Cannes 2012 : les (nombreux) prétendants français

Posté par vincy, le 26 mars 2012

Cannes 2012. Chapitre 4 : les films qui pourraient venir sur la Croisette. On achève ce teasing avec les films français.

Au maximum, ils seront 4 en compétition : nul ne doute que les sélection parallèles iront piocher ailleurs. Il y a quand même quelques éléments pour faire le tri : ceux qui ont déjà été en compétition, comme Cantet, Assayas, Audiard, Giannolli, Miller, Ozon ou Resnais partent avec un peu plus d'avantages. De même on voit mal Depardon ne pas être, ad minima, hors-compétition.

Il est évident que certains affichent un casting qui mériterait le tapis rouge. On pense au Carax, qui mixe Eva Mendès, Kylie Minogue et Michel Piccoli! Mais Cannes aime aussi promouvoir des nouveaux auteurs, au style singulier : le tandem Delépine/Kervern a toutes ses chances. Tout est question d'équilibre.

Puisque c'est dans cette longue liste que les choix sont les plus cruels, nous ne nous avancerons pas. Même si le film de Jacques  Audiard semble désormais optionné (date de sortie avancée à mai, et en plus un jeudi). A l'inverse, le Resnais est prévu dans les salles en avril. Sauf si...

Avec une ancienne Palme d'or, des chouchous de la Croisette, des cinéastes de la nouvelle génération qui n'ont jamais monté les marches, la représentation française est en surnombre. Certains feront aussi le choix de Venise... Ozon avait ainsi refusé que Potiche soit en clôture de Cannes pour finalement aller sur la lagune italienne.

- Jean-Pierre Améris (L'homme qui rit, avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner et Marc-André Grondin)

- Alexandre Arcady (Ce que le jour doit à la nuit, avec Anne Parillaud, Vincent Perez et Anne Consigny)

- Olivier Assayas (Après mai, avec Lola Créton et Dolores Chaplin)

- Yvan Attal (Do not Disturb, avec François Cluzet)

- Jacques Audiard (De rouille et d'os, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners et Céline Sallette)

- Sandrine Bonnaire (J'enrage de mon absence, avec William Hurt, Alexandra Lamy et Augustin Legrand)

- Stéphane Brizé (Quelques heures de printemps, avec Vincent Lindon, Emmanuelle Seigner et Hélène Vincent)

- Laurent Cantet (Foxfire, avec Michelle Nolden, Ali Liebert, Tamara Hope et Matthew Deslippe)

- Léos Carax (Holly Motors, avec Eva Mendes, Kylie Minogue, Michel Piccoli, Denis Lavant et Edith Scob)

- Raymond Depardon et Claudine Nougaret (Journal de France, documentaire)

- Jacques Doillon (Un enfant de toi, avec Lou Doillon, Samuel Benchetrit et Malik Zidi)

- Valérie Donzelli (Main dans la main)

- Hélène Fillières (Les adorés, avec Laetitia Casta, Benoît Poelvoorde et Richard Bohringer)

- Xavier Giannoli (Superstar, avec Cécile de France, Mathieu Amalric et Kad Merad)

- Gustave Kervern et Benoît Delépine (Le grand soir, avec gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Barbet Schroeder, Yolande Moreau et Brigitte Fontaine)

- Marion Laine (Un singe sur l'épaule, avec Juliette Binoche, Edgar Ramirez et Romain Rondeau)

- Anne Le Ny (Cornouailles, avec Vanessa Paradis, Samuel le Bihan, Aurore Clément, Jonathan Zaccaï et Laurent Stocker)

- Patrice Leconte (Le magasin des suicides, animation)

- Noémie Lvovsky (Camille redouble, avec Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Yolande Moreau, Anne Alvaro et Denis Podalydès)

- Claude Miller (Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche)

- François Ozon (Dans la maison, avec Kristin Scott-Thomas, Emmanuelle Seigner et Frabrice Luchini)

- Bruno Podalydès (Adieu Berthe ou l'enterrement de mémé, avec Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier et Catherine Hiegel )

- Alain Resnais (Vous n'avez encore rien vu, avec Mathieu Amalric, Lambert Wilson, Michel Piccoli, Anne Consigny, Sabine Azéma et Pierre Arditi)

- Brigitte Rouän (Tu honoreras ta mère et ta mère, avec Nicole Garcia, Eric Caravaca, Gaspard Ulliel, Julie Gayet et Patrick Mille)

- Sylvie Verheyde (Confessions d'un enfant du siècle, avec Charlotte Gainsbourg, Pete Doherty, Lily Cole, et August Diehl)

The Artist, Intouchables et Polisse films préférés des Français en 2011

Posté par vincy, le 23 février 2012

Selon l’Observatoire du Public des Films de Médiamétrie, le film français préféré du public (parmi les nommés aux Césars) est évidemment Intouchables avec la note jamais atteinte de 9,2 sur 10. Suivi de Polisse, favori des Césars avec 13 nominations, et The Artist, en lice pour 10 Oscars, qui suscitent tous deux la note de 8,2 sur 10.

Médiamétrie a aussi enregistré le "buzz" en ligne de ces films. Par exemple, sur Twitter, The Artist s’arroge 46% de part de conversation (effet Oscars + Dujardin), Intouchables 32% et Polisse 15%.

L'institut explique : "Ce buzz fait désormais partie intégrante de la vie d’un film, devenant le « bouche à oreille » numérique de notre époque. Médiamétrie a étudié les conversations générées sur Internet - blogs, forums, réseaux sociaux, médias traditionnels en ligne - par les films et les acteurs et actrices depuis l’annonce des nominations aux César le 27 janvier 2012."

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L’Observatoire du Public des Films permet d’obtenir le profil du public de tous les films ayant réalisé au moins 300 000 entrées, soit environ 130 films par an, ainsi que leur appréciation depuis septembre 2008. 48 600 interviews réalisées par internet (système CAWI) entre le 6 février 2011 et le 14 février 2012, constituant un échantillon représentatif des spectateurs « 12 derniers mois » âgés de 6 ans et plus. BuzzMetrics mesure et analyse l’e-réputation des marques et des entreprises. Il effectue une recherche approfondie des commentaires et avis publics des internautes sur les réseaux sociaux, les blogs, les forums ainsi que les plateformes de micro-blogging via une technologie propriétaire.

Bilan 2011 : 466 films sortis en France réalisent moins de 100 000 entrées

Posté par vincy, le 30 janvier 2012

Le box office français a été flamboyant en 2011. Mais on constate une grande disparité entre les films.

4 d'entre eux ont dépassé les 5 millions d'entrées (2 français, 2 américains) : Intouchables survole évidemment et largement ses concurrents, devant Rien à déclarer, le final d'Harry Potter et Les aventures de Tintin.

16 films, dont seulement deux français (Polisse et Les femmes du 6e étage) ont franchi la barre des 2 millions d'entrées. Le discours d'un roi, anglo-australien, est le seul film non américain à se glisser dans ce haut du tableau.

32 films ont attiré entre 1 et 2 millions de spectateurs. La moitié sont français (et les trois quarts d'entre eux sont des comédies ou des films d'animation) et l'autre moitié sont des productions américaines.

54 films ont passé le cap des 500 000 cinéphiles. C'est aussi là que des films ni américains, ni français se glissent dans le tableau d'honneur : Arrietty (Japon), Une séparation (Iran), La piel que habito (Espagne), Habemus Papam (Italie) et Le gamin au vélo (Belgique).

72 films enregistrent entre 200 000 et 500 000 entrées. Là aussi, on note quelques films étrangers (hormis les américains) : Melancholia (Danemark), Et maintenant on va où (Liban), A Dangerous Method (Canada), 127 heures (Royaume Uni), Pina (Allemagne), Johnny English le retour (Royaume Uni), Incendies (Canada), Même la pluie (Espagne), Shame (Royaume Uni), Detective Dee (Chine).

On voit bien que le cinéma européen reste plus attractif que le cinéma asiatique.

58 films sont au dessus des 100 000 entrées. Parmi lesquels Le Havre qui ne faisait que débuter sa carrière en 2011.

Un tiers des films sortis en 2011 ont donc réalisé un box office supérieur à 100 000 entrées.

Il reste donc 466 films, les deux tiers!, qui ont été beaucoup moins chanceux. 52 d'entre eux n'ont même pas atteint les 1 000 entrées. Et ce ne sont pas seulement des reprises.

Il est temps de s'interroger sur les circuits de distribution des films : l'encombrement des sorties le mercredi, la saturation médiatique de certains films au détriment d'autres marginalisés, l'inégalité des moyens marketing, le coût même d'une sortie en salles devraient conduire, à la vue de ces chiffres, à une prise de conscience pour un bon tiers des films.

Et cela ne concerne pas forcément les films dit d'auteurs. Certains sont distribués au nom d'une diversité (des cinéastes venus de pays dont le cinéma est rarement diffusé), d'autres ne trouvent pas leur public pour les raisons énoncées plus haut mais pas pour leur manque de qualité. Les studios hollywoodiens sont aussi responsables avec des sorties techniques qui parasitent le marché.

On ne peut jamais prévoir le succès, ou l'insuccès d'un film. Mais à l'heure de la Vidéo à la Demande et du téléchargement légal, des chaînes de cinéma sur une TV devenue numérique, on peut s'interroger sur le bien fondé d'une salle de cinéma comme passage obligé pour diffuser une oeuvre.

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Sundance 2012 : une France en 3D avec Delpy, Donzelli et Dupieux

Posté par vincy, le 19 janvier 2012

Sur les 117 films présentés cette année au Festival de Sundance, qui débute ce soir, trois sont français. Un seul est en compétition, ce qui est en soi exceptionnel. Le Festival a en effet sélectionné WRONG, le nouveau film de Quentin Dupieux (alias Mr. Ozio), à qui l'on doit déjà Steak et Rubber. WRONG est l'histoire de Dolph, qui recherche son chien perdu et fait des rencontres hasardeuses où il risque de perdre son esprit et son identité. Le film met en vedette Jack Plotnick, Eric Judor, Alexis Dziena et William Fichtner. C'est une avant-première mondiale.

Autre avant-première mais nord-américaine, celle de La guerre est déclarée. Le film de Valérie Donzelli, qui était en lice pour les Oscars mais a été recalé, a déjà remporté plusieurs prix depuis sa longue ovation en ouverture de la Semaine de la critique à Cannes : Meilleur film, actrice et acteur au Festival de Gijon, Grand prix à celui de Cabourg, prix du jury, prix du public et prix des blogueurs à Paris Cinéma.

Enfin, l'un des événements prestigieux du Festival sera l'avant)première mondiale de 2 Days in New York, la suite de 2 Days in Paris. Quelques mois après Le Skylab, la réalisatrice-scénariste-actrice Julie Delpy prolonge ses angoisses existentielles, familiales et amoureuses en changeant de partenaire masculin. Adam Goldberg est remplacé par Chris Rock. Une comédie annoncée comme explosive où les tempéraments sont mis à rude épreuve. Le premier film avait remporté un joli succès aux USA, en Australie et dans plusieurs pays européens.

Bilan 2011 : un record de 45 ans pour le cinéma français

Posté par vincy, le 3 janvier 2012

Avec 215,6 millions d'entrées en 2011, les salles de cinéma françaises ont connu une fréquentation record, inégalée depuis 1966 '234,2 millions d'entrées), quand la télévision n'était pas encore dans tous les foyers. Ce résultat est essentiellement du à une activité très dynamique au second semestre, et particulièrement dans les deux derniers mois de l'année.

C'est une hausse de 4,2% par rapport à 2010, qui était déjà considéré comme une année "exceptionnelle" avec un niveau jamais atteint depuis 1967.

Le cinéma français a vu ses entrées progresser de 21,4% en attirant 89,6 millions de spectateurs (41,6% de parts de marché, en forte hausse par rapport à 2010). Jamais depuis 1984, le cinéma national n'avait attiré autant de spectateurs. Le phénomène d'Intouchables et dans une moindre mesure le gros succès de Rien à déclarer n'y sont pas étrangers.

Au total, 105 films ont dépassé les 500 000 entrées, dont 35 films français. 9 films, dont 2 français, ont fédéré plus de 3 millions de spectateurs. 52 films ont été millionnaires, dont 20 français.

Les 10 films français les plus chers de l’année

Posté par vincy, le 22 mars 2011

261 films ont été produits en 2010, pour 1,4 milliards d'euros. La crise est désormais passée. Tout est en hausse : coproductions, productions, ... Pourtant, on produit un peu moins de premier et deuxième films (47,3% des productions). Cela n'empêche pas les devis d'exploser : 5, 48 millions d'euros pour le coût moyen d'un film. La moitié des films dépassent les 4 millions d'euros. Les producteurs investissent directement 300 millions d'euros, mais la source principale de financement reste les préachats TV (321 millions d'euros).

Les dix plus gros budgets ne versent pas dans la démesure. Disons qu'on a connu plus flamboyant... Notons qu'Europacorp, la société de Luc Besson, classe quatre films dans ce palmarès des films chers.

1. Le marsupilami (Chez Wam) d'Alain Chabat. 39,34 millions d'euros

2. Columbiana (Europacorp) d'Olivier Megaton. 32,13 millions d'euros

3. Un monstre à Paris (Europacorp) de Bibo Bergeron. 28,22 millions d'euros

4. La Vérité si je mens ! 3 (La Vérité) de Thomas Gilou. 25,5 millions d'euros

5. Largo Winch II (Pan Européenne) de Jérôme Salle. 25,5 millions d'euros

6. Rien à déclarer (Pathé) de Dany Boon. 24,43 millions d'euros

7. Dans la lumière (Europacorp) de Luc Besson. 22,11 millions d'euros

8. La mécanique du coeur (Europacorp) de Mathias Malzieu et Stéphane Berla. 19,56 millions d'euros

9. On the Road (MK2) de Walter Salles. 19,28 millions d'euros.

10. Les Lyonnais (LGM) d'Olivier Marchal. 18,68 millions d'euros

(source Le film français)

Cannes 2011 (cinéma français) : il n’y aura pas assez de place pour tout le monde…

Posté par vincy, le 24 février 2011

André Téchiné (Impardonnables), Mathieu Kassovitz (L'ordre et la morale), Robert Guédiguian (Les pauvres gens), Claude Miller (Voyez comme ils dansent)... les habitués français du Festival de Cannes vont se bousculer. Promotion en compétition, abonnement à une sélection parallèle, confirmation ou révélation : le cinéma français offre une diversité dont pourrait tirer bénéfice le festival dans son ensemble.

L'animation peut ainsi proposer deux films : The Prodigies - La nuit des enfants rois et Le chat du Rabbin.

Certains cinéastes sont déjà venus à Cannes : Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Poulet aux prunes), Mia Hansen Love (Un amour de jeunesse), Dominik Moll (Le moine), Bertrand Bonello (L'apollonide), Nicolas Klotz (Les amants), Christophe Honoré (Les bien-aimés), Patricia Mazuy (Sport de filles). Souvent Cannes est leur salut pour promouvoir des films difficiles.

Mais il serait presque souhaitable que les sélectionneurs piochent dans de nouvelles signatures, reconnues par ailleurs. Radu Mihaileanu, qui sort du Concert, avec La source des femmes Roschdy Zem qui revient sur un fait divers réel avec Omar m'a tuer ; Xavier Durringer qui retrace l'ascension vers l'Elysée de Nicolas Sarkozy sans La conquête ; Virginie Despentes, récent prix Renaudot en littérature, qui adapte son roman Bye Bye Blondie ; Philippe Lioret qui va très bien, on ne s'en fait pas depuis le succès de Welcome, avec Toutes nos envies.

Et puis, on peut imaginer le dépucelage de Michel Hazanavicius (The Artist), le retour de Chantal Ackerman (La folie Almayer) et de Nicolas Klotz (Les amants), les noms à apprendre de Malgoska Szumowska (Sponsoring), Ismael Ferrouki (Les hommes libres)...

Cannes aura de quoi trier. Mélanie Laurent (Adoptés), Santiago Airogerna (Another Kind of Silence), Delphine et Muriel Coulin (17 filles) permettraient d'insuffler de nouveaux regards dans un festival qui aime se singulariser.

Une chose est sûre : il n'y aura pas de place pour tout le monde...

16ème cérémonie des Prix Lumières : à l’ombre des événements tunisiens

Posté par Claire Fayau, le 15 janvier 2011

Le palmarès :

Meilleur Film et prix CST (image) : Des hommes et des dieux ; Réalisateur et scénario : Roman Polanski ; Acteur: Michael Lonsdale (Des hommes et des dieux)  ; Actrice : Kristin Scott-Thomas (Elle s'appelait Sarah) ; Film francophone : Un homme qui crie ; prix TV5 monde : Illégal ; Espoir masculin : Antonin Chalon (No et moi) ; Espoir féminin : Yahima Torres(Vénus Noire) - toutes les nominations

Des absents, des présents à l'esprit ailleurs, et Polanski :

Certains lauréats n'étaient pas présents, comme Kristin Scott-Thomas, retenue en Grande-Bretagne, qui devrait décerner le trophée spécial à Roman Polanski. Par conséquent, ce fut Irène Jacob qui eut l'honneur de remettre sa Panthère (le prix des Lumières)  au cinéaste franco-polonais. Quant au Maire de Paris, Bertrand Delanoë, il n'a pas pu ouvrir la cérémonie, étant invité par France 2 à s'exprimer sur la Tunisie, où il est né et réside chaque été. Quant aux présents ils avaient pour certains l'esprit ailleurs. Michel Reilhac, directeur du cinéma à ARTE, lance un premier tweet : "Maintenant on regarde "Deux hommes et une armoire", court metrage primitif (il avait 19 ans, ndlr) de Roman Polanski pendant que Ben Ali est emmene en orbite #bizarre." Ecran Noir lui demande si l'on parle de la Tunise durant cette soirée. Il nous répond : "Je viens de proposer a la maitresse de cérémonie qu'on fasse une déclaration et un point info a la fin de la cérémonie."

Dans la salle, on projette un hommage en images à Roman Polanski, grâce au musée du cinéma de Lodz. Ce dernier est resté discret, disant qu'il ne méritait pas tous ces honneurs. Il a glissé que ces prix comptaient beaucoup pour lui, surtout parce qu'ils venaient des journalistes qui n'ont pas toujours été ses "meilleurs amis".

Michael Lonsdale, 79 ans, semblait très heureux de recevoir le prix du meilleur acteur, d'autant plus qu'il n'avait jamais été primé auparavant. L'acteur nous a parlé de grâce, et de quelqu'un tout "là -haut", ajoutant une touche de spiritualité aux paillettes.

Autre moment de poésie nous détachant un peu plus du réel, le court -métrage d'animation offert par Michel Ocelot (créateur de  Kirikou) : Le Garçon qui ne mentait jamais.


"Dès que nous oublions l’objet grave d’une solennité ou d’une cérémonie, ceux qui y prennent part nous font l’effet de s’y mouvoir comme des marionnettes." - Henri Bergson

Le président de cérémonie, François Berléand, a fait rire l'assistance avec son " Et maintenant, le moment que vous attendez tous : mon discours".

Mais la palme du jeu de mots revient à Xavier Beauvois : "Merci les lumières. Merci les frères. Merci les frères Lumière !". Beauvois, dans sa joie, n'a pas oublié  l'actualité et, en parlant d'ombre succédant à la lumière,  a évoqué le sort de Jafar Panahi. Car au-delà de la Tunisie, les artistes et des citoyens doivent encore lutter dans de nombreux pays, de la Chine au Vietnam en passant par l'Iran ou le Vénézuéla.

Les Prix Lumières 2010: Polanski et Berléand en têtes d’affiche

Posté par Claire Fayau, le 14 janvier 2011

L'équivalent des Golden Globes américains, les Prix Lumières de la critique internationale sont attribués chaque année aux meilleurs films du cinéma français (ou francophone) par des représentants de la presse internationale en poste à Paris.

Ce soir seront également attribués le Prix du Public de TV5 Monde et le Prix CST pour le Chef Opérateur le plus remarqué de l’année 2010. Une répétition générale avant les Césars...

François Berléand présidera la cérémonie à l'Hôtel de Ville. Logique que Bertrand Delanoë, maire de la Capitale, ouvre la soirée. Mais le moment fort ce sera évidemment le Trophée d'honneur remis à Roman Polanski par Kristin Scott-Thomas (qui fut son actrice dans Lunes de Fiel).

MEILLEUR FILM
Carlos, le film d’Olivier Assayas
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar
The Ghost Writer de Roman Polanski
L’Illusionniste de Sylvain Chomet

MEILLEUR REALISATEUR
Mathieu Amalric pour Tournée
Olivier Assayas pour Carlos
Xavier Beauvois pour Des hommes et des dieux
Roman Polanski pour The Ghost Writer
Joann Sfar pour Gainsbourg (vie héroïque)

MEILLEUR SCENARIO
Julie Bertuccelli pour L’Arbre
Olivier Lorelle, Rachid Bouchareb pour Hors-la-loi
Robert Harris, Roman Polanski pour The Ghost Writer
Michel Leclerc, Baya Kasmi pour Le Nom des gens
Géraldine Nakache, Hervé Mimran pour Tout ce qui brille

MEILLEURE ACTRICE
Juliette Binoche pour Copie conforme d’Abbas Kiarostami
Isabelle Carré pour Les Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris
Catherine Deneuve pour Potiche de François Ozon
Ludivine Sagnier pour Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud
Kristin Scott Thomas pour Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner

MEILLEUR ACTEUR
Romain Duris pour L’Arnacoeur de Pascal Chaumeil et L’Homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau
Eric Elmosnino pour Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar
Michael Lonsdale pour Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Édgar Ramírez pour Carlos de Olivier Assayas
Lambert Wilson pour Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois et La
Princesse de Montpensier
de Bertrand Tavernier

MEILLEUR ESPOIR FEMININ
Lolita Chammah pour Copacabana de Marc Fitoussi
Linda Doudaeva pour Les Mains en l’air de Romain Goupil
Marie Féret pour Nannerl, la soeur de Mozart de René Féret
Nina Rodriguez pour No et moi de Zabou Breitman
Yahima Torres pour Vénus Noire d’Abdellatif Kechiche

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Emile Berling pour Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier
Nahuel Perez Biscayart pour Au fond des bois de Benoît Jacquot
Antonin Chalon pour No et moi de Zabou Breitman
Jules Pelissier pour Simon Werner a disparu de Fabrice Gobert
Aymen Saïdi pour Dernier étage, gauche, gauche d’Angelo Clanci

MEILLEUR FILM FRANCOPHONE (hors France)
Amer d’Hélène Cattet, Bruno Forzani (Belgique, France)
Les Amours imaginaires de Xavier Dolan (Québec)
Un Homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun (France, Belgique, Tchad)
Illégal d’Olivier Masset-Depasse (Belgique, Luxembourg, France)
Orly d’Angela Schanelec (Allemagne, France)

2011 : 11 films français qu’il ne faudra pas manquer

Posté par kristofy, le 5 janvier 2011

Si l’on devait faire une liste des films les plus attendus de cette année 2011 qui commence la liste serait en fait bien trop longue, et il y aura encore un déséquilibre entre les grosses productions qui sortent sur un millier d’écrans et des premiers films fragiles distribués à moins de cent copies…

Comme déjà dit ici, il serait périlleux que seuls les grands opéras pyrotechniques attirent les foules, comme il serait suicidaire que le cinéma soit réduit à des films élitistes… Voir 2010 – Films : un grand écart pour que vive le 7e art

Voici une liste des 11 films français à attendre pour 2011 : prenez note, et rendez-vous au cinéma.

- Angèle et Tony, de Alix Delaporte : Le film nous a fait très bonne impression à Venise, où la réalisatrice avait d’ailleurs déjà gagné un Lion d'Or du meilleur court métrage en 2006. L’histoire est celle d'Angèle (Clotilde Hesme dans son meilleur rôle) qui est une ancienne détenue qui veut retrouver une vie stable pour récupérer son petit garçon. Pour sa réinsertion elle cherche à reformer un semblant de cellule familiale avec un homme et un  toit, elle rencontre alors Tony un marin pêcheur (Grégory Gadebois, de la Comédie française), une étape ou un nouveau départ ? Sortie le 26 janvier 2011.

- Les Bien-Aimés, de Christophe Honoré : Presque un film chaque année et déjà son huitième long-métrage, et peut-être son plus ambitieux. L’histoire va raconter deux époques avec les années 60 quand les chars russes envahissent Prague au moment où Madeleine quitte Paris pour rejoindre son nouveau mari, et les années 90 où Véra (la fille de Madeleine) tombe amoureuse à Londres : toutes deux chanteront à leur manière cette fin de 20ème siècle… Avec un casting prestigieux qui réunit Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, également Louis Garrel et Ludivine Sagnier.

- Bye Bye Blondie, de Virginie Despentes : Depuis son premier film Baise-moi à l’impact immense (jusqu’à un débat toujours pas terminé sur l’interdiction aux moins de 18 ans comme censure économique…), ses autres romans ont été adaptés au cinéma par d’autres réalisateurs et cette fois c’est elle qui s’en charge. L’histoire est celle des retrouvailles entre Gloria (Béatrice Dalle) restée à Nancy sans travail ni famille à vivre au jour le jour au bar du coin, et Frances (Emmanuelle Béart) devenue animatrice de télévision à Paris et mal mariée. Elles ne se sont pas vues depuis 1985 et elles ont évolué dans deux mondes opposés… Au casting avec de duo inédit il y a aussi Pascal Greggory, Soko, et Stomy Bugsy. Sortie juin 2011.

- The Divide, de Xavier Gens : Ce film est certes plus américain mais en même temps c’est sans doute que là-bas que son histoire était la plus crédible. C’est un exemple du genre de projet que les productions françaises ne peuvent pas encore soutenir hormis Luc Besson avec Europa Corp, avec qui le réalisateur français avait déjà travaillé pour Frontière(s) et Hitman. Cette fois Xavier Gens tient enfin son film de genre fantastique rêvé, avec budget confortable et casting international. L’histoire est celle d’un groupe de personnes réfugiées dans un sous-sol une explosion cataclysmique qui a détruit New-York, quand des hommes armés et vêtus de combinaisons anticontamination arrivent de l’extérieur : les rescapés vont vivre un enfer… Avec Milo Ventimiglia, Michael Biehn, Rosanna Arquette, Lauren German, Peter Stormare.

- La Permission de Minuit, de Delphine Gleize : Après avoir été remarquée à Cannes avec ses courts-métrages puis avec Carnages, son second film L'homme qui rêvait d'un enfant (le dernier rôle de Darry Cowl) a été presque invisible (à peine plus de 1000 spectateurs !), depuis elle a co-réalisé avec Jean Rochefort le documentaire Cavaliers seuls. L’histoire est celle d’une amitié hors normes entre un garçon de 13 ans (Quentin Challal) atteint d’une déficience génétique rare et incurable de la peau qui ne peut recevoir la lumière du jour et son dermatologue (Vincent Lindon), ils vont alors retrouver le goût du combat et une soif de vie… Avec aussi Emmanuelle Devos, Caroline Proust, Nathalie Boutefeu. Sortie le 9 mars 2011.

- 17 filles, de Delphine et Muriel Coullin : C’est le premier film de ces deux sœurs aux talents prometteurs, tourné à Lorient. L’histoire est celle de 17 adolescentes du même lycée en bord de mer (à Lorient) qui vont prendre ensemble une décision inattendue, et incompréhensible ni par les garçons ni par les adultes… Au casting des débutantes avec à leur tête la révélation Roxane Duran, et Louise Grinberg, Esther Garrel, Noémie Lvovsky, Florence Thomassin, Carlo Brandt.

- La Fée, de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy : Le trio original à l’irrésistible humour cocasse continue dans la veine de L'iceberg et de Rumba. L’histoire est celle de Dominique qui travaille comme gardien de nuit dans un hotel de Le Havre qui voit débarqué une femme sans valise ni chaussures : c’est Fiona qui dit être une fée qui lui accordera trois vœux. Après deux vœux exaucés elle disparaît...

- Le Moine, de Dominik Moll : Il s’agit d’une nouvelle adaptation (après Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière en 1972) du roman de Matthew Lewis, c’est le troisième film réalisé par Dominik Moll (co-écrit avec la scénariste Anne-Louise Trividic) et ce sera probablement sa troisième sélection à Cannes. L’histoire est celle du frère capucin Ambrosio qui a dévoué sa vie à Dieu et à l’éradication du péché, il a été nommé supérieur de son couvent dans le Madrid au début du XVIIème siècle. Mais il sera bientôt troublé par Rosario, une jeune novice défigurée… Autour de Vincent Cassel dans le rôle-titre il y aura Déborah François, Sergi Lopez, Geraldine Chaplin, et Roxane Duran.

- Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade, de Laurent Courtiaud et Julien Carbon : C’est le premier film en tant que réalisateurs de ce duo de scénaristes installés à Hong-Kong : on leur doit les histoires de Running out of time de Johnnie To, Black Mask 2 : City of Masks de Tsui Hark, et Le Talisman avec Michelle Yeoh. Les nuits rouges… est un film franco-chinois d’aventures autour d’une mystérieuse boite qui contient un élixir qui est convoité par beaucoup de monde qui va se combattre jusqu’à une longue scène de torture… Avec en vedette notre belle blonde Frédérique Bel dans un rôle où elle est très surprenante.

- Le Skylab, de Julie Delpy : Après La Comtesse elle enchaîne les tournages et travaille déjà sur 2 days in New-York (suite de 2 days in Paris) en compagnie de Chris Rock : elle est séparée avec son enfant et toute sa famille excentrique arrive… Pour Skylab l’histoire est un long flashback qui revient sur deux journées où des repas de familles en 1979 des discussions houleuses sur la politique, le racisme, la sexualité, l’éducation et autres névroses… Julie Delpy sera derrière et devant la caméra aux côtés de d’Eric Elmosnino, Sophie Quinton, Michèle Goddet, Aure Atika, Bernadette Lafont, Marc Ruchmann, Jean-Louis Coulloch, Noémie Lvovsky, Candice Sanchez, Valérie Bonneton, Denis Menochet, le jeune Vincent Lacoste, et bien entendu son père Albert Delpy.

- Tomboy, de Céline Sciamma : Après avoir été remarquée à Cannes avec Naissance des pieuvres (3 nominations au Césars, Prix Louis Delluc 2007), Céline Sciamma a participé au scénario du film d’Ivory Tower (présenté à Locarno). C’est l’histoire de Laure qui débarque sans connaître personne, en quête de nouveaux amis la jeune fille décide de s’habiller comme un garçon. Elle rencontre Lisa et elles deviennent proches, mais Lisa ne sait pas que son nouveau meilleur ami n’est pas un garçon… Un casting de débutantes Zoé Heran, Malonn Levana, Jeanne Disson, Sophie Cattani et avec Mathieu Demy.