Madonna revient derrière la caméra

Posté par vincy, le 13 mars 2018

Madonna revient à la réalisation. On ne s'est pas trop si c'est une bonne nouvelle. Toujours est-il qu'elle réalisera le biopic Taking Flight sur la ballerine Michaela DePrince pour la MGM.

Une histoire vraie

Le studio avait acquis les droits des Mémoires de Michaela et Elaine DePrince, Taking Flight: From War Orphan to Star Ballerina, il y a trois ans. Le livre est paru aux Presses de la Cité en France sous le titre Orpheline n°27 (puis en format poche sous un autre titre: Et maintenant je vole). Comme son titre l'indique, le livre raconte le parcours d'une orpheline piégée dans la guerre a Sierra Leone et qui deviendra une danseuse mondialement connue. Née au Sierra Leone en 1995 pendant la guerre civile, Mabinty Bangura a été d'abord confrontée à une maladie décolorant sa peau, considérée comme une marque de sorcellerie en Afrique. Finalement adoptée à l'âge de 4 ans par Elaine et Charles DePrince et rebaptisée Michaela, la petite fille rêve de devenir ballerine mais, de nouveau, se confronte aux préjugés. Pourtant, elle est devenue danseuse professionnelle à l'âge de 17 ans au Joburg Ballet (Afrique du sud), avant de devenir soliste au Ballet National des Pays-Bas. On la voit également dans le clip de Beyonce, Lemonade.

Madonna a justifié ce choix comme étant un projet qui lui tenait particulièrement à cœur en tant qu'artiste comme en tant que militante. Elle-même a adopté des enfants (quatre au total, du Malawi). Le scénario est écrit par Camilla Blackett.

Troisième réalisation

Madonna a réalisé deux films: Filth and Wisdom (Obscénité et vertu) en 2008 et W.E. en 2011. Elle a également l'adaptation di roman d'Andrew Sean Greer, The Impossible Lives of Greta Wells (Les vies parallèles de Greta Wells. En tant que comédienne, elle a surtout été remarquée dans Recherche Susan Désespérément, Dick Tracy, Une équipe hors du commun et Evita. Elle est toujours l'artiste féminine ayant vendu le plus de disques dans le monde et la chanteuse solo ayant récolté le plus de recettes dans l'histoire de l'industrie musicale avec ses concerts.

Actuellement à Lisbonne, où elle réside avec sa famille, elle préparerait un nouvel album pour la fin de l'année.

Benjamin Millepied s’enflamme pour Carmen

Posté par redaction, le 5 mai 2017

On l'aperçoit dans le documentaire, toujours à l'affiche avec plus de 100000 spectateurs, L'Opéra. Le danseur et chorégraphe Benjamin Millepied passe à la réalisation avec un drame musical inspiré du "Carmen" de George Bizet.

Le tournage est prévu pour début 2018 à Los Angeles. La musique sera écrite par Nicholas Britell (qui vient de signer celle de Moonlight et du prochain Ocean's Eight). La photo sera assurée par Darius Khondji (Evita, Se7en, The Lost City of Z).

Ce premier film raconte le voyage d’une femme avide de liberté, des déserts du Mexique à Los Angeles. Le producteur Dimitri Rassam (Chapter 2) a indiqué à l’AFP: "C'est un projet auquel Benjamin réfléchit depuis longtemps et qui m'enthousiasme particulièrement, tant par la pertinence de son adaptation que par le talent de Benjamin et l'équipe qu'il a réunie". Le film est également produit par Helen Estabrook à qui l'on doit Whiplash de Damien Chazelle.

S'il s'agit de ses premiers pas en tant que réalisateur, l'époux de Natalie Portman n'en est pas à son premier pas de deux avec le 7e art. Il a notamment joué et chorégraphié des scènes de danse de Black Swan de Darren Aronofsky. Il est par ailleurs le directeur artistique du L.A. Dance Project.

"Carmen" est un opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet (1875), inspiré de la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée publiée trente ans plus tôt. Le cinéma s'est emparée de cette "usine à tubes" très rapidement, au début des années 1900. Parmi les innombrables versions et dérivés, notons celles de Cecil B. DeMille en 1915, Charlie Chaplin la même année, Ernst Lubitsch en 1918, Christian-Jaque en 1945, Otto Preminger en 1954, Carlos Saura en 1983, Godard la même année, Francesco Rosi (avec Julia Migenes et Placido Domingo) en 1984 et Franco Zeffirelli en 2003.

Adèle Exarchopoulos dans le biopic sur Noureev

Posté par vincy, le 17 février 2017

Annoncé à l'automne 2015, Ralph Fiennes va finalement tourner son biopic sur le danseur Rudolf Noureev, The White Crow, cet été entre Saint-Pétersbourg et Paris.

Ce troisième film de Fiennes en tant que réalisateur rassemblera la russe Chulpan Khamatova (Luna Papa, Good Bye Lenin!, Under Electric Clouds), le jeune danseur Sergei Polunin (vu dans le clip signé David LaChapelle, "Take Me to Church" de Hozier) et la française Adèle Exarchopoulos. Elle interprétera Clara Saint, ex-fiancée du fils d'André Malraux, chorégraphe et amie du danseur qui l’aida à fuir la Russie et s'installer en France (elle révéla son rôle dans cette évasion il y a deux ans). Entre le danseur russe prodigieux et cette fille d'un peintre chilien réfugié à Paris, il n'y a rien eu d'autre qu'une histoire d'amitié, a-t-elle toujours affirmé.

Oleg Ivenko (ou Iwenko) incarnera Noureev. Ce jeune danseur russe de 20 ans, déjà primé plusieurs fois, est membre du Ballet de l'Opéra National de Kazan, l'une des trois grandes compagnies russes, où se tient d'ailleurs le Festival international de ballet Nureyev.

The White Crow est l'adaptation de la biographie de Julie Kavanagh, Rudolf Nureyev: The Life, inédite en France. Le scénario de David Hare (The Hours, The Reader) se focalisera surtout sur le moment où Noureev passera à l'Ouest en 1961.

Keira Knightley dans Casse-noisette

Posté par vincy, le 17 août 2016

Keira Knightley sera la Fée Dragée dans une nouvelle adaptation de Casse-noisette. Clara sera incarnée par Mackenzie Foy (Interstellar) tandis que Morgan Freeman interprètera l'oncle Drosselmeyer.

Casse-noisette est à la base une histoire imaginée par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann en 1916, Casse-Noisette et le Roi des souris, avant d'être adapté par Alexandre Dumas en 1844. Le conte a alors inspiré l'un des ballets les plus célèbres du monde, dont la musique a été composée par Pyotr Ilyich Tchaikovsky en 1892.

Le film, intitulé The Nutcracker and the Four Realms, se focalisera sur le jouet de Noël de Clara, un casse-noisette en forme de soldat en beau costume de parade, qui prend vie pour combattre le diabolique roi des Souris.

Lasse Hallström réalisera le film pour Disney.

Plusieurs films ont déjà repris l'histoire, souvent en dessin animé comme le segment de Fantasia, The Nutcracker Suite.

Cabourg 2016 : La Danseuse, premier film ambitieux et miraculeux

Posté par kristofy, le 12 juin 2016

la réalisatrice Stéphanie di Giusto venue avec l’actrice Mélanie Thierry

La danseuse premier long-métrage épatant de Stéphanie di Giusto était en compétition à Un Certain regard au dernier festival de Cannes. Le film est également en compétition internationale donc au Festival de Cabourg, avant, on l'espère, un joli succès pour sa sortie en salles programmée au 28 septembre.

Il s’agit de l’adaptation en images d’un récit de la vie de Loïe Fuller, à l’orée des années 1900. La chorégraphe se met en scène dans des numéros de danse avec grande robe en voile et jeux de lumières, dont la ‘danse serpentine’, passée à la postérité. Le film évite le piège du biopic balisé mais raconte quand-même un parcours fait d’élévation vers le succès puis de chute, et surtout, il montre la passion presque folle d’une danseuse pour son art. Elle est parfois naïve, entêtée, souffrante, renfermée sur elle-même tout en brulant de l’intérieur : Soko est devenue Loïe Fuller, jusqu’à reproduire les mêmes danses à l’image. Autour d’elle un casting 4étoiles : Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp, François Damiens, et la participation de Louis-Do de Lencquesaing, Denis Ménochet et même Amanda Plummer, sans oublier Benoît Debie à la direction de la photographie et Carlos Ponti pour la direction artistique des décors.

"Des gestes comme la disposition des mains ou comme des regards c’était écrit."

Stéphanie di Giusto est venue, avec l’actrice Mélanie Thierry, à Cabourg pour présenter La danseuse, et aussi évoquer un long parcours :

« Ce film est un miracle, il représente 6 années de vie. Faire un premier long-métrage, un film d’époque en costume, avec en premier rôle quelqu’un comme Soko qui n’est pas une star populaire du cinéma, un projet qui coûte cher : tout ça explique 6 ans de préparation. Le projet s’est arrêté car des financiers ont eu peur, pour simplifier ça représente 3 ans d’écriture et 3 ans de production. Le scénario suit la véritable histoire de Loïe Fuller, plutôt une partie de son histoire même si j’ai pris quelques libertés parfois avec certains personnages comme pour son père et sa mère. J’ai eu 45 jours de tournage, et quand on a commencé à tourner il manquait un peu d’argent, et mis à part une semaine en Tchéquie pour le décor reconstitué des Folies Bergères comme à l’époque en fait tout a été tourné en France, même la séquence dans l’ouest américain ça a été tourné en France dans la région du Vercors. Je voulais Soko absolument pour ce rôle, je voulais aussi ces autres acteurs et actrices comme Mélanie Thierry, et je me suis battu pour les avoir. Le scénario était très très écrit, des gestes comme la disposition des mains ou comme des regards c’était écrit. Et Mélanie Thierry est une des meilleures actrices pour faire passer beaucoup de choses avec ses yeux et des regards. Il n’y a aucun effet spécial numérique, et je suis fière de ça. Pour les performances de danse avec la lumière projetée on a tourné ça en essayant de retranscrire la magie de 1900, et c’est vraiment Soko qui danse. »

Ce premier long-métrage de la réalisatrice montre une ambition et un rendu qui surclasse beaucoup d’autres films français… On peut déjà espérer à La danseuse des nominations pour la prochaine cérémonie des César.

Le biopic sur Noureev chorégraphié par deux producteurs Français

Posté par vincy, le 15 octobre 2015

noureev en 1961Les producteurs français Dimitri Rassam (Le petit Prince) et Wassim Beji (Yves Saint Laurent) se sont associés pour produire un biopic en langue anglaise sur le danseur étoile et chorégraphe russe Rudolf Noureev (1938-1993). Le film sera écrit et réalisé par Rodolphe Marconi (Palme d'or du court métrage en 1999 pour Stop et réalisateur du documentaire Lagarfield Confidential et des films Ceci est mon corps et Le dernier jour).

Le film doit couvrir les étapes essentielles de la vie de la star, depuis sa naissance en Union Soviétique jusqu'à son décès près de Paris, en passant par son passage à l'Ouest, qui fut spectaculaire en 1961 et sa nomination à la direction du Ballet de l'Opéra de Paris en 1983, un an avant d'apprendre qu'il avait contracté le Sida.

Celui qui révolutionna le ballet à l'Opéra de Paris a aussi tellement donné de son corps, capable de prouesses qui épatent toujours, et sacrifié sa vie pour son art qu'il en est devenu une icône. Le tournage devrait commencer en mars, selon Variety, et pourrait se dérouler en France si la proposition budgétaire d'un crédit d'impôt de 30% pour les films français tournés en anglais est votée.

Noureev a déjà été présent dans quelques documentaires, et notamment celui de Patricia Foy, réalisé en 1991. Un téléfilm canadien de Moze Mossanen avait déjà raconté sa vie en 2009.

Angelin Preljocaj adapte la BD « Polina » de Bastien Vivès, avec Juliette Binoche et Niels Schneider

Posté par vincy, le 26 juillet 2015

polina bdUn metteur en scène parmi les plus importants de notre époque. Un auteur de bande dessinée parmi les plus récompensés de ces dernières années. Et en second-rôle, une star oscarisée, césarisée, primée à Berlin, Cannes et Venise. On a vu pire alchimie sur le papier.

Pour son premier film, Angelin Preljocaj, en coréalisation avec son épouse Valérie Müller-Preljocaj (Le monde de Fred, sorti l'an dernier), adapte la BD de Bastien Vivès Polina. Le tournage vient tout juste de débuter dans les environs d'Aix en Provence. Polina est un album graphique de plus de 200 pages, sorti il y a 4 ans chez KSTR, primé par les librairies de bande dessinée et aussi par la critique BD.

L'histoire est celle de Polina Oulinov, enfant douée choisie pour suivre les cours de danse de Nikita Bojinski, maître exigeante, admirée et redoutée. La relation entre Polina et son mentor est complexe, à la fois conflictuelle et soumise.

Feel-good movie

Le film, en prises de vues réelles, suit le parcours ascendant de cette enfant russe, jusqu'à ses 24 ans lorsque la gloire la mène à une carrière internationale. Rien à voir avec Black Swan. La BD n'est pas aussi torturée. On est plus proche de Billy Elliot, avec en arrière plan la Russie contemporaine et surtout une jolie romance avec un danseur français.

Le tournage s'achèvera dans un premier temps avant la fin de l'été, avant de reprendre en décembre pour les extérieurs. L'actrice principale est une jeune danseuse russe, Nastya Shevtzoda. Autour d'elle gravitent Juliette Binoche (la professeure de Polina, Lyria Elsaj), Niels Schneider (un danseur, Adrien, dont Polina va tomber amoureuse), le danseur étoile Jérémie Belingard (qui est aussi mannequin pour des publicités et époux d'Aurélie Dupont) et Aleksei Guskov (qui était le chef d’orchestre dans Le concert et qui sera là Bojinski).

UGC distribuera le film.

Preljocaj, d'Avignon à Moulins

Juliette Binoche a un programme chargé : elle joue sur scène Antigone en tournée mondiale et s'apprête à tourner le prochain Bruno Dumont (Ma loute). Deux films vont sortir dans les prochains mois: L'attesa et The 33.

Bastien Vivès sortira deux BD à la rentrée: le 7e tome de Last Man, dont la série va être adaptée en série animée au printemps prochain, et Olympia, la suite de la Grande Odalisque.

Enfin Angelin Preljocaj vient de présenter sa dernière création, Retour à Berratham, dans la Cour d'honneur du Festival d'Avignon, à partir d'un texte de l'écrivain Laurent Mauvignier. La pièce sera présentée à Chaillot (Paris) en octobre. Par ailleurs, le Centre national du costume de scène à Moulins lui offre une carte blanche à Angelin Preljocaj à l’occasion du 30e anniversaire de sa compagnie avec une exposition événement : "Angelin Preljocaj, costumes de danse", d'octobre 2015 à mars 2016.

San Francisco 1985: danser au milieu du chaos

Posté par vincy, le 1 avril 2015

L'histoire: San Francisco 1985. Frankie est un jeune danseur qui vient d’intégrer une des plus prestigieuses troupes de danse contemporaine de la ville. Il fait la connaissance de Todd, un des danseurs de la troupe. Leur rencontre ne tarde pas à dépasser le cadre de la danse. Des manifestations contre la communauté gay voient le jour. Elles sont liées à la panique créée par la maladie du VIH que l’on vient de découvrir et qui décime déjà la communauté. Ensemble, Frankie et Todd évolueront dans ces événements hostiles mais aussi parfois plein d’espoir.

La critique: Deuxième long métrage de l'ancien danseur Chris Mason Johnson, San Francisco 1985 s'aventure sur des territoires complexes, entre espoir et peurs, lorsque le virus du SIDA commençait à se répandre au sein de la communauté homosexuelle. A travers les yeux d'un "candide", le cinéaste filme sa passion - la danse, comme exutoire de soi, incarnation de ses sentiments - et la frayeur - les rapports à l'autre, au corps, au sexe contaminés par ce HIV dont on ne sait pas grand chose.

Ce candide, jeune Apollon blond, danse comme un Dieu au milieu des ténèbres, en plein chaos (personnel et sociétal). Son parcours initiatique dans la vie, dans les lits et sur scène, révèle subtilement la difficulté d'être soi dans ce monde turbulent et peu tolérant. Au point de rester entre soi parfois. Le titre anglais - Test - est juste: le test sanguin (l'angoisse d'être positif), le test du public (seul sur les planches), le test d'un amant (lequel sera le "bon" et pas seulement un bon coup).

Le récit est épuré, peut-être un peu trop simple, déjà vu, manquant d'ellipses, mais la métaphore - qui met en parallèle les chorégraphies, les marches solitaires, les instants contemplatifs et les fulgurances sexuelles avec l'itinéraire d'un jeune homme à l'aube de sa vie d'adulte - séduit. L'homoérotisme bandant qu'impose le sujet est contrebalancé par ce portrait assez noir d'une communauté rejetée, contrainte de se replier sur elle-même. La force indéniable de ce film, primé à Los Angeles et nommé aux Independent Spirit Awards, pour nous entraîner dans cette histoire repose sur son acteur principal, Matthew Rish (Looking) qui illumine cette traversée des enfers.

Mais c'est à la fin de la première moitié du film que le spectateur est hypnotisé et que le talent du metteur en scène se déploie autant que les dons chorégraphiques du comédien: une (longue) scène de danse accompagnée de la musique de Ceiri Torjussen qui nous scotche par sa beauté et sa puissance. Le corps se tord dans tous les sens, défiant les lois de la gravité, au point de s'envoler vers une forme de légèreté: l'oubli de soi est alors vertigineux. Il faudra l'amour, un beau matin ensoleillé, à la fin du film, pour que notre personnage retrouve ce sentiment de bien-être dans ce monde brutal.

Fusion douloureuse entre la Cinémathèque de la danse et le Centre national de la danse

Posté par vincy, le 17 février 2013

La Cinémathèque de la danse et le Centre national de la danse fusionnent. Si la niche semble étroite, l'enjeu est important et concerne aussi bien la recherche, la conservation, la sauvegarde et la diffusion des films et documents filmés relatifs à la danse - toutes les danses -, que le développement de la culture chorégraphique et l’élargissement des publics de la danse. Les membres de l’Assemblée Générale de l’association de la Cinémathèque de la danse et du conseil d’administration du Centre national de la danse ont voté à l’unanimité, "leur volonté de donner un cadre renouvelé pour le développement des missions à caractère public de la Cinémathèque de la danse depuis trente ans."

Depuis le 1er janvier 2013, l’équipe de la Cinémathèque de la danse (9 salariés) est donc accueillie dans un nouveau département « Cinémathèque de la danse » au sein du CND. Le Centre national de la danse, dont le siège (rénové) est à Pantin (près de Paris), a ouvert des espaces dédiés à la Cinémathèque de la danse pour le stockage et le traitement des documents audiovisuels mais aussi pour l’accueil du public, notamment avec l’ouverture d’une salle de projection de cent places. Les travaux ont été financés par le Ministère de la Culture et de la Communication, qui indique par ailleurs avoir "prévu dans le Projet de loi de finances 2013 le transfert au Centre national de la danse de l’intégralité de la subvention précédemment allouée à l’association et l’inscription des emplois nécessaires."

Choix cornéliens

Pourtant, il y a encore trois mois, la fusion n'allait pas de soi. Le 13 novembre, le Conseil d’administration de la Cinémathèque de la Danse devait décider de la dissolution ou non de l’association qu’il contrôle. En cas de dissolution, cela signifiait une perte de son autonomie, de son nom, et même de son identité. En cas de refus, le Ministère avait prévenu que les subventions seraient coupées dès le 1er janvier 2013. Autant dire que le choix n'existait pas vraiment.

Clairement, la Cinémathèque a préféré la survie, même en situation de dépendance. Créé en 1998, le CND était logiquement programmé pour accueillir la Cinémathèque de la Danse, créée en 1982 au sein de la Cinémathèque française (elle est indépendante depuis 2005). Mais, selon le directeur de la Cinémathèque et ses nombreux soutiens, le CND est mal desservi (l'accès s'est amélioré depuis l'arrivée du Tramway à proximité, en plus du métro et du RER) et le lieu ne parviendrait pas à attirer les parisiens (ce qui est démenti par le Centre et qui n' aucun sens à un moment où l'on imaginele Grand Paris). Voilà pourquoi la Cinémathèque de la Danse était très réticente à y emménager : une cinémathèque sans public, ça n'a aucun sens. A ce déménagement qui ne soulevait aucun enthousiasme, il fallait ajouter un manque de fonds, des crédits en berne et une administration indécise... Certains craignaient même que le budget de la Cinémathèque (800 000 €) sera amputée pour combler les déficits du CND. Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, avait alerté en avril dernier les pouvoirs publics d'une telle annexion.

Polémique et inquiétudes

Quand le précédent Ministre de la culture, Frédéric Mitterrand décrète que la Cinémathèque doit perdre son statut d'association pour devenir un simple département du CND, la polémique enfle. La profession s'inquiète de l'avenir de la Cinémathèque puisque le CND n’a soi-disant aucune expérience en matière cinématographique, d’acquisition de films, de programmation, de diffusion et même de relations internationales (la Cinémathèque de la danse a une antenne à Pékin et une autre en cours de réalisation à Rio de Janeiro) ... Le Centre réfute ses arguments en affirmant disposer de 4100 titres dans la collection principale, 80 fonds d’archives riches en document vidéos, 1500 heures de programmes captés à Pantin depuis 2005 et les vidéos déposées par les compagnies depuis 1998.

Après huit mois de négociations et, reconnaissons-le devant l'évidence et la céessité d'un tel rapprochement, la fusion s'avère inéluctable. Tout dépendait de savoir dans quelles conditions. Et si cette fusion était actée dès novembre, ce n'est seulement que le 15 février 2013 que le Ministère de la Culture s'est félicité de "l'heureux dénouement". Coûteuse issue aussi puisque les travaux du siège de Pantin s'élèvent à 6 millions d'euros.

Reste à attirer le public

La Cinémathèque de la danse conserve son nom et devient donc le département Cinémathèque du CND. Et le budget sera inscrit en tant que tel dans l’analytique du CND pour le département Cinémathèque, autrement dit il este autonome. La Cinémathèque gardera son nom et son logo. Le Ministère de la culture et celui de l'Economie ont tout fait pour déminer le terrain, jusqu'à maintenir les 8 membres de la Cinémathèque de la danse. Arriveront-ils à travailler avec les équipes du CND?

Toutes les inquiétudes ont donc été effacées. Toutes? Non : il reste à savoir si le public sera au rendez-vous.

Le CND a mis en place une importante programmation cinéma/danse pour la saison en cours. Une nuit de la danse et du cinéma allemand le 21 juin est même prévue. Mais pour l'instant, les deux sites internet sont toujours distincts... et la Cinémathèque s'affiche toujours dans le 12e arrondissement de Paris. Le temps des synergies est venu...

Angers célèbrera Godard et Gamblin

Posté par vincy, le 26 octobre 2011

Le 24e Festival de cinéma Premiers Plans d'Angers (20-29 janvier 2012) mettra à l'honneur le cinéaste Jean-Luc Godard et le comédien Jacques Gamblin.

Godard aura le droit à une rétrospective. Claude-Eric Poiroux, délégué général du festival, explique que "c'est un penseur, un artiste, un plasticien et sans doute celui qui a été le plus loin pour démolir le cinéma classique, son oeuvre excite la curiosité". Une trentaine de films seront présentés en plus de rencontres autour de son oeuvre. Godard a débuté en 1955 et a été consacré sur la scène mondiale avec A bout de souffle en 1960. Son dernier film, Film Socialisme, avait été présenté au Festival de Cannes en 2010. Ours d'or à Berlin (Alphaville), deux fois César d'honneur, Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, Lion d'hor pour sa carrière en plus d'un Lion d'or pour Prénom Carmen, il est aussi l'un des derniers survivants de la Nouvelle Vague.

Cependant point de JLG sur les bords de la Loire. L'artiste ne se déplace plus.

Par conséquent, il faudra compter sur l'acteur Jacques Gamblin. Meilleur acteur à Berlin en 2002 (Laissez-passer), deux fois nommé aux Césars (Le premier jour du reste de ta vie, Pédale douce), populaire et respecté, Gamblin a su nous charmer dans des films comme Au petit Marguery, Les enfants du Marais, Mademoiselle, A la petite semaine, et récemment Le nom des gens. Il a tourné (et parfois plus d'une fois) avec Lelouch, Guédiguian, Blier, Chabrol, Tavernier, ... Épatant dans Ni à vendre ni à louer, ignoré du public (car très mal sorti cet été), il revient sur les écrans avec Le premier homme, de Gianni Amelio, d'après le roman d'Albert Camus. le film a reçu le prix de la critique internationale à Toronto en septembre.

Gamblin sera sur place avec la reprise au théâtre Le Quai de deux de ses spectacles, "Tout est normal, mon coeur scintille" et un concert-lecture avec le pianiste jazz Laurent de Wilde, "Gamblin Jazze De Wilde Sextete". Six de ses films seront projetés.

Outre ces deux vedettes de premier plan, Angers rendra hommage à Alan Clark, avec une sélection dédiée, à Jorge Semprun avec une lecture de ses textes, à Florence Miailhe avec une diffusion de ses courts métrages animés et une exposition. Le festival organisera aussi un panorama Danse / Cinéma (fictions comme documentaires).

Le festival Premiers Plans a réuni près de 68 000 spectateurs en janvier dernier, battant son record de fréquentation.