Cannes 2012 : l’ACID célèbre ses 20 ans

Posté par vincy, le 26 avril 2012

L'association du cinéma indépendant pour sa diffusion fêtera ses 20 ans cette année à Cannes. 9 longs métrages ont été sélectionnés, dont 5 avant-premières mondiales, certains autoproduits, la plupart sans distributeurs. Rappelons que les séances cannoises de l'ACID sont ouvertes à tous les spectateurs, et sont suivies d'une rencontre entre les équipes des films, leurs “parrains” de l’association et le public.

La sélection
Casa Nostra de Nathan Nicholovitch (France) - autoproduit
The End de Hicham Lasri (Maroc)
Noor de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti (France)
Sharqiya d'Ami Livne (Israël / France / Allemagne)
Stalingrad Lovers de Fleur Albert (France)
La tête la première d'Amélie van Elmbt (Belgique)
La vierge, les coptes et moi de Namir Abdel Messeeh (France / Qatar / Egypte) - documentaire
Ini Avan d'Asoka Handagama (Sri Lanka) - distribué par Héliotrope Films
Room 514 de Sharon Bar-Ziv (Israël) - distribué par Sophie Dulac

Séances spéciales
Ab irato, sous l'empire de la colère de Dominique Boccarossa (France) - distribué par Les films d'ici
L'été de Giacomo d'Alessandro Comodin (Italie / France / Belgique) - distribué par NiZ! - Léopard d'Or cinéastes du présent à Locarno
El Puesto d'Aurélien Lévêque (France) - distribué par Hevadis Films
Le cinéma français se porte bien de téphane Arnoux, Aurélia Georges, Jean-Baptiste Germain et Chiara Malta (France) - séance "carte blanche à des cinéastes de l'ACID"

La sélection parallèle organisera aussi une rétrospective et une programmation anniversaire "20 ans de cinéma indépendant". Pour saluer l'événement, plusieurs cinéastes ont envoyé à l'ACID des "lettres filmées" : autant de courts métrages qui ouvriront cette année les séances cannoises. Par ailleurs, la Cinémathèque française rendra hommage au travail défricheur de l'ACID avec la diffusion de 31 premiers films projetés du 16 au 27 mai. Suivront des rétrospectives à Marseille (FID), Bordeaux, à New York (automne 2012) et au Forum des Images en novembre.

L’instant Court : exposition Tim Burton à la Cinémathèque

Posté par kristofy, le 10 mars 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Long stay these days réalisé par Peter Naylor, voici l’instant Court n° 69.

La Cinémathèque Française organise une exposition des œuvres de Tim Burton, une rétrospective de ses films bien entendu mais surtout quantités de dessins, photos, sculptures, costumes et autres éléments graphiques divers qui ont été utilisés lors de la préparation de ses tournages.

Pour l’occasion, le réalisateur s’est livré en public à l’exercice de la master-class (après Steven Spielberg il y a quelques semaines). Tim Burton a évoqué son attachement aux films de Vincent Price (la voix de son court-métrage Vincent) et de Ed Wood, aux décors fabriqués plutôt qu'aux trucages numériques sur fond vert (bien que cette technique lui ait valu son plus gros succès commercial avec Alice au pays des merveilles), l’animation image par image avec des marionnettes miniatures, également son Batman (qui a été un succès à l’époque où les films de super-héros n’était pas un genre à la mode) et ses prochains films Frankenweenie (qui sera d'ailleurs proche de son court Vincent, et avec la voix de Winona Ryder) et Dark Shadows où il retrouve Johnny Deep et Michelle Pfeiffer.

Voila donc la bande-annonce de l’exposition Tim Burton à la Cinémathèque française, supervisée par Tim Burton lui-même. Il s’agit d’une déclinaison de celle qu’il avait conçue pour l’exposition de ses travaux au MoMA de New-York.

Vous êtes fan de l’œuvre de Tim Burton ? Alors réalisez vous-même un court métrage d’animation ! Un concours est lancé avec différents partenaires dont la Cinémathèque et Dailymotion. Il s’agit de proposer un film d'animation (dessin-animé, stop-motion, 3D...) proche de l’univers de Tim Burton. Lui-même sera à la tête d’un jury pour départager des lauréats.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Exposition Tim Burton.

Le Festival du film asiatique de Deauville s’offre Wang Xiaoshuai

Posté par vincy, le 10 février 2012

Le festival du film asiatique de Deauville, (7-11 mars) a dévoilé sa sélection avec 11 films en compétition et deux rétrospectives.

On notera la présence du nouveau film de Wang Xiaoshuai, 11 fleurs. Le cinéaste, souvent sélectionné dans les grands festivals : Une famille chinoise et Beijing Bicycle (Grand prix du jury) à Berlin, Shanghai Dreams (prix du jury) et Chongqing Blues à Cannes, After War (Lépoard d'or / vidéo) à Locarno, ... 11 fleurs, film destiné à un public familial, a été présenté aux festivals de Toronto, Pusan, Tokyo, à celui des Arcs également, et il y a deux semaines à celui de Rotterdam.

Sinon, outre de nombreux premiers films, parmi lesquels Mourning, prix de la Critique au Festival de Pusan, Deauville s'offre aussi The Sun-beaten Path, présenté à Locarno et primé au Festival de Vancouver, Baby Factory, lui aussi dans le palmarès de Vancouver.

On note aussi la présence d'Himizu, du japonais Shion Sono, prix Marcello Mastroianni au dernier Festival de Venise pour les deux jeunes comédiens. Il s'agit de l'adaptation du manga homonyme de Minoru Furuya. Depuis ce film, le réalisateur a filmé Kenkichi, prévu pour sortir en salles au Japon cette année.

En compétition:

  • The Sun-beaten Path (Chine/Tibet) de Sonthar Gyal
  • 11 Fleurs (Chine) de Wang Xiaoshuai
  • Beautiful Miss Jin (Corée du Sud) de Jang Hee-chul
  • Death is my profession (Iran) d’Amir Hossein Saghafi
  • Mourning (Iran) de Morteza Farshbaf
  • Himizu (Japon) de Sono Sion
  • Saya Samouraï (Japon) de Hitoshi Matsumoto
  • Jhoole lal! (Noor) (Pakistan/France) de Cagla Zenciri et Guillaume Giovanetti
  • Baby Factory (Philippines) d’Eduardo Roy Jr.
  • I Carried you home (Thaïlande) de Tongpong Chantarangkul

Deauville accueillera aussi deux rétrospectives sont au programme : le cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa, à qui la Cinémathèque française rend également hommage du 14 mars au 19 avril, et le réalisateur thaïlandais très esthétisant Pen-ek Ratanaruang, avec, en avant-première, son nouveau film, Headshot.

La Master Class de Steven Spielberg suivie par 10 000 internautes

Posté par vincy, le 10 janvier 2012

Steven Spielberg est à l'honneur de la Cinémathèque française, depuis hier et jusqu'au 3 mars. Un honneur d'autant plus logique que cet amoureux du cinéma mondial a deux films à l'affiche actuellement. Les aventures de Tintin, sorti en octobre en France et pour les fêtes en Amérique du nord, a déjà dépassé les 330 millions de $ de recettes internationales. Cheval de guerre, qui sortira sur les écrans français le 22 février, film épique dans la veine des oeuvres de David Lean, sorti le jour de noël en Amérique du nord, a déjà rapporté 60 millions de $ malgré sa longueur et son sujet dramatique.

La Cinémathèque française, à l'occasion de la rétrospective intégrale des films de Spielberg, avait organisé lundi 9 janvier une Master Class animée par Serge Toubiana, directeur de l'institution, et Costa-Gavras, président, avant la projection en avant-première de Cheval de guerre. Cette Leçon de cinéma était simultanément diffusée sur les sites internet d'Arte.TV et de la Cinémathèque. 10 000 internautes ont suivi le streaming. A noter que la vidéo est disponible durant un an sur les deux sites, en VO et en VF.

"Si je n'ai pas d'histoire à raconter, je deviens fou" a assuré le réalisateur devant une salle depuis longtemps complète. Standing ovation du public, "Je t'aime", en français du cinéaste qui s'avoue surtout "raconteur d'histoire". Il ne semble pas se lasser de faire des films : il a si soif de travail qu'il peut travailler sur deux films en même temps, à des vitesses différentes (trois ans pour Tintin, 7 mois pour Cheval de Guerre, écriture incluse).

Enfant prodige du cinéma américain de ces 40 dernières années, désormais vétéran vénérable et honoré, il partage son expérience devant une salle comblée. "Le premier conseil, c'est de bien choisir son casting. J'y consacre beaucoup de temps et, une fois que c'est fait, le second point, c'est d'écouter les acteurs choisis. A quoi ça sert, sinon, de sélectionner des gens talentueux ? En écoutant vos acteurs, vous écoutez votre histoire".

C'est François Truffaut qui lui a donné le meilleur conseil: "On s'est rencontré à Mobile, Alabama, il venait de terminer 'L'Argent de poche' et il m'a dit: tu devrais travailler avec des enfants, travailler pour les enfants. Et c'est ça que je suis aujourd'hui: ce que vous êtes transparaît dans vos films. Et dans le fond, je ne me suis jamais éloigné de l'enfant que j'étais".

Mais l'enfant est désormais analysé par tous les critiques, experts, professeurs de cinéma. Son succès mondial en a fait une star aussi populaire que les acteurs. La Cinémathèque organise des conférences cet hiver : "Spielberg / Eastwood : chronique du chaos et de l'au-delà" le 16 janvier, "Spielberg 2001-2005 : récits abimés, récits de l'abyme" le 23 janvier et une table ronde sur 'Le cinéma américain ou l'art de raconter des histoires : Eastwood - Spielberg - Altman (et les autres..." le 4 février.

2011 – août : un record pour l’exposition Kubrick à la Cinémathèque

Posté par vincy, le 30 décembre 2011

31 juillet 2011. La Cinémathèque a exposé durant plus de 4 mois l'oeuvre du géant Stanley Kubrick. 140 000 visiteurs se sont déplacés pour admirer extraits, objets, photos de ses débuts, affiches, critiques (parfois dures), storyboards de films inaboutis, ... du cinéaste. Un record depuis que la Cinémathèque a emménagé à Bercy.

Car, si les salles de cinéma se remplissent de nouveau à partir de cet été 2011, les Musées attirent aussi de plus en plus de monde. Cette exposition unique, accompagnée de conférences, de livres et d'une rétrospective, étalée sur deux étages et 1000 m2, permettait de s'immerger dans les univers aussi variés que ceux de Shining, Lolita, Barry Lindon, Napoléon ou encore 2001.

En 2011, HAL a plutôt l'allure d'un réseau qui nous relire et nous asservit. En sortant de notre ordinateur pour aller au Musée, on se dit que l'Homme n'est pas perdu. Mais quelle fossé entre l'époque de Kubrick et la notre...

Tout le bilan 2011

L’instant vintage : La restauration donne une seconde vie aux films

Posté par Benjamin, le 30 octobre 2011

Ce n’est que dans les années 1930 que des personnalités du cinéma telles qu’Henri Langlois se sont mobilisées pour sauver les richesses du cinéma muet. Les cinémathèques à travers le monde se sont créées (la Cinémathèque française, en 1936, fut l’une des dernières, bien après l’Allemagne, le Royaume Uni ou les Etats-Unis) pour, d’une part, stocker ces films, et d’autre part, les projeter et leur donner une seconde naissance.

Car après tout, le but de la conservation et de la restauration est d’apporter un regard nouveau sur une œuvre plus ou moins datée. Lorsque le festival de Cannes organise la projection du Guépard, d’Orange mécanique ou même du Sauvage en version restaurée, il soumet ces films au jugement du temps. Ont-ils passablement vieilli ? Ont-ils au contraire gardé (ou amplifié) la force qu’ils possédaient à leur sortie ? Sont-ils toujours des classiques que le temps n’effleure même pas ?

La restauration met les films à l’épreuve. C’est un second jugement, un second regard car, dans l’art comme dans toutes choses, il faut souvent y regarder à deux fois. Combien de films ont été massacrés lors de leur sortie pour être auréolée 20 ans plus tard (Citizen Kane en est un parfait exemple). Mais aussi combien de films subissent le sort inverse ? Ils sont, lors de leur première diffusion, jugée, perçue comme une œuvre agréable et ils souffrent cruellement aujourd’hui des années qui leur sont passées dessus. Et ce film qui était alors autrefois un succès n’est plus que le témoin de cette époque résolue. On le regarde en souriant. Ces défauts deviennent comiques mais il ne faut pas le jeter ou le détruire pour autant. Et la restauration, grâce aux recherches des restaurateurs, permet enfin de découvrir des versions inédites de chefs d’œuvres, comme Metropolis pour ne citer que lui qui a gagné près de 30 minutes (pas inutiles) de métrage !

Les films restaurés sont aussi un musée des souvenirs, ils revêtent un costume qu’on ne leur connaissait pas. Par exemple, un film que l’on juge mauvais peut avoir un intérêt historique, être le témoin privilégié, la transmission vers la postérité d’une ville, d’un métier, d’un trait d’époque qui n’existe plus. Le film se pare d’une valeur historique et/ou sociologique. Il nous informe également sur une façon de faire du cinéma qui n’est certainement plus la même aujourd'hui. La version restaurée inédite du Voyage dans la lune de Méliès, coloriée au pochoir, nous apprend que le cinéma en couleur existait dès les années 1900 mais qu’il fallait pour cela que les artisans du cinéma peignent à la main chaque carré de pellicule !

Grâce à la restauration, c’est aussi le jugement critique qui peut être mis de côté pour ne faire ressortir que le simple plaisir de voir un film un brin provocateur pour son époque, un cartoon des premiers temps ou les premières actualités filmées. Le cinéma est un œil braqué sur le monde. Il a mille fonction mais toujours le même objectif : divertir. La critique perd alors un peu de son sens (éclairer le spectateur) pour ne devenir qu'un reflet déformant, souvent valorisant.

En restaurant les tout premiers films de Chaplin, Losbter Films, la Cinémathèque de Bologne et le British Film Institute donnent à voir la naissance pour ne pas dire la création de Charlot ! Ce n’est pas rien. Ces films de 1914 nous offrent une connaissance plus approfondie de ce qu’était le cinéma burlesque à cette époque, de la position de Chaplin et de son développement artistique en une seule année. Mais aussi de précieuses informations sur les techniques de réalisation, de montage, de production, etc. Il y a une foule de détails dans ces films ! Un spectateur lambda appréciera les gags un peu grossiers et le rythme haletant de ces comédies Keystone.

Serge Bromberg, célèbre restaurateur admiré de tous, désire que le spectateur regarde ses films avec son âme d’enfant. La restauration doit aussi ramener cela : le simple et pur plaisir du spectateur qui se prélasse devant un film, et peu importe sa date de production tant qu'il reste une copie, même abîmée. Car après tout, il n’y a que la contemplation qui compte.

Il ne faut pas oublier ce conseil d’Henri Langlois : « tout conserver ! » Pour cela Ecran Noir a décidé de consacrer une rubrique dédiée à ces films "vintage" sur son blog. En parler comme on parle des autres films. Ce n'est pas seulement faire revivre le patrimoine, c'est aussi le rendre indispensable à nos mémoires.

Car, malheureusement, la place manque pour la conservation et la restauration ne rapporte pas d’argent, malgré les re-sorties en salles souvent réussies et des DVD bien soignés. La VOD/VàD reste un modèle économique à suivre pour rentabiliser les coûts.

Elle n’est nourrie que par le temps et la passion de certains cinéphiles. Si vous trouvez un film chez vous, chez votre voisin, une pépite ou une pellicule, quelque chose qui pourrait être intéressant, n’hésitez pas à le signaler car il peut être sauvé et diffusé au plus grand nombre. Ces films sont comme les trésor des pirates enfouis : la quête devient inestimable...

Metropolis retrouve sa splendeur originelle et s’expose à la Cinémathèque

Posté par MpM, le 20 octobre 2011

A l'échelle du cinéphile, c'est un petit miracle. Metropolis, dont chacun connaît l'histoire mouvementée (des pans entiers du film avaient disparu suite au 2e montage imposé par les distributeurs de l'époque, puis retrouvés en 2008 grâce à la découverte d'une copie argentine complète), est de retour à Paris, dans une version restaurée et flamboyante, presque identique à celle souhaitée par Fritz Lang en 1927. Et de ce fait, à la fois plus compréhensible et surtout plus impressionnante.

Bien sûr, le métrage conserve à jamais les traces des mutilations passées (la copie retrouvée était un contretype négatif 16mm, donc de qualité inférieure), mais il n'en a pas moins retrouvé une force d'évocation et une puissance visuelle suffisantes pour laisser bouche bée les spectateurs de 2011, pourtant gavés à la science fiction ultra spectaculaire. Il faut dire que la fluidité du film, l'adéquation entre les images et la musique exceptionnelle de Gottfried Huppertz, ainsi que la démesure des décors, apportent à Metropolis une modernité saisissante, confirmant son statut de chef d’œuvre futuriste et atemporel. On y retrouve non seulement des éléments qui ont influencé des générations de cinéaste, mais également une qualité de production artistique désormais exceptionnelle.

La première française du film (plus d'un an après sa projection en ouverture de la 60e Berlinale), s'est tenue mardi soir à la cinémathèque Metropolisfrançaise, lors de l'inauguration de la grande exposition que la Cinémathèque consacre à l'histoire de Metropolis, et en présence de Micheline Presle (qui a tourné avec Fritz Lang dans Guérillas en 1950) et de Jeff Mills, mais surtout d'une foule de spectateurs allant de 8 à 88 ans. Pour l'exposition, qui se tient jusqu'au 29 janvier prochain en partenariat avec Groupama, grand mécène de la Cinémathèque, l'affluence était même telle que de longues files se sont formées sous la pluie à l'entrée du bâtiment. Mais une fois l'attente passée, la récompense était là : photos de tournage, pages du scénario, partition, reproduction de costumes, projets de décors et de maquettes, extraits... C'est toute l'aventure Metropolis qui défile sous les yeux du visiteur, agencée par "espaces" faisant références aux différents lieux du film (la cité moderniste, la ville ouvrière, les catacombes... )

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Mobilisation pour la comédienne et réalisatrice iranienne Marzieh Vafamehr

Posté par MpM, le 13 octobre 2011

Le Comité de soutien aux Cinéastes iraniens emprisonnés ne semble pas près de pouvoir arrêter ses activités. Après l'emprisonnement de sept artistes issus des milieux cinématographiques iraniens fin septembre, la comédienne et réalisatrice Marzieh Vafamehr vient d'être condamnée par le tribunal islamique de Téhéran à un an de prison ferme et 90 coups de fouet. La jeune femme avait déjà été arrêtée en juin puis libérée sous caution courant juillet.

Il lui est reproché d'avoir joué dans la coproduction australienne Téhéran, ma foire, jugée immorale par le régime, et de n'avoir pas respecté les droits religieux de la constitution iranienne. Le film raconte le destin d'une jeune actrice dont la pièce de théâtre est interdite par les autorités et qui passe dans la clandestinité pour s'exprimer. Bien qu'ayant bénéficié de l’autorisation de production du ministère de la culture et des mœurs islamiques, il était jusqu'à présent distribué en DVD sur le marché noir iranien.

Les protestations ont (une nouvelle fois) suivi de près l'annonce de ce verdict d'un autre temps. Le mari de l'accusée, Naser Taghvaï, lui-même metteur en scène, a exhorté l’Organisation des Nations Unies à "veiller aux conditions de détention des cinéastes et artistes emprisonnés et de défendre leurs droits humains". Le Comité de soutien aux Cinéastes iraniens emprisonnés (composé de la Cinémathèque française, le Festival de Cannes, la SACD, la SRF, France Culture, l’ARP et la SCAM) a quant à lui demandé aux instances internationales et aux organisations de défense des droits de l’homme "de condamner la sentence infligée à Marzieh Vafamehr par le tribunal islamique de Téhéran".

Par ailleurs, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a dénoncé l'indignité de cette "parodie de justice". "Les flagellations constituent une pratique barbare proscrite par le droit international", a-t-il précisé. "L'Iran doit les bannir et respecter les engagements internationaux qu'il a librement contractés, en particulier le plein exercice de la liberté d'expression et de création".

Dans l'attente de l'éventuelle révision de son procès demandée par son avocat, Marzieh Vafamehr est détenue à la prison Ghartchak-Varamine de la banlieue de Téhéran.

La Cinémathèque française, voyages à Métropolis et chez Tim Burton

Posté par vincy, le 28 août 2011

Pour l'année 2010/2011, la Cinémathèque française va nous en mettre plein les yeux. Après le triomphe de l'exposition Stanley Kubrick (un record de 140 000 visiteurs!), la Cinémathèque proposera des voyages autour du monde : USA, Italie, Japon, Outre-mer, Estonie, Japon, Hong Kong, Israël, Egypte, Argentine,...

Voici un choix non exhaustif et subjectif de la part de la rédaction : les 7 événements à ne pas manquer.

Blake Edwards (24 août -17 octobre) : le prince de la comédie américaine élégante récemment disparu (voir actualité du 16 décembre 2010)a les honneurs d'une rétrospective, qui voit défiler la Panthère rose, Boire et déboires, The Party, La grande course autour du monde, Le jour du vin et des roses, S.O.B., Victor Victoria et le mythique Diamants sur canapé.

Shirley Maclaine (29 août - 5 septembre) : hommage à l'une des reines du cinéma américain, conjointement à celui du Festival de Deauville. La soeur de Warren Beatty reste l'une des rares comédiennes à avoir su traverser les époques. Au programme, Bienvenue Mister Chance, Comme un torrent, La garçonnière, Irma la Douce, Mais qui a tué Harry? (un Hitchcock délicieux), Tendres passions, La rumeur...

Metropolis (19 octobre -29 janvier) : le film culte de Fritz Lang avait fait l'objet d'une projection en plein air Porte de Brandebourg lors de la Berlinale 2010. Voici l'exposition qui était, à l'époque, au Musée du cinéma de Berlin, à la fois making of du film et de sa restauration. A cela s'ajoutera une rétrospective Fritz Lang, des conférences (dont l'une sur l'invention du décor), une lecture, un cycle Cités futuristes (d'Akira à Total Recall), une sortie DVD de Metropolis et deux livres (Fritz Lang au travail, Metropolis). / voir aussi notre actualité du 13 février 2010

Steven Spielberg : avec deux films cette année, la Cinémathèque ne pouvait pas passer à côté du cinéaste. Pour Cheval de guerre, une rétrospective, qui sera inaugurée en sa présence, est prévue. Spielberg lancera ainsi les festivités de ses 40 ans de cinéma (Duel), en attendant un livre-anthologique prévu avant l'été.

Alain Cavalier : le succès de Pater légitime d'autant plus le cycle qui lui sera consacré au printemps. Le cinéaste libre fera une "conversation informelle" avec les cinéphiles et permettra de (re)découvrir ses oeuvres intimes souvent passées inaperçues, mais aussi ses films "plus classiques" qui ont bâti sa réputation. Il sera là tous les jours pour dialoguer avec le public.

Tim Burton (7 mars 2012) : première étape de la tournée mondiale de l'exposition lancée au Museum of Modern Art de New York avec succès (700 000 visiteurs!), "L'art dans tous ses états" sera l'un des événements culturels de l'année. Toutes les facettes de l'artiste seront dévoilées : photographe, illustrateur, scénariste, ... le décor sera encore au coeur de cette exposition phare qui revisitera ses films et son univers. Une Master class avec Burton est programmée, en plus de l'intégrale des films et d'une carte blanche!

Bernardo Bertolucci : l'un des derniers géants du cinéma italien mérite cette rétrospective. En sa présence, "il maestro" reviendra sur cet itinéraire peu conformiste, son engagement politique et social... il parlera aussi sans doute de son nouveau film en 3D, moins d'un an après sa Palme d'or d'honneur à Cannes (voir actualité du 11 mai 2011).

et aussi : la France de l'outre-mer au cinéma, le cinéma fantastique français, les 100 ans du cinéma estonien, un hommage à Nanni Moretti (en sa présence), la musique de films avec Gabriel Yared, une rétrospective Robert Altman, une histoire du cinéma égyptien, un cycle Kiyoshi Kurosowa, Serge Daney... et un colloque international sur le cinéma numérique les 13 et 14 octobre ("Quel avenir pour les Cinémathèques?").

Les Compositeurs de Musiques de Films s’interrogent sur leur médiatisation

Posté par vincy, le 25 juin 2011

Le jeudi 30 juin à  la Cinémathèque française, les Compositeurs de musiques de films se donnent rendez-vous entre 17h30 et 21h pour débattre de leur place dans les médias. "La Musique de films et les Médias" est un débat animé par Vincent Perrot, auteur il y a quelques années de B.O.F. : les musiques de l'écran, pour expliquer la position marginale de la musique de film dans notre culture.

Organisée par l'Union des Compositeurs de Musiques de Films, cette Rencontre réunira Catherine Ruelle (RFI), Frédéric Gimello-Mesplomb (ESJ tours/Université de Metz), Pierre Langlais (Le Mouv’, Télérama...), Thierry Jousse (Radio France), Olivier Desbrosses (UnderScores) et Benoît Basirico (Cinezik).

La musique de film souffre de notoriété voire de respect. Absente de la plupart des radios (hormis FIP, les radios de musique classique et de jazz), maltraitée par les producteurs qui trouve l'investissement superflu, pas forcément intégrée dans les dossiers de presse, rarement distribuée sous forme de disque : les maux ne manquent pas.

En quête de valorisation et de respectabilité, les compositeurs cherchent, à travers ce débat, des réponses à leurs questions :  Quelles relations entretiennent les journalistes avec les compositeurs et vice-versa ? Quel est l’intérêt des rédactions pour la profession et pour ses oeuvres ? La musique de film au sens le plus large est-elle reconnue comme une oeuvre artistique par la presse ? Comment le dossier de presse d’un film parle t-il de la musique de ce même film ?

Une mission spécifique commandée par le CNC

Parallèlement, le Centre national de la cinématographie et de l'image animée (CNC) a renouvelé la composition du comité d'aide à la musique de films de longs métrages pour une durée de deux ans. Cinq nouveaux membres ont été nommés : Marc-Olivier Dupin - à qui a été confié une mission de réflexion sur la place de la musique originale dans le processus de création cinématographique et audiovisuel au sens le plus large et sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer cette place - a rejoint le comité d'aide à la musique où siègent Bertrand Bonello, compositeur et réalisateur, Mishka Assayas, journaliste, Cyril Holtz, ingénieur du son et de Bertrand Burgalat, compositeur et producteur.

Ce comité étudiera et sélectionnera les projets musicaux pour distribuer des subventions (4 000 à 20 000 €). En 2011, l'enveloppe globale de la dotation s'élève à 400 000€.