West Side Story par Steven Spielberg : première image et casting complet

Posté par vincy, le 18 juin 2019

C'est avec une première image que le remake de West Side Story par Steven Spielberg s'est dévoilé. Et ce ne sera pas une transposition moderne, mais bien un film qui renoue avec l'époque de la création du "musical". Le film sortira au cinéma en décembre 2020.

"Plus de 50 acteurs, chanteurs et danseurs forment les Sharks et les Jets, les gangs de rue rivaux au cœur de l’histoire d’amour intemporelle du film, dont l’action se situe à New York en 1957" explique le communiqué de la 20th Century Fox.

Seule la légendaire Rita Moreno sera au générique de la version de 1961, qui lui a valu un Oscar du meilleur second-rôle féminin, et de cette nouvelle déclinaison de la comédie musicale. Elle aura cette fois le rôle de Valentina, "une version revisitée et amplifiée du personnage de Doc, le propriétaire du magasin dans lequel travaille Tony."

Les personnages principaux, Tony et Maria, sont interprétés par Ansel Elgort (Divergente, Baby Driver, Le chardonneret) et Rachel Zegler, dont ce sera le premier rôle au cinéma (lire aussi notre actualité du 15 janvier dernier). Anita et Bernardo sont incarnés par deux comédiens de Broadway: Ariana Debose (Hamilton, Summer : the Donna Summer musical) et David Alvarez (Billy Eliott : the musical).

Le lieutenant Schrank et le sergent Krupke sont quant à eux interprétés par Corey Stoll (House of Cards) et Brian d’Arcy James (First man).

Steven Spielberg prépare le film depuis plus d'un an, après avoir sorti Pentagon Papers et Ready Player One. Il a déclaré: "Quand nous avons commencé à travailler sur le projet il y a un an, nous avons annoncé que nous allions rassembler une distribution qui reflète la profondeur et la variété du talent de la communauté hispanique en Amérique, en lui faisant interpréter les rôles de Maria, Anita, Bernardo, Chino et les Sharks. Je suis émerveillé par la force du talent de ces jeunes interprètes, et je suis convaincu qu’ils apporteront une énergie nouvelle et électrisante à une magnifique comédie musicale, plus pertinente que jamais."

30 000 candidats ont été auditionnés pour 50 rôles.

Le film est écrit par Tony Kushner (Angels in America, Munich, Lincoln), dramaturge lauréat d’un prix Pulitzer et scénariste nommé aux Oscars, à partir de la comédie musicale originale de Broadway de 1957 (livret d’Arthur Laurents, musique de Leonard Bernstein, paroles de Stephen Sondheim et concept, mise en scène et chorégraphie de Jerome Robbins).

Côté musique, la direction d’orchestre a été confiée à Gustavo Dudamel, les arrangements à partir de la partition originale à David Newman.

Le film, sorti en 1961, a récolté 44M$ de l'époque en Amérique du nord (l'équivalent de 505M$ aujourd'hui). En France, il est sorti en 1962 et a fini 3e film le plus populaire de l'année avec 8,7 millions d'entrées. Parmi toutes ces nominations aux Oscars, il ne lui en a échappé qu'une: celle du scénario adapté. Sinon, il a raflé 10 statuettes, dont celles du film, des réalisateurs, des meilleurs second-rôles (George Chakiris côté masculin), de la musique et de l'image. Natalie Wood et Richard Beymer tenaient les rôles principaux de Maria et Tony.

Glenn Close amène le musical Sunset Boulevard au cinéma

Posté par vincy, le 5 mars 2019

Perdante pour la 7e fois (détenant ainsi le record de l'actrice la plus nommée sans avoir jamais remporté de statuette), Glenn Close veut profiter du good buzz autour d'elle, à bientôt 72 ans. Elle a d'abord exprimé son souhait de voir un remake de Liaison Fatale (Fatal Attraction) (1987), l'un de ses plus grands succès (avec les Gardiens de la Galaxie et Air Force One), avec le point de vue de la maîtresse (qu'elle incarnait) et non pas celle du mari (trompeur), en essayant de comprendre pourquoi elle est si dérangée mentalement. Elle concède qu'elle n'a plus l'âge pour jouer le rôle, mais elle confie aussi qu'elle pourrait écrire le scénario.

Un autre de ses personnages mythiques devrait voir le jour plus rapidement sur les écrans. L'actrice de The Wife (actuellement en e-cinema) veut être de nouveau Norma Desmond.

Elle avait interprété l'actrice (fictive) du cinéma muet cherchant à revenir désespérément sur le devant de la scène dans le musical de Broadway inspiré du film culte de Billy Wilder, Sunset Boulevard (1950). Sur les planches, elle avait été Norma à Broadway en 1993 (remportant un Tony Award en 1995) et dans le revival exceptionnel en 2017 à Londres et à New York.

Le tournage devrait être lancé cet automne à Londres, et le film - produit par le musicien du livret Andrew Lloyd Webber (Le Fantôme de l'opéra), qui détient les droits du musical - sera réalisé par le chorégraphe Tony Ashford.

Sunset Boulevard, aka Boulevard du Crépuscule, est un film noir qui mettait en scène Gloria Swanson, William Holden et Erich von Stroheim. Il avait récolté 3 Oscars (direction artistique, musique et scénario) et avait été nommé dans 8 autres catégories (dont meilleur film).

Stanley Donen (1924-2019), grand styliste qui a tout donné

Posté par vincy, le 23 février 2019

Le réalisateur américain Stanley Donen est mort d'une crise cardiaque jeudi à New York, à l'âge de 94 ans, a indiqué samedi l'un de ses fils, Mark Donen, au Chicago Tribune.

S'il n'avait jamais remporté d'Oscars pour ses films et s'il n'a jamais été nommé en tant que réalisateur, ce qui en soi est un scandale et relativise beaucoup le poids de la statuette dans la cinéphilie mondiale, il avait reçu un Oscar récompensant l'ensemble de sa carrière, en 1998 et un Lion d'or d'honneur à Venise en 2004.

Né le 13 avril 1924, avec un père gérant d'un magasin de robes et une mère fille de bijoutier, il avait souvent confié que son enfance n'était pas très heureuse et qu'il avait été victime d'antisémitisme. Pour s'échapper de l'ennui, il passe l'essentiel de sa jeunesse au cinéma, adorant les westerns, les comédies et les thrillers. En 1933, en voyant Flying Down to Rio avec Fred Astaire et Ginger Rogers, il décide d'en faire son métier et commence à tourner quelques films avec une caméra 8mm. Il prend des cours de danse, se produit au théâtre municipal et a la chance de voir les comédies musicales de Broadway lors des vacances d'été.

Il débute comme assistant chorégraphe (de Gene Kelly) et assistant réalisateur (de George Abbott) durant la seconde guerre mondiale. Finalement, il passe à la réalisation en 1949 en signant un contrat de sept ans avec la MGM. Il n'a que 25 ans. Un jour à New York ( On the Town), adaptation du hit éponyme de Broadway, avec Gene Kelly et Frank Sinatra, un histoire de beaux marins qui pose les bases de son cinéma: aérien, volant même, léger, et musical.

Le succès est au rendez-vous. Il enchaîne avec Mariage Royal, où il retrouve l'autre grand acteur-danseur-chanteur de l'époque, Fred Astaire, pour un autre musical. "Quand Fred Astaire danse, tout est parfait dans ce monde". Puis il fait tourner Elizabeth Taylor dans Une vedette disparaît, comédie romantique de commande qu'il s'applique à mettre en scène.

Son génie du cinéma - alliant avec grâce le rythme et le divertissement - va éclater très vite avec l'un des chefs d'œuvre de la comédie musicale, où il insuffle son envie de joie et de bonheur. En 1952, il tourne Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain) avec Gene Kelly, Debbie Reynolds et Cyd Charisse. Tout le monde connaît le titre phare de cette romance qui a pour toile de fond le passage du cinéma muet au parlant à Hollywood. L'exigence de Gene Kelly et le perfectionnisme de Stanley Donen font des étincelles avec des séquences sublimes, sommet de l'âge d'or de la comédie musicale. Paradoxalement, le film n'a reçu que deux nominations aux Oscars (et aucune victoire). Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des deux meilleurs films de son genre de l'Histoire du 7e art.

Sous contrat avec la MGM, Stanley Donen ne va pas être utilisé à sa juste valeur. Il réalise une comédie, L'Intrépide (Fearless Fagan) avec Janet Leigh, et des musicals comme Donnez-lui une chance (Give a Girl a Break), avec Debbie Reynolds, et Beau fixe sur New York (It's Always Fair Weather), avec Gene Kelly, Cyd Charrisse et Michael Kidd. Mais c'est avec Les Sept Femmes de Barbe-Rousse (Seven Brides for Seven Brothers), où chorégraphies (de Kidd) et mise en scène (de Donen) impressionnent. Le film est cinq fois nommé aux Oscars, dont meilleur film, et repart avec l'Oscar de la meilleure musique.

Chez Donen, tout est toujours beau, de la direction artistique aux acteurs. Mais cela ne cache pas la complexité de ses personnages, tourmentés, contradictoires, parfois idéalistes, ou tout simplement cherchant le bonheur dans un monde assez noir. En 1957, pour son déjà 10e long métrage, le réalisateur ose le mélange entre la comédie romantique et la comédie musicale, une gloire mythique comme Fred Astaire et une étoile montante nommée Audrey Hepburn, un film entre questions existentialistes qui traversent les courants de pensée de l'époque et le carpe diem qui se fout du quand dira-t-on. Drôle de frimousse (Funny Face) est son deuxième chef d'œuvre. Et son premier film tourné à Paris, so chic. Tel un styliste de haute-couture, le réalisateur utilise parfaitement les décors et les comédiens pour donner l'émotion idoine. Mais surtout, il prouve qu'il est un as des ciseaux avec un montage endiablé et précis qui sont sa marque de fabrique. "Jean-Luc Godard a dit que le cinéma c'était la vérité en 24 images seconde. Je pense que le cinéma c'est des mensonges en 24 images secondes" expliquait-il.

Ensuite, il co-réalise avec George Abbott Pique-nique en pyjama (The Pajama game) avec Doris Day, et Embrasse-la pour moi (Kiss Them for Me), où il créé le duo improbable Cary Grant et Jayne Mansfield. Deux films mineurs. Mais en 1958, il réussit à réunir Cary Grant et Ingrid Bergman (12 ans après Les Enchaînés) pour Indiscret (Indiscreet). Donen expérimente de plus en plus l'image pour lui donner du rythme, notamment en utilisant le split-screen. Dans ce quasi huis-clos annonçant le futur Charade, il s'en sert même pour contourner la censure. Mais, durant cette période, le talent de Stanley Donen se gâche avec des scénarios pas vraiment à la hauteur. En dehors de l'adaptation du musical Damn Yankees!, co-réalisé avec Abbott une fois de plus, il tourne Chérie recommençons (Once More, with Feeling!) et Un cadeau pour le patron (Surprise Package), tous deux avec Yul Brynner. Il retrouve Cary Grant pour Ailleurs l'herbe est plus verte (The Grass Is Greener), avec également Deborah Kerr, Robert Mitchum et Jean Simmons.

Cela clôt une décennie inégale malgré quelques prodiges. En 1963, Stanley Donen tourne la comédie-thriller pop, piquante et romantique, en plus d'être hitchcockienne, Charade, à Paris, avec Cary Grant et Audrey Hepburn. Il retrouve là son mojo. Avec la réalisation élégante, le montage électrique, l'alchimie des deux stars et la musique d'Henry Mancini, le film devient vite un classique, summum du scénario à twists et de la comédie à répliques.

En tournant moins, Donen semble libéré de la pression des studios. Avec Arabesque trois ans plus tard, il tente quand même la même formule qu'avec Charade. Cette fois-ci les étincelles proviennent du duo Gregory Peck, après le refus de Cary Grant, et Sophia Loren, habillée en Dior. Le cinéaste trouvant le scénario moyen, décide de rendre la mise en scène clinquante, utilisant des angles de caméra étranges et des compositions visuelles excentriques. Il change complètement de direction avec son film suivant, en 1967, Voyage à deux (Two for the Road), avec Albert Finney, disparu il y a peu, et Audrey Hepburn. Ce qui aurait pu être un banal mélo sur un couple prêt à divorcer devient un hymne à l'amour à travers les souvenirs de ce couple tout en critiquant son embourgeoisement. Le génie de Donen est de mélanger les époques avec un montage malicieux où seuls les vêtements, coiffures et voitures permettent de distinguer les époques. Avec en bonus l'une des plus belles partitions de Mancini.

A compter de cette période le génial Donen va se perdre dans des projets moins intéressants, dépassé par un nouveau cinéma américain, loin de l'âge d'or qu'il vénérait. Il filme Bedazzled, adapte (et rate) Le Petit Prince, tourne Lucky Lady (avec Gene Hackman, Liza Minnelli et Burt Reynolds), s'essaie à la science-fiction (le nanar culte Saturn 3, avec Farrah Fawcett, Kirk Douglas et Harvey Keitel), offre deux films en un avec Movie Movie qui est divisé en deux parties, un film de boxe Dynamite Hands, et un musical Baxter's Beauties of 1933. Donen était l'un des rares à s'affranchir des contraintes et des conventions. Rappelons qu'il a réalisé en 1969 L'escalier (Staircase), avec Rex Harrison et Richard Burton, qui y formait l'un des premiers couples gays du cinéma américain. Aujourd'hui le film est perçu comme homophobe. A l'époque, ça a surtout été un désastre au box office.

La carrière du cinéaste s'arrête en 1984 avec La Faute à Rio (Blame It on Rio), remake du film Un moment d'égarement de Claude Berri , avec Michael Caine comme dernière star de sa filmographie. Malgré des projets, malgré son travail de producteur (pour la télévision principalement) ou de metteur en scène à Broadway, il n'a plus jamais sorti de film au cinéma. Il n'avait plus de défis à relever sans doute. Comme il le confiait: "Je pense que ce que nous aimons tous dans la vie, c'est le défi de faire quelque chose… qui n'est pas facile à faire."

Guillermo del Toro adapte Pinocchio en stop-motion pour Netflix

Posté par wyzman, le 23 octobre 2018

Dans un long communiqué diffusé en début de semaine, la géant du streaming aux 130 millions d'abonnés répartis dans 190 pays a annoncé que le premier film de Guillermo del Toro depuis son sacre aux Oscars avec La Forme de l'eau serait un remake de Pinocchio.

Un projet ambitieux

La nouvelle a de quoi surprendre. Mais si l'on s'attarde un instant sur la filmographie de Guillermo del Toro, cette information fait sens. Qui d'autre que le réalisateur Hellboy et du Labyrinthe de Pan pour redonner vie au personnage créé par Carlo Collodi et apparu pour la première en 1881 ? Dans son communiqué, Netflix précise que Guillermo del Toro réalisera, écrira et produira cette adaptation en stop-motion.

Alors que la production de Pinocchio débutera dès cet automne, on apprend entre autres que Guillermo del Toro a choisi l'Italie des années 1930 comme cadre de cette comédie musicale. Pinocchio sera ainsi produit par The Jim Henson Company (The Dark Crystal: Age of Resistance) tandis que le studio ShadowMachine (Bojack Horseman, The Shivering Truth) sera chargé d'accueillir la production du projet.

Particulièrement enthousiaste à l'idée de travailler de nouveau avec Netflix après la série d'animation Chasseurs de Trolls (dont les 3 saisons sont déjà en ligne), Guillermo del Toro déclare : "Aucune forme d'art n'a autant influencé ma vie et mon travail que l'animation et aucun personnage n'a eu de connexion aussi personnelle avec moi que Pinocchio. Dans notre histoire, Pinocchio est une âme innocente, avec un père indifférent, qui s’égare dans un monde qu'il ne comprend pas. Il se lance dans un voyage extraordinaire qui lui permettra de comprendre son père et le monde réel. J’ai depuis toujours voulu faire ce film (...) Netflix m'offre l'occasion d’une vie de présenter au public, partout dans le monde, ma version de cet étrange pantin devenu vrai petit garçon."

Une collaboration fructueuse

Du côté de Netflix, même son de cloche. Melissa Cobb, vice-présidente du département Kids and Family chez Netflix, ne cache pas sa joie de retrouver le réalisateur oscarisé : "Tout au long de sa brillante carrière, Guillermo a démontré sa capacité à inspirer les gens à travers ses mondes magiques et leurs personnages magnifiques et inoubliables, en passant des monstres du Labyrinthe de Pan à la bête aquatique de La Forme d’eau. Nous sommes très enthousiastes à l'idée de développer notre relation avec Guillermo et nous sommes sûrs que sa vision sincèrement émouvante de donner vie à Pinocchio sur Netflix sera accueillie à bras ouverts par le public du monde entier."

Comme le souligne très bien WIRED, la collaboration entre Guillermo del Toro et Netflix va bien plus loin qu'un simple remake d'une histoire qui a marqué la pop culture. Comprenez par là que la firme américaine se voit déjà aller jusqu'aux Oscars avec un tel projet. En effet, après avoir récupéré les droits de diffusion de Roma du réalisateur oscarisé Alfonso Cuarón, Melissa Cobb mentionne ici les deux films de Guillermo del Toro qui ont raflé 7 Oscars et 6 BAFTA. Des choix de films bien particuliers au moment d'annoncer la production d'une comédie musicale pour le grand public. En attendant, notez que Chasseurs de Trolls, la première collaboration de l'entreprise et du réalisateur a remporté 4 Annie Awards et 7 Emmy Awards !

Cinéma sur scène: Chicago, Peau d’âne, We Will Rock You et… Jean-Paul Gaultier!

Posté par vincy, le 7 octobre 2018

Le cinéma continue d'inspirer le théâtre. On ne compte plus le nombre d'adaptations de films sur les planches chaque année. La particularité pour la saison qui vient de commencer est que les quatre plus importants spectacles musicaux de la rentrée ont tous le cinéma dans le sang.

Chicago est un musical dès son origine. Créée en 1975 par Bob Fosse (Cabaret) et Fred Ebb, avec des paroles de Fred Ebb et une musique de John Kander, le drame musical a été transposé au cinéma en 2002, film oscarisé réalisé par Rob Marshall avec Catherine Zeta-Jones, qui lui valu un Oscar, Renée Zellweger, Richard Gere et Queen Latifah. Le spectacle revient, depuis deux semaines et jusqu'en juin prochain, au Théâtre Mogador, là où se sont déjà joués Le Roi Lion, Grease, Sister Act ou encore Mamma Mia!. Véritable réussite en terme de qualité, porté par une belle distribution, le show déroule cette histoire à l'humour noir où le glam, les égos et le meurtre font bon ménage.

Peau d'âne, à l'origine un conte de Charles Perrault, est devenu un film culte de Jacques Demy en 1970, avec Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Jacques Perrin et Jean Marais. Les musiques de Michel Legrand ont beaucoup contribué à son succès à travers le temps. Du 14 novembre au 17 février prochain, une "féérie musicale" s'installe au Théâtre Marigny, avec la participation de Claire Chazal, mais, surtout, toujours les musiques de Michel Legrand. De quoi chanter de nouveau la Recette pour un cake d'amour et Amour, amour.

C'est la star posthume de la saison: Freddie Mercury. Il sera sur grand écran avec le biopic qui lui est consacré, Bohemian Rhapsody, en salles le 31 octobre, avec Rami Malek dans le rôle du chanteur de The Queen. Mercury est partout puisque, de son côté, We Will Rock You investit les planches: la comédie musicale est produite par Robert De Niro et basée sur les chansons de Queen a été écrite par l'auteur et comédien anglais Ben Elton avec les membres restants du groupe Queen, Brian May et Roger Taylor. Elle tourne depuis 2002 dans le monde entier (28 pays, 16 millions de spectateurs) et arrive enfin en France cette année, au Casino de Paris. Elle s'y joue depuis la fin septembre, adaptée en français. 20 chansons du groupe composent cette histoire futuriste. Le musical pourrait être l'un des prochains à être adapté au cinéma.

Enfin, il y a le Jean-Paul Gaultier Fashion Freak Show aux Folies Bergères, qui semble conquérir la presse intello (Le Monde), séduire un public nombreux, confirmant la popularité internationale du styliste. Ni revue, ni musical, ce spectacle biographique (de son nounours à Madonna en passant les années Sida) et exubérant n'a a priori rien à voir avec le cinéma. Les musiques, les défilés, tout nous renvoie avec bonheur dans les années 1980 et 1990. Pourtant sur scène, le 7e art n'est pas absent avec la présence de Catherine Deneuve, Rossy di Palma, Alex Lutz, Antoine de Caunes, Valérie Lemercier et surtout Micheline Presle. C'est d'ailleurs sa fille, la césarisée Tonie Marshall, qui a mis en scène ce show paillettes et cuir, années Palace et époque Rita Mitsouko. Débuté officiellement cette semaine, cette "extravaganza" se jouera au moins jusqu'à la fin de l'année, et plus si affinités avec le public.

Plusieurs musicals de Broadway dans les starting-blocks

Posté par vincy, le 9 septembre 2018

Broadway a toujours fourni une bonne matière à films pour Hollywood, même si cela a donné autant d'échecs que de succès. Chicago, Mamma Mia, Les Misérables, Into the Woods, Hairspray compensent des fiascos comme Le Fantôme de l'opéra, Rock of Ages, Rent, The Producers, ou encore Nine.

Mais le carton de La La Land et de films comme The Greatest Showman ou La Belle et la bête ont poussé les studios à investir dans le genre, en puisant notamment dans les énormes hits de Broadway. Ainsi Cats, drame musical félin d'Andrew Lloyd Weber créé il y a près de 40 ans, arrivera sur les écrans pour Noël 2019. Adapté des poèmes de T.S. Eliot, ce moment burlesque et surréaliste (dont la chanson "Memory" a fait le tour du monde), ce spectacle a rapporté 350M$ à Broadway, joué 8949 fois à Londres et 7485 fois à New York. Ce film Universal, réalisé par Tom Hooper (Les Misérables, Le discours du Roi), réunit Ian McKellen, Jennifer Hudson, James Corden et Taylor Swift.

Universal a donc comblé le créneau prévu pour Wicked, créée en 2003, par Cats. Mais le studio n'abandonne pas le projet de ce musical sur grand écran, dont l'influence est plutôt du côté du Magicien d'Oz. Le show a déjà récolté 1,2 milliard de dollars à New York (soit la 2e plus grosse recette hors inflation de Broadway après Le Roi Lion). On parle d'une adaptation ciné depuis 2004. Cela fait six ans que Stephen Daldry (Billy Elliot) travaille dessus. Il devait sortir en 2019. Dorénavant, le studio prévoit une sortie plutôt aux alentours de 2021, sans avoir encore lancé la production.

D'autres musicals sont en projet: Bare: a Pop Opéra (créé en 2000), Beautiful: the Carole King Musical (créé avec succès en 2014), produit par Tom Hanks, In the Heights, créé en 2008, possiblement réalisé par Jon M. Chu (Crazy Rich Asians) et prévu pour juin 2020, Le Roi Lion, avec Beyonce dans le rôle de Nala et Jon Favreau à la réalisation, attendu pour l'été 2019, La petite boutique des horreurs, qui devrait être réalisé par Greg Berlanti, Olivier, classique de 1962, et West Side Story que Steven Spielberg aimerait réaliser avant le prochain Indiana Jones.

3 raisons d’aller voir The Greatest Showman

Posté par wyzman, le 24 janvier 2018

Sorti le 20 décembre aux Etats-Unis (où il a déjà récolté plus de 115M$), The Greatest Showman débarque enfin dans les cinémas français. L'occasion de se passionner pour les péripéties de PT Barnum et de découvrir le talent de Michael Gracey.

1. L'histoire est captivante. Les plus critiques d'entre nous se sont certainement arrêtés aux réécritures de la vie de PT Barnum mais ce n'est pas notre cas. Centré sur le quotidien de cet entrepreneur américain du 19ème siècle qui a fait fortune dans les freakshows avant de lancer son propre crique, The Greatest Showman traite des choix ambitieux qu'il faits, de sa démesure et de sa vie sentimentale mouvementée. Très lisse, le scénario convainc difficilement au niveau des dialogues mais se rattrape grâce à des numéros dignes des meilleures comédies musicales (Roméo + Juliette, Moulin Rouge, etc.) Et ce sont ces séquences techniques absolument parfaites qui font tout l'intérêt de ce film. Lors des rares temps morts, Michael Arndt réussit même l'exploit de faire durer le plaisir tout en posant les bases du star-system et des télé-réalités (oui, oui).

2. Hugh Jackman est au sommet de son art. Après nous avoir surpris dans Logan l'an dernier, l'interprète de Wolverine et acteur principal de The Greatest Showman impressionne de nouveau. Sa performance en PT Barnum est d'une force telle qu'elle finit rapidement par éclipser le reste du casting. A ses côtés, Zendaya Coleman, Michelle Williams et Zac Efron font d'excellents seconds rôles, porteurs de sens et toujours là pour alimenter le jeu de l'Australien de 49 ans. Si ses performances de chanteur et de danseur dans Australia et Les Misérables laissaient vite place à des critiques, il est ici incroyablement bon. En plus de porter (et de sauver par moments) cette comédie musicale, il offre à cette dernière tout son savoir-faire d'entertainer d'exception. Plus sexy que jamais, on espère secrètement qu'il s'intéressera davantage à ce sous-genre à l'avenir.

3. C'est un feel-good movie indispensable. En pleine awards season, nous pourrions avoir tendance à oublier la puissance des comédies musicales pour ne privilégier que les drames. Or, The Greatest Showman est l'énième preuve qu'un feel-good movie est la meilleure chose à voir pour bien débuter l'année, après avoir survécu aux fêtes. Dansant et intriguant, le film de Michael Gracey peut se targuer d'avoir une bande originale de grande qualité qui fait oublier le ridicule de certaines transitions musicales. Nommée aux Oscars, "This Is Me" devrait vite intégrer vos playlists quotidiennes. Parce que tendre, divertissant et amusant, on vous recommande de foncer voir The Greatest Showman pour mettre de la couleur dans votre hiver.

Jeannette, le nouveau film de Bruno Dumont en avant-première sur Arte

Posté par MpM, le 27 août 2017

C'est un beau cadeau que nous fait Arte à quelques jours de la rentrée scolaire, en diffusant en avant-première le mercredi 30 août Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc de Bruno Dumont qui sortira en salles le 6 septembre prochain. Cette déconcertante comédie musicale sur l'enfance de Jeanne d'Arc, adaptée de Jeanne d’Arc et Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy, est co-produite par la chaîne de télévision, et avait été sélectionnée à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier festival de Cannes. Si le réalisateur de L'Humanité, Camille Claudel et Ptit Quinquin nous a habitués à la fois à une certaine radicalité et aux ruptures de ton les plus insolites, son nouveau film est probablement le film le plus audacieux et le plus totalement décalé de sa filmographie.

On y suit en effet une petite fille, Jeannette, qui garde ses moutons et s'interroge (souvent en chantant) sur le monde dans lequel elle vit : où est donc le Seigneur dont tout le monde attend le retour ? Pourquoi Dieu n'exauce-t-il pas les prières ? Comment lutter contre le mal universel dont sont même complices les hommes de bien ? Comment sauver tous les êtres à la fois, quand la guerre et la misère font rage ? Des questions d'ordre religieux mais aussi humaniste et même politique dont la profondeur abyssale tranche avec la jeunesse et la naïveté de celle qui les pose dans un langage bien trop précis et recherché pour son âge.

Toute la dialectique de Péguy (car tout le texte est de lui) est ainsi incarnée par un dialogue aussi charmant qu'intense entre la petite Jeanne et son amie Hauviette, la première étant dans une grande douleur qui la conduit à la rébellion, tandis que la seconde, sage et raisonnable, affirme sa totale soumission à Dieu.

On peut être un peu gêné par la démarche sans concession de Dumont (qui ajoute à ce mélange déjà hétéroclite la musique électro-baroco-heavy metal d'Igorrr et les chorégraphies endiablées de Philippe Decouflé), mais en réalité, si l'on s'abandonne à cette oeuvre sidérante par sa puissance d'évocation et sa beauté quasi mystique, c'est une réussite totale. Une oeuvre en état de grâce, telle que l'on n'en avait peut-être jamais vu, et dont la singularité envoûtante rime avec la plus grande simplicité stylistique. Décor naturel, son direct, comédiennes à la fragilité bouleversante, mise en scène dépouillée... tout ramène au texte et à la force des idées qu'il véhicule.

Un pari forcément gonflé à l'époque d'un cinéma de la surenchère et du spectaculaire à tout prix, bien que le film ne s'interdise ni les effets (les fameuses "voix"), ni l'humour plutôt tendre et le décalage permanent entre la solennité des propos et le contexte dans lequel ils s'inscrivent. L'oncle de Jeannette s'improvise ainsi rappeur tandis que la religieuse à qui elle demande conseil est incarnée par des sœurs jumelles qui tombent la cornette pour révéler une chevelure flamboyante qu'elles agitent en cadence sur fond de hard rock. Déconcertant, osé, iconoclaste... et complètement épatant. De par l'intelligence du propos d'une part, et par la fulgurance artistique du geste formel d'autre part. Comme si le cinéaste avait réussi à combiner l'exigence intellectuelle forte d'une poésie habitée avec la simplicité désarmante d'une âme d'enfant et la fantaisie d'une interprétation musicale et chorégraphique débridée et joyeuse.

Bruno Dumont lui-même parle d'un "opéra cinématographique" (qui lui seul serait capable de rendre justice aux mots de Péguy), et c'est vrai qu'il y a quelque chose de cet ordre, monumental et écrasant, dans cette Jeannette réjouissante, et quoi qu'il en soit unique en son genre. Il ne faut donc la louper sous aucun prétexte, que ce soit le 30 août sur petit écran, ou dès le 6 septembre sur le grand. Voire les deux.

Cannes 70 : la comédie musicale sur le tapis rouge

Posté par cannes70, le 17 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-62.

C’était il y a quelques semaines : Damien Chazelle devenait le plus jeune cinéaste à recevoir un Oscar du meilleur réalisateur pour La La Land, juste après avoir égalé le record de 14 nominations et gagné 6 Golden Globes (réalisation, scénario, musique…). Médiatisé au-delà du possible, le film cartonne au box-office et va même faire chanter certains spectateurs dans les salles avec une ressortie en version karaoké !

Alors, bien sûr, La la land n'était pas à Cannes (il a fait l’ouverture de Venise), contrairement au premier film de Damien Chazelle (Whiplash) sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. Pourtant, il sonne certes comme un hommage aux classiques américains du genre, mais il est surtout sous l'influence d'un film souvent cité par le réalisateur lui-même : Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Qui, lui, avait été sacré Palme d’or du Festival de Cannes 1964. Le genre de la comédie musicale qui semblait un peu tombé en désuétude revient donc sur le devant de la scène. En fait, ce n’est pas vraiment la première fois, et c’est d’ailleurs à Cannes que la comédie musicale a plusieurs fois fait son retour.

A noter d'ailleurs que le premier film musical "palmé" sur la Croisette, c'est Orfeu Negro de Marcel Camus, présenté en 1959. Cette année-là, cette adaptation d'une pièce de Vinícius de Moraes, qui revisite le mythe d'Orphée et Eurydice sur fond de Bossa Nova, l'emporte devant Les 400 coups de Truffaut, ou Hiroshima mon amour d'Alain Resnais.

Mais revenons-en à 1964. Le Festival de Cannes est donc "enchanté" par Les parapluies de Cherbourg : les dialogues en chanson de Jacques Demy ont été mis en musique par Michel Legrand, et en fait on y entend peu la voix des acteurs principaux (Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo) qui sont doublés par de véritables chanteurs. La comédie musicale qui est souvent dans l’imaginaire fantaisiste est ici ancrée dans le réel : au début des années 60, un jeune homme doit partir faire la guerre en Algérie et quitter une jeune-fille enceinte avant d’être mariée…

Catherine Deneuve est l’actrice au parcours unique dans le genre de la comédie musicale au Festival de Cannes : après Les parapluies de Cherbourg en 1964, elle va chanter et danser dans Dancer in the dark du danois Lars Von Trier en compétition officielle en 2000. Le Palmarès sera au diapason : Palme d’or pour le film, doublé d’un prix d’interprétation de meilleure actrice pour Björk, personnage principal qui chante et compose chansons et musiques. Là encore, film musical rime avec drame, les épreuves les plus tragiques de l’héroïne Björk sont supportée par son amour des comédies musicales qu’elle se chante et danse dans sa tête.

Dans le film Catherine Deneuve accompagne Björk dans deux séquences musicales : Cvalda dans l’usine quand le bruit des machines devient un rythme qui devient une chorégraphie, et My favourite things à la chorale durant les répétitions d’un spectacle joyeux (chanson qui sera reprise larmoyante de désespoir par Björk seule dans sa cellule de prison). Dans Dancer in the dark, chaque séquence chantée et dansée est une échappatoire joyeuse et résignée pour supporter un moment réel pénible, et juste ensuite survient un nouveau drame encore plus tragique…

Après Dancer in the dark, souvenez-vous quel a été le film d’ouverture choisi l’année suivante ? Encore une comédie musicale !  Moulin Rouge de Baz Luhrmann est bien plus virevoltant, avec quantité de reprises de chansons pop (David Bowie, Elton John, Police…), mais son finale n’en reste pas moins (encore) la mort d’une histoire d’amour...

C’est en 2007 que la comédie musicale fait un beau retour en compétition à Cannes avec Les chansons d’amour de Christophe Honoré qui réunit Alex Beaupain à la composition des musiques et Chiara Mastroianni, la fille de Deneuve, à l'écran aux côtés de Ludivine Sagnier, Lous Garrel et Clotilde Hesme. Cette fois, il y a moins de chorégraphie mais tout autant de chansons qui forment des dialogues sur le trouble amoureux (et le deuil) entre un garçon qui aime deux filles dans un ménage à trois qui se complique quand il est lui-même aimé par un autre garçon… Le film repart bredouille, mais Christophe Honoré sera de retour en 2011 avec Les bien-aimés, présenté en clôture.  Un autre film musical dans lequel on retrouve... Catherine Deneuve. Comme pour boucler la boucle.

Cannes fera connaître dans quelques semaines quels seront les films qui seront sélectionnés pour cette 70 édition, mais, ici, on peut déjà vous pronostiquer que la comédie musicale fera de nouveau l’événement lors du Festival... 2018 : en effet, Léos Carax travaille en ce moment sur son prochain film Annette (avec Adam Driver et une actrice encore inconnue en remplacement de Rooney Mara et de Rihanna initialement attachées au projet) qui « sera envoûtant, noir et cruel, mais aussi drôle et joyeux et saura s’inscrire dans la riche histoire d’amour entre le cinéma, la musique et les voix » d’après ses propres mots. Gilles Jacob (ex président du Festival de Cannes) est déjà emballé par le scénario qu’il a lu : « Je pense que ça va être quelque chose ! Can't wait ». Nous non plus.

Kristofy d'Ecran-Noir

Damien Chazelle va vous faire chanter avec « La La Land » et « Guy & Madeline »

Posté par cynthia, le 12 mars 2017

Après avoir mené la danse aux Golden Globes, aux Baftas et aux Oscars (six statuettes malgré l'accident de la catégorie du meilleur film), La La Land a déboulé en version karaoké dans une centaine de salles en France depuis le 11 mars.

Entre tata Yvette qui adore, grand-mère, maman, le frère, le boyfriend, la girlfriend, la boulangère du coin, etc... La La Land est devenu un membre de la famille depuis sa sortie en salles en janvier dernier (2,4 millions de spectateurs en France). Cette nouveauté chantante va ravir les fans qui n'arrêtent pas d'écouter et de chanter la bande originale sous la douche (ne mentez pas, nous vous entendons d'ici!). Composée et orchestré par Justin Hurwitz (récompensé aux Golden Globes et aux Oscars) les titres City of Stars ou encore Another day of sun n'ont pas fini de vous faire chanter.

Comme une bonne nouvelle n'arrive pas seule, la bande originale de Guy and Madeline on a Park Bench sortira le 17 mars et sera disponible sur Spotify.

Avant de réaliser les films Whiplash et La La Land, Damien Chazelle a démarré sa carrière avec Guy & Madeline on a Park Bench, une comédie musicale jazz qu'il a écrite et dirigée pendant ses études à Harvard. L'histoire d'un jeune couple (une star de la trompette en devenir et une introvertie désorientée) dont la relation s'étiole malgré leur amour naissant. Deux cœurs brisés que l'espoir et le regret animent tour à tour, et qui tentent de trouver un sens à leur nouvelle vie sans l'autre... un peu un La La Land avant l'heure n'est-il pas?

Chazelle était persuadé qu'un film si centré sur le monde du jazz et de la tap dance (les claquettes) nécessitait une excellente partition. Par chance, Justin Hurwitz, son collègue d'Harvard, a été engagé pour relever le défi de composer Guy and Madeline et il s'en est sorti brillamment. Ayant eu l'honneur d'avoir écouté cette sublime bande originale, nous pouvons affirmer la réussite de Hurwitz à mettre en lumière les paroles de Damien Chazelle, en mariant les sonorités sensibles des grandes formations du début du 20ème siècle avec celles des petits groupes d'aujourd'hui.

Disponible le 17 mars prochain chez Milan Music, la bande originale de ce film illustre à la perfection la genèse d'un partenariat hollywoodien, qui a donné naissance à une multitude de classiques de l'époque moderne. En quelques notes nous voyons Damien Chazelle derrière sa caméra.

Le plus jeune réalisateur oscarisé et Justin Hurwitz n'ont pas terminé de faire vibrer nos yeux et nos tympans. Même si le prochain film de Chazelle, un biopic sur l'astronaute sur Neil Armstrong, ne sera certainement pas musical. Sortie prévue à l'automne 2018.