Deauville Asia 2012 : retour sur la compétition

Posté par kristofy, le 13 mars 2012

Le 14e Festival asiatique de Deauville s'est achevé avec l'annonce du palmarès qui récompense les longs métrages suivants :

Meilleur film
Mourning de Morteza Farshbaf (Iran)

Prix du jury
Baby factory de Eduardo Roy Jr. (Philippines)

Prix de la Critique
Himizu de Sono Sion (Japon)

La compétition montrait cette année une préférence pour les premiers films avec beaucoup d’histoires qui tournaient autour du deuil.

Les cinéastes dont on connaissait déjà les précédents films n’ont pas changé de style avec leur nouveau film : Wang Xioshuai avec 11 fleurs (sortie prévue le 9 mai)  évoque la révolution culturelle chinoise par les yeux d’enfants, Sono Sion évoque avec son lyrisme un peu fou le traumatisme qui a suivi la catastrophe de Fukushima (Himizu), et Hitoshi Matsumoto glisse dans son humour caustique un peu plus de sensibilité pour faire de Saya Zamuraï une comédie très réussie.

Certains films semblaient relever d’un choix hasardeux car leur sélection ne semble pas méritée : le seul film de Corée du Sud Beautiful miss Jin ressemble un téléfilm gentillet (alors que tant d’autres titres coréens auraient pu être choisis) tandis que le thaïlandais I carried you home fait surtout illusion avec le jeu de ses actrices.

Les films les plus fragiles et les plus intéressants étaient donc la révélation de nouveau talents en devenir. The sun-beaten path du Chinois Sonthar Gyal est très intéressant, Death is my profession de l’Iranien Amir Hossein Saghafi est dans sa première moitié assez réussi avant que la seconde moitié gâche l’ensemble, l’autre film iranien Mourning de Morteza Farshbaf met à rude épreuve la patience des spectateurs, et des Philippines Baby factory de Eduardo Roy Jr nous montre avec une fiction proche du documentaire (un peu comme Brillante Mendoza) à l’intérieur d’une maternité pas comme les autres (près d’une centaine de naissances par jour) à Manille.

Le prix du meilleur film attribué à Mourning de Morteza Farshbaf s'avère ainsi plutôt une surprise, voire un choix osé puisqu'il présente un couple de sourds-muets qui se querellent en langage des signes (avec sous-titre sur l’image) devant un enfant qui ne sait pas encore que ses parents sont morts dans un accident. Les favoris du public étaient Saya Zamuraï de Hitoshi Matsumoto (pas assez sérieux pour le jury), Baby factory de Eduardo Roy Jr qui obtient donc le prix du jury, et Himizu de Sono Sion (qui repart avec le prix de la critique comme l’année dernière pour Cold Fish).

Si les différents films de Sono Sion ne sont malheureusement toujours pas distribués en France, Saya Zamuraï sera en salles le 9 mai et Mourning le 25 avril sous le titre Querelles.

Deauville Asia 2012 : le prix Action Asia attribué à Wu Xia

Posté par kristofy, le 12 mars 2012

Depuis 2004, le Festival Asiatique de Deauville s’est attaché (en plus de la compétition officielle) au genre "film d’action" au sens large (polar, combats, guerre…) avec la compétition Action Asia.

Jusque-là, le jury "Action asia" comptait dans ses rangs des personnalités réputées pour leur proximité avec les films d’action (Xavier Gens, Jan Kounen, Marc Caro, Eric Serra, Franck Vestiel, Fred Cavayé, Cut Killer …), et presque chaque année, c’est naturellement le film le plus spectaculaire et le plus novateur qui s’imposait comme lauréat : Ong-Bak de Prachya Pinkaew, Arahan de Ryoo Seung-wan, A bittersweet life de Kim Jee-woon, Dog bite dog de Cheang Soi, The chaser de Na Hong-jin...

Toutefois, cette année, le jury Action Asia composé d'Isabelle Nanty, Arié Elmaleh, Didier Long, Fabienne Babe et Bruno Wolkowitch a choisi Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan qui n’est pas tellement original, aux dépends du film favori The Raid de l’Indonésien Gareth Huw Evans qui sera parmi les films les plus frappants de l’année...

Retour sur une sélection Action Asia 2012 qui se partage entre grands noms qui déçoivent quelque peu et premières œuvres plutôt impressionnantes.

Dans les espoirs déçus, il y a les combats dérivés du kung-fu :

Wu Xia (déjà découvert à Cannes) de Peter Ho-Sun Chan avec Donnie Yen, avec une histoire calquée sur History of violence de David Cronenberg, n’offre jamais les étincelles que l’on pouvait attendre de la réunion de ses deux experts en film d’action. Le duo avait d'ailleurs déjà collaboré ensemble sur Bodyguards and Assassins (d’ailleurs sélectionné à Deauville en 2010). Au regard des productions respectives de Peter Ho-Sun Chan et de Donnie Yen, Wu Xia apparaît comme un film mineur de leur filmographie.

De la même façon, The sorcerer and the white snake avec Jet Li est un film assez convenu de fantasy, où un moine va tenter d’empêcher les conséquences néfastes d’une romance entre un démon-serpent ayant l’apparence d’une femme et un humain. Force est de constater que les effets spéciaux modernes ne se conjuguent pas très bien avec ce style de récit tombé un peu en désuétude...


The sword identity de Xu Haogeng évoque deux guerriers au sabre non-conventionnel défiés par les gardiens des traditions de quatre écoles de kung-fu sur le thème ‘les arts martiaux et les arts militaires sont deux choses différentes’. The sword identity ne propose aucun enjeu et le film peine à trouver son identité…

Les films de guerre ont fait meilleure impression avec un savoir-faire indéniable pour les batailles :

War of the arrows fait s’affronter les coréens Joseon et leurs ennemis de Mandchourie en 1636. Ces derniers déportent un groupe de prisonniers dont une femme tout juste mariée, dont le frère est un archer particulièrement adroit à l’arc qui va les contrecarrer. C’est un film de divertissement spectaculaire avec beaucoup de qualités (des poursuites, des duels, de la romance…) mais pas assez d’originalité au vu des nombreuses productions coréennes de ce type...

Le taïwanais Wei Te-Sheng fait quant à lui très fort avec une (très) longue épopée guerrière qui tient autant de Braveheart que de Avatar : il s’agit du soulèvement de tribus de Taïwan en 1930 contre l’occupant japonais. Warriors of the rainbow – Seediq Bale est un film d’action qui parle de résistance face à un pays colonisateur, thème très fédérateur. Ici, une tirade contre les ‘bienfaits civilisateurs’ des japonais fait écho aux différentes brimades subies par les autochtones qui sont obligés de travailler dur à déplacer des rondins d’arbre.

Ceux qui étaient considérés comme des sauvages vont se révolter contre les japonais, et quelque 300 guerriers insaisissables vont mettre en déroute les armées du Soleil Levant. Les japonais organisent leur riposte avec des bombes quand les tribus avec leurs flèches se préparent au sacrifice… Warriors of the rainbow – Seediq Bale est une grande épopée guerrière inspirée d’évènements réels avec beaucoup de séquences épiques. Ce film de Wei Te-Sheng est devenu l'un des plus gros succès taïwanais (il est sorti en 2 parties, le film dure 4h30), il devrait nous arriver directement en dvd (en version réduite de 2h35) à l’automne 2012.

Le grand favori était le film The Raid, et la première projection a fait applaudir plusieurs fois le public habituellement très silencieux. Un groupe de policiers se lance à l’assaut de l’immeuble réputé intouchable d’un trafiquant de drogue. Ils sont une petite vingtaine à investir les lieux défendus par une centaine de résidents organisés et armés… Les policiers se retrouvent bloqués et encerclés dans un piège où à chaque étage des tueurs ont pour mission de les éliminer. Des exécutions brutales en guise d’introduction indiquent que The Raid sera plutôt brutal, puis il y aura une succession de combats violents avec beaucoup de ‘pencak silat’ (art martial indonésien).

The Raid aligne les séquences de bravoure (par exemple un policier avec une matraque seul dans un couloir contre une quinzaine de tueurs armés de machettes) où le côté "bourrin" des combats est contrebalancé par la réalisation de l’ensemble très fluide. La force de The Raid est d’assumer de façon volontaire son côté film d’exploitation avec beaucoup de combats sauvages et une mise en scène digne des meilleurs polars. Le réalisateur Gareth Huw Evans a réussi à réaliser le genre de film que de nombreux réalisateurs d’action fantasmaient de faire, nul doute que The Raid va devenir une nouvelle référence.

Deauville Asia 2012 : Kiyoshi Kurosawa à l’honneur et en masterclass

Posté par kristofy, le 11 mars 2012

Le cinéaste Kiyoshi Kurosawa a gagné une reconnaissance internationale à la fin des années 90, à un moment où il s’agissait pour lui presque d’une renaissance en tant que réalisateur. En effet, bien que méconnu avant cette époque, il avait déjà signé une dizaine de films lorsque le monde entier découvre Cure en 1997.

C'est à 28 ans qu'il réalise son premier long métrage, Kandagawa Wars, mais son début de carrière est rapidement freiné par les problèmes de distribution qui touchent le deuxième, The excitement of the Do-Re-Mi-Fa Girl. Il continue cependant à tourner des films et autres épisodes de série télé tout en enseignant le cinéma à la Film School of Tokyo. En 1997 arrive Cure, avec celui qui deviendra son acteur fétiche Kôji Yakusho. Par la suite, chacun de ses films sera sélectionné à Cannes, Berlin ou Venise, et presque tous seront distribués en France.

Le Festival asiatique de Deauville lui rend donc hommage cette année en proposant de revoir ses films les plus connus : Cure, License to live, Charisma, Kaïro, Retribution et Tokyo Sonata. Une rétrospective plus complète de ses films (par exemple Doppelgänger qui est peut-être son meilleur) est prévue à la Cinémathèque Française du 14 mars au 19 avril. C’est d’ailleurs Jean-François Rauger, directeur de programmation de la Cinémathèque, qui a rendu hommage sur scène à Kiyoshi Kurosawa. « Après Cure ses autres films ont transformée notre intuition en certitude : Kurosawa allait faire sortir la notion de cinéma de genre de ses propres limites. Ses plans sont chargés d’une terreur concrète où le danger peut surgir hors-champ, ils distillent une angoisse profonde chez le spectateur. Ce que traque le cinéma de Kiyoshi Kurosawa, avec notamment la contamination, c’est la pulsion de mort d’un Japon à l’imminence de sa disparition. Il pose la question de ce que devient l’Homme lorsqu’il disparaît au profit de sa propre empreinte. Kiyoshi Kurosawa, vous êtes un grand artiste moderne. »

Kiyoshi Kurosawa a alors reçu sa statuette avec ces remerciements : « Cela fait plusieurs décennies que je fais des films, avec parfois des conditions de production ou de distributions difficiles, je suis ému que mes efforts reçoivent cet hommage ici en France. Je me considère plus comme un espoir par rapport à certains réalisateurs vétérans comme Clint Eastwood, Woody Allen, Roman Polanski, Abbas Kiarostami... mais ce genre d’hommage m’autorise à faire du cinéma avec eux en première ligne. J’ai la ferme intention de continuer à réaliser des films, et j’espère d’ailleurs vous proposer de découvrir le prochain très bientôt ».

Kiyoshi Kurosawa par lui-même

Lors de sa masterclass publique, le réalisateur a évoqué à la fois le début de sa carrière et quelques-unes de ses influences. Après avoir montré quelques extraits de es films, il a ensuite abordé plus précisément son travail de mise en scène et les thèmes de ses films. Voici un condensé des échanges :

A propos de ses premiers films des années 80-début années 90 (avant sa reconnaissance internationale avec Cure en 1997) :

C’est difficile de porter un regard rétrospectif sur mon travail. Au début j’ai eu un peu comme une envie de me rapprocher des films dont j’appréciais la mise en scène, autant les films américains de Richard Fleisher que les films français de Jean-Luc Godard. Par exemple, pour Godard je trouvais que certains de ses films étaient assez complexes et très divers, sa façon d’utiliser le cadre et le son m’intéressait. On pouvait y voir parfois un montage un peu osé ou non-conventionnel, la musique pouvait arriver ou s’arrêter de manière inopinée. L’art de la transition, c’est quelque chose d’important. Mais j’ai laissé Godard de côté pour aussi m’imprégner de films américains et aussi des films de yakuzas japonais. Ceci dit, j’ai commencé à réaliser des films du genre plutôt pink-eiga (érotique soft), et aussi d’autres films directement pour le marché vidéo. Je suis Japonais et le plus important était de m’inscrire dans le cinéma japonais avec mon propre langage. C’est ce que je me suis attaché à faire avec chacune de mes réalisations.

A propos de la tradition des fantômes japonais et de ses codes au cinéma :

Dans plusieurs de mes films, j’ai un questionnement quant à comment mettre en images la mort, et montrer un fantôme à l’écran est une façon de parler de la mort. Dans tel film, c’est juste une apparition, dans un autre le personnage  peut toucher le fantôme comme une entité physique palpable. La figure du fantôme est un être effrayant pour le personnage de l’histoire qui le voit, et aussi pour le spectateur. Mais je me détourne du cliché où le personnage hurle en agitant les bras dans tous les sens. Dans mes films, le sujet a comme première réaction souvent de s’affaisser sur lui-même, de tomber à l’intérieur en quelque sorte. Le fantôme qui apparaît traduit surtout un trouble mental chez le personnage qui lui fait face. Ce désordre mental est quelque chose de presque essentiel dans la vie qui n’est pas une ligne droite parfaite.

A propos du choc des meurtres inattendus ou violents :

Je veux filmer les scènes violentes de manière la plus réelle possible. Quand quelqu’un se fait tirer dessus, le sang coule de manière crédible, et c’est un défi de rendre ça en seul plan-séquence sans coupe. Je tiens à la crédibilité de l’image pour susciter une plus grande réaction du spectateur. Un réalisateur ne peut pas se contenter de tirer le meilleur parti de ses acteurs. Tourner un plan difficile qui demande un travail particulier à l’équipe est quelque chose d’essentiel. Par exemple, un assistant doit actionner au bon moment un tuyau au bout de la jambe de l’acteur pour déclencher un écoulement de sang à l’autre bout du tuyau caché dans son cou. Le montage peut être très commode pour ce genre de scène mais c’est aussi une façon de duper le spectateur en quelque sorte. Je préfère couper le moins possible et allonger la durée d’un plan. Un film doit toucher le spectateur de manière directe et frontale.

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A noter : Kiyoshi Kurosawa vous donne rendez-vous pour une autre masterclass à la Cinémathèque Française le jeudi 15 mars prochain.

Deauville Asia 2012 : la compétition est ouverte

Posté par kristofy, le 8 mars 2012

Le 14e Festival Asiatique de Deauville se déroule jusqu'au 11 mars, avec la venue de deux invités prestigieux : le Thaïlandais Pen-Ek Ratanaruang, qui présentera son nouveau film Headshot, et le Japonais Kiyoshi Kurosawa, à qui est rendu un hommage, et qui reviendra sur sa carrière lors d’une masterclass.

Les fidèles de Deauville vont regretter la réduction du nombre de projections (il y a une salle en moins) et la presque disparition de la section Panorama qui faisait pourtant découvrir quantités de nouveaux films en avant-première.

Restent la compétition officielle et la compétition Action Asia, soit une quinzaine de films très variés venus d'Iran, de Chine, du Japon, de Corée du Sud, de Thaïlande, des Philippines...

Le président du jury est Elia Suleiman et il est entouré des actrices Dominique Blanc, Isild Le Besco, Corinne Masiero, l’acteur Tahar Rahim, le musicien Alex Beaupain, le scénariste Gilles Taurand, et des réalisateurs Jean-Pierre Limosin, Olivier Ducastel et Jacques Martineau.

La cérémonie d’ouverture a tout d'abord été le moment d’une pensée particulière pour les Japonais victimes il y a tout juste un an d’un terrible séisme aux conséquences tragiques.

Ensuite, les festivaliers ont pu découvrir le film d’ouverture, qui ouvre également la compétition : The sun-Beaten path du chinois Sonthar Gyal (notre photo), qui est une première réalisation.

On y découvre un jeune homme aux cheveux hirsutes qui marche sur la route en refusant obstinément d’être emmené par les véhicules qui y roulent. Un vieil homme veut l’accompagner à pied sur son chemin mais, très vite, on comprend que cette errance est une pénitence pour le jeune homme qui se sent responsable de la mort de sa mère…

La compétition compte plusieurs autres premiers films mais aussi d’autres déjà attendus comme 11 flowers de Wang Xioshuai ou Himizu de Sono Sion.

Le Festival du film asiatique de Deauville s’offre Wang Xiaoshuai

Posté par vincy, le 10 février 2012

Le festival du film asiatique de Deauville, (7-11 mars) a dévoilé sa sélection avec 11 films en compétition et deux rétrospectives.

On notera la présence du nouveau film de Wang Xiaoshuai, 11 fleurs. Le cinéaste, souvent sélectionné dans les grands festivals : Une famille chinoise et Beijing Bicycle (Grand prix du jury) à Berlin, Shanghai Dreams (prix du jury) et Chongqing Blues à Cannes, After War (Lépoard d'or / vidéo) à Locarno, ... 11 fleurs, film destiné à un public familial, a été présenté aux festivals de Toronto, Pusan, Tokyo, à celui des Arcs également, et il y a deux semaines à celui de Rotterdam.

Sinon, outre de nombreux premiers films, parmi lesquels Mourning, prix de la Critique au Festival de Pusan, Deauville s'offre aussi The Sun-beaten Path, présenté à Locarno et primé au Festival de Vancouver, Baby Factory, lui aussi dans le palmarès de Vancouver.

On note aussi la présence d'Himizu, du japonais Shion Sono, prix Marcello Mastroianni au dernier Festival de Venise pour les deux jeunes comédiens. Il s'agit de l'adaptation du manga homonyme de Minoru Furuya. Depuis ce film, le réalisateur a filmé Kenkichi, prévu pour sortir en salles au Japon cette année.

En compétition:

  • The Sun-beaten Path (Chine/Tibet) de Sonthar Gyal
  • 11 Fleurs (Chine) de Wang Xiaoshuai
  • Beautiful Miss Jin (Corée du Sud) de Jang Hee-chul
  • Death is my profession (Iran) d’Amir Hossein Saghafi
  • Mourning (Iran) de Morteza Farshbaf
  • Himizu (Japon) de Sono Sion
  • Saya Samouraï (Japon) de Hitoshi Matsumoto
  • Jhoole lal! (Noor) (Pakistan/France) de Cagla Zenciri et Guillaume Giovanetti
  • Baby Factory (Philippines) d’Eduardo Roy Jr.
  • I Carried you home (Thaïlande) de Tongpong Chantarangkul

Deauville accueillera aussi deux rétrospectives sont au programme : le cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa, à qui la Cinémathèque française rend également hommage du 14 mars au 19 avril, et le réalisateur thaïlandais très esthétisant Pen-ek Ratanaruang, avec, en avant-première, son nouveau film, Headshot.

Retour sur Deauville 2011 : Hommage à Todd Solondz

Posté par kristofy, le 14 septembre 2011

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a rendu un hommage au réalisateur et scénariste Todd Solondz. A cette occasion, Deauville a fait redécouvrir l’intégrale de ses longs-métrages : Bienvenue dans l’âge ingrat, Happiness, Storytelling, Palindromes, Life during wartime, ainsi que son dernier film Dark Horse. L’ensemble de ses films ont été présentés (et certains primés), soit au festival de Cannes, soit au festival de Venise.

Son premier film Bienvenue dans l’âge ingrat avait été en compétition au festival américain de Deauville en 1996, et il y avait remporté le prix du jury (ex-æquo). En 1996 le jury était alors présidé par Charlotte Rampling qui a ensuite eu un petit rôle dans Life during wartime, et parmi ses membres il y avait alors Chiara Mastroianni qui est de nouveau dans le jury cette année. C’est donc naturellement Chiara Mastroianni qui a rendu hommage à Todd Solondz au nom de Deauville. Le réalisateur l’a reçu avec l’ironie qui le caractérise : « j’espère que cet hommage n’est pas une manière de dire adieu à ma carrière, le fait que mes films gagnent de moins en moins d’argent vous a peut-être suggéré cette idée, en tout cas c’est encore mieux que ce genre d’honneur vous arrive quand vous êtes en vie. »

A propos des caméras digitales et des salles de cinéma numériques :

Todd Solondz : Je crois que toutes les technologies ont des avantages et des inconvénients. Les petites caméras digitales permettent une certaine démocratisation pour que plus de gens puissent exercer cet art qu’est le cinéma. D’un point de vue artistique, en fait, tout dépend entre les mains de qui est cette caméra, si cette personne n’est pas un artiste, ce nouvel outil n’y changera rien. En fait, j’ai plus un rapport un peu douloureux et nostalgique avec l’apparition des cassettes vhs et du magnétoscope. Au début, on était excité par l'idée de posséder un film, mais c’est devenu banalisé, aux dépends d’aller voir un film dans une salle sur grand écran. Les vhs puis les dvd ont un peu transformé les films en produits de consommation. Je suis sans doute un peu sentimental.

A propos du dixième anniversaire du 11 septembre 2001 :

Retour sur Deauville 2011 : hommage à Naomi Watts

Posté par kristofy, le 13 septembre 2011

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a rendu hommage à l’actrice Naomi Watts. Les films Mulholland drive de David Lynch et 21 grammes de Alejandro Gonzales Inarritu ont fait d’elle une actrice multi-récompensée, et King Kong version Peter Jackson a fait d’elle une star planétaire. Funny Games US est un autre remake dans sa carrière, mais cette fois elle est en plus co-productrice. Ce sont ces films qui ont été projetés à Deauville, ainsi que Les promesses de l’ombre de David Cronenberg et Fair game de Doug Liman. Durant une dizaine d’années, elle a enchaîné les tournages avec les plus grands noms à la fois devant et derrière la caméra.

L'actrice a été accueillie sur scène avec ces mots « cet hommage est rien de mois qu’un instant de bonheur entre admiration et déclaration d’amour ». C’est le réalisateur  Abel Ferrara (venu avec son nouveau film 4:44 last day on earth) qui lui a remis le traditionnel trophée du festival de Deauville.

A propos du prochain film J.Edgar de Clint Eastwood :

Naomi Watts : Travailler avec Clint Eastwood a été un autre moment mémorable de ma carrière. Les journées étaient très remplies et aussi très courtes car j’avais six heures de maquillage par jour. On n'est presque pas dirigé avec Clint, il travaille sans beaucoup parler, on m’avait prévenue qu'en général, il fait une ou deux prises et pas plus. Mon premier plan sur ce tournage se passait dans un petit wagon de train, il a dit "on y va" et j’ai dit mon texte en pensant que c’était comme une répétition, et il a dit "ok, on passe à la suivante". Le tournage a duré pour moi trois semaines et je crois que j’ai attendu la deuxième semaine avant d’oser lui demander s' il ne fallait pas une deuxième prise. Clint a une idée très précise de ce qu’il attend des uns et des autres, il est aussi bien entouré, et on apprend énormément.

A propos de ses envies de cinéma, Naomi Watts annonce qu’elle tournera avec un réalisateur français :

Deauville 2011 : des films trop académiques en quête d’un peu de folie…

Posté par kristofy, le 11 septembre 2011

Après les premières des films La couleur des sentiments, Drive, Fright Night et Echange Standard qui ont eu lieu le premier week-end, la 37ème édition du Festival du Cinéma américain de Deauville avait prévu d’autres films à faire découvrir en premier à ses festivaliers.

L’actrice Famke Janssen est venue présenter son premier film en tant que réalisatrice : Bringing up Bobby. Elle filme Milla Jovovitch en immigrée ukrainienne aux Etats-Unis qui élève seul son petit garçon de dix ans en jouant de différentes arnaques. Après avoir été arrêtée et condamnée à un petit séjour en prison, elle doit se résoudre à confier temporairement son fils à une autre famille… De l’amour d’une mère qui se sacrifie pour le bien-être futur de son enfant : le film est hélas bien trop classique pour réellement retenir l’attention. La belle Famke Janssen est encore en quête d’un hypothétique distributeur pour son film.

La dernière réalisation de Robert Redford, La Conspiration, aligne un casting très prestigieux : James McAvoy, Robin Wright, Evan Rachel Wood, Kevin Kline, Tom Wilkinson, Justin Long. Et pourtant le film a été un échec niveau box-office aux Etats-Unis (une nouvelle déception après Lions et Agneaux). Un jeune avocat doit défendre Mary Surrat accusée de complicité (avec d’autres Sudistes) du meurtre du président Abraham Lincoln. A l’époque de la fin de la guerre de Sécession il s’agit de punir sans tarder l’assassinat du président, et cela même si les preuves d’une culpabilité sont peut-être insuffisantes… C’est l’exemple même d’un cinéma très académique. La Conspiration est typique des films de procès américains avec la question de la justice (et de la vengeance). Ici la toute fin peut permettre un parallèle avec la situation post 11 septembre 2001. Il est possible que La Conspiration nous arrive directement en dvd sans passer par les salles de cinéma.

On attend un peu de folie, du spectaculaire, de l’émotion…

Pour plus de folie il y avait 4:44 last day on Earth de Abel Ferrara qui semble de plus en plus filmer par narcissisme avec ses acteurs, complices. Ses derniers films sont restés inédits en salles, et celui-ci pourrait suivre le même chemin. Bien que 4:44 last day on Earth soit intriguant dans ses juxtapositions d’informations (plusieurs écrans délivrent différents messages) il n’en reste pas moins peu avenant.

Heureusement parmi les autres premières de ce Deauville 2011 il y avait quelques valeurs sûres avec Gus Van Sant et Restless (sortie le 21 septembre), ainsi que Todd Solondz (qui a eu le droit à son hommage) et Dark Horse (meilleur que son précédent Life during wartime). On pourrait même remarquer que dans ces avant-premières du festival du cinéma américain  le scénario le plus incroyable était celui d’un téléfilm (avec un casting de luxe William Hurt, James Wood, Paul Giamatti, Bill Pullman, Billy Cudrup…, produit par HBO et diffusé ici sur la chaîne Orange) : Too big to fail : débacle à Wall Street (photo) où Curtis Hanson reconstitue les négociations autour du plan Paulson pour sauver les plus grosses banques américaines de la faillite en 2008 ; et que le réalisateur le plus surprenant du moment était en fait le danois Nicolas Winding Refn avec Drive (sortie le 5 octobre).

Le meilleur du cinéma américain à venir était bel et bien représenté par les 14 films qui avaient été sélectionnés en compétition, dont le Grand Prix Take Shelter est à découvrir le 7 décembre.

Avant tout ça, la grosse comédie romantique du moment Crazy Stupid Love est en salles en ce moment.

Deauville 2011 : Take Shelter, Grand Prix, quatre mois après celui de la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 10 septembre 2011

Le 37e Festival du Cinéma Américain de Deauville a récompensé Take Shelter, déjà Grand prix de la Semaine de la Critique à Cannes (nous avions adoré à l'époque).

Detachment, de son côté, a remporté deux prix, alors que le film nous ait apparu moins fort que ses deux films précédents, American History X, ou son documentaire sur l’avortement Lake of fire.

Quant au prix du jury, Ecran Noir a eu du flair puisque c'était ce que nous avions imaginés dans notre bilan de mi-parcours.

Grand Prix : Take Shelter de Jeff Nichols
Prix du Jury : The Dynamiter de Matthew Gordon
Prix de la Révélation Cartier : Detachment de Tony Kaye
Prix de la Critique Internationale : Detachment de
Tony Kaye

Deauville 2011 : les derniers films de la compétition

Posté par kristofy, le 10 septembre 2011

Les deux jurys emmenés par leurs présidents respectifs, Olivier Assayas et Samuel Benchetrit, ont maintenant terminé leurs délibérations. Après la découverte de la compétition à mi-parcours, voici un point sur les six autres films qui étaient sélectionnés :

- Without : présenté par son réalisateur Mark Jackson et son actrice Joslyn Jensen. Une jeune fille de 19 ans arrive dans un coin perdu comme aide à domicile auprès d’un vieil homme en fauteuil roulant qui se retrouve seul le temps de l’absence de sa famille. Entre lui qui est immobile et silencieux et elle qui est encore marquée par la fin de sa dernière relation amoureuse se noue une relation de complicité qui va tourner à l’animosité… … peut-être un prix de la Révélation ?

- Terri : présenté par son réalisateur Azazel Jacobs, son scénariste Patrick DeWitt, et son acteur Jacob Wysocki. Terri est un grand et gros adolescent très en surpoids, c’est un garçon sensible et résigné à être seul et aussi à être l’objet de moqueries. Le proviseur de l’école lui propose de parler chaque lundi dans son bureau, et Terri prend un peu plus confiance en lui… interview de l’équipe prochainement sur EcranNoir

- All she can : présenté par sa réalisatrice Amy Wendel. On découvre Bénavides au Texas à travers une famille d’origine mexicaine, et en particulier avec Luz qui est une adolescente qui pratique l’haltérophilie en compétition. Pour elle, gagner un championnat est synonyme de bourse pour pouvoir continuer à étudier en fac. Des difficultés économiques où les seules options sont de risquer sa santé soit au sport soit pour l’armée… Le film est porté par une nouvelle actrice (Corina Calderon) et il s’impose comme aussi fort que Girlfight ou que Maria pleine de grâce.  peut-être le Grand Prix ?

- Trust : présenté par son réalisateur David Schimmer. Annie qui a 14 ans discute par internet et par téléphone avec un garçon qui dit s’appeler Charlie, quand elle le rencontre il n’a pas du tout l’âge qu’il prétendait avoir. Ses parents vont ensuite apprendre qu’elle a peut-être été violé par un pédophile… Un sujet sensible où la morale serait que les parents devraient tout savoir des fréquentations de leurs enfants...

- Detachment : présenté par son réalisateur Tony Kaye. Un professeur remplaçant a encore foi en son métier d’enseignant face à des élèves violent ou en perte de repères… Tony Kaye revient avec un film mois fort que ses précédents (American history X, ou son documentaire sur l’avortement Lake of fire). peut-être un prix du jury ?

- Another Earth : présenté par son réalisateur Mike Cahill et son actrice et co-scnéariste Brit Marling. Une jeune étudiante promise à de belles études provoque un accident de la route. Quatre plus tard après un séjour en prison, elle se rapproche de la victime, un père de famille qui a perdu femme et enfant dans l'accident, sans dévoiler sa véritable identité. Pendant ce temps-là, une nouvelle planète identique à la nôtre provoque bien des interrogations…