Et si on regardait… Cinéma du réel

Posté par vincy, le 28 mars 2020

Le 42e Festival Cinéma du réel qui se tient traditionnellement mi-mars au Centre Pompidou n'a pas pu avoir lieu. Cela n'a pas empêché les jurys de rendre leurs verdicts et de récompenser plusieurs documentaires. Le Grand prix Cinéma du réel a été décerné à El ano del descubrimineto (L'année de la découverte, photo) de l'espagnol Luis Lopez Carrasco, qui a aussi reçu le prix (ex-aequo) des bibliothèques.

On aussi été primés: Makongo d'Elvis Sabin Ngaibino (Prix international de la Scam, Prix des bibliothèques), Chronique de la terre volée de Marie Dault (Prix de l'Institut français), le premier film Ontem Havia Coisas Estranhas no céu (Hier, il y 'avait des choses étranges dans le ciel) de Bruno Risas (Prix Loridan-Ivens), les courts métrages Back to 2069 et Don't Rush, tous deux de d'Elise Florenty et Marcel Türkowsky (Prix du court métrage), le court This Means More de Nicolas Gourault (Prix du court métrage Tënk, Prix des détenus de Bois d'Arcy), Il n'y aura plus de nuit d'Eléonore Weber (Prix des jeunes), L'âge d'or de Jean-Baptiste Alazard (Prix du patrimoine de l'immatériel) et Maria K. de Juan Francisco Gonzalez (Prix du public "Première fenêtre").

Si le Festival n'a pas pu avoir lieu physiquement, on peut voir une grande partie de ses sélections de chez soi.

Sur Tënk
La plateforme (sur abonnement) dédiée au documentaire d’auteur propose trois programmations successives autour de Cinéma du réel. On peut y découvrir une grande partie des films primés. Par ailleurs, partir du 27 mars, elle proposera Dans la chambre de Vanda de Pedro Costa, film qui a déjà 20 ans, ainsi que trois films de Mosco Boucault (tous projetés durant le festival), et à partir du 3 avril, deux films de l’édition 2020.

Sur Mediapart
Mediapart accueille les 13 films de la sélection Première Fenêtre, une programmation de premiers gestes documentaires venus de réalisatrices et réalisateurs émergents. Le public pourra voter sur la plateforme de Mediapart pour son film préféré jusqu’à la fin du festival.

Sur Festival Scope
La plateforme dédiée aux festivaliers à travers le monde propose l’accès gratuit aux films de la sélection française, en version sous-titrée en anglais. Si la plupart des séances sont déjà complètes, quelques un sont encore accessibles gratuitement.

Sur UniversCiné
A partir du 24 mars, dans la continuité du festival, UniversCiné offre sur un corner dédié de son portail un large choix de films de la programmation hors compétition et du palmarès 2019, ainsi que des éditions précédentes.

Et si on regardait… la Fête du court métrage !

Posté par kristofy, le 26 mars 2020

La nouvelle édition de La Fête du court-métrage prévue du 25 au 31 mars c'est maintenant, et c'est un des rares événements qui n'a pas été annulé et qui s'est vite adapté à la pandémie du coronavirus. C'est toujours gratuit et pour tous, mais ça sera sur internet. Rendez-vous sur le portail.lafeteducourt.com pour y visionner, après inscription, autant de films que vous vous voudrez quand vous voudrez, sans sortir de chez vous.

Tout comme le court-métrage qui est le format de film le plus protéiforme, l'organisation de cette manifestation a évolué au fil des années. A l'origine c'était Le Jour le plus Court initié en 2011 à l'initiative du CNC et de l'Agence du court métrage (le 21 décembre, puis durant plusieurs journées un peu avant). Depuis 2016, c'est devenu La Fête du court-métrage (sur plusieurs jours en décembre puis pendant une semaine en mars), toujours sur le même principe : mieux faire connaître le court-métrage au plus grand nombre, en salles de cinéma, au jeune public, à travers des thématiques ou de rencontres...

Cette année encore il y a un programme très riche: les courts incontournables devenus des classiques, huit programmes pour les plus jeunes, une thématique particulière - "Iici et maintenant" -, soit au total plus de 190 films courts à découvrir !

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La Fête du court métrage du 25 au 31 Mars 2020
www.lafeteducourt.com

Et si on regardait… Un chant d’amour

Posté par vincy, le 25 mars 2020

Pour public averti.

Objet rare et donc précieux. Un chant d'amour est l'unique film de Jean Genet (1910-1986), écrivain, poète et dramaturge . Et cinéaste. En 1950, il réalise un court métrage, qui rassemble toutes ses obsessions et tous ses fantasmes, sa poésie et son érotisme.

Le film est visible à partir du portail Open Culture et via You Tube.

Il s'agit d'un film de voyeur. Une prison. Des hommes enfermés dans leur solitude et leurs désirs. Un gardien qui joue de son statut, un brin sadomasochiste sur les bords. La sexualité est à la fois frontale - osée même -, et florale. Phallique et onirique.

La photo noir et blanc sublime cette atmosphère mystérieuse, virile, sensuelle. Un homme danse bite à l'air. Un autre fouraille un slip avec sa main. On inhale de la fumée par un trou entre deux murs. On fait ouvrir la bouche en grand pour y placer un pistolet. Les métaphores psychanalytiques, de la masturbation à la domination, se mélangent aux images de sexes ardents masculins et de rêves évanescents romantiques. Autant de chimères qui se marient aux pulsions.

Car, aussi tendre que désespéré, Un chant d'amour dévoile surtout la souffrance de ces hommes, dans une poésie visuelle qui ne cache rien de leurs tourments. Genet magnifie le mâle dans ce lyrisme brut, avec un montage très découpé et des visages expressifs, hérités du cinéma muet. Il s'agit d'un film sans paroles. Ponctué par des séquences chorégraphiques contemporaines. Passant de la réalité à l'illusion. L'image est l'écrit.

C'est sans aucun doute pour cela qu'il est réussit. La beauté des corps et le sordide du décor ne font qu'un, renvoyant l'homosexualité dans une forme de clandestinité, de secret assumé, de consentement tacite mais inavouable.

Cette passion entre voyous, tendue comme une érection sous un jean, attirante comme des lèvres entrouvertes, douloureuse comme la sentence que l'on craint, est en effet un chant d'amour aux jeux interdits et à l'homoérotisme. Mais pas seulement: à la liberté. Car derrière l'envie de baiser, il y a aussi l'espoir de le faire à l'air libre, dans la forêt, loin des barreaux qui condamnent les invertis.

Et si on regardait… les courts primés du 10e Nikon Film Festival

Posté par kristofy, le 22 mars 2020

En attendant de pouvoir se retrouver devant les grands écrans des salles de cinéma, certains films sont à voir sur le petit écran de chez soi.

Il y avait eu plus de 1200 courts-métrages réalisés pour la 10e édition du Nikon Film Festival. La cérémonie de clôture justement prévue dans une salle (Le Grand Rex) n'a donc pas pu se tenir à cause des mesures adoptées pour l lutte contre la pandémie du coronavirus, mais le palmarès a tout de même eu lieu à distance via internet.

Pour rappel, avec la contrainte d'une durée inférieure à 2 minutes et 20 secondes, il fallait réaliser un court illustrant un thème imposé qui était cette année celui de "génération". C'est l'occasion de (re)voir certains de ces courts-métrages, et en particulier ceux qui ont été récompensés par le jury présidé par Cédric Klapisch, entouré des actrices Ana Girardot et Eye Haïdara, des acteurs Jonathan Cohen et Rod Paradot, des journalistes Guillemette Odiccino et Thierry Chèze, et divers professionnels ciné.

Grand prix du jury, et Prix des médias, Yiorgos : 1967, Yiórgos, 7 ans, vit près d'Athènes et fait parti de ceux dont le rêve est de rejoindre Paris, de faire de grandes études et de voyager. Sans le savoir, il partage le récit d’une génération entière.

Mention spéciale, Je suis désiré : Quand une assistante sociale s’invite à la maison, un couple d’hommes magnifie leur histoire d’amour pour obtenir ce qu’il désire le plus au monde… Ce film met en lumière le désir entre deux garçons avant de progressivement muer vers un tout autre désir. Il porte un regard positif sur la prochaine génération.

Prix Canal+, Pussy Boo : Quand les oreilles attentionnées de Paulette et Roger rencontrent la musique qu'écoute leur petite fille.

Prix de la mise en scène, Black Blanc Beur : "Oh mon frère tu vois pas que j'y suis pas dans Black Blanc Beur ?"

Prix de la meilleure photographie, Lovers : À travers les mots de Roméo et Juliette, amants intemporels, cinq couples de génération et d’origine différentes se disent leur amour au bord de la mer.

Prix meilleure actrice, et Prix meilleur acteur, Spooning : Laure a un coup de blues. Alors, d’un glissement de doigts expert sur son portable, elle se case un cent unième rendez-vous sur une application de rencontres pour ce soir même. Fred, lui, prépare depuis des mois son entrée fracassante sur le marché de la rencontre virtuelle... Le choc s’annonce de taille.

Prix du meilleur son, Nomophobia : Une ado. Une addiction... Une punition. Tiré d'un fait réel survenu en décembre 2019.

Prix des écoles, Les temps modernes : Edouard semble être le parfait stéréotype de sa génération : un jeune homme aux moeurs légères, une dépendance au sexe, et une facilité à ne jamais créer de lien. Mais est-il vraiment ce genre de personnage ?

Prix du public, Je suis une berçeuse : De génération en génération, les violences conjugales restent une réalité au sein de nombreux foyers. Je vous raconte l'histoire vraie d'une femme prête à tout pour préserver son enfant.

Berlin 2020: l’Ours d’or pour l’iranien Mohammad Rasoulof

Posté par vincy, le 29 février 2020

La 70e Berlinale, entre coronavirus menaçant et compétition décevante, s'est achevée. Au moins le public a répondu présent à cette édition, la première de l'ère post-Dieter Kosslick, avec Carlo Chatrian, ex-directeur artistique du Festival de Locarno, qui a transformé la Berlinale en un festival plus pointu (peut-être trop).

Les cinémas latino-américains, italiens et même français (surtout à travers les coproductions ont plutôt brillé dans les différents palmarès qui se sont succédés depuis hier.

C'est un choix politique et courageux d'avoir décerné l'Ours d'or au cinéaste iranien Mohammad Rasoulof. Le réalisateur, primé à Cannes en 2017 pour son film Un homme intègre, a été condamné en Iran le 23 juillet dernier à un an de prison ferme suivi de deux ans d'interdiction de sortie de territoire et d'interdiction de se livrer à une activité sociale et politique. Déjà, en 2011, il avait été condamné à un an de prison et en 2013, l'Iran lui avait déjà confisqué son passeport. Depuis septembre 2017, le cinéaste ne pouvait plus circuler librement, travailler et se rendre à l'étranger.

Malgré les interdictions qui le frappent et à l'instar de son compatriote Jafar Panahi, le réalisateur a pu tourner ce film assez long composé de quatre histoires avec Heshmat, Pouya, Javad et Bahram, quatre personnages face à des doutes et des dilemmes, qui sont incapables de tuer malgré le prix à payer.

10 ans après son Prix d'interprétation masculine au 63e Festival de Cannes pour La nostra vita, Elio Germano est sacré à Berlin. Et 5 ans après son Léopard d'or au Festival international du film de Locarno pour Un jour avec, un jour sans, Hong Sang-soo repart avec l'Ours du meilleur réalisateur. Enfin, la réalisatrice américaine Eliza Hittman, révélée avec Beach rats à Sundance, il y a trois ans, repart avec le Grand prix du jury.

Compétition

Ours d'or: Sheytan vojud nadarad (There Is No Evil) de Mohammad Rasoulof
Grand prix du jury: Never Rarely Sometimes Always d'Eliza Hittman
Ours d'argent du meilleur réalisateur: Hong Sang-soo pour Domangchin yeoja (La femme qui court)
Prix d'interprétation féminine: Paula Beer dans Undine de Christian Petzold
Prix d'interprétation masculine: Elio Germano dans Volevo nascondermi (Hidden Away) de Giorgio Diritti
Prix du scénario: Favolacce (Bad Tales) de Damiano et Fabio D'Innocenzo
Prix du jury : Effacer l’historique de Benoît Delépine et Gustave Kervern
Contribution artistique: Le directeur de la photo Jürgen Jürges pour DAU. Natasha de Ilya Khrzhanovskiy et Jekaterina Oertel

Section Encounters
Meilleur film: The Works and Days (of Tayoko Shiojiri in the Shiotani Basin) de C.W. Winter et Anders Edström
Prix spécial du jury: The Trouble With Being Born de Sandra Wollner
Meilleur réalisateur: Cristi Puiu pour Malmkrog
Mention spéciale pour la réalisation: Matias Piñeiro pour Isabella

Sélection officielle

Prix du meilleur documentaire: Irradiés (Irradiated) de Rithy Panh
Mention spéciale du jury documentaire: Aufzeichnungen aus der Unterwelt (Notes from the Underworld) de Tizza Covi et Rainer Frimmel

Prix du meilleur premier film : Los conductos de Camilo Restrepo
Mention spéciale du jury premier film: Nackte Tiere (Naked Animals) de Melanie Waelde

Audi Short Film Award (court métrage): Genius Loci de Adrien Mérigeau
Ours d'or court métrage: T de Keisha Rae Witherspoon
Ours d'argent court métrage: Filipiñana de Rafael Manuel

Section Panorama
Prix du public fiction: Otac (Father) de Srdan Golubovic
- 2e place: Futur Drei (No Hard Feelings) de Faraz Shariat
- 3e place: Hap (Hope) de Maria Sødahl
Prix du public documentaire: Welcome to Chechnya de David France
- 2e place: Saudi Runaway de Susanne Regina Meures
- 3e place: Petite fille (Little Girl) de Sébastien Lifshitz

Teddy Award
Meilleur film: Futur Drei (No Hard Feelings) de Faraz Shariat
Meilleur documentaire: Si c’etait de l’amour (If it Were Love) de Patric Chiha
Meilleur court métrage: Playback, Ensayode una despedida d'Augustina Comedi
Prix du jury: Rizi (Days) de Tsai Ming-Lang
Prix du public: Futur Drei (No Hard Feelings) de Faraz Shariat

Section Generation Kplus (jeunesse)
Meilleur film: Sweet Thing d'Alexandre Rockwell
Mention spéciale: H Is for Happiness de John Sheedy,
Meilleur court métrage : El nombre del hijo (The Name of the Son) de Martina Matzkin
Mention spéciale: El sghayra (Miss) d'Amira Géhanne Khalfallah

Section Generation Kplus (international)
Meilleur film: Los Lobos (The Wolves) de Samuel Kishi Leopo
Mentions spéciales: Mignonnes (Cuties) de Maïmouna Doucouré ; Mamá, mamá, mamá (Mum, Mum, Mum) de Sol Berruezo Pichon-Rivière
Meilleur court métrage: El nombre del hijo (The Name of the Son) de Martina Matzkin
Mention spéciale: The Kites de Seyed Payam Hosseini

Joaquin Phoenix : un court écolo, un long mélo

Posté par vincy, le 12 février 2020


Enfin oscarisé, Joaquin Phoenix vient de terminer à la Nouvelle-Orléans son premier film post-Joker. Le producteur et distributeur A24 a annoncé que l'acteur sera la tête d'affiche du nouveau film de Mike Mills, à qui l'on doit 20th Century Women et Beginners. A24 présentera ce projet provisoirement intitulé C'mon, C'mon au marché du film européen de la prochaine Berlinale

Joaquin Phoenix y interprète un artiste qui doit prendre soin de son jeune neveu précoce. Au cours d'un road-trip à travers le pays, ils vont forger une relation inattendue. Le mélo aborde notamment les problèmes de bipolarité.

Le générique comprendra aussi Gaby Hoffman (les séries Girls, Transparent), le jeune Woody Norman (les séries La guerre des mondes, Poldark), Kenneth Kynt Bryan (la série Claws) et Brandon Rush (Amour, gloire et beauté, Esprits criminels) .

Joaquin Phoenix a aussi tourné depuis le Joker un court-métrage à message écologique, Guardians of Life de Shaun Monson.

Deux projets (en anglais) pour Pedro Almodovar

Posté par vincy, le 11 février 2020

IndieWire a révélé dimanche que le prochain film de Pedro Almodóvar sera un court-métrage, avec Tilda Swinton. L'actrice écossaise conforte son statut d'égérie des grands cinéastes, même l'espagnol, qui a pourtant rarement dirigé des acteurs non hispanophones (Peter Coyote fut l'un des chanceux).

Mieux, le court de Pedro sera adapté de La voix humaine de Jean Cocteau. Ce sera le premier film en langue anglaise pour le cinéaste espagnol. Ce sera aussi un exercice préparatoire pour le long métrage, en langue anglaise, Manuel à l'usage des femmes de ménage, adaptation du livre éponyme de Lucia Berlin, paru en France chez Grasset.

Après le succès de Douleur et Gloire, nommé aux Oscars, aux César, primé à Cannes, sacré aux Goyas, le réalisateur n'a pas trop tardé pour se lancer dans ces deux projets.

Il tournerait La voix humaine à Madrid au printemps. Il s'agirait d'un court-métrage de 15 minutes. Le format court n'est pas étranger au réalisateur puisqu'il en a tourné une douzaine dans les années 1970. Son dernier fut La Conseillère anthropophage (La concejala antropófaga) en 2009, une scène qui prolonge le film Étreintes brisées où Almodovar parodie son propre film Femmes au bord de la crise de nerfs.

La Voix humaine est une pièce de théâtre en un acte de Jean Cocteau écrite en 1928, créée dans une mise en scène de Jean-Pierre Laruy à la Comédie-Française le 17 février 1930. Cette pièce a déjà été transposée au cinéma: En 1948 avec L'amore, de Roberto Rossellini, avec Anna Magnan, et en 1988 avec Codice privato, de Francesco Maselli avec Ornella Muti. Un autre italien, Edoardo Ponti, en a fait un court métrage en 2014, avec la mère du réalisateur, Sophia Loren. Surtout Almodovar s'en était inspiré pour le scénario de Femmes au bord de la crise de nerfs.

Cette pièce a un seul personnage met en scène une femme qui parvient enfin à joindre son destinataire au téléphone, sans doute son amant. C'est l'histoire de leur rupture amoureuse. On sent qu'elle n'est pas simple puisque la femme aime encore l'homme à qui elle parle. Elle a aussi sans doute tenté de se suicider. Almodovar veut modifier le récit en transformant l'enjeu. Dans son court, la femme tenterait de convaincre son partenaire de ne pas se quitter. Tout sera centré sur la femme et son chien, dans un décor fabriqué en studio. Cela permettra au réalisateur de travailler avec Tilda Swinton, qu'il admire depuis longtemps.

Le court-métrage pourrait être présenter à Venise.

Puis il enchainera avec son prochain long métrage. Il a écrit la première version du scénario entre le festival de Toronto en septembre et la saison hivernale des prix. Manuel à l'usage des femmes de ménage aurait déjà ses deux acteurs principaux, mais le cinéaste ne les a pas encore révélés.

Le livre de Lucia Berlin est comme un recueil de nouvelles à travers 43 épisodes de sa vie multiple: élevée dans les camps miniers d’Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème vivant dans un loft new-yorkais au milieu des années 50, une alcoolique, qui s'est mariée à un toxico, et une infirmière aux urgences d’Oakland. Elle distille ainsi ses conseils avisés et drôles, tirés de ses propres expériences d’enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage.

Le film se tournerait en anglais et en espagnol, entre la baie de San Francisco, le Texas et le Mexique. Ce caprice almodovarien sera sans doute dans la lignée de son film Julieta, adapté de trois nouvelles du recueil Fugitives d'Alice Munro.

Klaus et J’ai perdu mon corps triomphent aux Annie Awards

Posté par vincy, le 26 janvier 2020

Netflix ne dominera pas les Oscars mais la plateforme s'est octroyée le droit de surclasser les studios historiques aux 47e Annie Awards, les récompenses annuelles du film d'animation. Netflix a récolté 19 trophées dont celui du meilleur film d'animation avec Klaus et en tant que distributeur américain celui du meilleur film d'animation indépendant avec J'ai perdu mon corps, premier film de Jérémy Clapin, Grand prix à la Semaine de la critique à Cannes en mai dernier. A eux deux ils ont reçu 10 Annie Awards.

Klaus a remporté sept Annies, sur sept nominations: de la réalisation de Sergio Pablos au montage, en passant par l'animation de personnage, de dessin de personnage, les décors et le storyboarding.

Trois prix pour J'ai perdu mon corps

J'ai perdu mon corps a non seulement triomphé dans la catégorie reine du meilleur film indépendant, mais il est reparti avec l'Annie Award de la meilleure musique pour le compositeur Dan Levy et celui du meilleur scénario pour Jérémy Clapin et Guillaume Laurant.

C'est un triomphe pour le cinéma d'animation européen puisque Klaus est hispano-britannique et J'ai perdu mon corps français.

Notons aussi, parmi les triomphes de Netflix, le succès de la série Love, Death & Robots (4 Annies).

Un Oscar très ouvert

Derrière Disney traîne avec 5 Annies, dont celui de la meilleure performance vocale (Josh Gad pour Olaf dans La Reine des Neiges 2) et celui de l'animation de personnages dans un film en prises de vues réelles (Avengers:Endgame).

Oncle Thomas: la comptabilité des jours, coproduction franco-canadienne, a été distingué par le prix du meilleur court métrage animé (que vous pouvez voir ici, sur Arte).

Avec ce palmarès, les Annie Awards relancent le suspens pour l'Oscar du meilleur film d'animation. Les Golden Globes ont voté pour Monsieur Link, la Guilde des producteurs a choisi Toy Story 4 et désormais Klaus et J'ai perdu mon corps ont regagné des points. Les quatre sont en lice pour les Oscars, aux côtés de Dragons 3 (un seul Annie).

Votez pour les courts du 10e Nikon Film Festival !

Posté par kristofy, le 26 janvier 2020

La 10e édition du Nikon Film Festival se déroule en ce moment avec deux temps forts : fin 2019, un appel à réaliser un court-métrage d'une durée inférieure à 2 minutes et 20 secondes avec un thème imposé, et début 2020 un vote des internautes à soutenir sur la plateforme leurs films favoris. Le concours est ouvert à tous, autant aux étudiants en cinéma qu'aux amateurs qui se font des vidéos...

Après l'année passée le thème imposé de "partage", il fallait cette année réaliser un court récit avec le thème de la "génération". Beaucoup de courts proposés répondent à ce sujet avec des histoires de décalage ou de transmission entre une jeune génération et celle de leurs parents ou grand-parents et beaucoup évoquent les avantages/dangers des réseaux sociaux. Certains courts profite de ce thème "génération" pour raconter une histoire, en 2 minutes et 20 secondes donc, en prise  directe avec certains sujets de société...

A l'issue du festival se tiendra une cérémonie pour récompenser les meilleurs, avec de nombreux prix synonymes de diffusion plus large des courts primés (en salles, en festivals de cinéma, à la télé sur Canal+). Le jury est présidé par Cédric Klapisch, les acteurs Jonathan Cohen et Rod Paradot, les actrices Ana Girardot et Eye Haïdara, les journalistes Guillemette Odiccino et Thierry Chèze, et divers professionnels ciné. Et il y a aussi VOUS, internautes, pour le Prix du Public : plus un court est soutenu par les internautes et plus il aura de chances d'être remarqué par les autres jurés... Le vote est ouvert jusqu'au 1er mars.

La plateforme en ligne du Nikon Film Festival propose de découvrir 1241 courts inspirés par ce thème "génération" avec de l'animation, de la comédie, du drame, du documentaire, de la romance... Rendez-vous sur https://www.festivalnikon.fr/films : voici une sélection en particulier que nous vous invitons à regarder, et peut-être à soutenir :

The wait, l'attente d'un sms amoureux...

Le jaune lui va si bien, une actrice en quête de rôle à succès pour gagner un César...

Grace (de et avec Ophélie Bau), des milliers de fans dans une salle de concert attendent leur chanteuse-star qui est encore dans sa chambre d'hôtel...

Mon étoile (de et avec Alexia Chardard), une demoiselle doit se séparer de son petit frère...

Lovers, plusieurs déclarations d'amour en plusieurs langues avec les vers de Roméo et Juliette en un seul plan-séquence... (avec notamment Dylan Robert)

Génération gueule de bois, inquiétudes sur le devenir de l'humanité en animation...

Ringard, un père essaie de mieux communiquer avec son fils avec le nouveau langage des jeunes...

Un jour exceptionnel, une mignonne inversion des rôles entre une fillette et son papa...

Annie Awards: « J’ai perdu mon corps » séduit Hollywood

Posté par vincy, le 2 décembre 2019

La Reine des Neiges 2 et Monsieur Link ont récolté 8 nominations chacun aux nominations pour les 47e Annie Awards, les Oscars de l'animation, qui seront décernés le 25 janvier.

Le plébiscite pour le Disney n'est pas une surprise. Pour Monsieur Link, c'est en revanche un très beau coup pour le studio Laika, qui avait déjà brillé il y a trois ans avec Kubo et l'Armure magique. Les nominations ont d'ailleurs révélé un bel éclectisme avec Dragons 3 : Le monde caché (DreamWorks), Toy Story 4 (Disney-Pixar) et Klaus (Netflix) qui sont aussi dans la course du meilleur film.

Par studio, Netflix domine tout le monde avec 39 citations, devant DreamWorks Animation (18) et Disney (16). Car Netflix dispose, aux USA, d'un autre film qui pourrait finir parmi les finalistes aux Oscars: J'ai perdu mon corps, Grand prix à la Semaine de la critique au Festival de Cannes (déjà 130000 spectateurs en France). Le film a été acquis pour les USA par la plateforme. Avec Klaus et ses sept nominations, Netflix s'ajoute ainsi 6 nominations pour le premier long de Jérémy Clapin. Netflix cartonne aussi avec Love, Death & Robots (5 nominations) et Carmen Sandiego (4 nominations).

J'ai perdu mon corps est en lice pour le prix du meilleur film indépendant face à Buñuel après l'âge d'or de Salvador Simo, Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka, Promare de Hiroyuki Imaishi et Les enfants du temps de Makoto Shinkai.

Notons aussi que Jérémy Clapin et Makoto Shinkai sont en concurrence dans la catégorie du meilleur réalisateur face à Jennifer Lee et Chris Buck (La Reine des neiges 2), Sergio Pablos (Klaus) et Chris Butler (Monsieur Link). J'ai perdu mon corps est aussi nommé pour la meilleure musique (Dan Levy), le meilleur storyboarding (Julien Bisaro et Jérémy Clapin) et le meilleur scénario (Jérémy Clapin, Guillaume Laurant).

On retrouve également deux films français, Je sors acheter des cigarettes, d'Osman Cerfon (Miyu Productions) et Oncle Thomas : La Comptabilité des jours de Regina Pessoa, dans la catégorie du court métrage. Miyu productions est aussi cité parmi les meilleurs films étudiants avec Un diable dans la poche d'Antoine Bonnet et Mathilde Loubes (Gobelins).

Abominable, The Addams Family et Comme des bêtes 2 sont les rares productions de studios à recevoir quelques nominations.