Une Nuit au cirque 3D : Les feux de la rampe…

Posté par Claire Fayau, le 25 mai 2010

...Comme si vous y étiez ! Il n'y a pas que les festival de cinéma dans la vie , il y a aussi les festival de cirque.

Quand le cinéma rencontre le cirque, cela peut donner de très beaux films (Elephant Man, Les clowns de Fellini, Itinéraire d'un enfant gâté, Roselyne et les  lions, Sous le plus grand chapiteau du monde..). Mais ce n'est jamais un spectacle de cirque filmé de bout en bout. Ici le cirque est au coeur du film , et en  plus on y ajoute de la 3D (justifiée!). Une Nuit au cirque 3D est le premier film tourné lors d'un festival de cirque ( le 18e Festival International du Cirque de Massy sous la direction de Francesco Bouglione et Michel Bruneau). Les  plus grands artistes du monde entier nous font leur numéro (et même les plus récalcitrants devraient applaudir leurs performances).

Immersion totale dans le  spectacle grâce  à la 3D. On se croirait dans la fosse avec les animaux, les  clowns  ou sur un trapèze ... Un entracte, comme dans un vrai spectacle de cirque est prévu au milieu de ces deux heures de rêve, le temps de se rafraichir et d'avaler un sachet de popcorn ! Les réalisateurs Olivier Kauffer (qui a commencé la  3D il  y a vingt ans) et Fabien Remblier (oui, Jérôme de "Premiers Baisers") ont relevé un véritable défi technique... Chapeau bas pour cette  première fois! On leur souhaite de continuer dans cette voie : "une suite  plus écrite" devrait voir le jour pour la prochaine édition du festival.

Rencontres internationales Paris/Berlin/Madrid : entre nouveau cinéma et art contemporain

Posté par MpM, le 28 novembre 2008

logo_rencontres.jpgDernière étape de ce circuit qui traverse l’Europe (après Madrid en mai et Berlin en juillet), Paris accueille du 28 novembre au 7 décembre une programmation cinéma, vidéo et multimédia à la frontière entre nouveau cinéma et art contemporain. Ces rencontres internationales s’articulent autour de trois axes :
- des séances en salles : notamment une carte blanche aux réalisateurs Pedro Costa, Chantal Akerman et Antonio Muntadas ainsi qu’une présentation des derniers films de Philippe Grandrieux, Liu Wei et Ken Jacobs ;
- une exposition : "Data Meanings", qui présente une dizaine d'œuvres traitant du détournement et de la circulation des données sur internet
- un cycle de débats et tables rondes réfléchissant sur la réalité et les enjeux de la création contemporaine internationale.

En tout, ce sont ainsi 200 œuvres venues de plus de 60 pays qui seront présentées dans différents lieux de Paris parmi lesquels le Centre Pompidou, le Jeu de Paume, le Théâtre Paris-Villette, le Centre Culturel Canadien, le Goethe Institut, l'Institut Cervantès, le Centre Culturel Suédois et l’Institut Finlandais. Afin de faire de ces Rencontres un véritable forum interculturel, des échanges entre les artistes présents et le public sont également favorisés tout au long des dix jours.

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Rencontres internationale Paris/Berlin/Madrid
Du 28 novembre au 7 décembre
Informations et programme : www.art-action.org

Deux Boorman sinon rien

Posté par geoffroy, le 19 novembre 2008

excalibur.jpgJohn Boorman est à l’honneur dans les salles obscures françaises ! Réjouissons nous, à quinze jours d’intervalle, de pouvoir découvrir (pour les plus jeunes) et redécouvrir (pour les autres) dans l’incroyable filmographie du maître anglais, deux de ces films les plus emblématiques : Excalibur (1981, photo) et Zardoz (1973).

Le premier, en salles mercredi 19 novembre, raconte dans un foisonnement aussi bien visuel qu’onirique, l’histoire ô combien célèbre des chevaliers de la table ronde. Adaptation fidèle du Morte d’Arthur de Sir Thomas Malory (1485), Excalibur est un récit d’aventures aux enluminures somptueuses sans doute plus proche du romanesque que du symbolique. Par la force narrative d’une mise en scène brillante, John Boorman donne vie à la légende, humanise chaque personnage et nous plonge dans une époque fantasmée par le souffle du dragon.

Long-métrage tampon, il symbolise l’existence de deux cinémas. Celui, nostalgique, d’un âge d’or hollywoodien foisonnant et celui, réaliste, d’un modernisme formel annonciateur des futurs Conan. Les scènes découpées en tableaux, l’utilisation parfaite de morceaux musicaux empruntés au registre classique (Tristan et Isolde et la marche funèbre de Siegfried pour Wagner, O Fortuna dans la désormais célèbre cantate scénique Carmina Burana de Carl Off), le lyrisme des passions et les réflexions sur les hommes au travers du sexe, de la guerre et de la religion, finissent de célébrer une œuvre puissante qui nous aura donné, par l’interprétation d’un Nicol Willamson inspiré, le meilleur Merlin du cinéma à ce jour.

Zardoz, en salles le 3 décembre prochain, est devenu au fil des ans ce que l’on appel communément un film culte. Culte de part son histoire, son époque, son acteur (Sir Sean Connery vraiment impeccable) et son genre cinématographique. Long-métrage d’anticipation post apocalyptique plus formel qu’il n’est vraiment psychologique, Zardoz véhicule à coups sûr des thématiques-symboles très ancrés dans son époque (liberté sexuelle, famine, structuration sociale, environnement, immortalité, manipulation génétique…) et trouve sa place parmi des œuvres comme l’Ange exterminateur (Buñuel), le Soleil vert (Fleisher) et Orange mécanique (Kubrick). Ode au désir et à la vie, Zardoz est une réflexion contre le sectarisme, la religion comme moyen de domination et l’avilissement des êtres. Si le film a vieilli (décors et costumes kitch) la mise en scène, quant à elle, fascine par sa capacité à nous offrir un jeu aux multiples ouvertures.

Deux films, deux œuvres phares. A ne pas manquer pour tous les amoureux du 7e art.

Françoise ou la race des Seigner

Posté par benoit, le 17 octobre 2008

Françoise Seigner 446e sociétaire de la Comédie Française, Françoise Seigner, fille de Louis et tante d’Emmanuelle et de Mathilde, incarne avec rondeurs et énergie les grandes soubrettes de Molière. Orfèvre de l’art dramatique, elle met son expérience au service des oeuvres de Racine, Corneille, Carlo Goldoni, Nathalie Sarraute, Georges Bernanos, Italo Svevo, Henry James… Pendant vingt ans, Françoise Seigner met en scène et interprète Madame Gervaise du Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy. Sans nul doute le rôle de sa vie. Elle s’est éteinte le 13 octobre à l’âge de quatre-vingt ans.

Chère Françoise,

Il y a une vingtaine d’années, vous animiez un stage d’art dramatique. Son thème : la modernité des classiques. Vous vous éloigniez alors de la Comédie Française que vous lapidiez à coup de phrases laconiques et acerbes. Au plus profond, très souffrantes.

Je m’étais retrouvé là dans des circonstances un peu particulières. Cherchant pour l’une de vos mises en scène un "jeune premier" - c’était encore le temps de ce genre absurde de ségrégation nommée "emploi" - vous m’aviez invité à travailler avec un autre comédien afin de choisir lequel vous conviendrait le mieux. Ce stage se transformait donc en audition. Ironie de ce métier qui n’en manque pas, il me semble que ni mon concurrent, ni moi n’avons été choisis et que votre projet n’a jamais vu le jour…

J’ai le souvenir de nombreux participants dont votre nièce Mathilde, déjà forte en gueule, au teint d’abricot et qui ressemblait à l’époque comme deux gouttes d’eau à Sophie Marceau. Mais le monstre sacré, c’était vous, car sur scène vous étiez sacrément, fabuleusement monstrueuse, Françoise. Comme dans une arène, vous réunissiez à vous seule l’expertise du toréador, la robustesse du taureau, la précision et la justesse de la banderille plantée.

L’emploi de jeune premier me posait des problèmes. Je vous avais fait part de mon horreur du larmoyant et du pathos. Alors, nous avons rigolé ensemble grâce à Molière. Vous dans Dorine, moi dans Cléante du Tartuffe. Vous m’avez soutenu, dopé de vos éclats tonitruants, gigantesques, surhumains. Soudain, phénomène physiologique oblige, des larmes sont nées de mes rires. D’un coup, la fureur vitale de votre regard s’est évanouie. D’une voix qui enrobait chaque mot de miel, vous avez soupiré en prenant la salle à témoin : "Eh bien, voilà. On en fera peut-être quelque chose de celui-là…" Grâce à vous, j’avais réussi à pleurer.

J’habitais déjà la planète cinéma. Vous, vous revendiquiez à tout craint l’universalité du théâtre. J’aimais vous asticoter. Vous ne manquiez jamais de râler, de grogner. Mais quand j’évoquais Truffaut qui vous avait offert le rôle de Madame Guérin, la gouvernante de L’enfant sauvage, vous murmuriez invariablement : "Ah, FrançoisAh, François…"

À la fin du stage, vous avez dressé le portrait de chacun des participants. Beaucoup tremblaient car, ignorante de la langue de bois mais toujours bienveillante, vous découragiez le plus motivé en lui certifiant que vos mots étaient moins cruels que la réalité du métier de comédien. Arrivé à mon tour, un rictus s’est dessiné sur votre visage de matrone diabolique à la Garcia Marquez. Prenant des temps de sociétaire, vous m’avez dit : "VousOh, vousC’est différentC’est autre choseC’est à part…" Vous aviez raison, Françoise, même s’il me fallut encore quelques années avant de comprendre que j’avançais claudiquant dans la lumière et que l’ombre m’éclairerait bien mieux.

Je viens d’apprendre que vous êtes partie. Où ça ? Au ciel comme on dit ?... Si c’est le cas, la prochaine fois que j’entendrai tonner, je me dirai : "Tiens, c’est LA SEIGNER, la reine des soubrettes, qui met de l’ordre dans les nuages telles Toinette, Dorine ou Frosine…" Et si jamais il se met à pleuvoir, alors j’éclaterai de rire. Promis. Je vous embrasse aussi fort que je vous remercie.

DreamWorks SKG : entre divorce et partenariat

Posté par geoffroy, le 28 juin 2008

Il y a vingt ans, Hollywood craignait le péril jaune venu du Japon. Sony rachetait la Columbia et cela devenait une affaire politique nationale ! Pourtant "la menace fantôme" capitalistique semble désormais venir d'ailleurs, des Emirats arabes aux grands pays en voie de développement...

Alors que le studio DreamWorks envisage depuis plusieurs mois de se séparer du géant Paramount, auquel il s'était récemment "vendu", et afin de retrouver une indépendance financière mais surtout artistique, nous apprenons que celui-ci a ouvert des négociations auprès de plusieurs partenaires potentiels. Et l’un d’entre eux n’est pas n’importe qui. En effet, il semblerait que RBE (Reliance Big Entertainement), filiale divertissement de l’un des plus grands conglomérats indiens de l'énergie et des télécoms, soit prête à investir 500 millions de dollars dans l’aventure hollywoodienne. Qu’un groupe indien puisse entrer dans le capital d’un grand studio américain serait une première et démontre l’investissement à l’international de groupes pourtant éloignés des métiers du cinéma. Si cela devait se confirmer, un pont inédit entre Hollywood et Bollywood verrait donc le jour avec, comme résultante, le divorce prononcé d’ici à la fin de l’année de DreamWorks avec la Paramount.

Si aucun des deux partenaires pressentis n’a communiqué dans ce sens, l’investissement actuel de RBE dans le cinéma (rachat d’une société d’effets spéciaux américaine, nombreux accords annoncés à Cannes avec des maisons de productions de stars hollywoodiennes, mise en place d’un réseau de salles à travers le monde…) ne fait que renforcer cette hypothèse. Cette ouverture d’accord correspond au dynamisme de grands groupes de pays émergents (Inde et Chine) favorisant rachat, fusion, rapprochement, pour constituer des conglomérats puissants dans des domaines économiques variés et dont le cinéma, et l'industrie de l'image en général, est plus que jamais porteur.

A Bègles, le cinéma devient magique

Posté par MpM, le 11 juin 2008

Cinéma le “Festival”A partir du 3 septembre 2008, la ville de Bègles va vivre au rythme de l’animation et des effets spéciaux ! L’association Flip-book, qui organise depuis 18 ans le festival international du Film d’animation "Les nuits magiques", poursuit en effet son action en reprenant le cinéma "le Festival" auquel elle entend donner une toute nouvelle orientation. En plus de se spécialiser dans ces genres cinématographiques au travers d’une programmation spécifique, la nouvelle équipe va multiplier les animations complémentaires, expositions, rencontres et formations, afin de transformer le "Festival" en carrefour incontournable de la culture et du divertissement. Une mutation en profondeur que les 18e "Nuits magiques" viendront tout naturellement couronner du 3 au 14 décembre prochains…

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A partir du 3 Septembre
Cinéma Le Festival
151, boulevard Albert 1er
33130 Bègles

Une planète métisse qui se mêle aux hommes

Posté par Claire Fayau, le 14 avril 2008

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En pénétrant dans la galerie ouest du musée du quai Branly, le spectateur est accueilli par une citation de Montaigne : ''Un honnête homme, c'est un homme mêlé.''

Un auteur classique dans le musée des arts premiers ? D'emblée, l'exposition se veut éclectique ! Logique quand il s'agit de traiter du métissage...

La première section de l'exposition, ''Métis ?'' donne quelques définitions visuelles du métissage en opposant /rassemblant statues, tableaux, robes de diverses origines. Difficile, pour nos yeux occidentaux, de distinguer l'exotique du traditionnel.

La seconde partie "Chocs et rencontres des mondes" et la troisième "La fabrique des métissages" s’intéresse au fameux choc des cultures et mélanges qui en résultent, par un jeu d’influences variées.

Enfin la dernière partie, plus accessible, plaira au plus grand nombre et surtout aux cinéphiles :

Au centre d’un cercle, le spectateur peut visionner via trois "split screens" les représentations, aller-retour et mélanges entre les cinémas d’Asie et d' Hollywood. Extraits projetés : Les sept samouraï d’Akira Kurosawa, Les sept mercenaires de John Sturges, Cleopatra Jones de Jack Starrett, La rage du tigre de Chang Cheh, Happy Together de Wong Kar-Wai, Wedding Banquet, Garçon d’honneur et Brokeback Mountain d’Ang Lee ou encore Ghost in the shell 2 de Mamuro Oshi…

Intéressante réflexion sur la mondialisation, la globalisation, l’import-export- fusion des cultures, l’exposition souffre peut-être d’un traitement trop académique surtout au début… Cela manque un peu de folie, pourtant le titre et l’affiche présageaient d’une belle originalité. Pourquoi ne pas avoir été plus loin, et par exemple "mixer" les ambiances avec de la musique du monde, des photos, des vidéos, du "morphing" ? D’autant plus que dans ses expositions permanentes le Quai offre différentes présentations et supports innovants.

Cependant, Planète métisse reste un événement dépaysant, et les objets présentés sont magnifiques et curieux. Le cinéma y a sa part avec le cycle de rencontres mensuelles (le derneir samedi du mois à 16h) "villes métisses". Mexico et Amours chiennes, Rio et Orfeu Negro, Buenos Aires et Bolivia, ou encore Dakar et Kinshasa...

Plus d'informations sur le site de l'expo.

Il n’y a pas que le Méliès…

Posté par vincy, le 12 mars 2008

Jusqu'à la fin du mois, le cinéma de Mons-en-Montois (Seine-et-Marne), alias le plus petit cinoche de la région Ile de France, est fermé. Baisse de fréquentation à l'automne, coîts de chauffage en forte hausse, faiblesse des subventions (à peine 1 000 euros par mois) : la trésorerie est à sec. La salle de 50 places doit donc ferme plutôt que de perdre de l'argent. Bien sûr, cela ne concerne que 424 habitants et un peu plus avec la zone d'achalandise.

A l'autre bout du spectre, l'UGC Triomphe, l'une des salles les plus connues des Champs Elysées. Une salle appartenant au plus grand des réseaux sur l'avenue la plus prestigieuse de la capitale. La pression immobilière (qui a touché aussi le bureau de poste et la pharmacie) a conduit à la fermeture définitive. Au delà des coûts, la concurrence de l'UGC Cité Ciné de La Défense a porté un coup terrible à la fréquentation du site. Les salles des Champs ont toutes menacées, sans exception. Même le Planet Hollywood (et sa salle privée) ont du renoncer à cette adresse. A terme, l'UGC Normandie et le Balzac pourraient fermer.

Tout cela se fait discrètement. Le cinéma du monde sur les Grands boulevards devrait être transformé en salle de théâtre pour Jamel. Le Gaumont Gobelins devrait accueillir la Fondation Pathé. L'UGC convention est désormais un souvenir lointain, détruit. Et n'oublions pas les grands écrans : le Kinopanorama ou plus récemment, le Grand écran Italie. Que de salles qui disparaissent.

Le mètre carré trop cher ou le nombre d'entrées en baisse n'expliquent pas tout. Les habitudes des cinéphiles ont changé, et surtout leurs lieux de sortie. Montparnasse, les Champs et Opéra, à Paris, ont fait place à l'Est parisien (de Stalingrad à Bercy/Bibliothèque nationale). De nombreux multiplexes ont émergé en très proche banlieue. La capitale n'est plus au coeur des sorties des franciliens. Manque de transports le soir et la nuit, coût astronomique des restaurants, ... de nombreux facteurs expliquent la désertion de certaines zones.

Les salles art et essai sont sans doute les plus vulnérables en terme de coûts. Mais devant l'opacité des recettes (en France on ne donne que les chiffres d'entrée), impossible de savoir quelles sont les plus fragiles. Cependant, il est évident que la présence d'un cinéma dans un quartier, une ville, une zone rurale est primordiale en terme d'action culturelle ; que cela impacte sur les autres commerces qui peuvent en tirer une dynamique économique ; que des aides publiques ne sont pas forcément de la distorsion de concurrence ; qu'il va bien falloir réguler les prix du marché de l'immobilier ou fixer un tarif fixe pour les baux à usage culturel.   

Il y a une injustice à voir des salles respectées pour leur programmation ne pouvant pas développer leur "business" (le Méliès à Montreuil, le Rex à Paris, Utopia à Bordeaux) à cause de décisions parfois plus politiques que fondées. Mais il va surtout falloir démontrer que le modèle économique des grands réseaux et celui des indépendants peut coexister sainement. De par leur mission, ils diffèrent. L'un doit remplir ses salles en réduisant la tarif du billet et faire des bénéfices avec le pop corn quand l'autre cherche à fidéliser en proposant festivals, expositions, débats, concerts...  Là encore personne n'a à craindre l'autre. C'est la pluralité qui permettra au cinéma d'être toujours varié, généreux, et créatif.

Le plus bel exmple vient d'ailleurs de MK2. En plein quartier latin, il y a deux MK2 face à deux UGC. Un monopole complet pour ceux qui ont des cartes "illimitées". Le MK2 Odéon est situé sur le boulevard Saint-Germain, visible de tous. Programmation art et essai et grand public, de Dany Boon à Sean Penn. Le MK2 Hautefeuille, à quelques pas, dans une rue cachée, propose plutôt des reprises, des films qui sont sortis il y a longtemps, des exclusivités confidentielles, des cycles, des cartes blanches aux artistes. C'est bien cette dualité sur laquelle repose toute l'industrie du cinéma, du Festival de Cannes aux Oscars, du Box Office aux cinéphiles et critiques pointues.

Plutôt que de faire la guerre aux cinémas, petits ou gros, prestigieux ou isolés, aidons-les. C'est à la fois la vitalité d'un quartier qui est en jeu mais aussi la diversité des films.