Parité, égalité, diversité : le cinéma s’engage derrière le collectif 5050

Posté par redaction, le 18 novembre 2019

En pleine affaires Haenel et Polanski, les Assises sur la parité, l'égalité et la diversité dans le cinéma et l'audiovisuel, organisées par le Collectif 50/50 en partenariat avec le CNC tombaient à pic jeudi dernier. Le ministre de la Culture, Franck Riester, a d'ailleurs fait le déplacement, tant le sujet est désormais au cœur du secteur. Rappelant qu'il serait toujours du côté des créateurs pour leur liberté de créer, le ministre a concédé qu'il fallait redistribuer les pouvoirs et renforcer les moyens. Mais surtout il a annoncé le conditionnement du versement de "toutes les aides du CNC" au "respect d’obligations précises en matière de prévention et de détection du harcèlement sexuel". De plus il a assuré la mise en place d’une cellule d’alerte à destination des victimes de violences sexuelles dans le secteur du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma dès le 1er janvier 2020.

Car pour le ministre, toutes les affaires qui secouent actuellement le cinéma français sont avant tout les symptômes de la faillite d'un système. Deux ans après #MeToo, la société française semble enfin prendre la mesure des dérives de sa culture patriarcale. Certains se désoleront de cette moralisation voire du puritanisme ambiant, de cette américanisation des mœurs. Mais la France est encore loin des Etats-Unis concernant son rapport au sexe. On ne boycotte pas Gauguin. J'accuse de Roman Polanski a attiré 500000 spectateurs lors de sa première semaine. On peut encore montrer des fesses, un pénis ou des seins sans être interdits aux moins de 16 ans. Les rares appels au boycott sont suivis de peu d'effets, même si quelques ligues religieuses font modifier le classement des films où la sexualité est explicite.

Il était en revanche nécessaire et urgent que la profession se dote de règles et protège ceux et celles victimes de harcèlement ou de violences. Que le créateur soit libre, c'est ce qu'on peut espérer. Que le prédateur qui est potentiellement en lui, puisse agir en toute impunité, on peut légitimement ne pas l'excuser. Dominique Boutonnat, Président du CNC, soutient ainsi la création de sessions spécifiques de formation pour accompagner les professionnels afin de prévenir et agir face à des comportements inappropriés, sur les tournages comme lors de la promotion d'un film.

Lors de ces Assises, deux annonces ont été faites. Tout d'abord, la mise en place d'une Charte pour l'inclusion dans le Cinéma et l'audiovisuel pour adapter la loi française à l "inclusion rider" américain et l'appliquer dans les contrats français. Cette charte a été signée par neuf syndicats (producteurs, agents, cinéastes, scénaristes...). Cette charte est accompagnée d'une base de données de professionnels issus des minorités, la Bible 5050.

Ensuite, la mise en place d'une autre Charte pour la parité et la diversité dans les sociétés des distribution, d'édition et d'exploitation cinématographique. "La diversité c'est un constat, l'inclusion c'est un acte" a rappelé la réalisatrice Rebecca Zlotowski. Cette charte a été signée par 40 sociétés de distribution, d'exploitants et d'édition. La circuit CGR a signé la charte lors des Assises.

Le collectif 5050 propose par ailleurs la nomination systématique d'un référent sur les plateaux de tournages, l'inscription d'un rappel à la loi sur le harcèlement dans les contrats, l'implication des assureurs du secteur pour prendre en charge le dommage économique lié à un arrêt de tournage à cause d'un cas de harcèlement, l'inscription de la hotline 3939 "Violences Femmes Info" sur les feuilles de route par les sociétés de production.

Cela ne résoudra pas tous les problèmes (homophobie et racisme sont un peu mis à l'écart), mais en intégrant le concept de discrimination positive et en prenant acte des violences faites aux femmes, il semblerait que le cinéma français se réforme et assimile enfin l'émancipation des femmes.

Malgré les polémiques, Dominique Boutonnat est nommé président du CNC

Posté par redaction, le 24 juillet 2019

Les inquiétudes des organisations professionnelles, les tribunes des cinéastes, les critiques publiques, la mobilisation des étudiants de la Fémis n'auront pas changé la donne : l'Elysée et le ministère de la Culture ont choisi Dominique Boutonnat pour la présidence du CNC, nommé ce matin en conseil des ministres. Le producteur, spécialiste du financement de la création audiovisuelle, remplace ainsi Frédérique Bredin, partie le 12 juillet. Elle avait sollicitée le renouvellement de son mandat. Mais après avoir refusé l'automne dernier la présidence du CSA, cette proche de François Hollande ne semblait plus avoir la confiance du gouvernement.

La nomination de Dominique Boutonnat va être perçue comme provocatrice après quelques semaines de lobbying actif de la part des professions cinématographiques, alors même que le parti gouvernemental voudrait changer le modèle de financement français. Le rapport, controversé, que M. Boutonnat avait livré en mai était une bombe à retardement pour les producteurs indépendants. Ce rapport privilégie en effet l'exploitation commerciale (entrées en salles et exportation comme critères de financement, ce qui se fait en Hongrie et en Russie) plutôt que le préfinancement à partir de critères qualitatifs. De plus, si le CNC doit rester un "régulateur", il préconise de développer la part du financement privé dans le cinéma, via des fonds d'investissement et le développement de la blockchain, face au déclin de Canal + et l'arrivée de plateformes de streaming transnationales.

Une réforme du financement du cinéma en vue?

Cette logique libérale, qui veut lutter contre la surproduction, tuerait une grande partie des films d'auteur, sans se soucier du problème d'inégalité de l'accès aux salles ou de la durée d'exploitation. Un très bon film peut échouer en salle, ça n'en fait pas un mauvais film. Imagine-t-on la même logique dans la musique ou l'édition? "Si Boutonnat était nommé à la tête du CNC, cela signifierait qu’il faudrait financer les films de Philippe Garrel et ceux de Franck Dubosc de la même façon, selon les mêmes critères économiques", avait écrit sur Twitter le producteur Saïd Ben Saïd (Elle, Benedetta).

En nommant Dominique Boutonnat, le ministère de la Culture peut s'attendre à une fronde et une résistante puissante de la profession. 14 associations ont demandé au président de la République des Etats généraux du cinéma français avant que ne soient prises des "décisions trop rapides" où seules comptent les "intentions de seule rentabilité dans un domaine où la diversité de la production est unique au monde".  Ces associations souhaitent que l'été ne soit pas "l’occasion de considérer la politique culturelle de la France comme une simple marchandise", et rappellent que la "cinématographie française [est] considérée aujourd’hui comme l’une des premières et des plus enviées du monde".

Frère de Laurent Boutonnat (clipiste et compositeur de Mylène Farmer), Dominique Boutonnat, après une carrière dans les assurances, s'est lancé dans la production cinéma avec L'arnacœur, Polisse, Intouchables, 2 Days in New York, Un plan parfait, Eyjafjallajökull, ... C'est la première fois qu'un professionnel du cinéma est choisi pour diriger le CNC. Pour éviter tous conflits d'intérêts, il doit démissionner de tous ses mandats actuels.

Une forte hausse de films réalisés par les femmes, mais des inégalités fortes persistantes

Posté par vincy, le 8 mars 2019

Le CNC vient de publier une étude sur la place des femmes dans la réalisation de films en 2017. 23,3% des longs métrages agréés ont été réalisés par des femmes, soit une progression de 62,8% depuis 2008. Le chiffre monte à 31,8% pour les courts métrages (avec une baisse de 9,6% depuis 2009).

45 réalisatrices ont tourné 3 ou 4 films en 10 ans

Le CNC révèle aussi que 37% des films aidés sont des projets de réalisatrices (la moyenne sur 10 ans étant de 38,7% pour 32,6% de projets candidatés par des femmes). Globalement, en 2017, 31,9% des premiers longs concernent des réalisatrices (contre 27,5% pour des deuxièmes long métrages).

Sur la période 2008-2017, 11 femmes ont réalisé au moins 4 films pendant les dix années étudiées, contre 71 hommes. 3 d’entre elles-dont deux actrices déjà installées-ont réalisé leur premier film (Valérie Donzelli, Mélanie Laurent, Marie-Castille Mention-Schaar). 39 femmes ont réalisé au moins 3 films entre 2008 et 2017. 14 d’entre elles ont réalisé leur premier film pendant cette période et plus d’un quart des femmes ayant réalisé au moins trois films : Sophie Letourneur, Amanda Sthers, Hélène Cattet, Fanny Ardant, Aida Bagic, Valérie Donzelli, Pelin Esmer, Katell Quillévéré, Rebecca Zlotowsky et Axelle Roppert. La championne toute catégorie este Anne Fontaine avec 6 films en dix ans.

La France derrière la Scandinavie mais devant l'Europe du sud

Globalement, en moyenne, depuis 5 ans, un film sur quatre est réalisé par une femme en France. C'est moins qu'en Suède (30,9%), en Norvège (27,9%), en Allemagne (25,9%) en Finlande (25,4%) et au Danemark (25%), mais bien plus qu'en Espagne (14,2%), au Royaume-Uni (12,1%) et en Italie (10,1%). Mais avec 370 films réalisés par des femmes sortis en salles entre 2012 et 2017, la France représente à elle seule plus du tiers (35,8 %) de l’ensemble des films réalisés par des femmes sortis sur la période dans les neuf pays européens étudiés.

Inégalités salariales encore fortes

Dans la production cinématographique de fiction, 15208 femmes ont travaillé à la production de fictions cinématographiques, soit une sous-représentation loin de l'égalité des sexes (43,2% de femmes, 56,8% d'hommes). Les métiers de scriptes, costumières, coiffeuses-maquilleuses, mais aussi les postes comptabilité-juridique-communication sont largement féminisés. Les stéréotypes sont persistants il y a ainsi peu de femmes chez les machinistes, électriciens-éclairagistes, mixeurs, preneurs de sons...). Pire, le salaire moyen d’une réalisatrice de long métrage, s'il a augmenté entre 2009 et 2017, reste inférieur de 42,3% à celui d’un réalisateur (un record tous postes confondus dans le cinéma). Et le tableau par métiers révèlent d'importants écarts chez les interprètes (8,8% en défaveur des femmes), les chargés de productions (38,9% d'écart) ou les directeurs/directrices de la photographie (13,2%).

Pourtant, 12 films réalisés ou coréalisés par des femmes ont dépassé le million d'entrées entre 2008 et 2017, avec en tête LOL de Lisa Azuelos, seul film de réalisatrice classé dans le Top 25 de la période, La rafle de Roselyne Bosch et Polisse de Maïween Le Besco. Ce sont les trois seuls succès au dessus de 2 millions d'entrées. Au total, 40 films de réalisatrices ont passé le cap des 600000 spectateurs, certaines cinéastes cumulant plusieurs titres entre 2008 et 2017 telles Maïwenn Le Besco, Anne Fontaine, Nicole Garcia, Lisa Azuelos, Carine Tardieu, Danièle Thompson.

Budgets et distribution toujours en faveur des réalisateurs

Malgré tout, avec un devis moyen de 3,47M€, les budgets des films des réalisatrices est inférieur de 37,1% par rapport à un film de réalisateur. Cependant, cet écart a tendance à diminuer. En dix ans le budget moyen des films d’initiative française réalisés par des femmes augmente très légèrement (+4,3 %) tandis qu’il a baissé de 24,1% pour les hommes. Sur dix ans, l'écart est visible par budgets de films: seulement 21 films de plus de 10M€ ont été filmés par des femmes, contre 211 (dix fois plus!) par des hommes. Plus généralement, au dessus de 7M€ de devis, les femmes sont largement sous-représentées.

On note la même inégalité sur la distribution. Entre 2008 et 2017, les coûts de distribution moyens des films d’initiative française réalisés par des femmes sont de 408,0 K€, soit 34,4 % de moins que ceux des films réalisés par des hommes. Sur la période, les films réalisés par des femmes sortent en moyenne dans 118 cinémas en première semaine, contre 170 établissements pour ceux réalisés par des hommes. En 2017, l'écart était plus dramatique avec 169 cinémas pour un film de femme contre 251 pour un film d'homme.

Les choses évoluent aussi dans les genres. Ainsi deux films d'animation agréés ont été réalisés par des femmes l'an dernier, et un troisième coréalisé avec une femme. C'est une première. 9 films documentaires ont été réalisés ou coréalisés par une femme. Sur dix ans, le drame (30,6%), le documentaire (23,1%), la comédie (22,8%) et la comédie dramatique (20,3%) restent les genres dominants pour les réalisatrices. Par rapport aux hommes, la proportion diffère. Plus présents dans le thriller/policier et l'animation, ils le sont surtout davantage dans la comédie (26,7%).

Le CNC fait sa Fête du cinéma dans toute la France

Posté par MpM, le 28 juin 2018

Avec le début de l'été, c'est aussi le retour de la Fête du cinéma, qui se déroule dans toutes les salles de cinéma françaises du 1er au 4 juillet, et propose chaque séance au tarif exceptionnel de 4 euros. Soit une occasion unique de faire le plein de films sur grand écran et de découvrir tous ceux que nous vous conseillions ces dernières semaines, d'Un couteau dans le coeur à Have a nice day, de JSA à Love, Simon, de Parvana à Sans un bruit.

En parallèle, le Centre national du cinéma et de l’image animée organise une série d’événements ouverts à tous les publics, afin de prolonger la fête. Dès ce soir, jeudi 28 juin à 19h, une grande vente aux enchères d’objets de cinéma au profit de l’association Rêve de Cinéma et en présence de Lambert Wilson, Président d’honneur de l’association, ouvrira les festivités.

Parmi les objets mis en vente, on retrouve un portrait de Maria Callas, tirage argentique original et inédit utilisé pour l’affiche du film, des planches originales d’une histoire inédite du Grand Méchant renard et autres contes de Benjamin Renner, le scénario de La Loi du Marché dédicacé par Stéphane Brizé et Vincent Lindon, le parapluie de Bécassine utilisé dans le film de Bruno Podalydès et des costumes des films Le Sens de la fête, 120 Battements par minute et Gaston Lagaffe. A noter que la vente se poursuivra sur le site de Drouot jusqu'au 5 juillet.

Demandez le programme !

On vous recommande également, au gré des lieux et des envies :

- Accès gratuit au Musée du Cinéma, ainsi qu’à l’exposition Chris Marker, les 7 vies d’un cinéaste, à La Cinémathèque française (Paris XIIe).

Du 1er au 4 juillet / gratuit

- Plongée en apnée à l’Aquarium de Paris (Paris XVIe) en présence de Guillaume Néry et de Julie Gautier, qui plongeront dans le bassin des requins. Cette plongée inédite sera suivie d’une projection du documentaire L’Homme Dauphin, sur les traces de Jacques Mayol de Lefteris Charitos et d’une mini-masterclass.

Samedi 30 juin, 19h / 37,90 € tarif unique

- Portes ouvertes au Studios VOA de Montreuil : l'occasion de rejouer des scènes mythiques du cinéma et incarner des acteurs célèbres dans des scènes mythiques du cinéma en conditions réelles d’enregistrement.

Samedi 30 juin, 14h30 / accès gratuit dans la limite des places disponibles (réservation obligatoire en ligne)

- Un dimanche au cinéma : la projection en plein air, sur l'Avenue des Champs-Elysées, du film Les Visiteurs.

Dimanche 1er juillet à 20 h / accès gratuit, sur inscription et tirage au sort

- Soirée ciné-concert consacrée à Alice Guy, première femme cinéaste au monde, avec la projection de courts métrages accompagnés au piano, suivie d’une rencontre avec Emmanuelle Gaume, auteur de Alice Guy, première femme cinéaste de l’histoire (éd. Plon). Au Musée national Jean-Jacques Henner (Paris XVIIe).

Mardi 3 juillet, 19h30 / 10€ tarif unique

- Soirée films de fin d'étude à La Fémis (Paris XVIIIe) avec Trucs de gosses d’Émilie Noblet (promotion 2013), Hotaru de William Laboury (promotion 2015) et Un homme mon fils de Florent Gouëlou (promotion 2017).

Mercredi 4 juillet, à partir de 16h30 / accès gratuit

- Des grandes chasses au trésor à Bordeaux, Marseille et Rennes, durant lesquels les participants devront identifier des lieux mythiques du cinéma grâce à des mini-jeux (quiz, énigmes, jeux de logique, etc.) et des indices cachés dans des quartiers emblématiques du centre-ville. Deux parcours pédestres : un niveau de jeu «famille» et un niveau de jeu «adultes».

- L’exposition L’Envers du décor, dédiée au tournage du film Dunkerque de Christopher Nolan proposée par la Ville de Dunkerque et l’Office du Tourisme de Dunkerque.

1er au 4 juillet

- Un cycle de projection dédié à Henri-Georges Clouzot au Lux Scène nationale (Valence).

2, 3 et 4 juillet / 4€ tarif unique

- Ciné-concert en plein-air à Porto-Vecchio, sur le parvis du Bastion, proposé Corsica Pôle Tournages.

Le 3 juillet à 21h / accès gratuit

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Programme complet sur le site du CNC

« L’homme qui tua Don Quichotte » peut sortir en France le 19 mai

Posté par vincy, le 10 mai 2018

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a accordé un visa pour la diffusion en salles de L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam, malgré la décision juridique toujours en attente concernant le conflit qui oppose le réalisateur et les producteurs du film au producteur Paulo Branco.

"Après avis de la Commission de classification, un visa tout public a été attribué ce jour au film de Terry Gilliam L’homme qui tua Don Quichotte. Le visa d’exploitation est le document officiel qui permet la diffusion d’un film dans les salles de cinéma", a indiqué l'organisme.

"La décision du juge des référés d’hier a confirmé qu’il serait disproportionné d’empêcher la diffusion de l’œuvre" à cause de ce conflit juridique entre les parties, qui "sera tranché définitivement" le 15 juin par le Tribunal, a précisé le CNC, qui ajoute: "Le contentieux qui oppose par ailleurs M. Branco (Alfama Films) à M. Gilliam, porte sur les conditions dans lesquelles il a été mis fin à leur collaboration, et sur les droits dont M. Branco serait encore titulaire en application de la convention conclue entre eux".

Le Tribunal de grande instance de Paris avait donné hier son accord à la projection du film en clôture de la 71e édition du Festival de Cannes prévue le 19 mai. Océan films sortira le film dans toute la France le même jour.

Cannes 2018: la justice autorise la projection du film de Terry Gilliam

Posté par vincy, le 9 mai 2018

Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux vient d'annoncer lors de l'ouverture d'Un certain regard, avec Donbass de Sergei Loznitsa, que la justice autorisait la projection en clôture de L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam. Il a aussi affirmé que le réalisateur serait présent, malgré un accident de santé ce week-end à Londres, qui l'a obligé à être brièvement hospitalisé. "Pas encore mort. Je viens à Cannes" a envoyé comme message Terry Gilliam au Festival de Cannes.

Gros clash pour beaucoup de cash autour du film de Terry Gilliam

La nouvelle est heureuse pour le cinéaste et ses producteurs, surtout après la mauvaise nouvelle de ce matin: le distributeur américain Amazon Studios venait d'annoncer qu'il se retirait de ses droits de diffusion, après avoir pourtant financé une bonne partie de la production.

Une projection autorisée avec un avertissement préalable

Pourtant le jugement ne fait pas de gagnants ou de perdants. Après tout, c'est un référé qui ne juge pas l'affaire sur le fond. Le jugement indique clairement que le juge des référés ne "dispose pas des pouvoirs pour statuer sur la demande d'autorisation générale de distribution sur le territoire national le 19 mai." La cour déboute cependant Paulo Branco et sa société Alfama Films "de leur demande d'interdiction de projection du film (...) en séance de clôture" du Festival de Cannes.

Le juge contraint le Festival de diffuser à ses frais préalablement à la projection un message d'avertissement indiquant que la projection du film lors de cette séance "ne préjuge en rien des droits revendiqués par la société Alfama Films productions et Monsieur Paulo Branco sur ce film à l'encontre de Monsieur Terry Gilliam et des producteurs mentionnés au générique, qui font l'objet de procédures judiciaires en cours". Le jugement pour ces procédures est attendu pour le 15 juin. Enfin pour les dépens (dommages), Paulo Branco recevra 1500 euros des producteurs et du réalisateur.

La distribution du film ni interdite ni validée

Du côté d'Alfama on crie victoire. Pourtant la demande initiale qui a valu ce référé a été rejetée: le film sera bien montré à Cannes. Et ne préjuge en rien le jugement sur le fond du procès encore opposant Gilliam et ses producteurs à Alfama.

Paulo Branco estime "que cette décision lui donnait malgré tout raison sur le fond" puisque "le film peut être projeté mais le festival doit informer tout le monde que cela n'infirme en rien les décisions judiciaires précédentes d'octroyer les droits à Alfama". Criant victoire, il considère qu'il s'agit  "d'une autorisation exceptionnelle".

Pour son avocate, "Cette projection constitue un trouble manifestement illicite" même si le tribunal ne reconnaît pas ce trouble. "Ce trouble sera suffisamment réparé pour l'instant" par le carton d'avertissement projeté avant le film.

De son côté Océan films, le distributeur continue de penser qu'il est en droit de distribuer le film dans toute la France le 19 mai, après la décision rendue par la justice française aujourd'hui."Le distributeur est victime de ce conflit. Nous sommes satisfaits car nous ne sommes pas aujourd'hui sous le coup d'une interdiction de distribution", a estimé l'avocat de Star Invest Films France, Me Christophe Ayela, dans une déclaration à l'AFP.

Cependant, on attend que le CNC délivre un visa d'exploitation pour qu'il puisse sortir en salles.

Prochain round dans les jours qui suivent.

Paul Otchakovsky-Laurens (1944-2018), éditeur cinéphile

Posté par vincy, le 4 janvier 2018

L'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, qui a publié George Pérec, Marguerite Duras ou encore Emmanuel Carrère, était aussi un homme de cinéma. Disparu accidentellement le 2 janvier à l'âge de 73 ans, P.O.L (comme le nom de sa maison d'édition) était passionné par le 7e art. Il a notamment fondé la revue Trafic suite à une rencontre avec le critique Serge Daney, qui écrivait : "Les images du cinéma sont très précieuses parce qu’elles constituent pour deux ou trois générations de par le monde une véritable archive de souvenirs, un trésor d’émotions stockées et aussi une usine à questions. Le temps est venu de se servir du cinéma pour questionner les autres images – et vice versa. Trafic veut retrouver, retracer, voire inventer les chemins qui permettent de mieux savoir, dès aujourd’hui, « comment vivre avec les images »."

Un trimestriel où cinéastes, écrivains, philosophes écrivaient sur le cinéma qui a survécu à Daney grâce au soutien de Otchakovsky-Laurens. Une collection de livres fut même déclinée. Le n°104 de la revue vient de paraître.

Il a surtout publié de nombreux écrits de Serge Daney, dont Persévérance, avec Serge Toubiana, L’exercice a été profitable, Monsieur, adapté au théâtre, l’Amateur de tennis et la Maison cinéma et le monde en quatre tomes.

Outre le romancier-scénariste-cinéaste Emmanuel Carrère (La classe de neige, L'adversaire, La moustache...), P.O.L a aussi publié des romans ou des essais d'Alain Guiraudie, Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Abbas Kiarostami, ...

L'éditeur a aussi soutenu la revue Positif durant les années 1990 et Lettre du cinéma. Plus institutionnellement, il a présidé l’Avance sur recette du CNC entre 2011 et 2014 et continuait de présider le conseil d'administration du Festival international de cinéma de Marseille (FID).

La Présidente du CNC, Frédérique Bredin, a rendu hommage à cet "esprit intuitif" dont les livres "ont également inspiré de bien belles adaptations cinématographiques", et a souligné son apport à ce travail d'adaptation quand il a été le dirigeant de la Scelf (Société civile des éditeurs de langue française) et initié au Salon du livre de Paris les Rencontres audiovisuelles et à Cannes le rendez-vous Shoot the Book, où les éditeurs et les producteurs se croisaient pour trouver des projets de films et de téléfilms.

Le FID a adressé "un salut à cet homme immense. Immense, il l’était, dans ses affections comme dans ses engagements, et jusque dans sa modestie."

Le documentaire, Paul Otchakovsky-Laurens l'avait pratiqué avec deux films: Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, en 2009, où il évoquait son enfance douloureuse (la mort de son père, la maladie de sa mère, l'adoption par une cousine de celle-ci, un abus sexuel) et Editeur, sorti en novembre dernier, où il filme son métier et son parcours avec un regard décalé, sa courtoisie légendaire et son humilité sincère. Paradoxalement, cet homme qui a su se révéler grâce aux mots des autres, discret et sentimental, avait su s'exposer en pleine lumière grâce à la réalisation, sans filtre, sans les phrases de ceux qu'il publiait.

Un cinéma parisien honoré par le Prix CNC de la salle innovante

Posté par vincy, le 3 octobre 2017

Pour sa deuxième édition, le Prix de la salle innovante a été remis par le CNC au congrès de la FNCF à Deauville. Cette année, c'est le lauréat est le Studio des Ursulines, situé dans le quartier latin à Paris, qui a reçu le Grand prix. Une salle monoécran spécialisée dans le jeune public, qui a innové avec son site web de recommandation de films art et essai pour le jeune public, Benshi. La particularité est qu'il met en réseau 130 salles de cinéma partenaires.

Le CNC dote le lauréat d’une campagne de communication de 10000 €.

Benshi, lancé début 2016, est actuellement en campagne de financement participatif sur Kiss Kiss Bank Bank pour lancer sa plateforme VàD, Benshi studio. A la recherche de 20000€, ils ont déjà récolté 15500€ grâce à plus de 400 contributeurs.

Créée en 1925 et ouverte en 1926, la salle de la rue de Ursulines projetait des films d'avant-garde et est devenue la première salle spécialisée dans les films art et essai. Il s'est orienté vers le public jeune en 2003?

Trois mentions spéciales ont été décernées: le CGR Les Minimes de La Rochelle pour ses salles premium, le Pandora d’Avignon pour son Frames Vidéo Festival dédié à la culture numérique en ligne, et le Grand Palace des Sables-d’Olonne pour son ouverture aux entreprises et aux écoles.

L'an dernier, le Grand prix avait récompensé Le Caroussel de Verdun.

120 battements par minute, candidat français pour les Oscars

Posté par vincy, le 19 septembre 2017

C'était assez logique. Face au poétique Barbara et au satirique Redoutable, le comité de sélection du CNC a choisi 120 battements par minute comme représentant de la France pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

« C’est un film ambitieux, engagé, porté par l’interprétation remarquable d’une nouvelle génération d’acteurs, qui a bouleversé les festivaliers du monde entier, de Cannes à Toronto. Avec 120 battements par minute, Robin Campillo nous offre un film exceptionnel sur un sujet cruellement universel et toujours d’actualité », a déclaré Frédérique Bredin, Présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Coproduit par Pierre Bergé

Le film de Robin Campillo, qui retrace les débuts du mouvement Act-up et le quotidien de jeunes gens atteints du SIDA, dans les années 1990, était un choix logique pour plusieurs raisons. Il a un sujet fort, dramatique, universel. Il est, des trois, le plus populaire avec 610000 entrées en 4e semaine, soit le plus gros succès de l'année pour Memento Films. Il a aussi le plus beau palmarès: Grand prix du jury, prix de la critique international, Queer palm et Prix François Chalais à Cannes, en plus du prix du public au Festival de Cabourg. Il est finaliste des Prix Lux du Parlement européen. Il a été sélectionné à Toronto, Moscou, Melbourne, Helsinki, San Sebastian et sera présenté aux festivals de Londres et New York. Aux Etats-Unis, The Orchard le distribuera à partir du 20 octobre.

Coproduit par Les Films de Pierre (détenue par Pierre Bergé, disparu il y a dix jours), Page 114 (Jacques Audiard), Memento films, FD Production et France 3 Cinéma, 120 battements par minute aura d'abord à passer la première sélection avant d'être "nominable". Pour l'instant, parmi les films candidats, on retrouve plusieurs cannois (Happy End, In the Fade, The Square), le dernier film d'Angelina Jolie (pour le Cambodge) mais aussi des films qui se sont faits remarqués comme Une femme fantastique, Tom of Finland, L'insulte et Fixeur.

Trois films cannois en lice pour représenter la France aux Oscars

Posté par vincy, le 12 septembre 2017

La commission chargée de sélectionner le film français candidat à l’Oscar 2018 du meilleur film en langue étrangère s’est réunie ce mardi 12 septembre, au Centre national du cinéma et l'image animée (CNC), sous la présidence deFrédérique Bredin.

Trois films, tous inspirés d'histoires vraies, ont été présélectionnés :

  • 120 battements par minute de Robin Campillo (Les Films de Pierre / Playtime), Grand prix du jury à cannes et prix du public à Cabourg
  • Barbara de Mathieu Amalric (Waiting for Cinema / Gaumont), Prix de la poésie au cinéma à Un certain regard
  • Le Redoutable de Michel Hazanavicius (Les Compagnons du cinéma / Wild Bunch), en compétition à Cannes

La commission se réunira une seconde fois le mardi 19 septembre, afin d’auditionner le producteur et le vendeur international de chaque film présélectionné. A l’issue de ces auditions, la commission désignera le film qui représentera la France indique le CNC.

Cette commission est composée cette année de Teresa Cremisi, Présidente de la commission d'Avance sur recettes, Anne Fontaine, réalisatrice, Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, Deniz Gamze Ergüven, réalisatrice, Jean-Paul Salomé, réalisateur, Alain Terzian, Président de l'Académie des César et Serge Toubiana, nouveau Président d'Unifrance films.

Pour mémoire, le film proposé à l’Académie des Oscars doit :

  • avoir fait l’objet d’une sortie en salles en France entre le 1er octobre 2016 et le 30 septembre 2017,
  • avoir un contrôle artistique majoritairement détenu par des citoyens ou résidents français,
  • être réalisé en langue étrangère (pour l’Académie), c’est-à-dire dans une langue autre que l’anglais et sans que la langue soit nécessairement celle du pays d’origine.

En janvier 2018, l’Académie des Oscars annoncera la liste des nommés. La cérémonie des Oscars aura lieu, quant à elle, à Los Angeles le 4 mars 2018.