Das Kind de Yonathan Levy, l’étonnant parcours d’un film passé du domaine intime à l’universel

Posté par MpM, le 17 avril 2013

das kindL'aventure du film Das Kind commence en 2007, lors que le jeune Yonathan Levy (23 ans) croise le chemin d'André Miko.

Ce dernier tient à raconter l'histoire de sa mère, Irma, née en 1914 à Czernowitz (alors dans l'Empire austro-hongrois), et qui a subi les remous de l'histoire, de Bucarest, où elle fut militante communiste clandestine, à Paris, où elle rallia la "résistance des étrangers" pendant l'Occupation.

La rencontre entre les deux hommes est déterminante : André pensait écrire un livre sur l'incroyable destin d'Irma, et se laisse finalement convaincre d'en faire un film.

Au départ, le projet semble être destiné au cadre familial. Mais Yonathan Levy est persuadé qu'une telle histoire peut avoir une portée plus large. Pendant plus de deux ans, il suit Irma et André sur les routes d'Europe, et filme leurs conversations.

"Ce qui m'a plu", explique le réalisateur, "c'est la démarche. Qu'André veuille capter le témoignage de sa mère. Cela apporte une vraie dimension intime au film. Je l'ai donc fait passer devant la caméra et j'ai choisi de rester en retrait pour qu'Irma se sente plus libre de parler."

Il a également accentué cette notion de transmission de la mémoire d'une génération à une autre en faisant intervenir a posteriori la petite fille d'Irma, Sarah, qui interprète la voix intérieure de sa grand mère dans des intermèdes inspirés du monologue théâtral. "Il y a une vocation didactique dans ces passages" déclare Yonathan Levy. "C'est comme une voix-off à laquelle on ajoute une dimension poétique et plus intime."

On découvre ainsi par bribes das kind l'existence romanesque et surtout extrêmement engagée d'Irma, qui a traversé avec élégance et passion l'histoire troublée de l'Europe du 20e siècle : effondrement de l'empire austro-hongrois, montée de l'antisémitisme, déplacement de population, émergence du communisme, deuxième guerre mondiale...

On est particulièrement frappé par l'engagement d'Irma dans un mouvement spécifique de la résistance française qui consistait à décourager les soldats allemands basés à Paris et à les retourner contre leur camp. Ses retrouvailles avec l'un de ces soldats, Hans, qui déserta en 1944 et rejoignit la division du colonel Fabien, sont d'ailleurs l'un des moments les plus émouvants du film.

Das Kind, entièrement réalisé et produit en dehors des circuits traditionnels, a tout d'abord eu du mal à se faire connaître en France. Achevé en 2010, il a pourtant fait le tour des festivals : Mostra de San Paulo, Crossing Europe à Linz (Autriche), festival du film documentaire à Istanbul, festival du film juif à Washington... Il a même remporté le prix du meilleur film au Festival du film européen indépendant de Paris (Ecu). Mais il est extrêmement compliqué pour un film 100% indépendant de bénéficier des circuits de diffusion traditionnels et c'est seulement cette année, en 2013, que Yonathan Levy a vu les portes commencer à s'ouvrir.

das kindLe Balzac, irremplaçable cinéma indépendant parisien, propose une projection de Das Kind chaque dimanche matin depuis le 24 février, et au moins jusqu'à la fin du mois de mai. Peu à peu, d'autres salles s'y intéressent. Par exemple, le cinéma l'Odyssée à Strasbourg programmera le film une fois par jour à partir du 24 avril. D'autres devraient suivre dès l'obtention du visa d’exploitation qui est en cours.

Car malgré sa genèse atypique, Das Kind a tout ce qu'il faut pour séduire le public. Il a déjà conquis celui du Balzac dont la salle ne désemplit pas. "Le film est porté par le public", confirme Yonathan Levy. La seule qui s'étonne de ces réactions émues et enthousiastes, c'est Irma Miko elle-même. "Elle a du mal à comprendre pourquoi les gens s'intéressent autant à son histoire", souligne le réalisateur. "Pour elle, ses choix ont toujours été évidents. Elle ne s'est jamais mise en avant, alors elle est étonnée d'être le centre de l'attention."

Une situation à laquelle elle devra pourtant s'habituer... Car avec l'émotion qu'il suscite, sans parler de son indéniable intérêt historique, le film n'a probablement pas fini de bénéficier d'un formidable bouche-à-oreille, et d'être montré dans tous les cinémas d'Art et d'essai de France, voire d'Europe. C'est en général ce qui arrive lorsqu'un film transcende suffisamment le cadre intime de son sujet pour lui offrir une résonance éminemment universelle.

Berlin 2013 : The Broken Circle Breakdown, coup de coeur du public dans la section Panorama

Posté par vincy, le 16 février 2013

Les prix du public (28 000 votes cette année) pour la section Panorama de la 63e Berlinale ont été révélés cet après-midi. Le public berlinois devait choisir parmi 52 films venus de 33 pays.

Après avoir conquis le jury du prix Europa Cinémas du meilleur film européen hier, The Broken Circle Breakdown, du Belge Felix Van Groeningen, vient d'obtenir les faveurs du public de cette section parallèle. Le film sera distribué en France par Bodega Films. Selon le communiqué de presse, le film s'est installé en favori très tôt durant le Festival, et a gagné de manière très nette.

The Broken Circle Breakdown, histoire passionnelle sous influence américaine tendance musique country, est l'adaptation d'une pièce de Johan Heldenbergh et Mieke Dobbels. Il s'agit du quatrième long métrage du réalisateur Felix Van Groeningen.

Reaching the Moon, du vétéran brésilien Bruno Barreto, récit auour de la poétesse new yorkaise Elizabeth Bishop lors d'un voyage à Rio de Janeiro, est classé 2e ; Inch'Allah de la canadienne Anaïs Barbeau-Lavalette, jusque là plutôt documentariste, a reçu suffisamment de suffrages pour obtenir la 3e place avec son histoire humaniste où une médecin québécoise est confrontée aux problèmes des femmes palestiniennes.

Côté documentaires, The Act of Killing de l'américain Joshua Oppenheimer, qui revient sur le coup militaire indonésien de 1965, l'a emporté sur Salma de la britannique Kim Longinotto, qui nous emmène dans une minorité musulmane en Inde, et A World Not Ours du citoyen sans frontières Mahdi Fleifel, qui nous immerge dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban.

Water makes money : un documentaire qui dérange

Posté par MpM, le 29 janvier 2013

water makes moneyEn mars 2011, Ecran Noir aimait et défendait Water makes money de Leslie Franke et Herdolor Loren, sorti simultanément en salles et en dvd. Cet édifiant documentaire décortiquait méticuleusement le marché de l'eau en France et s'en prenait nommément à Suez et Veolia, accusés notamment de corruption et de mauvaise gestion des réseaux. De nombreux experts et spécialistes s'exprimaient devant la caméra, dont Jean-Luc Touly, cadre de Veolia, qui avait déjà écrit un livre intitulé L'eau des multinationales : Les vérités inavouables.

Après avoir essayé d'interdire le film, Veolia a porté plainte pour diffamation en septembre 2010. Deux ans et demi plus tard, le procès est sur le point de s'ouvrir au tribunal correctionnel de Paris. Les faits reprochés sont l'utilisation du terme "corruption" ainsi que l'affirmation de Jean-Luc Touly selon laquelle le groupe lui aurait proposé un million d'euros pour qu'il renonce à publier son livre.

Pour des raisons de procédure, seuls le distributeur français (La mare aux canards) et le protagoniste central du film, Jean-Luc Touly, sont poursuivis. En effet, la filiale allemande de Veolia a renoncé à déposer une plainte en Allemagne contre les deux réalisateurs, qui sont les seuls protagonistes susceptibles d'être inquiétés selon la loi allemande. Paradoxalement, ce n'est donc pas aux auteurs du film qu'est reprochée une partie de son contenu...

Une affaire à suivre absolument, la meilleure manière de défendre le film étant encore de participer à sa diffusion ou, pour ceux qui l'auraient raté, de le regarder lors de son passage sur Arte le 12 février prochain.

Berlin honore Isabella Rossellini et Rosa von Praunheim

Posté par vincy, le 28 janvier 2013

Le 63e Festival de Berlin décernera deux prix honorifiques, les Berlinale Camera, à deux femmes. Ce prix récompense des personnalités du cinéma ou des institutions auxquelles le Festival se sent particulièrement redevable en exprimant ses remerciements.

Isabella Rossellini, 60 ans, sera distinguée le 9 février, après la projection de Mammas. Ce nouvel épisode de sa série "Green Porno" sera projeté dans la sélection Forum. Réalisatrice et actrice, elle aborde ici les instincts maternels de différentes espèces animales. La comédienne, qui a été présidente du jury berlinois il y a deux ans, a présenté de nombreux films dans la capitale allemande : Fearless, de Peter Weir, Des trous dans la tête de Guy Maddin, 3 fois 20 ans de Julie Gavras...

Elle a collaboré avec des cinéastes aussi différents que Paolo et Vittorio Taviani, Norman Mailer, Robert Zemeckis, Joel Schumacher, John Schlesinger, Peter Greenaway et bien entendu David Lynch. Fille de Roberto Rossellini et Ingrid Bergman, ex-femme de Martin Scorsese, ex-compagne de Lynch, Gary Oldman et Daniel Toscan du Plantier, on l'a également vu récemment dans Poulet aux prunes, Du vent dans mes mollets ou encore Two Lovers de James Gray.

L'autre récipiendaire de la Berlinale Camera est le cinéaste allemande Rosa von Praunheim, de son vrai nom Holger Bernhard Bruno Mischwitzky, 70 ans. Pionnier et cofondateur du mouvement de libération gaie en Allemagne, réalisateur de plus de 70 films, essentiellement des documentaires, en 40 ans, par ailleurs écrivain, il a présenté 20 de ses oeuvres au Festival de Berlin. L'hommage lui sera rendu le 13 février, après la projection de Rosakinder, un hommage cinématographique sous forme de documentaire, réalisé par Tom Tykwer, Robert Thalheim, Chris Kraus, Axel Ranisch and Julia von Heinz.

N'hésitant pas à affronter les scandales et à provoquer, il avait créé une immense polémique au début des années 90 en révélant des noms de personnalités qui cachaient leur homosexualité. Rosa von Prauheim a remporté un Teddy Award en 1990 pour sa trilogie Die AIDS (Ods / Positiv / Feuer unterm Arsch). Il a reçu également un prix de la critique internationale à Rotterdam en 1993 pour Ich bin meine eigene Frau. Il a été révélé au début des années 70 avec Die Bettwurst et surtout le docu It’s Not the Homosexual Who Is Perverse, But the Situation in Which He Lives, sélectionné à Berlin en 71.

Grand chambardement aux Writers Guild of America Awards

Posté par vincy, le 4 janvier 2013

La Writers Guild of America a dévoilé ses nominations. Etranges choix semble-t-il pour certains, mais au moins un renouvellement certain vers des films plus singuliers. D'autant que seul Mark Boal (Zero Dark Thirty) a déjà gagné ce prix. Notons que Tarantino n'est pas parmi les élus. Les gagnants seront connus le 17 février prochain. Globalement deux fois sur trois le vainqueur de ces prix reçoit l'Oscar la semaine suivante.

Scénario original :

Flight, de Joh Gatins

Looper, de Rian Johnson

The Master, de Paul Thomas Anderson

Moonrise Kingdom, de Wes Anderson & Roman Coppola

Zero Dark Thirty, de Mark Boal

Scénario adapté :

Argo, de Chris Terrio

L'Odyssée de Pi, de David Magee

Lincoln, de Tony Kushner

Le Monde de Charlie, de Stephen Chbosky

Happiness Therapy, de David O. Russell

Scénario de documentaire :

The Central Park Five, de Sarah Burns, David McMahon et Ken Burns

The Invisible War, de Kirby Dick

Mea Maxima Culpa: Silence in the House of God, d'Alex Gibney;

Searching for Sugar Man, de Malik Bendejelloul

We Are Legion: The Story of the Hacktivists, de Brian Knappenberger

West of Memphis, d'Amy Berg & Billy McMillin

Tomi Ungerer : un esprit frappeur et un conteur légendaire

Posté par vincy, le 19 décembre 2012

tomi ungerer

Demain sort dans les salles françaises un documentaire, Tomi Ungerer - l'esprit frappeur, réalisé par Brad Brenstein, et un film d'animation, Jean de la lune, réalisé par Stephan Schesch, d'après une histoire d'Ungerer. Un 2 en 1 que Le Pacte distribue d'un côté sur 10 copies, de l'autre sur 250.

L'occasion de se pencher sur l'incroyable destin de Tomi Ungerer, strasbourgeois de 82 ans, dessinateur et auteur connu mondialement depuis maintenant 55 ans. Schesch avait déjà produit l'adaptation de son livre pour enfant, Les Trois Brigands ; avec Jean de la Lune, il achève son hommage en passant directement à la réalisation.

Crayon tous terrains

black power white power tomi ungererMais Ungerer est bien plus qu'un génial conteur. On lui doit aussi l'affiche contre la ségrégation raciale Black Power/White Power ou celles contre la guerre du Vietnam.

Issu d'une famille d'horloger, fils d'un ingénieur par ailleurs artiste et historien, il a d'abord vécu la guerre. Sa maison, où aujourd'hui une plaque indique la présence du créateur, a été réquisitionnée par les Allemands et, sous la domination des voisins germains, Tomi Ungerer a subit un endoctrinement nazi qui laissera quelques traces. Il ne reviendra jamais à la vie "normale". En échec scolaire, indiscipliné (il se fera même renvoyé de l'Ecole des Arts décoratifs) il commence alors son tour du monde. Laponie, Algérie, Grèce, Islande, New York. C'est là que l'aventure commence avec un carton de dessins, quelques billets. Il collabore alors avec les plus grands journaux et Harper & Row va publier des dizaines de livres pour enfants.

Un musée à Strasbourg

Dans les années 70, il s'installe au Canada et commence son entreprise de transmission : il fait une première donation de son œuvre et de sa collection de jouets à la ville de Strasbourg. Depuis 2007, un Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'illustration a été ouvert à la Villa Greiner dans la métropole alsacienne. On y trouve, en plus de milliers de jouets, 8 000 dessins originaux, parfois grivois, souvent satiriques. Car on le sait moins, il ne dessinait pas que pour les petits.

tomi ungerer jean de la lune

Très investit dans la politique strasbourgeoise et les liens pacifiques entre la France et l'Allemagne, il n'en oublie pas son métier d'illustrateur. Il y a 14 ans, il a reçu le prestigieux Prix Hans Christian Andersen, le Nobel des auteurs de livres pour enfants.

Nul n'est prophète en son pays

Tomi Ungerer - l’esprit frappeur est le premier long métrage à lui être consacré. Ce documentaire revient sur son histoire chaotique mais aussi sur son point de vue souvent peu conventionnel. Cet homme aura connu les Nazis, l'utopie européenne, les beatniks de New York, l'isolement en Nouvelle-Ecosse... Considéré comme un génie du XXe siècle, dénonçant ses absurdités, le citoyen du monde Ungerer semble pourtant avoir été oublié dans son propre pays... Brad Bernstein, le réalisateur du documentaire, a eu l'idée de son film en 2008. Il lisait le New York Times qui annonçait le retour de l'artiste aux USA. Echange épistolaire rapide : le projet est lancé.

Tomi Ungerer a publié près d’une centaine de livres pour enfants. Aujourd'hui, le cinéma lui permet de prolonger son art. Les Trois brigands fut un succès surprise en 2007. Jean de la Lune est la suite logique des événements, cinq ans plus tard. Dans les deux films, Ungerer assure la voix du narrateur.

Kubrick s'invite dans Jean de la Lune

poster docteur folamour doctor strangelove kubrick ungererFilm pour les petits, en concurrence avec Ernest et Célestine et Nikko le petit renne 2, le poétique Jean de la Lune est l'adaptation du conte le plus célèbre d'Ungerer. L'histoire est simple : Jean s’ennuie tout seul sur la Lune. Il décide de visiter la Terre. En s’accrochant à la queue d’une comète, il atterrit sur la Planète bleue. Le Président du Monde, persuadé qu’il s’agit d’un envahisseur, le pourchasse.

L'Allemand Stephan Schesch, très francophile, a présenté son film aux festivals de Munich et d'Annecy : "Je dirais du film qu’il est élégiaque. Il a son propre rythme, il laisse de l’espace au public, jeunes et grands, qui peut à loisir observer, imaginer, en étant en plus captivé".

A noter que l'on peut voir le personnage du président sur une fusée. Cette référence appuyée au film Docteur Folamour n'est pas innocente : Tomi Ungerer avait réalisé l'illustration des affiches du film de Kubrick.

Dinard 2012 : aujourd’hui c’est la Journée mondiale de James Bond

Posté par geoffroy, le 5 octobre 2012

A Dinard, on entend l'hymne de 007 partout : sur la plage, dans le blind test, à la cérémonie d'ouverture. C'est logique. Le Festival du film britannique célèbre comme il se doit le plus célèbre héros du cinéma "british", le plus profitable aussi. Une série d'événements dans le monde accompagne ses 50 ans de cinéma. C'est aujourd'hui.

James Bond, alias 007, célèbre agent secret au service de sa Majesté créé par l’écrivain Ian Fleming, voit officiellement le jour en 1953 suite à la publication du roman Espions, faites vos jeux (Casino Royal). Neuf ans plus tard, le cinéma s’empare du personnage et sort sur les écrans du monde entier James Bond contre Dr No avec Sean Connery dans le rôle-titre. Nous sommes le 5 octobre 1962. Le succès, immédiat, scelle le destin du personnage en l’inscrivant dans le cadre d’une franchise aussi lucrative qu'indémodable avec pas moins de 23 longs-métrages produits en 50 ans (en prenant en compte le dernier opus à sortir, Skyfall). Un record de longévité.

Afin de célébrer comme il se doit la date anniversaire des 50 ans d’une saga mythique qui aura vu se succéder au fil des ans six acteurs différents (Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig), des James Bond Girls de tous les continents aux charmes redoutables, des génériques inventifs et des méchants plus mégalos les uns que les autres, les producteurs, dont les studios historiques EON Production et MGM, ont proclamé le vendredi 5 octobre 2012 « Journée Mondiale de James Bond ».

Outre la sortie en France depuis le 26 septembre d’un coffret collector baptisé Bond 50 réunissant pour la première fois les 22 longs-métrages de la saga sur support Blu-ray avec près de 130h de bonus, une enquête est en cours pour déterminer le film de James Bond préféré dans chaque pays. Alors que la maison anglaise Christie’s organise du 28 septembre au 8 octobre 2012 une vente aux enchères en ligne d’objets issus de la saga (les bénéfices de cette vente seront reversés à 12 organisations de bienfaisances), une exposition d’objets cultes « Designing 007, 50 years of James Bond Style » ouvrira à la fin du mois à Toronto après être passée à Londres au centre Barbican.

Surtout, un documentaire, réalisé par Steven Riley, Everything or Nothing : the Untold Story of 007, sera diffusé lors de cette journée et racontera les coulisses de la franchise depuis 1962 jusqu’à nos jours à travers le pari de trois hommes (les producteurs Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, l’écrivain Ian Fleming). Il est projeté à Dinard en début de soirée.

Au centre de maints événements depuis le début de l’année, cette date anniversaire servira, à n’en pas douter, de rampe de lancement au 23ème opus de la franchise, Skyfall, réalisé par Sam Mendès et incarné par le toujours fringuant Daniel Craig. Porté par la chanson éponyme Skyfall interprétée par la voix chaude de l’anglaise Adele, le film sortira chez nous le vendredi 26 octobre (et non comme habituellement un mercredi) et un peu partout dans le monde jusqu’au 9 novembre, date de sortie aux USA.

Avec Arctique IMAX, la Géode s’habille en polaire

Posté par vincy, le 21 septembre 2012

A partir du 17 octobre, Arctique, l'un des meilleurs films IMAX depuis des années, envahira la Géode. Dans sa version américaine, le film est narré par Meryl Streep. En français, le public pourra entendre la voix de Sophie Marceau.

A l'occasion de cette sortie, la Géode a décidé de créer un week-end événement. Six séances en avant-première sont prévues le week-end du 13 et 14 octobre, à 14h30, 16h et 17h30 (10€50 pleintarif / 9 tarif réduit). Les séances de 14h30 et 16h00 seront suivies d’une rencontre en alternance avec Rémy Marion, auteur de nombreux ouvrages sur les régions polaires, Nicolas Dubreuil, ethnologue, les équipes de Grand Nord Grand Large et Eric Brossier (le dimanche), ingénieur en génie océanique.

Pour les enfants, des ateliers et des jeux sont organisées autour du monde des Inuits, de 14h30 à 18h.

Enfin une exposition, "L'Arctique au fil des saisons", à partir des photographies de Florian Schulz (VisionsoftheWild.com) sera accessible à tous.

A noter que pour chaque spectateur d’Arctique, Coca-Cola, en partenariat avec la Géode, reverse 0,50 € à GoodPlanet. Les fonds versés à la fondation de Yann Arthus-Bertrand financeront un projet d’agroforesterie en France, permettant d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques agricoles durables et de participer à la lutte contre le changement climatique.

Venise 2012 : Bad 25, l’hommage de Spike Lee à Michael Jackson

Posté par kristofy, le 1 septembre 2012

Happy Birthday Michael Jackson ! Si le "king of pop" n’avait pas été retrouvé mort le 25 juin 2009, il aurait eu il y a quelques jours 54 ans (il est né le 29 août 1958), mais ses fans pourront fêter le 25ème anniversaire de son disque Bad (45 millions d'exemplaires vendus), sorti le 31 août 1987.

Bad 25 c’est aussi le titre du documentaire réalisé par Spike Lee, présenté au Festival de Venise hors-compétition. Le cinéaste revient sur la genèse de l’enregistrement de cet album mythique.

Spike Lee s’est déclaré grand fan de MJ : «Ces dernières années les médias se sont intéressés à Michael Jackson pour divers motifs sauf sa musique, mon film se concentre sur la musique de Bad. Le film est une confirmation de combien il travaillait dur pour atteindre le meilleur. Quand j’ai vu petit les Jackson’s 5 à la télévision je voulais être Michael, j’ai grandi avec Michael Jackson.»

Contenus inédits

Le documentaire s’ouvre avec plusieurs images d’archives remontant à 1986, au moment où l’histoire de Bad va commencer. A cette époque Michael Jackson est l’artiste qui a le plus vendu de disques au monde avec son précédent album Thriller : après un tel succès quel genre de disque enregistrer ? On découvrira un Michael Jackson perfectionniste et "performer" sachant réunir autour de lui les meilleurs talents, tout en essayant de se renouveler : depuis Thriller, Madonna et Prince sont aux sommets des charts.

Spike Lee a eu accès a du contenu audio et vidéo inédit ; il a interviewé une quarantaine de collaborateurs de la star - surtout ceux qui ont participé à l’enregistrement du disque (batteur, pianiste, ingénieur du son…) ou à la réalisation des clips (réalisateur, actrice, chorégraphes…). On découvre les coulisses de la réalisation du clip Bad par Martin Scorcese (avec l’acteur Wesley Snippes alors débutant), l’enregistrement de I Just Can’t Stop Lovin’ You en duo avec Siedah Garrett, la collaboration avec Stevie Wonder pour Just Good Friends, et bien sûr de nombreuses interventions du producteur Quincy Jones. On y apprend quelques anecdotes amusantes : pourquoi l’actrice du clip Liberian Girl n’a pas embrassé Michael, la signification des paroles "are you ok Annie ?" dans la chanson Smooth Criminal

Stars invitées inutiles

Le film est quelque peu parasité par des interventions de chanteurs contemporains (Kanye West, Mariah Carey, Cee Lo Green, et même Justin Bieber…) dont la présence est plus que regrettable tellement ils n’ont rien d’intéressant à dire; pire, le choix n’est justifié en rien si ce n’est qu’ils ont été imposés là (il ne s’agit que d’artistes liés à Sony Music, qui produit ce film). Le documentaire est presque exclusivement consacré à Bad (l’enregistrement du disque, les clips, la tournée de concert ensuite) et rien ne concerne la période d’après sauf une longue séquence où ses proches évoquent sa mort avec les larmes aux yeux. Séquence émotion, comme disait l'autre... Bad 25 se termine Man In The Mirror interprété par la star au Wembley Stadium.

Pour l’occasion cet album sera re-édité le 18 septembre sous le titre Bad 25 sous plusieurs formats, dont un coffret 3cd + 1dvd avec des remix et le concert du Wembley Stadium du 16 juillet 1988.

Avec la présentation de ce film Bad 25, Spike Lee a reçu du Festival de Venise le prix Jaeger leCoultre du Glory to the Filmmaker Award 2012. Il avait auparavant déjà travaillé avec Michael Jackson comme réalisateur du clip de la chanson controversé They Don't Care About Us (1996), dont il existe deux versions (une en prison et une au Brésil).

Venise 2012 : Sarah Polley (se) raconte son histoire

Posté par kristofy, le 31 août 2012

La belle Sarah Polley est connue comme actrice, révélée par Atom Egoyan, mais aussi reconnue comme une scénariste et réalisatrice à suivre depuis ses films Away from her et Take this waltz. Elle est à Venise, dans le cadre des Venice Days, pour présenter son troisième film, un docu-autofiction intitulé Stories we tell, qui restera certainement son plus personnel : elle y parle d’elle-même et raconte l’histoire de sa famille. Il s’ouvre sur une citation : "quand on est au milieu d’une histoire, il n’y a pas d’histoire. Il y a une histoire quand vous la racontez, à vous-même ou à quelqu’un d’autre". Sarah Polley a plusieurs fois entendu qu’elle ne ressemblait pas vraiment à son père et que son vrai père pourrait être quelqu’un d’autre, alors elle a interrogé plusieurs membres de sa famille… Un discours sur les origines.

L'histoire

Avec Stories we tell, Sarah Polley est à la fois réalisatrice et enquêtrice sur le secret de sa naissance qu’elle découvrira et qui sera révélé à sa famille.... Frères, soeur et père racontent face caméra leurs souvenirs et évoquent surtout la mère décédée il y a plusieurs années. Peu à peu, on se retrouve sur le terrain de l’auto-fiction. Le couple que formaient ses parents quand ils étaient jeunes avant sa naissance se révèle. Le film livre des détails qui appartiennent à la sphère de l’intime, le genre de choses qui semble devoir n’appartenir qu’à la famille, qui ne peut pas être divulgué à un public inconnu (ce qui rappelle L’épine dans le cœur de Michel Gondry). Tout le monde va apprendre qui est le vrai père biologique de Sarah Polley (même celui qui se croyait son papa) et en même temps découvrir une nouvelle facette de la personnalité de sa mère : infidèle à son mari, elle est tombée enceinte à 42 ans sans le désirer, elle a fait croire à son mari que le bébé était le sien et a failli avorter. Et Sarah est née… C'est aussi ambigu que troublant.

Un film ambigu et hybride

Stories we tell tire sa force de sa narration : nous oublions, de manière progressive, qu’il s’agit des Polley pour raconter l’histoire d’une famille qui interpelle tout le monde. Le documentaire devient alors presque fiction. Un film. Sarah Polley fait évoluer son récit avec un montage des différentes versions de l'histoire, selon l'interlocuteur, incluant des images d’archives familiales en vidéo super 8 : on découvrira ensuite qu'une grande partie de celles-ci est filmée avec des acteurs. Reproduction des faits pour comprendre une histoire de reproduction humaine. Le film est finalement une auscultation des strates généalogiques, avec différents degrés de lecture, illustrés, à chaque fois, de manière singulière.

Stories we tell se révèle alors comme un objet de cinéma passionnant, défiant les codes et s'interrogeant sur le format documentaire et ses subterfuges. La vérité éclate-t-elle du réel ou de l'imaginaire?

Après la projection, la réalisatrice a confié : « J’ai été privilégiée de pourvoir réaliser Stories we tell avec le soutien du National Film Board du Canada pour ce projet, car je n’avais pas vraiment idée de ce que allait être ce film avant d’être en train de le faire. J’ai été entourée d’une équipe précieuse qui m’a soutenue dans des moments où je ne voulais pas aller jusqu’au bout. J’avais des centaines d’heures d’image et le montage s’est fait au fur et à mesure. Le film a pris forme. Le documentaire c’était un territoire nouveau pour moi par rapport à mes précédentes réalisations. J’ai réalisé que mes autres films étaient en quelque sorte des ombres de celui-ci, du coup je me demande vraiment comment sera mon prochain film…»