Parvana de Nora Twomey triomphe aux Emile Awards 2018

Posté par MpM, le 11 décembre 2018

Pour sa 2e édition, la cérémonie des Emile Awards, les récompenses de l'animation européenne, a vu le triomphe de Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey, qui remporte 4 trophées, dont celui de la meilleure réalisation. La cinéaste en a profité pour délivrer un message aux jeunes réalisatrices présentes dans l'assemblée : "N'écoutez jamais les voix qui disent que vous ne pouvez pas y arriver, parce que vous pouvez ! Je souhaite voir plus de films politiques comme ceux qui étaient nommés dans notre catégorie [Another day of life, Funan, Teheran Tabu] et plus d'héroïnes comme Parvana !"

A côté de la fable sensible sur l'Afghanistan en guerre, c'est le très attendu récit intime de Denis Do sur la vie au temps des khmers rouges, Funan, qui repart avec deux prix, dont meilleur scénario, tandis qu'Another day of life de Raul de la Fuente et Damian Nenow, qui suit le reporter polonais Ryszard Kapuscinski au cœur de la guerre civile angolaise. est couronné pour sa musique. Probablement victime d'une très grosse année de l'animation européenne, et du succès écrasant de Parvana, d'ailleurs présenté en avant-première lors de la première édition des Emile Awards, le splendide Chris the Swiss d'Anja Kofmel repart quant à lui bredouille.

Côté courts métrages, Ce magnifique gâteau ! d'Emma De Swaef et Marc James Roels ajoute un nouveau titre à son palmarès, tandis que (Fool Time) Job de Gilles Cuvelier dont nous vous avons régulièrement parlé tout au long de l'année est distingué pour ses décors et le design de ses personnages.

A signaler enfin que le Danemark rafle la mise dans la catégorie programmes de télévision et film de commande.

La soirée, qui se tenait à Lille, dans le cadre confortable du Nouveau siècle, a été ponctuée par plusieurs interludes, et notamment deux morceaux interprétés par le compositeur Vincent Courtois et le musicien Daniel Erdmann ainsi que par un hommage touchant à Clare Kitson, honorée par le Lotte Reiniger Lifetime Achievement Award. L'auteure et ancienne programmatrice qui a fait de Channel 4 un leader de l'animation a commencé par s'excuser du Brexit, avant d'affirmer modestement qu'elle avait surtout "eu de la chance", son poste à Channel 4 lui ayant permis de soutenir, financer et promouvoir l'animation britannique et mondiale pendant une décennie.

C'est le très psychédélique Yellow submarine de George Dunning, un long métrage coloré et absurde mettant en scène les Beatles, qui a joyeusement clôturé la soirée. Le film, qui fête son 50e anniversaire, reste d'une modernité étonnante, avec une animation qui foisonne de gags visuels, une histoire ultra simpliste aux ressorts alambiqués, des dialogues bourrés de jeux de mots plus ou moins décalés, et bien sûr les inégalables chansons du groupe, de Lucy in the sky à Nowhere man, en passant par When I'm 64 ou Eleonore Rigby.

Tout le palmarès

Meilleure réalisation pour un long métrage
Nora Twomey pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleur scénario pour un long métrage
Denis Do et Magali Pouzol pour Funan (France)

Meilleur storyboard pour un long métrage
Giovanna Ferrari, Julien Regnard et Stuart Shankly pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleure animation de personnage pour un long métrage
Fabian Erlinghäuser, John Walsh, Lorraine Lordan, Jeremy Purcell, Viktor Ens, Nicolas Debray, Geoff King et Emmanuel Asquier-Brassart pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleurs décors et design de personnage pour un long métrage
Ciaran Duffy, Reza Riaihi et Sandra Andersen pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleure musique  pour un long métrage
Mikel Salas pour Another Day of Life (Pologne)

Meilleur sound design pour un long métrage
Nicolas Leroy, Michel Schillings et Nicolas Tran Trong pour Funan (France)

Meilleure réalisation pour un court métrage
Emma De Swaef, Marc James Roels pour Ce magnifique gâteau ! (Belgique / France / Pays-Bas)

Meilleurs décors et character design pour un court métrage
Gilles Cuvelier pour (Fool) Time Job (France)

Meilleure réalisation pour un film étudiant
Anna Mantzaris  pour Enough (Grande-Bretagne)

Meilleure réalisation pour un film de commande
Magnus Igland Møller pour A most precise and nuanced look into the life of the man, legend and visionary - Martin Luther (Danemark)

Meilleure réalisation pour un programme de télévision

Christian Bøving-Andersen et Eva Lee Wallberg pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleur scénario pour un programme de télévision
Kim Fupz Aakeson et Ida Mule Scott pour Vitello - Vitello Gets a Yucky Girlfriend (Danemark)

Meilleur storyboard pour un programme de télévision
Kenneth Ladekjær et Eva Lee Wallberg pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleure animation de personnage pour un programme de télévision
Tina Lykke Thorn, Henrik Sønniksen, Mikkel Vedel et Eva Lee Wallberg pour  The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleurs décors et design de personnage pour un programme de télévision
Mikkel Sommer et Birk Von Brockdorff pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleure musique pour un programme de télévision
Yan Volsy et Pablo Pico pour Un homme est mort (France)

Meilleur sound design pour un programme de télévision
Célia Sayaphoum pour Athleticus - Middle-distance running (France)

3 raisons d’aller voir The Guilty

Posté par vincy, le 18 juillet 2018

The Guilty, thriller danois de Gustav Möller, est l'histoire d'une femme kidnappée qui contacte la police. Mais la ligne est coupée. Le policier qui a reçu l'appel ne peut compter que sur ses intuitions, son imagination et le téléphone: chaque son peut avoir son importance pour sauver son interlocutrice.

De multiples récompenses. Prix de la critique au Festival de Beaune, prix du public et de la jeunesse à Rotterdam, prix du public à Sundance, ce film danois a déjà fait parler beaucoup de lui depuis janvier. Et si c'était le polar "sleeper" de l'été, ce succès inattendu qui survient chaque année à la même période? Il y a en effet tous les ingrédients pour captiver l'audience en 85 minutes chrono. Le film peut d'ailleurs faire penser à l'excellent Buried de Rodrigo Cortes. Un huis-clos (unité d'espace) anxiogène et suffocant. Mais, en filmant en temps réel (unité de temps), le cinéaste s'offre une deuxième contrainte, qui rappelle Victoria de Sébastien Schipper. Deux formes de cinéma qui donnent à une histoire banale son aspect fascinant.

Palpitant. Pas besoin de beaucoup d'effets pour nous faire palpiter. On ne peut pas dire que The Guilty soit un film d'esbrouffe. Il a cette épure et cette austérité toute scandinave. C'est le scénario, jusqu'au dénouement, qui produit la meilleure énergie à ce film immersif qui stimule notre propre imagination. Nous sommes le flic. Nous cherchons aussi à savoir ce que nous avons entendu, compris, deviné. Non exempt de sueurs froides et de suspens, le polar a un autre atout majeur, techniquement: le travail sur le son est d'une précision millimétrée. Au passage, le cinéaste rappelle que le cinéma est un art de l'illusion fondé sur des techniques accentuant au moins deux sens: la vue et l'ouïe.

Hors-champ. C'est peut-être là ce qu'il faut retenir du film. Le spectateur interagit avec l'histoire parce que l'essentiel du récit se déroule hors-champ, c'est-à-dire dans ce qu'on ne nous montre pas. Ainsi quand la victime appelle, on sent bien la frénésie qu'il y autour d'elle. Pourtant, nous ne voyons que le visage propret du policier dans son centre d'appel. Au contraire du son qui est analysé, décrypté, décodé, l'image est laissée à notre imaginaire. Un peu comme lorsqu'on nous lit une histoire. Chaque bruit a son importance et nous projette un monde nouveau. C'est maîtrisé, tendu, efficace. Sous son apparence manipulatrice, The Guilty est surtout psychologique, voire mentale. Pour le spectateur.

Nymphomaniac continue son buzz viral avec de nouvelles annonces

Posté par vincy, le 1 juin 2013

casting nymphomaniac lars von trier

Depuis l'annonce du projet Nymphomaniac, Lars von Trier distille habilement (peut-être un peu trop d'ailleurs) les informations sur son prochain film. On a très vite su qu'il comporterait des scènes sexuelles de nature pornographique, puis ce fut la révélation du casting (Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin, Shia LaBeouf, Jamie Bell, Christian Slater, Uma Thurman, Willem Dafoe, Connie Nielsen, Udo Kier, Jean-Marc Barr, Caroline Goodall et Saskia Reeves), et enfin au dernier festival de Berlin la mise en avant des premières images (très sages).

A Cannes, où il est désormais persona non grata, Von Trier a continué son saupoudrage : une photo diffusée sur le site du film, avec l'ensemble des comédiens et Von Trier lui-même (contraint de se taire, avec un adhésif scotché sur la bouche) dans un style très David LaChapelle. La productrice Louise Vesth, chargée de vendre le film ou de rassurer les acheteurs, a apporté quelques précisions : les stars sont doublées par des acteurs porno dès que les plans sont en dessous de la ceinture. "Les comédiens ont fait semblant de faire l'amour. Puis nous avons filmé des doublures qui, elles, font vraiment l'amour. Enfin, nous avons fusionné ces deux éléments avec l'aide du numérique. Au final, au-dessus de la ceinture, ce sera la star, et en-dessous, la doublure."

Dernière nouvelle : le cinéaste informe que son films, divisé en deux parties, sera composée de 8 chapitres.
- Chapitre 1 : Le parfait pêcheur à la ligne
- Chapitre 2 : Jerôme
- Chapitre 3 : Mrs. H
- Chapitre 4 : Delirium
- Chapitre 5 : La petite école d'orgue
- Chapitre 6 : L'église d'orient et d'occident (le canard silencieux)
- Chapitre 7 : Le miroir
- Chapitre 8 : Le pistolet

Tout le question est de savoir comment va s'orchestrer le plan de sortie du film. Nymphomaniac est prévu dans les salles françaises le 30 octobre pour la première partie et le 6 novembre pour la seconde. Est-ce que ce calendrier tient toujours sachant que la productrice de Zentropa a affirmé que l'avant-première mondiale se ferait à Copenhague, où le film ne sort que pour les fêtes ? Le Festival de Venise obtiendra-t-il le film avant? Pour l'instant, la production a signalé que des bribes de ces huit chapitres seraient dévoilés sur www.nymphomaniacthemovie.com au fil des prochains mois, comme s'il s'agissait d'un compte-à-rebours avant le lancement d'une fusée.
Devenu expert en marketing et en buzz, Von Trier continue d'attiser le désir pour rendre son film incontournable, même sans une sélection à Cannes ou des propos polémiques.

Cannes 2013 : Thomas Vinterberg, prix Media de l’Union européenne

Posté par vincy, le 13 mai 2013

thomas vinterberg

Après Asghar Farhadi l'an dernier, c'est le cinéaste danois Thomas Vinterberg qui recevra le prix Media de l'Union européenne dimanche 16 mai à 11h30 au Café des Palmes lors du Festival de Cannes. Ce prix récompense le meilleur nouveau projet cinématographique avec un fort potentiel de succès, susceptible de bénéficier d'un soutien au titre du programme européen MEDIA pour le cinéma. Cela a porté chance à Farhadi (Une séparation) qui avait bénéficié du généreux chèque de 60 000 € pour finaliser le développement de son film Le Passé (lire notre actualité), cette année en compétition à Cannes.

Vinterberg avait été révélé sur la Croisette en 1998 avec Festen, prix du jury. L'an dernier il était en compétition avec La chasse, prix du jury eucuménique et qui permit à Mads Mikkelsen de recevoir le prix d'interprétation masculine. Président du jury des Courts métrages en 1999, le cinéaste danois est cette année président du jury Un certain regard.

Le réalisateur recevra son prix des mains d'Androulla Vassiliou, Commissaire chargé de l’éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse. Un beau cadeau d'anniversaire puisqu'il célèbrera ses 44 ans ce jour là.

Thomas Vinterberg, son co-auteur Tobias Lindholm et sa productrice Sisse Graum (Zentropa) ont été choisis pour leur film Kollektivet (The Commune) : l'histoire retrace la vie dans une commune danoise dans les années 70.

«Le développement est une étape tellement essentielle et une partie éminemment créative du processus de création cinématographique. Quelle chance de pouvoir compter sur une institution telle que le programme MEDIA de l'Union européenne, qui reconnaît et soutient la création cinématographique à son stade le plus délicat!», a déclaré Thomas Vinterberg.

«Les films de Thomas ne sont jamais banals: ils stimulent toujours la réflexion et sont toujours magnifiquement écrits et interprétés. Il n'a pas peur de prendre des risques et, après le succès mondial de son chef-d’œuvre La Chasse, nous sommes impatients de découvrir son prochain film », a déclaré Mme Vassiliou.

Cannes 2012 : Qui est Mads Mikkelsen ?

Posté par MpM, le 20 mai 2012

Avec son visage anguleux et son regard impénétrable, Mads Mikkelsen semble être de ces comédiens capables de tout jouer sans effort. Compositeur post-romantique révolutionnaire, guerrier sauvage ou directeur d’un orphelinat indien, il entre dans la peau de chacun de ses personnages avec une aisance qui le rend systématiquement crédible, et souvent remarquable. Peut-être parce qu’il a commencé sa carrière au théâtre, brûlant les planches de son Danemark natal pendant une dizaine d’années avant de faire une entrée fracassante dans le monde du cinéma avec Pusher de son compatriote Nicolas Winding Refn, le premier volet d’une trilogie noire et violente sur le milieu du crime à Copenhague.

Très vite, les rôles s’enchaînent. Avant d’obtenir son premier grand rôle dans Pusher 2 en 2004, il joue ainsi notamment dans un autre polar signé Anders Thomas Jensen (Lumières dansantes), puis dans la comédie grinçante du même réalisateur, Les bouchers verts, et débute également sa collaboration avec la cinéaste Suzanne Bier (Open hearts), avec laquelle il tournera After the Wedding, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, en 2007.

Tout en poursuivant son travail à domicile, Mads Mikkelsen entame une carrière internationale en 2004 avec Le roi Arthur d’Antoine Fuqua, incarnant Tristan, l’un des chevaliers de la table ronde. Le film ne laisse pas un souvenir impérissable, mais le comédien danois a désormais un pied à Hollywood. Il devient le chiffre, le méchant charismatique de Casino royale, aux côtés de Daniel Craig. C’est un succès à la fois critique et public, qui ouvre à Mikkelsen des horizons insoupçonnés.

Continuant de partager son temps de travail entre cinéma danois et superproductions internationales, l’acteur est Igor Stravinski dans Coco et Igor de Jan Kounen, le sauvage One-Eye dans Le guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn, le chef des gardes royaux d’Argos dans Le choc des titans de Louis Leterrier, le comte de Rochefort dans Les trois mousquetaires de Paul W.S. Anderson et le physicien royal allemand Johann Friedrich Struensee, conseiller du Roi Christian VII du Danemark, dans Une affaire royale de Nikolaj Arcel.

Aussi convaincant en costume d’époque avec perruque qu’en homme d’action abonné à la 3D, Mads Mikkelsen donne l’impression ces dernières années d’avoir surtout privilégié ce second type de rôle. Avec The Hunt (La chasse) du Danois Thomas Vinterberg, en lice pour la palme d’or, il renoue avec un cinéma plus auteuriste sans doute moins spectaculaire, mais peut-être plus payant pour accéder au rêve de tout acteur : un prix d’interprétation dans un grand festival international.

Cannes 2010 : Armadillo, Roi en son pays

Posté par vincy, le 6 juin 2010

Grand prix de la Semaine internationale de la critique à Cannes, Armadillo a aussi frôlé la Caméra d'or (prix du meilleur premier film toutes sélections confondues). Le documentaire danois de Janus Metz, soutenu par une forte polémique politique dans son pays, a réussi un exploit au Box Office. Lors de son lancement la semaine dernière, il a gagné les suffrages du public avec 22 000 spectateurs (56 écrans), dominant tous les autres films, y compris Robin des Bois (2e) et Prince of Persia (3e).

C'est le premier film danois à s'arroger la première place du box office hebdomadaire depuis la comédie familiale locale, Far til Fire - pa japansk en février dernier.

La controverse a aidé. Un véritable débat s'est engagé au Danemark depuis sa projection cannoise. Le doute sur l'engagement du pas en Afghanistan exprimé par l'un des soldats témoins mais surtout la séquence où les soldats achèvent cinq talibans à contraint l'ensemble de la classe politique et même l'armée nationale à se justifier, puis finalement à ouvrir une enquête officielle.

Un acteur gay au Vatican? Vade retro satanas!

Posté par vincy, le 12 mai 2009

thure.jpgDans le dossier de presse de Anges & démons sa filmographie n'est même pas détaillée, alors qu'il joue un second rôle essentiel dans l'intrigue. Thure Lindhart, qui incarne un garde suisse aux ordres de Stellan Skarsgard, se méfiera de Robert Langdon (Tom Hanks) avant d'en devenir un de ses plus fidèles alliés.

Ce comédien  danois de 35 ans est fils de prêtre, neveu d'évêque, ... et parle six langues. Mais surtout il est connu pour son homosexualité notoire. Quelle perversion, donc, de le faire jouer un garde suisse blondinet au sein même du Vatican! Il a vécu 7 ans avec le chef opérateur Simon Holk.

Le beau Thure a été remarqué dans Into the Wild, les films de Ole Christian Madsen et surtout Pelle le Conquérant, qui le révéla. Il brille aussi au théâtre et en voix off de nombreux dessins animés américains traduits en danois. Mais aussi il fut la voix danoise de Numérobis (Jamel!) dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

son site officiel

Et si l’on passait un week-end avec Anna Karina ?

Posté par MpM, le 6 mars 2009

Une femme est une femmePendant trois jours, du 6 au 8 mars, différentes salles arts et essai du Var et des Bouches du Rhône vont rendre un vibrant hommage à l’une des figures les plus marquantes de la Nouvelle vague, l’actrice et réalisatrice Anna Karina. Durant ce "Week-end avec Anna" auront lieu plusieurs projections et rencontres en présence de la comédienne. L’occasion de rencontrer une Anna Karina rayonnante dans un restaurant de Saint Germain des Prés et de revenir avec elle sur les réjouissances du week-end.

Comment avez-vous réagi en apprenant l’existence de ce festival "Un week-end avec Anna" qui vous est entièrement consacré ?
J’ai trouvé ça super sympa et adorable. Je suis touchée. En plus, c’est comme si je revenais sur les pas de Pierrot le fou que nous avions tourné à Toulon et dans l’île de Porquerolles. Comme ce sont de très bons souvenirs, je suis vraiment émue. Et puis ils présentent des films que j’aime [Pierrot le fou, La religieuse, Une femme est une femme…], ainsi que la comédie musicale Anna de Pierre Koralnik, écrite par Serge Gainsbourg.

Justement, comment s’est faite la rencontre sur cette comédie musicale ? Anna Karina
Je ne sais pas pourquoi ils sont venus me chercher, moi. On ne me l’a jamais dit ! Je ne connaissais pas Serge Gainsbourg, à l’époque. Je savais qui il était bien sûr, mais on ne s’était jamais vu ! Peut-être m’ont-ils choisie parce que je chantais dans d’autres films ? J’avais fait des émissions de variétés à la télé aussi. En tout cas, j’étais ravie et enchantée qu’ils me proposent de participer à ce projet. Serge m’a écrit de superbes chansons. Il était très perfectionniste, donc on a beaucoup répété. J’ai même pris des leçons de chant. C’est ainsi qu’est née l’amitié entre Serge et moi. Je l’ai connu avec qu’il ne devienne Gainsbarre, c’était quelqu’un de charmant et gai, toujours très élégant.

Ce qui est terrible, c’est que vous avez eu une carrière très riche, et pourtant on vous parle presque toujours des mêmes films… si vous aviez envie de parler d’un film que personne ne cite jamais, ce serait lequel ?
J’en ai tellement tourné, des films… C’est vrai qu’il y en a plein d’autres que j’aime beaucoup ! Sur tous mes films, il doit bien y en avoir 20 ou 25 qui sont très beaux. Comme L’histoire d’une mère de Claus Week, tourné au Danemark, d’après un conte d’Andersen. Il ne dure que 50 minutes, donc c’est un moyen métrage. On ne peut pas vraiment le voir facilement mais il a été montré dans toutes les écoles de cinéma au Danemark. Il y en a un autre dont les gens me parlent parfois, c’est Shéhérazade de Pierre Gaspard-Huit, qui était plutôt un film pour enfants. Il est très kitsch, très beau. Jean-Luc [Godard] y fait de la figuration : il joue un mendiant qui marche sur les mains ! Bien sûr, on ne peut pas le reconnaître… Lire le reste de cet article »

Charlotte Gainsbourg aux prises avec l’Antéchrist

Posté par MpM, le 19 août 2008

L’actrice française Charlotte Gainsbourg devrait apparaître aux côtés de Willem Dafoe dans le nouveau projet de Lars von Trier très explicitement intitulé Antichrist. Le scénario, conçu comme un thriller psychologique tournant au film d’horreur, a été coécrit par von Trier et le réalisateur danois Anders Thomas Jensen (Les bouchers verts). Il met en scène un couple (Dafoe et Gainsbourg) retiré dans une cabane au milieu des bois suite à la mort de leur enfant, et confronté à des manifestations diaboliques. Le tournage a démarré début août en Allemagne, laissant toute latitude au réalisateur pour achever son film avant le prochain festival de Cannes, dont il est un habitué de longue date.