L’animation en bonne forme en 2016

Posté par vincy, le 16 juin 2017

L'étude annuelle du CNC, diffusée à l'occasion du Festival International du film d'animation d'Annecy, montre que l'année dernière fut un bon crû. Côté production, 10 films d'animation ont été agréés (contre trois en 2015, 9 en 2014 et 6 en 2013), avec un devis moyen stable de 7,3M€. De manière plus précise, les films d'animation français, ce sont 3,5% des films agréés l'année dernière, mais 5,2% des budgets totaux de la production avec un total de devis de 72,6M€. Parmi ces films, le plus cher est Zombillenium avec 13,4M€, devant La fameuse invasion de la Sicile par les ours et Croc-blanc, qui ont coûté respectivement 12 et 11,3M€. Seuls deux films d'animation ont bénéficié de l'avance sur recettes: La fameuse invasion de la Sicile par les ours et Dilili à Paris.

Sans être une année record, c'est une année meilleure que 2015 et même 2014, mais on reste très loin des grandes années 2008 et 2012.

Plus globalement, ce sont 35 films de toutes nationalités qui sont sortis en 2016, contre 34 en 2015. Le record de 2009 est égalé. 15 films américains, 10 français, 4 européens et 6 d'autres pays (dont 4 japonais). Une année record pour les Américains qui n'ont jamais distribués autant de films animés inédits.

Et en plus l'Amérique domine les entrées. Deux des trois plus grands succès de l’année, tous genres confondus, ont été des films d’animation: Zootopie (4,77 millions) et Vaiana la légende du bout du monde (4,53 millions), deux Disney. Suivent trois autres films américains, tous au-dessus de 3 millions de spectateurs. Le premier film non américain est Ballerina (9e film d'animation de l'année et seul millionnaire de sa catégorie). Ma Vie de Courgette, Robinson Crusoe, La tortue rouge, Tout en haut diu monde ont séduit plus de 200000 spectateurs. Les 25-49 ans et les 3-14 ans sont le principal public des films animés, totalisant près de 4 spectateurs sur 5.

Les films d’animation représentent ainsi 4,9 % de l’ensemble des films inédits sortis en salles mais génèrent 17,4 % des entrées tous films confondus et 16,0% des recettes. Ainsi la fréquentation des films inédits d’animation augmente de 14,1 % à 34,0 millions d’entrées (hors films sortis en 2015), soit le plus haut niveau de la décennie. Mais cela profite surtout aux films américains qui squattent 88,6% de ces entrées, alors que les films français ne représentent que 8,4% des spectateurs (très en dessous des bon scores de 2014 et 2015). Côté recettes, l'animation c'est 204,2M € en salles, soit un record depuis 2011. Ce sont aussi les films américains qui trustent les dépenses de promotion avec 84,7% des investissements publicitaires, soit neuf fois plus que les films français.

Ils bénéficient aussi d'une large exposition (346 cinémas en moyenne en première semaine contre 139 écrans en moyenne tous genres confondus). Mais là aussi il y a une distorsion de concurrence puisque seulement 12 des 35 films animés sortent sur plus de 500 écrans. Et la moitié (18 sur 35) sont diffusés sur moins de 199 copies. Un film américain va profiter, en moyenne de 602 salles lors de sa sortie tandis qu'un film français n'en aura que 283. L'âge de glace: les lois de l'univers est ainsi sorti sur 896 écrans, le 4e meilleur score depuis 2007 pour un film d'animation.

Cette concurrence "inégale" se tretrouve aussi logiquement dans le box office final avec 7 films au dessus des 2 millions d'entrées, et 23 en dessous de 500000 entrées (dont 14 en dessous de 100000 entrées).

Entre 2007 et 2016, 64 distributeurs ont sorti 301 films d’animation inédits. Les dix plus actifs assurent la distribution de 58,5 % de ces films et réalisent 90,0 % des recettes des films inédits d’animation. Gebeka Films, 20th Century Fox, The Walt Disney Company et Eurozoom en distribuent plus de 20 chacun et totalisent 35,5 % des films d’animation diffusés pour la première fois en salles entre 2007 et 2016. En parts de marché, trois sociétés dominent la dernière décennie: Walt Disney (28,3%), 20th Century Fox (19,8%) et Paramount (15%). Pour 2016, Walt Disney (37,4%) surclasse 20th Century Fox (31,5%) ; viennent ensuite dans l'ordre Universal Pictures, Gaumont, Warner Bros, Sony, Gebeka Films, La Belle Company, StudioCanal et Wild Bunch.

Cannes 2017: Okja et The Meyerowitz Stories en compétition malgré tout

Posté par redaction, le 10 mai 2017

Cannes remet les pendules à l'heure. The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach et Okja de Bong Joon-ho seront bien projetés en compétition, malgré leur absence de sorties en salles.

Le communiqué du Festival met les point sur les "i". "Une rumeur a récemment couru sur une possible exclusion de la Sélection officielle des films réalisés par Noah Baumbach et Bong Joon Ho, films largement financés par la société Netflix. Le Festival de Cannes tient à redire que, comme il l’a annoncé le 13 avril dernier, ces deux films seront bien présentés en Sélection officielle et en compétition."

Conscient de l'inquiétude suscitée par l’absence de sortie en France de ces films en salles (lire aussi notre article du 15 avril), le Festival de Cannes rappelle avoir "demandé en vain à Netflix d’accepter que ces deux films puissent rencontrer les spectateurs des salles françaises et pas uniquement ses seuls abonnés. De fait, il déplore qu’aucun accord n’ait pu être trouvé."

Nouveaux venus, nouvelles règles

Mais, à juste titre, Cannes s'enorgueillit "d’accueillir un nouvel opérateur ayant décidé d’investir dans le cinéma mais veut redire tout son soutien au mode d’exploitation traditionnel du cinéma en France et dans le monde."

Cela induit quand même un changement profond pour les années à venir puisque, "après consultation de ses administrateurs, le Festival de Cannes a décidé d’adapter son règlement à cette situation jusque-là inédite : dorénavant, tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra préalablement s’engager à être distribué dans les salles françaises. Cette disposition nouvelle s’appliquera dès l’édition 2018 du Festival International du Film de Cannes."

Cannes 2017: Netflix en compétition, ça ne plaît pas à tout le monde…

Posté par vincy, le 15 avril 2017

Ce n'est pas une surprise. Est-ce une polémique? Toujours est-il que la sélection en compétition du 70e Festival de Cannes de deux films qui seront diffusés sur Netflix provoquent des grincements de dents.

The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach a été acquis par Netflix en tant que simple diffuseur il y a une semaine, avant le dévoilement de la sélection. Okja de Bong Joon-ho est une production Netflix et prévu dès le départ un produit 5 étoiles (Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal au casting) pour la plateforme en SVOD.

Respect des règles

La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a envoyé un communiqué pour exprimer son inquiétude. "Si les salles de cinémas ne remettent pas en cause la liberté de programmation du premier festival de cinéma du monde, ni le fait que de nouveaux acteurs internationaux viennent légitimement, comme Amazon, contribuer au développement et au financement du cinéma, elles contestent ce choix qui a été fait sans concertation", déclare la FNCF. En fait, à travers cette remarque, la Fédération s'interroge sur la fameuse chronologie des médias: "Si des films du Festival de Cannes contrevenaient à la réglementation en vigueur sur la chronologie des médias, par exemple en étant diffusés sur Internet simultanément à une sortie en salle, ils seraient passibles de sanctions par le CNC ! Et qu’en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes ne sortaient pas en salle, remettant ainsi en cause leur nature d’œuvre cinématographique ?".

La fédération enfonce le clou avec l'argument juridico-fiscal: "Netflix, qui vient de fermer ses bureaux en France, montre qu’il contourne depuis plusieurs années la réglementation française et les règles fiscales (TVA et TSA). Ces règles fondent le cycle vertueux et le financement d’un écosystème exemplaire pour le cinéma dans notre pays, qui permet aujourd’hui à la plupart des films français et étrangers de la sélection officielle d’exister".

Autrement dit, Netflix ne joue pas le jeu, et ne respecte aucune règle du système français, qu'il soit légal ou financier. Ce que réclame la FNCF est simple: la garantie que The Meyerowitz Stories et Okja sortent bien en salles en France, avant leur diffusion sur Netflix.

Chronologie des médias, saison 20

Cette interpellation est légitime, mais nous semble mal posée. Cette chronologie des médias, dont la directive célèbre ses 20 ans, pose problème depuis quelques années avec le surgissement de la SVOD, de la VàD et du piratage. Le modèle actuel semble déjà dépassé. D'ailleurs, le Festival de Cannes sélectionne chaque années des films qui n'ont pas l'assurance de sorties en salle (et n'ont même pas de distributeurs au moment de leur sélection voire de leur projection cannoise). Et certains de ces films connaissent des sorties en salle si réduites qu'on peut se demander si une diffusion simultanée en SVOD ou en prime-time sur Arte ne serait pas plus profitable (on ne dit pas que c'est mieux, car l'expérience d'une salle de cinéma reste irremplaçable pour voir un film). Enfin, il est arrivé par le passé que des films produits par la télévision soient en sélection officielle. Prenons trois exemples.

Elephant de Gus Van Sant, Palme d'or en 2003, était un film produit par HBO. Sans sa Palme, d'ailleurs, il ne serait jamais sorti en salles aux Etats-Unis, visant ainsi, en vain, les Oscars. Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh, est aussi un téléfilm coproduit par HBO. Présenté en compétition, le téléfilm avait bien un distributeur en France (ARP) mais n'est jamais sorti sur les grands écrans américains : la chaîne payante HBO l'a même diffusé sur le petit écran américain quelques jours après sa projection cannoise. Enfin, Carlos, d'Olivier Assayas, qui avait déclenché une polémique similaire à celle d'aujourd'hui.

Initialement prévu pour la télévision, le film, sélectionné hors-compétition, était produite par Canal +, et a été présenté dans sa version intégrale, en trois parties, tout en étant diffusé simultanément sur la chaîne cryptée (fin mai/début juin). Le film sera vendu sous une version cinématographique dans les autres pays. Et finalement, cette version raccourcie à 2h45 est sortie le 7 juillet en France, dans une centaine de salles, distribué par MK2. Cette solution était d'autant plus baroque que le DVD était disponible juste après sa diffusion télé début juin. "Bizarre chronologie des médias" écrivait-on à l'époque.

Un débat sain

Par conséquent, la polémique Netflix du jour n'est qu'une nouvelle petite secousse sismique dont on a déjà ressenti les premiers effets au début des années 2000. Le Festival de Cannes a d'ailleurs une vertu sur ce registre: en anoblissant des films produits pour la télévision, il les conduit généralement dans les salles de cinéma.

La FNCF souhaite avoir les garanties que les deux films Netflix sortent en salle en France. Au nom de l'exception culturelle. Ce n'est qu'une stratégie défensive. Cela ne résoudra rien au problème de fond: dès lors que des plateformes comme Netflix entrent dans la production de films signés de grands cinéastes, il faudra sans doute revoir notre façon d'aborder la chronologie des médias et la définition même d'un film de cinéma.

Les deux films seront diffusés sur Netflix en 2017 pour les abonnés de la plate-forme dans les pays où le service est disponible. Cela touche 93 millions de personnes dans le monde. Si pour Okja, une sortie en salles n’est pas exclue, qu'en est-il de The Meyerowitz Stories? Et cela ne concernerait-il que la France, ou des pays comme la Corée du sud (pour Okja) et les Etats-Unis (pour que Meyerowitz vise les Oscars)? Ce genre de débats en tout cas n'a jamais lieu dans les autres festivals...

D'autant, Netflix ne cache pas vouloir proposer ses films simultanément en salles et en ligne. Là il s'agit d'instaurer un dialogue équitable entre la plateforme américaine qui veut faire plier un écosystème (gaulois) et un pays qui refuse le diktat d'une transnationale. Cette "uberisation" a un impact certain puisque ce ne sont pas seulement les films "Netflix" qui sont en jeu. En court-circuitant les salles qui pourraient diffuser les deux films sélectionnés à Cannes, ce ne sont pas les grands groupes de distribution qui sont menacés mais bien les exploitants indépendants, bien plus dépendant de ce genre de films, qui seraient ainsi un peu plus fragilisés.

Dans un échange de tweets passionnant entre Jean Labadie (Le Pacte) et Vincent Maraval (Wild Bunch, qui avait déjà expérimenté la projection cannoise en off d'un film qui sortait en VàD), on constate que le dialogue semble dans l'impasse. Pourtant c'est bien un autre débat qu'ils soulèvent, l'un en défendant l'exploitation et la distribution, l'autre en privilégiant la création (les deux n'étant pas incompatibles). Dans cette histoire, ce qui est en jeu c'est davantage la liberté d'accès au cinéma. La démocratisation, est-ce le fait que tous pourront voir les films dans une salle de cinéma près de chez soi ou que tous les films pourront être vus, chez soi ou en salle, par le plus grand nombre?

A la tête de Fidélité productions, Marc Missionnier préfère y voir une ouverture avec ces films et séries prévus pour le petit format. Une ouverture "en grand".

En 2016, 204 films ont été rendus accessibles pour les malvoyants et malentendants

Posté par vincy, le 7 janvier 2017

En 2016, 204 films sont sortis en France avec une adaptation aux personnes souffrant d'un handicap auditif ou visuel. C'est une hausse de 33% par rapport à 2015 selon le bilan de l'association Ciné Sens, chargée de sensibiliser et de promouvoir l'accessibilité du cinéma, des salles et des films.

Les versions sous-titrées pour les sourds et malentendants (SME) et l'audiodescription pour les aveugles et malvoyants (AD) ont fait un bond considérable grâce aux recommandations de la Commission Supérieure Technique de l'Image et du Son (CST) sur l'accessibilité des livrables DCP (Digital Cinema Package) permettant de simplifier la diffusion des versions "adaptées".

Onze distributeurs ont ainsi mis à disposition plus de 10 films en version adaptée: Metropolitan (16), Mars Distribution (15), Pathé Distribution et StudioCanal (13 chacun), Diaphana, Disney, Gaumont et Wild Bunch (12 chacun), 20th Century Fox France et SND (11 chacun) et Universal (10). "Certains se sont lancés dans une adaptation systématique ou presque des films qu’ils proposent, et les mettent à disposition des salles sur un DCP d’exploitation unique, avec les clés KDM correspondantes envoyés systématiquement. D’autres proposent des adaptations selon le profil du film" rappelle l'association.

En décembre, la DMA, Délégation Ministérielle à l’Accessibilité, a conçu un guide à l’usage des Etablissements Recevant du Public ( ERP), ce qui concernent les cinémas, pour les accompagner dans leurs réflexions et la mise en oeuvre de l’accueil des personnes porteuses de handicap.

Edito: La théorie du genre

Posté par redaction, le 8 décembre 2016

Alors que le Paris International Fantastic Film Festival occupe le Max Linder Panorama, l'une des plus belles salles de Paris, depuis mardi, le cinéma de genre continue de traverser une longue crise en France. Les films fantastiques, avec des zombies, des vampires, d'horreur etc... ne manquent pas dans la production mondiale. Régulièrement les productions hollywoodiennes arrivent dans les salles. Ceux là parviennent à dépasser les 300000 entrées (voir atteindre les 700000 spectateurs comme American Nightmare 3 ou 1,5 million de spectateurs comme Conjuring 2).

Pour les autres, c'est plus compliqué. Malgré leur excellente réputation et leur carton dans leur pays, les films coréens, espagnols ou japonais ont du mal à s'exporter et, au mieux, séduisent entre 100000 et 300000 curieux. Et ne parlons pas du cinéma français qui prend des pincettes à produire des films de ce genre et qui quittent rapidement l'affiche une fois sorti. Pas étonnant que la plupart des cinéastes friands de ce style s'exilent en Californie, lassés de devoir trouver des financements, de ne pas trouver leur public. Quand ils ont été distribués.

Car il y a de nombreux films vus dans les Festivals qui ne sortent pas en salles. Comme le souligne la réalisatrice Alice Lowe (Prevenge, un Rosemary's Baby coulant sous l'hémoglobine) dans un entretien à Ecran Noir: "Ça serait dommage que le film soit découvert sur Netflix et en vidéo à la demande, je sais que c’est une possibilité mais je veux qu’il soit vu dans une salle de cinéma. En tant que cinéaste la salle de cinéma c’est le but, on se souvient toujours de certaines expériences ou émotions ou rires lors dune projection dans une salle avec du public."

Un genre qui a mauvais genre

Malheureusement, nombreux sont les films vus aux festivals de Bruxelles, Montréal, Gérardmer ou même dans les séances spéciales de grands festivals internationaux qui ne trouvent pas le chemin des salles. Une fois de plus, les festivals deviennent alors un refuge pour films réclamant l'asile d'un multiplexe. Il va être intéressant de voir comment le film de Julia Ducournau, Grave, sera reçu le 15 mars. Auréolé d'un vrai gros buzz depuis la Semaine de la critique à Cannes, ce film d'épouvante est évidemment éprouvant (à Toronto, certains spectateurs sont sortis de la salle) sera un nouveau test pour le cinéma français, devenu plutôt avare en cinéma fantastique ou d'horreur.

Au PIFFF, sept des 16 longs métrages (compétition et hors compétition) n'ont pas de distributeurs français. Qu'on aime ou pas ce genre de films, il s'agit quand même d'une diversité qu'il faudrait mieux défendre, mieux préserver. Il a peut être mauvais genre mais, comme souvent, dans le fond, ce cinéma utilise des codes cinématographiques particuliers pour parler de la société ou de l'Homme de manière allégorique ou subversive. Ce n'est que du cinéma. Justement, c'est du cinéma. Il n'y a pas de raison qu'il soit un passager clandestin dans les salles ou un apatride squattant les ordinateurs, souvent en téléchargement illégal, ou la vidéo à la demande.

Chine: MK2 s’associe avec Jia Zhangke

Posté par vincy, le 17 septembre 2016

MK2 met un pied en Chine. Le producteur et exploitant français a signé un partenariat avec Fabula Entertainment, la société du réalisateur Jia Zhangke.

Plus précisément, l'accord comprend la coproduction et le codéveloppement de films, la coproduction et le codéveloppement de contenus en réalité virtuelle et de lieux dédiés à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée, ainsi que la promotion et la distribution de films asiatiques dans le monde et la distribution non exclusive de films du catalogue MK2 en Chine selon le communiqué de MK2.

Le groupe français soutiendra également Fabula Entertainment dans le développement d’Open village, un réseau de salles de cinéma récemment créé en Chine continentale, avec trois cinémas en projet à ce jour, à Shanghai, Pingyao et Taiyuan.

"Nous sommes très fiers de continuer notre collaboration avec Jia Zhangke à une plus grande échelle, et de participer activement au futur développement du cinéma chinois et à la promotion du meilleur du cinéma mondial en Chine", a déclaré le directeur général de MK2, Nathanaël Karmitz, qui ajoute: "Cette collaboration avec Jia Zhangke nous a paru naturelle. Notre relation a été établie il y a des années, quand mk2 a commencé à opérer les ventes internationales de ses films."

Les deux groupes collaboraient déjà depuis huit ans pour la vente internationale des films de Jia Zhangke (A Touch of Sin, Au-delà des montagnes).  "Je collabore avec mk2 depuis 24 City, il y a huit ans, en 2008", explique Jia Zhangke. "Maintenant, il y aura une collaboration plus large entre ma société Fabula et mk2, de la fabrication des films à la construction de salles de cinéma. Je suis convaincu que l’esprit de mk2 nous aidera à améliorer la qualité des films et des salles ici en Chine, et ainsi à partager les films les plus créatifs du monde avec les chinois. Ce projet est assez excitant parce que, à des lieues d’Hollywood, collaborer avec une société comme mk2 contribuera à coup sûr à préserver la diversité culturelle dans ce pays antique" explique le cinéaste chinois.

Bastille Day retiré des salles

Posté par vincy, le 17 juillet 2016

A la suite de l'attentat de Nice, qui a causé la mort de 84 personnes et blessé 200 autres, le distributeur Studiocanal a indiqué dimanche 17 juillet avoir demandé aux 237 salles de cinéma de déprogrammer le thriller Bastille Day qu'elles ont à l'affiche. Le film est sorti mercredi dernier et avait déjà attiré 37000 spectateurs lors de ses deux premiers jours d'exploitation.

Bastille Day est l'histoire d'une jeune Française (Charlotte Le Bon) préparant un attentat à la veille du 14 Juillet, jour surnommé « Bastille Day » aux Etats-Unis. Sean Briar, un agent de la CIA (Idris Elba), cherche à empêcher l'attentat.

"Nous avons demandé hier matin (samedi matin) à tous les exploitants, tous les complexes et toutes les salles sur nos 237 copies de faire le maximum pour retirer Bastille Day de l'affiche parce que certains aspects du film ne sont pas en phase avec l'esprit de recueillement national", a déclaré dimanche à l'AFP une porte-parole, confirmant une information du Figaro.

"Nous n'avons pas le pouvoir de le faire à la place des exploitants", a-t-elle néanmoins expliqué.

On ignore le nombre de salles qui ont déprogrammé le film. Dès vendredi, au lendemain de l'attentat de Nice, le distributeur avait maintenu la diffusion en salles de ce film et avait alors souligné que les cinémas pourraient décider de le retirer de l'affiche. Mais toutes les publicités sur le film avaient été retirées.

Rappelons qu'au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, Made in France avait été aussi déprogrammé. Reste à savoir si Moi, Olga connaîtra le même sort puisque le film tchèque, inspiré d'un fait divers des années 1970, met en scène une jeune femme asociale qui écrase volontairement des passants au volant d’un camion.

Edito: Mine de diamant et mine de sel

Posté par redaction, le 9 juin 2016

On ne le dira jamais assez mais le cinéma indépendant en France va mal. Ça peut sembler étonnant vu la vigueur de la fréquentation et le nombre d'entrées souvent incroyable dans d'autres pays de petits films, mais c'est un fait. La distribution est financièrement vulnérable. Et l'exploitation est de plus en plus fragile. En clair, pour certains, le cinéma est une mine de diamant et pour les autres, de plus en plus, une mine de sel.

Le rapport de Pierre Kopp, remis hier, montre que la politique des multiplexes y est pour beaucoup. Ils ne représentent que 10% du parc français mais concentrent 60% des entrées grâce à davantage de séances et de fauteuils, mais aussi grâce aux fameuses cartes de fidélités. La domination des grands groupes est indéniable et les salles plus petites en souffrent. pas toutes. On le voit bien avec le succès du Louxor à Paris par exemple. Mais les trois grands réseaux Gaumont-Pathé, UGC et CGR attirent plus de la moitié des spectateurs en France. A Paris, Gaumont-Pathé, UGC et MK2 s'accaparent même 89% de parts de marché alors qu'ils n'ont que 71,5% des écrans.

Or, selon les règles européennes, on peut être considéré comme "dominant" un marché avec 40% de celui-ci.

La distribution souffre du même problème. Cinq distributeurs captent 46% des entrées et les 11 premiers dépassent les trois quarts des spectateurs. Forcément, la concurrence est faussée. Ces distributeurs ont plus de poids pour négocier les "bons" écrans, plus longtemps qui plus est, face à une exploitation qui a besoin de remplir ses fauteuils et vendre du pop corn. D'un côté les distributeurs indépendants préfèrent avoir accès un multiplexe, au risque de casser le lien, voire de créer un conflit, avec une salle art et essai pourtant mieux ciblée a priori. De l'autre les exploitants auraient tendance, dans les villes moyennes notamment, à vouloir un blockbuster plutôt qu'un film artistiquement plus approprié à son public acquis.

« La domination des grands groupes sur la filière du cinéma fausse la concurrence et nuit profondément à la diversité du cinéma français. La domination économique remplace la compétition, aux dépens de la création et du public, mais également au mépris des règles du droit »

Le rapport Kopp émet plusieurs recommandations. Quelques unes méritent débat. Réguler la programmation des films notamment pour éviter la surexposition des grosses machines et pour protéger les petits films en leur donnant plus d'accès aux salles ; faire un audit des cartes illimitées ; améliorer la promotion des oeuvres indépendantes ; revoir les aides aux salles en fonction de critères pré-établis, parmi lesquels la diversité des films diffusés et l'accent mis sur des films dits fragiles.

C'est donc toute la politique des multiplexes qui est remise en cause. Or, c'est aussi avec ces nouveaux écrans que le cinéma a retrouvé son public, notamment avec son offre de salles neuves et confortables. De même les cartes illimitées ont permis à de nombreux spectateurs de s'aventurer en découvrant des films qu'ils n'auraient sans doute pas vu au tarif plein.

Mais le rapport Kopp a raison sur son constat: certains groupes comme Gaumont-Pathé et UGC dominent le parc dans certaines villes tout en étant aussi un distributeur important. La concentration est horizontale et verticale. Par ailleurs, certains films n'ont pas le temps de s'installer dans la durée, évincés au bout d'une semaine pour certains. Il y a un équilibre à trouver, des règles à revoir. Cela ne résoudra cependant pas tous les problèmes: le grand nombre de films qui sortent chaque semaine et le besoin d'avoir des films porteurs pour les salles indépendantes restent une équation difficile à résoudre. Car un cinéma reste un "commerce". Un libraire a besoin d'Harry Potter comme un cinéma a besoin, parfois, d'un film de super-héros. Il en va de sa viabilité financière et cela lui permet de prendre des risques sur un film qui dépend davantage du bouche à oreille que d'un marketing coûteux.

Sony Pictures s’engage sur deux premiers films francophones

Posté par vincy, le 29 mai 2016

De nombreux studios américains ont déjà distribué des films français dans les salles: Warner Bros (Tu veux ou tu veux pas, Stars 80), Paramount (Un peu beaucoup aveuglément, Le convoi), Walt Disney (Il était une forêt, Mon maître d'école), et Universal (Babysitting et sa suite, Amis publics). Sony était l'un des rares à ne pas avoir franchi le pas.

C'est désormais dans les tuyaux. Avec le transfert de Stéphane Huard, Directeur général d'Universal Pictures France depuis 2008, qui a pris la direction générale de Sony Pictures Releasing France en janvier dernier, la stratégie du distributeur américain évolue.

Sony a pour ambition de vouloir accompagner la sortie de films populaires. A Cannes, les deux premiers films ont été annoncés. Sony distribuera avec Orange Studios Faut pas lui dire, premier film de la belge Solange Cicurel (Einstein était un réfugié). Cette comédie romantique à petit budget rassemble Camille Chamoux (Les gazelles), la chanteuse Jenifer Bartoli, Tania Garbarski, Stéphanie Crayencour, Laurent Capelluto, Fabrizio Rongione, Charlie Dupont, Brigitte Fossey et Arié Elmaleg. L'histoire est celle de quatre amies, l'une d'elle s'apprête à se marier mais le fiancé dissimule son homosexualité. La sortie est prévue cet hiver.

Si Sony a annoncé son film en premier, c'est un autre qui inaugurera le line-up français du distributeur puisque le studio sortira le 12 octobre La pièce, les derniers seront les premiers, là aussi un premier long métrage signé Lamine Diakité et produit par Dawala Badiri Diakité (Maître Gims, Sexion d'assaut, tous distribués par ... Sony Music). Ce "feel-good movie", avec Thiebault Viel, Fahmi Guerba et Dawala Badiri Diakite, suit un jeune SDF qui, avec l'aide de jeunes de cités, s'investit dans de bonnes actions en banlieue.

Edito: Ça y est, on est dans le futur!

Posté par redaction, le 22 octobre 2015

Le 21 octobre 2015 est passé. Retour vers le futur est désormais définitivement dans le passé et nous dans le futur. Le futur a toujours été difficile à imaginer pour les romanciers comme pour les cinéastes. Mélange de fantasmes, visions et connaissances scientifiques, il est souvent trop audacieux, trop avant-gardistes et passe souvent à côté de l'essentiel. Nom de Zeus, ils n'avaient même pas imaginé Internet!

Le futur proche est plus facilement prévisible. D'ici la fin de l'année, le cinéma américain risque bien d'écraser le box office français. James Bond, Hunger Games, le Disney de Noël et bien entendu Star Wars menacent la part de marché des films français sous les 30%. Aladin peut toujours frimer. Cela ne suffira sans doute pas pour le village gaulois de résister à l'envahisseur. Le plus regrettable dans tout cela c'est le nombre de très bons films qui vont être confrontés à ces grosses machines. Un ou deux, en bons contre-programmes, devraient tirer leur épingle du jeu.

Mais il y a de quoi être très inquiet pour les autres, les dizaines d'autres, qui vont devoir lutter pour exister. Et là c'est bien plus que le réveil de la Force dont les distributeurs auront besoin. Mais à voir l'attente démesurée des internautes (et même de critiques et journalistes) concernant les quelques gros morceaux de fin d'année, on peut craindre que cela ne suffise pas...

On va donc garder la foi dans ce futur un peu sombre.