Et si on regardait… le Festival national d’animation BIS

Posté par MpM, le 8 avril 2020

Alors que Festival d'Annecy, carrefour mondial du cinéma d'animation, vient d'officialiser l'annulation de son édition 2020, qui sera remplacée par une édition en ligne du 15 au 20 juin prochain, le cinéma d'animation n'a pas tout à fait dit son dernier mot. Le Festival national de Rennes, qui avait dû lui aussi renoncer à organiser sa 26e édition, propose en effet dès ce mercredi 8 avril à 10 h une version BIS entièrement dématérialisée !

Grâce au soutien de la plateforme de vidéo à la demande UniversCiné et du média breton de culture en ligne KuB, plusieurs programmes de la sélection officielle 2020, représentant environ 90 films, seront en effet disponibles en ligne jusqu'au 12 avril. Outre les sept programmes de courts métrages en compétition, les internautes pourront découvrir six longs métrages dont J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, La Fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti ou encore L'extraordinaire voyage de Marona d'Anca Damian et Sam-Sam de Tanguy de Kermel en exclusivité VOD.

Seront également accessibles gratuitement les clips - écrans rythmiques, les films bricolés et les films faits maison. Par ailleurs, des interviews exclusives de réalisateurs en compétition seront diffusées sur le site du Festival.

La grande fête annuelle de l'animation française aura ainsi bien lieu, en attendant celle de l'animation mondiale courant juin. L'occasion de vous recommander quelques courts métrages qui valent le déplacement (virtuel), tels que Ruunpe de Boris Labbé, Moutons, loup et tasse de thé de Marion Lacourt, Les songes de Lhomme de Florent Morin, L'heure de l'ours d'Agnès Patron, et des films étudiants, à l'image de L'échappée de Benoit Michelet, Le chant des poissons-anges de Louison Wary ou encore Chat de Rui Chang.

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Festival national d'animation de Rennes BIS
Du 8 au 12 avril
Plus d'informations sur le site de la manifestation

Et si on regardait… Charlot musicien

Posté par MpM, le 1 avril 2020

Non, ce n'est pas un poisson ! En ce premier jour d'avril, nous vous proposons de renouer avec le cinéma burlesque et joyeux de Charlie Chaplin, époque 1916 ! Effet madeleine garanti avec ce court métrage de 25 minutes mettant en scène le célèbre personnage de Charlot en vagabond violoniste et un peu justicier qui distribue des coups de bâton aux méchants et sauve la jolie héroïne.

Comme toujours chez Chaplin, la comédie recouvre une réalité sociale violente, entre misère et exploitation, qui finit systématiquement par se retourner contre les exploiteurs, au profit des plus faibles. Charlot tient ainsi tête à une troupe de musiciens patibulaires, bien décidés à lui voler sa maigre recette, puis à une bande de "bohémiens" (pardon pour les clichés du début du XXe siècle) responsables de l'enlèvement de la jolie jeune fille qu'il a rencontrée. S'en suivent une succession de gags qui fonctionnent à la perfection, malgré les années et l'habitude.

Armé d'un bâton, de son esprit rusé et de sa grandeur d'âme, Charlot offre ainsi une belle revanche à tous les opprimés, et un formidable moment de cinéma à tous les cinéphiles confinés. Moment à partager en famille, évidemment, tant l'humour visuel et les situations à la fois burlesques et romanesques imaginées par Chaplin plaisent au jeune public !

Ce n'est donc pas un hasard si le film est disponible gratuitement sur Bref Cinéma jusqu'au 17 avril, au sein d'un programme de six courts métrages recommandé pour les enfants à partir de 6 ans, comprenant La Saint-Festin de Anne-Laure Daffis & Léo Marchand, Lisboa orchestra de Guillaume Delaperriere, L'hiver de Léon de Pascal Le Nôtre & Pierre-Luc Granjon, Le renard minuscule de Aline Quertain & Sylwia Szkiladz et Sientje de Christa Moesker.

La plate-forme de svod, éditrice de la Revue Bref consacrée à l'actualité du court métrage, propose également chaque semaine trois films en accès libre pour une durée de 7 jours. Le site, dont une nouvelle formule initialement prévue le 25 mars verra le jour après la fin du confinement, est par ailleurs disponible en illimité sur abonnement. Une belle idée pour occuper autrement cette période de vache maigre cinématographique...

Et si on regardait… The Migrating image

Posté par MpM, le 30 mars 2020

Il figurait parmi nos courts métrages préférés de l'année 2018 : The Migrating image de Stefan Kruse est désormais disponible en ligne ! L'occasion de (re)découvrir cette oeuvre importante qui, à partir de photographies et de vidéos trouvées sur les réseaux sociaux ou utilisées par des organismes publics, explore la manière dont sont perçus et représentés les migrants et réfugiés et interroge cette surproduction d'images autour de leurs drames intimes.

Avec une voix off d’une extrême simplicité, Stefan Kruse décortique tour à tour les pages Facebook des passeurs qui affichent paquebots de luxe et autres mers caribéennes, les films de propagande institutionnels qui misent sur l’émotion en présentant les gardes côtes comme des super-héros ou les vidéos faites par les médias pour alimenter leurs différents supports, jusqu’à des films en 360 degrés pour la page Facebook du journal ou de la chaîne.

Dans cette profusion d’images, chacune raconte (comme toujours) sa propre histoire,  au service de celui qui prend ou diffuse ces vidéos, plus que de celui qu’elles mettent en scène. C’est particulièrement saisissant dans les images prises en parallèle au Danemark, d’un côté par les défenseurs des migrants, et de l’autre par des groupes d’extrême-droite qui les rejettent, chacun pensant détenir une vérité absolue sur les réfugiés.

Sous ses airs faussement pédagogiques, le film amène ainsi le spectateur à prendre conscience de ce qui se joue dans chaque image montrée, et à comprendre la stratégie de communication qui accompagne à chaque étape ce que l’on appelle communément la « crise des réfugiés ». Peu importe si l’on donne de la réalité un aperçu parcellaire et orienté du moment que l’on remporte la guerre idéologique, celle des apparences ou tout simplement de l’audimat.

Et si on regardait… Thee Wreckers Tetralogy

Posté par MpM, le 27 mars 2020

Sorti en salles le 4 mars dernier, le programme Thee Wreckers Tetralogy regroupant 4 courts métrages du réalisateur Rosto a vu comme beaucoup d'autres son exploitation stoppée net par la fermeture des salles de cinémas dix jours plus tard. Excellente nouvelle : à l'occasion de la fête du court métrage, son producteur Autour de Minuit le propose exceptionnellement en vidéo à la demande jusqu'au 31 mars !

Pour les amateurs du cinéma si singulier de celui qui nous a quittés prématurément en mars 2019, comme pour ceux qui le découvriront à cette occasion, c'est une chance inestimable de se plonger dans l’univers si cohérent et foisonnant de l’artiste, peuplé de créatures à la fois humaines et monstrueuses. L’occasion rêvée d’entrer dans son oeuvre tentaculaire composée de films sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux (Cannes, Ottawa, Clermont-Ferrand), mais aussi du roman graphique Mind my Gap et de la musique de son groupe The Wreckers, elle aussi disponible en ligne.

La tétralogie réunit quatre films tournés entre 2008 et 2018 (No place like Home, Lonely bones, Splintertime, Reruns, auxquels s’ajoute le documentaire Everything is different Nothing has changed)) qui mettent en scène les membres de The Wreckers dans un trip rock halluciné racontant la mort du groupe originel puis sa renaissance sous une forme virtuelle, Thee Wreckers. Chaque film commence où se termine le précédent, dans un esprit de cadavre exquis mental qui mêle cauchemars éveillés, fantômes, illusions, souvenirs et regrets.

On est ainsi face à une introspection intime dans les méandres d’un passé foisonnant, doublée d'un voyage hypnotique aux confins des “mondes rêvés” de Rosto, cet ailleurs fantomatique et punk où se projette son inconscient, et auxquels la combinaison de différentes techniques (prise de vues réelles, animation en volume, animation 3D) confère une esthétique reconnaissable entre mille. C’est tout simplement passionnant, brutal et sidérant, conduisant le spectateur à cesser de s’interroger sur ce qu’il voit pour profiter pleinement de l’intensité d’une expérience unique. Et pour prolonger la découverte, Autour de Minuit propose d'autres films de Rosto ainsi que des bonus sur sa chaîne youtube.

Et si on regardait… la Fête du court métrage !

Posté par kristofy, le 26 mars 2020

La nouvelle édition de La Fête du court-métrage prévue du 25 au 31 mars c'est maintenant, et c'est un des rares événements qui n'a pas été annulé et qui s'est vite adapté à la pandémie du coronavirus. C'est toujours gratuit et pour tous, mais ça sera sur internet. Rendez-vous sur le portail.lafeteducourt.com pour y visionner, après inscription, autant de films que vous vous voudrez quand vous voudrez, sans sortir de chez vous.

Tout comme le court-métrage qui est le format de film le plus protéiforme, l'organisation de cette manifestation a évolué au fil des années. A l'origine c'était Le Jour le plus Court initié en 2011 à l'initiative du CNC et de l'Agence du court métrage (le 21 décembre, puis durant plusieurs journées un peu avant). Depuis 2016, c'est devenu La Fête du court-métrage (sur plusieurs jours en décembre puis pendant une semaine en mars), toujours sur le même principe : mieux faire connaître le court-métrage au plus grand nombre, en salles de cinéma, au jeune public, à travers des thématiques ou de rencontres...

Cette année encore il y a un programme très riche: les courts incontournables devenus des classiques, huit programmes pour les plus jeunes, une thématique particulière - "Iici et maintenant" -, soit au total plus de 190 films courts à découvrir !

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La Fête du court métrage du 25 au 31 Mars 2020
www.lafeteducourt.com

Clermont-Ferrand 2020 : nos premiers coups de coeur dans la compétition nationale

Posté par MpM, le 7 février 2020

Véritable paradis du cinéphile cinéphage, Clermont-Ferrand propose 31 programmes de cours métrages, rien qu'en compétition. Il faut ajouter à cela les différentes sections rétrospectives ou thématiques, ce qui porte à un niveau vertigineux le nombre d'oeuvres présentées.

Dans ce foisonnement, certains films sont déjà fortement identifiés suite à leur sélection dans d'autres festivals. D'autres, en revanche, avaient jusque-là échappé à notre attention. Parmi ceux-là, nous en avons retenu trois, issus de la compétition nationale, qui auront vraiment marqué cette 42e édition.

Genius loci d'Adrien Mérigeau


On comprend aisément pourquoi Genius loci enchaîne en quelques semaines le Festival Premiers plans d'Angers, Clermont-Ferrand et la compétition officielle de la Berlinale. Le premier court métrage en solo d'Adrien Mérigeau (avec des décors signés Brecht Evens et une séquence animée par Céline Devaux) est une splendeur visuelle et intellectuelle que l'on serait bien en peine de résumer, si ce n'est que son personnage principal, Reine, s'échappe de chez elle et s'enfonce dans le chaos urbain de la nuit, guidée par son écho.

Nous voilà donc face à une errance narrative syncopée, qui donne l'impression d'imiter les volutes du jazz, improvisant en toute liberté, ajoutant ici des images à peine esquissées qui se superposent au plan ; là, au contraire, dépouillant  le cadre de tout détail superflu. Cette esthétique changeante d'une image à l'autre, reflet des émotions de la jeune femme, et des sensations qu'elle traverse, est un tourbillon de formes, de couleurs et de mouvements qui matérialisent la vitalité invisible du monde, ce que l'auteur appelle le chaos urbain.

Le spectateur est pris dans l'énergie débordante de ce flot d'images, envoûté par la virtuosité avec laquelle la ville s'esquisse et se transforme sous ses yeux. Comme si au contact de Reine, les choses étaient soudainement refaçonnées par ses pensées intérieures et par sa vision du monde, à l'image de ces trois harceleurs de rue qui se décomposent en tableaux cubistes, avant de se muer en un minotaure qu'elle abandonne derrière des barreaux. Les allers et retours entre abstraction et dessin figuratif sont également incessants, comme si le film hésitait entre deux manières complémentaires de représenter la réalité dans sa dimension la plus foisonnante. Le résultat est assez époustouflant, à la fois d'une incroyable beauté visuelle et d'une grande force d'évocation, avec une séquence finale qui va crescendo dans l'expression des sentiments intimes les plus enfouis, qui trouvent enfin la possibilité de s'extérioriser.

Jusqu'à l'os de Sébastien Betbeder


Ce n'est pas nous qui allons nous plaindre de la rapidité avec laquelle tourne Sébastien Betbeder, dont on a vu en 2019 successivement deux longs métrages, Ulysse et Mona et Debout sur la montagne. Son nouvel opus est un moyen métrage formidable qui renoue avec la veine la plus absurde et décalée de son cinéma, dont on aime tant la liberté de ton et la vivacité d'esprit.

Il s'agit donc de la rencontre entre Thomas, pigiste au Courrier Picard, et Usé, musicien et ancien candidat aux élections municipales d'Amiens, qu'il est chargé d'interviewer. Le premier plan nous montre Thomas qui explique à son interlocuteur qu'il lui a menti pour expliquer son retard : non, son père n'a pas eu d'AVC. Il a juste eu du mal à se remettre d'une soirée trop arrosée. A ce stade, la situation pourrait être délicate, et compromettre l'interview. Sauf qu'Usé s'avère très compréhensif, et même compatissant. On s'en rendra vite compte, ces deux-là sont faits pour s'entendre, et se sont bien trouvés. D'ailleurs, on les prend pour des frères jumeaux.

De scènes hilarantes (la longue tirade d'Usé imitant Emmanuel Macron devant son ancien lycée) en idées poétiques (brûlant un cierge pour que son ex-copine revienne vers lui, Thomas se laisse parasiter par un autre souhait, qui finira bien par être exaucé), Jusqu'à l'os est une balade punk et ultra-contemporaine dans le monde d'aujourd'hui. Pas dans le monde trop réel des violences policières et des grands capitaux qui marchent au pas, non, mais plutôt dans celui, plus fantasmé et fantaisiste, de ceux qui refusent de céder à la peur et à la bêtise. Les personnages ont l'esprit, l'attitude, l'idéalisme des gens qui luttent, même si c'est par des actes plus poétiques que politiques, et que le "parti sans cible" créé par Usé n'a recueilli que 2,2% des voix aux élections municipales de 2014. On se laisse donc entraîner sans la moindre arrière-pensée dans le périple joyeux et fraternel de ces deux héros magnifiques, notre seul regret étant de ne pas pouvoir passer plus de temps avec eux.

Qu'importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui


Cette coproduction franco-marocaine menée de main de maître par la réalisatrice Sofia Alaoui relève le pari osé de proposer un film d'anticipation épuré et minimaliste dans les montagnes de l'Atlas. Abdellah, un jeune berger, doit descendre au village pour acheter de quoi nourrir ses bêtes qui dépérissent. Mais il découvre que tous les villageois sont partis, effrayés par l'arrivée de créatures venues d'une autre planète.

Avec une âpreté d'écriture renforcée par la topographie austère des  lieux où se déroule le récit, le film ausculte le bouleversement que produit chez les différents personnages la pensée que l'être humain n'est pas seul au monde. Il y a la jeune femme qui voit une bénédiction dans cette révélation, parce qu'elle lui permet de prendre son destin en mains. Le fou du village, lui, s'enthousiasme sur ces extraterrestres qui viennent "éclairer notre ignorance". Et puis il y a le père d'Abdellah qui le traite de mécréant, et ne peut supporter de voir son système de pensées remis en cause.

Sofia Alaoui ajoute ainsi à son récit de science fiction ultra-naturaliste et parfaitement tenu une dimension de parabole métaphysique qui vient remettre en cause tout azimut les traditions, les coutumes et les croyances humaines. "Et si tout ce que nous croyons était faux ?" balbutie Abdellah, abasourdi par l'étendue du vide qui s'ouvre soudain sous ses pieds. La fin ouverte nous renvoie à nos propres certitudes, et aux difficultés que nous avons parfois à les voir questionnées.

Clermont-Ferrand célèbre Olivier Smolders, Rosto, la Pologne et les « mondes paysans »

Posté par MpM, le 3 février 2020

La 42e édition du Festival de Clermont-Ferrand bat son plein jusqu'au 8 février, portant comme chaque année un coup de projecteur capital sur l'univers du court métrage. La manifestation peut se réjouir de son succès sans cesse renouvelé (il a comptabilisé en 2019 plus de 165 000 entrées dans ses salles et réuni 3 600 professionnels accrédités), qui en fait le carrefour incontournable du format court à l'échelle internationale.

Cette année, c'est la Pologne qui est à l'honneur à travers une sélection de films, pour la plupart inédits à Clermont, datant des 10 dernières années. En parallèle, une rétrospective est proposée autour des "mondes paysans", réunissant des films d'Alain Cavalier (La Gaveuse), Frédéric Back (L'Homme qui plantait des arbres) ou encore Hubert Charruel (Les Vaches n'auront plus de nom).

Un hommage sera également rendu au cinéaste belge Olivier Smolders (Adoration, Petite anatomie de l’image, Axolotl...), qui recevra un Vercingétorix d’honneur, ainsi qu'au Néerlandais Rosto, disparu prématurément en 2019, à qui sont consacrées deux expositions et un programme spécial.

Enfin, les trois compétitions traditionnelles permettront de (re)découvrir le meilleur du court métrage du moment, répartis entre sections nationale, internationale et "labo". On y croisera des incontournables comme L'Heure de l'ours d'Agnès Patron, La distance entre le ciel et nous de Vasilis Kekatos, Moutons, loup et tasse de thé de Marion Lacourt, She runs de Qiu Yang, Physique de la tristesse de Theodore Ushev, Acid rain de Tomek Popakul, et des nouveautés attendues, à l'image de Genius Loci d'Adrien Mérigeau (également présenté à Berlin), Teen horses de Valérie Leroy, No one is crazy in this town de Wregas Bhanuteja ou Jusqu'à l'os, le nouveau film de Sébastien Betbeder.

Les festivaliers ne manqueront donc pas d'occupations lors de cette semaine au rythme du court métrage. Heureusement, l'un des grands avantages du format court est qu'il multiplie les plaisirs, permettant de voyager en Indonésie, en Géorgie, au Brésil, puis au Canada et en Allemagne en l'espace d'un seul programme ! Alors n'hésitez plus : comme on se plaît à le répéter, si vous aimez le cinéma, allez à Clermont !

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42e édition du Festival de Clermont-Ferrand
Du 31 janvier au 8 février 2020
Programme et informations sur le site du festival

Pourquoi aller voir L’odyssée de Choum au cinéma

Posté par MpM, le 29 janvier 2020


Parce que c'est un très joli programme de courts pour les tout petits
Si l'on veut donner le goût du cinéma aux enfants, il faut commencer par les emmener très jeunes en salles, pour y découvrir toutes sortes de films, et pas seulement les blockbusters estampillés Disney qui battent des records au box-office. Or voilà l'occasion rêvée avec ce programme tout doux, vraiment idéal dès trois ans, qui réunit Le Nid de Sonja Rohleder, L'oiseau et la baleine de Carol Freeman et L'Odyssée de Choum de Julien Bisaro. On y suit un bel oiseau coloré prêt à tout pour se faire des amis, un baleineau qui se lie d'amitié avec un petit oiseau en cage, et enfin une petite chouette qui part à l'aventure un peu malgré elle.

Parce que l’histoire de Choum est vraiment adorable
C'est le film le plus long du programme, qui lui donne d'ailleurs son nom : L'Odyssée de Choum suit un bébé chouette à peine éclos qui, suite à une tempête, doit partir à la recherche de sa mère. Elle entraîne dans l’aventure son frère qui n’est toujours pas sorti de son œuf. S’en suit un très joli conte initiatique qui s’adresse aux plus jeunes spectateurs en abordant des thèmes qui leur sont familiers comme la complicité au sein d’une fratrie et la prise d'indépendance, et d’autres plus graves comme la perte ou l’abandon. Les aventures des deux bébés chouettes sont à la fois pleines de rebondissements et d'humour, mais également propices à la rêverie et à la contemplation. Le rythme n'en est donc pas trépidant, et la narration demeure d'une grande simplicité tout en essayant de sensibiliser les jeunes spectateurs à des enjeux environnementaux simples. Par exemple, les animaux sont véritablement considérés comme tels (ils ne parlent pas, par exemple), et non comme des "peluches vivantes".

Parce que c'est très beau
Qu'il s'agisse du Nid, avec ses taches colorées sur fond noir, de L'oiseau et la baleine avec sa splendide scène de tempête en peinture sur verre, ou de l'Odyssée de Choum qui magnifie la nature, les trois films jouent la carte d'un graphisme doux et tout en rondeur qui est assez réussi. Le Nid propose ainsi des passages quasi abstraits, dans lesquels n'existent plus que la couleur et le mouvement mêlés. Plus classique, mais aussi plus émotionnel, L'oiseau et la baleine s'amuse avec l'esthétique des fonds marins. Quant à L'odyssée de Choum,  on doit reconnaître qu'il nous cueille avec la frimousse excessivement mignonne de la petite chouette, mais aussi avec ses décors très travaillés et cette jolie idée de représenter le petit frère de Choum en transparence dans son oeuf, attendant son heure pour naître.

Le Temps presse : c’est parti pour la 9e édition du premier festival international de cinéma engagé et responsable

Posté par MpM, le 22 janvier 2020

Le Festival Le temps presse, dont la 9e édition se tient jusqu'au 26 janvier à Paris, poursuit deux objectifs : mettre en valeur de jeunes réalisateurs actifs dans un cinéma responsable, fort d'un engagement social, environnemental et humain, et sensibiliser le public aux objectifs de développement durable.

Pour cela, il propose une sélection de 9 longs-métrages présentés en avant-première comme Light of my life de Casey Affleck, Trois étés de Sandra Kogut, Notre dame du Nil d'Atiq Rahimi ou encore les documentaires Partir ? de Mary-Noel Nibas, 2040 de Damon Gameau et Woman d'Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand.

Côté courts, les spectateurs pourront découvrir une trentaine de films dont le Grand prix d'Annecy en 2019, Mémorable de Bruno Collet, en course pour les Oscars, La politique de l'autruche de Mohammed Houhou, Vilaine fille d’Ayce Kartal (César 2019 du meilleur court d'animation) et Le Mans 1955 de Quentin Baillieux.

Enfin, grande nouveauté de cette 9e édition, le Village du Festival s'installe à Ground Control dans le 12e. Outre des animations, stands, expériences live et expositions pendant le week-end, il accueillera plusieurs débats, dont "Voyager responsable et se faire plaisir !", "La mode peut-elle être équitable ?" et "Environnements virtuels et santé augmentée".

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9e édition du Festival Le Temps presse
Du 22 au 26 janvier
Informations et programme sur le site de la manifestation

Le Festival Ciné-Junior souffle ses 30 bougies

Posté par MpM, le 21 janvier 2020

Ciné-Junior, Trentième ! Le plus important festival international de cinéma Jeunes Publics de France fête en effet son 30e anniversaire du 22 janvier au 4 février dans plus de 50 lieux partenaires du Val-de-Marne et d'Ile-de-France.

Au programme, plus de 100 films et 450 séances pour les enfants à partir de 2 ans, mêlant à la fois une sélection d'avant-premières, une compétition internationale de longs métrages et 4 programmes de courts inédits, sans oublier une thématique autour de la Fête, une rétrospective spéciale 30 ans, et un focus sur la réalisatrice Florence Miailhe mais aussi des ateliers, des rencontres, des animations et de nombreuses surprises.

Côté nouveautés, on sera particulièrement attentifs au long métrage allemand Fritzi de Ralf Kukula et Mathias Bruhn qui restitue la chute du mur de Berlin à travers le regard d’une enfant éprise de justice et de liberté ; à Antigone de Sophie Deraspe, relecture contemporaine de la pièce de Sophocle qui a obtenu le prix du meilleur film canadien lors du dernier festival de Totonto (en salles le 8 avril), à l'Odyssée de Choum de Julien Bisaro, programme de courts métrages tous doux pour un très jeune public (en salles le 29 janvier), et bien sûr à Adolescentes de Sébastien Lifshitz, chronique documentaire contemporaine qui sortira le 25 mars.

Par ailleurs, la thématique autour de la fête propose des films passionnants à partager en famille, comme Panda petit Panda de Isao Takahata, Jour de fête de Jacques Tati, Le grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert, ou encore Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy.

Enfin, il ne faudra pas passer à côté de la rétrospective consacrée à la réalisatrice Florence Miailhe dont on attend cette année le premier long métrage, La Traversée. Les jeunes spectateurs auront ainsi la chance de découvrir une dizaine de minutes inédites du film, ainsi que trois de ses courts métrages : Au premier dimanche d'août, Les oiseaux blancs, les oiseaux noirs et Conte de quartier.

Un festival indispensable pour former les jeunes cinéphiles et passer des moments de partage et d'échanges en famille, qui a déjà permis de découvrir pas mal de petites pépites cinématographiques pour la jeunesse, dont certaines, à l'image de La petite taupe de Zdenek Miler et du Chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa seront à nouveau présentés dans le cadre de la rétrospective anniversaire.

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30e édition de Ciné-Junior
Du 22 janvier au 4 février 2020
Informations et programme sur le site de la manifestation