[On va tous au cinéma] Black Widow (28 octobre)

Posté par redaction, le 25 juin 2020

Le pitch: Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Le cast: Réalisé par Cate Shortland, avec Scarlett Johansson, Florence Pugh, David Harbour, Rachel Weisz, William Hurt.

L'atout: Ce sera le premier Marvel à sortir depuis la fin des Avengers. Drôle de sortie, reportée pour cause de covid, et qui a décalé l'ensemble du programme du studio. Black Widow c'est aussi un prequel très attendu par les fans du personnage incarné par Scarlett Johansson, pourtant bien morte dans Avengers: Endgame. Une manière de ressusciter l'un des super-héros les plus populaires de la franchise et de mettre en lumière la seule star qui n'avait pas eu son film en solo. Ce sera pour Scarlett un gros test de popularité perso. Et pour Disney un enjeu financier majeur.

[We miss Cannes] 15 longs métrages d’animation qui ont marqué l’histoire du Festival

Posté par MpM, le 22 mai 2020

Ce qui frappe dans les relations que Cannes entretient avec le cinéma d'animation, ce n’est pas de constater que celui-ci est omniprésent depuis les premières années, mais bien de remarquer que toutes les formes d’animation ont trouvé leur place sur la Croisette : pas seulement les plus populaires, ou à contrario pas seulement les plus « nobles » et/ou auteurisantes, mais bien un mélange rigoureux des deux.

Sont ainsi passés sur la croisette, en vrac, Norman Mc Laren, Walt Disney, Jan Svankmajer, Michel Ocelot, Bill Plympton, Pete Docter, Jean-François Laguionie, Peter Foldes, Florence Miaihle, Bretislav Pojar, Garry Bardine, Walerian Borowczyk... ou encore Georges Schwizgebel, Mamoru Oshii, Chris Landreth, Rosto, Gitanjali Rao, Isao Takahata, Vincent Patar et Stéphane Aubier, Jérémy Clapin, Boris Labbé, Mamoru Hosada, Virgil Widrich... sans oublier, via les programmations de cinéma "underground" des années 70 (telles que s'en souvient le spécialiste de cinéma expérimental Raphaël Bassan dans cet article de 2017), Robert Breer, Jordan Belson ou James Whitney.

Cannes, d'une manière globale et au fil des années, ne semble donc pas avoir eu de préjugés particuliers concernant l'animation - plus ponctuellement, et au gré des délégués généraux des différentes sections, c'est une autre question.

Du Prix du dessin animé à la Palme d'or


Dès 1939, il est d'ailleurs prévu dans le règlement du Festival la possibilité de décerner (s'il y a lieu) un Grand prix international du Dessin animé, à la fois dans la catégorie longs et courts métrages. Comme on le sait, cette édition n'aura pas lieu. Mais en 1946, le long métrage La boîte à musique (produit par Disney, et composé en réalité de dix courts métrages musicaux) remporte ce Grand Prix. L'année suivante, ce sera au tour de Dumbo, puis, en 1949, du court métrage Sea Island. La récompense réapparaîtra sporadiquement, au gré des aléas des appellations officielles du palmarès.

Ainsi, en 1952, Animated Genesis de Joan et Peter Foldes reçoit le prix de la couleur, tandis qu'en 1953, le prix du film d'animation court métrage refait son apparition, et récompense The romance of transportation in Canada de Colin Law. Mais il faut dire que cette année-là, sont aussi remis un "prix international du film de la bonne humeur" ou encore un "prix international du film légendaire", sans oublier le "prix international du film le mieux raconté par l'image", ce qui en dit long sur la fantaisie du réglement de l'époque.

En 1954, on en revient à une certaine sobriété sur le nom des prix : une multitude de prix internationaux ex-aequo. Malgré tout, un prix du film de marionnettes est remis à Un Verre de plus de Bretislav Pojar. La création de la Palme d'or l'année suivante amorce heureusement la normalisation des intitulés, et le retour à la raison concernant le cinéma d'animation qui ne sera dès lors plus considéré (officiellement) comme un genre. C'est d'ailleurs Blinkity Blank de Norman Mc Laren qui remporte cette première Palme d'or du court métrage. Il sera suivi en 1957 de Scurta istorie de Ion popescu-Gopo et de La petite cuillère de Carlos Vilardebo en 1961. A noter qu'entre les deux, en 1959, Le songe d'une nuit d'été de Jiri Trnka remporte le prix de la meilleure sélection à la Tchécoslovaquie (ex-aequo). Quoi que cela veuille dire, il n'est pas fait de la mention de la technique utilisée pour réaliser le film, et cela restera ainsi. On savoure les victoires que l'on peut, histoire de voir le verre à moitié plein.

Nouvelle dynamique ?

On peut aussi regarder le verre à moitié vide : aucun long métrage d'animation n'a gagné la Palme d'or et il faut même remonter à 2008 pour trouver un film d'animation en compétition (Valse avec Bashir de Ari Folman). Les sections parallèles font plus d'effort, surtout ces dix dernières années, mais les réticences envers l'animation au sein des différents comités de sélection sont palpables. Le cinéma image par image n'y est jamais vraiment traité comme du cinéma à part entière. Au mieux, c'est une case à remplir. Au pire, cela ne choque personne qu'il soit totalement absent d'une sélection.

Heureusement, le court métrage est là pour assurer une place à l'animation. Qu'on ne pense surtout pas qu'il s'agisse d'un lot de consolation. En animation, depuis toujours, c'est le format court qui est le format noble et prisé, et souvent le plus riche, innovant et inspirant. Pour des raisons de temps de fabrication, bien sûr, mais aussi parce que l'animation entretient depuis ses origines une relation privilégiée avec le cinéma expérimental et d'avant-garde, qui se moque du sacro-saint format long métrage, imposé avant tout pour les facilités de l'exploitation en salles. L'animation a compris depuis longtemps que la valeur n'attend point la durée du métrage. Ce qui ne l'empêche pas de s'essayer avec bonheur à d'autres formats.

En effet, depuis un peu plus d'une décennie, une nouvelle dynamique semble s'être mise en place pour la production de longs métrages d'animation. De nombreux auteurs de courts tentent l'aventure (à l'image de Jérémy Clapin, Florence Miaihle, Benoit Chieux, Franck Dion, Chloé Mazlo...) et insufflent peu à peu l'envie à d'autres. Mécaniquement, le long animé a de plus en plus souvent les honneurs de Cannes, que ce soit en ouverture de la sélection officielle, en compétition et bien sûr à Cannes Classics et dans les sections parallèles. Les films présentés l'année passée étaient d'ailleurs au nombre de quatre, comme l'année précédente. On ne saura jamais ce qu'il aurait pu en être de cette édition, les annonces à venir ayant probablement été faussées par les circonstances, mais on avait l'impression avec ce chiffre d'avoir passé un cap. N'oublions pas qu'une journée dédiée à l'animation a désormais lieu chaque année pendant le festival : l'Animation Day, dans laquelle s'intègre également l'événement "Annecy goes to Cannes" lancé en 2016. Difficile de ne pas y voir un signe du temps.

L'avenir nous dira si le mouvement amorcé se confirme, ce que rendrait possible le dynamisme actuel du long métrage animé, ou s'il s'essouffle malgré cet essor. En attendant, histoire de se souvenir de ce que l'animation a fait pour l'aura de Cannes (et réciproquement), retour sur 15 longs métrages qui ont durablement marqué l'histoire du Festival. Il faudra, un jour, établir la même liste pour le court métrage. Bien plus de quinze entrées seront alors nécessaires.

Peter Pan de Clyde Geronimi, Hamilton Luske et Wilfried Jackson


Walt Disney lui-même accompagna Peter Pan sur la Croisette en 1953. Présenté en compétition, le film est le 18e long métrage d'animation des studios Disney. Adapté de la pièce de J. M. Barrie créée en 1904, il raconte le voyage au Pays imaginaire de Wendy, Michel et Jean, trois enfants guidés dans cet univers fantastique par Peter Pan et la fée Clochette. Ils y rencontrent le terrible Capitaine Crochet, mais aussi les garçons perdus, et vivent toutes sortes d'aventures extraordinaires. Considéré par beaucoup comme l'un des chefs d'oeuvre des studios, c'est incontestablement l'un des grands classiques du cinéma d'animation familial.

La planète sauvage de René Laloux

Présenté en compétition en 1973, La planète sauvage est le premier long métrage de René Laloux, adaptation (libre) du roman Oms en série de Stefan Wul, co-écrit avec Roland Topor, dont les dessins ont servi de bases pour la fabrication des images. Sur la planète Ygam, les Draags, une espèce d'humanoïdes bleus aux yeux rouges mesurant douze mètres de haut, pourchassent et exterminent une autre espèce, les Oms, perçus au mieux comme des animaux de compagnie, au pire comme des créatures nuisibles. Dans un univers surréaliste, tantôt onirique, tantôt cauchemardesque, cette planète pleine de surprises nous tend un miroir souvent dérangeant, et nous interroge sur nos propres pratiques face aux espèces que nous ne jugeons pas aussi évoluées que nous. Le film, envoûtant et curieux, fut l'un des tout premiers longs métrages d'animation destiné à un public adulte. Malicieuse fable écologique avant l'heure, il fit grande impression à Cannes et repartit auréolé d'un prix spécial du jury présidé par Ingrid Bergman.

Shrek d'Andrew Adamson et Vicky Jenson

On l'oublie parfois, mais Shrek, l'ogre vert et bougon de Dreamworks a été en compétition à Cannes. Deux fois, même, en 2001 et avec son deuxième volet en 2004. On ne présente plus ce personnage misanthrope qui voit son beau marais boueux envahi par des créatures de conte de fées qui ont été expulsées de leur royaume par le tyrannique Lord Farquaad. Irrévérencieux, hilarant et irrésistible, le film se moque de Disney, dynamite les contes de notre enfance, et détourne tous les codes du genre. Un pur divertissement qui a enchanté par deux fois les spectateurs du Théâtre Lumière.

Innocence : Ghost in the shell de Mamoru Oshii


Suite du film culte Ghost in the shell sorti en 1995 (et adapté du manga du même nom de Shirow Masamune), Innocence a eu les honneurs de la compétition en 2004, soit en même temps que le 2e volet de Shrek. Une situation qui ne s'est pas reproduite depuis, et dont on se demande parfois si elle est encore possible. Toujours est-il qu'inviter le cinéma complexe et visuellement éblouissant de Mamoru Oshii dans la course à la palme d'or fut à l'époque une manière élégante de mettre sur un pied d'égalité prise de vue réelle et animation, et surtout de rendre hommage à la beauté de l'animation japonaise d'anticipation. Innocence, véritable réflexion sur l'Humanité et son avenir, est l'une des incursions les plus marquantes du Cyberpunk sur le tapis rouge cannois.

Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Adapté des romans graphiques de Marjane Satrapi, Persépolis est une plongée dans l'Iran de la fin des années 70. Avec humour et justesse, la dessinatrice-réalisatrice y raconte son enfance puis son adolescence à Téhéran, avant, pendant et après la Révolution. Dans un style graphique très dépouillé, tout en noir et blanc, fort d'un casting voix impressionnant (Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Chiara Mastroianni), le film repartira de la compétition cannoise 2007 avec un prix du jury, et rencontrera un énorme succès critique et public. Douze ans plus tard, il reste un exemple à suivre, voire un eldorado inatteignable, pour le long métrage d'animation pour adultes.

Valse avec Bashir de Ari Folman

En 2008, les festivaliers médusés découvrent un film mi-documentaire, mi-fiction, qui s'inspire de témoignages réels et d'un montage de 90 minutes d'images tournées en vidéo. Il aborde l'histoire personnelle du réalisateur qui a participé à l'opération israélienne au Liban "Paix en Galilée" pendant son service militaire. Peu à peu, des souvenirs de son implication dans le massacre de Sabra et Chatila remontent à la surface... Valse avec Bashir marque ainsi un jalon dans l'histoire du cinéma d'animation, à la fois parce qu'il est l'un des premiers documentaires animés découverts par le grand public, mais aussi par son sujet, et par son retentissement.

Panique au village de Vincent Patar et Stéphane Aubier

Hors compétition en 2009, certains festivaliers découvrent abasourdis l'univers burlesque et délirant de Panique au village. Les autres avaient déjà eu l'occasion de voir la série diffusée sur Canal + et mettant en scène les principaux personnages du long métrage : CowBoy, Indien, Cheval, Gendarme ou encore Steven. Avalanche de gags, de dialogues cinglants et de situations cocasses, le long métrage est un régal pour ceux qui aiment l'humour plus que décalé, le nonsense, et l'absurde dans tous ses états. Son style particulier (animation en stop motion de figurines rigides) ajoute un côté artisanal et ludique qui renforce l'auto-dérision débridée du récit.

Le Conte de la Princesse Kaguya de Isao Takahata

Joli coup de la Quinzaine en 2014 qui sélectionne le dernier film du réalisateur japonais culte Isao Takahata. On n'a toujours pas compris comment l'officielle a pu dédaigner une telle prise, mais rappelons qu'aucun autre film de Takahata n'a été sélectionné en compétition (idem pour Miyazaki, seulement sélectionné à Cannes Classic en 2006 avec Nausicaa, mais aussi Satoshi Kon, et tant d'autres). Oui, l'Officielle a commis un nombre important d'impairs concernant le cinéma d'animation, cela ne fait aucun doute. Revenons en au Conte de la Princesse Kaguya qui est une fable délicate et poétique inspirée d’un conte populaire datant du Xe siècle, considéré comme l'un des textes fondateurs de la littérature japonaise. L'héroïne, enfant libre littéralement née de la nature, se retrouve brutalement confrontée au carcan douloureux des apparences et du jeu social. Comme prisonnière de son existence, et même de sa propre enveloppe corporelle, elle n'aura de cesse que de retrouver l'osmose avec l'univers, non sans éprouver une forme de nostalgie pour les fugaces bonheurs terrestres.

La tortue rouge de Michael Dudok de Wit

Première collaboration des studios Ghibli avec une production européenne animée, La Tortue rouge est un conte minimaliste sans dialogue, au dessin épuré, qui raconte l'existence d'un naufragé sur une île déserte. Ce premier long métrage du réalisateur Michael Dudok de Wit (connu pour ses courts Le Moine et Le Poisson et Père et Fille) s'affranchit d'une écriture traditionnelle pour aller vers une forme de parabole poétique qui interroge les rapports de l'homme à la nature. Présenté à Un Certain regard en 2016, il s'avère parfois un peu trop "mignon" et "charmant", mais séduit par ses couleurs pastels chaudes et la simplicité épurée de son récit. Le public, peu habitué à ce type de fresques animées, plébiscite le film qui remporte le prix spécial du jury Un Certain Regard et connaît ensuite un beau succès en salles.

Ma vie de courgette de Claude Barras

Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2016, Ma vie de courgette est l'adaptation en stop-motion, avec des marionnettes, du roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris. Un drôle de film tendre et joyeux malgré son sujet, la vie d'un petit garçon qui se retrouve placé dans un foyer pour enfants après la mort accidentelle de sa mère. Entre complicité et mélancolie, amitié et résilience, le récit parvient à nous émouvoir tout en nous faisant rire, quand ce n'est pas l'inverse. Toujours avec une forme de simplicité qui permet d'aborder les sujets les plus graves sans jamais perdre le jeune public.

La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach

2016 fut définitivement une grande année d'animation sur la Croisette, puisqu'on y découvrait aussi le premier long métrage de Sébastien Laudenbach, connu pour ses courts. Réalisé dans une grande économie de moyens, avec une animation esquissée qui assume d'être inachevée, le film qui fit l'ouverture de l'ACID est adapté d'un conte de Grimm, dans lequel un meunier vend son plus bel arbre ainsi que sa fille au diable en échange d'une richesse éternelle. Vendue et mutilée, la jeune fille s'enfuit, s'émancipe des hommes, et commence ainsi un parcours initiatique destiné à la libérer de toutes ses entraves. Un conte à la fois édifiant, poétique et follement libre, dans son propos, sa tonalité et son esthétique.

Là-haut de Pete Docter et Bob Peterson

En 2009, c'est un film d'animation en 3D qui faisait l'ouverture du festival. Là-haut, issu des studios Pixar, est un merveilleux récit d'aventures et de transmission qui nous emmène de la tristesse d'un maison de retraite à la jungle amazonienne en Amérique du Sud. On y suit Karl, un vieil homme de 78 ans bougon et solitaire, s'envoler littéralement pour le voyage de sa vie, emmenant sans le savoir Russell, un scout de neuf ans. Evidemment, ces deux-là devront apprendre à se connaître et à s'apprécier, tout en déjouant les plans machiavéliques d'un autre explorateur. Gai, irrévérencieux et profondément humain, c'est probablement l'un des rares films d'ouverture cannois à avoir allié aussi brillamment le pur divertissement et le cinéma d'auteur.

Vice-versa de Pete Docter, Ronaldo Del Carmen

En 2015, Cannes présente Vice-Versa en séance hors compétition... et s'entend dire par certains journalistes facétieux qu'il s'agit du meilleur film du festival et qu'il méritait la Palme. Et pourquoi le dernier-né des studios Pixar n'aurait-il pas mérité une place en compétition ? Drôle et malin, divertissant et fantasque, et surtout singulier et audacieux, il met en effet en scène un "quartier général" qui régit les humeurs et les réactions de la petite Riley, 11 ans. Formé par cinq émotions complémentaires (la colère, la peur, la joie, le dégoût et la tristesse), ce centre de contrôle aide la fillette à mener une vie heureuse et paisible, jusqu'au jour où Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de sa mémoire... plongeant le spectateur dans une longue suite d'aventures cocasses, entre pur divertissement et tentation psychologique d'analyser nos comportements par le biais d'un trop plein d'émotions.

Teheran tabou d'Ali Soozandeh


En compétition à la Semaine de la Critique en 2017, ce premier long métrage du réalisateur d'origine iranienne Ali Soozandeh confirme la propension du cinéma d'animation à s'emparer de questions politiques ou sociales sensibles, voire taboues, en mettant en scène trois femmes et un jeune musicien dans la ville de Téhéran. Tous les quatre cherchent à leur manière un moyen de s'émanciper d'une société iranienne corsetée par la morale et gangrenée par l'hypocrisie. Utilisant le procédé de la rotoscopie, qui consiste à filmer des acteurs, puis à les redessiner et à les intégrer dans des décors peints, le réalisateur propose un pamphlet politique virulent et d'une extrême noirceur, qui trouve parfois ses limites, mais n'en demeure pas moins un portrait saisissant et singulier de l'Iran contemporain.

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

C'est l'un des films dont on a le plus parlé l'an passé sur la Croisette : même avant son Grand Prix à la Semaine de la Critique (ce qui fait de lui le premier long métrage d'animation à remporter cette récompense), J'ai perdu mon corps était incontestablement l'un des événements de Cannes 2019. On connaît la suite : achat par Netflix, course aux Oscar, 2 César, et un succès en salles loin d'être négligeable (même si l'on espère toujours mieux pour les films que l'on aime). Avec son sens époustouflant de la mise en scène, son intrigue intimiste et  ténue et sa narration alternée jouant à la fois sur le registre du film sentimental, du cinéma de genre et du récit initiatique, le premier long métrage de Jérémy Clapin réconcilie toutes les cinéphilies, et prouve la nécessité de décloisonner une bonne fois pour toutes animation et prise de vue continue.

Klaus et J’ai perdu mon corps triomphent aux Annie Awards

Posté par vincy, le 26 janvier 2020

Netflix ne dominera pas les Oscars mais la plateforme s'est octroyée le droit de surclasser les studios historiques aux 47e Annie Awards, les récompenses annuelles du film d'animation. Netflix a récolté 19 trophées dont celui du meilleur film d'animation avec Klaus et en tant que distributeur américain celui du meilleur film d'animation indépendant avec J'ai perdu mon corps, premier film de Jérémy Clapin, Grand prix à la Semaine de la critique à Cannes en mai dernier. A eux deux ils ont reçu 10 Annie Awards.

Klaus a remporté sept Annies, sur sept nominations: de la réalisation de Sergio Pablos au montage, en passant par l'animation de personnage, de dessin de personnage, les décors et le storyboarding.

Trois prix pour J'ai perdu mon corps

J'ai perdu mon corps a non seulement triomphé dans la catégorie reine du meilleur film indépendant, mais il est reparti avec l'Annie Award de la meilleure musique pour le compositeur Dan Levy et celui du meilleur scénario pour Jérémy Clapin et Guillaume Laurant.

C'est un triomphe pour le cinéma d'animation européen puisque Klaus est hispano-britannique et J'ai perdu mon corps français.

Notons aussi, parmi les triomphes de Netflix, le succès de la série Love, Death & Robots (4 Annies).

Un Oscar très ouvert

Derrière Disney traîne avec 5 Annies, dont celui de la meilleure performance vocale (Josh Gad pour Olaf dans La Reine des Neiges 2) et celui de l'animation de personnages dans un film en prises de vues réelles (Avengers:Endgame).

Oncle Thomas: la comptabilité des jours, coproduction franco-canadienne, a été distingué par le prix du meilleur court métrage animé (que vous pouvez voir ici, sur Arte).

Avec ce palmarès, les Annie Awards relancent le suspens pour l'Oscar du meilleur film d'animation. Les Golden Globes ont voté pour Monsieur Link, la Guilde des producteurs a choisi Toy Story 4 et désormais Klaus et J'ai perdu mon corps ont regagné des points. Les quatre sont en lice pour les Oscars, aux côtés de Dragons 3 (un seul Annie).

Le cinéma moins fédérateur à la télévision

Posté par vincy, le 19 janvier 2020

Dans le Top 30 des audiences de l'année, on ne trouve aucun film. Le sort et les séries dominent le classement annuel. On peut se consoler en constatant malgré tour que le cinéma a été la plus forte audience en 2019 pour des chaînes comme Arte (Impitoyable, 2,3M), W9 (Die Hard 4, 1,6M), NRJ12 (La légende des crânes de cristal, 0,9M), France 4 (Le cinquième élément, 1,4M), CStar (Mariage chez les Bodin's, 0,9M), TF1 Séries Films (L'arme fatale III, 1M), 6ter (La belle et le clochard, 1,2M).

Boon et Sy

Mais aucun film sur aucune chaîne n'a dépassé les 7 millions de téléspectateurs. Dominante comme toujours, TF1 a quand même réussit à séduire entre 5 et 6,7 millions de spectateurs avec 19 films l'an dernier (tous dans la case du dimanche), avec un record annuel pour Bienvenue chez les Ch'tis, juste devant un autre Dany Boon, Raid Dingues, et Intouchables (Omar Sy plaçant aussi Demain tout commence dans le Top 10). Trois rediffusions. Parmi ces 19 films, 11 sont français. Alibi.com est le film en première diffusion qui a le plus cartonné, avec Sully côté américain, en séduisant chacun 6,2 millions de téléspectateurs.

De Funès, Disney et Dieu

Chez les concurrents, La grande vadrouille reste une valeur sûre pour France 2 (4,7M), Pièce montée, avec feu Jean-Pierre Marielle, a cartonné sur France 3 (2,9M, deux fois moins qu'un Capitaine Marleau), et le Roi Lion a été un succès pour M6 (4,7M). C'est du côté de TMC que la performance est la plus notable avec Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, diffusé en février dernier, juste avant la sortie de la suite: 2,9M de télespectateurs, 13,6% de part d'audience et trois fois plus d'audience qu'habituellement sur cette case.

Ne désespérons pas. Le cinéma place quand même 9 des 100 meilleures audiences de l'année (contre 4 l'an dernier). Et cela ne prend pas en compte Netflix (qui a une audience de 3,5% en moyenne) et Canal +, dont le cinéma est au coeur de leurs offres. Sans oublier que certains films, sur Arte ou France 3, réalisent des performances notables, bien supérieures à leurs entrées en salles.

Star Wars : La prochaine trilogie de Rian Johnson peut-elle aider Disney ?

Posté par wyzman, le 7 décembre 2019

Alors que son nouveau film A couteaux tirés continue de faire un carton un peu partout dans le monde, le prochain job de Rian Johnson (réunir les fans de Star Wars et la jeune cible de Disney) a quelque chose d’ironique.

Rappel des faits

Lorsque J.J. Abrams a dévoilé Le Réveil de la Force en décembre 2015, nombreux sont ceux à avoir critiqué le premier volet de la troisième trilogie centrée autour des Skywalker et autres Jedi. Bien évidemment, il suffit de relire notre critique pour comprendre que malgré que ce nouveau volet arrive plus de 10 ans après La Revanche des Sith, il est difficile de ne pas y voir des similarités avec le premier de George Lucas, Un nouvel espoir.

Effets spéciaux (réussis) à gogo, florilège d’acteurs sur le retour et d’étoiles montantes, avalanche de théories plus inspirées les unes que les autres… Le film de J.J. Abrams amasse plus de 2,068 milliards de dollars au box-office mondiale en fin de course. Des chiffres qui avaient de quoi rassurer Disney, largement moquée en 2012, au moment du rachat de Lucasfilm pour « seulement » 4 milliards de dollars.

Mais deux ans plus tard, alors, que J.J. Abrams a passé la main à un scénariste et réalisateur visiblement très compétent (Rian Johnson), le son de cloche est différent. Peut-être parce que Disney n’a pas attendu la sortie des Derniers Jedi pour annoncer haut et fort que ce même Rian Johnson serait en charge de la prochaine trilogie Star Wars. Une trilogie qu’il n’a depuis cessé de présenter comme complètement à part des aventures des Skywalker — pour mieux marquer sa prise d'indépendance. De quoi soulever de nombreuses questions.

De quoi traiteront ces films ? Qui en seront les figures principales ? Dans quel espace-temps se dérouleront les événements de cette trilogie ? Verra-t-on des visages familiers ? Au moment où nous écrivons ces lignes, ces questions n’ont pas encore trouvé de réponse. Sans parce que cette fois, après le raz-de-marée de critiques négatives adressé aux Derniers Jedi, Disney a appris de ses erreurs. Lasse de teaser le public à longueur de Comic-Con et autres rassemblements, la firme américaine a compris que les fans ont aujourd’hui encore toutes les cartes en main.

Des fans mécontents

Leur pétition pour exclure Rian Johnson de tout projet futur autour de Star Wars et retourner Les Derniers Jedi n’a pas abouti mais à quelques jours de la sortie de L’Ascension de Skywalker, le spectre de Rian Johnson continue d’agacer certains adorateurs. Il faut dire que la tournée promotionnelle d’A couteaux tirés aura été marquée par les références pas du tout subtiles de Rian Johnson à ses prochains bébés : sa propre trilogie. Loin d’être abattu par la pluie de messages haineux qu’il a reçue, l’Américain de 45 ans sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Car après avoir achevé la phase 3 du MCU avec Avengers : Endgame et Spider-Man : Far From Home, Disney est le studio américain le plus prolifique et se refuse toute erreur. Voilà pourquoi les films standalone de type Rogue One (une merveille) et Solo : A Star Wars Story (une mauvaise surprise) ont été mis de côté.

Fière de re-donner vie à une saga multi-milliardaire, Disney a longtemps voulu contenter les fans de la première heure, toucher un public toujours large et lui réserver des surprises. Une tâche particulièrement difficile ! Peut-être même trop... Et ce n’est pas J.J. Abrams qui dira le contraire. Malgré une direction complètement différente de son Réveil de la Force, celui à qui l’on doit des séries telles qu’Alias, Lost ou encore Fringe affirme à qui veut l’entendre que Les Derniers Jedi va permettre à L’Ascension de Skywalker d’oser davantage. Faut-il comprendre par là que le volet final de la trilogie de J.J. Abrams ne parviendra pas à satisfaire tout le monde ? Il faut le croire.

Et après ?

Mais alors, pourquoi Disney continue-t-elle à puiser dans l’héritage de George Lucas ? Précisément parce qu’il s’agit d’un « catalogue » de grande valeur. Comprenez par là que l’univers créé par le réalisateur-scénariste des deux premières trilogies est si vaste qu’en refermant le chapitre centré sur les Skywalker, de nouvelles et nombreuses possibilités s’offrent à Disney. Ce que l’on peut d’ailleurs voir dans The Mandalorian, la première série en prises de vue réelles dérivée de Star Wars et dévoilée par Disney sur sa nouvelle plate-forme de streaming, Disney+.

En se concentrant sur quelques personnages ou quelques micro-événements, la société de Mickey a su produire un show de qualité, complexe et intrigant. Dès lors, il y a fort à parier que la prochaine trilogie de Rian Johnson ira dans ce sens en bousculant les codes tout en continuant de faire rêver le public. Plus encore, les premiers fans de Star Wars ayant pris quelques décennies, Disney pourra avec cette trilogie pleinement assumer son choix de toucher une autre cible et de la combler avec du divertissement pur et des enjeux tout autre.

Souvenez-vous, lorsque ce même studio s’est lancé avec Avengers, nombreux sont les journalistes spécialisés (et européens) à avoir dit bien du mal de cette entreprise. Pourtant, sept années plus tard, les mêmes haters attendaient avec impatience de connaître quel sort serait réservé au vilain Thanos. Grâce à un marketing bien pensé et de nombreux rebondissements, le studio producteur et distributeur des Avengers a fait de la saga super-héroïque l’événement cinématographique de l’année. Et ce, sans jamais avoir la prétention de faire du grand cinéma mais bien de faire rêver le public.

Achever pour mieux recommencer

Certes, Les Derniers Jedi n’était sans doute pas ce que les fans de Star Wars-époque Lucas méritaient. Mais la prochaine trilogie de Rian Johnson pourrait bien faire taire les derniers réticents. Les critiques continueront d’être nombreuses mais en laissant le scénariste de Brick et Looper créer quelque chose à son image, Disney pourrait parvenir à dynamiter une saga qui commence à sentir la naphtaline. Ainsi, les préventes de L’Ascension de Skywalker ont beau eu faire la une des sites spécialisés, rappelons que c’était également le cas au moment de la sortie de La Revanche des Sith...

Seul en charge (sur le papier), Rian Johnson a désormais la possibilité de réunir s’il le souhaite différentes générations autour d’une saga qui parle à tous au lieu de tenter de combler les attentes de fans de plus en plus âgés et très attachés aux non-changements. Après avoir essuyé les plâtres pour d’autres réalisateurs à venir, Rian Johnson semble le seul homme capable de produire une trilogie inattendue, riche et drôle à la fois. Tout comme J.J. Abrams était le seul homme capable à l’époque de faire renaître Star Wars de ses cendres en 2015. Maintenant, pour que J.J. Abrams ait la garantie qu’il ne laisse pas à son successeur un univers déprécié sur les bras, L’Ascension de Skywalker doit faire mieux voire plus au box-office que Les Derniers Jedi (1,332 milliard de recettes mondiales). Qui prend les paris ?

Annie Awards: « J’ai perdu mon corps » séduit Hollywood

Posté par vincy, le 2 décembre 2019

La Reine des Neiges 2 et Monsieur Link ont récolté 8 nominations chacun aux nominations pour les 47e Annie Awards, les Oscars de l'animation, qui seront décernés le 25 janvier.

Le plébiscite pour le Disney n'est pas une surprise. Pour Monsieur Link, c'est en revanche un très beau coup pour le studio Laika, qui avait déjà brillé il y a trois ans avec Kubo et l'Armure magique. Les nominations ont d'ailleurs révélé un bel éclectisme avec Dragons 3 : Le monde caché (DreamWorks), Toy Story 4 (Disney-Pixar) et Klaus (Netflix) qui sont aussi dans la course du meilleur film.

Par studio, Netflix domine tout le monde avec 39 citations, devant DreamWorks Animation (18) et Disney (16). Car Netflix dispose, aux USA, d'un autre film qui pourrait finir parmi les finalistes aux Oscars: J'ai perdu mon corps, Grand prix à la Semaine de la critique au Festival de Cannes (déjà 130000 spectateurs en France). Le film a été acquis pour les USA par la plateforme. Avec Klaus et ses sept nominations, Netflix s'ajoute ainsi 6 nominations pour le premier long de Jérémy Clapin. Netflix cartonne aussi avec Love, Death & Robots (5 nominations) et Carmen Sandiego (4 nominations).

J'ai perdu mon corps est en lice pour le prix du meilleur film indépendant face à Buñuel après l'âge d'or de Salvador Simo, Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka, Promare de Hiroyuki Imaishi et Les enfants du temps de Makoto Shinkai.

Notons aussi que Jérémy Clapin et Makoto Shinkai sont en concurrence dans la catégorie du meilleur réalisateur face à Jennifer Lee et Chris Buck (La Reine des neiges 2), Sergio Pablos (Klaus) et Chris Butler (Monsieur Link). J'ai perdu mon corps est aussi nommé pour la meilleure musique (Dan Levy), le meilleur storyboarding (Julien Bisaro et Jérémy Clapin) et le meilleur scénario (Jérémy Clapin, Guillaume Laurant).

On retrouve également deux films français, Je sors acheter des cigarettes, d'Osman Cerfon (Miyu Productions) et Oncle Thomas : La Comptabilité des jours de Regina Pessoa, dans la catégorie du court métrage. Miyu productions est aussi cité parmi les meilleurs films étudiants avec Un diable dans la poche d'Antoine Bonnet et Mathilde Loubes (Gobelins).

Abominable, The Addams Family et Comme des bêtes 2 sont les rares productions de studios à recevoir quelques nominations.

Un duel entre Matt Damon et Adam Driver pour Ridley Scott

Posté par vincy, le 16 novembre 2019

Disney commence à digérer la Fox et a choisi comme l'un des premiers projets post-acquisition le prochain film de Ridley Scott, The Last Duel. Le feu vert a été lancé pour ce film alors que l'agenda de la Fox restait relativement anémique pour les deux années à venir.

Le film, scénarisé par Matt Damon et Ben Affleck, oscarisés pour leur scénario de Will Hunting il y a plus de 20 ans, et qui ont collaboré Nicole Holofcener (Les faussaires de Manhattan), sortira le 25 décembre 2020 en Amérique du Nord, à temps pour les Oscars. Il s'agit de l'adaptation du livre d'Eric Jager, Le dernier duel (publié en France chez Flammarion).

Le casting réunit Matt Damon et Ben Affleck, mais aussi Adam Driver et Jodie Comer (Killing Eve, Doctor Foster).

Il s'agit de l'histoire du duel judiciaire qui a opposé en 1386 sur ordre du roi Charles VI, les seigneurs normands rivaux et rancuniers Jacques Le Gris (Damon) et Jean de Carrouges (Driver). Marguerite de Carrouges (Comer) avait accusé Le Gris de l'avoir violée, et son époux n'ayant pu obtenir que son suzerain le comte Pierre lui fasse justice. Aussi l'affaire avait été portée jusqu'au roi et le Parlement de Paris a tranché en faveur d'un duel judiciaire. Ce sera la dernière fois qu'un tel jugement sera rendu en France. Le 29 décembre 1386, à Paris, devant le roi, les deux hommes qui vont se battre à mort avec pour seul juge Dieu. Celui qui tuera l'autre verra sa cause reconnue et son honneur lavé et le vaincu sera réputé menteur à la face de Dieu et des hommes, et son corps pendu.

La Fox boucle son programme pour 2020...

Certains films, trop engagés dans la production, ont survécu à la fusion de la Fox avec Disney: Deep Water, thriller d'Adrian Lyne avec Ben Affleck et Ana De Armas, d'après le roman de Patricia Highsmith, dont la sortie est planifiée pour novembre 2020, The King's Man, préquelle de la franchise The Kingsman, désormais calée à l'automne 2020.

Se spécialisant de plus en plus dans les films de genre pour ados ou adultes, la Fox a aussi en stock Underwater, avec Kristen Stewart (janvier 2020), The New Mutants, avec Antonio Banderas (mars 2020), La femme à la fenêtre, reporté à mai 2020, avec Amy Adams, Gary Oldman et Julianne Moore, Free Guy, avec Ryan Reynolds, Jodie Comer et Channing Tatum (juin 2020), Bob's Burgers: The Movie, un film d'animation musical (juillet 2020), The Empty Man (août 2020), Mort sur le Nil, d'après Agatha Christie, avec Gal Gadot, Armie Hammer et le réalisateur Kenneth Branagh (octobre 2020), le musical Everybody's Talking About Jamie (octobre 2020) et West Side Story, le remake de Steven Spielberg (décembre 2020). Fox Searchlight distribuera aussi au printemps The Personal History of David Copperfield, biopic avec Tilda Swinton, Dev Patel et Hugh Laurie.

En revanche, au-delà de noël 2020, le planning de la Fox reste assez vide. Il y a bien Ron Gone Wrong, film d'animation dorénavant prévu pour février 2021 et le film d'animation de Blue Sky, Nimona, programmé pour l'hiver 2022. Sans oublier la saga Avatar à partir de Noël 2021, qui s'intercale entre les Star Wars pour les fêtes de fin d'année. Mais c'est le seul grand studio qui n'a pour l'instant rien annoncé pour l'été 2021. C'est là qu'on pourra comprendre la stratégie du groupe Disney pour sa nouvelle filiale.

L’empire Disney, le jedi Scorsese et la guerre des toiles

Posté par vincy, le 14 novembre 2019

Les années se suivent et se ressemblent. Depuis 2010, Disney a dominé le box office nord américain annuel sept fois dont les trois dernières années grâce à Pixar, Star Wars et Marvel. Cette année, on prend peu de risques à se dire que l'année terminera sur le triomphe de La Reine des neiges 2, Star Wars épisode IX ou le dernier Avengers qui surclasse tout le monde pour le moment. La domination en 2019 est indéniable: les quatre premières places du box office avec Avengers:Endgame, Le Roi Lion, Toy Story 4, Captain Marvel (et un peu plus loin Aladdin dans le Top 10. Toutes les licences du groupe cartonnent. Disney c'est 40% des recettes en salles en Amérique du nord.

Dans le monde, sept films ont dépassé le milliard de dollars de recettes, dont cinq sont distribués par le groupe. La domination est totale. Maléfique 2 s'offre même une place dans le Top 15, effaçant le semi-échec de Dumbo. Moins de sorties, mais elles cartonnent toutes ou presque.

Une entrée sur cinq est pour Disney en France

La France ne fait pas exception. Le groupe s'arroge une part de marché de 22%. Une entrée sur cinq est pour Disney. Le plus gros succès de l'année c'est Le Roi Lion. Trois des cinq plus gros succès sont des films du groupe. Ils sont 8 dans le Top 20 (tous au dessus de 2 millions d'entrées).

Ce n'est pas terminé puisque, aux USA, Star Wars est déjà le film le plus demandé pour les fêtes si on prend en compte les achats de tickets pré-réservés. Et La Reine des Neige 2 est deuxième, battant tous les records, déjà détenus par les films d'animation de Disney (remakes en "prises de vues réelles" inclus).

En rachetant Pixar, Marvel et Star Wars au prix fort, puis la Fox en début d'année, Disney n'a quasiment plus de concurrents. Enfin presque. Warner Bros a prouvé qu'elle pouvait jouer à jeu égal côté comics avec le Joker. Universal peut compter sur la franchise Jurassic Park/Jurassic World. Et Sony a Spider-Man. Mais aucun groupe n'a la panoplie de blockbusters/franchises de Disney.

10 millions d'abonnés à Disney +

En se lançant la semaine dernière sur le marché du streaming avec Disney +, elle affronte désormais Netflix sur un créneau plus familial et en voulant séduire les fans des sagas propriétaires. Fort de son catalogue et de quelques nouveautés, Disney + a annoncé hier avoir eu déjà 10 millions d'abonnés aux USA (ça reste six fois moins que Netflix sur les Etats-Unis). Le réchauffement climatique a pris cher avec une demande plus forte que prévue, qui a même provoqué un bug paralysant le système. Disney + vise de 60 à 90 millions d'abonnés d'ici cinq ans aux USA. La plateforme sera lancée en Europe fin mars.

D'un côté, on peut être admiratif de cette industrialisation du divertissement, qui conquiert toute la planète (hormis la Chine, puisque le plus gros succès n'est que 14e du box office annuel). De l'autre, on peut s'agacer d'une telle emprise de l'empire sur le cinéma.

Scorsese attaque

On a beaucoup glosé sur les propos de Martin Scorsese à propos des films Marvel. "J’ai dit que j’avais essayé d’en regarder quelques uns et qu’ils n’étaient pas pour moi, qu’ils me semblaient plus proches des parcs d’attraction que des films tels que je les ai connu et aimé au cours de ma vie, et qu’au final je ne pensais pas que c’était du cinéma." A-t-il vraiment tort? Bien sûr qu'il y a de bons films dans l'écurie Marvel (Thor: Ragnarok, Black Panther...). Or, ce qu'il dit est ceci : "Le fait que les films eux-mêmes ne m’intéressent pas relève du goût personnel et du tempérament. Je sais que si j’étais plus jeune, si j’avais grandi plus tard, je serais sans doute excité par ces films, et peut-être que j’aurais envie d’en réaliser un moi-même. Mais j’ai grandi quand j’ai grandi et j’ai développé un sens des films (ce qu’ils étaient et ce qu’ils pouvaient être) aussi éloignés de l’univers Marvel que ne peut l’être la Terre par rapport à Alpha du Centaure."

Notre culture du cinéma se forge avec les films que l'on va voir. Dans les années 1980, on pouvait mettre Le dernier empereur de Bernardo Bertolucci ou L'Ours de Jean-Jacques Annaud en couverture des magazines de cinéma. Des films comme Le nom de la rose, Out of Africa, Amadeus attiraient près de 5 millions de spectateurs (ce que peu d'adaptations de comics réussissent). Hormis Indiana Jones, les Belmondo et Star Wars, il n'y avait aucune franchises qui dépassaient les 4 millions d'entrées. Les années 1990 ont sensiblement connu le même faste pour la diversité du cinéma (y compris américain). Les cinéastes étaient les stars, voire des marques, à l'instar d'Hitchcock.

Les auteurs en perdition

Ces cinéastes n'ont pas disparu. Prenons la définition de Scorsese: "le cinéma était une histoire de révélation (révélation esthétique, émotionnelle et spirituelle). Il s’agissait de personnages, de la complexité des gens et leurs contradictions, et parfois leurs natures paradoxales, la façon dont ils peuvent se blesser et s’aimer les uns les autres et se retrouver soudainement face à eux-mêmes." On peut coller à cette définition des noms comme Pedro Almodovar, Ken Loach, Bennett Miller, Paul Thomas Anderson, Steve McQueen, Wes Anderson, Hirokazu Kore-eda, Bong Joon-ho... Mais force est de constater, qu'ils dépassent rarement les deux millions d'entrées en France et les 30M$ de recettes aux USA.

En revanche, la définition de Scorsese ne correspond en effet pas trop aux films Marvel (mais davantage à Star Wars ou aux Pixar ou même à La Reine des neiges 2), dont les relations interpersonnelles sont assez superficielles le plus souvent, toujours très chastes, et prévisibles à coup sûr. Divertir n'est pas le problème. Spielberg en a toutes les compétences. Hitchcock savait très bien le faire. Bong Joon-ho maîtrise parfaitement l'alliage entre récit, discours et formalisme sans ennuyer le spectateur.

"60 ou 70 ans plus tard, on regarde toujours ses films en s’émerveillant. Mais est-ce qu’on y retourne pour les frissons et les chocs ? Je ne le pense pas. Les décors de La Mort aux trousses sont incroyables, mais ils ne seraient qu’une succession de compositions dynamiques et élégantes et de coupes sans les émotions douloureuses qui sont au centre de l’histoire ou l’absolu perdition du personnage de Cary Grant" explique Scorsese. Ce qui pose la question: Marvel sera-t-il regardable dans vingt, trente ans? Ce n'est pas l'objectif. Disney fabrique une machine à rêves, et les réinventent au gré des époques et des technologies (confère Le Roi Lion, double triomphe à 25 ans d'intervalle dans deux formats).

Prêt à la consommation

"Beaucoup des éléments qui définissent le cinéma tel que je le connais se retrouvent dans les films Marvel. Ce qu’on n’y trouve pas, c’est la révélation, le mystère, ou un véritable danger émotionnel. Rien n’est en danger. Les films sont faits pour satisfaire des demandes bien précises, et ils sont conçus comme des variations autour d’un nombre de thèmes fini. On appelle ça des suites, mais en réalité ce sont des remake, et tout ce qu’il y a dedans a été officiellement autorisé parce qu’on ne peut pas faire autrement. C’est la nature d’un film de franchise moderne : études de marché, tests auprès du public, validations, modifications, nouvelles validations, et nouvelles modifications jusqu’à ce que ce soit prêt à être consommé" explique le réalisateur de Taxi Driver.

On est alors loin d'une expérience inattendue, d'une histoire que le cinéma va "grandir", d'un style singulier qui peut nous émerveiller. Ce que pointe Scorsese c'est l'uniformisation. "Pourquoi ne pas laisser les films de super-héros et les autres films de franchise tranquille ? La raison est simple. Dans beaucoup d’endroits dans ce pays et autour du monde, les films de franchise sont désormais le choix principal quand vous choisissez d’aller voir quelque chose sur grand écran. C’est un temps périlleux pour l’expérience cinéma, et il y a de moins en moins de salles indépendantes. L’équation s’est retournée et le streaming est devenu le premier canal de distribution. Cela dit, je ne connais pas un réalisateur qui ne veut pas créer des films pour le grand écran, qui soient projetés en salle devant un public."

La série, nouveau territoire des auteurs

Son dernier film, The Irishman, n'a été rendu possible que grâce à l'argent de Netflix. Il ne sera pas forcément vu en salles. Tous les films d'auteurs accusent une baisse de fréquentation régulière depuis des années. On parle davantage des séries que des films, à l'exception de quelques phénomènes ou dans le contexte d'une actualité chaude. Mais finalement, nos esprits, notre culture, notre vision du monde et des gens, se construisent avec des films spectaculaire, coûteux, dont on connait la fin, et avec des séries, bien plus audacieuses, plus riches, plus imprévisibles, qui, d'ailleurs, attirent de plus en plus d'auteurs et de réalisateurs.

"Certaines personnes dans ce business sont totalement indifférents à la question de l’art et à la prise en compte de l’histoire du cinéma, ce qui est à la fois dédaigneux et confiscatoire : une combinaison létale. La situation, malheureusement, c’est ce que nous avons maintenant deux champs séparés distinctement : d’un côté le divertissement audiovisuel mondial, de l’autre le cinéma. Ils se croisent encore de temps en temps, mais ça devient de plus en plus rare. Et je crains que la domination financière de l’un est utilisée pour marginaliser et même rabaisser l’existence de l’autre" rappelle le cinéaste.

La détestation du risque

Il est inquiétant que The Irishman n'ait pas trouvé de studio et de distributeur en salles, pas même la Warner capable de signer un chèque pour n'importe quel Eastwood et un chèque en blanc pour n'importe quel Nolan. The Irishman était trop long, trop cher. Difficile à rentabiliser car , "peu importe avec qui vous faites vos films, le fait est que les écrans de la plupart des multiplexes sont occupés par les films de franchise" explique Scorsese. La "disparition du risque" et celle de l'artiste devraient nous inquiéter.

Car Disney, aussi imposant soit son succès, n'est pas à l'abri des attaques. Les récents déboires sur Star Wars - les réalisateurs de Solo évincés en plein tournage, les auteurs de Game of Thrones qui quittent le navire... -, les échecs de la Fox - X-Men notamment - et les tergiversations autour de Spider-Man - le studio, trop gourmand, a failli laisser lui échapper le super-héros pour ses franchises Marvel - montrent que le Royaume n'est pas invincible. Mais aussi que la machinerie peut se gripper au contact des artistes et des visionnaires. C'est un peu la parabole de Le Mans 66 quand les cadres dirigeants de Ford veulent imposer leur système industriel à la "start-up" ingénieuse et inventive de Carroll Shelby qui sait que, sans prise de risques et sans un pilote génial, on ne gagne pas une course. (Nota bene: le film produit par la Fox est distribué par... Disney).

A cela s'ajoute des retours dubitatifs sur certaines productions. La version en prises de vues réelles de La Belle et le Clochard (pour Disney +) n'a pas séduit la critique américaine. Et la série Le Mandalorian ne les a pas plus convaincus. Mais ces deux "produits" suffisent à séduire pour attirer des millions de foyers sur la plateforme. Et Disney produit de bons films, parmi les plus attendus chaque année. Ce désir de cinéma "populaire" n'est pas négligeable, alors que jeux vidéos et séries TV prennent de plus en plus de temps dans la consommation de produits culturels. C'est ce qui explique les synergies/convergences dans les contenus (une marque déjà connue est plus facile à vendre) et une démultiplication des supports (streaming, salles, etc...). La belle facture de La Reine des Neiges 2 le prouve encore. Le savoir-faire du groupe est indéniable et ses succès démontrent qu'il a opté pour la bonne stratégie. Pour combien de temps?

[Star Wars] Les créateurs de Game of Thrones divorcent avec Disney et jurent fidélité à Netflix

Posté par vincy, le 29 octobre 2019

Après le crash durant le tournage de Solo: A Star Wars Story, qui avaient conduit au départ de Phil Lord et Chris Miller (remplacés au pied levé par Ron Howard) et un épisode IX qui a changé de réalisateur quelques mois avant le tournage, c'est au tour d'une prochaine trilogie Star Wars d'avoir quelques soucis au décollage. Disney avait recruté il y a un an et demi David Benioff et Dan Brett Weiss, créateurs de la série Game of Thrones, pour lancer un des nouveaux cycles de la Guerre des étoiles, annoncés en mai dernier pour des sorties calées en 2022, 2024 et 2026.

Dans cette bataille, c'est Netflix qui a eu le dernier mot. Les créateurs de GOT (HBO, groupe Warner) ont en effet signé en août un contrat d'exclusivité de cinq ans avec Netflix (pour 200-250M$ semble-t-il). Ce qui était incompatible avec Disney. Il aura fallu attendre deux mois pour que cette divergence/concurrence contractuelle soit officialisée. Le plus étrange est que le duo ait signé avec Netflix un tel contrat d'exclusivité alors qu'ils étaient engagé par Disney. Soit le contrat avec Disney était plus que fragile, pour ne pas dire peu contraignant, soit celui de Netflix est plus que possessif.

La nouvelle trilogie de Star Wars doit amorcer un nouveau cycle, sans la dynastie de personnages autour de Luke Skywalker et des Jedi. La fin de l'épopée sera connu le 18 décembre avec l'épisode IX, Star Wars - L'ascension de Skywalker. Cette trilogie n'en est pas à son premier souci. En 2017, Disney avait demandé à Rian Johnson de travailler dessus, avant l'échec de Solo et le recrutement des deux créateurs de GOT. Sans doute un peu échaudé, Rian Johnson, réalisateur de l'épisode VIII, avait décidé de réaliser un film perso (A couteaux tirés) en attendant. Il pourrait être rappelé puisqu'il avait déjà travaillé sur cette prochaine trilogie avant que les créateurs de GOT n'arrivent sur le projet.

Autre explication à ce cafouillage grand public, l'arrivée d'un nouveau producteur. Il y a un mois, Disney avait en effet annoncé que Kevin Feige, grand manitou de la licence Marvel, serait en charge de préparer la suite de Star Wars. On pourrait s'y perdre. C'est surtout une guerre de positions chez Disney, où, un à un, les producteurs les plus installés, se voient tous déclasser par un Kevin Feige de plus en plus incontournable. La productrice historique de Star Wars, Kathleen Kennedy, se voit ainsi mise sous la tutelle de Feige (officiellement ils sont au même niveau), qui pourrait contrôler à terme l'ensemble de l'univers Star Wars, comme il l'a fait avec Marvel. Pour l'instant il ne s'agit que d'un film. Mais Disney, avec sa plateforme Disney +, va sortir plusieurs séries: The Mandalorian, Obi-Wan Kenobi, Cassian Andor, Underworld et Detours. A part ça, Bob Iger, patron de Disney, ne voulait pas de surproduction autour de cette saga...

Cela n'empêchera pas l'épisode IX d'être un carton mondial.

Disney et Disney + misent sur Star Wars, Marvel, des classiques et le jeune public

Posté par vincy, le 26 août 2019

D23. Sous ce nom de code se cache la grande convention des fans du groupe Disney. Après l'annonce du lancement de Disney +, le Comic-con, quelques communiqués officiels, le groupe a dévoilé de nouveaux projets, bandes annonces, photos, qui complètent ainsi un programme destiné à rassurer les actionnaires, les exploitants et mobiliser les fans.

STAR WARS

- Star Wars: L'Ascension de Skywalker. Ce sera bien le dernier épisode de la troisième trilogie et sans doute le dernier opus de la saga commencée en 1977, avant de passer à d'autres combats. J.J. Abrams s'en va chez Warner de toute façon. Le producteur a révélé que ce serait une lettre d'amour à Carrie Fisher. "Le personnage de Leia est vraiment le cœur de l'histoire" a-t-il déclaré, ajoutant qu'ils avaient utilisé entre autres des scènes non utilisées lors du tournage de l'épisode VII. Prévu pour la fin de l'année, le film réunit Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Isaac, Kelly Marie Tran et signera le grand retour de Billy Dee Williams dans le rôle de Lando Calrissian.

- Obi-Wan Kenobi. le puissant Jedi reviendra dans une série pour Disney +. Et Ewan McGregor reprendra le costume après l'avoir incarné dans la deuxième triologie. Le scénario est écrit et le tournage débutera l'année prochaine. Le film autour du Jedi tombe donc à l'eau. Conséquence du semi-échec de Solo.

- The Mandalorian. Annoncée depuis longtemps, la série qui sera réalisée par Jon Favreau, avec Pedro Pascal et Diego Luna (vus dans Rogue One) autour de Cassian Andor, sera aussi une série pour Disney +. Elle sera même la série inaugurale de la plateforme!

MARVEL

- Les éternels. Angelina Jolie, Salma Hayek, Kumail Nanjiani, Lauren Ridloff, Brian Tyree Henry, Richard Madden (dans le rôle d'Ikaris, premier personnage gay de l'univers Marvel), Gemma Chan, Barry Keoghan sont de la partie. Mais la surprise est que Kit Harrington, aka Jon Snow dans Game of Thrones, rejoint le casting de la super-production. Sortie en novembre 2020.

- Black Panther 2. C'était le rand absent des annonces du Comic-con. Normal il est prévu pour le 6 mai 2022. Quatre ans après le carton de Black Panther, la suite déferlera sans qu'on sache s'il amorcera la phase V ou s'il sera la conclusion de la phase IV du Marvel Cinematic Universe, après Thor: Love and Thunder (où Tessa Thompson aura le droit à une romance lesbienne a priori), Ryan Coogler l'affirme: "On ne prend pas notre temps, nous essayons de faire les choses bien." Chadwick Boseman sera de la partie.

- Les séries. Anthony Mackie et Sebastian Stan reprendront leur costume de super-héros dans la série Disney + Falcon and the Winter Soldier, où s'ajoute Emily VanCamp (déjà l'agent SHIELD Sharon Carter). Bisha K. Ali écrira et réalisera la série Ms Marvel. Les séries She-Hulk et Moon Knight ont aussi été confirmées.

RÉINVENTIONS

- Cruella. Une réinvention de plus? Pas vraiment. La première image dévoilée du film sur l'affreuse méchante des 101 Dalmatiens, Cruella de Vil, incarnée par Emma Stone, se déroulera dans un Londres punk des seventies. Sorte de prequel pour expliquer sa méchanceté, à la manière de Maléfique. Réalisé par Craig Gillepsie (Moi, Tonya), le film met aussi en scène Emma Thompson, Paul Walter Hauser et Joel Fry. Sortie en mai 2021.

- La Belle et le clochard. Avec les voix de Tessa Thompson et Justin Theroux. Sur le même principe que Le Roi Lion et Le Livre de la jungle, ce classique Disney, réalisé par Charlie Bean (The Lego Ninjago Movie), est prévu pour le lancement de Disney +, le 12 novembre.

- Jungle Cruise. Dwayne Johnson et Emily Blunt seront les vedettes de Jungle Cruise, adapté d'une attraction de Disneyland, à l'instar de Pirates des Caraïbes. Une sorte d'A la poursuite du diamant vert, qu'on espère moins ringard que le résumé de Johnson, qui se voit comme un mec héroïque bottant le cul des méchants et sauvant la fille (certes plus intelligente). Rappelons qu'il est l'acteur le mieux payé du monde.

FAMILLE

- Noelle. C'est la cible principale de Disney +: les enfants et la famille. Parmi les programmes originaux qui seront dès cette fin d'année, sur la plateforme, on trouvera Noelle, film sur la fille du Père Noël, avec Anna Kendrick, entourée de Shirley MacLaine et Bill Hader. A l'origine, le film devait sortir en salles.

- Les Muppets. Kermit, Piggy et compagnie sont de retour aussi sous la forme d'une série de courts épisodes pour Disney +, à partir de 2020. Histoire de conjurer le mauvais sort apr§s l'échec au cinéma de Muppets Most Wanted et à la télévision de la série The Muppets.

- Soul. Un Pixar qui sort en juin en 2020. Le nouveau film de Pete Docter a annoncé son cast vocal: Jamie Foxx, dans le rôle d'un prof de musique qui rêve de jouer au club de jazz The Blue Note, Tina Fey, Daveed Diggs, Questlove et Phylicia Rasha. Le tout avec une BOF signée Jon Batiste, Trent Reznor et Atticus Ross.
Le pitch a été précisé. L'âme du professeur se retrouve séparée de son corps. Il atterrit à un séminaire nommé "You". C'est un lieu étrange où les jeunes âmes reçoivent leur formation, acquièrent leurs passions et leurs personnalités avant d'être envoyées vers des enfants à naître. Sur place, il fera la rencontre de 22, une jeune âme piégée au séminaire depuis plusieurs années.

- Un peu avant, en mars, Pixar présentera En avant (Onward), avec les voix de Tom Holland, Chris Pratt et Julia Louis-Dreyfus, histoire de deux frères elfes adolescents s’embarquent dans une quête extraordinaire pour découvrir s’il reste un peu de magie dans le monde.

- Un peu après, ce sera Raya and the Last Dragon, qui sera en salles en novembre 2020. Réalisé par Ral Briggs et Dean Wellins, ce récit aux influences asiatiques sera centré sur l’héroïne Raya, guerrière solitaire, qui s’allie à une bande de marginaux pour trouver le dernier dragon et restaurer l’harmonie dans le royaume de Kumandra.