Roy Andersson réfléchit sur l’existence en regardant un pigeon sur la branche

Posté par vincy, le 24 juin 2010

Le cinéaste suédois Roy Andersson n'a rien tourné depuis 2007. Soyons heureux, puisqu'entre Chansons du deuxième étage (2000, prix du jury à Cannes) et Nous, les vivants (2007, Un certain regard), sept ans s'étaient écoulés). L'attente sera donc un peu moins longue pour ce vétéran du cinéma suédois, dont le premier court métrage date de 1967. Andersson avait été découvert internationalement avec Une histoire d'amour séudoise en 1970, quatre fois primé à Berlin. Le mauvais accueil de Giliap en 1975 le conduit à créer sa propre société de production (Studio 24) et à se concentrer sur la publicité, ne revenant au cinéma qu'en 2000.

Son nouveau film s'intitulera Un pigeon assis sur une branche - Réflexion sur l'existence. Exploration de la vie d'un homme à travers deux personnages semblables au grands duos de la littérature. Le cinéaste s'essaiera pour la première fois au numérique HD, pour des raisons économiques. Andersson avait l'habitude d'utiliser des kilomètres de pellicule.Mais il continuera de prendre son temps puisqu'il annonce un tournage de plus de deux ans, dans les studios de sa société, à Stockholm.

Le flm devrait être prêt en 2013.

Cannes 2010 : Armadillo, Roi en son pays

Posté par vincy, le 6 juin 2010

Grand prix de la Semaine internationale de la critique à Cannes, Armadillo a aussi frôlé la Caméra d'or (prix du meilleur premier film toutes sélections confondues). Le documentaire danois de Janus Metz, soutenu par une forte polémique politique dans son pays, a réussi un exploit au Box Office. Lors de son lancement la semaine dernière, il a gagné les suffrages du public avec 22 000 spectateurs (56 écrans), dominant tous les autres films, y compris Robin des Bois (2e) et Prince of Persia (3e).

C'est le premier film danois à s'arroger la première place du box office hebdomadaire depuis la comédie familiale locale, Far til Fire - pa japansk en février dernier.

La controverse a aidé. Un véritable débat s'est engagé au Danemark depuis sa projection cannoise. Le doute sur l'engagement du pas en Afghanistan exprimé par l'un des soldats témoins mais surtout la séquence où les soldats achèvent cinq talibans à contraint l'ensemble de la classe politique et même l'armée nationale à se justifier, puis finalement à ouvrir une enquête officielle.

Les deux autres épisodes de Millénium cet été dans les salles

Posté par vincy, le 9 avril 2010

Plus d'un an après la sortie du premier volet de la trilogie Millénium dans les salles françaises (1,2 millions de spectateurs), UGC se décide enfin à sortir les deux suites, bien après la plupart des pays européens. "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" sera à l'affiche le 30 juin, tandis que "La reine dans le palais des courants d'air" sortira le 28 juillet. Contrairement au premier film, ceux-ci sont réalisés par Daniel Alfredson et n'étaient pas destinés au cinéma. Seul Millénium 1 devait être vu sur les grands écrans. Mais l'immense succès, notamment en Scandinavie, en Espagne et en France,  a conduit les producteurs à transposer les téléfilms en films.

Depuis deux semaines, Canal + diffuse l'intégrale de la série en version télévisée, soit deux épisodes par livres. La version poche de la trilogie la plus vendue en Europe arrivera en librairie cet automne.

Nord : Bienvenue chez les Samis!

Posté par Claire Fayau, le 9 mars 2010

nord.jpg"- Tu as un fils de quatre ans..."

L'histoire : Jomar Henriksen, ancien skieur professionnel, travaille comme employé sur les pistes. Il ne veut désormais plus entendre parler du ski et néglige les tâches qu'on lui a confiées. Il passe son temps à fumer, à boire et surtout à ne rien faire.Un jour, un ancien copain se présente chez lui et lui annonce qu'il est le père d'un enfant qui vit avec sa mère dans le nord du pays. C'est le moment ou jamais de tourner le dos à cette existence vide. Commence ainsi un voyage avec sa motoneige ponctué de rencontres loufoques et d'aventures insolites. (in DP)

Prix FIPRESCI au 59 e festival international du film de Berlin.

Notre avis : Ce Nord se situe dans le Royaume enneigé de la Norvège, et fait du hors pistes dans le monde du cinéma. Un premier long métrage de fiction confectionné avec soin par  Rune Denstad Langlo, documentariste chevronné.

En route pour le Nord! Plus que les dialogues, le scénario ou le rythme au style réaliste, la vérité et la beauté du film se trouvent ailleurs : dans la mélancolie des paysages et le climat extrême près du cercle polaire. Le réalisateur a eu la bonne  idée de réaliser un  Norway  of  life  road movie (oui, mais à défaut de route, il y a la motoneige et le ski...), ce qui nous dépayse en soi.

Anders Baasmo Christiansen. L'autre bonne idée est le choix de l'acteur pour le personnage de l'anti-héros. ABC, plus simple à écrire, ressemble à un ours mal léché, surmonté d'une tête de bébé lunaire . C'est l'un de seuls acteurs professionnels du film. Il est parfait dans le rôle de Jomar, qui se met toujours dans des situations incroyables pour mieux réjouir le spectateur. Par exemple, il brûle deux refuges (par inadvertance ?). Oublie ses lunettes de protection, se retrouvant donc aveuglé par la réverbération sur la neige ... Quand  il n'a pas les yeux bandés, son regard est hébété par l'incompréhension ou l'alcool   ... Jomar ne crache pas sur l'alcool et testera une méthode originale pour se soûler (scène qui nous laisse encore bouche bée). En cassant sa motoneige, il manquera aussi de se faire tuer par des militaires en plein exercice. Absurde et loufoque.

Un Norway of life bien rude imbibé d'alcools. En comparaison, les nordistes décrits par Galabru dans Bienvenue chez les Chtis paraissent bien sobres et chaleureux. S'il se trouve bizarre et dépressif, Jomar réalise qu'il existe encore plus mélancolique et seul que lui dans ce trou du cul du monde. Ce voyage initiatique aux rencontres bien incongrues (le vieux Sami qui vit en ermite avec sa motoneige enchaînée à sa cheville) rappelle même le Fargo des frères Coen.

Et  à la fin ? Il va mieux ? Sans dévoiler l'intrigue,  on pourrait penser que tous ces individus croisés en chemin vont transformer l'asocial et  immature Jomar... Ou pas ! Chacun  y ira de son interprétation. Ce n'est pas dans les dialogues minimalistes qu'on trouvera une vérité. Un no hero, no buddy  movie, épuré et drôle, malgré quelques longueurs et un scénario qui parfois se relâche.

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site internet du film

Un conte finlandais : plus naturaliste que féérique

Posté par MpM, le 21 décembre 2009

photo_02.jpg"Cela vaut-il la peine d’être en contact avec le mal qui existe sur terre ?"

L'histoire : Trois amis d’enfance se rencontrent par hasard le soir de Noël, alors qu’ils ne se sont pas vus depuis des années. Chacun traverse une période difficile mais refuse d’en parler aux autres. Pourtant, au fil de la soirée, ils en viennent à évoquer la manière dont ils ont mené leurs vies respectives pendant toutes ces années.

Notre avis : En guise de conte de Noël, Mika Kaurismäki (frère aîné d’Aki) propose un film ultra-naturaliste où trois hommes d’âge mûr font, le temps d’une soirée, le bilan de leurs existences mouvementées. Pour mettre en scènes ces réflexions pseudo-philosophiques et ces confidences amères, le réalisateur a choisi une méthode relativement simple : réunir les trois personnages autour d’une table et les filmer à tour de rôle. Exactement comme si l’on était à table avec eux, partie prenante de leur conversation à bâtons rompus. Seule fantaisie, pour casser l’effet de répétition, chacun interprète au cours du film une chanson (ils se sont réfugiés dans un bar karaoké) censée résumer son humeur et son état d’esprit.

Une trame narrative pour le moins ténue qui réclamait au minimum, afin de dynamiser le film et surtout lui permettre de tenir la longueur, une brochette d’acteurs hors paire et un dialoguiste de talents. Malheureusement, en plaçant l’improvisation au centre du dispositif, Mika Kaurismäki se prive de ces deux conditions. Non seulement les dialogues sonnent faux et creux, mais les situations sont en plus si artificielles que les acteurs paraissent bien trop mal à l’aise pour faire preuve de finesse. Leurs échanges semblent alors un improbable mélange de pédantisme, de maladresse et d’emphase.

Peut-être s’agit-il d’une méconnaissance culturelle, à moins que le réalisateur ait été tout simplement incapable de cadrer correctement son sujet, mais quoi qu’il en soit, il est au final très difficile de se passionner pour les questions pourtant universelles que se posent les trois héros sur le sens de la vie, l’importance de la filiation, la nécessité de transmettre et la peur de la mort. On reste donc en retrait, un peu comme un invité à un banquet où tous les autres convives, saouls, se sont lancés dans des digressions que l’on comprend mais auxquelles on est incapable de participer.

Millénium, version hollywoodienne

Posté par vincy, le 18 décembre 2009

Est-ce bien utile? Le carton littéraire de Stieg Larsson, la trilogie Millénium, va être adapté au cinéma par le producteur Scott Rudin.

Sony a quasiment bouclé son contrat avec la société de production scandinave Yellow Bird, déjà producteur des films et téléfilms sortis cette année. Le premier épisode a été un beau succès en Italie, espagne, Allemagne et France (1,2 millions de spectateurs) et surtout un triomphe dans les pays nordiques. Les deux suites ne sont sortis qu'en Scandinavie. Le troisième opus vest actuellement en tête du box office suédois.

Alors pourquoi Sony et Scott Rudin sont-ils intéressés par les droits en langue anglaise du livre? D'abord il y a le succès des films en Europe. Même si aucun calendrier n'est encore confirmé pour la sortie du deuxième film en France, la récente diffusion d'une bande annonce avec sous titres en français peut laisser espérer une sortie début mai. Ensuite, la trilogie littéraire commence à bien se vendre et se télécharger aux Etats-Unis.

Les principaux points du contrat, incluant les conditions financières, sont actés et devraient être signés dans les semaines qui viennent. Sony insiste sur le fait qu'il ne s'agira pas de remakes - on imagine mal les scènes SM dans un film hollywoodien - mais de versions américaines qui leur sont propres. "Nous produirons des films basés sur les mêmes livres, mais pas sur les films suédois", a expliqué le directeur de Yellow Bird Mikael Wallén. "Avec un peu de chance le tournage pourrait débuter en 2011 et le premier film prêt dans la seconde moitié de 2012", a-t-il ajouté.

Seul espoir de cet étrange projet, l'implication de Scott Rudin. Producteur de Wes Anderson , The Hours, Sleepy Hollow, The Truman Show, The Queen et No Country for Old Men, on peut croire que ces adaptations anglosaxonnes ne seront pas tout à fait inutiles.

Il souffle à Poitiers un humour glacial venu du Nord

Posté par Benjamin, le 14 décembre 2009

Dans les 40 films de la compétition, il y a évidemment des films qui retiennent l'attention, qui restent en tête et desquels on veut parler. Et bien, force est de constater que ces 32ème Rencontres Henri Langlois sont considérablement marqués par les films issus du nord et du nord-ouest de l'Europe. Beaucoup de films allemands très remarquables par exemple comme Für Miriam ou le documentaire L'importance des petites choses. Mais ce que l'on retient également, c'est que peu ont osé s'aventurer sur le terrain du comique, de l'humour noir et grinçant. Oeuvres très sérieuses, à la réflexion profonde, certains en oublie que la légèreté fait parfois du bien. Chose que semble avoir parfaitement compris deux films: l'un vient de Suède et a pour titre Elkland, l'autre, finlandais, se nomme The Electrician.

Deux films qui ne sont pas à proprement parler des coups de coeur mais qui, tout en s'inscrivant dans une certaine tendance du festival, sortent du lot par l'introduction de l'humoir noir. En effet, bien que diamétralement opposés, ces deux films mettent en scène des personnages en marge de la société, que ce soit par leur métier ou par leur lieu d'habitat (paumé dans les forêts finlandaises). Des personnages qui ont donc appris à vivre d'une autre façon que la grande majorité des gens et qui donc n'ont pas les mêmes relations que les autres par rapport à la mort par exemple (un thème que tout deux abordent avec humour).

The Electrician est audacieux, court et coup de poing. Le personnage principal, Marvin, est totalement perdu suite à l'abolition de la peine de mort car il avait pour rôle d'exécuter les condamnés sur la chaise électrique. La page se tourne mais lui ne suit pas. Miina Alajärvi, le réalisateur, s'amuse alors du morbide contraste sociétaire qu'entraîne le licenciement de cet homme plus habitué à "tuer" les gens qu'à entretenir avec eux des relations amicales. Un contraste teinté noir mais étrangement d'actualité.

Elkland, lui, est un film plus développé, plus travaillé sur le plan émotionnel. Un film qui prend le temps de poser et de développer ses protagonistes. Et, Per Hanefjord, le réalisateur, même s'il dit ne pas l'avoir "souhaité volontairement" inclut dans cette poignante tragédie des touches d'humour noir particulièrement savoureuses et très appréciées par le public. L'enterrement du père se transforme alors en bouffonerie macabre malgré le chemin dramatique que prend l'histoire.

Deux films qui ont le courage, par le biais de l'humour, de bousculer un peu le sérieux de cette compétition et d'apporter un petit vent frais au festival.

Millénium 2 cartonne en Scandinavie

Posté par vincy, le 25 septembre 2009

477 000 entrées dans les quatre pays scandinaves - Suède, Danemark, Norvège et Finlande - pour le premier week-end d'exploitation du deuxième volet de la trilogie adaptée des romans de Stieg Larsson. Millenium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, sorti le 18 septembre dans ses territoires nordiques, a battu d'une courte tête les 470 000 entrées du premier vole.

La critique a été moins enthousiaste avec cette deuxième histoire mais 181 000 Danois se sont précipités, soit davantage que de Suédois et de Norvégiens. Le deuxième épisode doit maintenant sortir en Italie et en Espagne. En France, UGC n'a toujours pas confirmé s'il sortait (et quand) la suite de la trilogie. Le premier film avait séduit 1,2 millions de spectateurs (2,9 millions dans le monde). Un record pour un film suédois.

L'Allemagne s'apprête tout juste à découvrir le premier film.

Millénium, thriller efficace porté par un duo en état de grâce

Posté par vincy, le 9 avril 2009

millenium filmCe matin avait lieu la projection unique pour la presse, les exploitants, les libraires et autres invités du film Millénium, adapté du best-seller de Stieg Larsson.

Au bout de 2h30 de projection, deux évidences  s'imposaient : le thriller est artistiquement bien foutu et cinématographiquement classique mais efficace. Bref le divertissement est au rendez-vous, avec sa dose de noirceur et de violence. Tout l'aspect sordide du roman se retrouve cinétiquement magnifié par les somptueux paysages suédois.

Mais surtout, le film se détachera de la concurrence (Anges et démons, par exemple) grâce à son duo de comédiens, l'expérimenté Michael Nyqvist et la novice Noomi Rapace, saisissants, charistmatiques, terriblement humains. Les deux comédiens, dans la douleur comme dans les coups, dans la torture comme dans le viol, ont une alchimie qui transcende la pellicule et permet à l'enquête de ne jamais être fade ou barbante.

Le film a été en tête des box office suédois et danois durant 5 semaines, norvégien pendant 3 semaines, et a déjà cumulé, rien qu'en Scandinavie près de 29 millions de $ de recettes. Fort de ce succès, revenant ainsi sur leur décision d'origine, les deux suites, initalement prévues pour la télévision, sortiront aussi au cinéma cet automne.

Festival du cinéma nordique : Palmarès

Posté par denis, le 30 mars 2009

pause dejeunerVingt deux ans d’existence pour ce festival du cinéma nordique ancré  à Rouen et qui se porte toujours bien ! Fort d’un public ayant régulièrement rempli les salles, la manifestation vient de remettre son palmarès, et c’est à la Norvège que revient l’honneur d’être couronné pour cette édition 2009, dont la sélection officielle était composée de deux films danois, deux suédois, deux norvégiens, un néerlandais, un islandais, un belge et un finlandais.

Le prix du jury a donc été décerné au film norvégien Pause déjeuner / Cold Lunch (voir actualité du 26 mars 2009) réalisé par Eva Sorhaug. Dans ce film un peu décalé, la réalisatrice raconte comment un homme bouleverse la vie de tout un quartier d'Oslo à partir d’un petit incident domestique. Drôle et cocasse, avec toujours cette petite touche douce-amère propre à la Scandinavie, Pause déjeuner fait mouche et mériterait une sortie en salles sur notre territoire.

Concernant les prix d’interprétation masculine et féminine, ce sont respectivement Mikael Persbrandt et Maria Lundqvist qui ont été récompensés pour leurs rôles dans le film suédois Au coeur du Paradis. Ce film de Simon Staho raconte l'histoire de Lars et Susanna mariés depuis 20 ans et soudain confrontés à la tentation de l'adultère. Enfin le prix du public a été attribué à La rébellion de Kantokeino, un film norvégien de Nils Gaup et celui du jeune jury européen à Instants éternels, un film suédois de Jan Troell.