Pour accompagner cet hommage il y a eu la projection en avant-première de Black Power Mixtape 1967-1975 de Göran Hugo Olsson dont Danny Glover est un des co-producteurs, et qui avait été primé meilleur documentaire étranger au festival de Sundance 2011. On y découvre le mouvement Black Power avec des images d’archives de télévision suédoise (des reporters qui donnent une image positive des activistes alors les médias américains conservateurs n’évoquaient surtout que troubles et violences) avec un commentaire de différents artistes afro-américians d’aujourd’hui (Erykah Badu, Talib Kweli, Questlove, Melvin Van Peebles…). Le documentaire évoque les figures de Martin Luther King, Stokely Carmichael et Angela Davis avec des propos qui résonnent encore aujourd’hui.
Après un rôle dans L’évadé d’Alcatraz de Don Siegel, ses débuts d’acteur sont remarqués avec des films qui sont nommés aux Oscars : La saison du cœur de Robert Benton, Witness de Peter Weir, La couleur pourpre de Steven Spielberg. Il sera ensuite un visage connu à Hollywood avec des films aussi différents que la quadrilogie de L’arme fatale de Richard Donner, L’idéaliste de Francis Ford Coppola, La famille Tenenbaum de Wes Anderson, Saw de James Wan, 2012 de Roland Emmerich. Il apparaît aussi dans Manderlay de Lars Von Trier, Be kind rewind de Michel Gondry et Blindness de Fernando Meireilles. Il a aussi joué dans plusieurs films à destination de la télévision pour lesquels il est co-producteur.
Danny Glover a eu 65 ans en juillet dernier et pour lui cet hommage lui fait mesurer le chemin parcouru, et plus important que sa carrière au cinéma ce sont les personnes qui l’ont accompagné et le regard de son petit-fils et celui de sa femme.
- A propos du dixième anniversaire des évènements du 11 septembre 2001 :
- La question qu’il faut se poser c’est : est-ce que le monde est plus sûr dix ans après ? Le monde sera plus sûr si on s’attelle aux questions de pauvreté, de partage des ressources. La seconde guerre mondiale ferait pâle figure à côté du mal que nous avons fait en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. Le monde sera plus sûr si on donne du bien-être à ceux qui vivent sur cette planète.
Danny Glover est aussi un homme engagé en faveur de différentes causes (droits civiques, travailleurs défavorisés, le parti démocrate, contre la guerre en Irak, accès à l’éducation…) pour lesquelles il fait entendre sa voix, il a d’ailleurs été Ambassadeur de bonne volonté pour les Nations Unies entre 1998 et 2004 et aussi Ambassadeur pour l’Unicef. Depuis 2005 il est co-producteur de différents films qui portent d’autres visions du monde comme Bamako de Abderrahmane Sissako, Le temps qu’il reste de d’Elia Suleiman ou Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures de Apichatpong Weerasethakul.
Chaque année, le Festival américain de Deauville lance la rentrée cinématographique en proposant un condensé de films US attendus ou ayant fait parler d'eux tout au long de l'année. On retrouvera donc dans la programmation 2011 une poignée de bonnes surprises cannoises (l'excellent Take shelter de Jeff Nichols, bien placé pour un grand prix, Drive de Nicolas Winding Refn, Restless de Gus Van Sant, et même The artist de Michel Hazanavicius) et quelques titres qui ont fait parler d'eux lors d'autres manifestations comme Yelling to the Sky de Victoria Mahoney (Berlin) ou En secret de Maryam Keshavarz (Paris Cinéma). Sans oublier l'avant-première française du nouvel Abel Ferrara, en compétition à Venise, 4:44 Last Day on Earth.
C'est à la fois l'occasion de faire le point sur la programmation "indépendante" (à l'honneur dans la compétition), et de prendre de l'avance sur les "grosses sorties" de l'automne, voire de l'hiver, telles que Too Big to Fail de Curtis Hanson, La Couleur des sentiments de Tate Taylor (d'après le best-seller éponyme) ou Dark Horse de Todd Solondz (vérifier les dates). Pas vraiment de quoi découvrir des pépites insoupçonnées jusque-là, mais un moyen efficace de se tenir au courant.
D'autant que Deauville s'agrémente également d'une section documentaire (Les docs de l'Oncle Sam), de nuits rétrospectives "pour se réapproprier le patrimoine du cinéma américain" et de sessions consacrées aux séries télé. Sans oublier des hommages rendus, parfois en leur présence, à des personnalités incontournables du cinéma américain. Cette année, ce sont ainsi Francis Ford Coppola, Todd Solondz, Naomi Watts, Shirley MacLaine et Danny Glover qui seront à l'honneur.Un hommage à Blake Edwards sera rendu.
Bien sûr, Ecran Noir sera sur place pour vous faire vivre cette grande fête du cinéma américain au jour le jour.
Les quatorze films de la section compétitive : Another Happy Day de Sam Levinson, All She Can d'Amy Wendel, Another Earth de Mike Cahill, Detachment de Tony Kaye, En secret (Circumstance) de Maryam Keshavarz, Jess + Moss de Clay Jeter, On the Ice d'Andrew Okpeaha MacLean, Return de Liza Johnson, Take Shelter de Jeff Nicols, Terri d'Azazel Jacobs, The Dynamiter de Matthew Gordon, Trust de David Schwimmer, Without de Mark Jackson, Yelling to the Sky de Victoria Mahone
Les jurys
Le jury principal : Olivier Assayas (Président), Nathalie Baye, Chiara Mastroianni, Bruno Todeschini, Claire Denis, Nicolas Godin (Air), Angelin Preljocaj et Jean Rolin.
Le jury révélation : Samuel Benchétrit (Président), Leila Hatami, Sabrina Ouazani, Elisa Sednaoui et Benjamin Siksou
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Festival du cinéma américain de Deauville
37e édition
Du 2 au 11 septembre 2011
Informations et programme sur le site de la manifestation
Toute tentative pouvant accentuer le sentiment de communautarisme pourrait être critiquable. Cependant, on peut comprendre que la réalité de la discrimination soit bien plus pénible à combattre.
En créant les Trophées du monde noir, le Cran (Conseil représentatif des associations noires) veut, le 23 septembre, récompenser les artistes issus des cultures afro-caribéennes de la littérature, de la musique et du cinéma. Ils auront lieu au Théâtre du Châtelet, lieu d’accueil des récents César.
Aux Etats-Unis, différentes cérémonies segmentent les Afro-américains des autres. Ainsi au cinéma, il y a les Black Reel Awards et surtout, les Image Awards. Ces derniers, à l’origine destinés aux Afro-américains s’est ouvert aux autres minorités. Même si les Latinos ont aussi leur propre cérémonie. Les Image Awards existent depuis 39 ans et sont diffusés en prime time depuis 12 ans. Ils récompensent aussi auteurs, musiciens, artistes du cinéma et de la télévision.
Ainsi des films comme Ali, Ray ou Crash ont été primés, ainsi que des actrices comme Angela Bassett, Morgan Freeman, Whoopi Goldberg, Denzel Washington, Halle Berry, Djimon Hounsou, Kerry Washington, Forrest Whitaker, Queen Latifah ou Jamie Foxx.
« Est-ce un film de Noirs ? »
Pour le Cran, la tâche va être dure. Le cinéma français a peu de stars afro-caribéennes. L’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, l’Acse, qui a développé avec le CNC une aide dédiée à favoriser la diversité dans la production audiovisuelle, constate que, si la production comprend l’enjeu, ce n’est pas le cas de la diffusion, notamment télévisée.
Le manque de visibilité de cette minorité est réel. Il n’y a aucun Will Smith français… Pire, comme dit le président du Cran, Patrick Lozès, « où sont les fictions où l’on voit un cadre noir déjeuner avec sa femme et ses enfants avant d’aller au travail » à l’image d’un Cosby.
Ceci dit, ne nous leurrons pas. Le chemin est difficile. Comme le dit Queen Latifah dans Hairspray : « un pas après l’autre ». Danny Glover, autre récipiendaire d’un Image Award, grande figure d’Hollywood (La couleur pourpre, L’arme fatale, La famille Tenenbaum), confessait cette semaine : « Vous n’imaginez pas le nombre de producteurs que je suis allé voir, aux Etats-Unis et en Europe. Ils ont dit « C’est un superbe projet », puis « Est-ce un film de Noirs ? » ».
Glover a annoncé qu’il allait réaliser un film sur le révolutionnaire haïtien Toussaint-Louverture. « Ilspensent tous qu’un film sans héros blancs ne marchera ni en Europe, ni au Japon… » Il a dû réunir un budget de 22 millions d’euros, dont plus de la moitié proviendra d’un organisme culturel vénézuélien créé par le président Hugo Chavez. Il réunira Don Cheadle, Mos Def, Wesley Snipes et Angela Bassett.
Mais, même si les Trophées du monde noir sont légitimes, quel sera leur impact sur le seul indice qui compte pour les producteurs : la popularité d’un artiste ou les recettes d’un film... ?
P.S. L'illustration parle d'elle-même. D'un côté le Cosby Show, programme mondialement connu dans les années 80 ; de l'autre Plus belle la vie, programme très populaire des années 2000.