BIFFF 2019 : les films catastrophe, nouvelle tendance du cinéma scandinave

Posté par kristofy, le 20 avril 2019

Pour les films fantastiques, on peut reconnaître une région du globe à certaines spécificités : torture psychologique, humour sarcastique, bagarre à coups de marteau... au Japon, en Espagne, en Corée du Sud.

Les pays nordiques, en dehors des best-sellers littéraires, semblaient plus méconnus. Leurs films fantastiques sont plutôt signés de grands cinéastes reconnus dans les Festivals: Lars Von Trier (Mélancholia, The house that Jack built…) et Nicolas Winding Refn (Valhalla Rising, The Neon demon…) du Danemark, Andre Ovredal de Norvège (The Troll hunter, The Jane doe identity), Tomas Alfredson de Suede (Morse), Timo Vuorensola de Finlande (Iron Sky)…

Cette année, le BIFFF a programmé 7 films de cinéastes nordiques avec tueurs, zombies, odyssée spatiale et une série de films catastrophes à glacer le sang. Revue de détails pour 3 d’entre eux vraiment remarquables, et que vous pouvez déjà découvrir :

The Quake, de John Andreas Andersen, Norvège.

Le film The Wave était dans certains top 10 des meilleurs films de l’année 2016 (son réalisateur norvégien Roar Uthaug a été appelé à Hollywood pour réaliser le nouveau Tomb Raider). C’était d’ailleurs tellement bien que l’équipe en a fait cette suite réalisée par John Andreas Andersen. Après le tsunami en bordure d’une côte à Geiranger et ses 248 morts, cette fois c’est carrément un tremblement de terre dans la capitale, qui sera évidemment pire ! Encore une fois les effets spéciaux des catastrophes naturelles sont épatants, mais surtout ils sont au service de l’histoire : un géologue qui calcule les risques de cataclysme et qui craint de les voir survenir quand personne n’y croit. A Oslo, bien qu’ une faille sismique soit tout de même surveillée sans aucune alerte depuis 1904, il n'y a apriori aucun risque.

The Quake débute quelques années après l’autre film, on (re)découvre le héros solitaire et séparé de sa famille car il ressasse encore le traumatisme du tsunami, quand un collègue trouve la mort dans un tunnel de Oslo. Il y a bien un énorme tremblement de terre imminent mais sa femme et sa fille se trouve dans un immense building, le temps d’aller les chercher et c’est le piège qui s’effondre en étant à l’intérieur… Le seul reproche de ce film est qu’il soit centré uniquement sur cette famille en danger, quand l’autre donnait plus à voir une communauté de voisins en péril. Si avec The Wave on avait eu le souffle coupé, c’est le cœur qui s'arrête pour The Quake avec cet homme qui va tout faire pour sauver encore une nouvelle fois femme et enfants. (malheureusement pas de sortie en salles, disponible en e-cinéma)

The Unthinkable, du collectif Crazy Pictures, Suède

Dans beaucoup de films catastrophe, il y a toujours une histoire d’amour. Dans The Unthinkable on a ainsi un film d’amour dans une histoire de catastrophe. C’est l’œuvre de Crazy Pictures qui est un collectif de 5 Suédois qui ensemble s’occupent de l’écriture, la production, la réalisation, les effets spéciaux… C’est peut-être d’ailleurs parce que le film a été conçu à plusieurs mains qu’il raconte en fait 2 grandes histoires d’amour manquées et parallèles : celle du héros qui n’est pas parvenu à se déclarer à une fille qu’il retrouve douze années plus tard, et celle du héros en rapports conflictuels avec son père durant sa jeunesse auquel il va se confronter.

On verra que c’est autant compliqué de se rapprocher que de s’éloigner de qui on voudrait alors que dans le pays se déroule une vaste et mystérieuse attaque qui provoque à la fois des accidents de voitures, des coupures de courant, la mort de militaires et la disparition du gouvernement ! Le père entre dans une paranoïa d’agents étrangers tandis que la fête du solstice d’été est peut-être l’occasion pour le fils de reconquérir sa femme idéale. Mais des hommes armés et des hélicoptères en action vont tout perturber… The Unthinkable, étonnant à plus d’un titre, est logiquement sélectionné dans chaque festival fantastique comme Sitges, Paris, Gerardmer, et donc enfin le Bifff à Bruxelles. (il est désormais disponible depuis le 3 avril en dvd et blu-ray, édité par Wild Side)

Cutterhead, de Rasmus Kloster Bro, Danemark

En plein Copenhague, il y a un vaste chantier en cours. En fait, il s’étend loin en profondeur puisqu’il s’agit de percer des nouveaux tunnels pour un métro. Rie est une femme chargée d’y passer une journée à documenter les travaux avec des photos, elle descend alors dans les entrailles de la terre et y découvre dans des passages étroits le travail pénible de tunnelier. La plupart des ouvriers ne parlent pas danois ni même à peine anglais: il y a Ivo d’origine croate qui rentre chez lui une semaine par trimestre et Bharan qui a fuit l’Erythrée et qui a une lourde dette envers sa famille. Ces trois personnages vont se retrouver coincés - après une alarme incendie - dans un réduit de quelques mètres : la chaleur augmente, l’oxygène baisse, pas de nourriture, et l'incertitude d'une éventuelle intervention des secours…

Cutterhead débute presque comme un documentaire social pour très vite devenir une catastrophe oppressante et claustrophobe. Dès l’enfermement, c’est filmé au plus près des visages avec un soin particulier sur les sons extérieurs. L’angoisse et la peur gagnent en même temps les protagonistes et les spectateurs. Au fur à mesure que le temps passe, le désespoir l'emporte et les chances de survie s'amoindrissent. Il va falloir lutter pour soi et peut-être même contre les autres. Avec ce film, danger de suffocation…

Muse d’Ingmar Bergman, Bibi Andersson s’éteint (1935-2019)

Posté par vincy, le 14 avril 2019

Bibi Andersson, de son véritable nom Berit Elisabeth Andersson, née à Stockholm le 11 novembre 1935, est morte aujourd'hui, 14 avril 2019. Formée comme Greta Garbo à l’Académie d’art dramatique de Stockholm, l'actrice suédoise fut l'une des muses de Ingmar Bergman, qui l'a engagée est engagée au théâtre de Malmö pour jouer du August Strindberg avant de l'enrôler au cinéma en 1955. Il lui offre alors un petit rôle dans Sourires d'une nuit d'été, puis en 1957 un rôle plus important, celui de la compagne de Jof, dans Le Septième Sceau. On la voit ensuite sous l'oeil du maître, infidèle ou guérisseuse, dans Les Fraises sauvages, Au seuil de la vie, Le visage, L'Œil du diable, Persona, Toutes ses femmes, Une passion Le lien, et Scènes de la vie conjugale, leur dernier film ensemble en 1973. Elle tourne Persona, où elle soigne Liv Ullmann, une actrice en crise qui a perdu la parole, juste après avoir tourné dans un western de Ralph Nelson, La Bataille de la vallée du diable. Eclectique.

Bibi Andersson a aussi tourné avec Alberto Sordi, John Huston (La Lettre du Kremlin), Sergio Gobbi, George Schaefer, André Cayatte, Robert Altman (Quintet, avec Paul Newman et Brigitte Fossey), Gabriel Axel (Le festin de Babette), Marco Bellocchio (Le rêve du papillon)... Sans oublier le film catastrophe avec Alain Delon, Airport 79.

La comédienne avait pris sa retraite il y a 9 ans. En 2009, un AVC l’avait laissée handicapée. Depuis elle ne prononçait plus un mot...

Elle a été Prix d'interprétation au festival de Cannes en 1958 pour Au seuil de la vie d'Ingmar Bergman, Prix d'interprétation au festival de Berlin en 1963 pour Alskarinnan (La Maîtresse) de Vilgot Sjöman et meilleure actrice aux National Society of Film Critics Awards en 1968 pour Persona de Bergman. Elle fut membre du jury de Cannes en 1972.

Cannes 2018 : Le palmarès d’Un Certain Regard

Posté par wyzman, le 18 mai 2018

Il y a quelques minutes seulement, le jury de la section Un certain regard a dévoilé la liste de ses gagnants. Présidé par Benicio Del Toro, le jury comprenait en son sein la réalisatrice et scénariste Annemarie Jacir, le réalisateur Kantemir Balagov, l'actrice Virginie Ledoyen et la directrice exécutive du Festival du Film de Telluride Julie Huntsinger.

On notera que le suédois Border et le belge Girl interrogent tous deux le genre et l'identité sexuée, avec deux héroïnes qui sont nées dans un corps qu'elles n'assument pas. Les deux films sont une ode à la différence. Border a aussi reçu aujourd'hui le Prix de la Meilleure Création Sonore dans le cadre de La Semaine du Son.

«Nous pensons que parmi les 2000 films proposés au Festival cette année, les 18 sélectionnés au Certain Regard – depuis l’Argentine jusqu’à la Chine – sont tous à leur manière des vainqueurs.
Au cours des 10 derniers jours, nous avons été extrêmement impressionnés par la grande qualité du travail présenté, mais au final nous avons été particulièrement émus par les 5 films suivants
» a exprimé le jury, qui n'a pas retenu le magnifique Long Day's Journey into Night de Bi Gan et le fascinant L'ange de Luis Oretga.

Grand Prix Un Certain Regard : Gräns (Border) de Ali Abbasi.

Prix spécial du jury The Dead and the Others de João Salaviza et Renée Nader Messora

Prix du meilleur scénarioSofia de Meryem Benm’barek

Prix de la mise en scène : Donbass de Sergei Loznitsa

Prix d’interprétation : Victor Polster pour Girl de Lukas Dhont

Un film scandinave reçoit le Prix Lux 2017

Posté par vincy, le 14 novembre 2017

Des trois finalistes, c'est le scandinave Sámi Blood qui l'a emporté. Cette coproduction scandinave (Suède, Norvège et Danemark), premier film de la réalisatrice suédoise Amanda Kernell succède à Toni Erdmann de Maren Ade.

C'est la première fois en onze éditions que le Prix du Parlement européen récompense un film venu des pays nordiques. Seul Play de Ruben Östlund (Palme d'or cette année avec The Square) avait réussi à finir dans le trio final depuis 2007.

Sámi Blood faisait face à 120 battements par minute et Western.

Le président du parlement européen Antonio Tajani a rappelé à cette occasion que "Le prix Lux est à l'avant-garde de la promotion du cinéma 'made in Europe', de notre industrie créative et de notre diversité culturelle et linguistique."

Sámi Blood (Le sang Sami) suit une jeune fille sami (ou laponne), Elle Marja, 14 ans. Son peuple est éleveur de rennes et victime du racisme des années 30, qui exige notamment des examens physiologiques sur les races dès l'école. Elle se met alors à rêver d’une nouvelle vie, mais elle va devoir changer d’identité et rompre tous les liens avec sa famille et sa culture si elle veut accomplir son objectif. A savoir: les rôles samis ont tous été interprétés par des Samis eux-mêmes.

Le film n'a pas de distributeur en France. Il tourne depuis plus d'un an dans les festivals: Venice Days à Venise où il a fait son avant-première mondiale en 2016, Toronto, Tokyo, Dubai, Sundance, Créteil, Seattle, Edimbourg... Le film a d'ailleurs reçu plusieurs prix : meilleur film et meilleure actrice à Seattle, meilleur film nordique et meilleure photo à Göteborg, meilleur film étranger à Newport Beach, Prix des valeurs humaines à Thessalonique, Meilleur premier film et Label Europa Cinémas aux Venice Days, prix spécial du jury et meilleure actrice à Tokyo...

Tom Hanks va jouer le vieux grincheux Mr. Ove

Posté par vincy, le 24 septembre 2017

A l'origine c'était un livre de l'écrivain suédois Fredrik Backman traduit en France en 2014 sous le titre Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove. Puis ce fut un film suédois, Mr. Ove (A Man called Ove), réalisé par Hannes Holm, nommé deux fois aux Oscars cette année (film en langue étrangère, maquillages), prix du public à Cabourg, prix de la meilleure comédie aux European Film Awards, prix du public, du meilleur acteur et du meilleur maquillage aux Guldbagge Awards (les César suédois) et enfin prix d'interprétation masculine au Festival de Seattle.

Le film avait été de très loin le leader du box office suédois en 2016 avec 1,7 million d'entrées (deux fois plus que Le livre de la jungle, 2e de l'année), en plus d'être le seul film nordique finissant dans le Top 10. Au final, cette comédie grinçante a récolté 26,5M$ dans le monde: si aux USA, il s'agissait du film en langue étrangère le plus vu, en France, il a connu un bide retentissant avec à peine 12000 entrées. Son succès mondial en fait l'un des plus gros succès suédois après Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (51M$).

Il faudra maintenant compter sur le remake hollywoodien (après tout Millénium était aussi suédois d'origine). Tom Hanks incarnera le grincheux, associable et aigri Monsieur Ove. L'acteur, récemment vu dans Le cercle, co-produira le film avec sa femme Rita Wilson. Le livre avait été un énorme succès en librairie même aux Etats-Unis (77 semaines dans la liste des best-sellers du New York Times) et a été traduit en 43 langues.

Du film, on écrivait: "Il y a bien tous les ingrédients d’un « feel good movie », doublé d’un portrait de contemporains, entre ceux qui se replient sur eux-mêmes et ceux qui croient encore à l’ouverture sur les autres."

Tom Hanks sera à l'affiche cet hiver de The Post, de Steven Spielberg. Pour l'instant aucune date de tournage ni de nom de réalisateur n'ont été annoncés. Il devrait aussi être à l'affiche de Greyhound l'an prochain.

Ruben Östlund, Palme d’or 2017, révèle son prochain film

Posté par vincy, le 9 juin 2017

A peine sa Palme d'or en poche, le réalisateur suédois de The Square, Ruben Östlund, prépare déjà son prochain film. Triangle of Sadness sera une satire dans le milieu de la mode.

Le "triangle de tristesse" est un terme utilisé par les chirurgiens esthétiques pour combler une ride entre les yeux avec du Botox. Le film suivre deux top modèles proches de la fin de carrière et cherchant à sortir de ce milieu. Le mannequin masculin doit affronter un début de calvitie et la diminution du nombre de contrats tandis que le mannequin féminin, lesbienne, refuse toutes les avances de riches mâles.

Ruben Östlund n'a pas été loin pour chercher le sujet de son nouveau film puisqu'il lui a été inspiré par les discussions avec sa compagne, photographe de mode.

Au magazine Variety, le cinéaste confie qu'il veut humaniser ses deux protagonistes tout en dressant le portrait d'une industrie cynique et en montrant à quel point l'économie et l'apparence sont reliées dans nos sociétés.

The Square sortira en France le 18 octobre (Bac films). Ostlund vient, par ailleurs, de terminer l'écriture d'un épisode pilote d'une série TV, “You Know That Weekend You Were Away With The Kids?”, une comédie sur l'infidélité.

Un scénario inédit d’Ingmar Bergman sur les écrans en 2018

Posté par vincy, le 20 novembre 2016

Un scénario inédit signé d'Ingmar Bergman a été exhumé des archives et sera bientôt tourné pour le grand écran, rapporte les médias suédois et l'AFP ce dimanche 20 novembre. 64 minutes avec Rebecka devrait sortir en 2018, à l'occasion du centenaire de la naissance du metteur en scène décédé en 2007. De Prévert à Kubrick en passant par Truffaut, l'adaptation d'un scénario inédit et posthume n'est pas nouvelle.

Un scénario écrit il y a 47 ans.

Le script retrouvé a été rédigé sur un petit cahier gris presque par hasard lors d'une réorganisation des archives, au milieu de milliers de scénarios, de brouillons, de photographies, de dessins et de lettres que le cinéaste avait léguées en 2002 à la fondation qui porte son nom. Bergman l'avait écrit en 1969.

Ecrit en 1969, alors que Bergman avait 51 ans, le scénario était prêt pour un tournage. L'histoire est celle d'une jeune femme introvertie, professeure dans une institution pour sourds et muets, cherchant l'émancipation sexuelle, conjugale et politique. Enceinte, révoltée, elle fréquente seule une boîte de nuit échangiste, avoue l'adultère à son mari, qui lui pardonne mais qu'elle quitte quand même, provoquant ainsi un scandale. Parallèlement un autre scandale se créé quand une adolescente pensionnaire de l'institution fait le mur pour retrouver la femme qu'elle aime. Le scénario explore les thèmes du réalisateur : la folie, les convenances sociétales et morales, le péché, la haine filiale, le désir.

Un projet hollywoodien avec Fellini et Kurosawa.

A l'origine, le film devait être inclus dans un triptyque écrit et réalisé par Bergman, l'Italien Federico Fellini et le Japonais Akira Kurosawa. Fellini avait contacté Bergman en 1962 pour lui demander s'il était intéressé par un tel projet auquel se joindrait Kurosawa. Un contrat a même été signé par le Suédois et l'Italien en 1968. Fellini a, cependant, vite abandonné la partie. Et le studio hollywoodien qui avait imaginé ce projet n'a finalement jamais donné suite. Une correspondance avec les producteurs américains montrent qu'un accord n'a jamais été trouvé puisqu'ils voulaient rallonger le film pour en faire une série télévisée. Bergman a refusé ce qui aurait du être son premier film tourné en anglais. Mais une chose est certaines: les négociations avec la Warner, United Artists et Universal pour le distribuer ont échoué.

Le directeur de la Fondation Ingmar Bergman, Jan Holmberg, qui a communiqué l'annonce de ce scénario retrouvé, explique qu'on "peut vraiment parler d'un choc des cultures", entre les "scènes de sexualité violente et l'homosexualité, (le film) n'aurait jamais été diffusé à la télé américaine dans les années 60".

Suzanne Osten pour le réaliser.

Déjà adapté pour la radio (avec "69 année érotique" de Serge Gainsbourg en fond musical), le scénario doit être porté à l'écran par la réalisatrice Suzanne Osten, icône féministe et figure de l'avant-garde des années 1970, qui n'a eu de cesse de dénoncer l'emprise de Bergman sur le cinéma suédois. Bergman et Osten, dont les films ont été récompensés dans plusieurs festivals durant les années 1990, "étaient souvent ennemis et s'opposaient régulièrement", rappelle Jan Holmberg.

Mais selon lui,  "64 minutes avec Rebecka est peut-être son oeuvre la plus marquée par la tentative d'une femme de se libérer d'un monde patriarcal" et correspond finalement à ce que critiquait la réalisatrice. Suzanne Osten dénonçait régulièrement le conservatisme du cinéaste et son emprise sur le cinéma suédois. de quoi, pour elle aussi, s'émanciper et s'affranchir de ce "père" du cinéma mondial.

Cannes 2016: les prétendants européens

Posté par vincy, le 6 mars 2016

julieta almodovar

Troisième liste des prétendants pour le Festival de Cannes 2016. A moins de deux mois du Festival, faisons un point sur les films qui pourraient être sur la Croisette. La concurrence sera rude. Roumains, britanniques, espagnols (même si les films de Agustín Díaz Yanes et Fernando Trueba ne seront sans doute pas prêts) sont sur les starting-blocks. Pour Aki Kaurismaki et Sergei Loznitsa on attendra Cannes 2017... Il n'y aura pas de place pour tout le monde dans cette liste non exhaustive. Mais il est certain que les abonnés du Festival y trouveront leur place dans les différentes sélections (Ab Fab hors compét ou juste de passage, that is the question). L'Europe, une fois de plus en force? En tout cas, le menu est alléchant, même s'il n'y en a qu'un tiers de retenu.

- Paris pieds nus, de Dominique Abel et Fiona Gordon, avec Emmanuelle Riva et Pierre Richard
- Julieta, de Pedro Almodovar, avec Adriana Ugarte, Rossy de Palma, Michelle Jenner et Emma Suarez
- American Honey, d'Andrea Arnold, avec Sasha Lane, Shia LaBeouf et McCaul Lombardi
- Fais de beaux rêves (Fai bei sogni), de Marco Bellocchio, avec Bérénice Bejo, Valerio Mastandrea et Fabrizio Gifuni
- I Want to Be Like You, de Konstantin Bojanov, avec Thure Lindhardt, Kim Bodnia et Lubna Azabal
- Viceroy’s House, de Gurinder Chadha, avec Gillian Anderson, Michael Gambon, Hugh Bonneville et Om Puri
- Tulip Fever, de Justin Chadwick, avec Alicia Vikander, Cara Delevingne et Christoph Waltz
- La fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne, avec Adèle Haenel, Jérémie Renier et Olivier Gourmet
- La vita possibile, d'Ivano De Matteo, avec Margherita Buy, Valeria Golino, Andrea Pittorino
- Souvenir, de Bavo Defune, avec Isabelle Huppert, Johan Leysen, Kévin Azaïs
- Timm Thaler, d'Andreas Dersen, avec Arved Friese, Justus von Dohnányi et Axel Prahl
- Anthropoid, de Sean Ellis, avec Jamie Dornan, Cillian Murphy et Charlotte Le Bon
- Absolutely Fabulous: The Movie, de Mandy Fletcher, avec Joanna Lumley et Jennifer Saunders
- Florence Foster Jenkins, de Stephen Frears, avec Meryl Streep, Hugh Grant et Rebecca Ferguson
- The Promise, de Terry George, avec Christian Bale, Oscar Isaac et Charlotte Le Bon
- Walking to Paris, de Peter Greenaway, avec Emun Elliott, Carla Juri et Gianni Capaldi
- Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchano, avec Stefan Denolyubov et Margita Gosheva
- Heartstone, de Gudmundur Arnar Gudmundsson, avec Soren Malling, Nina Dögg Filippusdottir et Gunnar Jonsson
- Valley of Shadows, de Jonas Matzow Gulbrandsen, avec Kathrine Fagerland
- Salt and Fire, de Werner Herzog, avec Michael Shannon et Gael García Bernal
- Quit Staring at my Plate, d'Hana Jusic, avec Zlatko Buric
- Ray, d'Andrey Konchalovski , avec Yuliya Vysotskaya, Christian Clauss et Philippe Duquesne
- Le long de la voie lactée (On the Milky Way), d'Emir Kusturica, avec Monica Bellucci et Sergej Trifunovic
- L'économie du couple, de Joachim Lafosse, avec Bérénice Bejo, Marthe Keller, Catherine Salée et Cédric Kahn
- I, Daniel Blake, de Ken Loach, avec Hayley Squires, Natalie Ann Jamieson et Dave Johns
- Queen of Spades, de Pavel Lungin, avec Kseniya Rappoport, Ivan Yankovskiy et Igor Mirkurbanov
- Deep Water, de James Marsh, avec Rachel Weisz, Colin Firth et David Thewlis
- Dogs, de Bogdan Mirica, avec Dragos Bucur, Gheorghe Visu et Vlad Ivanov
- Rumeno, de Catalin Mitulescu, avec Alexandru Potocean, Ada Condeescu et Giada Laudicina
- Photo de famille (Fotografii de familie), de Cristian Mungiu, avec Vlad Ivanov, Maria-Victoria Dragus et Ioachim Ciobanu
- The Giant (Jätten), de Johannes Nyholm, avec Christian Eriksson, Johan Kylén et Anna Bjelkerud
- Mindörökké, de György Pálfi, avec Julia Ubrankovics, Tamás Polgár et Attila Menszátor-Héresz
- Sieranevada, de Cristi Puiu, avec Mimi Branescu et Bogdan Dumitrache
- L'ornithologue, de Joao Pedro Rodrigues, avec Paul Hamy et Chan Suan
- La Mort de Louis XIV, d'Albert Serra, avec Jean-Pierre Léaud, Patrick d'Assumçao et Marc Susini
- Luxembourg, de Myroslav Slaboshpytskiy
- Zoology, de Ivan I. Tverdovsky, avec Masha Tokareva, Aleksandr Gorchilin et Zhanetta Demikhova
- A Hologram for the King, de Tom Tykwer, avec Tom Hanks, Ben Whishaw, Tom Skerritt et Sidse Babett Knudsen
- Skokan, de Petr Vaclav, avec Karidja Touré, Klaudia Dudová et Leslie-Joy
- Elle, de Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, Christian Berkel, Anne Consigny, Laurent Lafitte et Virginie Efira
- Les beaux jours d'Aranjuez, de Wim Wenders, avec Sophie Semin, Reda Kateb et Nick Cave
- Free fire, de Ben Wheatley, avec Brie Larson, Cillian Murphy et Armie Hammer
- The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn, avec Keanu Reeves, Christina Hendricks et Jena Malone

Göteborg 2014 : deuxième Dragon Award d’affilée pour le réalisateur norvégien Hisham Zaman

Posté par MpM, le 1 février 2014

letter to the kingA l'issue de la 37e édition du Festival international du film de Göteborg qui s'est achevée ce samedi 1er février, c'est le réalisateur norvégien Hisham Zaman qui a remporté le Dragon Award du meilleur film nordique, plus haute récompense de la compétition, pour la deuxième année consécutive. En 2013, il avait en effet été couronné pour le long métrage Before snowfall.

Cette année, c'est son nouveau film Letter to the king qui a conquis le grand jury mené par le réalisateur franco-tchadien Mahamat-Saleh Haroun et composé de la productrice Agnes Johansen (Islande), le producteur Kalle Løchen (Norvège), la réalisatrice Anna Odell (Suède), l'actrice Maria Sid (Finlande) et le directeur de la photographie Erik Molberg Hansen (Danemark).

Letter to the king suit cinq migrants en attente de régularisation qui sont autorisés à passer une journée à Oslo. Le scénario intelligent et d'une grande fluidité permet à chaque personnage d'exister en très peu de scènes, mais surtout de dépasser le stéréotype du réfugié en recherche d'intégration.

Au contraire, Hisham Zaman met l'accent sur la simplicité et l'universalité de leurs destins personnels : un adolescent qui cherche l'amour, une jeune veuve hantée par son passé, un spécialiste d'arts martiaux en recherche d'emploi... Le portrait moderne et ultra-sensible, à la frontière du documentaire, d'une réalité extrêmement actuelle qui échappe à tous les clichés misérabilistes.

L'autre grand vainqueur de la compétition of horses and men nordique est l'Islandais Benedikt Erlingsson qui a réussi l'exploit de conquérir à la fois le public et la critique internationale avec son premier long métrage en tant que réalisateur, Of horses and men.

Ce grand film choral, à la fois hilarant et d'une grande profondeur, filme avec intensité, sensualité et élégance les rapports entre les personnages et les chevaux qui partagent leur quotidien.

La beauté de la mise en scène, et ses audaces formelles, en font une œuvre éminemment cinématographique qui poursuit donc sa moisson de récompenses, après avoir obtenu le prix du meilleur réalisateur à Tokyo, celui du meilleur film à Tallinn ou encore celui de meilleur nouveau réalisateur à San Sébastien.

the quiet roarC'est par ailleurs The Quiet Roar de Henrik Hellström (Suède) qui a reçu le prix de la meilleure photographie.

Le film raconte, dans une inspiration bergmanienne, l'expérience sensorielle "au-delà de l'esprit" d'une femme sur le point de mourir qui se reconnecte avec un épisode de son passé et a l'occasion de comprendre ce que fut sa vie.

Malgré l'atmosphère futuriste des premières séquences, il s'agit d'une introspection quasi statique et  minimaliste qui laisse un peu de marbre.

Enfin, dans les différentes autres compétition, l'Italienne Emma Dante a reçu l'Ingmar Bergman International Debut Award pour A Street in Palermo, Anna Eborn remporte le Dragon Award du meilleur documentaire nordique avec Pine Ridge qui suit de jeunes Indiens de la réserve Pine Ridge dans le Dakota du Sud et le Telia Film Award va à la Finlandaise Ulrika Bengts pour The disciple, un huis clos familial opposant un gardien de phare tyrannique, sa famille résignée et son jeune apprenti rebelle.

Tout le palmarès

Dragon Award du meilleur film nordique
Letter to the King d'Hisham Zaman

Dragon Award du meilleur documentaire nordique
Pine Ridge d'Anna Eborn

Prix du public du meilleur film nordique
Of Horses and men de Benedikt Erlingsson

Ingmar Bergman International Debut Award
A Street in Palermo d'Emma Dante

Sven Nykvist Cinematography Award
Fredrik Wenzel pour The Quiet Roar de Henrik Hellström

Prix du public du meilleur long métrage
Twin Sisters de Mona Friis Bertheussen

Prix FIPRESCI
Of Horses and men de Benedikt Erlingsson

Telia Film Award
The disciple d'Ulrika Bengts

Lorens Award du meilleur producteur
Lars Jönsson pour We are The Best!

Dragon Award d'honneur
Ralph Fiennes

Nordic Dragon Award d'honneur
Baltasar Kormákur

Göteborg 2014 : un film suédois met toute l’Europe d’accord

Posté par MpM, le 1 février 2014

le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaireAu Festival international du Film de Göteborg qui se tient jusqu'au 2 février, les représentants du cinéma suédois ont des raisons d'avoir le sourire : sorti le 25 décembre dernier, un film distribué par Disney Nordic est en train de chambouler le box-office national, mais également de toute la région.

The 100-Year Old Man Who Climbed Out the Window and Disappeared de Felix Herngren (Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire) adapté du best-seller suédois de Jonas Jonasson (5 millions d'exemplaires vendus dans 35 pays depuis sa sortie en 2009), est devenu le plus grand succès suédois au box-office national, détrônant l'adaptation du premier volet de la trilogie Millenium par Niels Arden Oplev qui avait engrangé 16,4 millions de dollars. Avec plus d'un million d'entrées, le film de Herngren a déjà été vu par plus d'un Suédois sur dix.

Un succès qui s'étend au-delà des frontières suédoises puisque, contre toute attente (le cinéma scandinave faisant rarement recette dans les pays nordiques), le film est en train de conquérir les marchés norvégien, danois et finlandais, en attendant la Corée du Sud, le Canada, le Japon ou encore Hong Kong qui souhaitent tous lui offrir une sortie en salles.

Le Festival de Berlin ne s'y est pas trompé, qui a choisi de montrer le film dans sa sélection "Berlinale Special", bien qu'il soit déjà sorti dans plusieurs pays d’Europe. “D'habitude, le festival de Berlin n'accepte que les films qui n'ont bénéficié d'une sortie que dans leur propre pays", explique Pia Lundberg, responsable du département international de l'institut suédois du Film.  "Mais ils ont voulu faire une exception lorsqu'ils ont réalisé que le film est un tel phénomène culturel."

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire raconte sur un ton léger l'histoire d'un centenaire (le populaire acteur Robert Gustafsson) qui s'échappe de sa maison de retraite et se lance dans un périple autour du monde. Il sortira sur les écrans français le 28 mai prochain.