Un 14e Festival des Scénaristes placé sous le signe du genre

Posté par MpM, le 30 mars 2011

Depuis qu'il a fait son entrée dans les plus prestigieux festivals du monde, le cinéma de genre est devenu incontournable. Souvent ludique et novateur, il apporte comme une grande vague d'oxygène dans des environnements parfois confinés, voire sclérosés. Il était donc logique que le Festival des Scénaristes se tourne à son tour vers ce type de cinéma pour lequel, peut-être plus qu'un autre, un bon scénario peut faire toute la différence.

Le genre sera donc le fil rouge de cette 14e édition du festival qui commence aujourd'hui. Dès l'ouverture, c'est un classique qui donne le ton : Les yeux sans visage de Georges Franju. Suivront des programmes de courts métrages fantastiques, la leçon de scénario de l'invité d'honneur, Gilles Marchand, président du grand jury, la leçon de télévision de Jean Teddy Filippe au sujet de l'étrange série documentaire Les documents interdits, une table ronde autour de la notion de "genre" et la présentation de plusieurs longs métrages comme Qui a tué Bambi ou Harry, un ami qui vous veut du bien.

Bien sûr, l'écriture scénaristique est également à l'honneur avec le marathon du court métrage, les portraits sonores, le forum des auteurs ou encore la bible de télévision. Grande nouveauté cette année, le marché interactif de l'image et de l'écrit qui permet aux professionnels du cinéma et de l'audiovisuel de rencontrer les nouveaux auteurs présents sur le festival et de découvrir des projets originaux.

Enfin, pour la 2e année consécutive, place est faite à une création musicale originale : l’artiste-interprète Lili, le contre-ténor François Pagot, la comédienne Sophie Guillemin,la chorale et les musiciens du Conservatoire de Musique et de Danse de Bourges, sous la direction de la compositrice Béatrice et de DJ Xavier D, vont réorchestrer en 48h la célèbre chanson Démons et Merveilles de Maurice Thiriet ainsi que d'autres chansons d’après-guerre de Maurice Chevalier. Une prestation unique qui prouve qu'à Bourges, toutes les écritures et tous les challenges sont vraiment au rendez-vous !

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14e Festival international des Scénaristes de Bourges
Du 30 mars au 2 avril 2011

Sitges : le cinéma fantastique à l’honneur

Posté par MpM, le 6 novembre 2008

Festival international du film de Catalogne à SitgesPour sa 41e édition, le Festival international du film de Catalogne, consacré au cinéma fantastique, a confirmé le succès croissant rencontré lors des éditions précédentes avec pas moins de 140 000 festivaliers sur une dizaine de jours. Qu’est-ce qui attire les amateurs du cinéma de genre à Sitges ? Probablement la diversité des films présentés, allant de l’épouvante pure et dure au surnaturel, en passant par la science fiction et l’héroïc fantasy. Par le passé, des cinéastes aussi différents que Woody allen (Scoop), Jaume Balagueró (Rec) ou Hayao Miyazaki (Le château ambulant) ont ainsi participé à la compétition principale !

Sans surprise, cette année, il y en avait donc encore pour tous les goûts. Après le très moyen Mirrors d’Alexandre Aja en ouverture, la compétition a enchaîné Surveillance de Jennifer Lynch (meilleur film), Eden Lake de James Watkins (Prix du jury), Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon (meilleur réalisateur et meilleurs effets spéciaux), The Sky Crawlers de Mamoru Oshii (meilleure musique), Tale 52 d’Alexis Alexiou (meilleur scénario), Red de Trygve Allister Diesen and Lucky McKee (Brian Cox meilleur acteur), Martyrs de Pascal Laugier (prix des meilleurs maquillages FX)… Soit à la fois le plus radical et le plus délirant, le plus pervers et le plus philosophique. Hors palmarès et hors compétition, on croisait également Transsiberian de Brad Anderson, Rocknrolla de Guy Ritchie, Dachimawa Lee de Ryoo Seung-wan ou encore The broken de Sean Ellis.

Côté événements, un hommage a été rendu au film 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick dont c’était le 40e anniversaire. Les réalisateurs Nicholas Meyer (C’était demain, Star Trek 2, 4 et 6…) et John Carpenter (New York 1997, Los Angeles 2013, The thing…) ont par ailleurs reçu un "Time Machine Award" (Prix de la machine à remonter le temps) pour l’ensemble de leur carrière. Enfin, et les mini-events trauma du festival de cannes sont battus à plate couture, une parade de zombies ("Eastpak Zombie Walk") a réuni plusieurs centaines de personnes déguisées en zombies et autres morts vivants, sous la houlette du spécialiste George Romero qui a lui-même donné le coup d’envoi.

L’édition 2009 du Festival de Sitges devrait faire la part belle à l’univers d’Alien (on fêtera le 30e anniversaire du premier volet dirigé par Ridley Scott) et au phénomène Ghostbusters. Avec peut-être, pour fêter l’événement, un défilé nocturne de fantômes ?

Jar City : enquête insulaire

Posté par geoffroy, le 8 septembre 2008

Jar citySynopsis : Inspecteur à Reykjavik, Erlendur enquête sur le meurtre d'un vieil homme apparemment sans histoire. La photo de la tombe d'une petite fille retrouvée chez la victime réveille pourtant une affaire vieille de quarante ans. Et conduit Erlendur tout droit à Jar City, surprenante collection de bocaux renfermant des organes, véritable fichier génétique de la population islandaise...

Notre avis : Des secrets de famille, il n’en sort jamais rien de bon. Déterrer des vieux démons enfouis depuis des années, c’est faire ressurgir les mensonges cachés, les trahisons coupables et les douleurs de ceux qui vivent dans l’ignorance. C’est mettre à mal des êtres en les poussant aux crimes dans le déchirement d’un corps social malade. Sans révolutionner le genre, Jar City scrute avec sobriété un existentialisme douloureux en confrontant nature et culture dans un univers implacable où l’acte prend toute sa valeur. La dimension sociétale s’en retrouve décuplée et si l’enquête peut paraître décevante dans son cheminement, elle étire le nœud des relations, des interactions et des pesanteurs au jour le jour dans un temps tellurique magnifié par les paysages désertiques d’Islande.

Réussite en ce sens, le troisième film de Baltasar Kormakur déjà responsable du très bon 101 Reykjavik, s’appuie essentiellement sur un sens du plan – d’un long-métrage tourné en dv – en accord avec une narration par emboîtement d’évènements et de rebondissements. Classique car linéaire, l’enquête passe de la ville (écrasement de la perspective) à la campagne (survol des terres arides rocailleuses) et spécifie une atmosphère sans doute propre au pays. Pourtant, le réalisateur ose destructurer son récit en y greffant deux évènements distincts mis en parallèle, comme s’il s’agissait de souffler un sombre écho sans cesse répercuté. Le meurtre d’un homme a priori sans histoire répond alors au décès d’une petite fille foudroyée par une maladie rare et héréditaire. En focalisant son attention sur une enquête peu ou pas assez ramifiée avec le deuxième évènement, Baltasar Kormakur oublie de creuser des thématiques aussi riches que les liens du sang, l’hérédité et surtout l’incroyable joyau qu’aurait suscité le traitement de la recherche génétique au service de la science.

Sans tomber dans la mauvaise fiction d’anticipation, l’art du cinéma de genre est de puiser sur des réalités en marche afin d’y déceler les perspectives qui seront cinématographiquement pertinentes. L’enquête se devait d’être le point de départ d’une réflexion sur les risques de dérapages d’un tel pouvoir à l'instar du film d'Andrew Niccol, Bienvenue à Gattaca. D’autant plus que le metteur en scène pouvait librement s’inspirer de la création bien réelle d’un fichage génétique et médical en Islande par une boîte privée « DeCode Genetics Inc. » pour y dessiner un scénario plus consistant et surtout ambitieux. Il y avait de quoi mettre en résonance l’enquête du flic Erlendur et les questions soulevées par cette cité des Jarres, bastion post-moderne d’un devenir palpable où la génétique opératoire deviendrait la science favorite d’apprentis sorciers en tous genre. Au lieu de cela, nous nous retrouvons devant un polar classique dans sa dimension sociale, l’histoire de famille banale prenant le pas sur l’expertise d’une société en train de basculer vers une ingénierie génétique instigatrice d'une nouvelle morale.

Le club du vendredi 13 défend le cinéma de genre

Posté par MpM, le 14 juin 2008

En pleine polémique sur l'interdiction aux moins de 18 ans du film Martyrs de Pascal Laugier, plusieurs professionnels du paysage audiovisuel français ont annoncé la création du "Club du vendredi 13" destiné à défendre et promouvoir le cinéma de genre en France.

"Issu de l'esprit de la nouvelle vague et d'une "idéologisation" de la différence culturelle, le système institutionnel et artistique du cinéma en France cantonne les films de genre uniquement au cinéma commercial ou B (disant "Bis"voire Z) sous le prétexte qu'il ne serait pas motivé par une idéologie, un thème social ou psychologique suffisamment développé pour être entendu par les élites. Ce serait oublier que le film de genre est le cinéma de prédilection des grands auteurs du cinéma français et mondial que sont Tarantino, Kubrick, Jeunet, Lynch, Cronenberg, Les Frères Coen, Raimi, Melville, Hitchcock ou encore Lucas" peut-on notamment lire dans leur appel.

Le groupement, qui réunit des réalisateurs (Jan Kounen, Alain Corneau, Xavier Gens, Olivier Dahan...) mais aussi des distributeurs comme Wild side ou La fabrique de films, a d'ores et déjà un site (www.leclubduvendredi13.com) et promet pour bientôt des propositions en faveur du cinéma de genre français.