L’instant Court : L’amour à contrechamp, avec Katsuni

Posté par kristofy, le 6 janvier 2012

katsuniComme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après un Retour sur 10 films marquants de l’année 2011, voici l’instant Court n° 62.

Elles ne sont pas si nombreuses les actrices françaises à avoir du succès aux Etats-Unis : Juliette Binoche, Marion Cotillard… et Katsuni.

Présenter Katsuni pour qui n’aurait jamais entendu son nom est plutôt délicat en utlisant quelques mots en français, ceux-ci se révèlent moins jolis qu’elle : actrice porno et strip-teaseuse peuvent malheureusement résonner de manière péjorative. Katsuni est une star du X en France et aux Etats-Unis, et pour une fois les mots en anglais sont préférables : la belle est une adult movies actress et une show-girl. Elle a déjà reçu une trentaine de prix internationaux,  c'est l'actrice X française la plus populaire dans le monde. Katsuni est régulièrement invitée dans des émissions de télé et de radio pour faire dresser leur audience, elle a été elle-même animatrice télé (sur MCM et sur Tps Star)… Katsuni écrit aussi des chroniques sur les coulisses de l'industrie du porno sur un blog du magazine Les InRocks.

Katsuni a déjà quelques expériences comme actrice dans le cinéma, elle est choisie par Gaspar Noé pour son court-métrage We fuck alone (un segment du film Destricted) et elle a fait une voix dans le film d’animation Les Lascars de d’Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz. Ces deux films avaient d’ailleurs été sélectionnés par La Semaine de la Critique au Festival de Cannes.

Voila donc L’amour à contrechamp, un court-métrage réalisé par Frédéric Murarotto, avec notamment l’acteur Nicolas Ullmann (retouvez-le ici) et aussi Katsuni. On y découvre le tournage d’un film où les deux comédiens qui doivent jouer une scène d’amour se détestent…

A noter : les cinémas MK2 organisent un concours de courts-métrages, et les dix films gagnants seront diffusés en avant-séance, plus de 200 films ont été proposés dont celui-ci. On vous invite donc à voter pour L'amour a contrechamp : cliquez sur le "V" en haut a gauche de l'ecran de la vidéo pendant que le film se joue.


Le réalisateur Frédéric Murarotto nous a confié ceci : « Je connais Katsuni depuis longtemps et j'ai toujours trouvé qu'elle avait un grand sens comique. Elle n'a pas peur du ridicule et fait preuve d'autodérision ce qui constitue pour moi, une preuve de plus de son intelligence. Une des raisons qui la mette au dessus des autres d'ailleurs dans le monde du porno. »

L’actrice Katsuni nous commente l’expérience du tournage de L’amour à contrechamp :

- Ecran Noir : Qu’est ce qui est différent entre être reconnue comme une actrice professionnelle du X et devenir une célébrité publique connue plus largement par tous ? 
- Katsuni :
A partir du moment où l'on est présent dans des médias grand public, on rentre dans la sphère qui lui correspond, on n'est par conséquent plus reconnu, plus accepté, plus apprécié (si évidemment on se montre sympathique sur un plateau télé) même si on reste évidemment une bête curieuse. Les gens vous voient plus comme une personnalité qu'une "simple" actrice porno, vous prenez  à leurs yeux plus de valeur. Ils ont moins de pudeur, moins de gêne à admettre qu'ils vous reconnaissent, ils peuvent même devenir "fans" uniquement parce que vous avez fait bonne impression. Tenir un blog est une parfaite opportunité de s'exprimer pleinement, sans être censuré. On est toujours plus ou moins manipulée lors d'une interview. En écrivant je vais au-delà de l'image X, je m'exprime autrement que par mon corps et me fais connaître par mes idées. C'est une excellente manière de créer un lien avec le public quelque soit son goût ou son aversion pour le porno, et pour ne pas rester en marge. Tout cela peut en effet encourager les opportunités professionnelles puisqu'être un personnage public, plus accessible, rassure ; mais il faut rester lucide, une actrice porno garde toujours une étiquette très forte. Etre connue ne suffit donc pas forcément à briser tous les tabous et préjugés. Il faut du temps pour véritablement faire ses preuves.

- Ecran Noir : Comment le réalisateur Frédéric Murarotto vous a convaincu d’apparaître dans son projet de court-métrage ?
- Katsuni : Il n'a pas eu besoin de me convaincre ! Pour être honnête, il a suffi qu'il me parle de son projet en me faisant le lire le script pour que je suis sois partante. L'amour à contre-champ est très bien écrit, très drôle. J'ai adoré y participer, et je serai la première à répondre présente le jour où Frédéric me propose un deuxième projet. Peu importe si le rôle reste un clin d'œil. Ce qui importe est de participer à quelque chose qui m'interpelle et m'amuse.

- Ecran Noir : Le cliché d’un fossé infranchissable entre le monde du ‘film X’ et celui du ‘cinéma traditionnel’ semble-t-il toujours aussi profond ?
- Katsuni : Infranchissable je ne pense pas, tout est possible, c'est une question de «bon moment » mais il est vrai que jusqu'à présent il reste un clivage très fort entre ce qu'on appelle, dans notre industrie, le “tradi” et le porno. Il y a un snobisme évident de la part du cinéma mainstream, et même une maquilleuse ou un photographe de plateau usera en général d'un pseudonyme s'il travaille dans les deux milieux de peur d'être rejeté de la sphère traditionnelle. Ce tabou existe également aux Etats-Unis. Il est vrai qu'on fait aussi appel aux actrices porno uniquement pour des apparitions sexy ou dénudées, parfois même, simplement pour de la figuration érotique. Ça ne m'intéresse pas. En revanche un petit caméo est sympathique. J'ai par exemple dernièrement fait une apparition dans le long-métrage Les Kaïras de Franck Gastambide. J'ai aussi travaillé avec Gaspar Noé, la série Les Lascars... Dans tous les cas je reste dans mon propre personnage de “Katsuni actrice porno”. C'est d'un côté la preuve que ma notoriété suffit à me faire inviter dans des projets mainstream mais je n'ai pas encore franchi la frontière et fait mes preuves en tant qu'actrice au sens fort du terme. Ca viendra. Je le veux et j'en suis absolument capable. Reste à trouver les bonnes personnes qui auront assez de tripes pour relever le défi avec moi.

- Ecran Noir : La technique du champ-contrechamp qui est si bien expliquée ici est-elle ou pas une pratique courante aussi dans le X ?
- Katsuni : Plus dans les tournages de film érotique que dans le porno. Dans les films X actuels on ne découpe plus  autant de cette manière et on ne simule pas. Au contraire on suit l'action, les mouvements de caméra sont fluides et mobiles. Il y a simplement ce qu'on appelle des plans de coupe pour certaines transitions, avec des gros plans sur les visages, des parties de corps.

- Ecran Noir : Tu es aussi passé derrière la caméra en devenant productrice et réalisatrice de films X, qu’est ce que ça change ?
- Katsuni : Ça change tout ! C'est difficile d'être à la fois actrice et réalisatrice de son film, tu ne peux pas te laisser aller mentalement, tu dois rester dans le contrôle, mais c'est très stimulant et ça permet de montrer beaucoup plus de sa propre sexualité, de ses propres délires. Dans mes castings par exemple j'adorais montrer que l'on pouvait se faire plaisir et se laisser aller sans aucune expérience, avec spontanéité. C'était parfois très drôle. Je travaille actuellement sur un film scénarisé pour Dorcel. C'est un vrai défi car je veux parler d'émotions, pas simplement de sensations.  Dans l'immédiat je vous recommande l'orgie que j'ai réalisée pour Dorcel. Ce fut ma 1ère expérience pour un projet de cette ampleur. Pas facile, mais j'apprends !

- Ecran Noir : De toutes les situations de comédie de ce court-métrage, tu as été confrontée auxquelles lors de tes tournages ?
- Katsuni : J'ai déjà vu des acteurs et actrices se faire la gueule mais pas vraiment se disputer. Ca rendrait le rapport impossible, il faut forcément que chacun prenne sur lui. S'il y a vraiment prise de tête pour des raisons personnelles ou professionnelles, les acteurs annulent la scène mais c'est vraiment une situation rare. Les retouches maquillage sont systématiques. Une maquilleuse peut tout à fait intervenir sur un plateau alors que la fille est en levrette sur un canapé et venir retoucher sa bouche qui vient de s'activer sur son partenaire ! La présence de personnes étrangères au tournage pendant la scène hard n'est pas tolérée. Même les journalistes sont rarement acceptés, ou les amis, la présence des proches, du petit-ami...ce n'est pas pro et ça perturbe les acteurs. En ce qui me concerne je n'ai pas de problème à tourner avec quelqu'un que je n'aime pas, à moins que ma répulsion soit trop forte et dans ce cas je le mets en “blacklist”. A partir du moment où il est pro et me respecte on fait tous les deux notre boulot et je me conditionne de telle sorte qu'il me plaise le temps de la scène. Parfois même ce type de relation peut pimenter le rapport sexuel. On est alors dans un rapport de force et cela peut donner une bonne énergie visible à l'image.

- Ecran Noir : une étude américaine a comparé une centaine de films de cinéma qui ont eu le plus de succès au box-office ( 100 films de 2009 avec 4342 personnages...) pour trouver que 25,8 % des personnages féminins apparaissent en tenue légère contre 4,7 % des hommes , qu’est ce que ça vous inspire ?
- Katsuni : Je ne suis pas étonnée. On est dans une industrie de l'image. Les films qui cartonnent ne sont pas les films d'auteur mais des blockbusters comme Transformers où l'on va jusqu'à choisir l'actrice uniquement pour sa plastique.  Une jolie femme c'est vendeur. Une jolie femme dénudée ça l'est encore plus ! Mais attention on parle ici d'une étude américaine et j'ai quand même l'impression que le cinéma là-bas et son public ne sont pas forcément les mêmes qu'en France non ? Enfin il serait intéressant de voir la proportion de réalisateurs hommes et femmes. Peut-être que cela joue également. Au final nous savons bien que ce n'est pas ça qui fait un bon film.

Katsuni vous propose de la suivre sur son twitter.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film L’amour à contrechamp.

César 2012 : 31 révélations (et non plus 32) en 90 secondes dans 400 salles

Posté par vincy, le 29 décembre 2011

Ils ne sont plus que 31. Une comédienne manque à l'appel dans la liste des jeunes interprètes sélectionnables pour les nominations du Meilleur espoir (masculin et féminin) des prochains César (voir la liste). Agathe Bonitzer (photo) a, en effet, été retirée de la liste car son film, Une bouteille à la mer, de Thierry Binisti. Et pour cause : le film ne sortira finalement que le 8 février prochain.

Pour soutenir le jeune cinéma français, les César, avec le partenariat de Chaumet, va présenter ces talents de demain à travers le projet "Révélations 2012" : un film de 90 secondes réalisé par le photographe Jean-Baptiste Mondino, qui sera diffusé dans plus de 400 salles de cinéma du 18 au 31 janvier 2012.

A cela s'ajoutera un coffret collector tiré à 400 exemplaires présentant les 31 comédiens à travers l'oeil du photographe.

Succès pour Le jour le plus court : 1,5 million de participants

Posté par vincy, le 22 décembre 2011

L'initiative du CNC pour promouvoir le court métrage à travers une fête nationale, Le jour le plus court, a dépassé ses objectifs. 1,5 million de passants, curieux, visiteurs, spectateurs, téléspectateurs et internautes ont participé aux  5 600 événements organisés le 21 décembre. Michel Gondry et Julie Gayet, deux des parrains de la manifestation, n'ont pas ménagé leurs efforts pour défendre le court métrage.

Les médias ont aussi adhéré à cette initiative, avec de nombreux reportages ou d'annonces (radios, télés, ...). De la soirée inaugurale au Centre Pompidou à la Gare Montparnasse transformée en salle de cinéma, en passant par des théâtres, des prisons, des établissements publics et des grands musées, Le jour le plus court a touché l'ensemble des publics. Les chaînes de télévision et les salles de cinéma ont donné un accès encore plus large à des spectateurs captifs.

Le web n'était pas oublié. Ecran Noir a ainsi enregistré 2 000 visionnages, un record, durant la seule journée du 21 décembre sur son compte Vimeo. Notre site diffusait une sélection des meilleurs courts métrages de notre rubrique "L'instant court".

Cela promet une 2e édition ambitieuse et encore plus populaire.

Festival du Film de Vendôme : une semaine de découvertes

Posté par christophe, le 11 décembre 2011

Tout au long de cette semaine, il s'est passé de nombreux événements riches et variés au 20ème Festival du Film de Vendôme.

Sans pouvoir être exhaustif, lundi 5 décembre, par exemple, certains élèves du lycée Rotrou ont eu la chance d'avoir une rencontre exclusive avec Benoît Forgeard à la fois membre du jury, réalisateur et acteur dans Réussir sa vie. Son film fut d'ailleurs projeté samedi 3 décembre. Il se situe entre Le Sens de la vie, des Monty Pythons, et un humour à la Gotlib. Le réalisateur nous sert là un film délirant, ou plutôt "barré" selon son expression.
Autre bijou: Là où meurent les chiens, de Svetlana Filippova. Il s'agit d'un court métrage d'animation de sable sur verre. C'est un film très émouvant, avec peu de dialogues. Il retrace la vie d'un chien avec une dimension spirituelle. La réalisatrice enchante notre regard et notre esprit par une prouesse technique qui allie originalité et contraste.
Autre belle surprise durant ce festival: Le Marin masqué, de Sophie Letourneur, est un court métrage sur deux parisiennes, Laëtitia et Sophie, qui partent en virée en Bretagne. Laëtitia va revoir son amour de jeunesse, "le marin masqué". La jeune réalisatrice nous offre un film léger et plein d'humour. L'histoire en elle-même n'a pas une grande importance, c'est une toile de fond qui laisse place au côté artistique en privilégiant l'image et le son.
Une belle révélation aussi avec Dicen, réalisé par Ruiz de Azua Alauda. C'est  une histoire à la fois émouvante et dure. Pourquoi est-on persécuté lorsque l'on est différent ? La réalité de Dicen marque le spectateur. Cette fiction dénonce les problèmes d'une société moderne et hypocrite qui reste indifférente face à la méchanceté gratuite et l'acharnement.
Mardi 6 décembre, nous avons assisté à Instants critiques, une pièce de théâtre mise en scène par François Morel et interprétée par Olivier Bloche, Olivier Saladin et Lutèce Sassela dont le jeu était surprenant, plaisant et juste. Les avis des "acteurs-critiques" s'opposent durant toute la pièce et la première partie traite de la Nouvelle Vague: on passe de Truffaut à Godard, sans oublier Rohmer... Serait-ce un hommage ?

Un festival sous le signe du plaisir, qui s'est clôt avec le traditionnel palmarès.

Palmarès

- Grand Prix National
Le Marin masqué, de Sophie Letourneur

- Grand Prix Européen
Killing the chickens to scare the monkeys, de Jens Assur

- Prix Spécial du Jury
Compétition Nationale: Un monde sans femmes, de Guillaume Brac
Compétition européenne: Girl, de Fijona Jonuzi

- Prix Spécial 20 ans
Et ils gravirent la montagne, de Jean-Sébastien Chauvin
La Maladie blanche, de Christelle Lheureux

- Prix de la Jeunesse
Compétition Nationale: Les Pseudonymes, de Nicolas Engel
Compétition européenne: Dicen, de Ruiz de Azua Alauda

- Prix de la Mise en Scène
Birdboy, de Alberto Vasquez et Pedro Rivero

- Prix d'Interprétation
Alexandre Steiger dans Le Commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien, de Erwan Le Duc

- Prix du Public
Asylum, de Joern Utkilen

- Prix Format Court
La Maladie blanche, de Christelle Lheureux

- Prix Cinécole en Vendômois
Citrouilles et vieilles dentelles, de Juliette Loubières

Martin Scorsese soutient Le Jour le plus court

Posté par vincy, le 8 décembre 2011

A l'occasion de son voyage promotionnel à Paris pour la sortie du film Hugo Cabret, Martin Scorsese a accepté d'apporter son soutien à la grande fête du court métrage initiée par le CNC, Le jour le plus Court.

L'événement aura lieu le 21 décembre 2011.

Martin Scorsese a tenu à saluer, auprès de Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, et Eric Garandeau, P-DG du CNC, "l'initiative qui permet de faire la promotion du format court auprès d'un large public partout en France" selon les termes du communiqué.

Mélies sur trois écrans géants à la Gare Montparnasse

"Ce soutien marque aussi l'attachement de Martin Scorsese au réalisateur Georges Méliès dont on célèbre cette année le 150ème anniversaire de la naissance" et qui est la vedette du film Hugo Cabret. A l'occasion du Jour le plus Court, le public pourra découvrir 4 films de Mélies toute la journée, au coeur de la Gare Montparnasse, sur 3 écrans géants. Dans Hugo Cabret, Mélies tient une boutique de jouets et de confiserie au coeur de la gare...

Ecran Noir fêtera aussi le court métrage ce jour-là (voit lejourlepluscourt.com).

Festival du film de Vendôme : 20 ans déjà !

Posté par christophe, le 3 décembre 2011

Le Festival du film de Vendôme a 20 ans. C'est un âge assez avancé pour pouvoir revendiquer fièrement une identité propre. C'est aussi l'âge de l'audace et de l'avenir, deux des axes majeurs de cette manifestation qui a eu à coeur de mettre l'accent sur les premiers pas, les tentatives innovantes et les projets ambitieux.

A l'origine, le Festival s'appelait Images en région. Il était organisé pour la première fois en 1991 par l'APCVL (association devenue Centre Images). C'est alors la première manifestation consacrée aux oeuvres produites avec le soutien des collectivités territoriales. Première manifestation cinématographique en Région Centre, le Festival a été créé dans l'optique d'apporter une visibilité au court métrage et de promouvoir les oeuvres soutenues par les collectivités territoriales, françaises et européennes, à travers un vaste panorama de longs métrages inédits, un focus sur le cinéma d'animation, des rétrospectives, des cartes blanches, des ateliers... Une multitude de points de vue en présence de cinéastes.

Au fil des ans, l'événement a en effet évolué et su plaire par son originalité et continue de séduire les artistes comme les festivaliers, toujours de plus en plus nombreux au rendez-vous (10 000 l'an dernier). En témoigne la présence cette semaine de certains acteurs de sa création réunis pour célébrer ce bel âge : 20 ans. Autrefois ciblé sur le court métrage français, il s'est ouvert à la création internationale, puis au long métrage et au documentaire. Le Festival est aussi un lieu de rendez-vous pour les professionnels mais aussi pour les spectateurs et la jeunesse. La réussite du Festival réside dans sa capacité à fédérer l'enthousiasme autour d'une programmation d'avant-garde, où l'énergie créative bouscule les barrières des genres, des formats et des conventions.

Pour cette édition anniversaire, du 2 au 9 décembre 2011, le Festival occupera les écrans du Minotaure et du Ciné Vendôme. Ce sera assurément une grande fête du cinéma !

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Site internet du festival avec tout le programme

L’instant Court : Dans mon jardin, réalisé par Sylvain Gillet

Posté par kristofy, le 2 décembre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Bandit Manchot réalisé par Domnique Heinry avec Marie Denarnaud, voici l’instant Court n° 56.

Le mois de décembre annonce les vacances de Noël et en même temps un nouveau record d’entrées en salles pour le film Intouchables : avec plus de 10 millions de spectateurs, ça sera le film le plus vu de l’année. Certains des gros blockbusters américains (comme Harry Potter 7, Twilight 4Mission Impossible 4…) ne bénéficient pas de cette image de film pour toute la famille de 7 à 77 ans, qui fait passer un bon moment. Un nouvelle fois c’est donc un film français qui "casse la baraque" au-delà des prévisions les plus optimistes des pros du marketing, comme cela fut le cas pour Bienvenue chez les Ch'tis de Danny Boon ou il y a quelques années Un indien dans la ville produit par Thierry Lhermitte.

Le film Intouchables fait donc le bonheur des exploitants de cinéma avec la complicité d'Omar Sy et de François Cluzet, et le succès se poursuivra encore plusieurs mois avec la cérémonie des Césars…

Chacun, comme les heureux producteurs du film, rêve que rencontrer un génie capable de réaliser tout les vœux qui le combleraient de bonheur... le rêve devient réalité (ou tout au moins fiction) avec le court-métrage Dans mon jardin, réalisé par Sylvain Gillet. Il existerait en effet un concours du meilleur génie pour rendre une personne la plus heureuse possible…

Ecran Noir : Quel parcours vous a conduit à être à la fois acteur et cinéaste ? 

Sylvain Gillet : Je suis un comédien qui est devenu réalisateur. J'ai commencé le théâtre amateur en province à 14 ans. Après des études de comptable (eh oui…), je me suis lancé dans la vie du comédien professionnel parisien avec la classique course aux cachets : théâtre classique et contemporain en compagnies, café théâtre solo et duo, courts-métrages, doublage, etc. C'est en 1998 que j'ai réalisé mon premier court Un peu de Retenue ! (10 min en super16) avec Julien Guiomar et Jean-Claude Dreyfus, pratiquement sur un concours de circonstances. J'ai aimé, donc continué. Ont suivis Lacryma-Christine (7mn en 35mm) avec François Rollin, puis L'Alexandrophagie (27 min en Scop) avec Marc Gelas. Dans mon jardin est mon dernier film. J'ai aussi réalisé plusieurs pilotes de programmes courts. Cette expérience accumulée a fait que je gagne maintenant ma vie depuis une petite dizaine d'année comme réalisateur de films internes d'entreprises.

EN : Un point commun entre vos films serait un certain humour, Dans mon jardin est désigné dans son générique comme "un agréable film de Sylvain Gillet" : peut-être une manière de désacraliser en quelque sorte une définition du court métrage ? 

SG : Bien sûr. Un court métrage est un film comme un autre, un film à part entière. J'aime assez "qualifier" mes films avant qu'on le fasse pour moi. Et dans le domaine du court métrage (comme dans d'autres d'ailleurs…) beaucoup trop de gens se prennent beaucoup trop au sérieux.

EN : Dans mon jardin a été réalisé avec un appareil photo. Quels sont les principaux avantages et inconvénients, par rapport à vos tournages précédents, que vous avez rencontré en utilisant ce genre de matériel ?

SG : L'avantage des nouveaux (ou presque…) appareils photo "filmant" est surtout de pouvoir obtenir une qualité d'image se rapprochant beaucoup de celle de la pellicule (essentiellement avec la profondeur de champ) pour un coût infiniment moindre. Plus de pellicule chère  à acheter, plus de grosse caméra à louer (bon nombre de chefs opérateurs possèdent maintenant leur appareil photo), un peu moins de lumière à louer, des machineries moins lourdes, plus de laboratoire à payer, etc. Du coup, l'éventualité de tourner avec plusieurs appareils en même temps n'est plus un rêve comme c'était souvent le cas pour les courts métrages. Par contre la légèreté des appareils photos n'est pas toujours un avantage car elle peut pousser le réalisateur à tourner "à la main", ce qui selon moi donne rarement de bons résultats. Le travail de l'image avec ce type d'appareil peut convenir pour un résultat final sur écran vidéo ou informatique mais si l'on souhaite pousser jusqu'à une projection grand-écran (vidéo ou par une copie positive), la pellicule est encore actuellement, selon moi, préférable. Mais c'est peut-être une question d'habitude…

EN : On découvre un génie très inhabituel, il sort d’une cannette de soda avec un t-shirt de football et il parle un peu en argot. Pourquoi ce choix ?

SG : Je voulais tout simplement un génie actuel. Pourquoi un génie du 21e siècle serait-il encore vêtu à la mode des mille et une nuits ? Le mien est de banlieue et fan du P.S.G. (ce qui n'est pas du tout mon cas, je le précise…). Pour la canette de soda, même chose. Vous connaissez beaucoup de gens qui ont encore des lampes à huile chez eux ? Il n'y a ni jeunisme ni anti-jeunisme là-dedans.

EN : Dans l’histoire Dieu n’est pas très heureux de sa création… Si un génie vous accordait quelques vœux, vous lui demanderiez quoi ?

SG : Que je trouve enfin le producteur et les financements pour réaliser un des trois longs-métrages que j'ai écrit. Et s'il n'a pas assez de relations pour ça, une part de flan. J'aime bien le flan.

EN : Le CNC va organiser une nouvelle opération ‘Le jour le plus Court pour promouvoir le format court, avec une journée spéciale le 21 décembre, qu’en pensez-vous ?

SG : Ils auraient dû mettre ça le 25 décembre pour continuer à nous faire croire au Père Noël. Il faut surtout que le CNC arête de financer toujours le même type de films et les mêmes maisons de production. Sinon, les aides à la production existent et c'est tant mieux. Pour ce qui est des aides à la diffusion, il y a déjà eu des tentatives (voir la règle du 1% pour les courts diffusés en salle avant un long), mais elles étaient en général détournées par les prods de longs qui les considéraient comme des aides indirectes à leur film. Pour ce qui est des exploitants, vu la place dominante des grands groupes que nous connaissons tous qui préfèrent curieusement passer des publicités, croyez-moi chers amis, vous n'êtes pas prêts d'en voir des courts métrages en salles… En ce qui concerne Internet, je dis oui ! Je dis bravo ! Mais encore faut-il que les sites de diffusions qui sont de plus en plus nombreux arrivent à se faire connaître, noyés qu'ils sont dans la masse. Et il faudrait peut-être, je dis ça comme ça, penser à une forme de rétribution des créateurs originaux, si vous voyez ce que je veux dire, cher Ecran Noir... [NDLR : On voit... plus ou moins. Et l'on rappelle que dans le cadre de l'Instant court, Ecran Noir propose des œuvres qui sont déjà diffusées librement sur internet par leur auteur, et ce dans le but de leur donner une visibilité supplémentaire. Notre site n'en retire aucun intérêt économique spécifique, et n'a pas vocation à se transformer en plate-forme de diffusion payante de contenus.] … Enfin, pour la télévision, tant qu'il n'y aura qu'un et un seul type par chaîne, en général sorti de l'école de commerce, qui décidera de la diffusion et donc de la vie des courts métrages qui lui sont présentés, tel le doigt divin de "l'Élu", vous aurez toujours le même type de courts métrages sur vos écrans. Sur ce, vive la charcuterie française !

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Dans mon jardin.

L’instant vintage : un homard, la lune et des Japonais

Posté par Benjamin, le 2 décembre 2011

Pour débuter cette nouvelle rubrique, Ecran Noir a choisi de vous parler d’une société de restauration française privée qui fait des miracles, récolte des Césars et redonne vie aux chefs d’œuvres du cinéma muet. Il s’agit bien entendu de Lobster Films que « dirige » Serge Bromberg.

Serge Bromberg et Lobster Films reviendront certainement à de nombreuses reprises dans nos articles car ils sont des acteurs majeurs de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine cinématographique : spectacles live, DVD, festivals, etc. Ils sont partout et arrivent chaque année les bras chargés de cadeaux. Le dernier en date ? La restauration d’une nouvelle version (colorisée) du Voyage dans la lune de Méliès, rien que cela. Ce même Voyage dans la lune qui sert de fil conducteur au nouveau film de Martin Scorsese, Hugo Cabret.

Au programme aujourd’hui : un site internet, un réalisateur oublié, un film à trucs et une société de production déjà nommée. En effet, pour ouvrir le bal, un petit film français intitulé Les Kiriki, acrobates japonais, de Segundo de Chomon, et qui date de 1907. A cette époque, la production cinématographique française domine le monde. Georges Méliès, Pathé et Gaumont occupent le terrain et Edison a bien du mal à s’imposer. Les grands réalisateurs tel que Griffith n’ont pas encore fait leur preuve et des artistes comme Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Thomas H. Ince, Mack Sennett ou encore Charlie Chaplin n’ont pas encore débuté au cinéma.

Ce petit court burlesque est disponible gratuitement sur le site internet Europa Film Treasure qui est une initiative de… Lobster Films ! Ce site, déjà très connu, propose aux internautes de regarder des films d’époques diverses qui appartiennent aux cinémathèques européennes. Le principe de base est simple, Lobster Films a demandé aux cinémathèques de livrer quelques-uns des innombrables trésors qui « croupissent » dans leurs archives pour les mettre sur la toile. Car l’un des grands problèmes des conservateurs est de savoir quoi faire des milliers de boîtes de bobines qui s’entassent et qui restent dans l’ombre dans ces grands hangars... Bien souvent, les collections sont si importantes que les cinémathèques n’ont pas une connaissance précise ou une liste complète de tous les films qu’ils possèdent. Ce site internet, lui, permet de rendre public ces films qui seraient difficilement commercialisables.

Ainsi, on peut savourer, entre autre, ce très court film de Segundo de Chomon, réalisateur que l’on pourrait qualifier de « petit Méliès ». En effet, il fut engagé par Pathé pour concurrencer les films à trucs de la Star Film du magicien du cinéma. Ainsi, il réalise ce court métrage burlesque dont le trucage est des plus simples. Les acteurs, grimés en artistes asiatiques, ont joué couchés sur le sol (un fond noir), et tout est fait pour donner l’illusion qu’ils sont débout et effectuent des figures incroyables.

Mais, il faut savoir que ce film n’a pas été mis tel quel sur internet. Il a été restauré par Lobster Films qui a notamment repeint image par image la pellicule pour lui redonner les couleurs de l’époque. Car, si le noir et blanc était largement dominant, des films en couleurs étaient tout de même diffusés dans les premiers temps du cinéma. Chaque image était peinte à la main. C’est ce procédé que les restaurateurs de Lobster Films ont repris pour coller à la réalité historique. Un travail de précision que l’on ne peut qu’applaudir et apprécier.

Ce court métrage est aussi disponible sur le 2ème DVD de la collection Retour de flamme, édité par Lobster Films.

L’instant Court : Bandit Manchot, avec Marie Denarnaud

Posté par kristofy, le 25 novembre 2011

bandit manchotComme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après les publicité de prévention contre la drogue The Meth Project réalisées par Darren Aronofsky, voici l’instant Court n° 55.

C’est après un parcours devant les caméras, sur les planches, derrière un micro, que Mélanie Laurent présente maintenant son film en tant que réalisatrice : Les adoptés. Il s’agit de son premier long-métrage mais ce n’est pas son premier film : elle avait déjà réalisé plusieurs courts-métrages (dont De moins en moins sélectionné au Festival de Cannes) auparavant, et ce depuis le lycée où elle a passé le bac option cinéma.

Les adoptés permet – enfin – de retrouver une actrice des plus attachantes parmi les plus injustement méconnues : Marie Denarnaud. Elle figure maintenant dans la liste des comédiennes en lice pour être nominée pour le César du meilleur espoir féminin 2012.

Son parcours à elle a d’ailleurs croisé plusieurs fois celui de Mélanie Laurent. Lorsque l'actrice-réalisatrice écrivait sa pièce Mi-cuit cœur pistache (reportée car est arrivé le tournage du Tarantino), elle avait déjà choisi Marie pour en être l'interprète. Marie Denarnaud apparaît dans un clip du chanteur Jérôme Attal, qui lui chante une autre chanson en duo avec Mélanie Laurent. Elles sont toutes les deux dans le court-métrage Exs déjà présenté ici par son réalisateur Benoît Petré (du collectif Les Quiches qui comptait Morgan Perez qui est d’ailleurs co-scénariste de Les Adorés) qui nous disait que " Marie fait partie des meilleures actrices françaises, le public ne le sait pas encore mais quand il sera au courant, ça va faire mal ! "

Marie Denarnaud est une actrice trop rare sur grand écran. Avant Les adoptés, ses autres grands rôles ont été dans Les Corps impatients de Xavier Gianolli (beaucoup apprécié) en 2003 et T’aime de Patrick Sébastien (beaucoup moqué) en 2000, le film qui l'a pourtant révélée. Car Marie Denarnaud est toujours juste, enjouée, sensuelle, émouvante à chacune de ses apparitions, qu’il s’agisse d'un téléfilm (une bonne vingtaine dont Les Vivants et les Morts en 8 épisodes), d’une pièce de théâtre (L’Amour, la mort, les fringues mise en scène par Danièle Thompson), ou d’un court-métrage comme Bébé de Clément Michel où elle montre sa nature comique. Elle apparaît aussi dans le court Tremblay en France qui est d'ailleurs nommé aux Césars 2012.

Voila donc le court-métrage Bandit Manchot réalisé par Dominique Heinry, dans lequel Marie Denarnaud fait une petite apparition comme serveuse (avec une perruque). C’est en fait un film d’hommes (dont Marc Barbé) réunis pour un braquage qui ne se déroule pas comme prévu. Un fourgon blindé en fin de tournée, des gars solides pour un coup facile… (attention, après le générique de fin, il y a une dernière scène...)

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Bandit Manchot.

Le cul de James Franco, « le rebelle », en couverture de Flaunt

Posté par vincy, le 26 octobre 2011

Le magazine californien Flaunt, spécialisé dans la mode et la culture, peut désormais crâner en mettant James Franco en couverture. Ou plutôt son cul, slip baissé. Déjà soupçonné de flirter avec les fantasmes homos, Franco joue les provocateurs en exhibant ses fesses, surmontées du titre du magazine en tatouage. De quoi se vanter...

Est-ce que cela méritait un article sur ce blog très sérieux? Si l'on parle simplement de cette image exhibitionniste, non. Mais il ne faudrait pas passer à côté du véritable sujet. James Franco a lui même réalisé le dossier - The Orgiastic Education of James Franco - qui lui ait consacré : la direction artistique, en collaboration avec Adarsha Benjamin, comme les photographies. La star de La Planète des singes semble beaucoup plus sage dans les pages intérieures. Dans un univers coloré, tantôt flashy tantôt saturé, entre érotisme et séances de travail, il révèle un comédien studieux, joyeux et curieux. On se croirait même à la fac. On est davantage dans l'art contemporain que dans la réinterprétation d'influences cinématographiques.

Franco dévoile surtout une partie de son exposition accompagnant son nouveau court métrage, Rebel, d'après La fureur de vivre de Nicholas Ray. Franco assume : il veut transgresser les genres, les préjugés, alterne la débauche choquante et les moments comateux et songeurs.

Désormais chorégraphe, réalisateur, documentariste, auteur, animateur des Oscars, mannequin pour Gucci, professeur à l'Université de New York, ce touche-à-tout a trois films prêts à sortir, et tourne actuellement Oz : The Great and Powerful. Où il incarne le magicien d'Oz dans ce nouveau délire de Sam Raimi.