34 révélations retenues pour les César 2019

Posté par vincy, le 12 novembre 2018

Comme chaque année, il y a des déceptions: les absents (Alice Isaaz, Romain Guillermic, Pauline Lorillard, Anaël Snoek, Jonathan Genet, Alban Lenoir, etc...) évidemment. Mais dans une année particulièrement ouverte pour la prochaine cérémonie, avec aucun favori qui ne se détache clairement, la liste des révélations qui sont proposées aux votants est variée. Mektoub my love, le dernier Kechiche, malgré son échec en salles, squatte 4 spots dans les deux catégories. A genoux les gars, Shéhérazade, Marche ou crève, Le monde est à toi cumulent aussi plus d'une citation dans les deux listes.

Les révélations féminines

Souad Arsane (A genoux les gars)
Ophélie Bau (Mektoub my love: canto uno)
Gelatea Bellugi (L'apparition)
Jehnny Beth (Un amour impossible)
Clémence Boisnard (La fête est finie)
Inas Chanto  (A genoux les gars)
Alexia Chardard (Mektoub my love: canto uno)
Laëtitia Clément (Luna)
Jeanne Cohendy (Marche ou crève)
Lily-Rose Depp (L'homme fidèle)
Kenza Fortas (Shéhérazade)
Lou Luttiau (Mektoub my love: canto uno)
Matilda Lutz (Revenge)
Sarah Perles (Sofia)
Camille Razat (L'amour est une fête)
Diane Rouxel (Marche ou crève)
Souheila Yacoub (Climax)

Les révélations masculines

Idir Azougli (Shéhérazade)
Max Baissette de Malglaive (Monsieur Je-sais-tout)
Anthony Bajon (La prière)
Jules Benchetrit (Au bout des doigts)
Shaïn Boumedine (Mektoub my love: canto uno)
Amir El Kacem (Abdel et la comtesse)
Thomas Gioria (Jusqu'à la garde)
Sofian Khammes (Le monde est à toi)
Roman Kolinka (Maya)
William Lebghil (Première année)
Karim Leklou (Le monde est à toi)
Grégoire Ludig (Au poste!)
Andranic Manet (Mes provinciales)
Félix Maritaud (Sauvage)
Christophe Montenez (Le retour du héros)
Dylan Robert (Shéhérazade)
Ahmed Sylla (Chacun pour tous)

Alain Chabat en Corée du sud

Posté par vincy, le 3 octobre 2018

Le tournage du nouveau film d'Eric Lartigau a commencé en début de semaine. Annoncé par Le Film Français, #jesuislà sera le 6e long métrage du cinéaste, et son premier depuis La famille Bélier, il y a quatre ans. Le tournage se déroulera en deux temps: cet automne puis au printemps prochain.

Pour ce nouveau film, il retrouve Alain Chabat, sa vedette de Prête-moi ta main (2006). Chabat, qui anime avec succès "Burger King" le mercredi sur TMC, a réalisé et interprété Santa et Cie l'an dernier (un semi-échec). Mais en tant qu'acteur, il n'a pas été tête d'affiche depuis 2014 (Réalité de Quentin Dupieux).

#jesuislà est coécrit par Laritgau et son partenaire de La famille Bélier Thomas Bidegain, scénariste de Jacques Audiard, mais aussi de Joachim Lafosse et Bertrand Bonello. Chabat incarne un homme tranquille, Stéphane, qui a repris le restaurant de son père et une vie normale: une ex-femme, deux fils adultes... Il tombe amoureux d'une sud-coréenne rencontrée sur Instagram. Et décide soudainement de lui rendre visite à Séoul. Encore faut-il la trouver. Et si, finalement, la découverte était ailleurs?

Soo sera interprétée par Doona Bae, comédienne, chanteuse et photographe. On a notamment pu la voir dans Sympathy for Mr. Vengeance de Park Chan-wook (2002), The Host de Bong Joon-Ho (2006), Air Doll de Hirokazu Koreeda (2009), Tunnel de Seong-hun Kim (2016), mais aussi chez les sœurs Wachowski dans leur film Cloud Atlas (2013), et dans leur sérieSense8.<

3 bonnes raisons d’aller voir Hostile de Mathieu Turi

Posté par kristofy, le 26 septembre 2018

Le pitch: Dans un monde en ruine après une catastrophe inconnue, l'espèce humaine tente de se reconstruire. Les survivants ne sortent que la journée car la nuit venue d’étranges créatures sortent pour chasser. Juliette est la seule à oser s’aventurer près des villes. Un jour, sur le chemin du retour, elle perd le contrôle de sa voiture. Lorsqu'elle reprend connaissance, elle est blessée, coincée dans son véhicule, et… IL FAIT NUIT.

Dans le désert personne ne vous entend crier, surtout la nuit quand s'approchent d'étranges créatures ! Malgré les apparences Hostile n'est pas un film d'horreur, l'ambiance survival est plus un décor car le vrai sujet du film est son personnage central. C'est une femme seule dans les/ses ténèbres, avec ce qui lui arrive maintenant et aussi ce qui s'est passé avant.

Hostile est un film de genre français : Julia Ducournau avait un peu réveillé le film de genre français avec Grave depuis Cannes jusqu'aux Césars. Cette année 2018 voit arriver dans les cinémas d'autres films de ce type en français : par exemple les zombies de La nuit a dévoré le monde en mars (avec Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant) ou un brouillard qui étouffe l'Humanité Dans la brume en avril (avec Romain Duris et Olga Kurylenko). Si le projet comporte un peu de violence ou du sang on sait que trouver un financement pour le produire ou un distributeur et des salles de cinéma ensuite (surtout si il y a une interdiction aux moins de 16 ans) s'avère un parcours du combattant. Un contexte qui incite à une coproduction internationale et à tourner en langue anglaise : comme Coralie Fargeat avec Revenge en février, Pascal Laugier avec Ghostland en mars, ou Xavier Gens avec Cold skin et The Crucifixion. Et comme Mathieu Turi avec son premier long-métrage (justement parrainé par Xavier Gens). Ce Hostile tourné en anglais entre New-York, Paris et le Maroc, et avec comme héroïne principale Brittany Ashworth a déjà été remarqué aux festivals fantastiques de Sitges et de Neufchâtel, et Mathieu Turi se révèle être un cinéaste prometteur.

Mon nom est Juliette, et j'ai survécu à l'apocalypse. Vous croyez que j'ai eu de la chance ? C'est faux...

Hostile est un film post-apocalyptique : Ce n'est pas la fin du monde, mais presque. Quelque chose s'est produit, notre société de confort telle qu'on la connait n'existe plus, l'Humanité est en train de disparaître, les quelques survivants luttent pour rester en vie. La situation est devenue classique autant au cinéma avec le succès du dernier Mad Max Fury Road qu'à la télévision avec la série Walking dead. Dans cette histoire Juliette est une survivante, elle doit lutter contre la faim et la soif, supporter une jambe cassée, et combattre d'étranges créatures qui surgissent la nuit !

Hostile c'est aussi une love-story : C'est bien connu que seul l'Amour pourrait sauver le monde, l'Amour est d'ailleurs Le Cinquième élément qui peut sauver la planète pour Luc Besson. C'est toute l'originalité de Hostile : l'histoire est celle de Juliette aujourd'hui qui se retrouve en mauvaise posture et seule (enfin presque) dans la nuit. Mais il y a différents flashbacks dans le passé (celui que l'on connaît, avant la catastrophe): Juliette était déjà dans une situation de lutte dans sa vie au moment où elle a rencontré un bel et sombre inconnu qui veut la séduire. Cette romance aura diverses répercussions dont le souvenir pourrait l'aider dans ce nouveau combat pour survivre dans la nuit...

La douleur aura le bonheur de représenter la France aux Oscars

Posté par vincy, le 21 septembre 2018

Ils étaient cinq en début de semaine. Il n'en reste qu'un, de manière claire et sans bavure. Face à un dilemme - une pré-sélection sans aucun favori, et chaque film avec ses forces et ses faiblesses - la commission chargée de désigner le candidat français à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère a choisi La douleur, d'Emmanuel Finkiel.

Cette adaptation du récit autobiographique éponyme de Marguerite Duras est sortie en janvier dernier, distribué par Les films du Losange. Il a séduit 330000 spectateurs. Aux Etats-Unis, distribué par Music Box (Monsieur Lazhar, Potiche, Frantz) depuis le 17 août, il a cumulé 82000$ de recettes, et n'a jamais dépassé les 11 copies.

Son seul concurrent était finalement Jusqu'à la garde, plusieurs fois primé à Miami, Palm Springs, San Sebastian et surtout Venise (Lion d'argent du meilleur réalisateur), avec 380000 entrées en France et 81000$ de recettes aux USA.

La douleur, avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel et Benjamin Bioley, avec sa facture historique et littéraire, l'a emporté, sans avoir reçu un seul prix dans un quelconque festival (il a fait son avant-première française à Angoulême et internationale à San Sebastian). La qualité du film est indéniable, mais il a face à lui Girl (Belgique), Les oiseaux de passage (Colombie), The Guilty (Danemark), Never Look Away (Allemagne), Sunset (Hongrie), The Cakemaker (Israël), Une affaire de famille (Japon), Roma (Mexico), Les héritières (Paraguay), Burning (Corée du sud), Border (Suède), Le poirier sauvage (Turquie), Donbass (Ukraine)...

Le dernier film en langue française à avoir remporté l'Oscar est Amour de Michael Haneke en 2013, 20 ans après Indochine de Régis Wargnier.

5 films français visent l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 17 septembre 2018

La France a pré-sélectionné cinq films en vue de choisir celui qui représentera le pays dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Avouons-le, on savait que la chose ne serait pas facile pour les responsables, qui a choisi cinq films réalisés par un homme malgré la prédominance des femmes dans la commission. D'une part, année après année, peu importe le genre, les prix, les critiques: la France n'est plus favorite. Le dernier Oscar dans cette catégorie remonte à 1993. On ne compte que deux films français nommés (trois avec Amour qui concourrait pour l'Autriche, qui au moins a gagné l'Oscar) et un en demi-finale depuis 2010.

A voir la liste, on se dit que ça ne va pas être plus facile face à des poids lourds comme Cold War, Une affaire de famille, Roma, Girl, Werk ohne autor, Burning... On tape dans le drame dur, la narration ou l'esthétique radicale, le sujet social. Ce qui ne retire rien à ces films, qui ont reçu de bonnes critiques y compris à Ecran Noir. Mais aucun n'a été un succès populaire, et, hormis Jusqu'à la garde, aucun n'a reçu de prix dans les grands festivals.

Climax de Gaspar Noé
La Douleur d’Emmanuel Finkiel
Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Mademoiselle de Joncquières d’Emmanuel Mouret
Les Quatre Sœurs de Claude Lanzmann

Le 21 septembre, la commission auditionnera le producteur et le vendeur international de chaque film présélectionné afin de désigner le candidat.

Teresa Cremisi, présidente de la commission d'Avance sur recettes, la cinéaste Claire Denis, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, Nicole Garcia, réalisatrice et comédienne, Isabelle Madelaine, productrice, Alain Terzian, président de l'Académie des César, et Serge Toubiana, président d'Unifrance, composent cette commission.

Venise 2018: Deux films français récompensés dans les sélections parallèles

Posté par vincy, le 7 septembre 2018

Claire Burger est la lauréate de la 15e édition des Giornate degli Autori (les Venice Days) de la Mostra de Venise avec son premier long métrage (en solitaire), C'est ça l'amour. La coréalisatrice (avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis) de Party Girl (Caméra d'or à Cannes il y a quatre ans) raconte l'histoire d'un père, dont l'épouse est partie, qui doit gérer le foyer et ses deux filles adolescentes.

Le film doit sortir cet automne.

Le jury, présidé par le réalisateur Jonas Carpignano, a souligné qu'il s'agissait d'un "film extrêmement personnel de la réalisatrice, une œuvre très pertinente sur les différentes situations auxquelles nous sommes confrontées dans nos vies, que nous soyons au prise avec une relation décevante, ou que nous ayons le cœur brisé pour la première fois."

Lors de la cérémonie, deux autres prix ont distingué Sudabeh Mortezai pour Joy, qui reçoit le Hearst Film Award (Meilleur film réalisé par une femme) et le Label Europa Cinemas (Meilleur film européen).

Le public a plébiscité quant à lui Ricordi? de Valerio Mieli.

La Semaine internationale de la Critique a de son côté décerné le Verona Film Club Award à un autre film français Bêtes blondes d'Alexia Walther et Maxime Matray. Le film suit une éphémère vedette de sitcom dans les années 1990, Fabien, qui a sombré aujourd'hui dans l'alcoolisme. Jusqu'au jour où il croise la route de Yoni. Même pas surpris de découvrir dans le sac du jeune militaire en larmes, la tête d'un autre jeune homme, beau comme un rêve, comme un souvenir, comme un reproch

Le Sun Film Group Audience Award a distingué Still Recording de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub, qui repart également avec le Mario Serandrei – Hotel Saturnia Award pour la meilleure contribution technique.

Le prix du meilleur réalisateur est revenu à Domenico De Orsi pour Gagarin, Mi Mancherai.

Les scénarios des comédies françaises en vacances prolongées

Posté par kristofy, le 10 juillet 2018

Hasard du calendrier, ce mercredi 11 juillet parmi les nouveautés dans les salles de cinéma, il y a ces deux comédies françaises Christ(off) et L’école est finie...
En fait ce n'est pas vraiment un hasard, les vacances d'été sont souvent propices aux comédies légères devant lesquelles on peut débrancher le cerveau. C'est d'ailleurs aussi un peu pareil durant la plupart des vacances scolaires, et parfois lors d'opération de billet à prix réduit (comme Le Printemps du cinéma en mars à 4 euros la place). La comédie est le genre de film le plus populaire en terme de tickets vendus. On l'a vu cette année avec Les Tuche 3 ou La Ch'tite Famille, leaders de l'année au dessus des 5 millions de spectateurs. Mais on a aussi noté que la plupart d'entre elles s'est ramassée, "sous-performant" largement, à l'instar des récents flops: Le doudou, Budapest, Tamara vol. 2, Les affamés, Comment tuer sa mère, ... Depuis le début de l'année, seuls cinq films français ont été "millionnaires", dont quatre comédies.

A propos de ces nouvelles comédies sur les écrans Christ(off) et L’école est finie : justement pour ce qui est originalité, ça n'est pas vraiment ça... Un coup d'œil sur l'affiche, la bande-annonce et le résumé du film et on sait que ça va être sans prise de tête, on voit déjà quel genre d'histoire ça va être. Un peu trop, comme une impression d'avoir déjà vu le film en fait. Cette paresse marketing et scénaristique peut explique la série de bides qu'a connu le cinéma français depuis depuis deux mois. Tendance qui ne s'inverse pas malgré La fête du cinéma ou les congés.

Malheureusement ce ne sont pas les seuls films où plusieurs pages du scénario ont été un peu photocopiées ailleurs. Voici un petit jeu des 7 différences :

1) Christ(off), sortie le 11 juillet : Le Père Marc souhaite récolter des fonds, avec son groupe de musique chrétienne il organise une tournée dans toute la France. A 33 ans, Christophe, chanteur raté mais guitariste de talent qui vit encore chez sa mère, croise le chemin du Père Marc qui le recrute. Condition sine qua non : Chris doit se faire passer pour un membre du clergé ! Planqué sous une soutane, au sein de son groupe d’Apôtres un long chemin de croix commence alors...
Des faux religieux qui chantent ? Oui, c'est bien la même histoire que Coexister (sorti en octobre 2017) où un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d'un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

2) L'école est finie, sortie le 11 juillet : Agathe Langlois, parisienne jusqu’au bout de ses ongles bien vernis vient d’être titularisée comme professeur d’anglais. Mais quand elle apprend qu’elle est mutée à des centaines de kilomètres de chez elle, en plein campagne, c’est la douche froide. Les pieds dans la boue, à Trouilly-sur-Selles, la bonne humeur d’Agathe va être mise à rude épreuve. Entre des collègues démotivés et des élèves plus que dissipés, cette première année d’enseignement va lui réserver bien des surprises…
La découverte des bouseux de la campagne ? Oui, c'est bien la même histoire que Bienvenue chez les Ch'tis (sorti en février 2008) où Philippe Abrams directeur de la poste de Salon-de-Provence est muté à Bergues, petite ville du Nord. Pour les Abrams le Nord c'est l'horreur, une région glacée, peuplée d'êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "cheutimi". A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami...

3) Demi-Soeurs, sortie le 30 mai : Lauren tente de percer dans le milieu de la mode, Olivia veut sauver la confiserie de ses parents et Salma vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n’ont aucune raison de se croiser. Jusqu’au jour où, à la mort de leur père biologique qu’elles n’ont jamais connu, elles héritent ensemble d’un splendide appartement parisien. Pour ces trois sœurs qui n’ont rien en commun, la cohabitation va s’avérer pour le moins explosive…
Une nouvelle famille avec des inconnues ? Oui, c'est bien la même histoire que Les trois frères (sorti en décembre 1995) où le même jour, trois hommes découvrent qu'ils sont frères et héritent de 3 millions. Mais dix jours plus tard, l'héritage est détourné et la galère commence pour trois frères qui n'ont que faire d'être frères...

4) MILF, sortie le 2 mai : Trois amies d’enfance partent dans le Sud vider la maison de l’une d’entre elles, afin de la vendre. Pendant ces quelques jours, elles vont devenir les cibles privilégiées de trois jeunes garçons, pour qui ces femmes seules, approchant la quarantaine, sont bien plus séduisantes que les filles de leur âge… Cécile, Sonia et Elise découvrent avec bonheur, qu’elles sont des MILF !
Les femmes séduisent après 40 ans ? Oui, c'est presque la même histoire que Larguées (sorti juste avant le 13 avril) où Rose et Alice, deux sœurs très différentes, d’accord sur rien à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère fraîchement larguée. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…

5) Place publique, sortie le 18 avril : Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd'hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, sœur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux. Hélène tente désespérément d'imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein...
Une soirée où tout le le monde se dispute comme des intouchables avant de se réconcilier ? Oui, c'est un peu pareil et avec le même acteur Jean-Pierre Bacri que Le sens de la fête (sorti le 4 octobre) autour de Max traiteur depuis trente ans un peu au bout du parcours. Là c'est un sublime mariage celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : serveurs, cuisiniers, photographe, orchestre, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie. Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos...

6) Taxi 5, sortie le 11 avril : Sylvain, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit Eddy, le pire chauffeur VTC de Marseille...
Alerte généraaaaaale, on passe la 5ème vitesse ? Oui, c'est bien la même histoire que Taxi (sorti en avril 1998), Taxi 5 est moins une suite qu'un remake en forme de reboot du Taxi originel : Daniel est un fou du volant, chauffeur de taxi il sait échapper aux radars. Il croise la route d'Emilien, policier recalé pour la huitième fois à son permis de conduire. Pour conserver son taxi, il accepte le marché que lui propose Emilien : l'aider à démanteler un gang de braqueurs de banques qui écume les succursales de la ville à bord de puissants véhicules... Taxi 5 ne cache pas reprendre certains gags des autres films de la saga et déçoit : les fans voulaient une suite avec un duo d'acteurs (un chauffeur et un policier) et pas une autre version appauvrie  (Franck Gastambide est lui à la fois le chauffeur et le policier), dommage.

7) Gaston Lagaffe, sortie le 4 avril : Gaston débarque en stage au Peticoin, avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues, mais avec le don d’énerver Prunelle son patron. Les gaffes à gogo pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ? M’enfin ! La fille de l'auteur avait déploré « le scénario débile et le rythme des gags catastrophique »...
Faut-il vraiment exploiter une bande-dessinée de Franquin au cinéma ? Oui, c'est bien le même ratage que Les aventures de Spirou et Fantasio (sorti en février) où quand le Comte de Champignac inventeur excentrique est enlevé par les sbires de l’infâme Zorglub, nos deux héros se lancent aussitôt à sa recherche. En compagnie de Seccotine, journaliste rivale de Fantasio, et de Spip un petit écureuil espiègle, ils sont entrainés dans une poursuite où Spirou (qui n'est plus un héros positif mais devenu un pickpocket tête à claque) et Fantasio (qui aura une scène où il va manger du caca!) vont devoir faire équipe... Ces 2 films, Gaston Lagaffe tout comme ce Spirou et Fantasio, ont d'ailleurs été des échecs. Adapter une BD pourquoi pas, mais pourquoi la trahir ?

Vivement la rentrée de septembre!


Cannes 2018: Qui est Yann Gonzalez ?

Posté par vincy, le 17 mai 2018

C'est le film qui risque de buzzer à Cannes. Présenté en fin de festival, Un couteau dans le cœur, le deuxième long métrage de Yann Gonzalez est aussi bien une surprise à ce niveau de la sélection qu'une attente insupportable pour les festivaliers, vu son sujet, et le style du cinéaste.

L'ancien critique de ciné a débuté avec des courts métrages, au rythme d'un par an à partir de 2006. By the Kiss (2006), Entracte (2007) et Je vous hais petites filles (2008) sont tous sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs. Les Astres Noirs (2009), avec Julien Doré, est retenu par la Semaine internationale de la critique. Il conserve sa troupe de comédiens - Kate Moran, Salvatore Viviano, Pierre-Vincent Chapus - et collabore toujours avec M83 (Anthony Gonzalez, son frère) pour la musique.

Mais il faut attendre 2013 pour qu'il passe à la version longue, avec Les Rencontres d'après minuit. Le niçois a 36 ans. On retrouve Moran et Chapus, mais le casting s'offre aussi Niels Schneider, Eric Cantona, Fabienne Babe, Béatrice Dalle et Nicolas Maury, en gouvernante travestie d'une partouze aussi déjantée que poétique, flamboyante que stylisée. Cette orgie stylisée qui transgresse les genres affirme un regard qui le singularise dans le cinéma français et est porté aux nues par la critique parisienne.

Il y a un an, Yann Gonzalez présente à la Semaine de la critique un court métrage, Les Îles, qui remporte la Queer Palm du court. Là encore une série de personnages errant dans un dédale érotique et amoureux. Cette fois-ci, il s'aventure dans un autre genre, tout en restant dans le même univers. Un couteau dans le cœur se déroule à la fin des années 1970. Une productrice de pornos gays au rabais veut reconquérir sa compagne (et monteuse de ses films) en tournant un film plus ambitieux avec son complice de toujours, le flamboyant Archibald. Un de leurs acteurs est retrouvé sauvagement assassiné et Anne est entraînée dans une enquête étrange qui va bouleverser sa vie... Outre Kate Moran et Nicolas Maury, c'est Vanessa Paradis qui tient le rôle principal.

La mise en danger

Yann Gonzalez refuse le naturalisme et le réalisme. Son cinéma est romantique et lyrique. A l'instar d'un Bertrand Mandico, il n'est pas effarouché par l'érotisme. "J'ai grandi avec le cinéma fantastique et d'horreur. Jusqu'à l'âge de 15 ans, je ne m'intéressais qu'à ce seul continent de cinéma" expliquait-il y a quelques années. Ce mélange des genres n'est pourtant pas bien vu dans le système français. "Les professionnels, frileux, se focalisent sur le scénario, comme si le plus crucial était le message du film, alors que le scénario doit rester un outil éphémère. Pourquoi ne s'intéressent-ils pas à ce qu'on a fait avant, à nos choix de mise en scène ? Ils n'y font pas assez attention. Pour moi, dont les scénarios sont un peu bizzaroïdes et très écrits, c'est un problème. Quand on me dit qu'ils sont trop littéraires, je ne comprends pas : quoi de plus stimulant que la tentative de faire fusionner la littérature, le cinéma, le théâtre ?" s'interrogeait-il dans un entretien à Télérama.

Libre et queer, Yann Gonzalez veut "avoir l’impression de danser sur un fil" quand il réalise un film. "Après, c’est vrai que j’aime aussi l’idée que la marge s’invite de manière invasive et pernicieuse au cœur du mainstream…" C'est la promesse de ce couteau qu'il veut planter dans nos cœurs.

Cannes 2018: Qui est Eva Husson ?

Posté par kristofy, le 12 mai 2018

L'année 2016 débutait avec une affiche solaire d'un couple adolescent enlacé avec ce titre Bang Gang (une histoire d'amour moderne) : une dualité synonyme de transgression mise en avant pour raconter autre chose derrière. Éva Husson est devenu du même coup le nouveau nom d'une réalisatrice à suivre dans le cinéma français.

Pendant la longue production de ce premier long-métrage, ce projet a mis quasi 7 ans à se concrétiser, Éva Husson affirmait son désir de devenir cinéaste : déjà en 2013 au Festival du moyen-métrage de Brive avait été remarqué son Those for whom it’s always complicated (50 minutes), une romance perturbée d’un trio dans un désert filmée avec un Canon 7D.

Éva Husson est originaire du Havre mais sa formation est passée par l'American Film Institute de Los Angeles. Elle est peut-être plus que d'autres imprégnée d'une double culture mêlant cinéma français et américain, tout en ayant aussi vécu à Madrid et à Puerto-Rico. Dans l'imaginaire du 7ème art, adolescence rime souvent avec fin de l'innocence: beaucoup de premiers films sont en fait des récits d'apprentissage.

Avec ce Bang Gang, c'est principalement un jeu collectif assimilé à une orgie d'étourdissement des sens : alcool, drogue, et sexe. Le point de départ du film était un fait divers américain avec beaucoup d'élèves d'un même lycée atteint en 1999 d'une infection sexuellement transmissible. L'impression laissée par le film est mitigée. Sa réalisation impressionne avec un délicat montage de jolis plans, belle musique, et la fraîcheur de ses interprètes. Le propos fait plus débat : "Elle n'a rien compris des adolescents de notre époque. Elle en dessine juste une caricature qui contentera des adultes dépassés et leur permettra de se conforter dans leurs préjugés", le débat est toujours ouvert.

Deux ans après la sortie en salles de Bang Gang, Éva Husson se retrouve propulsée en pleine lumière de la compétition du Festival de Cannes avec son second film Les Filles du Soleil. Avec Nadine Labaki (Liban) et Alice Rohrwacher (Italie), elle est l'une des femmes en lice pour la Palme d'or. Dans son nouveau film, les femmes ont les premiers rôles et prennent le chemin du combat : ces Filles du Soleil désignent un bataillon composé essentiellement de femmes kurdes engagées dans une offensive militaire, pour reprendre le contrôle d'une ville occupée par un groupe d'extrémistes. Golshifteh Farahani y est une commandante qui se remémore son passé d'otage en rencontrant Emmanuelle Bercot, une journaliste française venue quelques jours sur le terrain. Ce cadre géopolitique actuel donne déjà une tout autre dimension à ce film : un film de guerre, avec des femmes combattantes en première ligne.

Cette fois Éva Husson rencontrera sans doute une unanimité plus large. Et peut-être monter les marches jusqu'au palmarès ?

Cannes 2018: Qui est Antoine Desrosières ?

Posté par MpM, le 10 mai 2018

"Antoine Desrosières a réalisé deux courts métrages dans les années 80, deux longs métrages dans les années 90, a fait deux enfants dans les années 2000, et deux moyens métrages dans les années 2010". Ainsi Antoine Desrosières se présente-t-il (efficacement) dans le dossier de presse de son nouveau long métrage, A genoux les gars, sélectionné en section Un Certain Regard. Il y oublie tout de même son rôle de producteur délégué sur des films comme Villégiature de Philippe Alard ou Lisa et le pilote d'avion de Philippe Barassat.

Le réalisateur français, qui a commencé sa carrière au milieu des années 80 avec plusieurs courts métrages, signe donc son premier long en 1993. A la belle étoile, qui réunit notamment Mathieu Demy, Chiara Mastroianni et Julie Gayet, dresse le portrait d'un jeune homme de 17 ans à la recherche de l'amour, croisant le chemin de plusieurs femmes participant à son éducation sentimentale. Le film fut présenté au Panorama de la Berlinale 1994 ainsi qu'à l'ACID à Cannes. Sept ans plus tard, son deuxième long métrage Banqueroute, toujours avec Mathieu Demy, suit les aventures d'un courtier en Bourse qui a ruiné son entreprise. Il est en compétition officielle à Rotterdam et à nouveau à l' ACID.

Suivent René Bousquet ou le grand arrangement (2006), une fiction télé dont il écrit le scénario avec Pierre Beuchot, le moyen métrage Un bon bain chaud (2012) avec Benoit Forgeard et le documentaire Vanda Spengler aura ta peau (2014). En 2015, le moyen métrage Haramiste remporte le prix du public au festival Côté court à Pantin. C'est à l'occasion de ce film qu'Antoine Desrosières rencontre Souad Arsane et Inas Chanti, les interprètes et co-auteures d'A genoux les gars. Dans Haramiste, elle étaient deux sœurs de confession musulmane, voilées et pratiquantes, qui connaissaient différentes formes de tentations. Dans A genoux les gars, qui est inspiré d'un témoignage réel, elles sont à nouveau deux sœurs qui forment un quatuor parfait avec leurs petits amis respectifs, jusqu'au jour où les garçons manipulent la plus jeune pour obtenir une fellation.

La particularité du travail d'Antoine Desrosières est  de faire cinq à six fois plus de temps de répétition que de temps de tournage. Durant deux mois, le réalisateur passe ainsi en revue toutes les situations du film avec ses comédiens, en leur demandant de développer et d'improviser devant la caméra. Puis durant à nouveau deux mois, toute l'équipe répète les scènes écrites à partir de ces improvisations. Les acteurs et actrices restent ensuite libres de suggérer des ajouts jusqu'au dernier moment. De même, au début du projet, l'histoire n'avait pas de fin, et elle s'est écrite au fur et à mesure du cheminement collectif.

A genoux les gars s'annonce ainsi comme une œuvre captant avec justesse son époque, notamment dans le langage ultra-contemporain utilisé par les personnages, mais aussi comme un plaidoyer vibrant (mais humoristique) sur la question fondamentale du consentement. Forcément d'actualité.