L’instant Court : exposition Tim Burton à la Cinémathèque

Posté par kristofy, le 10 mars 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Long stay these days réalisé par Peter Naylor, voici l’instant Court n° 69.

La Cinémathèque Française organise une exposition des œuvres de Tim Burton, une rétrospective de ses films bien entendu mais surtout quantités de dessins, photos, sculptures, costumes et autres éléments graphiques divers qui ont été utilisés lors de la préparation de ses tournages.

Pour l’occasion, le réalisateur s’est livré en public à l’exercice de la master-class (après Steven Spielberg il y a quelques semaines). Tim Burton a évoqué son attachement aux films de Vincent Price (la voix de son court-métrage Vincent) et de Ed Wood, aux décors fabriqués plutôt qu'aux trucages numériques sur fond vert (bien que cette technique lui ait valu son plus gros succès commercial avec Alice au pays des merveilles), l’animation image par image avec des marionnettes miniatures, également son Batman (qui a été un succès à l’époque où les films de super-héros n’était pas un genre à la mode) et ses prochains films Frankenweenie (qui sera d'ailleurs proche de son court Vincent, et avec la voix de Winona Ryder) et Dark Shadows où il retrouve Johnny Deep et Michelle Pfeiffer.

Voila donc la bande-annonce de l’exposition Tim Burton à la Cinémathèque française, supervisée par Tim Burton lui-même. Il s’agit d’une déclinaison de celle qu’il avait conçue pour l’exposition de ses travaux au MoMA de New-York.

Vous êtes fan de l’œuvre de Tim Burton ? Alors réalisez vous-même un court métrage d’animation ! Un concours est lancé avec différents partenaires dont la Cinémathèque et Dailymotion. Il s’agit de proposer un film d'animation (dessin-animé, stop-motion, 3D...) proche de l’univers de Tim Burton. Lui-même sera à la tête d’un jury pour départager des lauréats.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Exposition Tim Burton.

L’instant Court : Long stay these days, réalisé par Peter Naylor

Posté par kristofy, le 2 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après The Last Goodbye réalisé par l’actrice Samantha Morton, voici l’instant Court n° 68.

Peter Naylor est un réalisateur qui se définit plutôt comme un créateur d'images (tant photographiques que vidéos), il co-dirige une société de production de divers contenus multimédia.

Pour le groupe de musique Shake Hands Eric, il a mis en image la transition entre deux moments typiques d’une journée comme un vendredi : quitter son job et rejoindre le pub.

Quand la fatigue et la solitude du travail se terminent pour enfin laisser place au repos et aux amis, sauf que le personnage principal est... un clown.

Voila donc le film court Long stay these days, réalisé par Peter Naylor pour Shake Hands Eric.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Long stay these days.

L’instant court : Speechless, réalisé par Tran Anh Hung

Posté par kristofy, le 20 février 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après It's Halftime in America réalisée par David Gordon Green, avec Clint Eastwood, voici l’instant Court n° 66.

A l'occasion du 18ème Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul,  Ecran Noir a pu rencontrer Tran Anh Hung, invité de la section "francophonie d'Asie" avec ses 4 longs métrages L'odeur de la papaye verte, Cyclo, A la verticale de l'été et La ballade de l'impossible.

L'occasion de revenir avec lui sur son travail, et d'évoquer rapidement son expériences dans le domaine du format court. Expériences dont nous vous proposons ici un exemple à travers une publicité volontairement "orientalisante" et glamour.

Ecran Noir : Vos premiers courts-métrages, La femme mariée (à Cannes en 1989) et La pierre de l’attente, sont devenus quasiment invisibles  ?

Tran Anh Hung : Je souhaite qu’ils restent invisibles, ce sont les films les plus tristes qu’on ait pu faire. Je broyais du noir sûrement, je devais être dans une période sombre de ma vie, il n’y a pas beaucoup de plaisir à les voir.

EN : Il vous est également arrivé de réaliser des films publicitaires...

TAH : Je fais très peu de publicités, vraiment quand mon compte en banque est vide c’est à ce moment-là que j’accepte. Pour le spot Marionnaud, c’est leur agence de communication qui a eu ce genre d’idée avec un côté un peu asiatique, c’était leur envie. Je crois que l’agence a bien aimé la réalisation de cette pub mais en fait pas leur client.

Je fais très peu de publicité parce que pour moi faire une image c’est très précieux, je ne voudrais pas m’épuiser à ça. J’en ai fait une dizaine dans ma vie mais c’est minuscule, ce n'est pas grand chose.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Speechless.

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L’instant Court : It’s Halftime in America, avec Clint Eastwood

Posté par kristofy, le 10 février 2012

clint eastwoodComme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le film Corps et Âmes par Jean-Baptiste Mondino avec Golshifteh Farahani, voici l’instant Court n° 65.

La finale du Super-Bowl qui vient d’avoir lieu (le 4 février) a été encore une fois un évènement de télévision aux Etats-Unis avec plus d'une centaine de millions de spectateurs. Comme chaque année, les espaces publicitaires durant le match ont été vendus une fortune, et de nombreux annonceurs en ont profité pour dévoiler de nouvelles publicités inédites. Comme bande-annonce de cinéma, il y a eu Battleship, G.I. Joe 2, Star Wars: La Menace fantôme 3D, Sécurité rapprochée. Madonna y a fait son show pour lancer son nouveau disque et promouvoir sa nouvelle tournée mondiale (le 14 juillet à Paris, le 21 août à Nice).

Une marque d’automobiles s’est offert pour l’occasion un acteur très prestigieux pour sa publicité : Clint Eastwood. Le spot prend la forme d’un court-métrage réalisé par David Gordon Green (réalisateur de L’autre rive, Délire express…) sur le thème de la crise avec un texte qui vise à redonner confiance. Il a été diffusé durant la mi-temps du match avec comme titre C’est la mi-temps en Amérique. Il y est question de la ville de Detroit qui vit beaucoup de l’industrie, et d’entreprises menacées de faillites qui ont été aidées par le gouvernement comme la marque Chrysler qui fait ici sa publicité. A noter que déjà l’année dernière, durant la finale du Super-Bowl, cette marque avait diffusé une pub avec le chanteur Eminem, acteur du film 8 miles qui se passe à Detroit.

Cette fois, on voit un Clint Eastwood proche de son personnage passionné par les voitures dans Gran Torino, avec sa sensibilité politique de républicain de droite. Cette mi-temps américaine a aussi été vue dans son contexte actuel où Barack Obama, gauche démocrate, après 4 ans comme président des Etats-Unis, va se présenter pour un second mandat de 4 ans. L’économie et l’emploi sont des thèmes forts pour les deux partis dans cette campagne présidentielle. La narration de Eastwood à propos des usines de voitures à Detroit est ouverte à toute interprétation politique : les deux équipes discutent de comment gagner… les gens ont presque tout perdu mais retroussent leurs manches… ce qui compte c’est l’avenir… on a reçu des coups mais on se relève, et on va se battre… Face à une polémique naissante Chrysler, tout comme Clint Eastwood, réfutent eux un quelconque sous-texte en faveur d'un parti...

En tout cas, à la diffusion de cette publicité à la mi-temps du match une certaine ferveur patriotique a gagné tout le monde.

Voila donc la publicité It's Halftime in America réalisée par David Gordon Green, avec Clint Eastwood.

Pour qui aurait du mal à comprendre sa voix, il dit en résumé : "People are out of work and they're hurting. And they're all wondering what they're going to do to make a comeback. And we're all scared, because this isn't a game" et pour conclure "This country can't be knocked out with one punch. We get right back up again and when we do the world is going to hear the roar of our engines".

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film It's Halftime in America.

L’instant Court : Noël au rabais, film d’animation… de circonstance ?

Posté par kristofy, le 23 décembre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip I thought I was an Alien réalisé par Soko avec la complicité de Spike Jonze, et afin de finir en beauté cette semaine du court métrage, voici l’instant Court n° 60.

A quelques heures des fêtes de Noël, rien de tel qu’un petit dessin-animé fantaisiste pour laisser vagabonder son imaginaire. Celui-ci a été réalisé par un collectif réunis sous le nom de Code B'@rt Création, et composé d’étudiants d’un centre de formation aux images numériques (l’école Waide Somme, à Amiens). Ils ont représenté un futur en compagnie de clones avec un immense centre commercial qui incite à consommer plus…

Voila donc le court-métrage Noël au rabais. Un homme achète ce qu’il croit être une poupée mais suite à une méprise il découvre qu’il s’agit d’une petite fille, alors il va la jeter à la poubelle. Le chien va essayer de la sauver dans le broyeur à ordure…

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Noël au rabais.

L’instant Court : I thought I was an Alien, réalisé par Soko avec Spike Jonze

Posté par kristofy, le 22 décembre 2011

Le 21 décembre, c'était le Jour le plus court ! Ecran Noir s'est associé à cet événement national et vous propose une semaine de courts métrages, dont certains exceptionnellement visibles seulement jusqu’à cette date.

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, après cette première fête du court-métrage, voici l’instant Court n° 59.

Il était une fois une jeune actrice qui fut repérée dans le court-métrage L'escalier de Frédéric Mermoud, puis révélée dans la comédie Mes copines (comme Léa Seydoux). Elle tourna ensuite dans d’autres films plus sérieux comme A l’origine de Xavier Giannoli en compétition officielle à Cannes, ce qui lui valut une nomination pour le César du meilleur espoir féminin.

Cependant, c’est par la musique que la jeune femme veut s’exprimer. Elle compose et chante jusqu’à enregistrer un disque... qu’elle préfère finalement ne pas sortir pour en refaire un autre, meilleur. Elle continue de donner des concerts un peu partout dans le monde en parallèle avec ses tournages en tant que comédienne. Elle interprète le premier rôle face à Vincent Lindon dans le film Augustine que tourne en ce moment Alice Winocour, et on la verra au printemps dans le film Bye Bye Blondie de Virginie Despentes. Pour son parcours de musicienne, elle s’est choisi comme nom le diminutif  "Soko", et son album sera enfin disponible le 20 février.

Voila donc le clip I thought I was an Alien, réalisé par Soko elle-même. Celui-ci a été tourné à Echo Park en Californie durant le mois d’août, certains plans additionnels ayant été tournés par le célèbre Spike Jonze ! En fait, Spike Jonze avait déjà proposé à Soko de jouer dans son court-métrage de robots I’m here mais ça ne s’était pas fait, et ensuite ils ont travaillé ensemble sur le court Mourir auprès de toi (co-réalisé par Jonze et Simon Cahn) présenté à Cannes.

Ce clip de Soko a été filmé avec un téléphone portable, c’est l’occasion de vous rappeler que vous pouvez participer au prochain Mobile Film Festival (1 minute, 1 mobile, 1 film).

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film I thought I was an Alien.

Succès pour Le jour le plus court : 1,5 million de participants

Posté par vincy, le 22 décembre 2011

L'initiative du CNC pour promouvoir le court métrage à travers une fête nationale, Le jour le plus court, a dépassé ses objectifs. 1,5 million de passants, curieux, visiteurs, spectateurs, téléspectateurs et internautes ont participé aux  5 600 événements organisés le 21 décembre. Michel Gondry et Julie Gayet, deux des parrains de la manifestation, n'ont pas ménagé leurs efforts pour défendre le court métrage.

Les médias ont aussi adhéré à cette initiative, avec de nombreux reportages ou d'annonces (radios, télés, ...). De la soirée inaugurale au Centre Pompidou à la Gare Montparnasse transformée en salle de cinéma, en passant par des théâtres, des prisons, des établissements publics et des grands musées, Le jour le plus court a touché l'ensemble des publics. Les chaînes de télévision et les salles de cinéma ont donné un accès encore plus large à des spectateurs captifs.

Le web n'était pas oublié. Ecran Noir a ainsi enregistré 2 000 visionnages, un record, durant la seule journée du 21 décembre sur son compte Vimeo. Notre site diffusait une sélection des meilleurs courts métrages de notre rubrique "L'instant court".

Cela promet une 2e édition ambitieuse et encore plus populaire.

Le jour le plus court 2011 : Kitchen de Alice Winocour

Posté par kristofy, le 21 décembre 2011

Le 21 décembre, c'est le Jour le plus court ! Ecran Noir s'associe à cet événement national et vous propose une semaine de courts métrages.

Après Il fait beau dans la plus belle ville du monde de Valérie Donzelli, voici Kitchen de Alice Winocour.

Retenez son nom car elle réalise en ce moment même son premier long-métrage et celui-ci pourrait bien être une des belles surprises de 2012 : Augustine avec dans les rôles principaux Vincent Lindon et Soko. On sera en 1885 dans un hôpital, au moment où le professeur Charcot essaye de comprendre une maladie encore inconnue qui serait l’hystérie féminine. Une jeune bonne internée, Augustine, est son d’objet d’étude et va devenir objet de désir…

Alice Winocour est diplômée de la Fémis, section scénario, et elle a collaboré à ceux de Home réalisé par Ursula Meier et de Ordinary men réalisé par Vladimir Perisic. Elle a aussi réalisé de son côté plusieurs courts-métrages dont Magic Paris primé au festival de Cabourg, et Kitchen qui avait été sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2005.

Une jeune femme prépare une recette de homard. Les crustacés se débattent et résistent, elle essaye de les tuer le plus proprement possible dans une spirale d’angoisse…

Attention, dans le cadre du Jour le plus court, ce film ne sera visible que jusqu'au 21 décembre.

Le jour le plus court 2011 : Il fait beau dans la plus belle ville du monde de Valérie Donzelli

Posté par kristofy, le 20 décembre 2011

Le 21 décembre, c'est le Jour le plus court ! Ecran Noir s'associe à cet événement national et vous propose une semaine de courts métrages.

Après Avenue de France de Didier Blasco, voici Il fait beau dans la plus belle ville du monde réalisé par Valérie Donzelli.

Pour les nominations des meilleurs films étrangers aux Oscar 2012 la France a choisi La guerre est déclarée, ce deuxième long métrage de Valérie Donzelli a été l'une des belles surprises de  l’année. Elle s’est fait connaître d’abord comme actrice surtout avec Martha...Martha à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2001, et c’est au même endroit en 2008 qu’a été présenté son premier court métrage en tant que réalisatrice Il fait beau dans la plus belle ville du monde.

Adèle, une jeune trentenaire, décide de rentrer en contact avec Vidal, un musicien qu’elle admire. À sa grande surprise, celui-ci lui répond. Quelques messages sont échangés et une date de rendez-vous est fixée. Avec beaucoup d’enthousiasme, Adèle va à la rencontre de Vidal. Mais il y a une chose qu’elle n’a pas précisée : elle est enceinte.

Attention, dans le cadre du Jour le plus court, ce film ne sera visible que jusqu'au 21 décembre.

Rencontres Henri Langlois 2011 : retour sur les films primés

Posté par MpM, le 20 décembre 2011

rihl poitiers 2011On a beau être habitué à la qualité des films sélectionnés par les Rencontres Henri Langlois de Poitiers, c'est un plaisir toujours renouvelé de découvrir le dynamisme et l’inventivité des tout jeunes réalisateurs contemporains. Il faut dire que la sélection est drastique (cette année, 40 œuvres retenues sur les plus de 1300 reçus), et la concurrence rude. Dans les écoles de cinéma du monde entier, on se bat pour figurer parmi les heureux participants au festival.

Que dire, alors, de ceux qui ressortent vainqueurs de la compétition finale, remportant un (ou plusieurs) prix parmi la petite dizaine qui est décernée ? La première impression, c'est que les différents jurys ont probablement bien travaillés, tant les films primés sortent du lot. Sur les cinq que l'on a pu voir (parmi les 6 qui se partagent les récompenses 2011), pas une seule fausse note. C'est à peine si, parfois, on aurait inversé les niveaux de prix... question de sensibilité subjective plus qu'autre chose.

Chose amusante, sur les cinq films, quatre sont l’oeuvre de réalisatrices, preuve que la relève sera plus homogène que ne l'est l'offre actuelle ! Côté géographie, l'Europe est surreprésentée, avec deux films allemands, un britannique (tourné en Argentine, malgré tout), un polonais et... un russe. Pour sauver l'honneur, le 6e film, un long métrage qui n'était pas présenté lors de la reprise du palmarès à la cinémathèque française, est sud-coréen !

Animation, documentaire, comédie, tragédie... tous les styles ont séduits les jurys, qui ne boudent ni leur plaisir, ni leur conscience politique. Un bel équilibre qui donne un aperçu captivant des préoccupations des jeunes cinéastes. Si l'on devait malgré tout faire un reproche un peu général, ce serait sur la difficulté qu'ont les cinéastes de finir leurs histoires. Souvent, les "chutes" ne sont pas à la hauteur du reste, laissant clairement le spectateur sur sa faim. Mais trêve de généralités et retour sur les cinq films en question.

Reaching out to mama d'Olga Tomenko
Le monde, vu à travers le regard d'une petite fille boudeuse, se pare d'une étrange tonalité fantastique. La jeune réalisatrice distord le réel, rend inquiétant un simple tiroir, et capte la fantaisie cruelle de l'enfance. On est surtout séduit par l'ambiance inconfortable qu'elle parvient à créer, et par le naturalisme saisissant de son actrice.

L'échange de Maria Steinmetz
Un jeune couple se promène fièrement avec un nouveau né. Mais l'enfant est remplacé à leur insu par un bébé troll. De ce conte humaniste en forme d'hymne à la tolérance, la jeune réalisatrice allemande fait une nativité ironique et décalée, en mêlant icônes religieuses et personnages d'heroic fantasy. L'animation, épurée et fluide, apporte une véritable inventivité visuelle au récit, et en renforce l'universalité.

Silent River de Anca Miruna Lazarescu
Dans la Roumanie de Ceaucescu, deux hommes décident de risquer le tout pour le tout : traverser le Danube pour fuir à l'Ouest. Tandis que l'échéance se rapproche, la tension monte, et les obstacles surgissent. On est saisi par l'urgence du propos, qui emprisonne spectateurs et personnages dans un climat de plus en plus anxiogène. Au-delà du récit et de ses conséquences, on ne peut aussi s'empêcher de faire le parallèle avec Welcome de Philippe Lioret, où un jeune homme tentait de traverser la Manche à la nage pour rejoindre l'Angleterre-terre promise. Les époques et les circonstances changent, mais pour les êtres humains qui en sont victimes, le prix de la liberté est toujours aussi dur à payer.

Abuelas d'Afarin Eghbal
Il fallait oser aborder un sujet aussi grave (les enlèvements d'enfants pendant la dictature argentine) dans un film d'animation débridé et fantaisiste. Et pourtant, tout fonctionne à la perfection, des cadres photos qui prennent vie aux jouets qui reconstituent les enlèvements. En voix-off sur ces images presque joyeuses, les témoignages des grands-mères-courage apportent juste l'éclairage nécessaire, sans pathos ni émotions forcée. Malgré une durée réduite (9 minutes), tout est (admirablement) dit.

frozen storiesFrozen Stories de Grzegorz Jaroszuk
Les deux pires employés du mois d'un supermarché froid et anonyme se voient confier une mission étrange : trouver un but à leur existence. Le ton ultra-décalé de cette comédie ironique créée une ambiance à la fois surréaliste et désespérante. Mais surtout, les personnages qui semblent totalement désincarnés sont servis par des comédiens si convaincants (mention spéciale au patron neurasthénique) qu'ils rendent crédibles les situations les plus farfelues.