Venise 2018 – Jacques Audiard: « The Sisters Brothers est moins un western qu’un conte »

Posté par kristofy, le 3 septembre 2018

jacques audiard venise 2018 © ecrannoir.frJacques Audiard, c'était jusqu'ici le cinéaste français le plus cannois dans son ADN: Grand prix du jury pour Un prophète, Palme d'or pour Dheepan. Mais pour des raisons de calendrier et de stratégie marketing (comprendre campagne pour les Oscars), son nouveau film The Sisters Brothers, est en compétition à Venise. Son cinéma prend un nouveau virage avec un western américain (bien que tourné en Europe), adapté d'un roman américain, avec un casting anglosaxon prestigieux : John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed.

Dans les années 1850, d'Oregon à la Californie, en pleine ruée vers l'or, des coups de feu éclatent et la grange brûle : c'est l'œuvre des deux frères Sisters. Leur mission est de trouver et de tuer un prospecteur d'or : ils ont plusieurs journées de cheval à faire et ils vont autant se parler que faire parler leurs armes... Car c'est un film bavard, psychologique, parfois ponctué d'action ou de séquences brutales (jusqu'à une amputation pas très agréable). Il y traine une mélancolie surprenante, avec quatre personnages, tous frustrés, qui glissent vers la désillusion et même le désenchantement au fur et à mesure que leur idéal s'éloigne. Le film sera en salles en France le 19 septembre, mais fera d'abord un passage à Deauville.

Venu à Venise, Audiard est accompagné de ses fidèles collaborateurs: Thomas Bidegain pour son scénario où violence et cupidité font mauvais ménage, Alexandre Desplat pour sa musique parfois free-jazz, et l'acteur (et producteur) John C. Reilly, l'aîné des frères Sisters, ont évoqué l'origine de ce film :

john c. reilly venise 2018 © ecrannoir.frJacques Audiard : J'ai été contacté au festival de Toronto par John C. Reilly et sa femme Alison Dickey qui voulaient me faire lire ce livre écrit par Patrick deWitt. Je l'ai lu et ça m'a beaucoup plu pour envisager d'en faire un film. Peut-être que si j'avais découvert cette histoire autrement je n'aurais pas eu ce déclic, mais la ça venait comme une recommandation d'un ami et je m'y suis particulièrement intéressé.

John C. Reilly : J'avais reçu en fait ce récit de The Sisters Brothers avant que le livre ne soit publié, pour une éventuelle production. J'ai pensé que si on en faisait un film, Jacques et son équipe serait le meilleur choix pour que ça devienne un bon film.

Jacques Audiard : J'aime certains films de western des années 70 ou contemporains que j'ai pu voir mais je ne sais pas si je suis un fan de western en tant que genre, pas vraiment. Le livre contenait beaucoup d'éléments irrésistibles qui pouvaient en faire un western original. Je n'avais pas spécialement de références de western pour ce tournage, et si référence il y a eu c'est peut-être plus La nuit du chasseur ou des films de Arthur Penn comme Missouri Breaks et Little big man. The Sisters brothers est moins un western qu'un conte en forme de western. Pour moi c'est un roman de formation, avec deux grands adultes qui sont encore un peu des enfants.

Alexandre Desplat : Il y avait aussi pour la musique cette difficulté de faire un genre de western sans en faire un western classique, car ça a déjà été fait. Comment trouver une voie différente c' était ça la difficulté. Penser clichés de musique de western avec violon et harmonica c'était un piège à éviter. Alors pour cette musique j'ai choisi de prendre une toute autre direction.

Thomas Bidegain : Entre ce film et mon film Les Cowboys, la seule chose chose vraiment commune est la présence de John C. Reilly à l'écran. Je suis plus un fan de western que Jacques. Ce qui est intéressant dans un western c' est de faire un état de la nation à un certain moment.

John C. Reilly : L' histoire des Etats-Unis s'est faite de brutalité et de génocide, on a tué les indiens et les buffles. Vers où on va après la violence ?

Cannes 2018 : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse

Posté par wyzman, le 12 avril 2018

Malgré quinze minutes de retard, la conférence de presse du 71e Festival de Cannes tenue par Pierre Lescure et Thierry Fremaux a réservé pas mal surprises. A commencer par la sélection officielle : inattendue et rafraîchissante côté Compétition, il sera beaucoup question de diversité dans la section Un certain regard tandis que les Séances spéciales/de minuit/Hors-compétition ont de quoi réjouir les cinéphages aguerris. Voici dans le détail tout ce que vous devez savoir à moins de 4 semaines du lancement des festivités.

  • Les selfies seront bien interdits. Thierry Fremaux l'a de nouveau expliqué : "Ce ne sont pas les stars qui se prennent en photo. C'est des gens, invités par des partenaires, qui ont la chance d'être sapés comme jamais. C'est irrespectueux. Quand on a la chance d'être invité, il vaut mieux rester décent par rapport à ceux qui ne le sont pas." Tout cela avant d'ajouter : "On a des problèmes de cortège, de montées de marches, il faut faire entrer 2200 personnes dans la grande salle, les gens tombent, c'est une immense pagaille, c'est pas beau."
  • Le pass "3 jours à Cannes" pour les 18-28 ans fait un tabac. "Hier soir, il y avait 600 lettres de motivation pour le pass #3JoursACannes. On en a reçu de Chine et d’Inde !" Pour rappel, le pass permettra aux jeunes cinéphiles un peu chanceux de découvrir la sélection officielle les 17, 18 et 19 mai prochains.
  • Antoine Desrosières rejoint la sélection officielle à la dernière minute. "A genoux les gars a été ajouté à 3 heures du matin" a annoncé Thierry Fremaux avant de décrire ce film co-créé avec les actrices comme une traversée sur les "nouveaux modes de sexualité, les rapports femme/homme".
  • Les projections du matin réservées à la presse sont encore sources de questionnements. A l'écoute des journalistes, Thierry Frémaux consent : "On voudrait modifier la grille de programmation de Cannes, on veut questionner nos propre pratiques, questionner le futur, alors ce n'est pas en direction de la presse, mais des propos de galas. On n'a pas décidé de faire passer la presse après. Y compris les projections aux marchés doivent se faire après la projection de gala. On est conscients que ça va changer beaucoup de choses. On était convaincus que les télé, les radios seraient ravis, hors pas du tout..." Il ajoute : "L'embargo ça n'est pas possible. Le film est montré, tout le monde peut en parler. Projection de gala et de presse. On est en train de faire plein d'hypothèses, on parle beaucoup avec vos collègues" avant de reconnaître "La grille n'est pas facile à établir, on s'est mis nous même dans une montagne à gravir. Ça va changer beaucoup d'habitudes. C'est évident" et de conclure "Les projections d'avant Cannes nous ne les avons jamais interdites."
  • Le Festival a senti passer l'affaire Harvey Weinstein. Thierry Frémaux évoque un "tremblement de terre. Le monde n'est plus le même depuis octobre dernier. Pour aborder les femmes cinéastes, il y en a, la question des quotas ne concerne en aucun cas les quotas de sélections artistiques." La situation est néanmoins très claire pour le délégué général du festival : "Il n'y aura jamais de discrimination positive en sélection officielle à Cannes." avant de rappeler qu'il y a "trois femmes cinéastes cette année en compétition. On a beaucoup échangé avec des femmes cinéastes ces derniers temps. Et toutes nous disent que le processus de sélection n'est pas concerné par la question #metoo."
  • L'absence de Netflix serait entièrement due aux décisions de ses cadres. "Nous avons un dialogue fructueux, en dépit des apparences, avec Netflix. L'an passé, les débats sur la présence d'Okja nous ont conduit à redire que les films en compétition doivent être ouverts à la salle". Concernant l'édition 2018, Thierry Frémaux insiste : "Il y avait des candidats à la distribution des titres Netflix qui nous intéressaient, ils ont refusé donc ils ne pouvaient pas être en compétition" avant d'éclaircir : "Nous avions fait 2 propositions à ces films [Netflix] : un en compétition [Roma d'Alfonso Cuaron, NDLR] et un hors compétition (The Other Side of the Wind d'OrsonWelles) [...] pour des raisons qui leur incombent Netflix a décidé de les retirer."
  • L'absence de Paolo Sorrentino peut être expliquée. "Vous constatez qu'on a ouvert les portes et les fenêtres pour des gens jamais venus à Cannes. Le film de Paolo [Loro] sort en deux parties dont une sort avant Cannes. La nature même du projet nous a fait hésiter..."
  • Les absences de Xavier Dolan et Jacques Audiard sont regrettables pour tout le monde. "Nous avons vu le film de Dolan, on le voulait mais il est reparti en montage. Donc il n'y a de sa part aucun refus d'aller à Cannes." Parce que Cannes est rarement bon pour une course aux Oscars, Thierry Frémaux rajoute : "Il y a une stratégie d'automne donc en effet, les producteurs n'ont pas choisi Cannes. Le film de Jacques Audiard, très cher, produit par les Américains, soumis à des ventes, est toujours en montage (...) du côté des Américains, Cannes est un lieu où parfois ce n'est pas idéal, parce qu'il y a danger". Et cela, notamment parce que les critiques sont souvent plus tranchées à Cannes qu'à Toronto, Venise ou Sundance.
  • L'absence de séries télé n'a rien à voir avec la polémique Netflix. "L'an passé, nous avions des amis de Cannes, Lynch, Innaritu, Campion. Nous restons un festival de film, un festival de cinéma, on ne s'interdit pas de montrer un épisode, ça ne s'est juste pas trouvé cette année."
  • Le film de clôture n'est toujours pas choisi. "L'une de nos intentions est de terminer un samedi et que le film de clôture soit un film qui sorte. J'espère qu'on trouvera quelque chose, que ce film sorte le vendredi et soit montré à Cannes le samedi soir... Mais on n'a pas trouvé..."

Polanski lève le voile sur la comédie musicale Le Bal des Vampires

Posté par vincy, le 25 mars 2014

roman polanski le bal des vampires © vincy thomasLe 16 octobre, le Théâtre Mogador à Paris lèvera le rideau (rouge sang) sur le "musical" Le Bal des Vampires; adaptation du film éponyme de Roman Polanski. La billetterie a ouvert le jour-même. Le casting est bouclé. Et Polanski mène la danse.

Ce film sorti en 1967 a été transposé en comédie musicale par le réalisateur en 1997 à Vienne avant de faire le tour de 11 pays (en dix langues), avec 6622 représentations en Europe, au Japon et à Broadway. 7,24 millions de spectateurs ont déjà vu ce show qualifié de "Rock Ballet Opéra" par le producteur original Christian Struppek.

Pour Michael Kunze, l'auteur des chansons, "c'est un musical très fidèle au film !" S'il a plu à autant de monde, selon lui, c'est parce qu'il a plusieurs niveaux de lecture : l'aspect comique, voire potache, l'initiation à l'âge adulte qui interpelle un public adolescent, et surtout les dilemmes autour de la tentation sexuelle face à la raison, duel universel. Le livret est traduit en français par Nicolas Nebot. La musique est signée Jim Steinman (auteur des tubes de Meat Loaf et Bonnie Tyler, dont le titre Total Eclipse of the Heart est le morceau fort du spectacle).

Son film préféré

Pour présenter le Bal des Vampires à la presse, les producteurs français, Stage Entertainment (Le Roi Lion, Zorro, Mamma Mia, Cabaret, Sister Act et actuellement La belle et la bête) ont convié Roman Polanski à une sorte de Master Class. "Une conférence de stress" selon ses propres mots. Assis sur un cercueil, qui servait de divan freudien, le cinéaste maniait l'humour pince-sans-rire avec délectation. Quand on commence à lui raconter sa vie, il lance : "vous ne pensez pas qu'on va s'emmerder un peu là?"

Polanski peut tout se permettre : 4 Césars en tant que meilleur réalisateur (un record), 2 pour le meilleur film, un Ours d'or, une Palme d'or, un Oscar du meilleur réalisateur. Le cinéaste a l'une des filmographies les plus passionnantes de ces cinquante dernières années. Le Bal des Vampires est presque un intrus dans sa longue liste de chef d'oeuvres : il s'agit d'une comédie.

Pas besoin de raconter l'histoire. "Ils n'ont qu'a acheter le dvd!" s'amuse le réalisateur (lire aussi notre critique du film).
Pas besoin de le comparer aux autres films de Vampires. Quand on lui demande lequel il préfère, il répond naturellement: "Bah celui-là !"

Polanski, qui n'a jamais touché d'argent des producteurs du film, est ravi de donner une seconde vie à ce film qu'il chérit depuis des décennies. "L'humour m'a aidé dans les moments difficiles de ma vie" et "le musical a la même dimension humoristique que le film" explique-t-il. Et s'il est devenu culte " c'est que tous les personnages sont sympathiques, même les vampires", avance-t-il.

Un artisan qui a imaginé 23 changements de décor

Lui qui s'affirme "artisan" qui "bricole" voit quand même les choses en grand : le spectacle offrira aux yeux des spectateurs 230 costumes, 150 perruques, 3 sacs de faux sang utilisé chaque soir, une maison amovible de deux étages, 2 passerelles, 23 changements de scène, etc... Roman Polanski veut rendre la mise en scène plus moderne et améliorer certains aspects techniques: "On a essayé de garder la même mise en scène, en enlevant les choses vieillottes pour la rendre plus contemporaine. On a pu améliorer certains côtés techniques, les simplifier pour que cela fonctionne mieux et plus vite." Plus prosaïquement, il confirme sa réputation : "J'aime faire attention aux détails, même si certains appellent ça l'enculeur de mouches."

le casting du Bal des Vampires autour de roman polanski © vincy thomas"Au théâtre, on joue davantage avec l'imaginaire du spectateur, ça n'a pas besoin d'être hyperréaliste" rappelle-t-il. Il ajoute qu'il "n'y a quasiment pas de dialogues dans ce musical". 4000 candidatures, 800 auditions et finalement 36 retenus : le casting a été intense et il s'en est personnellement mêlé. Et "si vous voulez savoir comment se passe un casting, allez voir La Venus à la fourrure", indique-t-il, toujours malicieux. Pas de star. "Nous avons voulu rester près du film physiquement, tout en recrutant des gens sachant chanter et danser" justifie Polanski. "Oui, j'étais tenté de jouer le professeur, mais il y a énormément de textes à apprendre". Il aurait pu être le professeur Ambrosius (il incarnait son jeune disciple dans le film). Mais comme pour s'excuser, il pratique l'auto-dérision : "je ne sais pas chanter". Le sourire est toujours en coin, ironique.

Ça fait la farce

Côté musique, il affirme que "le côté wagnérien (de la musique de Steinman) est drôle avec des vampires." Il a juste demandé au compositeur de garder les quelques notes du thème de la B.O.F quand les vampires rodent autour des pauvres mortels. Ce "style pompeux, dramatique et surjoué" était parfait pour cette "farce sur les Vampires". Polanski avoue aimer "la musique et les spectacles où la musique joue un rôle central". Il a lui-même mis en scène la pièce Amadeus, dans laquelle il jouait, et des opéras. Il confie même qu'il aimerait "bien réaliser une comédie musicale au cinéma, même si c'est très risqué."

Le voilà donc ravit de monter ce Bal à Paris. Il l'a toujours voulu mais "personne ne s'y intéressait."

Pas superstitieux, la fin du one-man-show le fait entrer dans un cercueil qui s'élève du sol pendant qu'il répond à un questionnaire de Proust. "Je l'avoue c'est la première fois que je rentre dans un cercueil". Manque de chance, en bon gag-man, les filins qui tiennent le cercueil dans l'air lâchent et font exploser la boîte en sapin sur la scène. Mais Polanski n'est déjà plus là. Sans doute trop occupé : il a six mois pour que ce spectacle soit parfaitement rodé.

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Hayao Miyazaki, retraité actif : « Le repos pour moi ressemble à du travail pour les autres »

Posté par vincy, le 6 septembre 2013

hayao miyazakiElle était promise depuis quelques jours : la conférence de presse d'Hayao Miyazaki s'est déroulée vendredi matin à Tokyo devant 600 journalistes. Depuis l'annonce de sa retraite par le président des Studios Ghibli, dimanche dernier à Venise, on patientait pour en savoir plus : retraite définitive? partielle? pourquoi?

Heureux en dessin, malheureux en cinéaste

Ce sera une retraite partielle : il ne veut plus faire de longs métrages, mais il a d'autres projets en tête. "Je voudrais oeuvrer au moins dix ans de plus, mais je pense que faire des longs métrages n'est plus mon travail", a expliqué Hayao Miyazaki. "Cette fois c'est vrai, je l'ai dit au producteur" comme pour anticiper les réactions à d'éventuels faux adieux. Il ajoute : "Je n'ai jamais pensé une seule fois que j'étais heureux d'être devenu réalisateur, alors que je suis très souvent heureux quand je suis un dessinateur. Si vous être capable d'obtenir parfaitement le mouvement de l'eau ou du vent en tant que directeur de l'animation, vous êtes réellement content pendant plusieurs jours. Mais si vous êtes le réalisateur, vous devez aussi décider de beaucoup d'autres choses. Et ce n'est pas bon pour mon estomac."

Il détaille cette fatigue : "Kaze Tachinu a pris 5 ans. Si je pensait au prochain film cela prendrait 6 ou 7 ans. Je vais avoir 73 ans et j'en aurais alors 80 à la fin". Film après film, les délais de production, souvent parce qu'il voulait prendre du temps pour trouver le bon sujet mais aussi parce que son perfectionnisme le poussait à refaire des scènes entières, s'étiraient. "Chaque réalisateur de film d'animation travaille différemment, mais depuis que j'ai commencé, j'éprouve le besoin d'être le dessinateur" explique-t-il. "Peu importe comment j'essaie de trouver ma force avant de démarrer une production, ce qui est vrai c'est que ma concentration diminue année après année, et je le ressens."

Des projets et de la liberté

"Je vais être libre. Toutefois, tant que je pourrai prendre ma voiture pour aller au studio j'irai. Ce que je voudrai faire, je le ferai" précise-t-il. Il a de nombreux projets en tête. Le musée Ghibli doit s'agrandir et il veut s'investir davantage dans les expositions qui s'y déroulent. Le studio Ghibli qu'il a cofondé s'apprête aussi à sortir un deuxième long métrage cette année.

Son rêve c'est de pouvoir se reposer les samedis. Même s'il n'est pas sûr d'y parvenir : "Le repos pour moi ressemble à du travail pour les autres".

Miyazaki s'en va au sommet avec Kaze Tachinu (Le vent se lève), en compétition à Venise. C'est déjà le plus gros succès de l'année au Japon.

Deauville 2013 – Roland Emmerich ne pense pas que les fiascos de l’été remettent « en question la production de ce genre de film. »

Posté par kristofy, le 2 septembre 2013

channing tatum jamie foxx roland emmerich

En l’espace de quelques mois deux films se sont  concurrencés sur le même sujet : l’attaque de la Maison Blanche et du président des Etats-Unis : La chute de la Maison Blanche (Olympus has fallen) sorti en salle en mars, avec succès (99M$), et White House Down (littéralement La chute de la Maison Blanche), lourd fiasco estival aux USA (72 M$). Il s’agit d"un pitch très similaire sur la base d'un film d’action qui reprend la bonne vieille recette du succès Die Hard (Piège de cristal) : ici un héros musclé qui était là par hasard va se battre seul contre tous pour sauver le président (et même le monde, puisque c’est du cinéma américain). Les deux films sont quasiment identiques sur le papier, mais leur idéologie diffère grandement…

Antoine Fuqua vs. Roland Emmerich

- Olympus has fallen, réalisé par Antoine Fuqua : Le héros est un acteur de catégorie B, Gerard Butler, le président est blanc (Aaron Eckhart), l’ennemi est extérieur avec des terroristes de Corée du Nord dont le plan consiste à envoyer tout l’arsenal nucléaire américain sur des cibles américaines pour détruire les Etats-Unis... Le film est orienté vers les Républicains (George W Bush) avec un scénario plutôt impérialiste, le discours de fin sur fond de bannière étoilée laisse comme dernier souvenir « Nos ennemis voulaient mettre à bas un mode de vie, ils voulaient corrompre notre foi, ils voulaient piétiner notre liberté, plus fort et plus unis notre heure est venue pour notre chance de guider le monde libre, puisse Dieu nous bénir et puisse Dieu bénir les Etats-Unis d’Amérique »… Amen.

- White House Down, réalisé par Roland Emmerich : Le héros est une star triomphante au box office, Channing Tatum, le président est noir (Jamie Foxx), l’ennemi est intérieur avec des Américains "suprémacistes" et des conglomérats militaires nationaux qui veulent un coup d’état pour ensuite détruire l’Iran… Le film est orienté vers les Démocrates (Barack Obama) avec un scénario plutôt progressiste qui débute par un discours télévisé proposant un traité de paix avec l’Iran : « Nous allons retirer toutes les troupes américaines stationnées au Moyen-Orient, ne répétons pas les erreurs que nous avons commises dans le passé, Dieu sait si j’ai fait des erreurs moi-même, si nous en finissons avec cette spirale de violence nous montrerons au monde que la plume est plus puissante que l’épée […], ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir un peu moins d’ennemis »… Alléluia.

Au-delà des considérations politiques qui sont à la base des complots qui fondent les deux films, White House Down s’impose comme un meilleur film d’action avec un maximum de scènes spectaculaires qui surprennent favorablement le spectateur. Bien entendu les ingrédients de base sont les mêmes avec des hélicoptères dans le ciel, le bunker secret du président pour les armes nucléaires, les différentes pièces de la Maison Blanche avec ses ascenseurs et ses tunnels. Roland Emmerich, déjà reconnu pour son expertise en scènes de destruction massive spectaculaire (Independence Day, Godzilla, 2012…), réalise un divertissement sophistiqué. White House Down est un nouveau film d’action assez banal malgré tout, avec autant de combats au corps à corps que d’hélicoptères explosés par des missiles ; en bonus on ajoute une dimension familiale avec l’importante place de la fillette du héros qui se révèle elle aussi une héroïne au cœur du film.

Un expert, un père, un président

roland emmerich © ecran noirRoland Emmerich : «Les effets spéciaux font maintenant partie du processus classique de fabrication d’un film. C’est important pour moi qu’il y ait un niveau de lecture en plus au-delà du divertissement, comme le réchauffement climatique dans Le jour d’après. C’est effectivement la 3ème fois que la Maison Blanche est détruite dans mes films, mais cette fois comme le film se déroule quasiment dans un lieu unique le faire dans la Maison Blanche c’était encore plus intéressant. Je n’ai rien contre le gouvernement américain mais j’ai quand même un regard critique sur certaines pratiques politiques».

Sur la série de flops cet été aux USA : «Il se dit qu’il y a eu un accueil tiède aux USA des différents blockbusters de l’été, peut-être qu’il y a eu saturation du nombre de films mais je ne pense pas du tout que ça remette en question la production de ce genre de film

channing tatumChanning Tatum : «Je suis moi-même un tout jeune père, cette relation père-fille m’a évidement intéressé autant que la dimension de ces deux hommes qui s’entraident dans le danger».

Sur ses projets : «Une suite à Magic Mike est prévue, on commence à écrire pour peut-être tourner l’année prochaine».

jamie foxx © ecran noirJamie Foxx : «Il y a deux ans j’étais un esclave pour Django Unchained et maintenant je suis le président des Etats-Unis, c’est cool. Barack Obama a vu le film, il adore et il se le repasse en boucle!»

Sur The Amazing SpiderMan 2 : «Pour le prochain Spiderman je serais le méchant Electro, j’ai apporté ma touche personnelle pour un personnage haut en couleur».

Roland Emmerich prépare la suite de Independence Day. Sortie prévue le 3 juillet 2015, 19 ans après le premier épisode.

Les mondes de Ralph : Disney en mode Gameplay*

Posté par cynthia, le 25 septembre 2012

Il y a quelques jours le producteur américain, Clark Spencer était à Paris, afin de nous présenter certaines images du nouveau Disney, Les mondes de Ralph, tout en se prêtant au jeu des questions/réponses au sujet de son nouveau bébé.Le film sortira en salle le 5 décembre prochain et sera présenté en avant-première au Grand Rex dès le 21 novembre.

L'histoire : Dans une salle d'arcade, Ralph "la casse" est le héros détesté d'un jeu des années 80. Sa mission est simple: tout détruire sur son passage. Pourtant son plus grand rêve est de devenir le personnage que l'on aime et ne plus être le méchant de service. De l'autre côté Vanellope Van Schweetz est l'un des personnages d'un jeu de course. Son problème: elle est une erreur de programmation, ce qui l'isole du reste de ses collègues. Ces deux personnages n'étaient pas sensés se rencontrés et encore moins faire équipe ensemble, et pourtant le destin en a décidé autrement...

La naissance de Ralph : Tout commence en 2005 avec le scénariste Sam Levine qui travaille sur le concept d'un  personnage de jeu vidéo qui sauterait de jeu en jeu après avoir s'être lassé de son jeu. Le projet reste, néanmoins, en suspend jusqu'à l'arrivée de du réalisateur Rich Moore (Les Simpsons, Futurama) et le producteur Clark Spencer se joint au projet. “L’idée d’un film sur les jeux vidéos est dans les tuyaux depuis longtemps. Mais tout s’est concrétisé lorsque Rich Moore a rejoint le studio il y a 4 ans. A son arrivée John Lasseter lui a dit : “j’aimerai que tu réfléchisses à un film qui se passerait dans l’univers du jeu”. Rich de son côté voulait travailler sur l’histoire d’un type qui se réveille un jour en se disant que sa vie est ailleurs. On en a parlé un peu et on s’est rendu compte que le monde des JV conviendrait parfaitement pour développer son sujet." Avec leur collaboration, Ralph était né.

Un film pour tous: Le film étant en finition, le réalisateur est tout de même resté évasif concernant le scénario exact. Mais nous savons grâce aux images montrées et à ses réponses que les fans des jeux vidéos devraient se retrouver dans ce film: "Les dessinateurs ont pu choisir quel univers de jeu video ils voulaient exploiter. Certains favorisaient les jeux des années 80, d'autres se sentaient plus à l'aise avec les jeux actuels." Il y en aura donc pour tout le monde. Les fans de zombies, les fans de bonbons et même les fidèles de Pacman et de Mario seront dans leur élément.

Quand on a lancé le film, on voulait vraiment s’adresser à tout le monde. Il fallait être universel. L’histoire est une quête existentielle. C’est celle du type qui se réveille un matin et se dit que sa vie tourne en rond, qu’il y a forcément quelque chose de différent. Les jeux vidéos ne sont finalement qu’un décor. On aurait pu créer cette histoire dans pleins d’autres univers. Vieux, jeunes, on s’est tous posé cette question : est-ce que je ne pourrai pas être quelqu’un d’autre ? Le film joue sur plein de niveaux. Il n’y avait pas de nostalgie évidente... Les JV sont là depuis 30 ou 35 ans. ils font partie de notre quotidien. Evidemment, ça parle aux gens de ma génération, mais pas seulement. Je pense que ça parle aussi aux enfants."

Au milieu de ces décors high-tech et geek à souhait, il y a une histoire d'amitié entre les deux personnages, une histoire que seul Disney pourrait faire et qui permettront à tous de s'y retrouver: "la relation entre Vaneloppe et Ralph, elle, plaira également à ceux qui pourraient être allergiques aux arts vidéoludiques”.

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*Gameplay :  terme anglais signifiant la jouabilité du jeu vidéo

Venise 2012 : Kad Merad, la célébrité, les réseaux sociaux et les messages sur le répondeur

Posté par kristofy, le 31 août 2012

A Venise, Xavier Giannoli s’est montré le plus beau parleur en conférence de presse, n’hésitant pas face aux journalistes à évoquer les forces aliénantes que provoque le carnage culturel des médias…  «On nous impose le spectaculaire, l'effet d'annonce. Pendant que je travaillais sur ce film Superstar il y a eu l'affaire DSK où on voyait à la télévision des journalistes en direct lire les rumeurs sur Twitter, est-ce que le journalisme c'est devenu ça ? On ne fait jamais autant partie du spectacle que quand on critique le spectacle.» Son film Superstar, en compétition au 69e Festival international du film de Venise, est à l’affiche depuis ce mercredi en France.

Kad Merad avoue qu'il est « fasciné par les réseaux sociaux. » « Je me suis créé une page Facebook, mais je ne communique pas avec, je ne fais que regarder, je suis un voyeur. Tweeter, c'est encore pire » révèle l'acteur.  Mais il se souvient : « J'ai encore le souvenir de l'époque où on rentrait chez soi le soir et on avait 15 messages sur son répondeur, c'est pas si vieux, vous savez! »

La star, pas anonyme, c'était bien Kad Merad à Venise : «J'ai connu Xavier Giannoli il y a 17 ans environ, il m'avait proposé de tourner dans un court-métrage (Dialogue au sommet), j'étais vraiment un débutant et je me suis senti acteur un peu grâce à lui, j'avais seulement quatre ou cinq phrases à dire mais déjà il y avait de sa part une recherche de vérité. Etre maintenant dirigé par lui, c'est un grand plaisir, j'ai encore plus d'admiration pour lui.» « Ce personnage est très différent de ce que je suis. Je suis dans la vie réelle. Evidemment, je fais un métier extraordinaire, mais pour moi la célébrité est intégrée », explique-t-il. Bien sûr, elle fait tourner la tête cette célébrité. Merad qui avoue être fan de James Stewart affirme qu'il n'est pas fasciné par la notriété. Il préfère être Monsieur Tout le Monde.

On en oublierait presque que l'actrice Cécile de France, qui a tourné avec les Dardenne, Klapisch et Eastwood, fait partie du casting. Elle rend hommage à Giannoli qui l'a engagée pour la deuxième fois, six ans après Quand j'étais chanteur : «On est très heureux sur son plateau, la technique est au service du jeu, il aime inventer et chercher avec les acteurs, il y a une exigence mais c'est une forme de respect, c'est un grand cinéphile et on apprend beaucoup de choses

Cannes 2012 : Le retour et les adieux de Jean-Louis Trintignant

Posté par vincy, le 20 mai 2012

Il est de retour à Cannes après 14 ans d'absence. Et ce sera, sans doute, son dernier film. Jean-Louis Trintignant, 81 ans, est venu présenter Amour, de Michael Haneke, dont il est l'acteur principal. Prix d'interprétation en 1969 pour Z, de Costa-Gavras, le comédien n'était pas revenu sur la Croisette depuis Ceux qui m'aiment prendront le train, de Patrice Chéreau, en 1998. Et entre temps, il n'a tourné qu'un long métrage, Janis et John de Sameul Benchetrit, ex-compagnon de sa défunte fille Marie, en 2002. 10 ans d'abstinence pour ce monstre sacré qui a préféré les planches durant tout ce temps. "Je ne voulais plus faire de cinéma, seulement du théâtre", reconnaît-il aujourd'hui en conférence de presse. "Mais Haneke est l'un des plus grands cinéastes du monde, c'était une opportunité. Je n'en ferai plus d'autre". Après 56 ans de cinéma, Trintignant semble vouloir raccrocher les gants.

Finir en beauté avec un film qui est une déclaration d'amour et un testament à la fois. Quoi de plus beau?

"Je suis fier et content de ce film. J'ai beaucoup souffert, c'était douloureux, mais beau. J'ai fait plus de cent films et d'ordinaire je ne m'aime pas au cinéma. Je fais d'ailleurs du théâtre parce qu'on ne se voit pas. Mais là, c'est la première fois que je suis content de m'être vu, je dis ça sans vanité", explique l'acteur, assez prolixe, et en forme.

Mais il avoue sa souffrance : "je n'ai jamais vu de metteur en scène aussi exigeant ... je ne vous le conseille pas" ajoute-t-il ironique. Durant le tournage, il s'est cassé le poignet, en tombant bêtement. Et le réalisateur autrichien, Palme d'or pour Le ruban blanc, qui lui demande de retirer son plâtre et de courir après un pigeon... Deux jours de tournage et deux pigeons pour 3 minutes de scène à l'écran. Il raconte ça comme une blague et cela fait rire tout le monde.

Trintignant veut sortir de la planète cinéma par le haut. Il semble heureux, souriant. Ses soucis de santé semblent loin, même s'il boîte, ceux-là même qui l'empêchent parfois de jouer sur scène. Il ne s'est jamais remis de la mort tragique et accidentelle de sa fille il y a 9 ans. Il a décidé de vire, ou de revivre. Et comme il le disait l'an dernier, son "existence n'est que l'ombre de ce qu'elle fut jadis". Pourtant aujourd'hui, il semblait heureux, il riait. Comme s'il voulait offrir une dernière image de lui-même : un homme qui aime son métier jusqu'au bout.


Cannes 2010 : Oliver Stone fait son Michael Moore

Posté par Sabrina, le 15 mai 2010

oliver stoneDès ce vendredi 14 mai 2010, à l'occasion de la conférence de presse cannoise dédiée à son film Wall Street : L'argent ne dort jamais, Oliver Stone, accompagné de son équipe ouvrait à nouveau le débat. Vingt-trois années séparent les deux opus de Wall Street... Forcément, entre temps, quantités de choses ont évolué ! Ou pas...

On y a parlé de "corruption aux USA", de "cauchemar financier", de "concurrence", "moralité" et "remises en cause" ; Également de "pertes d'identité", "attaques", "rebellions", "reconstructions ", "idéaux", de "talent" et autres "compétences", de "pardon", "rejets", "éthique", "hostilités" et forcément de "colères".

QUESTIONS A OLIVER STONE

Le cinéaste est-il contre le capitalisme ? Considère-t-il l'argent est une arme de destruction de masse ?

" Je ne sais pas très bien si le capitalisme fonctionne où pas. Ce que je voudrais c'est qu'il y ait des réformes sérieuses qui soient appliquées dans ce domaine. On s'y attèle aux Etats-uUnis. Mais il y aurait aussi beaucoup à dire quant à des aboutissements dans de nombreux pays, en Grèce, au Royaume Uni... Je ne sais pas si on est tous en état d'ébriété.

En 1987, oui, je croyais que le capitalisme allait s'améliorer, s'amender. Mais ça n'a pas été le cas : il a empiré. En 1973 les salaires ont été gelés chez les travailleurs aux Etats-Unis, mais les bénéfices ont augmentés. Et on retrouve cela dans les salaires des présidents d'entreprises qui gagnent de l'argent aujourd'hui. Les présidents d'entreprises et les professionnels de la finance. Mais les travailleurs n'en gagnent pas et il faudrait corriger cela ".

Quand le réalisateur a-t-il pensé à réaliser ce deuxième volet ? La crise financière a-t-elle modifié ses projets ?

" Michael Douglas et Ed. Pressman sont venus me voir en 2006. Je ne voulais pas en fait parler de toute cette richesse. Il n'y avait aucune raison à l'époque de faire un film. Mais après le krach, bien sur, tout a changé. C'était comme une grave crise cardiaque ou un triple pontage. Ils ont mis des "stens", mais rien a été vraiment corrigé ou résolu. Le monde doit être vu depuis une nouvelle perspective maintenant. (...) Ils sont revenus en 2008 avec un script qui était bien meilleur et qui est devenu la base de ce film. Il fallait absolument le faire, c'était le moment ".

De la "prochaine bulle financière" : l'écologie (un point abordé dans le film)

"Ce serait une utilisation productive de l'argent de Wall Street. Pour aider des start-ups dans le domaine de l'écologie. Mais nous n'avons pas une politique aussi centralisée que celle de la Chine, par exemple. Notre gouvernement est un peu plus lent en la matière. Mais c'est ce que Wall Street pourrait faire. 40% des bénéfices des entreprises aux Etats-Unis étaient, voici quelques temps, des bénéfices d'entreprises financières.(...) Aujourd'hui c'est devenu complètement disproportionné".

Une autre histoire (famille, l'amour et argent,...) pour une bien semblable destination : la trahison

"Nous somme ici dans un contexte différent [eu égard au premier opus], car nous contons une histoire sur la famille. Il s'agit d'amour, argent et il y a surtout ce besoin d'amour, ce que tout le monde ressent : chacun ici, dans ce film, trahit les autres personnages, même Carrey trahit les autres, à un moment où à un autre".

De la compétition dans le monde du cinéma...

"Je pense que c'est là quelque chose de dangereux mais qui nous attire. Ca peut déboucher sur une accoutumance. Woody Allen, qui va être là cette semaine, avait dit aussi, pour les gens aux Oscar, que ça rendait les gens fous. La compétition : on aime bien ça, on est en concurrence, bien sur, lorsqu'on fait des films. Mais on apprends tous les uns des autres, on vole des scènes à d'autres films, qu'ils soient bons ou mauvais. Ca devient une sorte de bouillabaisse à la fin".

Oliver Stone oeuvre actuellement sur 3 projets de documentaires : le premier est cet ambitieux long-métrage sur l'Histoire secrète des USA (film qui ne dure pas moins de 10 heures). Viennent ensuite son documentaire traitant de Fidel Castro (une série d'entretiens) et celui qui nous emmènera vers tous les changement en Amérique de Sud.

Soeurs ennemies, actrices complices

Posté par MpM, le 15 février 2008

Après la tempête Madonna, l'ouragan Scarlett (Johansson) et Natalie (Portman) ! Les places étaient chères cet après-midi pour assister à la conférence de presse du film Deux soeurs pour un roi (The other Boleyn Girl) à laquelle participaient, outre les deux stars, le réalisateur Justin Chadwick et l'acteur Eric Bana. Le film, une reconstitution romanesque et soignée de l'Angleterre du 16e siècle, met en lumière Ann Boleyn (éphémère Reine d'Angleterre qui incita Henri VIII à rompre définitivement avec Rome) et sa soeur méconnue Mary. D'Histoire, il allait pourtant peu être question lors du feu nourri des questions-réponses.

C'est tout d'abord une surenchère d'adjectifs pour qualifier l'ambiance du tournage et les relations entre les différents membres de l'équipe : "fantastique", "extraordinaire", "admiration", "bénédiction", on en passe et des meilleurs. Malgré tous leurs efforts, impossibles pour les collègues allemands de soutirer le moindre indice d'une éventuelle rivalité entre les deux principales actrices, qui affichent un front uni d'amitié et de camaraderie. "Votre performance dépend aussi de celle des autres", explique Scarlett Johansson. "Or on ne peut pas manipuler ses partenaires pour qu'ils vous servent de faire-valoir. Ce n'est pas possible. Nous nous sommes donc très bien entendues, dans un vrai climat de confiance."

Décidément en verve, la jeune actrice avoue dans la foulée voir un parallèle troublant entre le milieu où se situe le film (la cour d'Angleterre) et celui où elle évolue. "La célébrité est une sorte de cour également : on subit l'assaut des caméras tout le temps. Et puis il y a des rumeurs, des intrigues assez comparables avec celles de l'époque. Moi, je ne voudrais jamais que ceci affecte ma vraie vie privée et professionnelle, donc je sépare strictement les deux."

En retrait tout au long de la conversation, au contraire du film où elle domine, Natalie Portman ne peut qu'acquiescer, décidément très en phase avec sa nouvelle amie Scarlett. Laquelle semble prendre comme une petite revanche... pour le compte de son personnage, évidemment !