British Independent Film Awards : Tyrannosaur et Fassbender

Posté par kristofy, le 6 décembre 2011

La 14ème cérémonie des British Independent Film Awards (sponsorisés par Moët) s’est tenue à Londres le 4 décembre. Presque sans surprise le BIFA du meilleur acteur va à Michael Fassbender pour son interprétation dans Shame, rôle qui lui avait déjà valu d’être sacré meilleur acteur au festival de Venise. Avant Shame, Steve McQueen avait déjà fait reconnaître sur la scène internationale l’acteur Michael Fassbender dans Hunger présenté à Cannes, comme l’ont été d’autres films où il était au générique comme Fish Tank de Andréa Arnold et Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. On retrouvera Michael Fassbender dans quelques semaines dans A dangerous Method de David Cronenberg. En 2012 il sera à l'affiche de Haywire de Steven Soderbergh et de Prometheus de Ridley Scott.

Le film Tyrannosaur de Paddy Considine a été élu film de l’année avec trois prix. Ol avait déjà été plébiscité lors du dernier Festival du Film Britannique de Dinard (Hitchcock d’Or, et meilleur scénario). Si une sortie de Tyrannosaur en France est malheureusement encore hypothétique, il y avait aussi en compétition à Dinard le film Week-end qui devrait nous arriver au premier trimestre 2012. Week-end a remporté deux BIFAs (meilleure révélation pour l’acteur Tom Cullen, et meilleure production).

Sans surprise, Une séparation, Ours d'or à Berlin, a gagné son énième prix dans la catégorie meilleur film étranger.

Par ailleurs, Kenneth Branagh et Ralph Fiennes ont reçu un prix pour l'ensemble de leur carrière.

Le palmarès

Meilleur film britannique indépendant : Tyrannosaur réalisé par Paddy Considine

Douglas Hickox Award – Meilleur nouveau réalisateur : Paddy Considine pour son film Tyrannosaur

Meilleure actrice : Olivia Colman pour Tyrannosaur

Meilleure acteur : Michael Fassbender pour Shame

Meilleur réalisateur : Lynne Ramsay pour We Need To Talk About Kevin

Meilleur scénario : Richard Ayoade pour Submarine

Meilleur actrice d’un second rôle : Vanessa Redgrave pour Coriolanus

Meilleur actrice d’un second rôle : Michael Smiley pour Kill List

Meilleur documentaire : Senna

Meilleur film étranger  indépendant : Une Séparation

Jig : les coulisses des concours de danse irlandaise

Posté par kristofy, le 30 novembre 2011

JIG Ce que le cinéma avait montré de la danse traditionnelle irlandaise pouvait se résumer au film Riverdance. La danse irlandaise ? Au pire on ne sait pas du tout ce dont il s’agit, au mieux on imagine une coutume un peu folklorique…

En réalité, il s’agit d’une chorégraphie avec une suite de sautillements en suspension où les pieds chaussés de claquettes voltigent à un rythme très rapides. Avec le documentaire Jig réalisé par Sue Bourne, vous allez découvrir cette pratique sportive qui, à haut niveau, est dotée d'une compétition très difficile.

A l’occasion du 40e championnat du monde de danse irlandaise qui a eu lieu à Glasgow en mars 2010, on a compté plus de 3000 danseurs venus avec leurs proches. Cet évènement, qui est le point d’orgue d’une année d’entraînement, a été filmé très en amont par la réalisatrice qui nous fait découvrir bien avant ce rendez-vous le portait de différentes danseuses, et danseurs, qui vivent leur passion au quotidien.

Une des forces de Jig est de faire partager l’engouement pour cette danse à des gens qui n’y connaissent rien, et cela de manière à laisser aussi une place à des éléments critiques. Tout d’abord on découvre l’importance de cette danse irlandaise pour certaines petites filles : l’une d’elle veut sautiller même en ayant mal au pieds tandis qu’une autre est constamment jugée par sa maman… On découvre aussi la relation particulière entre un prof ex-champion et son élève qui a la pression pour réussir comme un pro, et un autre danseur métis qui veut par-dessus tout devenir une star.

Très vite, cette pratique se révèle être beaucoup plus qu’un loisir : il s’agit de montrer une performance en compétition. Différents concours permettent de se qualifier pour les championnats du monde, ce qui compte est l’exécution la plus parfaite pour une bonne note des juges. A ce niveau, c’est un grand investissement qui demande disponibilité et finances avec un budget conséquent pour les nombreux déplacements et les costumes (une tenue peut coûter plus de 2000 dollars et servir moins de 5 fois). On voit d’ailleurs des fillettes qui doivent gérer un stress qui n’est pas de leur âge. Qu’il s’agisse des danseuses américaines ou russes, on retrouve tous ceux qui ont été filmés avec leurs proches en route pour ces championnats du monde de Glasgow, et la concurrence est rude…

Jig avait été présenté lors de la clôture du 22e festival du film britannique de Dinard, l’occasion d’une démonstration sur scène dont voici un court extrait :

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JIG de Sue Bourne
En salles le 30 novembre.

L’instant Court : Tyrannosaur, réalisé par Paddy Considine

Posté par kristofy, le 14 octobre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le film institutionnel Film for life avec l’acteur Paddy Considine, voici l’instant Court n° 49.

Paddy Considine  est la personnalité du cinéma britannique du moment. Son premier film en tant que réalisateur a été doublement primé lors du 22e Festival du Film Britannique de Dinard, le jury (qui avait la charge de remettre trois trophées) lui a donné deux prix : meilleur scénario (après un vote) et Hitchcock d’or (à l’unanimité). Ce film (Tyrannosaur) avait été dévoilé lors du festival de Sundance où déjà il avait gagné trois récompenses dont celle de meilleur réalisateur pour Paddy Considine (et meilleur acteur Peter Mullan, meilleure actrice Olivia Colman). Il vient aussi de sortir en salles de cinéma au Royaume-Uni, où les critiques sont très élogieuses. "Outstanding directorial debut from Paddy Considine" , "Powerful and brillantly acted" , "The best british film of the year"...

La vocation de Paddy Considine était pourtant d’être acteur. Il a débuté dans le métier en même temps que son ami Shane Meadows dans la mise en scène, il a même eu un rôle dans plusieurs de ses films dont Dead Man Shoes (qui avait d’ailleurs aussi gagné le Hitchcock d’or de Dinard en 2004) et Le Donk and Scor-zay-zee (tourné en 5 jours!). Il s’est intéressé aussi à l’écriture de scénario et à la mise en scène (il signe un clip pour le groupe Artic Monkeys) en même temps qu’il devenait un acteur demandé à l’international. Il apparaît aux génériques de films comme In América de Jim Sheridan, Cinderella Man de Ron Howard, La vengeance dans la peau de Paul Greengrass, Hot Fuzz de  Edgar Wright, The Red Riding Trilogy de Julian Jarrold/James Marsh/Anand Tucker, Blitz avec Jason Statham, Submarine de Richard Ayoade...

Sur le tournage de Backwoods (avec notamment Virginie Ledoyen), Paddy Considine joue avec l’acteur Gary Oldman dont il apprécie particulièrement le film Ne pas avaler. La rencontre l'aurait convaincu de passer derrière la caméra. Il réalise alors son court-métrage Dog Altogther, où les personnages sont déjà joués par Peter Mullan et Olivia Colman, pour lequel il remporte le Bafta du meilleur court ainsi qu'un Lion d'argent à Venise. C’est après cette expérience qu’il extrapole un scénario pour son premier long-métrage. Le film Tyrannosaur (avec les mêmes acteurs) s’impose déjà comme un succès, et Paddy Considine est déjà occupé avec une deuxième réalisation : The Leaning avec une thématique fantastique.

Voila donc la bande-annonce de Tyrannosaur écrit et réalisé par Paddy Considine, sortie en France encore indéterminée.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Tyrannosaur.

Dinard 2011 : Hitchcock d’or pour Tyrannosaur de Paddy Considine

Posté par kristofy, le 9 octobre 2011

La 22e édition du Festival du Film britannique de Dinard s'est achevée par le couronnement de Tyrannosaur de Paddy Considine (qui était favori), mais aussi de L’Irlandais de John Michael McDonagh qui a fait consensus durant le festival.

La cérémonie de clôture, tout comme la soirée d’ouverture, s’est déroulée  avec une bonne humeur communicative. Dinard sait si bien accueillir tout le monde avec convivialité que Jaime Winstone adore la ville et que Petula Clark est retombée amoureuse de l’endroit. La chanteuse (qui a aussi été actrice) était la marraine de cette édition 2011. Elle a chanté son tube ‘Downtown’ qui a été repris en cœur par le public lors de la soirée du palmarès, et quelques jours plus tôt elle avait joué quelques chansons (dont celle du film La Comtesse de Hong-Kong de Charlie Chaplin) en s’accompagnant au piano.

Pour départager les films en compétition, Nathalie Baye, la présidente du jury, était entourée de Haylay Atwell, Jacqueline Bisset, Emmanuelle Devos, Jaime Winstone, Sami Bouajila, Armand Amar, Harry Gregson-Williams, Eric Lartigau, François Verdoux et Stephen Clarke (notre photo).

Voici leur palmarès :

Prix du meilleur court-métrage : White Elephant, de Kristof Bilsen

Prix coup de coeur (les exploitants de 40 salles de la région) : L’Irlandais de John Michael McDonagh (mention à Week end de Andrew Haigh)

Prix du public : L’Irlandais de John Michael McDonagh

Prix du scénario : Tyrannosaur de Paddy Considine

Prix de la meilleure photographie : Larry Smith, pour L’Irlandais

Grand Prix Hitchcock d’or : Tyrannosaur de Paddy Considine

Le jury a donc décerné deux prix à Tyrannosaur de Paddy Considine (scénario et Hitchcock d’or à l’unanimité). Le réalisateur n’ayant pu être là, ce sont ses deux amis le réalisateur Shane Meadows (ils étaient à la même école d’arts dramatiques et Considine a débuté sa carrière d’acteur en jouant dans les films de Meadows) et le producteur Mark Herbert qui ont reçu les récompenses à sa place (notre photo de droite)

Tyrannosaur s’impose comme l'un des meilleurs films britanniques de l’année, il avait déjà été primé à Sundance (pour meilleur réalisateur, meilleur acteur Peter Mullan et meilleure actrice Olivia Colman). Ce film marque les débuts de Considine dans le long métrage (il avait déjà participé à des scénarios avec Meadows), et fait suite à son court-métrage Dog Altogther (avec déjà les mêmes acteurs). Il vient tout juste de sortir en salles en Angleterre mais il n’a malheureusement pas encore de distributeurs français. En revanche, L’Irlandais de John Michael McDonagh est une comédie qui a été un énorme succès en Irlande, et sa sortie française est déjà programmée pour le 21 décembre.

Dinard 2011 : Hommage à John Hurt

Posté par kristofy, le 8 octobre 2011

Le 22e Festival du film britannique de Dinard a rendu un hommage à l’acteur John Hurt, qui était venu pour la première fois il y a plus de vingt ans. Le festival proposait de revoir The Elephant man, 1984, Shooting dogs, Love and death on Long Island, Boxes (tourné en Bretagne), et The Hit où après la projection a été proposé une master-class avec le public. C’est John Hurt lui-même qui a suggéré une sélection éclectique de ses films avec des titres peu connus pour offrir l’occasion de les voir sur grand écran. Il y avait également trois films en avant-première : The plague dogs (film d’animation de 1982 resté inédit en France), 44 inch chest (2010) et Lou (2011). John Hurt a eu la surprise de recevoir un Hitchcock d’honneur du festival de Dinard.

John Hurt est un acteur complet avec un long parcours à la fois sur les planches au théâtre, devant les caméras au cinéma, et aussi avec sa voix pour des doublages ou en tant que narrateur. Il a évoqué ainsi son envie pour ce métier : « depuis l’âge de neuf ans peut-être je pense que je voulais être un acteur, mais je ne savais pas comment faire évidement. A l’époque, on écoutait la radio, pas de télévision et encore moins internet. J’ai fini par arriver à Londres où j’ai rencontré deux filles, deux Australiennes qui étudiaient la danse espagnole. Je les ai vu à une fête et elles m’ont dit ‘tu devrais être acteur’, ce que je voulais faire sans savoir comment y parvenir. Elles m’ont trouvé des formulaires pour la Royal Academy et j’ai commencé des cours de théâtre. Une des premières pièce sur scène était mise en scène par Harold Pinter, auquel d’ailleurs le festival de Dinard rend hommage en même temps. Harold Pinter commençait tout juste à devenir un peu connu, ensuite j’ai eu un rôle dans sa pièce The Caretaker (qui deviendra un film plus tard) et on est resté amis, je suis attristé de sa récente disparition. »

Le premier grand succès de John Hurt au cinéma est A man for all season de Fred Zinnemann en 1966,  et il sera remarqué une nouvelle fois en 1978 dans Midnight Express de Alan Parker. Ensuite il est demandé pour jouer des rôles de premier plan dans des films qui allaient marquer plusieurs générations de spectateurs : en 1979 c’est Alien de Ridley Scott, en 1980 c’est Les portes du paradis de Michael Cimino et Elephant Man de David Lynch… Il est passé devant les caméras de Sam Peckinpah, Stephen Frears, Michael Caton-Jones, Jim Sheridan, John Boorman, Raoul Ruiz, Gus Van Sant, Jim Jarmusch, Robert Zemmeckis, Alex de la Iglesia, Lars Von Trier... il donne aussi la réplique aux héros Hellboy de Guillermo del Torro, Indiana Jones de Steven Spielberg, et même à Harry Potter !

Ses derniers films ont donc été présentés en avant-première. Dans 44 inch chest réalisé par Malcolm Venville, il joue un vieux malfrat aigri qui jure dès qu’il parle à ses complices (Ray Winstone, Tom Wilkinson, Ian McShane…) qui ont kidnappé un jeune serveur (Melvil Poupaud) dont le tort est d’avoir couché avec la femme de l’un d’eux. Un exercice de style presque réduit à cinq personnages dans un lieu unique qui repose justement sur les performances des acteurs qui ont chacun leur manière de débiter leur texte. Dans Lou réalisé par l’Australienne Belinda Chayko, il interprète le rôle d’un grand-père qui souffre de la maladie d’alzheimer et dont le fils a abandonné femme et enfants, et c’est dans leur maison qu’il est placé pour être surveillé. L’aînée de douze ans en bute contre sa jeune mère commence par rejeter ce vieux monsieur qui lui a pris sa chambre, mais au fur et à mesure elle l’apprivoise bien qu'il la confonde avec sa grand-mère disparue... John Hurt a montré ici deux visages opposés (un méchant vulgaire, un gentil malade) qui sont comme une nouvelle illustration de son talent et en même temps de son envie de jouer avec et contre son image. En attendant de le découvrir dans La Taupe réalisé par Tomas Alfredson (Morse) avec Gary Oldman et Colin Firth, qui était l'un des meilleurs films du festival de Venise.  Énorme succès en Angleterre le jour de sa sortie, La Taupe est attendu en France pour le 8 février 2012.

L’instant Court : Film for life, réalisé par Kate Dunn

Posté par kristofy, le 7 octobre 2011

films for lifeComme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Test réalisé par Didier Rouget avec Vincent Elbaz et Romane Bohringer, voici l’instant Court n° 48.

Justement, Romane Bohringer est en ce moment au Festival du film britannique de Dinard qui se déroule jusqu’au 9 octobre. En Angleterre, il y a une chaîne de télévision qui soutient particulièrement le cinéma, the Film 4 channel. Film 4 participe aussi au développement et au financement de films, comme par exemple les récents Another Year de Mike Leigh, 127 heures de Danny Boyle, Un jour de Lone Scherfing (dont une partie a été tournée à Dinard), ou encore Tyrannosaur de Paddy Considine qui est en compétition à Dinard.

Voila donc une publicité institutionnelle Film for life réalisée par Kate Dunn pour Film 4, dont la dimension est celle d’un court-métrage d’anticipation. On y voit une ville devenue un désert dévasté, pas grand-chose n’a résisté aux temps et aux catastrophes sauf… les films de cinéma. Les comédiens ont comme point commun d’avoir tout les deux tourné dans plusieurs films de Shane Meadows et aussi d’être présents en ce moment sur les écrans du festival de Dinard : l’acteur est Paddy Considine (réalisateur de Tyrannosaur) et l’actrice est Vicky McClure (révélation de This is England ‘86)

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Film for life.

Dinard 2011 : Shane Meadows présente This is England 86

Posté par kristofy, le 6 octobre 2011

Dinard 2011Le 22e Festival du film britannique de Dinard accueille nos voisins d'outre-Manche du 5 au 9 octobre. Cette année, c'est l'actrice Nathalie Baye qui préside le jury. En tout, six films sont en compétition, dont Oranges and Sunshine de Jim Loach (le fils de Ken Loach) et le déjà favori Tyrannosaur de Paddy Considine. Une quinzaine de films sont également à découvrir en avant-première avec notamment un focus sur le cinéma écossais. Enfin, Dinard va rendre hommage au scénariste et écrivain Harold Pinter (en la présence de Lady Antonia Fraser) et à l’acteur John Hurt qui donnera une master-class à l'issue d'une projection.

Parmi les autres temps forts, on peut noter le retour de Shane Meadows à Dinard ! De films en films, il est devenu l'un des plus talentueux réalisateurs anglais à suivre. Il faut d’ailleurs se souvenir que cette reconnaissance en France a quasiment démarrée avec le Festival de Dinard où il a été invité presque un an sur deux :  Twentyfourseven en compétition en 1998,  Once Upon A Time In The Midlands en avant-première en 2002, Dead Man's Shoes en compétition en 2004 (Hitchcock d'or),  hommage, rétrospective de ses films et This Is England en avant-première en 2007, Somers Town en séance spéciale en 2008,  Le Donk & Scorz-Ayz-Ee en avant-première en 2009... Même en 2010 il avait fait le déplacement ! Il était donc logique qu'il revienne cette année avec la suite de This is England.

Flashback : 2008, cérémonie des BAFTA. Le meilleur film britannique de l'année est… This is England de Shane Meadows. Le film, situé en 1983, suit un garçon de 12 ans environ nommé Shaun (le jeune Thomas Turgoose) qui intègre progressivement un groupe de skinheads dont certains allaient dériver vers un mouvement politisé raciste.

Trois ans plus tard, Shane Meadows a écrit la suite qui se déroule en 1986 pendant la coupe du monde de foot au Mexique… C’est devenu une This is England ' 86mini-série de quatre épisodes d’abord diffusée sur Channel 4 : This is England '86. On y retrouve donc les mêmes personnages (joués par les mêmes acteurs) : Shaun devient peu à peu un adulte dans une Angleterre de chômage et de familles éclatées. Cette jeunesse qui était en rébellion contre son présent a grandi et se cherche maintenant un futur…

La série This is England '86 est écrite par Shane Meadows et Jack Thorne, et réalisée par Tom Harper (épisodes 1 et 2) et Shane Meadows (épisodes 3 et 4).

This is England '86, épisode 1 : Shaun sort de l’école sans examen ni travail, à l’hôpital il retrouve son ancienne bande après un mariage raté entre Lol et Woody et une crise cardiaque. L’insouciance commence à laisser place à la gravité, mais l’amitié est ce qui compte le plus.

This is England '86, épisode 2 : Une fête sauvage ramène au sérieux de la vie, Shaun expérimente un boulot et le couple de Lol et Woody se fragilise. Leurs parents essaient de recomposer une famille avec peine.

This is England '86, épisode 3 : Après quelques moments dignes de leur jeunesse c’est la résignation du passage à l’âge adulte. Lol déprime de plus en plus, et pendant un match à la télé, Shaun se réconcilie avec sa mère, tandis que le père de Lol commet l’irréparable.

This is England '86, épisode 4 : C'est le retour de Combo auprès de Shaun, Woody voudrait un nouveau mariage, et Lol va se confronter de manière brutale à son père...

L'actrice Vicky McClure est la révélation de This is England '86. Elle a remporté un prix de meilleure actrice au BAFTA Television Awards (elle avait d'ailleurs été découverte dans Room for Romeo Brass déjà de Shane Meadows). Shane Meadows a déjà prévu une nouvelle suite qui se déroulera deux ans plus tard au moment de noël 1988. This is England '88 est en préparation... à découvrir à Dinard en 2012 ?

Sortie DVD de Triangle : rencontre avec le réalisateur Christopher Smith

Posté par kristofy, le 17 juillet 2011

Un des plus talentueux réalisateurs britanniques à avoir émergé ces dernières années est toujours méconnu en France : Christopher Smith. Si ces deux premiers films sont sortis en salles (Creep en 2004, Severance en 2006), ces deux suivants étaient restés inédits avant d’arriver directement en DVD. Une bizarrerie des distributeurs a fait découvrir son quatrième film Black Death (2010) au printemps avant la sortie de son troisième film Triangle (2009).

Le réalisateur a été plusieurs fois invité à présenter ses films au Festival du film Britannique de Dinard, où on l’avait rencontré en 2009 pour une interview après l’avant-première de Triangle :

- Je crois que l’embryon de l’idée du film Triangle est né sur une plage de Cannes, est-ce que c’était d’abord un mystérieux bateau fantôme ou une femme qui perd ses repères ?

- Christopher Smith : Ma première idée était de réfléchir à une histoire dont le tournage ne m’obligerait pas à passer des semaines sous terre comme pour Creep. C’est ce que je voulais trouver ; je pensais faire plutôt un film au bord de la mer, ça pouvait devenir très étrange un peu comme un épisode de La Quatrième Dimension. J’ai commencé à imaginer une histoire où des naufragés seraient recueillis sur un bateau sans équipage mais pas sans personne à bord… Et j’ai développé cette histoire très particulière avec cette femme qui fait avancer l’histoire en même temps que l’histoire nous dévoile plus ce personnage, et c’est devenu Triangle. Au fur et à mesure que j’approfondissais mon histoire le scénario devenait comme un labyrinthe avec différentes boucles narratives. Mes différents idées sont devenues vite très intéressantes, et en fait ça m’a pris presque deux ans à finaliser le script et à concevoir comment je pourrais organiser le tournage. A la base je m’étais lancé à écrire pour avoir le plaisir de tourner sur la mer et c’est devenu un thriller très complexe. Pour l’instant je pense que c’est mon meilleur film, et en tout cas c’est celui qui a été le plus difficile à concevoir.

- EN : Comment s’assurer que les spectateurs ne soient pas perdus dans le film ?

- CS : Sur le tournage, comme bien souvent, on n’a pas filmé les scènes dans l’ordre chronologique, et d’ailleurs le déroulé de l’histoire joue d’ailleurs avec la chronologie des évènements. C’était vraiment difficile à tourner, et je devais être très précis avec l’actrice. Elle devait jouer son personnage qui courre en ayant l’air anxieuse, ou anxieuse et effrayée, ou effrayée et folle selon que la boucle de l’histoire, et recommencer avec des variations pour un autre angle. A cause de la nature si particulière de du scénario c’était dur de trouver où se raccrocher pour l’actrice. Je pense vraiment que Melissa George est extraordinaire dans le film, sa façon d’interpréter ce personnage en réussissant à jouer les mêmes choses avec différents degrés d’intensité selon l’évolution de l’intrigue compte beaucoup pour certains rebondissements. L’histoire joue à désorienter le spectateur tout en lui permettant de faire son chemin. Mon travail au moment du montage était de m’assurer que le public soit exactement avec moi, ou devant moi, ou derrière moi. Alors à certains moments du film vous êtes derrière l’actrice à vous interroger sur pourquoi elle agit comme ça, et puis un peu plus tard vous trouvez la réponse. Parfois vous allez savoir pourquoi elle va faire ceci avant qu’elle ne le fasse. C’est un des plaisirs du film que de réussir à provoquer chez le spectateur une sensation de déjà-vu et aussi ce sentiment de malaise.

-  EN : Quelle est la signification de ce titre Triangle ?

-  CS : Le titre vient du fait qu’à l’origine je pensais que j’allais faire un film du genre le triangle des Bermudes. Si vous allez en mer et que vous vous retrouvez coincé dans une dimension temporelle différente et que là vous expérimentez une autre durée de temps qui passe et que ça se complique encore… Mais ce film n’a absolument rien à voir avec le triangle des Bermudes, qui a d’ailleurs sans doute inspiré certaines histoires plus ou moins bizarres, mais un peu de cette mythologie se retrouve dans le titre. J’aime ce mot Triangle car il peut suggérer bien des choses sans vraiment en désigner, c’est aussi bien le nom d’un bateau qu’une figure géométrique à trois côtés. J’ai voulu ce titre car il correspond à trois façons possibles de suivre l’histoire. Il y a tellement de versions possibles parce qu’il y a dans le film beaucoup de questions et beaucoup de réponses. Quand on entend le mot triangle on pense immédiatement à une sorte de mystère.

-EN : Par rapport à vos films précédents Creep et Severance on trouve dans Triangle moins de violence brutale et pourtant on est plus tendus, est-ce que moins de sang signifie plus de peur ?

-CS : Oui je le pense, c’est bizarre n’est ce pas ? Ici c’est bien le cas. Je pense que Triangle est bien plus psychologique que ce que j’ai fait avant, bien qu’il y ait quand même plusieurs flashs de violence. Je me souviens du tournage de la séquence où l’héroïne entre dans la salle de bain, je voulais y glisser un petit hommage au film Suspiria de Dario Argento, tout est réglé comme un ballet et je voulais y voir du sang, mais il n’y avait aucune raison d’en voir trop car c’est un autre genre de film. Si tout d’un coup j’avais donné au public beaucoup de sang je pense que cela aurait plutôt été une distraction qui nous éloignerait alors de la dimension psychologique des évènements qui se produisent. Ce qui est intéressant avec cette histoire de Triangle c’est que les personnages traversent comme une spirale psychologique dramatique, l’angoisse est d’un autre niveau. J’aime beaucoup les films gores mais je ne veux pas délibérément rendre mes films sanglants, et en tout cas pas de la manière dont d’autres le font. Pour Creep il y avait un équilibre très subtil, dans Severance il y a de l’humour avec, et Triangle est vraiment très différent. Je n’ai pas décidé consciemment qu’il y aurait moins d’effets de violence avec du sang et que ça devait quand même faire plus peur. Souvent quand c’est très sanglant ça fait très peur, mais aussi parfois c’est peu sanglant et ça fait encore bien plus peur. En fait j’ai utilisé d’autres moyens de mise en scène pour faire naître la peur, en fait ici plutôt l’angoisse chez le spectateur. Et comme il y a beaucoup de rebondissements cette angoisse monte de plus en plus. Avec Triangle j’ai réussi, je crois, à créer un état de tension permanente.

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Le film Triangle (et différents bonus comme un making-of, des interviews de l’équipe, des scènes coupées…) est disponible en dvd et blu-ray, édité par CTV.

Black Death en DVD : rencontre avec le réalisateur Christopher Smith

Posté par kristofy, le 12 avril 2011

Le film Black Death resté inédit au cinéma est maintenant disponible en dvd et en blu-ray depuis début avril. Cette sortie est accompagnée d’un visuel publicitaire sur lequel figure une critique (venant du magazine Mad Movies) qui en fait l’éloge suivante : "une épopée barbare, une symphonie sombre et cruelle, un chef d’oeuvre".

Black Death : Angleterre, 1348. Alors qu’une épidémie de peste bubonique ravage le pays, Osmund, un jeune moine, reçoit la mission d’accompagner un groupe de chevaliers mené par le redoutable Ulric pour enquêter sur d’étranges phénomènes se produisant dans un petit village reculé. Il semblerait en effet qu’en ce lieu les morts reviennent à la vie…

Il s’agit en fait du quatrième film de Christopher Smith, le réalisateur le plus passionnant issu de la vague ‘horror made in UK’ (Creep, The Descent, Wilderness, Isolation…). Il était venu présenter en avant-première Black Death lors du festival britannique de Dinard (en octobre 2010), l’occasion de le revoir et de l’interviewer.

EcranNoir.fr : Avant de parler de Black Death revenons un instant sur votre film précédent qu’on avait déjà découvert à Dinard en 2009 : comment se fait-il que Triangle ne soit pas encore sorti en France ?

Christopher Smith : Je ne sais vraiment pas pourquoi Triangle n’est pas sorti en France, je crois qu’il va arriver début 2011. De tout les pays du monde, je pensais que la France serait le premier pays à vouloir l’acheter pour le distribuer ! Je pense que c’est une question économique, Triangle était un film plus cher à  acheter que mes films d’avant (Creep, Severance), je pense que les distributeurs voulaient payer l’ancien tarif et pas celui proposé, c’est juste une histoire d’argent. C’est la récession je suppose, maintenant il y a un distributeur (NDA : en fait sortie directe en dvd été 2011). Je pense que Triangle est un film très  intéressant, pas un film étrange.

EN : Black Death est une nouvelle étape dans votre carrière : alors que c’est vous-même qui aviez écrit vos autres films, là pour la première fois vous n’êtes pas à l’origine du script. Pourquoi vous être impliqué dans ce projet ?

CS : Je n’ai pas écris le script, on me l’a proposé, mais j’avais la main sur absolument tous les aspects créatifs qui donnent la forme du film. La première version du scénario que j’ai lue était en fait assez similaire pour la première moitié du film tel que vous le voyez. J’ai travaillé avec le scénariste pour réécrire toute la deuxième moitié de l’histoire en fait. Le film traite beaucoup de fondamentalisme, de religion, et de la façon dont on se sert de la religion. Bien que je n’ai pas écrit ce script, je me le suis approprié pour en faire ce que je voulais comme si j’étais le scénariste.

EN : Est-ce que certains films comme Le nom de la rose de Jean-Jacques Annaud ou Aguirre la colère de Dieu de Werner Herzog vous ont influencé ?

CS : J’avais quelques références en tête, c’est bien vu pour Aguirre la colère de Dieu qui était une référence majeure effectivement. Il y avait Le nom de la rose et quelques autres films comme par exemple Le septième sceau et La source de Ingmar Bergman. A un moment dans le film, quand Sean Bean tue la femme accusée de sorcellerie, c’est cruel, la scène d’après il explique pourquoi et on comprend que c’est juste. C’est un exemple de comment cette époque était trouble, comme la notion du bien et du mal selon les points de vue. Je voulais une expédition avec comme un sentiment à la Apocalypse now, c’est en quelque sorte un voyage vers l’enfer aux frontières de la raison.

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L’instant Court : Fire Escape, réalisé par Jamie Thraves

Posté par kristofy, le 5 novembre 2010

Fire escapeComme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Attrapez-les toutes en animation, voici l’instant Court n° 5.

Quel est le point commun entre les cinéastes Michel Gondry (Eternal sunshine of the spotless mind) et Olivier Megaton (Le transporteur 3) ? Avant de réaliser des films de longs-métrages, ils se sont fait un nom en travaillant sur de nombreux courts-métrages d’un format particulier : le clip musical. C’est aussi le cas de Claude Lelouch avec à son actifs 80 clips, qu’on appelait à l’époque scopitone.

Si la fonction première du clip est de faire la promotion d’une chanson (et donc d’un disque) à la télévision (et maintenant sur internet), il peut aussi être un court-métrage avec une véritable dimension esthétique.

Avant le cinéma (Notre jour viendra avec Vincent Cassel), Romain Gavras avait réalisé le fameux clip Stress pour le groupe Justice : son contenu sujet à polémique en a fait un des courts-métrages français le plus vu au monde. Et certains réalisateurs s’affranchissent de la contrainte de la durée de la chanson pour offrir un court-métrage bénéficiant d’un budget confortable (Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer), le rappeur Kayne West a réalisé lui-même son dernier clip dont la version longue dure 34 minutes (39 minutes pour le Ghost de Michael Jackson).

Alors que cette semaine sort en salles le film Des filles en noir de Jean-Paul Civeyrac qui aborde le suicide chez des adolescents, il est intéressant de voir que ce sujet sensible et délicat à aborder peut aussi être celui d’un clip musical.

Voila donc le court-métrage Fire Escape réalisé par Jamie Thraves pour le groupe Fanfarlo.

Fanfarlo 'Fire Escape' from Trim Editing on Vimeo.

Jamie Thraves a réalisé des clips pour Radiohead, Blur, Coldplay, Damien Rice… et aussi trois longs-métrages. Son dernier film Treacle Jr a gagné le grand prix Hitchcock d’or (ex-aquo avec We want sex de Nigel Cole) lors du 21ème Festival du Film Britannique de Dinard.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Fire escape

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