3 raisons d’aller voir L’insulte de Ziad Doueiri

Posté par kristofy, le 31 janvier 2018

A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face...

Un film multi-primé, depuis Venise jusqu'aux Oscars : Le nouveau film de Ziad Doueiri a d'abord été découvert en compétition lors du festival de Venise et, déjà, il n'a pas laissé indifférent. Le jury a choisi de le porter au palmarès en lui attribuant la Coupe Volpi du meilleur acteur pour Kamel El Basha. A noter d'ailleurs que ce prix aurait tout aussi bien pu être attribué à l'autre personnage principal, interprété par Adel Karam. En fait l'ensemble du casting est remarquable: Rita Hayek, la femme enceinte, ou Camille Salameh l'avocat... L'insulte a ensuite été remarqué aux festivals de Toronto, Telluride, Vienne, jusqu'à être retenu parmi les 5 films nommés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il représente le Liban, mais c'est bien une coproduction française.

Les séquelles d'une difficile réconciliation après un conflit : Le scénario démarre par une petite histoire pour aborder une plus grande Histoire, une banale dispute et une insulte entre deux hommes à propos d'un chantier amène une bagarre puis un procès médiatique qui deviendra politique en évoquant les conséquences d'une guerre au Liban (qui est toujours en conflit avec Israel) : des réfugiés palestiniens seraient coupables de différentes choses à l'encontre des libanais chrétiens. Toutefois il n'est pas nécessaire d'être calé en géopolitique pour suivre le film, celui-ci apporte des informations au fur et à mesure jusqu'au procès. D'ailleurs, pour l'essentiel, il ne s'agit pas de prendre parti pour un camp ou l'autre puisque justement le délicat sujet du film est plutôt de cicatriser le passé.

La mécanique absurde d'un fait-divers qui devient une affaire d’Etat : "Quand les mots vont trop loin, il faut s’attendre à une réaction" : tout commence entre un garagiste et un contremaitre pour une bête histoire de corniche à modifier. Cela dégénère en un pugilat privé puis est amplifié jusqu'à un procès public et médiatique. C'est presque une farce, mais dramatiquement réaliste. Tout l'enjeu est de présenter des excuses à l'autre après une insulte, soit reconnaître d'avoir tort ou raison après une agression. Une simple question de principes devient un symbole politique puisqu'il y a eu attaque et défense. Ici l'insulte révèle une rancune entre plusieurs communautés. Comment vivre ensemble après une guerre ? Le film ne cherche pas à répondre à cette question mais fait le constat d'un pays fracturé qui a de plus en plus de mal à maintenir sa cohésion. Bref, une belle parabole politique.

Jean-Pierre Bacri et Olivier Gourmet dans le premier film de Gérard Pautonnier

Posté par vincy, le 19 décembre 2015

bacri
Il est habituellement assez rare sur les écrans, avec une moyenne d'un film par an et parfois des absences de deux ans entre deux longs métrages. Jean-Pierre Bacri a semble-t-il retrouvé le goût de tourner. Alors que La vie très privée de Monsieur Sim est sur les écrans depuis mercredi, et parvient, relativement, à résister à la déferlante Star Wars, l'acteur a déjà fini un autre tournage, et va en enchaîner un autre dès janvier.

Pour Les affaires reprennent, premier long métrage de Gérard Pautonnier (L'étourdissement), il sera entouré d'Olivier Gourmet et d'Arthur Dupont (nommé aux Césars pour Bus Palladium et déjà aux côtés de Bacri dans Au bout du conte). Selon Le Film Français, ce premier film est une tragi-comédie dans l'univers des pompes funèbres. Le patron d'une entreprise qui va mal peut sauver sa boite à condition d'avoir un client, autrement dit un mort. Quand le mort tant espérer arrive, il charge son bras droit et un novice serviable de mener le cadavre jusqu'à sa dernière demeure. Malheureusement, le convoi funéraire se perd et l'épopée tourne au désastre.

Le scénario, prix du public du meilleur scénario au Festival Premiers Plans d'Angers 2015, est adapté du roman de Joël Egloff, Edmond Ganglion et Fils (éditions du Rocher). Dans le roman, Le corbillard perd le cortège sur les routes sinueuses qui mènent au village du mort puis le cercueil tombe du fourgon et le défunt revient à la vie....

Le tournage se déroulera en Belgique et en Pologne. Et le film sera distribué au final par Diaphana.

D'ici cette sortie fin 2015, début 2016, on reverra le bougon joyeux du cinéma français dans Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer, prévu dans les salles le 27 avril prochain. Bacri donne la réplique à Isabelle Huppert, Julia Faure, Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste et Pascal Greggory.

Adèle Haenel cherche la Fille inconnue pour les Dardenne

Posté par redaction, le 23 avril 2015

adele haenelLe Film français révèle qu'Adèle Haenel, César de la meilleure actrice cette année pour Les Combattants, sera l'interprète principale dans le prochain film des frères Dardenne.

La fille inconnue sera tourné cet automne (on imagine déjà une sélection à Cannes l'an prochain). Jean-Pierre et Luc Dardenne ont imaginé l'histoire de Jenny (Adèle Haenel), médecin généraliste, qui n'a pas ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. L'identité de la jeune fille est inconnue, Jenny, qui se sent coupable, se met en quête de trouver son nom...

Sur le site web de leur société de production, Les Films du fleuve, ils annoncent que le film sera distribué en France par Diaphana, et coproduit avec Archipel 35.

Le dernier film des Dardenne, Deux jours, une nuit, était en compétition au Festival de Cannes l'an dernier. Pour la première fois, le film est reparti sans aucun prix au palmarès.

Berlin 2014 : un Palmarès où l’argent vaut plus que l’or

Posté par vincy, le 15 février 2014

black coal thin ice

Avec une aussi forte présence asiatique, il n'est pas étonnant que le palmarès récompense essentiellement les films venus d'Orient. Le jury de la 64e Berlinale avait un défi à relever : donner du relief à une compétition très inégale, voire assez faible dans l'ensemble. En couronnant Bai Ri Yan Huo (Black Coal, Thin Ice) de Diao Yinan (qui avait présenté son dernier film Train de nuit il y a sept ans à Cannes), la Berlinale s'offre un film noir venu de Chine. Memento distribuera en France cette histoire d'un policier devenu agent de sécurité qui part sur les traces d'un tueur en série dont toutes les victimes sont liées à une seule et même femme dont il tombe amoureux. C'est la quatrième fois dans l'histoire de la Berlinale qu'un film chinois est récompensé par un Ours d'or. Le film remporte également le prix d'interprétation masculine pour Liao Fan, acteur de 40 ans.. Le cinéma chinois, qui a envoyé trois films en compétition, tous autorisés par le système de censure des autorités du pays, est aussi récompensé par un prix technique pour le nouveau film de Lou Ye, Tui Na (Blind massage).

Le cinéma japonais s'est vu distingué par le prix d'interprétation féminine pour la jeune Haru Kuroki pour Chiisai Ouchi (The little House) du vétéran Yoji Yamada (83 ans). L'actrice était notamment la voix de Yuki dans Les enfants loups, Ame & Yuki.

Consécration de deux cinéastes américains

Au-delà de ces trois films archétypes du cinéma oriental, dont la force visuelle ne comble pas forcément le manque de scénario, le jury a récompensé deux autres cinématographies : le cinéma américain et le cinéma français. Oubliant au passage un film comme ' 71 qui avait su fédérer les festivaliers.
Côté américain, le Grand prix du jury pour le fantaisiste et enlevé The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson est une surprise. Cet Ours d'argent si prestigieux récompense sans aucun doute l'oeuvre d'Anderson puisqu'il ne s'agit pas de son plus grand film. A moins que ça ne révèle, en creux, la très grande faiblesse de cette Berlinale, ou le besoin de récompenser un film populaire et léger, en contraste avec un Ours d'or très sombre.
Autre cinéaste indépendant américain, à la marge d'Hollywood, Richard Linklater et son immense Boyhood, est sacré par un Ours d'argent de la mise en scène. Le choix est logique, même si le film méritait davantage, puisque Linklater a passé douze ans à tourner cette histoire et la découpe avec une fluidité saisissante. Diaphana n'a pas encore daté la sortie du film en France.  Avec ces deux films, clairement les Ours d'argent pèsent plus que l'Ours d'or.

Le cinéma français n'est pas en reste : Alain Resnais hérite d'un prix primant une oeuvre "avant-gardiste". Mais surtout, Berlin offre ses deux prix les plus prestigieux dans la catégorie court-métrage à des talents hexagonaux : Caroline Poggi et Jonathan Vinel pour l'Ours d'or et Guillaume Cailleau pour l'Ours d'argent.

Pour sauver le déshonneur du cinéma latino-américain, un film mexicain, Güeros , reçoit le prix du meilleur premier film et pour éviter l'humiliation, un film allemand, Kreuzweg (Chemin de croix), là encore une de ses rares oeuvres fédératrices au Festival, reçoit le prix du meilleur scénario. C'est encore Memento qui distribuera le film dans les salles françaises.

Palmarès de la compétition

- Ours d'or du meilleur film: Bai Ri Yan Huo (Black Coal, Thin Ice) de Diao Yinan (Chine)

- Grand prix du jury, Ours d'argent: The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (Etats-Unis)

- Ours d'argent du meilleur réalisateur: Richard Linklater pour Boyhood (Etats-Unis) - lire notre actualité

- Ours d'argent de la meilleure actrice: Haru Kuroki pour Chiisai Ouchi (The little House) de Yoji Yamada (Japon)

- Ours d'argent du meilleur acteur: Liao Fan pour Bai Ri Yan Huo (Black Coal, Thin Ice) de Diao Yinan (Chine)

- Ours d'argent de la meilleure contribution artistique: Tui Na (Blind massage) de Lou Ye (Chine)

- Ours d'argent du meilleur scénario: Kreuzweg (Chemin de croix) d'Anna et Dietrich Brüggemann (Allemagne)

- Prix Alfred Bauer (en mémoire du fondateur du festival pour un film qui ouvre de nouvelles perspectives): Aimer, boire et chanter d'Alain Resnais (France) - lire notre actualité

- Prix du Meilleur premier film: Güeros d'Alonso Ruizpalacios (Mexique)

- Ours d'or du meilleur court métrage: Tant qu'il nous reste des fusils à pompe de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (France)

- Ours d'argent du court métrage, Prix spécial du jury: Laborat de Guillaume Cailleau (France)

- Ours d'or d'honneur: Ken Loach (Grande-Bretagne) - lire notre actualité

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- Les autres prix remis à la Berlinale 2014
- Les prix du public de la sélection Panorama
- Les Teddy Awards 2014

Festival du Film francophone d’Angoulême : un programme salivant

Posté par vincy, le 11 juillet 2013

festival du film francophone d'angoulême 2013 affiche posterDepuis le triomphe d'Intouchables, le Festival du Film francophone d’Angoulême (23-27 août) est devenu le tremplin du cinéma français, testant ainsi auprès du public, à travers de prestigieuses avant-premières, les films les plus attendus de l'automne.

Pour ce 6e Festival, le programme des avant-premières est également relevé (et varié) :

Le Festival de Dominique Besnehard sera lancé avec Casse-Tête chinois de Cédric Klapish, et s'achèvera avec Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier.

S'y ajoutent :
- Eyjafjallajôkull d’Alexandre Coffr
- En solitaire de Christophe Offenstein
- 100% Cachemire de Valérie Lemercier
- Grand départ de Nicolas Mercier
- Je fais le mort de Jean-Paul Salomé
- Au bonheur des ogres de Nicolas Bary
- Belle et Sébastien de Nicolas Vanier
- Gibraltar de Julien Leclercq
- 9 mois ferme d’Albert Dupontel

Avec le Québec en pays francophone à l'honneur, le FFA a sélectionné Gabrielle de Louise Archambault et Vic+Flo ont vu un ours de Denis Côté (prix Alfred Bauer à Berlin) en compétition, qui s'ajoutent à 6 autres films :
Attila Marcel de Sylvain Chomet (France)
Une place sur terre de Fabienne Godet (Belgique)
La vie domestique d’Isabelle Czajka (France)
Moi Zaphira d’Apolline traoré (Burkina Faso)
Les garçons et Guillaume à table ! de Guillaume Gallienne (France), gros succès de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes
Suzanne de Katell Quillévéré, ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes

Le jury sera présidé par Catherine Frot. Il est composé de Benjamin Biolay, Pierre Schoeller, Joachim Lafosse, Franck Weber, Janis Thiltges, Khaled Benaïssa, Eric Bruneau et Pierre Murat.

Parmi les autres événements prévus, notons un hommage à Régis Wargnier et une rétrospective dédiée au distributeur Diaphana.

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site internet du festival

Yvan Attal veuf de Charlotte Gainsbourg

Posté par vincy, le 20 novembre 2012

charlotte gainsbourg yvan attal césarsParmi les nombreux projets qui ont été mis sur le marché à l'American Film Market fin octobre/début novembre, un a retenu notre attention : Son épouse.

Le nouveau film de Michel Spinosa réunit en effet Charlotte Gainsbourg et son compagnon Yvan Attal. Ce sera la septième fois qu'ils joueront ensemble depuis Aux yeux du monde en 1991. Il y a deux mois Gainsbourg était à l'affiche du film d'Attal, Do not disturb.

Le tournage débute ces jours-ci si l'on en croit Screen International. La sortie, dont Diaphana aura la charge, est déjà prévue au printemps 2014, à temps pour viser Berlin ou Cannes 2014.

L'histoire est celle d'un veuf (Attal) en route pour l'Inde afin de rencontrer une jeune fille indienne qui semble possédée par l'esprit de sa défunte épouse (Gainsbourg).

Michel Spinosa coécrit les scénarii de Gilles Bourdos et a réalisé La parenthèse enchantée en 2000 et Anna M. en 2007.

Lady Pascale Ferran revient derrière la caméra

Posté par vincy, le 17 avril 2012

Le Film français a révélé les deux têtes d'affiche du prochain film de Pascale Ferran : Anaïs Desmoustier et l'américain Josh Charles.

Six ans après Lady Chatterley (5 Césars dont celui du meilleur film, prix Louis-Delluc), Ferran, a attaqué hier le tournage de son quatrième film : Bird People.

Coécrit avec Guillaume Bréaud, le scénario suivra les destins croisés de différents personnages dans une zone aéroportuaire.

La jeune Anaïs Demoustier est l'un des jeunes espoirs du cinéma français : elle était récemment à l'affiche des Neiges du Kilimandjaro. On la retrouvera bientôt dans le dernier film de Claude Miller. Josh Charles, vedette de la série The Good Wife, a été révélé comme l'un des adolescents du Cercle des poètes disparus. Il vient de tourner la prochaine comédie réalisée par Ben Stiller.

Diaphana devrait sortir le film de Ferran en 2013.

Vincent Cassel : de Dominik Moll à David Cronenberg

Posté par vincy, le 11 mars 2010

vincent casselOn devrait le voir à Cannes avec le prochain film de Darren Aronofksy, Le Cygne noir, un thriller avec Natalie Portman.

Entre temps, Vincent Cassel va commencer à tourner, à la mi-avril et pour 3 mois, Moine, l'adaptation du roman gothique de Matthew Lewis. Dominik Moll (Intimité, Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming), qui n'a rien tourné depuis 2005, sera derrière la caméra.

Dans cette tragédie, Vincent Cassel interprétera le frère capucin Ambrosio, aux cotés de  Deborah François, Géraldine Chaplin et Sergi López. Produit par Diaphana pour 11-12 millions d'euros, le film se déroule à Madrid en plein âge d'or espagnol, au début du XVIIe siècle. La musique est signée Alberto Iglesias et la direction artistique Antxon Gomez, qui ont travaillé tous deux pour le Che de Soderbergh et Etreintes brisées d'Almodovar.

Plus hypothétique, il semblerait que le trio David Cronenberg - Viggo Mortensen - Vincent Cassel (Les promesses de l'ombre) se reforme pour un nouveau projet. Il s'agirait d'un film autour de Sigmund Freud, le créateur de la psychanalyse, intitulé The Talking Cure. On y met du conditionnel puisque ce projet devait être dédié à Christoph Waltz, récent Oscar du meilleur second rôle masculin pour son personnage jouissif d'Inglourious Basterds, mais son emploi du temps se surcharge (trois films à venir). Mortensen reprendrait le rôle. Le casting serait complété par Michael Fassbender (en Carl Jung) et Keira Knightley (en patiente et amante). Tournage prévu à partir de mai.

Cassel aura le temps d'aller à Cannes?