Claude Lelouch ouvrira une école de cinéma à Beaune en 2012

Posté par vincy, le 1 avril 2011

Le réalisateur et producteur Claude Lelouch avait déjà un cinéma (aux fauteuils en cuir délicieusement confortables), un ciné-théâtre à Montmartre, le voici qui investit dans la formation. Il ouvrira une école de cinéma et de théâtre à Beaune (en Bourgogne, qui accueille deux manifestations importantes  du cinéma : le Festival du film policier et les Rencontres cinématographiques).

Il a confirmé son intention lors d'une conférence de presse au 3e Festival du film policier. À propos des frais de scolarité, "On va essayer que ça leur coûte le moins cher possible", a précisé le réalisateur, souhaitant que ce soit "presque gratuit". Certains cours pourront être retransmis sur internet ou par un canal télévisé, afin de financer le projet.

"Il nous fallait une ville-studio. On va aller tourner dans les vignes, les appartements, les cafés", a déclaré le cinéaste pour expliquer le choix de Beaune, où il possède désormais "un pied-à-terre".

Reste que, de l'aveu même de Lelouch, le dossier est complexe, juridiquement et politiquement, et dépend de ses perspectives de rentabilité financière. Les travaux sont estimés à 2 millions d'euros.

Les ateliers seront installés dans les locaux de l’ancienne Copavit, près du complexe Cap Cinéma, boulevard du Maréchal Joffre. La structure de 3 200 m2 comprendra un studio de tournage, 4 salles de montage, 2 auditoriums et des bureaux destinés à la production et à l’écriture.

Une douzaine d'enseignants de tous les métiers du cinéma formeraient l'équipe pédagogique, pour encadrer une quarantaine d'élèves ("les assistants"). Celui qui présentera le meilleur court métrage en fin d'année se verra produire un long métrage par la société de production de Lelouch.

Le tout devrait ouvrir à la rentrée 2012 sous l'appellation Ateliers cinéma théâtre. Sa fille salomé sera en charge de l'atelier théâtre.

Le réalisateur est à Beaune pour présenter une rétrospective thématique et sélective de ses films de genre, "Lelouch Polars" : Itinéraire d'un enfant gâté, Le voyou, Roman de gare, et le documentaire sur son oeuvre, D'un film à l'autre.

Adieu à Bernard-Pierre Donnadieu (1949-2010)

Posté par vincy, le 27 décembre 2010


Né le 2 juillet 1949, l'acteur Bernard-Pierre Donnadieu est décédé ce lundi à Versailles à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer. La mâchoire carrée, la silhouette bourrue de cet ancien élève de Robert Hossein lui avaient valu d'incarner souvent les rôles de criminels, de subversifs. Inoubliable (et brutal) dans La Passion Béatrice de Bertrand Tavernier, il était aux habitué aux rôles rudes (Le retour de Martin Guerre, où il faisait face à Depardieu, Rue Barbare, pour lequel il avait reçu une nomination au César du meilleur second rôle masculin, Les loups entre eux). Son physique massif, son visage dur l'ont conduit à interpréter des personnages hors-la-loi : gangsters, criminels, psychopathes, truands ... mais aussi des hommes de lois comme dans Le professionnel, où inspecteur, il affrontait Jean-Paul Belmondo.

Cette puissance qui menait souvent à des personnages dangereux, il l'a mise au service des plus grands dès 1975. D'abord dans le film émouvant, pessimiste et sombre de Jean-Louis Bertucelli, Docteur Françoise Gailland, puis en barman dans Le locataire de Polanski. Il enchaîne avec Monsieur Klein, grand film de Joseph Losey, avant de se faire enrôler par Claude Lelouch, Henri Verneuil, Eli Chouraqui, Patrice Chéreau (Judith Therpauve). Il est un second-rôle charismatique, à l'ombre d'un Bruno Cremer ou d'un Nils Arestrup, précurseur d'un Jean Réno, en bien plus intense, notamment dans le domaine du drame. Jean-Jacques Annaud en fait "La bête" dans Coup de tête.

Il aborde les années 80 avec une certaine renommée. L'époque est aux belles gueules et aux comiques. Il en est l'exact contraire. Lelouch le reprend dans Les Uns et les autres pour incarner un représentant humanitaire. Après Le Professionnel et Martin Guerre, deux énormes succès publics, il devient instituteur dans La vie est un roman d'Alain Resnais. Sa filmographie, à posteriori, apparaît plus nuancée que l'image qu'on en perçoit. Riche de grands cinéastes, variée, éclectique. Il est prêtre, tyran, Roi de France, tourne avec des auteurs danois, japonais, italiens, guinéen, polonais.

Pourtant, les producteurs et réalisateurs vont l'enfermer dans une certaine étiquette. Avec Rue Barbare, de Gilles Béhat, puis Les loups entre eux de José Giovanni, il semble s'attacher aux oeuvres violentes et noires. Terrifiant dans L'homme qui voulait savoir, de George Sluizer (1988), il remporte le prix d'interprétation aux festivals de Madrid et de Porto.

Il revient au Moyen Âge dans Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu, film du producteur Christian Fechner, où il joue avec panache un navigateur au grand coeur. De même, il joue dans le deuxième film de Guillaume Nicloux, Faut pas rire du bonheur. Sa dernière participation cinématographique a deux ans avec Faubourg 36, mélo musical de Christophe Barratier, dans le rôle du bien nommé Galapiat "le bien aimé".

Car Donnadieu était aimé. Sans doute plus connu des téléspectateurs, où il fut omniprésent durant 35 ans grâce à Peter Kassovitz, Yves Boisset (il fut Charvet dans Jean Moulin) mais aussi des grandes figures comme Mirabeau, le Docteur Daniel Charbonière, Roger Salengro ou encore Vincent Guérin dans Jusqu'au bout, qui retrace la lutte des employés d'une usine classée Sevrso. Il obtint alors son premier FIPA d'or du meilleur acteur.

Le théâtre fut aussi clément avec lui. Georges Wilson lui fit jouer Tchekhov et Attali ; il fut aussi bon dans du Feydeau (mis en scène par Barratier) ou dans "Le roman d'un trader", en 2009.

Mais Donnadieu avait de multiples talents, et notamment sa voix. Dans Cars, de Pixar, il était celle de Doc Hudson. Dans Bee Movie, de DreamWorks, il la donnait à Layton Montgomery. Il fut surtout le doubleur de nombreux acteurs anglo-saxons : Dennis Hopper, Kurt Russel, Ron Perlman, Chazz Palminteri, Michael Madsen, John C. Reilly, Elias Koteas, Brendan Gleeson, James Gandolfini. Et Harvey Keitel dans cinq films!

Il était révolté et engagé, sans doute loin de son image en celluloïd tant son humanisme était loué. Ancien ouvrier spécialisé qui travaillait pour payer ses études de lettres et de théâtre, un accident du travail l'avait obligé à précipiter son destin. Ce mauvais garçon dans les films était considéré comme l'un des comédiens les plus sympathiques et serviables du cinéma français.

Le Festival de Moscou, aux couleurs françaises, prime Hermano, un hymne au football

Posté par vincy, le 29 juin 2010

Le 32e Festival de Moscou  (17-26 juin) a décerné son prix Golden George du meilleur film au cinéaste vénézuélien Marcel Rasquin pour son film Hernano (Frère), qui sort dans quelques jours au Vénézuéla. Il s'agit de l'histoire de deux garçons, élevés comme des frères, qui se sortent de leur bidonville grâce au football. L'un est un capitaine dans l'âme quand l'autre est un buteur hors pair. Mais les deux sont confrontés à un destin qui n'a rien de tranquille et où les rêves sont difficiles à atteindre.

Le Festival a aussi récompensé L'Albanais de Johannes Naber (prix spécial du jury), Jan Kidawa-Blonski (prix du meilleur réalisateur pour son film Little Rose), Nik Xhelilaj et Cilma Cibulkova (prix d'interprétation).
Deux prix spéciaux du jury ont été remis à des français : le cinéaste Claude Lelouch et l'actrice Emmanuelle Béart. Lelouch avait présenté son nouveau film, Ces amours-là en ouverture du festival. Le film de clôture était un autre film français, Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson. Besson, par ailleurs, et Chabrol ont eut les honneurs d'une rétrospective. De plus, Copie Conforme et The Ghost-Writer étaient présentés lors de séances spéciales. Cette omniprésence de la France est explicable : 2010 célèbre les Années France-Russie. Le concert était diffusée lors d'une des soirées de gala, hors compétition.

Depuis 1999, le Festival de Moscou n'est plus une biennale. Fellini, Kieslowski, Rivette, Wajda, Kurosawa ont fait partis du palmarès moscovite depuis 1959.

Deauville : à défaut de nouvelles stars, les actrices « vintage » sont de retour !

Posté par kristofy, le 12 septembre 2009

Robin Wright PennAprès Meryl Streep en début de festival, le Festival de Deauville a rendu hommage hier à une grande actrice dont le talent a discrètement éclaté au fur et à mesure de sa filmographie. Sans être une star, Robin Wright Penn a côtoyé les plus grands réalisateurs et les plus grands acteurs tout en jouant dans des films plus mineurs, mais à chaque fois, au détour d’une scène, sa performance discrète était remarquable.

C’est Princess bride de Rob Reiner qui la fit connaître (après le feuilleton Santa Barbara !), puis elle fut au générique de Toys de Barry Levinson, Forrest Gump de Robert Zemeckis, Incassable de M. Night Shyamalan, Laurier blanc de Peter Kosminsky, Nine lives de Rodrigo Garcia, Par effraction de Anthony Minnghella ou dernièrement de Jeux de pouvoir de Kevin Macdonald. Elle est évidement connue aussi pour ses films en compagnie de Sean Penn, devant ou derrière la caméra, comme The crossing guard, She’s so lovely ou The Pledge.

Un hommage un peu démesuré

Cet hommage officiel lui a été rendu sur scène par Claude Lelouch qui s’est dit "toujours heureux d’être ici à Deauville pour plusieurs raisons, et ce soir pour une très belle raison…" Il a même profité de l’occasion pour glisser qu’il aimerait bien que Robin Wright Penn tourne dans un de ses prochains films (il travaille en ce moment sur Ces amours-là dans lequel il dirige le chanteur Raphaël présent à Deauville comme juré).

Même s'il est peu probable que Robin Wright Penn réponde à son appel, l’actrice a déjà tourné pour quelques Français, mais dans des films américains : Les anges de la nuit de Phil Joanou, et un segment de New York I love you dirigé par Yvan Attal. De plus, elle aurait en projet de jouer dans le remake de La piscine

Suite à cet hommage, certes un peu démesuré pour une comédienne qui n'a jamais été tête d'affiche, on a découvert en avant-première The private life of Pippa Lee de Rebecca Miller, elle aussi présente, dont le film précédent, The ballad of Jack and Rose, avait déjà été applaudi à Deauville. Cette fois, un gros casting entoure Robin Wright Penn : Keanu Reeves, Alan Arkin, Maria Bello (épatante encore une fois), Winona Rider, Monica Bellucci et Julianne Moore ! On découvre que Pippa Lee semble une femme comblée avec son mari et des deux grands enfants mais son petit monde ne tourne plus rond et alors elle se souvient de son enfance et de sa jeunesse… Son histoire fait des allers-retours entre passé et présent et les failles de cette femme vont devenir un gouffre dans lequel elle risque de sombrer.

Il se dit qu’une actrice qui a dépassé la quarantaine n’intéresse plus guère les producteurs d’Hollywood… le Festival américain de Deauville a largement prouvé le contraire avec ces deux hommages, mais également en présentant plusieurs films où les actrices stars des années 90 sont de retour.

L'âge les rend classe

On a ainsi pu découvrir les derniers longs métrages de Michelle Pfeiffer et de Mira Sorvino. Personal Effects est un premier film réalisé par David Hollander dans lequel une veuve d’une quarantaine d’années (Pfeiffer) rencontre dans une thérapie un jeune homme (Ashton Kutcher) qui a presque la moitié de son âge. Tous deux ont perdu un proche de manière violente, et leur chagrin et leur désir de justice vont les faire se rapprocher, et même se raccrocher l’un à l’autre… Même si le film est inégal et plein de sentiments mielleux, revoir Michelle Pfeiffer est un vrai plaisir. L’actrice, qui semble toujours aussi jeune, a encore l'allure féline (souvenez-vous de son costume de Catwoman) et le sourire fragile. Il ne lui manque plus qu’un nouveau vrai bon film pour de nouveau impressionner la pellicule. Mais la vraie question demeure : Michelle Pfeiffer viendra-t-elle bientôt à Deauville ?

Dans un style très différent, qui se souvient du dernier film de Mira Sorvino ? C'est vrai que l'actrice n’a pas beaucoup joué ces dernières années pour cause de maternité (qui Mira Sorvinoest toujours le plus beau rôle d’une actrice, paraît-il). Mira Sorvino est donc de retour par la grande porte, et elle est venue au festival nous présenter Like dandelion dust de Jon Gunn. Elle y joue le rôle d’une femme abattue qui retrouve son mari (l’impeccable Barry Pepper) à sa sortie de prison et lui avoue avoir caché sa grossesse pendant qu’il était incarcéré et avoir confié l’enfant à l’adoption. Le couple décide de demander à récupérer leur enfant, un petit garçon de sept ans qui vit désormais dans une famille riche…

Avec ce qu'il faut d'émotion, des acteurs au diapason, un sujet de société délicat (garder ou perdre un enfant à tout prix), le film est une vrai réussite. Il est encore trop tôt pour prédire une nomination aux oscars (Mira Sorvino en avait reçu un pour Maudite Aphrodite de Woody Allen) mais, quoi qu'il en soit, Like dandelion dust a déjà eu plusieurs récompenses dans différents festivals.

En plus de leur talent d'actrice, Meryl Streep, Mira Sorvino (qui d’ailleurs parle un français presque parfait) et Robin Wright Penn ont pratiqué l’autodérision tout en se montrant sincères, et se sont volontiers prêté au jeu des autographes. Décidément, les actrices américaines rencontrées cette année à Deauville ont la classe ! Un exemple pour certaines jeunes starlettes ?

Crédits photo : Christophe Maulavé

Le jour final de Farrah Fawcett (1947-2009)

Posté par vincy, le 25 juin 2009

farrahfawcett1.jpgElle était la blonde flamboyante (avec un brushing légendaire) dans la série TV "Drôles de Dames" (29 épisodes). Mais pas seulement. Cette icône de la coiffure ("la coupe à la lionne"), longtemps classé parmi les plus belles femmes du monde, a d'abord commencé dans La jeune femme s'est faite connaître en 1976 à la faveur d'une photo prise par une agence éditant des posters. Elle y apparaît simplement vêtue d'un maillot de bain rouge, la tête penchée en arrière, ses cheveux blonds tombant en cascade sur ses épaules, un sourire éclatant sur les lèvres. L'image fait un tabac et se vend à 12 millions d'exemplaires.

Elle se maria d'ailleurs avec "L'homme qui valait trois milliards", Lee Majors, avec qui elle collabora dans le feuilleton. Puis elle partagea sa vie avec le comédien Ryan O'Neal (Barry Lindon) de 1980 à 1997, puis l'accompagna ces dernières années, jusqu'à sa mort le jeudi 25 juin 2009. Elle a succombé à son cancer anal, diagnostiqué il y a trois ans.

Sr le grand écran, elle est apparue dans une vingtaine de films entre 1969 et 2004. Elle a commencé avec Claude Lelouch, dans Un homme qui me plaît. On notera sa participation au célèbre Cannonball en 1981, avant de trouver son rôle le plus marquant dans Extremities, de Robert M. Young, qui lui valu une nomination aux Golden Globes. Elle tourna aussi dans des mauvais films de Stanley Donen et Alan J. Pakula. Robert Altman l'enrôla dans son casting très féminin de Docteur T et les femmes, en 2000. Mais c'est dans Le Prédicateur, de Robert Duvall, où son rôle, certes secondaire, restera le plus intéressant de sa carrière. Les prix du cinéma indépendant la nominèrent pour son personnage d'épouse du prêtre.

Elle n'est pas apparu dans la version cinéma de Drôles de dames. Elle avait exigé être la voix du nouveau Charlie... Si le cinéma l'a snobée, elle a réussit une brillante carrière sur le petit écran, à travers des téléfilms populaires et des seconds rôles "invités" dans des séries à succès.

___________
Son blog officiel

Les Prix Henri-Langlois très chabadabada

Posté par vincy, le 13 février 2009

place henri langloisLes 4es Rencontres internationales du cinéma de Patrimoine, qui se déroulent à Vincennes (à côté de Paris), ont séduit 10 000 spectateurs du 29 janvier au 2 février. C'est 4 000 cinéphiles de plus que l'an dernier. 

Le Palmarès a honoré douze personnalités, en remettant les prix Henri-Langlois:

- Les cinéastes européens Ken Loach, invité d'honneur cette année, et Théo Angelopoulos, dont le dernier film vient d'être présent à la 59e Berlinale. Loach a rappelé "l'importance de la mobilisation et de la défense du cinéma européen."

- Les comédiens Anouk Aimée et Michel Bouquet qui a confié que c'était grâce à Henri Langlois s'il a "pu comprendre ce qu'était le vrai, le grand cinéma." Au moins aucun animateur de télévision ne lui a fait l'offense de lui dire qu'il avait l'âge de rester à la plage... Aimée a remercié les "grands cinéastes" qu'elle avait eu la chance de rencontrer. Justement un Henri Langlois d'honneur a été remis à l'un d'entre eux, Claude Lelouch.

- les autres Henri Langlois d'honneur ont été remis à l'inusable Agnès Varda et au compositeur Claude Bolling.

Trois nouveaux prix ont prolongé le palmarès.

Le prix Henri-Langois de l'écriture pour l'auteure Yasmina Reza et le réalisateur Didier Martini, le prix H-L Européen pour le cinéaste ulkrainien Oles Yanchuk (Famine 33) et le prix H-L Révélation qui a récompensé Maïwenn Le Besco, elle aussi, issue de la galaxie Lelouch. Ce prix est destiné à primer une comédienne ou un comédien passé derrière la caméra.

L'ARP avait reçu plus tôt un prix spécial. Un trophée Coup de coeur a été décerné à Ronit et Schlomi Elkabetz, réalisateurs israéliens, pour leur film Les 7 Jours, présenté à la semaine de la critique à Cannes en 2008. La directrice de la cinémathèque du Brésil, Olga Futemma, complète cette longue distribution de "forces vives" et de talents qui oeuvrent pour que le cinéma du passé reste bien présent.

Les 50 ans du cinéma marocain : Essaouira (3)

Posté par vincy, le 11 octobre 2008

essaouira_orsonwelles.jpgAu bord de l'Océan Atlantique, entre Casablanca et Agadir, se dresse une petite ville fortifiée, un port de pêcheur qui, tranquillement, s'est mué en spot touristique. La ville a des airs (iodés) de Saint-Malo, le thermomètre est à peine plus chaud. Ce n'est pas Safi, autre ville océanique qui s'est transformée en Jérusalem pour les besoins du film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven. Il s'agit d'Essaouira, cité adulée par les français, sans doute pour ses similitudes bretonnes. Planté dans le très occidental Sofitel, face à l'île de Mogador, Claude Lelouch y tourna le "mythique" And Now... Ladies and Gentlemen, avec Patricia Kaas, Jéremy Irons, et Jean-Marie Bigard.

Heureusement Essaouira a plutôt gardé le souvenir d'un autre tournage, mythologique. Othello.

Orson Welles posa sa caméra ici (mais aussi à Safi et El-Jadida, toutes deux plus au Nord) pour filmer sa plus belle oeuvre, en 1952. Il incarnait brillament le Maure de Venise dans cette tragédie shakespearienne, aux côtés de Suzanne Cloutier et Robert Coote. Ce Grand prix du festival de Cannes (Palme d'or de l'époque) avait connu deux suspensions de tournage, faute d'argent. Il a ainsi accepté des narrations et des seconds rôles deans Le troisième homme et Echec à Borgia pour réinvestir ses cachets dans la production de Othello. Welles devait batailler avec ses financiers pour parvenir à ses fins. Il a changé quatre fois de Desdémone. Tournage mouvementé, film tourmenté, son sixième long métrage fut un chemin de croix de trois années.

Locarno lui rendit hommage avec une rétrospective unique en 2005 et rappela qu'à la mort du cinéaste, Othello était le seul film qu'il possédait encore. Il existe trois versions de l'oeuvre, dont la plus rare reste celle présentée à Cannes. Sa fille avait entrepris la restauration du film en 1992; et la copie neuve eut le droit aux honneurs d'une projection publique en plein air, juste à l'entrée des fortifications. Désormais, là où se dresse une stèle (mal entretenue), avec le portrait de l'artiste, la place porte son nom.

(photo : Vincy Thomas)

Films sous les étoiles : C’est dit, rec.

Posté par vincy, le 27 juin 2008

cap24-cdirect.jpgPour donner suite au "post" du 24 juin concernant le festival Films sous les étoiles, la directrice de programmation nous a répondu lors du tournage de l'émission "C Direct" (Cap 24 ; partie 1 et partie 2) qu'il avait été difficile d'avoir certains films pour diverses raisons : mauvaise copie, absence de sous-titrage, refus net d'un distributeur... Parfois, il n'existe qu'une copie, à Londres...  Le miracle est d'avoir eu Cars (c'est très rare que Disney diffuse un de ses films en festival) ou Un homme et une femme (une seule copie, qui explique la présence de Lelouch hier soir lors de l'ouverture).

Alors que tout le monde parle d'action culturelle, d'éducation par la culture, on sent bien que les "ayant-foi", ces organisateurs de Festivals, ont de plus en plus de difficultés à rassembler une programmation dans de bonnes conditions. A cela, il faut désormais ajouter une étape : la validation de la programmation par le CNC et la DRAC. N'y a-t-il pas trop de verrous?