Les Critiques de Los Angeles plébiscitent Moonlight, Mademoiselle, Isabelle Huppert, Adam Driver et Your Name

Posté par vincy, le 4 décembre 2016

Isabelle Huppert continue sa razzia de prix aux Etats-Unis. Après les Gotham Awards et les critiques de New York, l'actrice française a séduit l'Association des critiques de Los Angeles pour ses rôles dans Elle et L'avenir.

Sacré meilleur film, Moonlight repart une fois de plus avec plusieurs prix dont réalisateur, second-rôle masculin et image. La La Land a seulement gagné le prix de la meilleure musique mais, frôlant la razzia en étant finaliste dans cinq catégories, dont meilleur film. Moonlight a remporté ce dimanche le prix du meilleur film étranger aux British Independent Film Awards, après avoir récolté plusieurs prix dans quelques festivals et le prix du meilleur film aux Gotham Awards.

Plus singulier que les confrères de New York, le palmarès de la LAFC a réservé quelques surprises: le prix du scénario à The Lobster (primé à Cannes en 2015) et le prix du meilleur film d'animation a récompensé le savoir-faire japonais avec Your name (et une place de finaliste pour le franco-néerlando-japonais La tortue rouge. Autre prix inattendu, celui d'Adam Driver en chauffeur de bus poète dans le film de Jim Jarmusch, Paterson, qui reçoit le prix du meilleur acteur. Le somptueux Mademoiselle créé aussi la surprise avec deux prix: meilleur film en langue étrangère et meilleurs décors. Au total, les films présentés à Cannes ont reçu 7 citations en incluant les finalistes.

Le palmarès complet:
- Meilleur film: Moonlight ; finaliste : La La Land
- Meilleur réalisateur: Barry Jenkins (Moonlight) ; finaliste: Damien Chazelle (La La Land)
- Meilleure actrice: Isabelle Huppert (Elle, L'avenir) ; finaliste: Rebecca Hall (Christine)
- Meilleur acteur: Adam Driver (Paterson) ; finaliste: Casey Affleck (Manchester by the Sea)

- Meilleur film en langue étrangère: Mademoiselle ; finaliste : Toni Erdmann
- Meilleur film d'animation: Your name ; finaliste: La tortue rouge
- Meilleur documentaire: I am not your negro : finaliste: O.J. made in America

- Meilleur second-rôle féminin: Lily Gladstone (Certain Women) ; finaliste : Michelle Williams (Manchester by the Sea)
- Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali (Moonlight) ; finaliste: Issey Ogata (Silence)
- Prix de la nouvelle génération: Trey Edward Shults et Krisha Fairchild (Krisha°

- Meilleur scénario: Efthymis Filippou et Yorgos Lanthimos (The Lobster) ; finaliste : Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
- Meilleur montage: Bret Granato, Maya Mumma, Ben Sozanski (O.J. made in America) ; finaliste : Tom Cross (La La Land)
- Meilleurs décors: Ryu Seong-hee (Mademoiselle) ; finaliste: David Wasco (La La land)
- Meilleure musique: Justin Hurwitz, Benj Pasek, Justin Paul (La La Land) ; finaliste : Mica Levi (Jackie)
- Meilleure photo: James Laxton (Moonlight) ; finaliste: Linus Sandgren (La La Land)

- Prix Douglas Edwards pour un film indépendant, expérimental ou vidéo: The Illinois Parables de Deborah Stratman
- Prix pour l'ensemble de sa carrière: Shirley MacLaine

Festival des 3 continents: Le cinéma égyptien sacré avec Tamer El Said et drôle grâce à Yousry Nasrallah

Posté par cynthia, le 30 novembre 2016

Les meilleures choses ont une fin et les festivals n'échappent pas à cette triste règle. Le 38e festival des 3 continents s'est achevé lundi soir dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Retour sur un festival qui prône la diversité et l'amour des autres, des valeurs dont nous avons besoin ces temps-ci.

Ce qu'il faut retenir:

  • Nous avons débuté notre dernière journée avec le lent mais tout de même passionnant Bitter Money de Wang Bing (véritable star en soi). Un film documentaire, filmé caméra à la main sur le manque cruellement d'argent en Chine et plus particulièrement la maigre paie des Chinois travaillant dans le textile (cela vous passera l'envie d'acheter des vêtements made in China). Une femme battue par son mari depuis qu'ils ont leur propre affaire (le réalisateur montre que l'argent est une difficulté et qu'il peut être une zone de conflit même dans un foyer), un homme qui n'a pas vu sa femme depuis des lustres afin de travailler ou encore une jeune fille de 15 ans qui ment sur son âge pour travailler. Le sujet est si prenant qu'il est impossible de détester ce film malgré ses langueurs.
  • Les queues pour aller voir les films. Qui aime faire la queue? Personne et surtout pas les journalistes. Mais lorsque l'on connaît les queues de ce festival on ne peut que changer d'avis. Certes, on se fait toujours autant doubler, mais tout le monde (journaliste, retraités, spectateurs) rentre en même temps, le premier est servi. De plus, pour patienter on vous offre un café, un journal et même un carré de chocolat issu du commerce équitable. Imaginez deux minutes si à Cannes il y avait un truc pareil (certes, à Berlin, les food-trucks ne son pas loin): tout le monde rentrerait en même tempes (certains journalistes hauts placés seraient en larmes dans leur hôtel 4 étoiles) et on vous offrirait un verre de jus d'orange (bah oui au mois de mai, c'est approprié) et un canapé de saumon. Autant vous dire que niveau ambiance ce ne serait pas la même chose.
  • L'ambiance bon enfant. Tout comme le festival d'Albi et d'autres en Province, le festival des 3 continents est une jolie réunion de famille où règnent la diversité et l'ouverture d'esprit.

Après avoir rigolé aux éclats devant le film égyptien de Yousry Nasrallah, Le ruisseau, le pré vert et le doux visage, une comédie familiale qui change les codes du genre réunissant la famille et les mariages, la soirée de palmarès a débuté. Le grand gagnant (ému aux larmes) a été le réalisateur égyptien Tamer El Said avec son In last days of the city qui emporte le prix du jury jeune et LE montgolfière d'or (le grand prix du festival). La soirée s'est terminée par des petits canapés, beaucoup de verres et surtout un melting-pot de toutes les origines... et c'est ça qui est beau!

Le palmarès:

Prix du jury jeune: In the last days of city de Tamer El Said

Prix du public: My father's wings de Kivanç Sezer

Mention spécial du jury: El Limonero real de Gustavo Fontan

Montgolfière d'argent: Destruction babies de Tetsuya Mariko (lire notre article sur le film)

Montgolfière d'or: In the last days of city de Tamer El Said

Voyage à travers le cinéma français, une épopée cinéphilique envoûtante

Posté par vincy, le 12 octobre 2016

A priori un documentaire de trois heures et dix minutes, cela peut faire peur. Pourtant ce Voyage à travers le cinéma français que propose Bertrand Tavernier est époustouflant et mérite qu'on s'y attarde.

Leçons érudites

En tout premier lieu parce qu'il s'agit de véritables leçons de cinéma. Un décryptage érudit de la mise en scène (il faut voir comment on nous explique la manière dont Melville faisait ses champs contre-champs), de l'écriture, du jeu d'acteur (Gabin, sa lenteur et sa maîtrise) mais aussi de la manière dont se fabrique ce 7e art si collectif et si égomaniaque. Et ce jusqu'au défuntes salles de cinéma de quartier qui ressuscitent en citant Luc Moullet. Tavernier nous explique pourquoi telle scène est réussie et comment telle séquence a été concoctée. Le réalisateur joue le rôle d'un professeur qui veut divertir son auditoire, avec des anecdotes (comment est née la gueule d'atmosphère d'Arletty, comment un décorateur transforme Un jour se lève) ou des courriers lus en voix off (Aragon louant l'esthétique de Godard).

Le tout est illustré par des dizaines d'extraits plus ou moins longs, de films classiques ou méconnus. Une odyssée inestimable ponctuée d'interviews et d'archives (dont cette engueulade mémorable entre Belmondo et Melville). "Imaginez que vous êtes au cinéma" annonce Bertrand Tavernier en préambule. Et en effet c'est un film sur le cinéma qui se déroule devant nos yeux. Mais pas seulement.

Les souvenirs personnels de Tavernier et ses choix sélectifs

Et c'est là tout le risque de ce documentaire, présenté en avant-première mondiale au dernier festival de Cannes. Car il faut expliquer sur quel axe le film, presque trop riche, tient en équilibre: d'un côté les souvenirs personnels de Tavernier, qui servent de fil conducteur. L'enfance au sanatorium (dépucelage cinématographique), l'adolescence au pensionnat (frénésie cinématographique), jeunesse active, d'attaché de presse à assistant réalisateur en passant par la défense de Henri Langlois (prise de conscience où cinéma et politique s'entremêlent). De ce point de vue, on pourrait être frustrés. Tavernier ne se dévoile pas tant que ça, et à quelques exceptions, il ne partage que des faits assez neutres qui ne sont que les étapes de sa vie.

De l'autre côté, ce voyage dans le temps n'a rien d'exhaustif, ce qui peut également être frustrant. Si la liste des cinéastes cités est longue, le film se concentre sur quelques personnalités et un certain style de cinéma. On peut imaginer plusieurs "voyages", similairement thématiques. Il le faudrait tant on reste parfois sur sa faim quand il fait d'abondantes références à Bresson, quand il flirte avec Autant-Lara, quand il éclipse des Clouzot, Verneuil ou Clément.

Fantômes et légendes

Une fois le cadre et le scénario posés, et le parti-pris assumé, le documentaire enchaîne les chapitres. Chacun est suffisamment long pour ne pas être superficiels: Jacques Becker, Jean Renoir, Jean Gabin, la musique de film (Jaubert, Kosma), Eddie Constantine, les productions de Beauregard, la bande Truffaut-Chabrol-Godard-Varda, Edmond Gréville, Jean-Pierre Melville, et Claude Sautet. Tavernier ne masque pas ses émotions: il admire sans pudeur et avec sincérité. Il est tombé dedans quand il était petit. Le cinéma qu'il fait renaître a un air de famille, avec Belmondo, Ventura, Piccoli... Il y a quelques femmes: Bardot, Moreau, Schneider, qui achève ce marathon cinéphile en s'en allant vers un hiver incertain.

Il réunit ainsi les fantômes et les légendes. Convoque les génies (qui peuvent aussi être indignes). Car il ne cache pas les zones d'ombres, ceux qui ont eut des comportements dégueulasses, les sales caractères d'êtres jamais mythiques, égratigne le scénariste Melville et le lâche Renoir. Voyage à travers le cinéma français est une aventure aussi humaine qu'humaniste. Tavernier propose un panorama d'un certain cinéma français, classique, même si toujours moderne, et assez masculin, mais il s'agit avant tout d'une série de portraits de ceux qui ont marqué le 7e art mondial, ces ambassadeurs de l'exception française.

Point de vue et images d'un monde

Car, finalement, ce que l'on retient est ailleurs. A l'image, par les films et les cinéastes/comédiens choisis, Bertrand Tavernier nous "enferme" dans une période, des années 1930 aux années 1970. Le noir et blanc domine. C'est Hôtel du nord, La grande illusion, Casque d'or, Le doulos, La bête humaine, Le jour se lève, Les 400 coups, Cléo de 5 à 7, Classe tous risques... Ça n'est ni une compilation, ni une anthologie, c'est un point de vue subjectif, amoureux, enthousiasmant d'un passionné de l'art cinématographique dans toute sa "variété", que ce soit des combats à mains nues de Constantine ou du regard de Signoret.

Or, ce voyage étourdissant est avant tout un voyage dans le temps. Un tableau de la France, celle du Front populaire, de l'Occupation, de l'après-guerre, des trente glorieuses. On voit évoluer, de Becker à Sautet, un pays, sa société, son peuple et ses métiers. Pas surprenant alors de constater que ce sont des films éminemment français qui ont été sélectionnés dans ce portfolio de prestige. On y parle de camembert, on y chante la Marseillaise, les putes sont belles et romantiques, ... Un voyage romanesque, plus balzacien que flaubertien. On y plonge comme dans un feuilleton social mais jamais vraiment dramatique..

Finalement, à l'instar des films de Melville, tout semble irréel et atemporel. Une déclaration d'amour teintée de nostalgie. Un cinéma français qui est capable de mettre "les larmes aux yeux".

Plongée dans le cinéma d’animation en France

Posté par MpM, le 16 septembre 2016

Hormis peut-être chez les dinosaures cinéphiles, il ne reste plus grand monde aujourd'hui pour considérer l'animation comme un sous-genre mineur du cinéma "traditionnel". Actuellement à l'honneur au Cartoon Forum de Toulouse, sauveuse du Box-office de l'été, en "Fête" dans toute la France durant le mois d'octobre prochain, l'animation n'en finit plus d'occuper le devant de la scène. D'ailleurs, cet automne, ce sont bien deux films d'animation découverts à Cannes que l'on attend avec impatience : Ma vie de courgette de Claude Barras le 19 octobre et La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach le 14 décembre.

Dans ce contexte très "animé" est sortie en DVD une captivante série documentaire consacrée au cinéma d'animation en France. Co-réalisée par Alexandre Hilaire et Romain Delerps, et diffusée notamment lors du dernier festival d'Annecy, elle offre une plongée captivante dans la réalité du cinéma d'animation français contemporain à travers de nombreux témoignages et extraits répartis en trois volets complémentaires.

Extraits, dessins préparatoires et témoignages

DVD-Le-cinema-d'animation

Dans le premier, les réalisateurs reviennent sur les origines de l'animation en France, avec notamment le pionnier Emile Reynaud, et le précurseur Paul Grimault.

Ils sont allés à la rencontre des "disciples" de ce dernier, à l'image de Jean-François Laguionie qui dévoile ses cahiers de travail pour Le tableau ainsi que ses dessins préparatoires pour Louise en hiver, ou encore Jacques Colombat qui évoque notamment ses problèmes de financement pour Robinson et compagnie. De grandes figures de l'animation contemporaine comme Michel Ocelot, Sylvain Chomet ou Marjane Satrapi partagent également leur expérience (rarement facile) du passage au long métrage.

Le deuxième volet propose un tour d'horizon des différents studios et écoles d'animation en France, qui tentent chacun à sa manière de trouver leur alchimie et leur mode de fonctionnement.

C'est aussi l'occasion de rencontrer Pierre-Luc Granjon, qui présente un prototype pour son long métrage L'armée des lapins, ou encore Alain Gagnol qui revient sur les difficultés pour monter Une vie de chat qu'il a coréalisé avec Jean-Loup Felicioli.

Peinture, sable et pâte à modeler

Enfin, la troisième partie, peut-être la plus captivante, propose un véritable tour d'horizon des différentes techniques d'animation, du papier découpé à la peinture, en passant par la motion capture et la 3D assistée par ordinateur. On découvre ainsi les méthodes de travail de réalisateurs comme Florence Miailhe qui privilégie le dessin au pinceau pour pouvoir jouer sur la matière, la démarche plus expérimentale de Sébastien Laudenbach avec des dessins incomplets qu'il redécouvre au moment du montage, ou encore la précision nécessaire à Christian Volkman pour passer de la motion capture à l'animation proprement dite.

A l'issue de cette profusion d'extraits et de témoignages, on n'a qu'une envie : (re)découvrir les œuvres ! Et ça tombe bien, car le coffret DVD édité par Doriane Films propose en parallèle 17 courts métrages qui illustrent à la perfection les différentes techniques abordées dans le documentaire, de l'animation avec du sable (Vasco de Sébastien Laudenbach) à la pâte à modeler (Le petit cirque de toutes les couleurs de Jacques-Rémy Girerd), en passant par les marionnettes (La femme papillon de  Virginie Bourdin), la 3D (Le petit dragon de Bruno Colet) ou le film en silhouette (La belle-fille et le sorcier de Michel Ocelot). Une double dose de plaisir, donc, pour ceux qui aiment l'animation sous toutes ses formes... et pour convertir tous les autres.

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Le cinéma d'animation en France
Série documentaire de Romain Delerps et Alexandre Hilaire
Coffret DVD édité par Doriane Films

Deauville rendra hommage à Michael Moore

Posté par vincy, le 19 juillet 2016

Le 42e Festival du cinéma américain de Deauville qui se déroulera du 2 au 11 septembre rendra un hommage au documentariste et auteur Michael Moore, en sa présence, à l'occasion de la présentation en avant-première de son nouveau film Where to Invade Next. Le film sortira en salles le 14 septembre.

Dans Where to Invade Next, Michael Moore enfile le costume de l’envahisseur qui débarque de l’autre côté de l’Atlantique. Son but ? Importer les meilleures pratiques des pays étrangers pour changer l’avenir des États-Unis. En pleine campagne présidentielle, où le match Hillary Clinton/Donald Trump s'annonce aussi violent qu'incertain, cela aurait pu faire l'effet d'une bombe. Malheureusement, sorti trop tôt, en février dernier aux Etats-Unis, avec un Michael Moore malade, et incapable d'assurer la promotion de son film, le box office avait été décevant (3,8M$).

Dans le communiqué, le Festival de Deauville rappelle que Michael Moore "promène sa caméra le long des chemins et, avec sa seule parole, tient tête aux hommes de pouvoir les plus féroces." Il "est un héros américain, protégeant son pays de son pire ennemi : les États-Unis. D’un film à l’autre, il cherche à dissiper un rêve américain bâti sur des mirages : la toute-puissance patronale avec Roger et moi ou The Big One, le port d’arme dans Bowling for Columbine, la politique militaire postcoloniale de Georges W. Bush dans Farhenheit 9/11 (Palme d'or à Cannes), l’avidité du système de santé dans SiCKO ou encore les dérives du modèle économique dans Capitalism: A Love Story. En bientôt trente ans d’activisme artistique, Michael Moore s’est imposé comme un maître en la matière, pétrissant le réel et la fiction pour en extraire toute la vérité."

Nymphomaniac et Salafistes: la justice donne raison aux plaignants (et tort au ministère)

Posté par vincy, le 15 juillet 2016

Après Baise-moi, la Vie d'Adèle et Love, l'association proche des milieux catholiquess traditionnalistes Promouvoir a encore réussi à censurer un film. Suite à une plainte déposée par l'association en 2014, le juge des référés du tribunal administratif de Paris avait à l'époque révoqué le visa d'exploitation en France de la version longue de Nymphomaniac vol. 1, alors interdit aux moins de 12 ans. Un deuxième visa avait été accordé en mars 2015 avec une interdiction aux spectateurs de moins de 16 ans (lire aussi notre actualité du 4 février). Or celui-ci vient d'être à nouveau annulé par la cour administrative d'appel de Paris, selon l'AFP, car jugée "insuffisante". La ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, devrait réexaminer l'interdiction pour accorder un nouveau visa, , autorisation administrative nécessaire à toute exploitation dans les salles. L'objectif de Promouvoir est de le classer comme film pornographique. Cette décision de la cour administrative d'appel de Paris, rendue publique mardi, a en effet été prise à la suite d'une action engagée par deux associations dont Promouvoir.

Parallèlement, dans une toute autre histoire, le Tribunal administratif de Paris  a rendu son jugement et vient d’annuler totalement toute décision d’interdiction du film Salafistes qu’avait prise le 27 janvier la ministre de la Culture de l'époque, Fleur Pellerin, et déclare cette mesure "entachée d’illégalité". En février, la justice avait suspendu la décision de Fleur Pellerin d’interdire le film de François Margolin et Iémine Ould M Salem qui voulait que le documentaire soit interdit aux moins de 18 ans (lire aussi notre article du 18 février.

Dans son jugement, le tribunal affirme qu'"Un tel film documentaire, qui comporte des scènes de résistance ou de dissidence, permet au public, du fait même de sa conception d’ensemble et du réalisme de certaines scènes, de réfléchir et de prendre le recul nécessaire face à la violence des images ou des propos qui ont pu y être présentés". Ajoutant: "Contrairement à ce que soutient la ministre de la Culture et de la Communication, ledit documentaire ne peut être regardé comme véhiculant une propagande en faveur de l’intégrisme religieux ou incitant, même indirectement, des adolescents à s’identifier à des mouvements prônant l’action terroriste, pour les seuls motifs que sa narration laisserait une place trop importante à des personnes se réclamant du 'salafisme' et justifiant le terrorisme et qu’il serait dépourvu d’un commentaire rejetant explicitement les allégations de ces mêmes personnes."

La décision du ministère n'avait aucun précédent à l’encontre d’un film documentaire depuis la Guerre d’Algérie. La société de production espère désormais  que cette décision de justice "permettra de retrouver l’apaisement avec les partenaires du film et que France 3, qui l'a coproduit, le diffusera prochainement, à une heure de grande écoute, comme l’a fait récemment la Télévision Tunisienne, suivi d’un débat qui permettra aux uns et aux autres de s’exprimer sur ces questions essentielles pour l’avenir de notre pays : celle du salafisme et celle du terrorisme".

Jeu-concours : des places et des goodies à gagner pour Casablancas, l’homme qui aimait les femmes

Posté par MpM, le 14 juin 2016

CasablancasCasablancas, l'homme qui aimait les femmes, un documentaire de Hubert Woroniecki avec la musique de Tahiti Boy, sort sur les écrans le 29 juin prochain. Il raconte, à grands renforts d'interviews de célébrités comme Cindy Crawford, Linda Evangelista, Naomi Campbell ou encore Iman, l'histoire de John Casablancas, créateur de l'agence de mannequins Elite.

En créant l’agence Elite dans les années 70, John Casablancas invente le concept de « super Top model ». Si des noms comme Naomi, Cindy, Linda, Iman, Gisèle ou Kate font aujourd’hui partie de la culture populaire, c’est en grande partie grâce à lui. Il a vécu la vie dont beaucoup rêvent, entouré de glamour et de beauté. Il raconte ici son histoire.

UFO, qui distribue le film, vous fait gagner 5 places de cinéma pour aller voir le film ainsi que 5 T-shirts "Property of John CASABLANCAS" et 5 calendriers vintage Casablancas.

Pour participer, il suffit de répondre par courriel à la question suivante (en mentionnant votre nom et vos coordonnées postales) avant le 29 juin :

Cindy Crawford, top-model phare de l'agence élite créée par Casablancas, a fait ses débuts au cinéma en 1996 aux côtés de William Baldwin. Dans quel film ?

Attention, aucune réponse postée dans les commentaires du site ne sera prise en compte.

Cannes 2016: La Queer Palm pour « Les vies de Thérèse »

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Le jury de la Queer Palm, présidé par les réalisateurs Oliver Ducastel et Jacques Martineau, entourés de la réalisatrice Emilie Brisavoine, du directeur du festival MixBrasil Joao Federici, et journaliste Marie Sauvion, a décerné la 6e Queer Palm à un documentaire, Les vies de Thérèse, réalisé par Sébastien Lifschitz (césarisé pour Les invisibles), présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Les prix ont été décernés samedi soir au Silencio de Cannes, avant que la fête se prolonge avec Miss Coca au Vertigo.

Pour consacrer une année où "les films du festival ont offert une grande diversité de personnages féminins, forts, indépendants, différents, résistants", en évoquant "le désir féminin, si longtemps nié et réprimé", le jury a donc opté pour une oeuvre se concentrant sur "une femme et ses combats, mêlant vie privée et engagement politique, balayant les époques, questionnant la sexualité, bousculant les rôles que la société nous impose." Les vies de Thérèse raconte en effet les multiples facettes de l'existence Thérèse Clerc, décédée le 16 février 2016, une "femme qui a su, en traçant son propre chemin, nous ouvrir la voie, nous rappelant sans cesse combien notre désir et notre sexualité peuvent et doivent nourrir notre combat pour une société plus juste."

La Queer Palm du court-métrage a de son côté été attribuée à Gabber lover d'Anna Cazenave-Cambet, un film de coming out "où l'on apprend à faire face à son désir, à lui donner enfin libre court. Gabber lover est un film dont nous ne doutons qu'il apportera un message libérateur aux jeunes spectateurs."

Le jury a tenu à rappeler que la 69e édition du festival a "beaucoup montré de cunnilingus et le jury de la Queer Palm à l'unanimité tient à saluer les réalisatrices et réalisateurs qui ainsi contribuent à la promotion d'une pratique sexuelle nettement plus agréable à regarder que les rapides et franchement machistes coïts auxquels la sexualité des personnages de cinéma s'est longtemps cantonnée. Les beaux personnages féminins du festival nous ont rappelé qu'il fallait toujours faire face et souvent affronter les autres, la société et soi-même pour se construire et façonner autant que faire se peut notre propre destin."

Cannes 2016: Cinema Novo remporte le Prix de L’Oeil d’or du meilleur documentaire

Posté par vincy, le 21 mai 2016

Le 2e prix de l'Œil d’or, qui récompense le meilleur documentaire toutes sélections confondues, a été décerné à Cinema Novo du brésilien Eryk Rocha. Présenté à Cannes Classics, ce film-essai explore poétiquement le mouvement le plus important de l'Amérique latine au cinéma, à travers les pensées de ses principaux auteurs: Nelson Pereira dos Santos, Glauber Rocha, Leon Hirszman, Joaquim Pedro de Andrade, Ruy Guerra, Walter Lima Jr., Paulo César Saraceni, entre autres. L'an dernier, c'était un film chilien, Allende, mi abuelo Allende (Au-delà d'Allende, mon grand-père), qui avait remporté le prix. 17 documentaires étaient sélectionnés cette année.

L'Œil d’or a aussi décerné une mention spéciale à The Cinema Travelers (Inde), de Shirley Abraham et Amit Madheshiya, et également présenté à Cannes Classic. Une fois par an, les cinémas itinérants apportent la magie des films jusque dans les villages reculés de l’Inde. Sept décennies plus tard, tandis que leurs camions et leurs projecteurs tombent en ruine et que les bobines de films se font rare, leur public a été détourné par une technologie numérique enjôleuse. Filmé sur cinq années, Les Cinémas voyageurs accompagnent un exploitant astucieux, un forain bienfaisant et un réparateur de projecteurs non-conformiste, qui portent un magnifique fardeau – continuer de faire marcher les derniers cinémas itinérants au monde.

L’Œil d’or - Le Prix du documentaire a été créé en 2015 par la Scam avec la complicité du Festival de Cannes et en partenariat avec l’Ina.

Cannes 2016 : Qui est Laura Poitras ?

Posté par wyzman, le 20 mai 2016

Qu'on se le dise, Laura Poitras est officiellement trop connue pour figurer sur la liste des réalisateurs à suivre. Née en 1964 à Boston, la réalisatrice de Citizenfour se destinait à l'origine à la cuisine. Elle voulait devenir chef et était bien partie pour. Seulement voilà, après avoir terminé son cursus à la Sudbury Valley School, elle déménage à San Francisco et change du tout au tout. La cuisine c'était bien, mais le cinéma c'est peut-être mieux. Une fois à la San Francisco Art Institute, elle se lance dans des projets expérimentaux et s'y épanouit. C'est donc décidé, elle sera réalisatrice ! Bien qu'elle a déménagé à New York en 1992, ce n'est qu'en 2003 qu'elle commencera véritablement son ascension.

Le documentaire Flag Wars remporte un Peabody Award en 2003. Et comme si cela ne suffisait pas, elle repart du festival South by Southwest (SXSW) et du Seattle Lesbian & Gay Film Festival avec le prix du meilleur documentaire. Si elle excelle derrière la caméra, ses talents organisationnels en font une excellente productrice. Et puisqu'on n'est jamais mieux servie que par soi-même, elle se dit qu'il est toujours bon de produire ses propres films. Une nomination aux Oscars 2007 pour My Country, My Country sur la vie des Irakiens sous l'occupation américaine. Un prix d'excellence à Sundance 2010 pour The Oath sur deux yéménites liés à Oussama Ben Laden. Et le Saint Graal vient avec Citizenfour, un autre documentaire d'actualité puisqu'il suit le quotidien d'Edward Snowden et les écoutes de la NSA. Produit entre autre Steven Soderbergh et HBO, le film de 2 heures et quelques a remporté l'Oscar 2015 du meilleur documentaire et permis à la réalisatrice de ne plus se soucier de ses projets futurs pendant un moment.

Cette année, Laura Poitras débarque à Cannes pour la première fois. Son nouveau film, Risk, fait partie des long métrages de la Quinzaine des réalisateurs. Et comme à son habitude, Risk a tout de l'œuvre politique et d'intérêt général puisque le film suit les péripéties de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Produit par le réalisateur de Mr. Robot, Sam Esmail, Risk ne va pas rabibocher la réalisatrice de 52 ans et le gouvernement américain. En choisissant coup sur coup deux lanceurs d'alerte, la documentariste se place du côté des résistantes à un système, en toute indépendance. On a hâte !