans l'émission The Andrew Marr Show, diffusé sur la BBC. "Peu importe les raisons de nos désaccords, il va falloir réfléchir à la manière dont on va pouvoir travailler avec lui au cours des quatre prochaines années, au moins."