Bull fait l’unanimité à Deauville 2019

Posté par vincy, le 14 septembre 2019

Le 45e Festival de Deauville a remis son 25e Grand prix à Bull d'Annie Silverstein, distribué par Sony Pictures. Le jury de Catherine Deneuve s'est ainsi retrouvé en phase avec les journalistes qui ont également remis au film le Prix de la critique et avec le jury de la Révélation, présidé par Anna Mouglalis, qui lui a décerné le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation.

Premier long métrage de fiction de la documentariste et réalisatrice de courts Annie Silverstein, Bull avait été présenté en avant-première mondiale dans la section Un certain regard à Cannes en mai dernier. Le film raconte l'histoire d'une ado paumée qui rencontre son voisin, torero vieillissant en déclin, dans une banlieue de laissés pour compte de Houston (Texas). Sa forme réaliste expose ainsi une Amérique profonde, misérable, où seule la solidarité peut encore faire espérer à un monde meilleur.

Deux autres films cannois ont été récompensés par le jury de Deauville. Le prix du jury a distingué The Climb, chronique drôle et amère de Michael Angelo (coup de cœur du jury Un certain regard), distribué par Metropolitan, et The Lighthouse, drame presqu'horrifique de Robert Eggers (Prix Fipresci dans les sections parallèles cannoises), distribué par Universal le 18 décembre.

Un prix spécial pour l'édition anniversaire du festival a récompensé Swallow de Carlo Mirabella-Davis, primé à Tribeca au printemps, et distribué en France chez UFO.

Le Prix du Public de la Ville de Deauville s'est distingué en préférant The Peanut Butter Falcon de Tyler Nilson et Michael Schwartz, mélange de drame, de comédie et d'aventures, avec Zachary Gottsagen, Shia LaBeouf et Dakota Johnson. Le film avait fait son avant-première au festival SXSW en mars. Il remporte un joli succès dans les salles américaines depuis sa sortie fin août, avec un box office de 13M$ à date, et se positionnant dans les 12 succès du week-end depuis trois semaines.

Les trois autres prix remis à Deauville ont couronné Les Misérables de Ladj Ly (Prix d’Ornano-Valenti), Cuban Network d'Olivier Assayas (Prix du 45e Festival de Deauville) et le roman A sang perdu de Rae DelBianco (Prix Littéraire Lucien Barrière).

Deauville 2019: les destins inégaux des Grands prix du jury

Posté par vincy, le 14 septembre 2019

Deauville va remettre son 25e Grand prix à l'occasion de sa 45e édition. Les jurys successifs du festival du cinéma américain ont su parfois flairer des talents aujourd'hui bien installés à Hollywood - Jeff Nichols, Damien Chazelle, Chloé Zhao pour les plus récents -, couronner des films désormais cultes - Hedwig en tête de liste -, ou anticiper des gros succès publics - Dans la peau de John Malkovitch, Little Miss Sunshine, Whiplash... Surtout, pas mal de ces grands prix ont été nommés aux Oscars quelques mois plus tard. Si ce n'est pas vraiment le festival normand qui les a découverts (souvent les films passent d'abord par Sundance, Tribeca, SXSW ou même Cannes), il a contribué à la montée du buzz pour des œuvres aussi variées que Collision (Oscar du meilleur film), Maria, pleine de grâce, The Messenger, Les bêtes du sud sauvage, Whiplash etc...

Côté box office français, le résultat est plus inégal. Certains films qui ont reçu le Grand prix du jury n'ont même pas eu le droit d'une sortie en salles: c'est le cas de Case départ (What Alice Found) de A. Dean Bell (2003), The Messenger de Oren Moverman (2009), et de 99 Homes de Ramin Bahrani (2015). Cela interroge à la fois sur l'impact des festivals, aussi prestigieux soient-ils, sur la prudence des distributeurs dans un marché de plus en plus concentrés sur les importantes productions.

Pourtant à regarder les 21 films sortis en salles, il y a eu quelques destins heureux dans les salles, avec un film millionnaire, trois autres au dessus des 500000 entrées. Mais la plupart de ces films indépendant américains, qu'ils soient feel-good ou appréciés par l'élite critique ont séduit moins de 70000 spectateurs. Ce qui ne retire rien à leurs qualités. On peut aussi voir le verre à moitié plein: sans un grand prix dans un festival aussi médiatisé que Deauville, on doute que des film de Tom DiCillo, Thomas McCarthy, Jeff Nichols, Kelly Reichardt ou Ira Sachs aient attiré autant de français dans les salles. Si ce n'est pas le critère essentiel, cela reste un soutien non négligeable dans la promotion. Mieux, il y a quelques excellents films dans ce palmarès...

Car ce que l'on constate dans ce tableau - aux films très variés dans leurs styles comme dans leurs genres, avec ou sans stars - n'est pas lié à une grande époque ou un déclin éventuel. les années 2010 se portent d'ailleurs plutôt mieux que les années 1990.

Année Film Entrées
2006 Little Miss Sunshine 1129000
1999 Dans la peau de John Malkovich 717000
2014 Whiplash 640000
2005 Collision 554000
2012 Les Bêtes du sud sauvage 288000
2004 Maria, pleine de grâce 237000
1995 Ça tourne à Manhattan 235000
2008 The Visitor 230000
2011 Take Shelter 201000
2016 Brooklyn Village 117000
2017 The Rider 95000
2018 Thunder Road 77000
2010 Mother and Child 70000
2000 Girlfight 66000
2002 Long Way Home 65000
2013 Night Moves 56000
1996 En route vers Manhattan 53000
1997 Sunday 40000
1998 Et plus si affinités 40000
2001 Hedwig and the Angry Inch 37000
2007 The Dead Girl 15000

Deauville 2019: Catherine Deneuve, Johnny Depp, Kristen Stewart et Sophie Turner sur les planches

Posté par vincy, le 4 septembre 2019

Catherine Deneuve, à l'affiche cette semaine de Fête de famille, et qui vient de présenter La vérité en ouverture du festival de Venise, sera la présidente du jury du 45e Festival du cinéma américain  de Deauville, qui s'ouvre ce 6 septembre (pour se terminer le 15 septembre). Le jury sera composé d'Antonin Baudry, Claire Burger, Jean-Pierre Duret, Valeria Golino, Vicky Krieps, Gaël Morel, Orelsan, Nicolas Saada et Gaspard Ulliel. Le jury révélation, présidé par Anna Mouglalis, réunira Damien Bonnard, Marie-Louise Khondji et Roman Kolinka.

En dehors de son palmarès, Deauville remettra plusieurs prix honorifiques. Johnny Depp, Pierce Brosnan, Geena Davis, Sienna Miller et Kristen Stewart recevront un Deauville Talent Award, Sophie Turner sera la lauréate du prix Nouvel Hollywood, le nouveau film d'Olivier Assayas, Cuban network, en compétition à Venise, recevra le prix du 45e Festival du cinéma américain  de Deauville, tandis que Les Misérables de Ladj Ly, prix du jury à Cannes, sera distingué par le Prix d'Ornano-Valenti.

La compétition confrontera Bull d'Annie Silverstein, Ham on Rye de Tyler Taormina, Judy and Punch de Mirrah Foulkes, Knives and Skin de Jennifer Reeder, Mickey and the Bear d'Annabelle Attanasio, Port Authority de Danielle Lessovitz, Share de Pippa Bianco, Skin de Guy Nattiv, Swallow de Carlo Mirabella-Davis, The Climb de Michael Angelo Covino, The Lighthouse de Rogers Eggers, The Peanut Butter Falcon de Tyler Nelson et Michael Schwartz, The Wolf Hour d'Alister Banks Griffin et Watch List de Ben Rekhi.

Deauville présentera en avant-première American Skin de Nate Parker, American Woman de Jake Scott, Angry Birds: copains comme cochons de Thurop Van Orman, Charlie Says de Mary Harron, Cuban Network d'Olivier Assayas, Greener Grass de Jocelyn Deboer et Dawn Luebbe, Heavy de Jouri Smit, JT Leroy de Justin Kelly, Music of My Life de Gurinder Chadha, Seberg de Benedict Andrews, Terre maudite de Emma Tammi, The Hummingbird project de Kim Nguyen, Une vie cachée de Terrence Malick, Waiting for the barberians de Ciro Guerra, et, en ouverture, Un jour de pluie à New York, de Woody Allen.

Enfin dans la section Les Docs de l'Oncle Sam, on pourra voir 5B de Paul Haggis et Dan Krauss, Apollo 11 de Todd Douglas Miller, Making Waves - The Art of Cinematic Sound de Midge Costin, Memory - the Origins of Alien d'Alexandre O. Philippe, Miles Davis: Birth of the Cool de Stanley Nelson, Tout est possible de John Chester et Tout peut changer de Tom Donahue.

Deauville 2018: jurys, hommages et films

Posté par vincy, le 23 août 2018

Le 44e Festival du cinéma américain de Deauville (31 août - 9 septembre) rendra hommage à Morgan Freeman, oscarisé en 2004, 134 films au compteur à l'âge de 81 ans, et ce, malgré l'accusation par huit femmes d'harcèlement sexuel, dont il nie les agressions tout en s'excusant de son comportement. D'autres hommages seront rendus à Kate Beckinsale, Jason Clarke et Sarah Jessica Parker pour les Deauville Talent Awards et à Elle Fanning et Shailene Woodley pour le prix Nouvel Hollywood (lire aussi l'actualité du 5 août).

Le jury de la compétition sera présidé par Sandrine Kiberlain et composé Leïla Bekhti, Sabine Azéma et Sara Giraudeau, l'écrivain Leïla Slimani, les cinéastes Stéphane Brizé, Pierre Salvadori et Xavier legrand, et le musicien Alex Beaupain.

Le jury de la révélation sera présidé par Cédric Kahn, entouré de Hubert Charuel, François Civil, Karim Leklou et Kate Moran.

Sinon Deauville s'ouvrira avec Le secret des Kennedy (Chappaquiddick) de John Curran se clôturera avec la version remasterisée 4K de Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Colombus (Warner)

Compétition
Friday’s Child de A.J. Edwards
American Animals de Bart Layton
Nancy de Christina Choe
Puzzle de Marc Turtletaub
Diane de Kent Jones
The Tale de Jennifer Fox
Night Comes On de Jordana Spiro
Monsters and Men de Reinaldo Marcus Green
Dead Woman Walking de Hagar Ben-Asher
We The Animals de Jeremiah Zagar
Thunder Road de Jim Cummings
Blindspotting de Carlos Lopes Estrada
The Kindergarten Teacher de Sara Colangelo
Leave No trace de Debra Granik

Premières
Searching - Portée disparue de Aneesh Chaganty
Hot Summer Nights d’Elijah Bynum
Ophelia de Claire McCarthy
Arctic de Joe Penna
Peppermint de Pierre Morel
Galveston de Mélanie Laurent
Here and Now de Fabien Constant
Line on Fire de Joseph Kosinski
Les frères Sisters de Jacques Audiard, qui recevra le premier Prix du Festival du cinéma américain de Deauville

Documentaire
The Great Buster: A celebration de Peter Bogdanovich
Elvis Presley: The Searcher de Thom Zimny
Hal d’Amy Scott
Whitney de Kevin Macdonald
Be Natural: The Untold Story of Alice Guy-Blaché de Pamela B. Green
Nice Girls Don’t Stay for Breakfast de Bruce Weber
RBG - Ruth Bader Ginsbury de Betsy West et Julie Cohen

Harvey Weinstein : anatomie d’une sale affaire

Posté par wyzman, le 17 octobre 2017


C'est le scandale qui agite Hollywood (et donc la planète entière) depuis près de deux semaines. L'autrefois intouchable producteur Harvey Weinstein est accusé de harcèlement et d'agression sexuels. Comme nous, les médias américains sont d'avis que cette affaire est synonyme de clap de fin pour le nabab, co-fondateur de Miramax et de The Weinstein Company - avant un retour.

La magie d'Hollywood et des avocats surpayés aidant, le producteur de Pulp Fiction, Sin City ou encore Happiness Therapy pourrait en effet réatterrir sur ses pattes sans même passer par la case prison. Mais tout cela sera pour un autre épisode, tout aussi tumultueux.

Pour l'instant, concentrons-nous sur l'un des plus grands scandales qui ait jamais touché l'industrie du cinéma (ce n'est pas le premier).

Les victimes

Le 5 octobre dernier, Jodi Kantor et Megan Twohey publient un article dans le New York Times dans lequel elles accusent Harvey Weinstein de faits de harcèlement sexuel sur des actrices. L'article est porté par les témoignages d'Ashley Judd et Rose McGowan, ainsi que par les commentaires de victimes dont l'identité n'est pas révélée. Quelques jours plus tard, The New Yorker donne le coup de grâce au producteur : Lucia Evans, Asia Argento, Rose McGowan, Lysette Anthony et une cinquième femme (dont l'identité n'est pas révélée) l'accusent de viol.

Plus les jours passent, plus The New York Times, The New Yorker et même The Guardian dévoilent des témoignages de femmes qui ont eu le malheur de croiser la route d'un Harvey Weinstein en rut, avec ou sans peignoir. Parmi ces femmes, on trouve ainsi les actrices Rosanna Arquette, Kate Beckinsale, Emma de Caunes, Cara Delevingne, Judith Godrèche, Romola Garai, Heather Graham, Claire Forlani, Eva Green, Jessica Hynes, Florence Darel, Mira Sorvino, Ashley Judd, Angelina Jolie, Minka Kelly, Gwyneth Paltrow, Sarah Polley, Mia Kirshner, Léa Seydoux. Et la liste ne s'arrête pas là ! Asia Argento s'est ouverte au public en racontant son triste passé de femme violée, harcelée et abusée.

Ceux qui l'avaient dit

Les récents articles des médias cités plus haut l'attestent tous : le petit monde hollywoodien était au courant des pratiques de Harvey Weinstein. Mais entre ceux qui l'ont aidé à payer, soudoyer, faire taire ses victimes, ceux qui avaient peur de lui et ceux qui assurent n'avoir eu vent que de "rumeurs", il est possible de comprendre comment un tel monstre a pu récidiver sur plusieurs décennies. Courtney Love avait déjà laissé entendre que le comportement d'Harvey Weinstein laissait à désirer avec les jeunes actrices dès 2005. Des blagues irrévérencieuses, notamment celle de Seth McFarlane lors de la cérémonie des Oscars 2013 trouvent aujourd'hui un drôle d'écho, sans oublier le personnage de Harvey Weingard dans Entourage, décrit comme agressif, harceleur et vulgaire.

Dans 30 Rock, le personnage de Jenna Maroney (Jane Krakowski) balance quand même: "Oh arrête, je n’ai peur de personne dans le show-business. J’ai refusé des rapports sexuels avec Harvey Weinstein à trois occasions différentes… sur cinq."

Cependant, Gwyneth Paltrow assure s'être confiée à Brad Pitt, son petit ami de l'époque qui aurait exigé de Harvey Weinstein qu'il ne touche plus l'actrice. Par la suite, le producteur aurait demandé à Paltrow de ne plus jamais évoquer le sujet avec qui que ce soit. De son côté, Angelina Jolie aurait été harcelée pendant la promotion de La Carte du cœur. Le film était distribué par Miramax et Harvey Weinstein l'aurait approchée dangereusement dans une chambre d'hôtel. Résultat : l'actrice a fait de son mieux pour ne plus croiser sa route et aurait "prévenu les autres d'en faire de même".

Au micro de la BBC, la partenaire de Bob Weinstein, Kathy DeClesis, a reconnu que ce que faisait Harvey "n'était pas un secret pour le cercle fermé". Quand le prédateur n'agressait pas ses employées, il faisait appel à elles pour qu'elles organisent des rendez-vous dans des chambres d'hôtel avec de jeunes actrices. De temps à autre, les employées l'accompagnaient comme l'assure Léa Seydoux, avant de disparaître et de laisser les actrices livrées à elle-même.

Autrefois employée par TWC, Lauren O'Connor aurait envoyé une note à ses cadres pour décrire ce que les femmes devaient supporter au sein de l'entreprise, elle y compris. Tout cela après avoir découvert que sa collègue Emily Nestor avait été contrainte de masser Harvey Weinstein. Et Harvey Weinstein avait jusque-là de si grandes connexions qu'il se murmure même qu'une chaîne comme NBC a préféré fermer les yeux sur les accusations portées par plus d'une trentaine de femmes.

Au cours de l'émission "Hardtalk" de BBC World, la grande amie de Harvey Weinstein, Jane Fonda a avoué avoir eu vent des accusations de harcèlement sexuel l'an dernier mais ne pas l'avoir dénoncé pour ne pas avoir à révéler l'identité de celles qui l'accusaient. "J'aurais dû être plus courageuse et je pense qu'à partir de maintenant je le serai quand j'entendrai de telles histoires", a-t-elle déclaré.

Les conséquences pour la société

The Weinstein Company a beau employer 180 personnes, ce ne sera pas le cas encore longtemps. En effet, si Robert "Bob" Weinstein assurait le week-end dernier qu'il souhaitait sauver la société, cela passera nécessairement par de nouveaux investisseurs (via le fonds d'investissement Colony Capital, en négociations depuis hier pour acquérir une grande partie du capital, et donc du catalogue, de la société), un changement de nom, une restructuration et donc des licenciements. Déjà Hachette Books US a fermé jeudi dernier la filiale Weinstein Books. Une fois n'est pas coutume, le scandale sexuel entourant un seul homme pourrait mener à la perte de leur emploi pour des dizaines d'autres.

Si les films produits et distribués par The Weinstein Company et Miramax ont récolté plus de 300 nominations aux Oscars, cette page de l'histoire devra bientôt être tournée. A l'origine prévu pour une sortie le 24 novembre prochain, The Current War pourrait être décalé à 2018 afin d'éviter de faire un bide au box-office. Le film est en effet un drame historique avec Benedict Cumberbatch, Michael Shannon, Nicholas Hoult, Katherine Waterston et Tom Holland dont l'exploitation collait parfaitement à l'Awards season mais qui est malheureusement distribué par TWC.

Les réactions

Depuis les révélations du New York Times et du New Yorker, plus personne ne tient en place. Les 54 membres du conseil de direction de l'Académie des Oscars ont ainsi exclu Harvey Weinstein. Cette décision aurait d'ailleurs été votée "bien au-delà de la majorité requise des deux tiers" précise le communiqué de presse.

Et parce que les langues se sont largement déliées ces derniers jours, politiques et organisateurs de festivals prennent petit à petit conscience de l'ampleur du scandale. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu'il souhaitait retirer la Légion d'honneur à Weinstein, une décision saluée (en français) par Rose McGowan.  Et pendant que Deauville efface le nom de Harvey Weinstein des Planches, le Festival de Cannes, par les voix de Pierre Lescure et Thierry Fremeaux dénoncent "un comportement impardonnable qui ne peut susciter qu'une condamnation". Dans Quotidien (TMC), hier soir, les producteurs Marc Missionnier et Charles Gillibert, ont appelé à cessé ces pratiques et encouragé la libération de la parole.

Quentin Tarantino, qui lui doit beaucoup, a été obligé de prendre ses distances: "Ces dernières semaines, j'ai été abasourdi et j'ai eu le cœur brisé par les révélations faites sur mon ami de 25 ans, Harvey Weinstein. J'ai besoin de quelque jours de plus pour gérer ma peine, mes émotions, ma colère et mes souvenirs, et ensuite, je prendrai publiquement la parole."

Du du côté des réseaux sociaux, la fermeture temporaire du compte Twitter de Rose McGowan a suscité la colère des internautes. Certaines femmes ont décidé de boycotter la plateforme, rappelant au passage que le compte de Donald Trump est toujours opérationnel et qu'il menace quotidiennement de déclencher une guerre nucléaire. D'autres femmes (et quelques hommes) ont décidé de donner de la voix en lançant #BalanceTonPorc, un hashtag sous lequel ils racontent leurs expériences de harcèlement sexuel.

Aux Etats-Unis c'est l'actrice de Charmed Alyssa Milano qui s'est emparée du réseau social à l'oiseau bleu pour #MeToo, le pendant anglophone de #BalanceTonPorc. Le hashtag a d'ores et déjà été relayé par les actrices Debra Messing (Will & Grace), Anna Paquin (True Blood), Pauley Perrette (NCIS), Rosario Dawson (Daredevil), Evan Rachel Wood (Westworld) ou encore Gabrielle Union (Being Mary Jane).

C'est un feuilleton qui n'est pas terminé. Mais une chose est certaine: dans le marché sans foi ni loi hollywoodien, machine à broyer par excellence, l'industrie a décidé de se réguler et de jouer la transparence. La sale affaire pourrait amener d'autres cas. Les hommes et des femmes de pouvoir, qui ont harcelé actrices, acteurs, mannequins, employé(e)s, peuvent désormais craindre pour leur avenir. Le patron d'Amazon Studios, Roy Price, accusé de harcèlement en fin de semaine dernière, a d'ailleurs été évincé.

Game Over?

The Rider, A Ghost Story et Mary au palmarès de Deauville

Posté par vincy, le 10 septembre 2017

Le Jury de la 43e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Michel Hazanavicius a décerné son Grand prix à The Rider de Chloé Zhao, qui avait reçu en mai le Prix C.I.C.A.E. de la Quinzaine des réalisateurs.

Pourtant c'est un autre film qui s'est fait remarqué au palmarès: A Ghost Story de Dabid Lowery, qui remporte le Prix du jury (ex-aequo avec Brooklyn Yiddish de Joshua Z. Weinstein), le Prix Kiehl's de la Révélation et le Prix de la Critique, faisant ainsi l'unanimité des trois jurys principaux du festival. Ce film, avec Casey Affleck et Rooney Mara, avait été présenté à Sundance en janvier avant de faire une belle tournée de festivals (et de récolter un prix au Fantasia Film Festival). Cette histoire "romantique" entre deux fantômes qui hantent leur ancienne maison a su conquérir les festivaliers de Deauville, un peu sur leur faim avec un manque de grandes stars et d'avant-premières attendues. Coincé entre Venise, Telluride et Toronto, le Festival de Deauville a moins fait le buzz cette année.

De son côté, le public a préféré choisir le touchant Mary (Gifted) de Marc Webb, qui sort cette semaine dans les salles françaises. Ce film offre notamment un Chris Evans dans un rôle très différent de ses récentes prestations chez Marvel.

Notons enfin que le Prix Littéraire Lucien Barrière est revenu à Claire Vaye Watkins pour son roman Les sables de l’Amargosa et le Prix d’Ornano-Valenti a distingué Jeune femme de Léonor Serraille, qui avait fait le bonheur des cannois à Un certain regard. Le film sort en France le 1er novembre.

Deauville 2017 : une programmation faite d’hommages et d’avant-premières

Posté par wyzman, le 22 août 2017

On vous le disait il y a quelques semaines, l'édition 2017 du Festival de cinéma américain de Deauville rendra hommage à Jeff Goldblum, Laura Dern, Michelle Rodriguez et Darren Aronofsky. Mais ce n'est pas tout ! La conférence vient tout juste de se terminer et autant vous dire qu'il y aura fort à faire et à voir du 1er au 10 septembre prochain.

En effet, en plus des stars nommées plus haut, le festival rendra également hommage à Robert Pattinson, venu présenter son nouveau film : Good Time de Josh et Benny Safdie. Mais ce sera également le moment de revenir sur la carrière de Woody Harrelson, lui aussi venu présenter un long-métrage : Le Château de verre de Destin Daniel Cretton qui fera la clôture.

Parmi les films en compétition, nous trouvons A Ghost Story de David Lowery, The Bachelors de Kurt Voelker, Beach Rats d'Eliza Hittman, Blueprint de Daryl Wein, Ingrid Goes West de Matt Spicer, Katie Says Goodye de Wayne Roberts, Mary de Marc Webb, My Friend Dahmer de Marc Meyers, The Rider de Chloé Zhao, Stupid Things d'Amman Abbasi, Sweet Virginia de Jamie M. Dagg, They d'Anahita Ghazvinizadeh.

Le jury sera présidée par le réalisateur et scénariste Michel Hazanavicius. Il sera accompagné des réalisateurs Eric Lartigau et Michel Leclerc, des réalisatrices Alice Winocour, Yasmina Reza et Axelle Ropert, des comédiennes Clotilde Hesme, Charlotte Le Bon et Emmanuelle Devos ainsi que du comédien et interprète-compositeur Benjamin Biolay.

Notez qu'Emmanuelle Bercot sera présidente du Jury Révélation aux côtés d'Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Abd Al Malik, Leonor Varela et Pierre Rochefort. Le nouveau film de Doug Liman Barry Seal: American Traffic fera l'ouverture. Du côté des avant-premières, nos yeux seront rivés entre autres sur Ça d'Andy Muschietti, Kidnap de Luis Prieto, Mother! de Darren Aronofsky et The Only Living Boy in New York de Marc Webb.

Bonus : l'édition 2017 n'a pas oublié les plus sériephiles d'entre nous puisqu'ils pourront découvrir The Deuce, la nouvelle série de David Simon et George Pelecanos avec James Franco et Maggig Gyllenhaal.

Deauville 2017: Hommages à Laura Dern, Jeff Goldblum et Michelle Rodriguez

Posté par vincy, le 25 juillet 2017

Le 43e Festival International du Cinéma Américain de Deauville (1er-10 septembre) rendra hommage à Laura Dern, Jeff Goldblum et Michelle Rodriguez, en leurs présences.

Ce sont donc trois comédien(ne)s très différents qui seront honorés sur les planches normandes. Laura Dern et Jeff Glodblum ont joué ensemble dans Jurassic Park en 1993. Mais leurs itinéraires sont très différents.

Laura Dern est avant tout une actrice lynchéenne: Blue Velvet, Sailor et Lula, Inland Empire et la nouvelle saison de Twin Peaks. On l'a aussi vue dans Un monde parfait de Clint Eatswood, Citizen Ruth d'Alexander Payne, Docteur T et les femmes de Robert Altman, The Master de Paul Thomas Anderson, et dans le récent Nos étoiles contraires. Elle sera également Vice Amiral dans le prochain Star Wars! Elle a été citée deux fois aux Oscars.

Jeff Goldblum est plus populaire. Sa longue carri!re l'a amené à tourné pour Robert Altman (Nashville, The Player), Woody Allen (Annie Hall), Philip Kaufman (L'invasion des profanateurs, L'étoffe des héros), Lawrence Kasdan (Les copains d'abord, Silverado). Mais c'est avec La mouche de David Cronenberg qu'il deviendra une tête d'affiche. De là on le verra dans tous les Jurassic Park, Independance Day et sa suite, Neuf mois aussi, ... Il a aussi tourné pour Wes Anderson (La vie aquatique, The Grand Budapest Hotel), Roger Mitchell (Morning Glory), Paul Schrader (Adam Resurrected). En attendant de le voir dans Thor: Ragnarok cet automne.

Quant à Michelle Rodriguez, révélée par Girlfight en 2000, elle est l'une des vedettes récurrentes de la franchise Fast and Furious, et une adepte des Resident Evil. Evidemment on se souvient aussi d'elle dans Avatar de James Cameron, Machete de Robert Rodriguez et le récent Revenger de Walter Hill. Elle sera à l'affiche du prochain film de Steve McQueen, avec Viola Davis et Elisabeth Debicki, Widows.

Deux réalisateurs français pour présider les jurys de Deauville

Posté par vincy, le 12 juin 2017

Michel Hazanavicius a été choisi comme Président du jury du 43e Festival du cinéma américain de Deauville (1-10 septembre 2017). Le réalisateur oscarisé pour The Artist, et qui vient de présenter Le redoutable en compétition à Cannes, a déclaré: "Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust!"

Il aura la responsabilité de deux prix attribués par son Jury : le Grand Prix et le Prix du Jury.

Le redoutable sera en salles le 13 septembre.

Pour le Jury de la Révélation, c'est la réalisatrice et actrice Emmanuelle Bercot (La fille de Brest, La tête haute) qui a été nommée. Son jury devra élire le Prix Kiehl’s de la Révélation. "Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices" explique-t-elle.

Deauville way of life: une sacrée fin de festival

Posté par cynthia, le 12 septembre 2016

Oyé oyé cinéphiles, le festival de Deauville est terminé (sniff, sniff…). Mais on peut dire que pour les derniers jours, la 42e édition du festival du film Américain a mis le paquet, même si le palmarès nous a laissés de glace (même pas un prix pour Sing Street ou au moins Teenage Cocktail)!

Mercredi nous avons débuté la journée avec le déprimant Christine d'Antonio Campos, l'histoire d'une présentatrice TV à qui il n'arrive que des ennuis (allo allo Xanax) puis nous avons continué dans la lassitude avec le léger mais pas percutant Transpescos de Greg Kwedar (un thriller peu innovant) avant de terminer avec L'histoire de l'amour de Radu Milhaileanu en avant-première (sympa mais rien de transcendant). Nous nous sommes donc endormis paisiblement avant de connaître la journée la plus folle du festival...jeudi!

Jeudi sur la piste de danse avec Alexander Skarsgard

Si on vous dit que l'on a tapé la danse avec le sexy Alexander Skarsgard (voir la vidéo de sa performance en tant que DJ sur notre compte Instagram), qu'on s'est même cogné sur sa cuisse et ses fesses (bénis soi mon 1m53), que l'on a fait des câlins à Michael Pena (parce qu'il a adoré notre façon de bouger sur la piste de la Villa Khiel's) ou encore que Laurent Gerra nous a caressé l'épaule (il était un peu bourré du coup on l'excuse)...et oui à Écran Noir on sait s'éclater!

Mais on sait bosser aussi: après s'être ennuyé devant Complete Unknown de Joshua Marston malgré son sensuel duo (Michael Shannon et Rachel Weisz), on a été transporté par les désagréments de deux étudiantes et du sexe sur Internet avec l'enthousiasmant Teenage Cocktail de John Carchieta avant de rigoler avec le duo Alexander Skarsgard/Michael Pena dans Au-dessus des lois de John Michael McDonagh (un pur délire sur des flics ripoux que l'on adore détester).

Nous avons donc fini la soirée en compagnie de ce duo qui est aussi dingue en vrai qu'a l'écran. Alexander Skarsgard s'est mis aux platines tandis que Michael Pena nous apprenait des mouvements sur la piste une bière à la main (on a eu le droit à un You're amazing!...oui je sais je sais…). On a dansé jusqu'au bout de la nuit au point que la lune est partie se coucher avant nous. Du coup le vendredi matin c'est la tête en coton que nous avons découvert Brooklyn Village d'Ira Sachs l'histoire d'une amitié entre deux enfants, compromises par les problèmes des adultes. Le film se regarde, mais delà à lui offrir le grand prix ...

Vendredi avec Daniel Radcliffe

Nous avons continué notre journée de compétition avec le psychédélique The Fits d'Anna Rose Holmer (récompensé aussi) qui nous a donné mal au crâne (encore plus que les verres avec Michael Pena et Alexander Skarsgard) avant de finir en beauté (anglaise) avec le Nouvel Hollywood remis au talentueux (et terriblement chou) Daniel Radcliffe. The Amazing Radcliffe.
L'acteur britannique est arrivé timidement sur le tapis rouge et a pris des photos avec quasiment tout le monde avant d'honorer la grande salle du CID de Deauville par sa lumineuse présence. Clémence Poésy, qui avait partagé l'affiche à ses côtés dans le quatrième opus des aventures d'Harry Potter, a été chargée de lui remettre le prix Nouvel Hollywood. L'actrice venue avec son ventre rond de future maman a offert un discours magnifique dans un anglais à faire pâlir Shakespeare. «Généreux, passionné, curieux, drôle...» son speech nous a encore plus donné l'envie de rencontrer ce petit beau gosse d'1m65 au sourire si chaleureux. C'est justement tout sourire et humble (nombreux sont ceux qui, a sa place, auraient la tête gonflée comme une pastèque) que l'acteur est monté sur scène afin de chercher son prix et de remercier son entourage de le soutenir depuis si longtemps.

Nous avons ensuite terminé la soirée avec Imperium de Daniel Ragussis où Daniel Radcliffe incarne Nate Foster, un jeune agent de renseignements qui travaille pour le FBI et qui s'infiltre dans un groupe terroriste de suprématie blanche. Sa performance nous a rappelé celle de Leonardo DiCaprio dans Les Infiltrés de Martin Scorsese. D'ailleurs, c'est ce qu'on lui a dit lors de sa conférence de presse, nous remerciant d'un sourire gêné accompagné d'un regard luisant d'honneur...
On lui a ensuite demandé s'il n'avait pas fait des cauchemars durant le tournage à cause du sujet néonazi du film (on lui aurait bien fait un câlin coquin pour lui redonner le moral nous) «non je n'ai pas fait de cauchemar mais il est vrai que nous nous sommes retrouvés dans des situations assez étranges. Comme lors du tournage de la marche où les caméras étaient tellement bien cachées que les passants pensaient vraiment que l'on faisait une manifestation. On leur disait de ne pas s’inquiéter car c'était du faux!». Nous avons également demandé s'il voulait dédicacer ce film à Donald Trump: "(rires) Je n'ai rien envie de dédier à Donald Trump! D'ailleurs Imperium est trop bien pour lui!" Après avoir usé de son charme anglais sur l'assemblée, Daniel Radcliffe a signé des autographes, a pris des photos directement après son photocall...bref, un vrai prince dont on est (re)tombé amoureux.

Samedi avec Miles Teller

Cette fin de semaine a été marqué par l'orgasme, puisque derrière Alexander Skarsgard, Michael Pena et Daniel Radcliffe, sa classe et ses yeux bleus enivrants et viagrateux (oui je viens d'inventer un mot avec le médicament viagra!), ça a été  au tour de Miles Teller de nous donner des chaleurs... et nous qu'y pensions pouvoir reprendre une activité normale après le départ de Daniel!

Le héros de Whiplash est venu en compagnie de Jonah Hill, son partenaire dans le très attendu War Dogs (film de clôture) de Todd Phillips, ainsi que du réalisateur lui-même. Regard de braise, veste noire et sourire enjôleur, si Miles flirtait avec nous durant la conférence de presse, Jonah s'endormait un peu. Puis Miles nous a fait rire par son éternelle franchise lorsqu'un journaliste a demandé s'il était fan du cinéma Français et s'il souhaitait jouer chez nous. Gros blanc gênant de sa part, éclat de rire puis une jolie pirouette: «l'origine m'importe peu...». Jonah, quant à lui, a précisé qu'il adorait le film Love de Gaspard Noé et qu'il aimait beaucoup le travail de Mélanie Laurent en tant que réalisatrice

War Dogs qui est à mi-chemin entre Very Bad Trip et Lord of War était une belle façon de terminer ce festival qui nous a «flingué» avec son programme surchargé...