Danny Boyle (Trainspotting) et Richard Curtis (Love Actually) préparent une comédie

Posté par vincy, le 11 mars 2018

En attendant de savoir s'il réalisera le prochain James Bond, Danny Boyle accélère son projet dans les cartons: une comédie (sans titre pour l'instant).

L'actrice Lily James, récemment vue dans Downton Abbey, Cendrillon, Baby Driver et Les heures sombres, et bientôt à l'affiche de Mamma Mia! Here we go again, serait en négociations pour en être la vedette.

Le réalisateur de Trainspotting, 27 Hours et Slumdog Millionaire, fait équipe avec le scénariste Richard Curtis, à qui l'on doit Coup de foudre à Notting Hill, Le journal de Bridget Jones et sa suite, Love Actually, 4 mariages et 1 enterrement, Cheval de guerre et Il était temps. Les deux hommes sont aussi producteurs pour ce film encadré par Working Title et Universal.

Danny Boyle tournerait cette comédie dès cette année, même s'il doit ensuite enchaîner avec un 007. Son agenda est chargé puisqu'il lancera sa série Trust ce printemps, inspirée du même fait divers que celui du dernier film de Ridley Scott, Tout l'argent du monde.

Cannes 70 : c’est bon de rire parfois…

Posté par cannes70, le 1 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-47. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


La sélection officielle en 2016 fut quasiment une exception : il y eut beaucoup d'occasions de sourire voire de rire franchement, grâce aux facéties du père dans Toni Erdmann pour redonner le sourire à sa fille, cadre dynamique trop froide ; à une euthanasie administrée via des voies naturelles inattendues dans Rester vertical d'Alain Guiraudie ; aux failles morales et vestimentaires des sinistres bourgeois de Ma Loute de Bruno Dumont ; à la liberté de ton d'Isabelle Huppert alias Elle pour Paul Verhoeven ou grâce au désormais fameux carton d'introduction de The Last Face de Sean Penn. Cette liste valide cette idée que la franche comédie - ce qu'aucun de ces films n'est – reste bien rare en compétition. Et au passage, rappelons que tous ces films sont repartis bredouilles…

La Palme d'or... et comment l'avoir pour une comédie


En 1965, contre toute attente, alors que la sélection comprenait des futurs classiques bien sombres (La 317e Section de Pierre Schoendoerffer, L'Obsédé de William Wyler, La Colline des hommes perdus de Sidney Lumet...), le jury présidé par Olivia de Havilland ose l'inattendu : remettre une Palme d'or à une comédie, une vraie : The Knack... et comment l’avoir de Richard Lester. Un film délirant, à la croisée du slapstick de l'âge d'or du muet et de la folie furieuse de Helzappoppin (sommet de burlesque sans queue ni tête des années 40), mais dans le style plus réaliste et humain du Free Cinema qui bouleversa les codes du cinéma anglais dans les années 60.

Dans cette chronique romantique chorale se croisent quelques jeunes hommes et femmes vivant avec plus ou moins de sérieux et de bonheur leur quête d'amour ou d'affections éphémères. Dans un entretien accordé aux Cahiers du Cinéma à Cannes cette année là, le réalisateur précisait ses intentions : «The Knack est un film sur la non-communication des jeunes entre eux : ils sont dans une pièce, et chacun parle pour soi, chacun parle de choses différentes, sans écouter les autres, ce qui est très réaliste. Cela me fait penser à un vieux sketch radiophonique : il y a quatre boutons, correspondant à quatre programmes, un agricole, un religieux, un musical, un d'information. Si l'on appuie sur les quatre à la fois, on obtient un torrent d'absurdités. Voilà ce qu'est The Knack».

De ces oppositions et enchevêtrements de situations souvent embarrassantes naît le rire franc, net, massif mais aussi une forme de tristesse, liée à la complexité des relations amoureuses. The Knack, sans être parfait, est une heureuse combinaison d'un portrait réaliste de la jeunesse contemporaine du temps de son tournage et d'un décalage cartoonesque (voir le montage à la Tex Avery dans la scène des portes ci-dessous). Lester avait auparavant dirigé les Beatles dans Quatre garçons dans le vent (A Hard Day's Night) et c'est accompagné de John Lennon qu'il récupéra son trophée, ce dont peu de réalisateurs peuvent se vanter. Petite ironie de l'histoire, il réalisa une dizaine d'années plus tard La Rose et la flèche, avec Audrey Hepburn dans le rôle de Marianne, l'éternelle fiancée de Robin des Bois immortalisée à la fin des années 30 par Olivia de Havilland ! L'autre grand film comique anglais, et plus franchement drôle encore, récompensé à un niveau élevé est le film à sketchs des Monty Python, le Sens de la vie (voir notre texte sur John Cleese).

Etaix bien sérieux, tout cela ?

La même année que The Knack, une comédie plus poétique était également en lice : Yoyo de Pierre Étaix, jolie rencontre quasiment muette entre un milliardaire désabusé, ancien clown (heureux) devenu très très riche (et très très malheureux) et un charmant petit garçon qui va lui redonner le goût de la liberté. Le scénario écrit avec Jean-Claude Carrière est un hommage à un certain génie du cinéma américain des débuts du 7e Art, Chaplin étant clairement l'inspiration première, dans sa capacité à émouvoir et amuser. Petite digression charmante : lors d'une présentation à la Cinémathèque, un enfant rêveur demanda à Etaix pourquoi l'écharpe du personnage était orange. L'acteur-réalisateur-clown fut désarmé par cette question délicieusement absurde, le film étant en noir et blanc !

Pierre Etaix a également contribué à Mon Oncle de Jacques Tati (prix spécial du jury en 1958) en imaginant quelques gags et en interprétant plusieurs petits rôles. Les Vacances de Monsieur Hulot du même Tati fit partie de la compétition en 1953, Etaix signera d'ailleurs une affiche pour l'une de ses multiples rééditions. Ces deux grands noms de la comédie française, aux univers visuels et comiques bien particuliers, n'ont ainsi pas été oubliés par des sélectionneurs attentifs, lorsque qu'ils trouvent des candidats de qualité suffisante, à inviter des comédies soignées et au fort potentiel populaire. Parmi les regrets évoqués par Gilles Jacob sur les grands absents de ses sélections, deux comédies qui résistent fort bien à l'épreuve du temps : Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar et Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Nobody's perfect comme dirait Osgood Fielding !

Souris, puisque c'est grave


L'une des Palmes d'or les plus drôles de l'histoire est un film situé dans un contexte tragique. Avec les mésaventures de chirurgiens potaches dans un hôpital militaire de campagne durant la guerre de Corée, Robert Altman est distingué en 1970 pour ce qui était clairement dans son intention un brûlot anti-Vietnam, comme il l'expliquait au journaliste David Thompson dans son livre d'entretiens Altman on Altman : « J'avais réussi à cacher le fait que l'histoire se déroulait en Corée mais le studio m'a imposé un carton d'introduction. Je voulais que M.A.S.H. soit vu comme une œuvre contemporaine et toutes les considérations politiques dans le film évoquent Nixon et le Vietnam ». Nul n'est dupe en réalité, et la charge est féroce. La causticité du propos repose sur l'attitude faussement désinvolte de Hawkeye (Donald Sutherland) et Trapper (Elliott Gould) alors que la guerre fait rage quelques kilomètres plus loin. Observateurs relativement protégés des combats, ils cultivent le mauvais esprit contre leurs supérieurs trop sérieux et multiplient les blagues d'ados attardés, visant surtout l'infirmière major guindée, surnommée par leurs soins Lèvres de feu et dénudée bien malgré elle en public. Lire le reste de cet article »

En 2016, le cinéma français toujours addict à ses comédies

Posté par vincy, le 4 janvier 2017

C'est incontestable: le cinéma français n'aurait pas atteint sa part de marché de 34% et des poussières sans les comédies françaises. Le genre reste le plus populaire auprès des spectateurs, malgré les critiques souvent médiocres (à juste titre), malgré les recettes pas forcément à la hauteur, malgré les stéréotypes (une vision un peu réac de la France à quelques excceptions près) des plus gros succès.

Et le phénomène n'est pas réservé qu'aux salles de cinéma. En vidéo à la demande, les seuls films français véritablement plébiscités sont des comédies (Camping 3, Retour chez ma mère, Un homme à la hauteur sont les seuls à avoir dominé le top ces derniers mois). A la télévision, parmi les 100 meilleures audiences de l'année, sept étaient des films avec dans l'ordre Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu (10,8 millions de téléspectateurs), Les Tuche (8,8 millions), Eyjafjallajokull (7,6 millions), Les visiteurs (7,5 millions), Supercondriaque (6,7 millions) en tête devant La Reine des Neige et Avatar. Soit deux films avec Christian Clavier et deux avec Dany Boon, définitivement les rois de la comédie. Et deux films dont la suite est sortie en 2017 dans les salles.

Au box office, 2016 aura fait la part belle aux marques américaines (Disney, Marvel, Star Wars, Harry Potter, DC Comics) mais le cinéma français a pu compter sur Jean-Paul Rouve, Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Dany Boon, Christian Clavier, Jean Dujardin, Omar Sy... On prend les mêmes et on recommence.

Les Tuche 2 (4,6M d'entrées), Camping 3 (3,2M), Radin! (2,9M), Retour chez ma mère (2,2M), Les Visiteurs 3: la révolution (2,2M), le plus mélo Demain tout commence (2,1M), Brice 3 (1,9M), Pattaya (1,9M), le tendre La vache (1,3M), Papa ou maman 2 (1,2M), La folle histoire de Max et Léon (1,2M) et Adopte un veuf (1,1M) ont clairement dominé le cinéma hexagonal. Seuls quelques drames ont réussit à surnager: Les saisons, L'odyssée, Médecin de campagne et Chocolat (Sy et Lambert Wilson sont les seuls acteurs français à avoir eu deux films au dessus du million de spectateur).

On notera la forte présence des vedettes cathodiques, nées de la télé, ou issues des one-man show. On remarquera, en second rôle, la belle popularité des vétérans (Brasseur, Balasko, Dussollier). On soulignera la prépondérance des suites (5 parmi les millionnaires). Bien sûr on peut aussi voir le verre à moitié vide: Camping, Les visiteurs, Brice ou encore Papa ou maman ont attiré beaucoup moins de spectateurs que leurs prédécesseurs et n'ont pas forcément recouvert leurs budgets ; ou le verre à moitié plein avec l'émergence d'une nouvelle génération (Gastambide, le Palmashow, le duo Lacheau/Boudali ...).

Mais ce qu'on veut retenir c'est bien la frilosité des producteurs. Evidemment, elle est gagnante puisque ces films ont attiré le public dans les salles, bien plus que les comédies indépendantes ou des films dits du "milieu" signés par des réalisateurs primés dans les palmarès ou reconnus depuis des lustres. Mais il est quand même difficile de voir dans ces films autre chose qu'une vision un peu caricaturale et même formatée du rire, voulant reproduire l'humour des De Funès, des Charlots, ou du Splendid.

Au moins Pattaya s'essaie au vrai délire à l'Américaine (gross-comedy), en flirtant avec quelques tabous faisant rougir le politiquement correct. Et La Vache réussit à être à la fois tendre et poétique tout en étant émouvant et drôle. Pour le reste, on préfèrera la famille dynamité de Papa ou maman 2 ou le style anglo-saxon plein de bons sentiments de Demain tout commence (remake déguisé de Trois hommes et un couffin) et, allez, la beauferie crasse des Tuche qui au moins revisite le navet (à gros budget certes) en l'assumant (Rouve is the new Darry Cowl?). Ces films ont en commun de faire rire en n'utilisant pas "l'autre" ou "le socialement inférieur" comme bouc-émissaire.

Formules éprouvées et érpouvantes

On préfère ça à des formules toutes faites où les femmes, les homos, les non-blancs, les immigrés sont prétextes à des blagues douteuses de la part de héros se protégeant derrière leur ridicule ou leur ringardisme.  Car on peut ajouter Un homme à la hauteur, Ma famille t'adore déjà, Joséphine s'arrondit, Tamara etc... Différent, petit ou gros, il faut savoir s'adapter pour être adopté. On pourra toujours rétorquer que l'autre doit faire le reste du chemin (accepter le petit ou le gros), c'est quand même le prétexte pour faire rire (quand ça fait rire). Au moins avec Pattaya, on ne prend aucun gant, ce qui normalise tout de suite les personnages même "différents", dont un nain et une femme en surpoids. Alors qu'avec Bienvenue à Marly-Gomont on préfère rassurer sur la différence en opposant "ploucs" forcément pas si racistes, mais un peu quand même, et "bons étrangers" forcément intégrables s'ils sont utiles (à ce titre lire le décryptage de Cyprien Caddeo dans Le vent se lève).

Le système a beau atteindre ses limites depuis des années, il fonctionne encore, à la stupéfaction des critiques. La honte nous étreint parfois à la vue de tant de malaise et de gène. D'ailleurs, certains distributeurs ne montrent plus ces grosses comédies à la presse. Et même le public a boudé Les naufragés, Ils sont partout, Tout schuss... Car il y a des gros flops, malgré casting, blietzkrieg médiatique, campagne marketing nationale...

Pourtant, il y a eu d'assez bonnes comédies en France, qui osent des variations un peu plus originales ou au moins différentes dans le style comme dans le récit. On pense à Rosalie Blum, touchant, Tout pour être heureux, romantique, Ma Loute, fortement dérangé, Five, très frais, La loi de la jungle assez délirant en son genre, ou le bancal mais charmant Vicky. Et bien sûr la meilleure d'entre elle: Victoria. Ce qui ne signifie pas victoire pour un genre qui va devoir se réinventer avant de nous lasser complètement.

15 films avec Pierre Richard à voir à la Cinémathèque

Posté par vincy, le 9 avril 2016

En avril, découvre des films. Pierre Richard appartient à notre mémoire cinéphilique collective. On le voit gamin, au premier degré, en maladroit burlesque, plus Harold Lloyd que Chaplin. Et puis, en revoyant ses films, cet anti-héros lunaire apparaît comme étrangement subversif, rebelle même dans des comédies qui dénonçaient les individualismes, le consumérisme, ou même le repli sur soi. La poésie se mêle au rire, l'absurde compromet les tenants de l'ordre. Il est un grain de sable, à la Chaplin, dans les Temps modernes.

Heureuse initiative, donc, de voir la Cinémathèque française lui rendre hommage, depuis mercredi et jusqu'au 27 avril.

15. La Course à l'échalote de Claude Zidi (1975), avec Jane Birkin, Michel Aumont.
Les banques coupables de malversations? Le film est une aimable comédie où le patronat est pourri jusqu'à la moelle.

14. Un nuage entre les dents de Marco Pico (1973), avec Claude Piéplu, Philippe Noiret.
Film très méconnu autour de deux journalistes de faits-divers qui démontre, notamment, la manipulation des médias, avides de scoops.

13. Le Retour du grand blond d'Yves Robert (1974), avec Mireille Darc, Jean Rochefort.
La suite du Grand Blond est moins percutante mais pas moins drôle. La séquence finale empruntée à L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock vaut à elle seule le détour.

12. Essaye-moi de Pierre-François Martin-Laval (2005), avec Pierre-François Martin-Laval, Julie Depardieu.
L'ex Robin des Bois rend hommage à Richard avec son personnage de rêveur romantique. La comédie se laisse regarder pour ceux qui doutent encore qu'il faut garder son âme d'enfant.

11. On aura tout vu de George Lautner (1976), avec Miou-Miou, Jean-Pierre Marielle.
Satire sur le monde du cinéma, avec en toile de fond, l'avènement et la puissance du film porno. On reconnaît là le goût de Pierre Richard pour les sujets de société, où l'idéal et le rêve se fracassent à une réalité cynique.

10. En attendant le déluge de Damien Odoul (2003), avec Anna Mouglalis, Damien Odoul.
Peut-être l'un des plus beaux personnages incarné par le comédien. Dans ce délire entre hurluberlus, où la mort se confronte à la vie, il y a une envie jouissive, à la Tati, de profiter du présent. Pierre Richard y est impérial.

9. Le Coup du parapluie de Gérard Oury (1980), avec Gert Froebe, Valérie Mairesse.
Entre potacherie et jamesbonderie, cette comédie policière sous le soleil de Saint-Tropez est un enchaînement de gags à la Blake Edwards, avec, en moment culte, une publicité pour de la nourriture pour chiens.

8. Juliette et Juliette de Remo Forlani (1973), avec Annie Girardot, Marlène Jobert.
Richard est entouré de deux des plus grandes actrices de l'époque. Entre portrait d'une société où la précarité est déjà là et féminisme affirmé, ce film oublié, qui passe parfois à côté de ses sujets, révèle déjà la vulnérabilité des mâles.

7. Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard (1978), avec Aldo Maccione, Mimi Coutelier.
Impossible de vivre quand on est timide à l'extrême. De ce constat, Pierre Richard va créer des situations rocambolesques et parfois de grands moments de cinéma comique (notamment la scène du resto et celle des pompiers).

6. Le Jouet de Francis Veber (1976), avec Michel Bouquet, Fabrice Greco.
Sans doute l'un de ses films les plus noirs, sous ses apparences très colorées. Véritable cri de révolte contre un monde trop cadré et critique du pouvoir sans âme, le film "s'amuse" avec perversité d'une relation masochiste entre un patron et un chômeur.

5. Les Malheurs d'Alfred de Pierre Richard (1971), Anny Duperey, Pierre Mondy.
Tout commence avec un suicide et tout finira avec un carnage. Se moquant de l'élite parisienne, de la télévision, de ses jeux débiles et de ceux qui se prennent trop au sérieux, cette comédie des petits contre les forts reste étrangement actuelle.

4. Le Distrait de Pierre Richard (1970), avec Marie-Christine Barrault, Bernard Blier.
Ode à l'imagination et à la rêverie. La distraction comme hymne à la vie: c'est le moteur d'une succession de scènes d'anthologie où là encore le système trop cadré (ici du milieu de la publicité) se voit dynamité à coups de gaffes.

3. Les Fugitifs de Francis Veber (1986), avec Gérard Depardieu, Jean Carmet.
Dernier film de la trilogie inégalée du trio Veber-Depardieu-Richard, cet immense succès des années 1980 compose avec un scénario bien ficelé et des situations cocasses, en finissant en famille recomposée se jouant des genres sexués.

2. Le Grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert (1972), avec Bernard Blier, Jean Rochefort, Mireille Darc, Jean Carmet.
L'une des plus grandes comédies du cinéma français: casting, dialogues, scénario. Tout y est. Les acteurs, au jeu volontairement désaccordé, sont en totale harmonie. Mais à y réfléchir de plus près, Le grand blond est aussi un film d'anticipation sur la société de surveillance et le peu de considération de l'autorité pour la liberté et l'individu.

1. La Chèvre de Francis Veber (1981), avec Gérard Depardieu, Corynne Charbit.
Summum de l'art comique de Pierre Richard, l'alchimie avec Depardieu (il faut voir la tête du monstre face au distrait-timide-maladroit) fonctionne à merveille, entre aventures improbables, répliques cultes, humour décalé, usant aussi bien des gags du cinéma muet que de situations atemporelles. Assurément le chef d'oeuvre de la filmographie de Richard (et de Veber), parvenant à montrer que la folie douce est un moyen de trouver le bonheur et l'amour dans un monde violent.

Edito: Le clan des comiques

Posté par vincy, le 11 février 2016

La comédie reste la poule aux oeufs d'or du cinéma français. Pour ceux qui en doutaient, il n'y a qu'à voir le succès de la suite des Tuche, cette famille de beaufs qui, grâce à un ticket de loto, rêve de Monaco (épisode 1) et d'Amérique (épisode 2). Avec 1,5 million de spectateurs en une semaine, le film a réalisé un démarrage tonitruant et a déjà dépassé le score total du premier film. On peut toujours mépriser le genre, se désoler des gags, se moquer de ces personnages. Reste que les Tuche ont trouvé leur public. Comme Kev Adams a su attirer des millions de spectateurs avec Les Profs et Aladin. Comme Babysitting rameute les foules. Et ce n'est pas nouveau.

Généralement, la critique, quand elle est conviée à voir ces films avant leur sortie, fait la fine bouche, se désole du niveau cinématographique, s'inflige des comparaisons avec les comédies américaines ou anglaises mais assume le selfie avec ces vedettes populaires. C'est qu'il ne faudrait pas insulter l'avenir. Les nanars d'aujourd'hui peuvent devenir les films cultes de demain. Les Charlots (bidasses ou pas), Les sous-doués, Les gendarmes ont été d'énormes succès dans les années 60-70. On parle de franchises avec des millions de spectateurs, puis autant de téléspectateurs. Les bronzés, les Gérard Oury et Jean Yanne et autres Camillos ont marqué deux voire trois générations de Français.

Pas étonnant qu'on tente le revival à l'instar de Les Bronzés 3, La vérité si je mens 3, La tour Montparnasse 2 ou des prochains Camping 3 et Visiteurs 3. Tout cela a quelques avantages (il faut voir le verre à moitié plein). Des recettes dans les caisses des cinémas et du CNC (qui bénéficient aux autres films), l'aspect social (les gens sortent, vont au cinéma, découvrent parfois des salles flambant neuves) et, à défaut de révéler de grands réalisateurs, propulsent quelques comédiens en haut de l'affiche. Fernandel, De Funès, Clavier, Boon continuent d'être des valeurs sûres et fédératrices pour le petit écran.

Car si les films sont dénigrés par les intellos de la cinéphilie et plébiscités par les spectateurs (et parfois la comédie s'exporte bien à l'instar de Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu? ou La famille Bélier), une valeur fait consensus: le comédien. Même les émissions culturelles du service public (radio, télé) ne les snobent plus. Les Eric & Ramzy, Rouve & Fois, Debouzze & Sy ne sont plus seulement des drôlatiques du petit écran. Comme leurs aînés, les Nuls, ils ont su transformer l'essai cathodique en succès cinématographiques. Ils sont pris au sérieux pour leur sens de la répartie ou leur humour absurde. Après tout, en période de crise sociale, politique, économique, le rire est toujours le meilleur des remèdes. Ce n'est pas Deadpool qui nous contredira.

Cinespana 2013 : Les sorcières de Zugarramurdi, nouveau délire grinçant d’Alex de la Iglesia

Posté par redaction, le 2 octobre 2013

Les Sorcières de ZugarramurdiLes sorcières de Zugarramurdi, le nouveau et très attendu film d’Alex de la Iglesia, comédie noire et extravagante sur fond de sorcellerie, était présenté mardi en grande avant-première dans le cadre du 18e Festival du cinéma espagnol Cinespaña, où il a reçu un très bon accueil du public. Prochainement sur les écrans en France (Sortie Rezo Films), le film est déjà devenu numéro un des entrées en Espagne depuis sa sortie en salles le 27 septembre dernier, rapportant plus d’1,2 million d’euros.

Un groupe d’hommes décide de braquer un magasin, malheureusement Jose amène son fils Sergio de 8 ans pour le réaliser (les mardis et un week-end sur deux il en a la garde), la femme d’Antonio prend le véhicule destiné à la fuite pour faire des courses, et ils se retrouvent obligés de continuer la course poursuite en taxi, avec un otage et leur butin composé de 25000 bagues d’or, jusqu’à Zugarramurdi, un village de sorcières.

Ce petit village du pays basque, sorte de Salem espagnol, est tristement célèbre puisqu’en 1610 s’y est tenu le plus grand procès en sorcellerie : arrestations, condamnations, torture et mise à mort sur le bûcher.

Zugarranmurdi sert donc à Alex de la Iglesia de prétexte et de toile de fond pour faire un film actuel qui mélange fantastique et comédie, pour déployer un humour noir doublé d’un arrière fond social et pour renouer avec la folie de ses premiers films en se dotant des moyens d’une production spectaculaire. Ces moyens lui permettent d’avoir recours à toute une série d’effets spéciaux, gags, dialogues qui fonctionnent à la perfection. De plus, il réunit de très bons acteurs, têtes d’affiche en Espagne comme Hugo Silva, Mario Casas ou Carmen Maura (qui vient de recevoir un prix honorifique pour l’ensemble de sa carrière au festival de Saint-Sébastien).

Seul regret : des excès dans une mise en scène trop chargée, une cérémonie de sorcières noyée par l’opulence, et du coup une certaine perte de vitesse vers la fin.  Ce qui ne l’empêche pas d’être un très bon film dans son ensemble, et une comédie exceptionnellement réussie.

Banafcheh Pérez

L’instant Court : cui-cui, avec Gad Elmaleh

Posté par kristofy, le 29 juin 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip Adieu avec l’acteur Niels Schneider, voici l’instant Court n° 83.

La comédie romantique de ce début d’été est à l’affiche depuis mercredi dernier. Dans Un bonheur n’arrive jamais seul, le réalisateur James Huth réussit à faire de Sophie Marceau et Gad Elmaleh un duo qui pétille . Si on connaissait déjà les gesticulations de Gad Elmaleh pour séduire, le plus grand bonheur est de découvrir une Sophie Marceau qui joue de son corps aussi pour faire rire.

En attendant de retrouver ce couple cocasse sur écran,voici un court métrage réalisé par David Fauche, avec Gad Elmaleh dans un rôle un peu moins sympathique qu’à l’habitude, mais tout aussi drôle. Ce court a déjà été diffusé au festival "Juste pour rire" de Montréal et au festival des "très court", puisque sa durée est seulement d’environ une minute.

Un homme est assis sur un banc et lit un journal, il commence à s’agacer à cause des pigeons qui traînent autour de lui… Quand une vieille femme arrive, s’assoit sur le même banc et commence à donner à manger aux pigeons, les choses dérapent…

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film cui-cui.

Deauville : Les ZAZ au Top !

Posté par kristofy, le 10 septembre 2009

ZAZZAZ, trois lettres synonymes de rires assurés. Derrière cet acronyme, il y a en effet le trio David Zucker - Jim Abrahams - Jerry Zucker présent à Deauville pour un hommage.

Leur tout premier film comme scénaristes, Hamburger Film Sandwich (une suite de sketch parodiant différents types de films) est un véritable succès qui lance leur carrière au cinéma et en même temps devient leur marque de fabrique. Ils vont ensuite s’échanger leur casquette de scénariste, réalisateur ou producteur selon les projets. Les "ZAZ" s’inspirent de films que tout le monde connaît pour proposer des films parodiques beaucoup plus drôles. Les enquêtes policières deviennent ainsi déjantées et polissonnes avec le lieutenant Drebin dans Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, Y a-t-il un flic pour sauver le président ?, Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? et, dans le même registre absurde, Hot shots 1 et 2 tournent largement les aviateurs en ridicule.

Mais, avant ces parodies, leur collaboration a donné naissance à deux autres films dont ils signent conjointement le scénario et la réalisation : des nazis sur le retour en prennent pour leur grade dans le méconnu mais hilarant Top Secret (qui n’a pu être projeté à Deauville pour défaut de voilage rouge sur la copie, mais qui a été récemment diffusé sur Arte) en 1984, et surtout en 1980 le cultissime pastiche de film catastrophe Y a-t-il un pilote dans l’avion?, sans doute leur chef d’œuvre.

Chacun de son côté a aussi œuvré à la production de films plus "sérieux" : David Zucker pour Phone game de Joel Schumacher, Jim Abrahams pour Cry baby de John Waters, et Jerry Zucker sur Fair game, le prochain film de Doug Liman (avec Sean Penn et Naomi Watts). Jerry Zucker est aussi l’heureux réalisateur de Ghost, romance entre Demi Moore et Patrick Swayze qui récolta en son temps cinq nominations aux Oscars.

Si, en France, les ZAZ ont notamment influencé les Nuls (La cité de la peur), ils n’ont guère eu d’héritiers aux Etats-Unis avant l'arrivée des frères Wayans (dont la prochaine parodie, Dance Movie, sortira d'ailleurs le 28 octobre) et leur fameux Scary Movie. Mais la suite (Scary Movie 2) s'étant révélée une déception, les ZAZ ont encore repris le flambeau : David Zucker a réalisé Scary Movie 3 et 4, ce dernier étant co-écrit avec Jim Abrahams. A Deauville, c’est le rigolo du jury, Dany Boon, qui a remis le trophée-hommage aux trois trublions. Sur scène, ils ont régalé les festivaliers de quelques blagues, notamment d'un discours cacophonique (oui, les ZAZ sont lol). Et dans cette grande fête du cinéma américain, le trio qui dynamite les clichés hollywoodiens avec un mauvais goût de qualité a connu son moment de gloire... de quoi lui inspirer une nouvelle idée de film ?

Crédit photo : Christophe Maulavé

17 ans encore : hélas, pas assez « Efronté »

Posté par vincy, le 18 avril 2009

17again.jpg « Tu es trop précieux pour être promu. »

L'histoire : Mike O'Donnell a 37 ans, nage dans un divorce qu'il ne voulait pas, n'a aucune autorité sur ses deux adolescents, et n'a pas eu la promotion qu'il estimait mériter après tant d'années de bons résultats. Il vit donc chez son meilleur ami, milliardaire grâce à ses logiciels informatiques, mais complètement barré, croyant vivre dans un monde de science fiction. Par un mystérieux sortilège, il devient du jour au lendemain Mike O'Donnell, beau gosse de 17 ans, doué en basket-ball... Il se décide à ne plus répéter ses erreurs, ses choix, mais en fait va être conduit à réparer tout ce qu'il a détruit... Il devient l'ami de sa femme, le plus proche confident de son fils, et la cible séductrice de sa fille.

Notre avis : Trop prévisible avec ses grosses ficelles, cette comédie se laisse regarder grâce à son rythme. Lointain cousin de Big, anecdotique sur le fond comme sur la forme, 17 ans encore n’a que deux choses à réaliser : séduire les fans de Zac Efron et véhiculer sa morale conservatrice.

Commençons par Zac. Dès la première scène, il fait des paniers, torse nu, luisant de sueur, musclé, allumeur. D’ailleurs il sait tout faire : danser avec les Pom Pom Girls, s’exhiber (en short, restons décent) devant son public conquis le consacrant dieu vivant du Lycée. Puis l’histoire bascule, la gloire disparait, il devient vieux con et loser. Bref il a les traits de Matthew Perry. Là, le spectateur se dit : si Zac Efron devient Matthew Perry, en effet, c’est un loser (qui n’existe qu’à travers son personnage dans Friends, ce qui commence à dater). Ne parlons pas du physique de l’acteur. Imaginez le jeune playboy frimeur devenu beauf gras du bide… Non vraiment, on ne souhaite pas ça même à une tête à claques. Le jeune comédien mérite mieux.

Car le film, hélas, préfère emprunter la voie moraliste au délire subversif. Plus confortable de prôner l’abstinence que de rejouer Le Lauréat ou de lui faire commettre un inceste malgré lui. L’amour se doit d’être unique, une valeur plus forte que toute réussite personnelle ou professionnelle, etc… Cela nous emmène à un final attendu et surjoué, avec musique au piano et yeux rougis par les larmes.

Pour le reste, le divertissement est plaisant, avec des seconds-rôles distrayant. Le passage dans le monde parallèle est peu inspiré pour nous marquer. Il nous conduit dans un univers un peu binaire, opposant les adultes qui ne grandissent pas (fans de SF) et ceux qui déclinent très vite après l’adolescence (mais qui ont la cool attitude). Autrefois âge ingrat, il a surtout mué en cible glorieuse des producteurs. Après Risky Business et Ferris Bueller, 17 ans encore nous apprend que si l’on doit refaire sa vie et la réussir ce n’est que dans le but d’être un bon père et un bon mari. La mèche faussement sage, le sourire craquant, Zac Efron devient alors une publicité pour un American Way of Life complètement ringard.

Erreur de la banque en votre faveur : une erreur gentillette

Posté par Morgane, le 6 avril 2009

darroussin lanvin erreur de la banque« - Il paraît qu’à New York il y a des mecs qui se jettent par la fenêtre.

- Et alors, qu’est-ce que t’en as à foutre toi, tu habites au rez-de-chaussée .»

L’Histoire : Lorsque Julien Foucault, maître d’hôtel de la très vénérable banque d’affaires Berthin-Schwartz, apprend son licenciement, il y voit l’occasion de réaliser son rêve de toujours : ouvrir un restaurant avec son meilleur ami Etienne.Pourtant, après 17 ans de bons et loyaux services, la banque lui refuse tout appui financier. Julien décide alors de tirer profit des informations confidentielles dont usent ses employeurs, mais ces derniers le prennent en flagrant délit d’initié et décident de lui jouer un tour machiavélique…

Notre avis : Sortant en salles en pleine crise économique mondiale, Erreur de la banque en votre faveur, pourtant produit bien avant celle-ci, se révèle un très bon remède anti-crise. En effet, les petites gens (ici Gérard Lanvin et Jean-Pierre Darroussin), que les grandes banques ne veulent en aucun cas aider, deviennent des Robin des bois des temps modernes, volant aux plus riches en écoutant aux portes et redistribuant aux gens de leur quartier.

Gérard Bitton et Michel Munz, scénaristes des deux volets de La vérité si je mens ! et réalisateurs de Ah ! si j’étais riche (dans lequel Jean-Pierre Darroussin jouait déjà) repassent derrière la caméra avec un nouveau film touchant, une fois encore, à l’argent.

Comédie dans laquelle les acteurs sonnent juste, Erreur de la banque en votre faveur joue néanmoins un peu trop avec les stéréotypes et la subtilité ne répond pas toujours présente. Les gros méchants sont bien ceux auxquels on pense (les riches) tandis que les pauvres, enfin les classes moyennes, sont les gentils de l’histoire. La générosité et l’entraide sont mis en avant ainsi que l’amitié qui unit les deux compères, Julien et Etienne. Cependant, il faut avouer que dans le contexte actuel, Erreur de la banque est un film ancré dans son époque, qui fait sourire et qui redonne quelques couleurs à la comédie française d’aujourd’hui. Le grand film est loin d’être au rendez-vous mais le bon moment, lui, oui.