L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Marion Dardé, Simon Machi, Alain Pétoux et Loïc Wattez.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.
Arras 2011 : best-of vidéo avec Jacqueline Bisset, Mélanie Laurent, Jean-Paul Rappeneau, Clovis Cornillac, Vincent Lindon…


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Arras 2011 : retour en vidéo sur le jour 5 avec Clovis Cornillac, Christophe Ruggia, Jeanne Dandoy…
Invités : Clovis Cornillac et Christophe Ruggia pour Dans la tourmente ; l'actrice Jeanne Dandoy pour Bullhead de Michaël Roskam.
L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Marion Dardé, Simon Machi, Alain Pétoux et Loïc Wattez.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.
Berlin : Chabrol,Tavernier, Lioret… les Français en force
Après la présentation du nouveau film de François Ozon (Ricky), c’était samedi au tour de Bertrand Tavernier de faire son entrée dans la course à l’Ours d’or avec l’adaptation du roman Dans la brume électrique avec les morts confédérés de James Lee Burke. Le film, qui aura finalement mis plus d’un an à sortir (apparemment suite à des problèmes de production), est un polar poisseux et envoûtant situé en Louisiane. Tommy Lee Jones y incarne un policier enquêtant sur des meurtres sadiques de jeunes femmes marginales tout en essayant de résoudre une autre affaire vieille de plus de quarante ans… L’acteur, absolument formidable en vieux dur à cuire à qui on ne la fait pas, manie avec autant de talent humour et violence rageuse. Il est parfaitement mis en valeur par un Tavernier en pleine forme qui excelle à recréer l’ambiance des polars d’autrefois tout en donnant une résonance actuelle à l’intrigue qui vient nous rappeler qu’aucun combat n’est jamais définitivement gagné, ni perdu.
Deux autres cinéastes français, et non des moindres, étaient également représentés dans les sections parallèles. Claude Chabrol, honoré par le prix "Berlinale caméra", a montré en avant-première son Bellamy, comédie sociale à prétexte policier qui réunit entre autres Gérard Depardieu, Jacques Gamblin, Clovis Cornillac et Marie Bunel (Les Choristes, "La crim'", La fille coupée en deux). Une sorte d’hommage nonchalant et enlevé aux enquêtes policières de Miss Marple ou du Commissaire Maigret (le film est d’ailleurs dédié aux "deux George", Simenon et Brassens) doublé d’une réflexion sur la famille et les apparences qui là, plus que jamais, s’avèrent trompeuses…
Dans un registre plus dramatique, l’impeccable adaptation du roman d’Olivier Adam par le réalisateur de Je vais bien ne t'en fais pas (autre livre d'Olivier Adam), Philippe Lioret. A l’abri de rien en librarie est devenu Welcome pour le cinéma et a fait sensation en section panorama. Comme presque toujours chez le cinéaste, la mise en scène (classique et discrète) est tout entière dévouée à l’intrigue et à la meilleure manière de rendre hommage aux personnages. Comme il s’est saisi d’une histoire en elle-même extrêmement forte (la lutte acharnée d’un jeune Iraquien pour quitter le no man’s land de la zone des réfugiés de Calais et rejoindre l’Angleterre), le résultat est bouleversant. Mais pas de sensationnalisme : les émotions faciles sont pudiquement transformées en une énergie brute de révolte et de colère. Magasins interdits aux réfugiés, harcèlement des bénévoles qui tentent de les secourir, intrusion policière dans la vie privée de ceux qui refusent de s’écraser… le portrait que le film dresse de la France, patrie des Droits de l’Homme, donne tout simplement envie de vomir. Dominent également des sentiments mêlés de honte, de gâchis et d’incommensurable tristesse. Une nouvelle voix, audible et intelligente, dans le chœur de plus en plus nombreux de ceux qui protestent contre ce qui est perpétré sur le territoire français (et en leur nom). Dans une ville au passé historique tel que celui de Berlin, le message résonne avec force et génère d’autant plus d’inquiétude envers l’avenir...
Blockbuster ’08 : Qui est Olga Kurylenko?
Olga Kurylenko, d’origine ukrainienne, risque, comme souvent, de voir sa carrière au sommet avec ce 22e épisode de la série. Trois auditions auront suffit. On retiendra surtout qu’elle sera la première James Bond Girl à ne pas coucher avec l’espion britannique. Le film sortira le jour de ses 29 ans aux Etats-Unis.
D’ici là, nous saurons tout sur elle. Sa famille pauvre dans une province communiste, un appartement communautaire où vivaient oncle, tante, grands parents et cousins. « Mon enfance m’a préparée au combat » déclare-t-elle lors d’une interview dans son appartement parisien. « A 13 ans, j’ai été renversée par une voiture et j’ai dû arrêter de danser. Mais j’ai continué à jouer du piano, je prenais aussi des cours de peinture et j’ai commencé des cours d’art dramatique. J’aurais aimé faire du théâtre plus tôt, mais le professeur me trouvait trop jeune. » Telle Cendrillon, elle était vêtue comme une serpillère. La voici princesse avec de jolies robes. Grande, les yeux verts, de belles mensurations, elle a logiquement débuté comme mannequin à Moscou, apprenant ainsi l’anglais. Quelques clichés artistiques dénudés lui ont sans doute facilité le quotidien. La photo elle connaît puisqu’elle fut mariée durant quatre au photographe français Cédric Van Mol, qui lui enseigna sa langue (celle de Molière bien entendu). On la découvrit donc en couverture de plusieurs magazines parisiens et en tête de gondole de pubs pour des cosmétiques, de fringues ou de la lingerie. C’est aussi en France qu’elle débuta sa carrière d’actrice, en 2005.
Son premier film, L’annulaire, réalisé par Diane Bertrand, n’a laissé que peu de souvenirs (hormis son beau corps nu lors d’une scène torride). Elle se transforma de façon plus convaincante en vampire dans le segment Quartier de la Madeleine de Paris je t’aime. Elle y agressait Elijah Wood dans ce court fantastique réalisé par Vincenzo Natali.
On l’aperçoit ensuite dans un thriller d’Eric Barbier, Le serpent, avec Yvan Attal et Clovis Cornillac. Tout s’enchaîne avec Hitman où elle joue l’élément féminin de ce hit (100 millions de $) avec Timothy Olyphant. Cet automne, en plus de jouer les James Bond Girl revancharde, Olga est une jolie sœur tatouée dans Max Payne, face à Mark Wahlberg. Toujours dans la science-fiction, elle vient de finir Tyranny, de John Beck Hoffman. Côté action, elle continue avec Kirot.
En bonne Ukrainienne, elle marche sur les plates bandes de Milla Jovovich. « Pour réussir, il faut se battre » affirme-t-elle.
BIFFF 2008, the show must go on
Partagé entre les films hors compétitions, la compétition européenne, la compétition internationale et les petites productions fauchées décalées et transgressives, la programmation du BIFFF continue a accumuler grosses pochades, films intimistes et futurs classiques.
Petit débriefing sur cette première moitié de semaine avant d’attaquer les plats de résistance ce week-end. Les petites prod’ pour commencer, ancêtres des films d’exploitation qui ne verront probablement jamais le jour en notre beau pays. Ainsi The devil dared to me s’amuse à briser en morceaux des cascadeurs néo-zélandais dans un délire gore où le rire rime avec tripailles. Proches cousins des auteurs de Shaun of the dead, nous avons le droit ici à du rock’n roll à moustaches. Après Black Sheep, les néo-zélandais sont donc toujours aussi barrés, et pour preuve le titer du prochain film des réalisateurs Stapp et Heath : Vaseline Warriors V. Encore un futur classique de la poésie !
Nous retiendrons aussi le furieux remake de The wizard of gore de H.G. Lewis, pape du gore qui semble se ressusciter chaque année (tous ses classiques sont en train de se faire remaker), et qui aujourd’hui est interprété par le non moins furieux Crispin Glover. Acteur devenu culte grâce à ses interprétations fiévreuse et maladives, enter autre Willard ou Simon says, Glover porte le film sur ses épaules et offre un numéro dont lui seul à le secret. The wizard of gore ne passera jamais sur TF1, mais aurait peut être pu trouver sa place dans le regretté Quartier Interdit de Jean-Pierre Dionnet.
Nous passerons en revanche sur le prétentieux Eden log, essai de science-fiction sans queue ni tête où l’on suit Clovis Cornillac barbouillé de terre errer de couloirs obscurs en couloirs obscurs. Répétitif et ennuyeux. Dénué de prétention, le film espagnol Eskalofrio n’en est pas moins lui aussi ennuyeux à force de voir des feuilles et des arbres en plongée, contre-plongée, etc. Abordant le thème de l’enfant sauvage pour approfondir les mécanismes de la peur, le réalisateur Isidro Ortiz se perd dans des plans interminables en pleine nature et ne parvient pas à créer une empathie vis-à-vis de son personnage principal. Sur le même sujet on préférera Nell de Jodie Foster.
Autre film espagnol autrement plus étourdissant, le roublard Cronocrimenes de Nacho Vigalondo joue sur les paradoxes temporels et déstabilise à force de twists qui retombent à chaque fois sur leurs pattes sans jamais sombrer dans la manipulation visuelle. Réalisé avec peu de moyens, Cronocrimenes est l’exemple même de film qui doit sa réussite à une réalisation efficace, avec ses hors champs et ses ellipses maîtrisées. La multiplication des points de vue permet d’aborder l’idéologie d’un temps non linéaire et qu’il appartient à chacun de contrôler, tant est que cela soit possible. Entre un Jour sans fin pour la fracture temporel et Lost Higway pour son personnage qui n’est pas nécessairement celui qu’il pense être, Cronocrimenes est une bonne surprise.
D’identité il sera fortement question dans le très beau et psychologique The Broken de Sean Ellis, réalisateur remarqué de Cashback et qui aborde ici le doppelganger et son immersion dans le réel. Profitant d’une photo magnifique grise et léchée dans un Londres désincarné, Ellis tisse un nœud social autour de son héroïne ne reconnaissant plus son reflet dans un miroir ou s’interrogent sur la véracité de ses pairs. Jouant sur la perception de l’Autre comme possible inconnu, et donc comme menace, Ellis marche sur les traces d’Invasion of the Body Snatchers et développe un climat angoissant où les miroirs recèlent une existence en négatif. Ouvrant de nombreuse pistes, le réalisateur laisse l’ambiguïté planer sur le propos exact de son film. Critique d‘un appauvrissement affectif de l’humain, mise en boite d’un monde en miroir qui ne se reflète que dans sa propre vanité, pensée labyrinthique d’une existence qui se cherche et ne se trouve pas, The Broken distille le sentiment diffus que les choses peuvent nous échapper sans même que l’on s’en rende compte. En cela les doppelgangers en question sont particulièrement effrayant et sont peut être ce que leurs propriétaires originels auraient voulu être. Esthétiquement parfait, la saturation des couleurs et les teintes métalliques de l’image font penser à The Machinist et Crash, remarquablement mis en scène, la caméra filme l’intimité des personnages avec une distanciation trompeuse, The Broken dans ses non-dits et son absence de parti pris intrigue, questionne, et se termine sans rien avoir résolu. A l’époque actuelle où toute image est prémâchée, la démarche d’Ellis est suffisamment audacieuse pour être soulignée.
Et pour les prochains jours qu’est ce qu’il y a au menu ? Des films asiatiques barrés, des pellicules teutonnes esthétisantes ou ennemies du bon goût, une arlésienne, et un trip à la Guy Maddin. On vous tient au courant.


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