Battle Royale se convertit à la 3D

Posté par vincy, le 8 juin 2010

Pour les dix ans du film Battle Royale, son producteur japonais va lui ravaler la façade pour le transformer en 3D et le ressortir dans les salles.

Enorme succès au Japon à l'époque (3e au BO japonais en 2000), le film de Kinji Fukasaku va bénéficier d'une métamorphose "low cost" (180 000 euros) et pas forcément de grande qualité. Le son profitera aussi d'un nouveau mixage, plus percutant.

Le film sortira au Japon en novembre.

Cannes 2010 – la phrase du jour : Takeshi « Beat » Kitano

Posté par vincy, le 17 mai 2010

Conférence de presse au Festival de Cannes du spécialiste ès yakusas du cinéma. Takeshi Kitano (Outrage) s'amuse avec les critiques toujours insatisfaits : "Quand j'ai commencé à faire des films j'ai acquis la réputation d'un réalisateur qui faisait des films violents. J'en avais assez de cette situation et j'ai commencé à tourner des films non violents. Mais alors, on m'a demandé pourquoi j'avais cessé de filmer la violence, alors j'étais un peu perdu et j'ai pensé que c'était le moment d'y revenir. Mais si ce film ne marche pas, je reviendrai à des films non-violents, parce que ma carrière est basée sur la répétition, d'un échec à l'autre. "

Cannes 2010 : qui est Ryo Kase ?

Posté par MpM, le 17 mai 2010

ryo kaseMoins connu en occident que ses confrères Tadanobu Asano et Takeshi Kaneshiro, Ryo Kase a pourtant derrière lui une carrière déjà éclectique et de qualité, comptant des collaborations avec des réalisateurs confirmés comme Kyoshi Kurosawa, Clint Eastwood ou encore Mamoru Oshii.

Très classiquement, ce très séduisant acteur de 35 ans a débuté au début des années 2000 à la télévision, dans des publicités (pour Coca-Cola ou la bière Kirin) puis dans des séries, et avec des apparitions au cinéma. En 2003, il est ainsi l'un des personnages de Jellyfish de Kyoshi Kurosawa, sélectionné à Cannes. L'année suivante, il est dans deux autres long métrages eux-aussi remarqués sur la Croisette : Nobody knows de Kore-Eda Hirokazu (il est l'employé du supermarché qui essaye d'aider les enfants abandonnés par leur mère) et The taste of tea de Katsuhito Ishii.

Il retrouvera ces trois réalisateurs par la suite, avec notamment un petit rôle dans Retribution de Kyoshi Kurosawa, Hana de Kore-Eda Hirokazu ou encore My darling of the mountains, remake d'un film des années 30 par Katsuhito Ishii.

En 2006, on le voit dans deux œuvres occidentales : en simple soldat dans Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood et dans The passenger de François Rotger, aux côtés de Gabrielle Lazure. Deux ans plus tard, il récidive avec Tokyo !, dans la partie signée Michel Gondry. Encore un film présenté à Cannes, en section Un certain regard.

Puis ce sera au tour de Venise qui sélectionne The skycrawlers, film d'animation de Mamoru Oshii où il est la voix du personnage principale. Ryo Kase tourne également beaucoup de longs métrages destinés au marché asiatique. On le voit devant la caméra de Ryosuke Hashiguchi, Tetsuya Nakashima, Ikeda Chihiro, Tadanobu Asano...

Et on le retrouve une nouvelle fois en compétition à Cannes cette année, cette fois dans Outrage, un film de genre signé Takeshi Kitano. Puisque c'est la grande année du cinéaste-peintre-comique japonais, on attend beaucoup du film qui pourrait placer Ryo Kase sous les feux des projecteurs, et lui offrir le tremplin rêvé pour (re)booster sa carrière internationale.

Un documentaire sur la secte Aum réveille les traumatismes

Posté par vincy, le 9 mai 2010

Shizue TakahashiLe Japon replonge dans ses cauchemars. La secte Aum Vérité suprême, créée en 1984, avait perpétré la pire attaque terroriste du pays en ciblant le métro de Tokyo. 6 200 personnes intoxiquées, 13 morts.  Shizue Takahashi, la veuve de l'un d'entre eux, Kazumasa Takahashi, a réalisé un documentaire d'une heure sur le drame. Le film a été présenté lors d'un événemnet public à l'occasion du quinzième anniversaire de cette tragédie. Petite piqûre de rappel pour réveiller les mémoires.

Dans le film, l'ancien chef de la police au Japon, Takaji Kunimatsu, rappelle ses services avaient prévu de perquisitionner les locaux de la secte le 22 mars. L'attaque au gaz sarin aura lieu le 20 mars. Ils n'avaient pas tenu compte d'informations comme quoi Aum allait peut-être tenter quelque chose avant cette date...

Le documentaire revient aussi sur la radinerie du gouvernement, qui ne voulait pas indemniser les victimes. Jusqu'à l'attentat, "les victimes de crimes étaient considérées comme des êtres d'un autre monde" au Japon, souligne l'ancien procureur général du pays, Keiichi Tadaki, dans le documentaire. "Ceci a montré aux gens que tout le monde pouvait devenir une victime".

Malgré leur condamnation à mort, treize dirigeants de la secte n'ont toujours pas été exécutés. Trois dirigeants sont toujours recherchés. En 1999, la secte a été rebaptisée (Aleph) mais n'est pas interdite a nom de la liberté de religion. La figure de Shoko Asahara reste néanmoins révérée parmi les disciples, quelque 1 500 personnes au Japon et 200 en Russie.

Le cinéma japonais a pour l'instant été assez pudique avec le sujet. On se souviendra du sensible film de Hirokasu Kore-Eda, Distance, en compétition à Cannes en 2001. Il avait renommé la secte L'arche de vérité mais le lien ne faisait aucun doute.

Mais la polémique est ailleurs. Nippon Television Network a reconnu ce mois-ci qu'elle avait diffusé un épisode du dessin animé City Hunter 3, contenant un message subliminal du gourou de la secte. Le onzième épisode, qui est passé sur le petit écran fin 1989, montre Asahara, le dirigeant et créateur de la secte, en orange sur fond jaune-orange.Malgré les excuses de la chaîne, le scandale continue de choquer. La date de diffusion coïncide avec l'annonce de la candidature de Shoko Asahara aux législatives de 1990.

La propagande n'a pas de limite. Et Shizue Takahashi a bien raison d'avoir voulu collecter témoignages, entretiens et archives pour transmettre aux jeunes générations l'effroi qu'a suscité cet acte horrifique à cause de croyances apocalyptiques.

Paris Cinéma s’ouvre au pays du Soleil levant

Posté par Morgane, le 10 avril 2010

paris cinémaPour cette 7e édition, qui se tiendra du 3 au 13 juillet 2010, la compétition, les hommages et les avant-premières de  Paris Cinéma s'accompagneront d'une plongée au cœur du cinéma japonais après s’être penché, les années précédentes, sur les cinémas brésilien, coréen, libanais, philippin et turc.

Le MK2 Bibliothèque proposera un panorama contemporain avec une quarantaine de films (courts, longs, documentaires) de ces trois dernières années ainsi que des rencontres avec leurs réalisateurs et acteurs. Ce panorama fera également un petit retour au sein des années 80 par le biais de quelques films rares considérés comme des œuvres incontournables.

Cette année est aussi celle du centenaire de la naissance du grand maître Akira Kurosawa. C’est donc l’occasion pour (re)découvrir son œuvre durant l’hommage qui lui sera rendu à la Cinémathèque française.

Sadao Yamanaka sera également à l’honneur, cinéaste mort en 1938 et plutôt méconnu en France. Sur la vingtaine de films qu’il a réalisés, seuls trois ont survécu et seront alors projetés à la Maison de la Culture du Japon.

Koji Wakamatsu sera quant à lui présent au Forum des Images où il présentera une sélection de ses films.

Shinobu Terajima, qui a reçu l’Ours d’argent de la meilleure actrice au dernier Festival de Berlin pour sa prestation dans le Soldat de Dieu, sera à l’honneur au MK2 Bibliothèque.

Le CentQuatre accueillera les 10, 11 et 12 juillet trois projections événementielles autour du thème Histoires de fantômes japonais.

Alors à tous les adeptes du cinéma japonais et à tous ceux qui souhaitent le découvrir, je dirai juste mata né

Le nouveau film de Mamoru Oshii à Locarno

Posté par vincy, le 11 juin 2009

lastsamurai.jpgLocarno montre ses crocs. La 62e édition s'annonce riche et variée. Le Festival, qui se tiendra du 5 au 15 août, vient d'annoncer qu'il avait sélectionné le dernier film écrit et conçu par Mamoru Oschii (Ghost in the Shell), l'un des maîtres du manga japonais, et réalisé par Mizuho Nishikub. Musashi : The Dream of the Last Samurai sort au Japon ce week end.

Selon le directeur artistique de Locarno, Frédéric Maire, "son esthétique renvoie au meilleur du cinéma d’animation japonais, mais également aux grands chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma nippon. Le mélange de styles et de genres propose un univers unique et postmoderne qui trouve idéalement sa place dans la programmation du Festival, attentif, depuis toujours, à faire découvrir de nouveaux langages".

Notons que la retrospective de la 62ème edition, intitulée “Manga Impact”, sera consacrée au monde de l’animation japonaise.

Meilleur film en langue étrangère : Departures, un Oscar arrivé à temps

Posté par vincy, le 23 février 2009

Il a battu les deux favoris: Valse avec Bashir et Entre les murs. Okuribito (Departures) est le quatrième Oscar pour un film japonais dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. C'est surtout la première fois depuis 1955 qu'un film nippon emporte la statuette, succédant ainsi à Rashomon (Akira Kurosawa, 1951), Jigokumon (Teinosuke Kinugasa, 1954) et Samurai The Legend of Musashi (Hiroshi Inagaki, 1955). 54 ans d'attente, malgré de nombreuses sélections. La dernière remontait cependant à 2003.
Departures n'est pas sorti de nulle part. Le film de Yojiro Takita avait même remporté le Grand prix des Amériques au Festival des Films du monde de Montréal l'an dernier.
Grâce à cet Oscar, le Japon entre dans le club très fermé des cinématographies ayant reçu plus de 4 Oscars, après l'Italie, la France et ex-aequo avec l'Espagne.

Les 100 plus beaux films du cinéma au Reflet Médicis

Posté par vincy, le 18 novembre 2008

citizenkane.jpgLe critique Claude-Jean Philippe a initié cette programmation insolite intitulée Les 100 plus beaux films du cinéma. Ainsi, cent personnalités du 7e Art - scénaristes, critiques, cinéastes, producteurs, ... - ont désigné leur Top 100.

Du 17 novembre 2008 au 6 juillet 2009, le cinéma parisien Le Reflet Médicis diffusera deux à trois de ces classiques en version originale.

Ouvrant avec Lola de Jacques Demy, le festival enchaînera evc Citizen Kane, La règle du jeu, Mulholland Drive, Les temps modernes, Les 400 coups, Parle avec elle, La mort aux trousses...

Parmi les cinéastes plusieurs fois cités, et donc projetés, on notera la présence de Federico Fellini, Kenji Mizogushi, Jean Renoir, Alfred Hitchcock, Vincente Minelli, Charlie Chaplin, Max Ophuls, Jean-Luc Godard, Jacques Tati, Howard Hawks et Francis Ford Coppola. L'absence de films venus d'Amérique latine, d'Afrique ou même de Chine, montre cependant que le patrimoine cinématographique se concentre autour de cinq grandes cinéphilies : Etats-Unis, Russie, Italie, France et Japon.

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Au Reflet Médicis
3-5, rue Champollion 75005 Paris

Tout le programme
Tarifs. Plein : 8 euros 90, réduit : 6 euros 80, scolaire : 4 euros 30, matinée : 5 euros 90 ; Tarif réduit pour étudiants, chômeurs, + de 60 ans et familles nombreuses, du lundi au vendredi jusqu’à 17h30, - de 18 ans et carte imagin’R, tous les jours.
Cartes Les Ecrans de Paris, UGC illimité et Le Pass acceptées.

Akitsu Shima : le musée Guimet poursuit son exploration du Japon

Posté par MpM, le 10 novembre 2008

La balade de NarayamaAprès le cycle "Edo", consacré aux films traitant de la période de repli du Japon sur lui-même, l’auditorium du Musée Guimet s’intéresse à un autre aspect du pays du soleil levant : sa spiritualité. A partir du 12 novembre, et ce jusqu’à la fin du mois de janvier 2009, la programmation invite en effet à partir à la découverte des croyances et courants spirituels d’"Akitsu Shima".Cette expression, qui signifie "l’île aux libellules", fut d’après l’histoire mythologique du Japon ancien le premier nom donné au pays, et renvoie à un passé ancestral qui vit la naissance du shintoïsme. Cette religion antique (littéralement : "la voie des Dieux") désigne l’ensemble des pratiques culturelles ancestrales, par opposition au bouddhisme venu de Chine au VIe siècle.

Car au Japon, la spiritualité est multiple et traditionnelle, reposant souvent sur l’oralité (comme les rituels de l’archipel de Yaeyama filmées dans La transmission de la tradition d’Antonio Guerreiro ou la récitation et le chant de contes héroïques des Aïnus d’Hokkaido racontés par Ken Oguri) et la répétition de rites immémoriaux. Ainsi la tradition de l’ascèse de la marche (L’entrée dans la montagne de Daniel Moreau) ou celle de la marche éternelle d’Ajari (Les milles jours de Daniel Moreau). Sans oublier les écoles zen (Le zen, son esprit et sa culture), la cérémonie du thé reconnue comme l’une des voies pour atteindre la sérénité et le calme de l’âme par le maître de thé Sen no Rikyu (La mort d’un maître de thé de Ken Kumai) et la fête des morts (La saison des fantômes de Caroline Laffon et Sylvain van Eeckhout).

En alternance avec cette exploration métaphysique de l’âme japonaise, l’auditorium Guimet propose une rétrospective de l’œuvre de Shohei Imamura, l’une des figures les plus marquantes de la Nouvelle vague japonaise, ancien assistant d’Ozu et observateur acéré de la société nippone. On pourra ainsi (re)découvrir sept de ses plus grandes œuvres, parmi lesquelles La balade de Narayama et L’Anguille (tous les deux palmes d’or à Cannes respectivement en 1983 et 1997) ou encore Pluie noire (qui aborde le drame d’Hiroshima), Kanzo Sensei (Docteur Akagi) et son dernier long-métrage, De l’eau tiède sous un pont rouge.

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Du 12 novembre 2008 au 30 janvier 2009
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

Miyazaki prépare sa succession

Posté par MpM, le 12 août 2008

L’heure de la retraite aurait-elle vraiment sonné pour le père de Chihiro, Mononoké et Nausicaa ? Hayao Miyazaki, qui a annoncé à plusieurs reprises son désir de mettre
un terme à sa carrière, semble avoir donné le feu vert aux Studios Ghibli pour lui trouver un successeur. Ceux-ci ont en effet lancé le 5 août dernier un appel à candidatures afin de recruter une vingtaine d’apprentis techniciens d’animation. Ces "disciples" soigneusement choisis auront l’extrême privilège de suivre pendant deux ans une formation dispensée par le célèbre créateur d’animés japonais en personne.

Contrairement à de nombreuses sociétés de production d’animation concurrentes, qui ont de plus en plus souvent recours à des sous-traitants bon marché en Chine ou au Vietnam, Ghibli entend en effet conserver un très haut niveau de qualité et de maîtrise. Depuis sa fondation par Miyazaki et Isao Takahata au milieu des années 80, le studio n’a ainsi jamais cessé d’utiliser une technique traditionnelle. Chaque dessin est exécuté à la main avant d’être scanné, puis colorié et animé par ordinateur. Les nouvelles recrues devront donc se plier aux traditions de la maison et tenter de trouver leur place dans l’univers à la fois très poétique et très dérangeant de Miyazaki. Pas sûr pour autant que Ponyo sur la falaise (le dernier opus en date, présenté en compétition à Venise) soit réellement l’ultime réalisation du Maître, qui a habitué ses fans à ses fausses sorties suivies de vrais retours...