Cannes 2018: 12 films à l’ACID

Posté par vincy, le 17 avril 2018

Pour sa 26ème édition, les cinéastes de l'ACID propose un programme de 9 longs métrages, enrichi d'une séance spéciale « ACID Patr imoine » et d'un focus sur le cinéma portugais, l'ACID TRIP #2. Au total 12 films, dont 10 premiers longs, seront présentés dans la sélection "off" du festival de Cannes.

Sélection

L'AMOUR DEBOUT de Michaël Dacheux (France)
avec Paul Delbreil, Adèle Csech, Samuel Fasse, Jean-Christophe Marti, Thibaut Destouches, Shirley Mirande, Pascal Cervo, Françoise Lebrun

BAD BAD WINTER de Olga Korotko (Kazakhstan)
avec Tolganay Talgat, Marat Abishev, Zhalgas Zhangazin, Nurgul Alpysbayeva, Tair Magzumov

CASSANDRO THE EXOTICO ! de Marie Losier (France)
avec Cassandro - Documentaire

DANS LA TERRIBLE JUNGLE de Caroline Capelle & Ombline Ley (France)
avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott, Ophélie Dufromentel, Alexis Dardenne, Émeline Colard, Valentin Dufour

IL SE PASSE QUELQUE CHOSE de Anne Alix (France)
avec Lola Dueñas et Bojena Horackova

SEULE A MON MARIAGE de Marta Bergman (Belgique)
avec Alina ?erban, Tom Vermeir, Rebeca Anghel, Marie Denarnaud, Marian ?amu, Viorica Tudor, Johan Leysen, Karin Tanghe, Jonas Bloquet

THUNDER ROAD de Jim Cummings (Etats-Unis)
avec Jim Cummings, Kendal Farr, Nican Robinson, Chelsea Edmundson, Macon Blair, Bill Wise

UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR de Clément Schneider (France)
avec Quentin Dolmaire, Grace Seri, Francis Leplay, Franc Bruneau, Vincent Cardona

NOUS, LES COYOTES / WE THE COYOTES de Hanna Ladoul & Marco La Via (France/Etats-Unis)
avec Morgan Saylor, McCaul Lombardi, Betsy Brandt, Khleo Thomas, Lorelei Linklater, Cameron Crovetti, Nicholas Crovetti, Vivian Bang, Ravil Isyanov

Acid Trip #2 Portugal

VERÃO DANADO de Pedro Cabeleira
avec Pedro Marujo, Lia Carvalho, Ana Valentim, Daniel Viana, Sérgio Coragem

TERRA FRANCA de Leonor Teles
Documentaire

COLO de Teresa Villaverde
avec Joao Pedro Vaz, Alice Alergaria, Beatriz Batarda, Clara Jost, Tomas Gomes

Séance spéciale - Mai 68

REPRISE de Hervé Le Roux
Avec : Georges Abbachi, Edmond Adler, Jean-Louis Blanc et Pierre Bonneau - Documentaire

Le cinéma lusophone à l’honneur de Visions Sociales 2018

Posté par vincy, le 14 avril 2018

Ce n'est pas forcément la sélection la plus connue du festival, mais elle existe depuis déjà 16 ans. Visions Sociales aura lieu du 12 au 19 mai à Mandelieu - La Napoule.

Cette année, le parrain est Nicolas Philibert (Être et avoir), qui présentera deux de ses films : La Maison de la Radio et Retour en Normandie.

Visions sociales a décidé de mettre en lumière le cinéma lusophone (de langue portugaise).

  • Menina de Cristina Pinheiro
  • Saint Georges de Marco Martins
  • L’Usine de Rien de Pedro Pinho
  • Arábia de João Dumans
  • Comboio del sal e azuçar de Licínio Azevedo
  • Pela janela de Caroline Leone
  • Lettres de la guerre d'Ivo M. Ferreira
  • Tous les rêves du monde de Laurence Ferreira-Barbosa

Les partenaires de Visions Sociales, l’Acid, la Semaine de la Critique, la Quinzaine des Réalisateurs et Un Certain Regard complètent la programmation en présentant un film inédit de leur sélection. Le festival proposera également de découvrir des films soutenus par les Activités sociales comme Ausência de Chico Teixeira, Ultimo dias en La habana de Fernando Perez, Il filglio de Dario Albertini, Wajib d’Annemarie Jacir ou encore Winter Brothers d’Hlynur Pálmason.

A cela s'ajoutent des rencontres et des débats, notamment celle avec Tangui Perron, auteur de L'écran rouge, syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo, que L(Atelier publiera le 17 mai, et une autre consacrée à "Mai et Juin 1968: une rébellion ouvrière".

Le programme

Cannes 2017: les critiques internationaux ont le coup de cœur pour un film français

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Le jury FIPRESCI (Critique internationale) a attribué ses prix ce samedi 26 mai.

Pour la compétition, 120 battements par minutes de Robin Campillo, l'un des favoris pour la Palme d'or avec Faute d'amour et You Were Never Really Here, a été consacré.

Une vie à l’étroit (Tesnota), du russe Kantemir Balagov, dont c'est le premier film, a reçu le prix pour la section Un certain regard.

L’usine de rien (A Fabrica de Nada)
du portugais Pedro Pinho (Quinzaine des réalisateurs) a remporté le prix pour l'ensemble des sections parallèles.

Berlin 2017 : la situation économique portugaise s’invite en compétition avec Colo de Teresa Villaverde

Posté par MpM, le 15 février 2017

Il aura fallu attendre le 6e jour du 67e Festival de Berlin pour que la crise économique européenne fasse son apparition dans la compétition. La réalisatrice portugaise Teresa Villaverde, qui est de retour à Berlin après avoir été sélectionnée en 1991 au Forum pour le film Alex, a en effet posé sa caméra au sein d'une famille dont le père est au chômage depuis un long moment tandis que la mère cumule plusieurs emplois en même temps pour subvenir aux besoins de la famille. Lorsque le film commence, la situation est déjà bien installée. On sent à de petites choses (notamment l'anxiété du père lorsque sa femme tarde à rentrer) que le lent processus de détérioration de la cellule familiale est bien entamé. Même si les relations entre les personnages sont en apparence normales, on sent entre eux un malaise, une fragilité fébrile qui trahit l'éloignement et surtout l'isolement de chacun. Le père est à fleur de peau, sa femme dissimule son immense fatigue derrière une gaieté de façade, et la fille adolescente fait ce qu'elle peut pour s'extirper de ce tourbillon délétère et continuer à vivre normalement sa vie.

La réalisatrice observe ses personnages de loin, dans des plans souvent d'une grande beauté plastique et composés comme des tableaux. Elle les fige dans des encadrements de porte ou de fenêtre, individus coincés dans leur propre vie, les filme de haut, petits êtres malhabiles et perdus, les place derrière des vitres qui empêchent de les entendre parler, eux pour qui la communication est chaque jour plus ardue et moins spontanée. Chaque choix de mise en scène reflète ainsi l'empêchement des personnages, leurs aspirations ratées et leurs regrets pesants. Mais là où Teresa Villaverde est la meilleure, c'est dans sa représentation de l'errance, physique comme psychique. Ce n'est pas un hasard si chaque personnage est tenté par l'option de la disparition ou de la fuite pure et simple.

Plus allégorique que documentaire

La réalisatrice prend son temps pour montrer ces tentatives d'évasion, ces espoirs ténus d'échapper à l'étau de la misère et des larmes. Quitte à sembler aride (et trop long), le film accompagne les uns et les autres dans leurs déambulations désespérées, laissant respirer chaque scène et filant d'un bout à l'autre la métaphore de l'eau qui tantôt les conforte, tantôt les entraîne à la dérive. On est très clairement plus au niveau de la sensation et du non dit que dans l'explication ou l'hystérie. Les indices sont même plutôt épars : la mort de l'oiseau, la coupure d'électricité , le renoncement de la mère à maintenir l'image d'une famille unie... On a ainsi l'impression de faire face à une sensation d'étouffement larvé, comme un piège qui se referme lentement mais inexorablement sur ses victimes.

Cette manière de laisser la réalité économique du Portugal contaminer le récit sans jamais être mentionnée permet à Teresa Villaverde de réaliser un film plus allégorique que documentaire, où la recherche formelle va toujours de pair avec le propos, et dans lequel la famille en décomposition devient la métaphore du pays lui-même. Malgré les réserves que l'on peut émettre sur le film, qui n'est pas totalement abouti dans sa démonstration, et souffre de quelques longueurs, il faut reconnaître qu'on avait grandement besoin, dans cette édition en demi-teinte d'une Berlinale où se succèdent les films anecdotiques, d'une œuvre qui allie aussi fortement l'esthétisme d'un cinéma sensoriel à la démarche résolument politique d'une cinéaste soucieuse de parler de son époque.

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Le cinéma portugais menacé par un décret-loi du gouvernement

Posté par vincy, le 13 février 2017

joao pedro rodrigues

Dans la boîte aux lettres ce matin, il y avait une lettre de protestation et appel à solidarité venant du Portugal: réalisateurs, producteurs, acteurs, techniciens, distributeurs, syndicats et festivals de cinéma ont signé cette lettre au gouvernement portugais et demande le soutien de la communauté internationale du cinéma, dont plusieurs artistes et professionnels (Almodovar, Costa-Gavras, Audiard, Carax, Assayas, Solondz, Ade, Jaoui, Rohrwacher, Salles, Bonello, Tavernier, Desplechin, Dumont, Klapisch, Sciamma...) se joignent aux signatures nationales, de Joao Pedro Rodrigues à Miguel Gomes (la liste complète ici).

"La production portugaise passe rarement le seuil d’une douzaine de longs métrages par an. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ses films est présent dans les festivals internationaux. Cette visibilité mondiale est due à une politique culturelle aujourd’hui en danger.

Depuis plusieurs décennies, le Portugal est un cas à part au sein de la production cinématographique mondiale. Dans ce petit pays sans marché interne pour nourrir une industrie, rares sont les années où la production nationale passe le seuil d’une douzaine de longs métrages. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ces films est présent dans les festivals internationaux. A partir de la décennie 80, et de manière systématique, le cinéma portugais a fait l’objet de cycles et d’hommages ; des rétrospectives des films de nombreux cinéastes portugais ont été organisées - les uns en activité (certains signataires de ce texte), les autres malheureusement déjà disparus (João César Monteiro, Paulo Rocha, Fernando Lopes, António Reis, José Álvaro Morais, António Campos ou, bien sûr, Manoel de Oliveira). Le «miracle» de cette visibilité internationale, disproportionnelle au regard d’une production si faible - et qui a perduré pendant plusieurs décennies et concerné plusieurs générations d’auteurs - est certainement dû au mérite des réalisateurs, des techniciens, des acteurs et des producteurs de cinéma portugais. Mais le mérite revient aussi à une politique culturelle qui a établi des bases pour garantir la liberté de création et qui a rendu possible la production d’un cinéma marqué par la forte singularité de ses propositions. C’est ainsi que s’est consolidée l’image du cinéma fait au Portugal.

Cette politique culturelle, qui a permis l’existence de ce cinéma et qui a ouvert les portes à la diversité, a mis en place des lois du cinéma et un Institut public (l’Institut du cinéma et de l’audiovisuel, l’ICA) pour les appliquer, organisant de manière continue des concours publics pour le soutien financier à la production de films. Ces concours se déroulent selon des règles de participation transparentes et des critères d’évaluation compatibles avec la politique mise en œuvre par le ministère de la Culture, avec des jurés choisis par l’Institut et définis par la loi comme «personnalités compétentes, au mérite culturel reconnu». Ainsi, des cinéastes et des techniciens du cinéma, mais aussi des critiques, artistes plasticiens, écrivains, architectes, musiciens, programmateurs culturels ou professeurs universitaires ont été appelés à être jurés pour évaluer les projets de films.

Depuis 2013, un décret-loi revenant sur la loi du cinéma et une nouvelle direction de l’ICA, allergique aux responsabilités et méconnaissant son rôle de régulateur dans ce processus, ont transféré la tâche de choisir des jurés à un comité où sont représentés tous les intéressés par les résultats des concours : associations professionnelles, représentants des télévisions, représentants des opérateurs de télécommunications jouant un rôle de diffuseur, entre autres. C’est à ce comité corporatif qu’est revenu le rôle d’indiquer à l’ICA les noms des jurés pour évaluer les projets de films, avec, dans de nombreux cas, une très claire connivence entre ceux qui nomment et ceux qui sont nommés.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : les exigences inscrites dans le règlement quant aux profils des jurés, «personnalités au mérite culturel reconnu», ont manifestement cessé de faire sens au regard des jurés actuels. Dans les dernières années, on a pu compter parmi les décisionnaires des projets de films des administrateurs de banques liés au cinéma, des acteurs de telenovelas ou des directeurs de marketing d’opérateurs de télécommunications…

Le gouvernement actuel, otage de la pression exercée par les opérateurs de chaînes câblées, se prépare maintenant à homologuer un nouveau décret-loi qui perpétue et aggrave cette procédure. Un ensemble très représentatif de réalisateurs et de producteurs portugais s’est manifesté contre ce système vicié par les conflits d’intérêts, et ils ont assuré à la tutelle qu’ils se refusent fondamentalement à faire partie de ce processus de nomination : ils ne veulent pas influencer la nomination des jurés ni n’acceptent que d’autres, ayant des intérêts dans les résultats des concours, puissent participer au processus. Ils croient que la transparence ne peut être assurée que si la nomination des jurés revient à l’exclusive compétence de l’ICA. Une bonne fois pour toutes, ils veulent une direction de l’ICA capable d’assumer ses responsabilités, en toute conscience de son double rôle d’exécuteur de la politique culturelle pour le cinéma et de régulateur de cette activité.

Les signataires de ce texte veulent rappeler à l’Etat que le cinéma portugais n’est pas qu’une question nationale. C’est pourquoi, ils manifestent leur solidarité avec les réalisateurs et les producteurs portugais qui se sont opposés à ce processus et manifestent leur rejet au cas où le décret-loi serait homologué."

João Pedro Rodrigues en version intégrale au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 25 novembre 2016

joao pedro rodrigues

18 films mais aussi deux courts où il n'est qu'acteur, quatre films dont il a encadré le travail issus de l'école du Fresnoy, une installation et un livre: jusqu'au 2 janvier 2017, le Centre Pompidou déroule le tapis rouge au cinéaste portugais João Pedro Rodrigues.

La rétrospective commence ce vendredi 25 novembre avec la projection des deux derniers films du réalisateur: Où en êtes-vous, João Pedro Rodrigues ?, autoportrait de 21 minutes réalisé sur une commande du Centre Pompidou, et L’Ornithologue, qui sort en salles mercredi. Léopard d’argent du meilleur réalisateur au Festival de Locarno, le film vient aussi d'être plébiscité au Festival Chéries-Chéris où il a remporté le Grand prix du jury et le Prix du public.

Cette séance d'ouverture sera suivie du vernissage de l’installation Santo António, de João Pedro Rodrigues et de son complice toujours João Rui Guerra da Mata. Après le Mimesis Art Museum en Corée du Sud et le Radcliffe Institute aux États-Unis, cette création de 2013 sera montrée pour la première fois en Europe. "Si on ne me commandait pas ces installations, je ne les aurai pas faites" avoue le cinéaste.

João Pedro Rodrigues a commencé en étant assistant-réalisateur et monteur pour Pedro Costa, Rita Azevedo Gomes et Maria de Medeiros avant de tourner son premier court métrage en 1997. Il fête ses 50 ans cette années et aborde les 20 ans de sa carrière. Deux caps. Son cinéma est sauvage et libre, sexuel et mélancolique, fantastique et poétique, et ses personnages, entre errance et solitude, obsessions et angoisses, se transforment sous nos yeux. Il revendique l'audace et la singularité, refuse tout formatage, comme il nous l'a expliqué dans un entretien à Ecran Noir.

"Ça fait du sens que ça tombe maintenant"

"J'ai déjà eu des rétrospectives, notamment aux Etats-Unis et dans quelques festivals" nous explique-t-il. "Mais je n'ai jamais fait une rétrospective comme ça, aussi complète, où j'accompagne les films" précise le cinéaste. "C'est drôle parce que ça tombe à mes 50 ans. Et quand on passe les décades, on regarde un peu en arrière. J'ai fait L'Ornithologue, et même si ce n'est pas un film autobiographique, il y a beaucoup de moi. Pompidou m'a demandé de faire un film et c'est un autoportrait. Ça fait du sens que ça tombe maintenant" selon lui.

Le cinéaste présentera les projections de ses films. En bonus, le Centre Pompidou organise une rencontre le 10 décembre à 16 h, avec un concert de la violoncelliste Séverine Ballon une séance de signature pour le livre d'entretiens Le jardin des fauves.

Filmographie de João Pedro Rodrigues
- 1988 Le Berger
- 1997 Joyeux anniversaire !
Voici ma maison
- 1999 Voyage à l’Expo
- 2000 O Fantasma
- 2005 Odete
- 2007 China, China (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2008 Camouflage Self-Portrait
- 2009 Mourir comme un homme
- 2011 Aube rouge (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2012 Matin de la Saint-Antoine
La dernière fois que j’ai vu Macao (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2013 Le Corps du roi
Mahjong (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
Allegoria della prudenza
- 2014 Iec Long (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2016 L’Ornithologue
Où en êtes-vous, João Pedro Rorigues ?

Cannes 2016: les prétendants européens

Posté par vincy, le 6 mars 2016

julieta almodovar

Troisième liste des prétendants pour le Festival de Cannes 2016. A moins de deux mois du Festival, faisons un point sur les films qui pourraient être sur la Croisette. La concurrence sera rude. Roumains, britanniques, espagnols (même si les films de Agustín Díaz Yanes et Fernando Trueba ne seront sans doute pas prêts) sont sur les starting-blocks. Pour Aki Kaurismaki et Sergei Loznitsa on attendra Cannes 2017... Il n'y aura pas de place pour tout le monde dans cette liste non exhaustive. Mais il est certain que les abonnés du Festival y trouveront leur place dans les différentes sélections (Ab Fab hors compét ou juste de passage, that is the question). L'Europe, une fois de plus en force? En tout cas, le menu est alléchant, même s'il n'y en a qu'un tiers de retenu.

- Paris pieds nus, de Dominique Abel et Fiona Gordon, avec Emmanuelle Riva et Pierre Richard
- Julieta, de Pedro Almodovar, avec Adriana Ugarte, Rossy de Palma, Michelle Jenner et Emma Suarez
- American Honey, d'Andrea Arnold, avec Sasha Lane, Shia LaBeouf et McCaul Lombardi
- Fais de beaux rêves (Fai bei sogni), de Marco Bellocchio, avec Bérénice Bejo, Valerio Mastandrea et Fabrizio Gifuni
- I Want to Be Like You, de Konstantin Bojanov, avec Thure Lindhardt, Kim Bodnia et Lubna Azabal
- Viceroy’s House, de Gurinder Chadha, avec Gillian Anderson, Michael Gambon, Hugh Bonneville et Om Puri
- Tulip Fever, de Justin Chadwick, avec Alicia Vikander, Cara Delevingne et Christoph Waltz
- La fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne, avec Adèle Haenel, Jérémie Renier et Olivier Gourmet
- La vita possibile, d'Ivano De Matteo, avec Margherita Buy, Valeria Golino, Andrea Pittorino
- Souvenir, de Bavo Defune, avec Isabelle Huppert, Johan Leysen, Kévin Azaïs
- Timm Thaler, d'Andreas Dersen, avec Arved Friese, Justus von Dohnányi et Axel Prahl
- Anthropoid, de Sean Ellis, avec Jamie Dornan, Cillian Murphy et Charlotte Le Bon
- Absolutely Fabulous: The Movie, de Mandy Fletcher, avec Joanna Lumley et Jennifer Saunders
- Florence Foster Jenkins, de Stephen Frears, avec Meryl Streep, Hugh Grant et Rebecca Ferguson
- The Promise, de Terry George, avec Christian Bale, Oscar Isaac et Charlotte Le Bon
- Walking to Paris, de Peter Greenaway, avec Emun Elliott, Carla Juri et Gianni Capaldi
- Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchano, avec Stefan Denolyubov et Margita Gosheva
- Heartstone, de Gudmundur Arnar Gudmundsson, avec Soren Malling, Nina Dögg Filippusdottir et Gunnar Jonsson
- Valley of Shadows, de Jonas Matzow Gulbrandsen, avec Kathrine Fagerland
- Salt and Fire, de Werner Herzog, avec Michael Shannon et Gael García Bernal
- Quit Staring at my Plate, d'Hana Jusic, avec Zlatko Buric
- Ray, d'Andrey Konchalovski , avec Yuliya Vysotskaya, Christian Clauss et Philippe Duquesne
- Le long de la voie lactée (On the Milky Way), d'Emir Kusturica, avec Monica Bellucci et Sergej Trifunovic
- L'économie du couple, de Joachim Lafosse, avec Bérénice Bejo, Marthe Keller, Catherine Salée et Cédric Kahn
- I, Daniel Blake, de Ken Loach, avec Hayley Squires, Natalie Ann Jamieson et Dave Johns
- Queen of Spades, de Pavel Lungin, avec Kseniya Rappoport, Ivan Yankovskiy et Igor Mirkurbanov
- Deep Water, de James Marsh, avec Rachel Weisz, Colin Firth et David Thewlis
- Dogs, de Bogdan Mirica, avec Dragos Bucur, Gheorghe Visu et Vlad Ivanov
- Rumeno, de Catalin Mitulescu, avec Alexandru Potocean, Ada Condeescu et Giada Laudicina
- Photo de famille (Fotografii de familie), de Cristian Mungiu, avec Vlad Ivanov, Maria-Victoria Dragus et Ioachim Ciobanu
- The Giant (Jätten), de Johannes Nyholm, avec Christian Eriksson, Johan Kylén et Anna Bjelkerud
- Mindörökké, de György Pálfi, avec Julia Ubrankovics, Tamás Polgár et Attila Menszátor-Héresz
- Sieranevada, de Cristi Puiu, avec Mimi Branescu et Bogdan Dumitrache
- L'ornithologue, de Joao Pedro Rodrigues, avec Paul Hamy et Chan Suan
- La Mort de Louis XIV, d'Albert Serra, avec Jean-Pierre Léaud, Patrick d'Assumçao et Marc Susini
- Luxembourg, de Myroslav Slaboshpytskiy
- Zoology, de Ivan I. Tverdovsky, avec Masha Tokareva, Aleksandr Gorchilin et Zhanetta Demikhova
- A Hologram for the King, de Tom Tykwer, avec Tom Hanks, Ben Whishaw, Tom Skerritt et Sidse Babett Knudsen
- Skokan, de Petr Vaclav, avec Karidja Touré, Klaudia Dudová et Leslie-Joy
- Elle, de Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, Christian Berkel, Anne Consigny, Laurent Lafitte et Virginie Efira
- Les beaux jours d'Aranjuez, de Wim Wenders, avec Sophie Semin, Reda Kateb et Nick Cave
- Free fire, de Ben Wheatley, avec Brie Larson, Cillian Murphy et Armie Hammer
- The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn, avec Keanu Reeves, Christina Hendricks et Jena Malone

Cannes 2015 : premières impressions sur les 1001 nuits de Miguel Gomes

Posté par MpM, le 17 mai 2015

Le nouveau film de Miguel Gomes, présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année au Festival de Cannes, dure environ 6h et se présente sous la forme de trois volets projetés à plusieurs jours d'intervalle. Plutôt logique pour un film "feuilletonnant" inspiré de la structure des Mille et une nuits et qui entend donc tenir le spectateur en haleine. Avec le premier volet, L'inquiet, pari plutôt réussi puisqu'on est follement impatient de découvrir la suite. Le cinéaste sera-t-il capable, telle une Schéhérazade des temps modernes, de tenir la longueur sans se répéter ? La première partie est en tout cas prometteuse.

Pendant vingt-cinq minutes, le film raconte en parallèle la fermeture du chantier naval et la lutte contre des guêpes tueuses d'abeilles dans la ville de Viana de Castello. À l'image comme dans la bande-son, les deux se mêlent. Un ouvrier licencié témoigne tandis qu'à l'écran un nid de guêpe brûle. Le récit du tueur de guêpes et les souvenirs des ouvriers au chômage alternent. En parallèle, Miguel Gomes se met lui-même en scène en réalisateur bourré d'angoisses qui fuit son équipe de tournage. Ce qui l'amène à leur raconter des histoires pour garder la vie sauve.

Passée cette première partie qui hésite entre documentaire et auto fiction barrée, le film laisse alors la place à la version moderne, sociale et portugaise des 1001 nuits. Non pas une adaptation des histoires originales, mais une succession d'histoires inspirées de la situation du Portugal en 2013.

Ce premier volet permet de découvrir trois récits et d'avoir un premier aperçu sur le ton général du film, qui s'avère caustique, engagé et cruel. Gomes se moque des dirigeants politiques, de la Banque centrale européenne, de la troïka. Il dénoncent ceux qui veulent faire taire les contestataires ou empêcher l'éveil des consciences. Il raconte crûment la lente descente aux enfers de ceux qui se retrouvent au chômage. Avec un ton satirique, fantastique et même grotesque, il tire sur les profiteurs qui saignent le Portugal aux quatre veines et brosse un portrait terrible de la crise portugaise.

Tel un Robin des bois cinématographique, le réalisateur prend donc (du temps de parole) aux puissants pour donner aux faibles. C'est réjouissant, foisonnant d'idées d'écriture et de mise en scène, baroque et totalement libre. Tout simplement brillant et malin. Car une fois le premier volet terminé, on est comme le roi du conte : suspendu aux lèvres du narrateur.

Cannes 2015: le nouveau film de Miguel Gomes à la Quinzaine des réalisateurs

Posté par MpM, le 19 avril 2015

Les Mille et une nuits, le nouveau film de Miguel Gomes (Tabou), a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. Absent de la Sélection officielle révélée jeudi par Thierry Frémaux, il rejoint les films de Philippe Garrel et Arnaud Desplechin dans la liste des films qui seront présentés à la Quinzaine, dont la sélection complète sera révélée mardi.

«Les Mille et une nuits, le film, ou plutôt les trois merveilleux films de Miguel Gomes, seront programmés à la Quinzaine des Réalisateurs. Cette superbe série inspirée par les histoires racontées par Schéhérazade et des événements survenus dans le Portugal des années 2013 et 2014, pays alors soumis à une politique niant toute justice sociale, rythmera notre programmation. Chaque film mis en scène avec une fantaisie débridée et une grande liberté aura sa journée» a déclaré hier Edouard Waintrop, Délégué général de la section parallèle cannoise.

As mil e uma noites (Les Mille et une nuits) est un récit en trois tomes du portugais Miguel Gomes: Volume 1, o inquieto (l'inquiet) ; Volume 2, o desolado (le désolé) ; Volume 3, o encantado (l'enchanté). Le projet avait été annoncé lors du Festival de Cannes 2013.

Dans un pays d'Europe en crise, le Portugal, un réalisateur se propose d'écrire des fictions inspirées de la misérable réalité dans laquelle il est pris. Mais incapable de trouver un sens à son travail, il s'échappe lâchement et donne sa place à la belle Schéhérazade. Il lui faudra bien du courage et de l'esprit pour ne pas ennuyer le Roi avec les tristes histoires de ce pays ! Alors qu'au fil des nuits l'inquiétude laisse place à la désolation et la désolation à l'enchantement, elle organise ses récits en trois volumes. Elle commence ainsi : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays...»

Le casting rassemble Crista Alfaiate, Dinarte Branco, Carloto Cotta, Adriano Luz, Rogério Samora, Maria Rueff, Cristina Carvalhal, Luisa Cruz, Américo Silva, Diogo Dória, Bruno Bravo, Tiago Fagulha et Teresa Madruga.

Le film est une coproduction française (Agat Films, Arte, Shellac), allemande et portugaise.

Manoel de Oliveira (1908-2015) éteint la lumière

Posté par vincy, le 2 avril 2015

manoel de oliveira

Il était le doyen du cinéma mondial et sans aucun doute le plus grand cinéaste portugais. Manoel de Oliveira, né en 1908 à Porto, est décédé, selon le producteur Luis Urbano, citant des sources familiales. Il avait 106 ans.

Le réalisateur a reçu tous les honneurs au cours de sa vie: une Berlinale Camera en 2009, une Palme d'or d'honneur à Cannes en 2008, un prix honorifique aux European Film Awards en 2007, un Lion d'or d'honneur à Venise en 2004 et un Léopard d'or d'honneur à Locarno en 1994.

"Si l'on me demande pourquoi je fais du cinéma, je pense aussitôt : pourquoi ne pas me demander si je respire ?" avouait Manoel de Oliveira dans Libération en 1987.

Il a réalisé plus de cinquante longs métrages et documentaires, commençant sa carrière en 1931, alors que le cinéma ne parlait pas. Dans sa jeunesse, il aimait Charlie Chaplin et Max Linder. Athlète, il d'abord brillé en course automobile avant de devenir acteur, notamment dans A Canção de Lisboa, le premier film parlant portugais, en 1933. Son premier film Douro, faina fluvial, un court métrage documentaire muet, est tourné entre 1927 à 1929, et sort en 1931.

Loin des stérotypes

De là naîtra son style, naturaliste, réaliste et poétique, imprégné de ses références littéraires, soumis à un romantisme exacerbé. La mise en scène s'épurera au fil des ans, jusqu'à devenir presque théâtrale parfois. Oliveira aimait se concentrer sur les comédiens et les mots dans un cadre parfois complètement immobile, comme pour souligner avec intensité le moindre geste, le moindre mouvement.

Il appréciait les amours frustrés, maniait davantage l'humour en personne que dans ses films, et si le désespoir emplissait souvent ses personnages, sa caméra l'étreignait avec une certaine sensualité, souvent un peu distante, toujours élégante, jouant sur les clairs obscurs. Loin des images formatées, il voulait offrir une vision décalée, parfois nostalgique, du monde.

Il y avait aussi dans ses films une forme de mysticisme. Mais surtout ses créations étaient souvent basées sur des oppositions, des contrastes et un anachronisme assumé pour servir une critique sociale de la société.

Evincé par la dictature

Cette dénonciation intellectuelle lui a valu quelques ennuis. En 1963, avec son court-métrage La Chasse, il réalise une oeuvre avec « des intentions cachées touchant la dictature ». La dictature ne s'y est pas trompée et l'empêche de filmer jusqu'en 1971.

Ainsi, le contexte politique et le manque d'infrastructures dans le Portugal de Salazar le tiennent éloigné des caméras.

En quatre décennies, il n'aura tourné que cinq longs métrages, entre Aniki Bóbó en 1942 et Amour de perdition en 1979. A partir des années 80, dans un pays désormais démocratique et européen, sa filmographie va s'étoffer rapidement, et dans les années 90 il tournera un film tous les ans, avec, souvent, des têtes d'affiches internationales comme Catherine Deneuve ou John Malkovich.

Le cinéma c'est la vie

Parmi ses films les plus marquants, il y a Les Cannibales (1988), Non, ou la vaine gloire de commander (1990), La Divine Comédie (1991), Val Abraham (1993), Le Couvent (1995), La Lettre (1999), Je rentre à la maison (2001, son plus grand succès en France), Le Principe de l'incertitude (2002) et L'Étrange Affaire Angélica (2010). Il sort sont dernier livre en 2012, Gebo et l'Ombre. Et il continuait de préparer
L'Eglise du diable.

Son dernier court-métrage est sorti en décembre 2014 à Lisbonne. Le Vieux du Restelo avait été tourné à Porto puis présenté à la Mostra de Venise. Décrit par son auteur comme « une réflexion sur l'humanité », ce court-métrage s'inspire notamment d'un personnage du poème épique "Les Lusiades", de Luis de Camoes à l'époque des grandes découvertes maritimes des navigateurs portugais.

Infatigable explorateur, il n'a jamais cessé de chercher des histoires, souvent dans les livres ou dans son voisinage direct. Il ne voulait pas s'arrêter: « Cesser de travailler, c'est mourir. Si on m'enlève le cinéma, je meurs ». Le cinéma, art immatériel et aussi vivant que l'humain, n'est pas mort parce que Manoel de Oliveira n'est plus, mais il perd l'un de ses grands maîtres.