BIFFF 2018 : Anna Mouglalis est « La femme la plus assassinée du monde »

Posté par kristofy, le 8 avril 2018

Paris en 1932, quelqu'un marche dans une rue sombre, un coup de couteau fait ressortir sa lame par la bouche. Un peu plus loin, il y a de l'agitation devant un théâtre de Grand Guignol, des gens y entrent pour assister à la représentation, sous les huées de manifestants soit-disant gardiens de la morale. Il y a des véritables tueurs dans Paris pendant que là on y joue des spectacles macabres... «Vous êtes ici pour la voir ? Paula Maxa, la femme qu'on assassine le plus au monde ?» Ce soir-là Paula Maxa joue une femme qui se retrouve dans un asile de fous, on lui arrache un oeil et le sang gicle puis elle sera guillotinée sur scène et sa tête décapitée montrée à tous... Paula Maxa commence à être assez célèbre pour remplir chaque soir ce théâtre : "flagellée, martyrisée, coupée en tranches, recollée à la vapeur, passée au laminoir, écrasée, ébouillantée, saignée, vitriolée, empalée, désossée, pendue, enterrée vivante, bouillie au pot-au-feu, éventrée, écartelée, fusillée, hachée, lapidée, déchiquetée, asphyxiée, empoisonnée, brûlée vive, dévorée par un lion, crucifiée, scalpée, étranglée, égorgée, noyée, pulvérisée, poignardée, revolvérisée et violée"... La performeuse qui, chaque soir, durant des milliers de soirs, semble mourir pour de vrai sur scène va vraiment risquer sa peau en coulisses: elle reçoit des lettres anonymes d'un mystérieux criminel...

Le tournage de La femme la plus assassinée du monde a eu lieu l'année dernière en avril en Belgique (et un peu à Paris), et un an après, le voici présenté au BIFFF. Le lieu idéal pour une première puisque Paula Maxa a vraiment existé : c'est l'une des premières comédiennes de fantastique et d'horreur. Pour l'incarner dans un film d'époque, les années 30, il fallait une actrice à la fois envoutante d'un simple regard et troublante dès qu'on écoute sa voix rocailleuse : Anna Mouglalis.

Dans le film il y a toute une galerie de personnages qui s'intéressent à elle pour différents motifs et possiblement une personne qui désire la tuer plus que les autres à cause d'un évènements dramatique de son passé : Niels Schneider, André Wilms, Jean-Michel Balthazar, Michel Fau, Constance Dollé (et Keren Ann pour la musique)... La femme la plus assassinée du monde est moins un biopic qu'un thriller sur fond de solide reconstitution historique. C'est le premier film - en tant que réalisateur - de Franck Ribière. Son expérience de producteur de films de genre comme ceux du duo Alexandre Bustillo & Julien Maury et surtout depuis plus d'une dizaine d'années des films de Alex de la Iglesia a sans aucun doute un lien avec le soin qu'il apporte à l'image et aux décors. Le film est très réussi visuellement mais aussi dans la narration maniant le suspens et un récit assez habile pour glisser quelques réflexions sur notre époque.

"Les gens veulent ressentir l'horreur en vrai" : ce qui faisait le succès des spectacles de Paula Maxa, mauvais-goût et sensationnalisme pour ses détracteurs et frissons à se faire peur et s'encanailler pour son public, serait toujours valable de nos jours. Le film dévoile la préparation des spectacles, pour mieux connaître l'héroïne et pour témoigner d'une certaine passion à représenter l'horreur (avec la fabrication de prothèses de faux-sang par exemple) car "faire peur au gens c'est aussi intéressant que de les faire rire ou pleurer". Ce qu'on pouvait voir sur scène en 1932 dans ce théâtre Grand-Guignol c'était en fait comme un film d'horreur mais sans écran 3D puisque selon la soirée le spectateur pouvait recevoir un peu de giclure de sang: "beaucoup pensent que les jours du théâtre sont comptés à cause du cinéma"...

Justement, quand sera-t-il possible de voir ce bon film sur un grand écran de cinéma tout comme au BIFFF ? Le film étant la première coproduction en Belgique financée par Netflix, il sera donc visible prochainement en streaming...

Les super-pouvoirs de Guillermo del Toro

Posté par vincy, le 5 avril 2018

Un effet Oscar indéniable pour Guillermo del Toro. La forme de l'eau, Lion d'or à Venise en Septembre, Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur début mars, a entraîné une série de "deals" et d'annonces qui font du cinéaste mexicain un super-héros pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices et le cinéma de genre.

Ainsi Fox Searchlight Pictures, qui a coproduit La Forme de l'eau (190M$ de recettes mondiales), vient de signer un pacte global avec le cinéaste pour produire les films en prises de vues réelles, écrit ou/et réalisé ou/et produit par Del Toro.

La filiale "art et essai" de la Fox créé un label spécifique pour les films de genre (horreur, SF, Fantasy), incluant ceux soutenus, produits ou portés par Del Toro. Tous ces films seront financés et distribués par Fox Searchlight.

"Pendant longtemps, j’ai espéré trouver un environnement dans lequel je puisse distribuer, et produire de nouvelles voix à travers des films de genre intelligents et inventifs. Et par la même occasion canaliser mes propres projets. Avec Fox Searchlight, j’ai trouvé un vrai foyer pour la production de ce type d’œuvres – un partenariat basé sur le travail acharné, la compréhension de l’autre et, surtout, la foi" a expliqué le cinéaste.

Un premier projet déjà en développement

Autant dire que le réalisateur s'offre un mini-studio au sein d'une structure déjà solide (qui sera peut-être rachetée par le groupe Disney). Le premier projet lancé avec cette structure, et produit par Guillermo del Toro, devrait être Antlers, qui raconte l'histoire d'une enseignante qui accueille un étudiant perturbé chez elle alors qu'il porte en lui un secret de famille mystérieux aux conséquences fatales. Le film doit être réalisé par Scott Cooper, et il est adapté d'une nouvelle de Nick Antosca, The Quiet Boy.

Une salle de cinéma à son nom, une bourse pour les nouveaux talents

Guillermo del Toro ne s'arrête pas là. Au récent 33e Festival du film de Guadalajara (Mexique), sa ville d'origine, il a inauguré une salle de cinéma qui porte son nom au Centre culturel / Cinémathèque de l'Université publique de Guadalajara. Il a aussi donné trois masterclasses - la première a enregistré 30000 demandes d'inscription en une demi-heure - devant un total de 12000 personnes. Enfin il a annoncé qu'il lancerait une bourse pour les aspirants cinéastes mexicains. The Jenkins-Del Toro International Grant sera doté de 60000$ et décerné chaque année au festival de Guadalajara à un étudiant en cinéma mexicain.

Producteur de deux réalisatrices mexicaines

Del Toro a enfin révélé qu'il produirait les prochains films des réalisatrices Issa Lopez (Vuelven) et Karla Castaneda, qui travaille sur son premier long métrage animé en stop-motion. Il a bien l'intention de soutenir l'industrie du cinéma mexicain, qui, malgré sa vitalité, ses succès aux Oscars comme au box office nord-américain, et sa forte présence dans les festivals internationaux, reste mal aimé dans son pays. L'an dernier, seul Hazlo Como Hombre (Do It Like An Hombre), une comédie familiale et "gay", a réussi à se classer dans le Top 30 annuel du box office mexicain. Il n'y en avait que trois en 2016.

Nul ne doute que Guillermo Del Toro, prochain président du jury de Venise, va vouloir, avec ces nouveaux moyens, résister à l'envahisseur hollywoodien.

2017 dans le rétro : le cinéma de genre en quête de plus de visibilité

Posté par kristofy, le 22 décembre 2017

C’était quoi le cinéma de genre en 2017 ?

On avait déjà fait la remarque : où sont les films français avec des serial-killers masqués, des poursuites de voitures, des bagarres de kung-fu, des zombies affamés, des aliens envahisseurs...  Où sont les films de genre français ? Ils n’arrivent plus à être produits, et quand c’est le cas, ils ne parviennent pas à être distribués correctement dans les salles de cinéma. Ce genre de films, ça marche quand c’est américain… Cette vision de films américains ultra-rentables versus films français mal-aimés est toujours malheureusement d’actualité. Toutefois, 2017 marque un glissement vers une nouvelle reconnaissance du cinéma de genre.

Cette année le Genre a trouvé 2 fois un nouveau point G avec les films Grave et Get out qui ont réussi à surprendre, interpeller, choquer, et même faire l’actualité dans des médias généralistes autres que cinéma.

Ici le personnage principal est féminin pour Grave et il est noir dans Get out, soit une mise en avant de protagonistes qui étaient plutôt auparavant des victimes dans les films d’horreur… Le cinéma de genre est guidé par des codes à respecter, à détourner, à re-interpréter. C’est l’autre point commun entre ces deux films. "Le fantastique ou le paranormal contaminent peu à peu l'intrigue sans l'absorber tout à fait" comme on l'écrivait dans notre critique de Grave. Dans ces deux films, les codes du genre sont infusés dans du drame avec un peu d’humour et différents niveaux de lecture. Ici, une mise en perspectives de questionnements plus large à propos du racisme avec Get out et du déterminisme avec Grave. De plus, autant pour Jordan Peele que pour Julia Ducournau, il s’agit de leur premier long-métrage derrière la caméra, et leurs films ont fait le tour du monde avec succès : bravo !

Pour ce qui est des films américains ultra-rentables, les multiplexes ont bien profité des ventes de pop-corn grâce aux cartes illimitées avec ces différentes suites (inutiles ?): Resident Evil: Chapitre Final de Paul W.S. Anderson, Le Cercle: Rings de F. Javier Gutiérrez, Underworld: Blood Wars de Anna Foerster, Annabelle 2: la Création du Mal de David F. Sandberg, Jigsaw de Michael Spierig… Dans la même lignée de ‘faire du neuf avec du vieux’ il a fallu subir deux ratages Alien: Covenant de Ridley Scott et La Momie avec Tom Cruise (deux déceptions au box-office), et essayer de se réjouir de Ça de Andy Muschietti, énorme carton pour une vraie déception cinématographique, et de Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, qui aura davantage séduit pour son formalisme que pour son ambition.

blade runner

On remarquera que les films de type space-opéra conçu pour sortir sur tout les écrans de tout les pays de toutes planètes ont connu diverses aventures : Les Gardiens de la Galaxie 2 de James Gunn est moins bon que le premier, mais un numéro 3 est de toute façon prévu; Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson avait l’ambition de démarrer une trilogie, mais son relatif échec ne devrait pas initier une suite; et enfin le 8ème Star Wars: Les Derniers Jedi (mais 9ème film de la saga après Rogue One) ne va pas dépasser les records de recettes du Réveil de la Force, mais cela n'a aucune importance puisque désormais Disney programme un nouveau Star Wars pour chaque année jusqu’à la fin du monde.

Le cinéma de genre s’est renouvelé durant cette année 2017 avec des films comme l'enthousiasmant Split de M. Night Shyamalan (qui signe son grand retour), The Jane Doe identity de André Øvredal, It comes at night de Trey Edward Shults, et (en étant indulgent) Happy Birthdead de Christopher Landon pour les Etats-Unis. Ailleurs : en Angleterre The Last Girl-Celle qui a tous les dons de Colm McCarthy, en Australie Love Hunters de Ben Young, en Italie On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti, en Corée du Sud Tunnel de Kim Seong-hun, en France quasi-rien à part Le Serpent aux mille coupures de Eric Valette.

2017 c’est aussi un certain glissement vers une nouvelle reconnaissance du cinéma de genre : certains de ces films dépasse ‘leur public’ pour aussi avoir un plus large succès auprès du ‘grand public’. Il suffit de regarder par exemple certaines des récompenses les plus prestigieuses. Quel film a gagné le Lion d’Or au Festival de Venise ? C’est le film de monstre The Shape of water de Guillermo Del Toro ! C’est le grand favori des prochains Golden Globes avec 7 nominations aux, d’autres sont à venir pour les Oscars (sortie en France en février 2018). Un Oscar pour Del Toro n'est d'ailleurs pas impossible. Une consécration pour le maître mexicain. Quel premier film cumule le plus de récompenses ? C’est Get Out pour les cercles de critiques de Boston, Chicago, Detroit, New-York, Toronto, le National Board of Review, et bientôt aussi les Golden Globes… Il pourrait être l'un des premiers films d'horreur nommé à l'Oscar du meilleur film, en plus d'avoir été un carton en salles. De même en France, quel premier film a été le plus remarqué ? C’est Grave qui vient de recevoir le Prix Louis-Delluc du meilleur premier film après un Prix FIPRESCI à Cannes et avant quelques nominations aux Césars…

Ces différents succès n’occulte pas que le cinéma de genre est bel et bien toujours peu et mal distribué dans nos salles de cinéma, sans compter une certaine frilosité quand des œuvres ont une interdiction aux moins de 16 ans. C’est en Asie qu’il y a eu le plus de films de genre réjouissants, mais malheureusement aucune distribution chez nous : par exemple Blade of the immortal de Takashi Miike (pourtant au Festival de Cannes), Call of Heroes de Benny Chan, Opération Mékong de Dante Lam, Headshot des The Mo Brothers, The Prison de Hyun Na, Vanishing Time: a boy who returned de Um Tae-hwa,… D’ailleurs comment s’étonner de cette non-visibilité asiatique quand ces très bons films que sont El Bar (Pris au piège) de Alex de la Iglesia ou Golem le tueur de Londres avec la crème des acteurs british arrivent directement en dvd/vàd sans avoir une sortie en salles ? C’est d’ailleurs la même chose pour le film américain Leatherface des français Julien Maury et Alexandre Bustillo, pourtant à priori film-porteur puisque c’est la jeunesse du tueur de Massacre à la Tronçonneuse. Sortie directement pour le petit écran. Pour continuer sur une note triste, 2017 a d’ailleurs vu les décès des figures cultes du genre que sont Tobe Hopper et George A. Romero.

La bonne nouvelle pour 2018 c’est que les 2 patrons français du cinéma de genre (obligés par la conjoncture de travailler à l’étranger…) sont de retour : Pascal Laugier avec Ghostland le 14 mars (avec Mylène Farmer!) et Xavier Gens avec  Cold skin (et aussi The Crucifixion). On va suivre aussi la révélation des nouveaux talents avec les films Hostile de Mathieu Turi et Revenge de Coralie Fargeat.

Cadeau de Noël : un des meilleurs films de genre de cette année 2017 qui n'aura malheureusement pas été visible en France est Better watch out (nouveau titre de Safe Neighborhood, et qui en fait sortira en directement en dvd chez nous le 30 décembre sous le titre Watch out) de Chris Peckover :

Disparition du cinéaste de l’horreur Tobe Hooper (1943-2017)

Posté par MpM, le 29 août 2017

Tobe Hooper, réalisateur américain considéré comme l'un des pionniers du cinéma de genre, est décédé samedi 26 août à l'âge de 74 ans. Son œuvre compte une quinzaine de longs métrages de cinéma et une dizaine de réalisations pour la télévision, mais il est principalement connu pour deux films : Massacre à la tronçonneuse et Poltergeist.

Le premier est un film à petit budget tourné en 1974 avec notamment les professeurs et les élèves de son école. Il suit un groupe d'étudiants insouciants aux prises avec la violence la plus débridée, à la merci d'un tueur sanguinaire et d'une tribu cannibale. L'approche réaliste de Hooper et son sens du détail (gore) créent un niveau d'angoisse rarement atteint au cinéma. Bien qu'ayant subi plusieurs interdictions (en France, il est retiré des salles après une semaine d'exploitation, et n'y réapparaîtra qu'en 1982), le film est devenu un classique, et surtout une référence du genre pour de nombreux cinéastes. Il connaîtra plusieurs suites (dont une réalisée par Hooper lui-même en 1986) et même un remake en 2003.

Poltergeist, l'autre grand fait d'arme du réalisateur, est produit et coécrit par Steven Spielberg en 1982 et sera un immense succès au box-office. Il raconte l'histoire d'une famille dont la maison est hantée par des fantômes vindicatifs, et bénéficiera lui-aussi de plusieurs suites.

Malgré le bon accueil reçu, Tobe Hooper ne parviendra pas à capitaliser autant qu'on aurait pu le croire sur ce succès. Ses films suivants convainquent moins, et certains ne sortent même pas en salles. Il poursuit malgré tout dans la veine horrifique, avec des titres comme Les envahisseurs de la planète rouge, Nuit de la terreur ou Mortuary et des réalisations pour la télé, à l'image des épisodes des Contes de la crypte et le pilote de Freddy, le cauchemar de vos nuits, prequel du film de Wes Craven.

Preuve de l'immense reconnaissance dont il était l'objet, l'annonce de son décès a suscité des réactions bien au-delà du cercle un peu restreint du cinéma de genre, de John Carpenter à James Gunn, d'Eli Roth à Edgar Wright en passant par William Friedkin ou encore Scott Derrickson.

George A. Romero (1940-2017) rejoint le monde des morts

Posté par vincy, le 16 juillet 2017

Le réalisateur américain George A. Romero, né en le 4 juillet 1940 d'un père cubain et d'une mère américano-lithuanienne, est décédé dimanche à l'âge de 77 ans. Son manager Chris Roe a annoncé: "Le réalisateur légendaire George A. Romero est décédé dimanche 16 juillet, en écoutant la bande originale de L'homme tranquille [de John Ford, ndlr] , un de ses films préférés", ajoutant: "Il est mort en paix dans son sommeil, après un combat bref mais déterminé contre un cancer du poumon, laissant derrière lui une famille aimante, beaucoup d'amis et un héritage cinématographique qui a persisté et continuera de persister, à l'épreuve du temps".

Lire le portrait: George A. Romero, The Dead's Man

Pour tout le monde, Romero aura été celui qui a lancé le genre des films de zombies. La nuit des morts vivants, tourné en noir et blanc avec un budget d'à peine plus de 100000 dollars et des acteurs inconnus, inspiré par le roman de science-fiction "Je suis une légende" de Richard Matheson (1954) et sorti en 1968, connaît un immense succès. Il est devenu un classique, et s'est décliné à travers cinq autres suites, dont Le jour des morts-vivants et Dawn of the Dead.Derrière son amour pour les scènes de carnage, se cachait une personnalité gentille et attachante, louée par tous ses confrères.

Tous les films de George A. Romero ont été tournés à Pittsburgh, en Pennsylvanie, ville où il fait ses études universitaires, ou dans les alentours. On lui doit également la transposition d'un scénario de Stephen King, Creepshow, et l'adaptation d'un roman du même King, La Part des ténèbres.

Romero a aussi été auteur de bandes dessinées (Empire of the dead) et d'un livre jeunesse (Le Petit Monde d'Humongo Dongo).

BIFFF 2017 : les serial-killers en vedette dans 3 films

Posté par kristofy, le 17 avril 2017

Strangled

Le BIFFF sans serial-killers ne serait certainement pas le BIFFF. L'expression popularisée aux Etats-Unis a changer la façon d'enquêter. On remplace le portrait-robot par un portrait-psychologique pour trouver un suspect. Au cinéma on s'intéresse le plus souvent au travail de détective pour l'arrêter, comme par exemple avec David Fincher (Seven ou Zodiac). Et en Europe ?

Voilà trois exemples de films où un tueur en série inspire des images éprouvantes :

Strangled
Le réalisateur Arpad Sopsits s'appuie sur une histoire vraie avec une reconstitution de la Hongrie des années 60. Au début du film une femme est assassinée, un homme est accusé et condamné à 25 ans de prison. Quelques années après une autre femme est violée et tuée, puis plus tard une autre, puis encore une autre... Toutes ces femmes sont originaires du même endroit. Elles rentraient seules à leur foyer le soir... La police a la pression pour trouver le coupable: ces meurtres sont aussi contrariants pour les représentants de la justice car cela remet en cause le procès de celui jugé 7 ans plus tôt qui, justement, demande la révision de son procès. A-t-on condamné un innocent sans vérifier tout les éléments, qui est le coupable ? Le film fait glisser progressivement l'intérêt du spectateur sur les victimes puis les policiers et l'auteur des crimes. Les femmes de l'usine à chaussures ont peur, quelques flics font des recoupements contre leur hiérarchie qui cherche à couvrir des erreurs ("il ne faut pas ébranler la foi des gens en la justice"), et le criminel apparaît comme un monsieur-tout-le-monde qui se croit insaisissable...

Cold Hell
Une femme chauffeur de taxi de nuit rentre chez elle crevée: pas de chance, par une fenêtre, elle aperçoit dans l'appartement d'en face une femme nue torturée en train de crever : elle a vue la silhouette d'un homme mais surtout elle sait que lui l'a clairement vue et que, en tant que témoin, elle est en danger de mort s'il la retrouve... Attention à ce réalisateur Stefan Ruzowitzky (Oscar du meilleur film étranger en 2008 pour Les Faussaires), son film se déroule dans l'Allemagne d'aujourd'hui avec une héroïne d'origine turque confrontée à un serial-killer motivé par un verset du coran : certains dialogues évoquent des rivalités sensibles. En plus d'un serial-killer violent, cette héroïne à une passion pour la boxe thaï (un univers d'hommes...), sa meilleure amie mariée multiplie des aventures avec d'autres hommes, le policier s'occupe de son vieux père presque grabataire, un bébé se retrouve sans famille... On découvre toute une galerie de personnages inhabituels dans le genre, mais le film nous gratifie de plusieurs scènes brutales dont une bagarre en voiture mémorable.

Therapy
Trois jeunes vont dans un bâtiment désaffecté pour y faire des tags, et ils n'en sont jamais revenus. Peu après, à côté, cinq personnes arrivent pour camper mais l'une d'entre eux disparait la nuit, les autres se retrouvent dans ce même bâtiment et ils disparaissent à leur tour... Les gendarmes ont trouvé les cartes-mémoire de leurs différentes caméras et découvrent tout ce qu'ils ont filmé : il y a un serial-killer masqué dans les parages... La majeure partie du film est constitué d'un montage de plusieurs enregistrements vidéo de ces personnes que l'on découvre. Ça vous rappelle le Projet Blair Witch ? C'est un peu ça, voici un film du genre found-footage qui est français ! Sa particularité est que son réalisateur Nathan Ambrosioni est très jeune. A 16 ans, il signe ainsi son deuxième long-métrage ! Il a tourné avec des proches, presque tous bénévoles, du matériel prêté et 2000 euros de frais divers. Alors oui c'est un peu bancal pour la forme du found-footage (de la musique effrayante a été rajoutée, une chronologie hasardeuse...) tout comme sur le fond (le déroulé de l'enquête des gendarmes et la façon de les filmer...) mais c'est excusable par rapport au contenu des images filmées par les disparus. Il y a tout de même une certaine tension qui s'installe avec tout ce que l'on voit. La hache comme le sang sont plutôt réaliste... Bel effort et prometteur.

Cannes 70 : minuit, l’heure du film

Posté par cannes70, le 27 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-52. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Pour les films en compétition à Cannes, les séances officielles se déroulent selon un rituel devenu habituel : le message automatique « mesdames et messieurs veuillez accueillir l’équipe du film » résonne, on les applaudit pendant que le réalisateur et ses talents s’assoient au centre, la grande salle Lumière est plongée dans le noir et l’écran s’éclaire avec le début du film dans un silence sacré… Mais chaque année, il y a quelques séances dites "de minuit" (sur le programme minuit trente, en vrai plutôt 1h du matin… ça fait partie du folklore) pour des films hors-compétition où l’ambiance est différente : le plus souvent Thierry Frémaux est sur scène avec un micro pour présenter l’équipe, on applaudit en sifflant, et, quand le film commence, les noms du générique provoquent encore des applaudissements et des hurlements…

Thierry Frémaux a déjà déclaré que le Festival de Cannes repose sur 4 piliers qui sont les auteurs, le marché, les médias et le glamour ; et que « ces quatre piliers doivent être à égalité ». C’est parfois difficile quand il y a un film roumain, iranien, ou philippin en course, mais cette délicate équation s’équilibre sur l’ensemble des films sélectionnés ; elle est vérifiée aussi pour presque chaque séance de minuit. Un exemple l’année dernière avec Blood Father : retour de Jean-François Richet aux commandes d’un film tourné aux Etats-Unis, présence de Mel Gibson, fin de festival… et résultat , une grosse ambiance au rendez-vous !

Dans ces moments-là, on va non seulement au cinéma mais aussi au spectacle, le public cinéphile (relativement) sage en journée devient aussi agité que celui d’un concert. Alors que pour la sélection en compétition c’est parfois "haters gonna hate", pour les films de minuit c’est plutôt "ceux qui savent, savent". Les films des autres séances se doivent de conquérir le public, pour les séances de minuit  le public est déjà acquis d’avance au film qu’il s’attend à voir. C'est ainsi que, depuis quelques années, avec des thrillers sanglants et des documentaires rock’n’roll, les séances de minuits sont devenues un rendez-vous événementiel à ne rater sous aucun prétexte.

Les séances de minuit c’est rock !


En 2007, le groupe U2 a joué deux titres en live sur les marches juste avant la projection de U2 3D, en fait une captation d’un extrait de concert en relief à voir seulement avec des lunettes 3D. Le documentaire musical est un genre qui s’invite souvent aux séances de minuit. L’année dernière c’est Iggy Pop qui est venu pour le documentaire Gimme Danger qui lui a consacré Jim Jarmush. La chanteuse Amy Winehouse a été trouvée morte à 27 ans, de nombreuses vidéos personnelles ont été retrouvées ensuite pour que Asif Kapadia en fasse Amy à Cannes en 2015 avant de gagner un Oscar du meilleur documentaire. Et c’est justement pour anticiper un éventuel futur succès avec un Oscar que Cannes essaie d’attirer des films sur la musique à minuit, comme par exemple The Sapphires de Wayne Blair en 2012 (mais qui n'aura finalement eu des statuettes qu’en Australie).

Les séances de minuit ça fait peur !


Les zombies c’est la vie, mais c’est injustement mort pour figurer en compétition : alors séance de minuit. En 2004 on découvre ainsi L’armée des morts, c’est non seulement un très bon remake du Zombie de George A. Romero mais aussi le premier film (son meilleur ?) d’un nouveau réalisateur qui allait ensuite se consacrer au blockbuster de super-héros : Zack Snyder. L’année suivante il y aura à minuit un documentaire dont le sujet est justement les films de minuits qui deviennent de plus en plus populaires Midnight Movies : From the Margin to the Mainstream par Stuart Samuels. Mais le souvenir de celui-ci a été en partie éclipsé par l’événement organisé en introduction juste avant : une vingtaine de minutes d’images exclusives de Land of the Dead, le prochain film que tournait justement le père des zombies de retour à la réalisation. Et, cri d'effroi supplémentaire sur la gâteau horrifique, George A. Romero lui-même était présent et est monté sur scène !

Autre pointure du genre depuis son Evid Dead et après sa trilogie Spiderman, voici Sam Raimi invité en séance de minuit en 2009 pour son nouveau film Jusqu’en enfer avec une malédiction démoniaque qui avait bien fait palpiter la salle. Même si son nouveau film est plutôt raté, un grand nom du fantastique sait désormais qu’il pourra être à Cannes à minuit, comme par exemple Dario Argento en 2012 avec son Dracula 3D. 2012 toujours à minuit la claque viendra de Maniac par Franck Khalfoun et Alexandre Aja entièrement en caméra subjective du point de vue du tueur, avec l’équipe était présent William Lustig le réalisateur de l’original 30 ans avant (on espère le revoir encore à Cannes en 2018 pour le remake de son Maniac cop coproduit par Nicolas Winding Refn). Un des meilleurs films de 2016 aura été un film avec des zombies qui a été découvert à minuit à Cannes l’année dernière : Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon, qui a comme qualité bonus de venir de Corée du Sud, grand pays pourvoyeur de films pour les séances de minuit...

Les séances de minuit c’est asiatique !


Le savoir-faire coréen dans le genre thriller place la barre très haut, comme par exemple donc bien entendu ce Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho. En 2008 une autre séance de minuit a vu une longue ovation pour un nouveau réalisateur qui s’est imposé à coups de marteau : Na Hong-Jin avec The Chaser qui aurait d’ailleurs pu bousculer le palmarès s'il avait été en compétition (comme Old boy de Park Chan-wook en 2004). En 2015 ça sera O Piseu (Office) de Hong Won-Chan. Les autres pays asiatiques sont aussi régulièrement en séance de minuit avec certains de leurs réalisateurs les plus connus. En 2010, on découvre par exemple la grande fresque cape et épée Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan, en 2013 c’est Blind Detective de Johnnie To et aussi Monsoon Shootout de Amit Kumar. En 2014 la surprise vient du film The Target de Yoon Hong-seung, qui est un dynamique remake du thriller français À bout portant de Fred Cavayé.

Les séances de minuit c’est aussi français !


C’est un reproche que l’on entend pour ces dernières éditions pour les films en compétition de la sélection officielle : il y a trop de films français, et pas les meilleurs. Certains films français tentent des choses dans le cinéma de genre, pas souvent pour le meilleur, mais Cannes se débrouille pour en placer certains en séances de minuit. Ainsi en 2009 on voit Ne te Retourne pas de Marina De Van dans lequel Sophie Marceau prendra l’apparence de Monica Bellucci. L’année suivante en 2010 c’est L’autre monde de Gilles Marchand avec Melvil Poupaud, Louise Bourgoin et Grégoire Leprince-Ringuet et un jeu vidéo mortel. Pour ce qui est du cinéma de genre français, la séance de minuit est presque synonyme malheureusement d’une appréciation de type : "des efforts mais peut mieux faire" (d’ailleurs Gilles Marchand avec Dans la forêt en février 2017 et Marina De Van avec Dark Touch en 2014 ont fait mieux ensuite).

D’autres films ont voulu exploiter sur leur affiche le logo du Festival de Cannes (surtout pour être vendus dans d’autres pays) mais bien qu’étant du genre "séance de minuit", ils n’ont pas pu avoir cette séance de prestige et ont été relégués pour ça en séance spéciale du Cinéma de la Plage (qui ne rend pas service aux nouveaux films) comme en 2015 Les enragés ou en 2010 La meute. Curieusement les séances de minuit sont plutôt bénéfiques à n’importe quel film, sauf aux films français qui semblent eux mieux accueillis en passant par La Semaine de la Critique : comme Grave (dans les salles depuis le 15 mars) l’année dernière ou A l’intérieur en 2007.

Cocorico, il y a quand même chez nous un cinéaste qui a pour particularité d’avoir eu plusieurs films en séance de minuit : c’est Gaspar Noé. En 2015 Love 3D provoque presque une émeute car il y a beaucoup plus de spectateurs présents que de places dans le théâtre Lumière, même à minuit (il n'y avait eu aucune séance plus tôt pour les journalistes, et un surnombre de tickets avaient distribués pour cette séance), en 2002 Irreversible est bien dans la compétition officiellen en course pour la palme, mais a quand-même été projeté à minuit avec quelques personnes qui ont dû en sortir avant la fin (quelques malaises à cause du mixage sonore avec des infra basses, et également dus à la longue scène de viol). Programmer Gaspar Noé à minuit provoque assurément un certain buzz : un buzz bénéfique partagé à la fois par le cinéaste et par le Festival.

On pourrait d'ailleurs mesurer le degré de réussite d’une édition du Festival de Cannes non pas seulement à son palmarès mais pourquoi pas aussi à ses films de minuit, et au buzz qui en est résulté. Alors, qu’en sera-t-il pour Cannes 2017 ?

Kristofy pour Ecran Noir

Bilan 2016 : le cinéma de genre en mutation

Posté par kristofy, le 28 décembre 2016

C’était quoi le cinéma de genre en 2016 ?

Depuis quelques années, en fait depuis Paranormal Activity en 2007, les films qui ont pour unique promesse de faire sursauter le spectateur avec des apparitions fantômes dans le noir ou des possessions démoniaques se suivent et se ressemblent presque tous. Cette année il y a eu par exemple Conjuring 2: le cas Enfield (29 juin), Dans le noir (24 août), Ouija : les origines (2 novembre), Don’t Breathe, la maison des ténèbres (5 octobre), et même un remake du légendaire Blair Witch (21 septembre). A noter d’ailleurs que deux films français qui, à leur manière, ont marqué le cinéma de genre tricolore ont eu leur remake en langue anglaise, Martyrs et A l’intérieur (mais aucun des deux n'est sorti en salles).

Et en France ? Il y a eu cinq films notables en 2016 qui, bien que très différents les uns des autres, ont été intéressants pour le ‘genre’. Julien Séri est enfin de retour avec Night Fare (13 janvier) et son mystérieux chauffeur de taxi, suivi de Julien Leclercq avec ses Braqueurs (4 mai). Jean-François Richet s’est retrouvé de nouveau aux commandes d’un film américain (10 ans après le remake de Assaut sur le central 13) avec Blood father (31 août) et signe par la même occasion le retour en grâce de Mel Gibson lors d’une séance de minuit au Festival de Cannes.

Cependant le genre français aura été beaucoup mieux conjugué au féminin, avec deux réalisatrices. Contrairement à leurs homologues masculins très influencés par des références américaines qu’ils reproduisent (comme ceux précédemment cités), celles-ci ont mis en images un univers bien à elles. Il y eu Evolution (16 mars) de Lucile Hadzihalilovic (qu’on attendait depuis 10 ans après Innocence) avec un petit succès d’estime et des récompenses aux festivals de San Sebastian et de Gérardmer. Mais le véritable évènement du genre a été découvert à Cannes puis récompensé dans divers festivals (Sitges, Toronto, Strasbourg, PIFFF…) et dont la sortie a été reculée au 15 mars 2017 (en parallèle avec une sortie aux Etats-Unis) : il s'agit de Grave de Julia Ducournau.

Aussi surprenant que cela paraisse le Festival de Cannes a mis en avant cette année ce genre peu habitué au glamour : Grave (à La Semaine de la Critique), Dog Eat Dog de Paul Schrader (Quinzaine des Réalisateurs), The Transfiguration de Michael O'Shea (Un Certain Regard), The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (en compétition), The Strangers de Na Hong-jin (hors-compétition) et Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho (séance de minuit).

Dans les salles de cinéma, pourtant, c'est plutôt la désaffection, à quelques exceptions près. Le spectre était pourtant varié : Midnight Special de Jeff Nichols (16 mars), 10 Cloverfield Lane (16 mars), Hardcore Henry (13 avril), Green Room de Jeremy Saulnier (27 avril), American Hero (8 juin), The Witch (15 juin), American Nightmare 3: Élections (20 juillet), The Wave (27 juillet), Dernier train pour Busan (17 août), Premier Contact de Denis Villeneuve (7 décembre), soit des extra-terrestres, des montres, des tueurs immortels, des dons surnaturels, une catastrophe naturelle, de la sorcellerie, des zombies et la fin de l'humanité.

Finalement, ce que l'on retient c'est bien le renouvellement du genre. Reprendre les vieilles recettes et les refaire non pas seulement au goût du jour, avec les moyens actuels, mais bien avec un point de vue singulier, une envie de surprendre, une volonté de donner au "genre" une profondeur avec plusieurs niveaux de lecture ou d'en faire une expérience physique et cérébrale, repoussant les limites du supportables ou explorant les limbes de nos cauchemars.

Cependant certains des meilleurs films seront restés eux invisibles, à l'exception de quelques projections dans certains festivals. Comme nous le disions récemment : « Les films fantastiques, avec des zombies, des vampires, d'horreur etc... ne manquent pas dans la production mondiale. Régulièrement les productions hollywoodiennes arrivent dans les salles. Ceux là parviennent à dépasser les 300000 entrées (voir atteindre les 700000 spectateurs comme American Nightmare 3 ou 1,5 million de spectateurs comme Conjuring 2. Pour les autres, c'est plus compliqué. Malgré leur excellente réputation et leur carton dans leur pays, les films coréens, espagnols ou japonais ont du mal à s'exporter. Et ne parlons pas du cinéma français qui prend des pincettes à produire des films de ce genre et qui quittent rapidement l'affiche une fois sorti. Quand ils ont été distribués. Qu'on aime ou pas ce genre de films, il s'agit quand même d'une diversité qu'il faudrait mieux défendre, mieux préserver. Il a peut être mauvais genre mais c'est du cinéma. Il n'y a pas de raison qu'il soit un passager clandestin dans les salles ou un apatride squattant les ordinateurs, souvent en téléchargement illégal, ou la vidéo à la demande. »

Edito: La théorie du genre

Posté par redaction, le 8 décembre 2016

Alors que le Paris International Fantastic Film Festival occupe le Max Linder Panorama, l'une des plus belles salles de Paris, depuis mardi, le cinéma de genre continue de traverser une longue crise en France. Les films fantastiques, avec des zombies, des vampires, d'horreur etc... ne manquent pas dans la production mondiale. Régulièrement les productions hollywoodiennes arrivent dans les salles. Ceux là parviennent à dépasser les 300000 entrées (voir atteindre les 700000 spectateurs comme American Nightmare 3 ou 1,5 million de spectateurs comme Conjuring 2).

Pour les autres, c'est plus compliqué. Malgré leur excellente réputation et leur carton dans leur pays, les films coréens, espagnols ou japonais ont du mal à s'exporter et, au mieux, séduisent entre 100000 et 300000 curieux. Et ne parlons pas du cinéma français qui prend des pincettes à produire des films de ce genre et qui quittent rapidement l'affiche une fois sorti. Pas étonnant que la plupart des cinéastes friands de ce style s'exilent en Californie, lassés de devoir trouver des financements, de ne pas trouver leur public. Quand ils ont été distribués.

Car il y a de nombreux films vus dans les Festivals qui ne sortent pas en salles. Comme le souligne la réalisatrice Alice Lowe (Prevenge, un Rosemary's Baby coulant sous l'hémoglobine) dans un entretien à Ecran Noir: "Ça serait dommage que le film soit découvert sur Netflix et en vidéo à la demande, je sais que c’est une possibilité mais je veux qu’il soit vu dans une salle de cinéma. En tant que cinéaste la salle de cinéma c’est le but, on se souvient toujours de certaines expériences ou émotions ou rires lors dune projection dans une salle avec du public."

Un genre qui a mauvais genre

Malheureusement, nombreux sont les films vus aux festivals de Bruxelles, Montréal, Gérardmer ou même dans les séances spéciales de grands festivals internationaux qui ne trouvent pas le chemin des salles. Une fois de plus, les festivals deviennent alors un refuge pour films réclamant l'asile d'un multiplexe. Il va être intéressant de voir comment le film de Julia Ducournau, Grave, sera reçu le 15 mars. Auréolé d'un vrai gros buzz depuis la Semaine de la critique à Cannes, ce film d'épouvante est évidemment éprouvant (à Toronto, certains spectateurs sont sortis de la salle) sera un nouveau test pour le cinéma français, devenu plutôt avare en cinéma fantastique ou d'horreur.

Au PIFFF, sept des 16 longs métrages (compétition et hors compétition) n'ont pas de distributeurs français. Qu'on aime ou pas ce genre de films, il s'agit quand même d'une diversité qu'il faudrait mieux défendre, mieux préserver. Il a peut être mauvais genre mais, comme souvent, dans le fond, ce cinéma utilise des codes cinématographiques particuliers pour parler de la société ou de l'Homme de manière allégorique ou subversive. Ce n'est que du cinéma. Justement, c'est du cinéma. Il n'y a pas de raison qu'il soit un passager clandestin dans les salles ou un apatride squattant les ordinateurs, souvent en téléchargement illégal, ou la vidéo à la demande.

Toronto 2016: les films de genre dans la lumière

Posté par vincy, le 5 septembre 2016

On a vu pire programme côté cinéma de genre dans un grand festival. Les deux sections du 41e Festival de Toronto, qui commence dans trois jours, Midnight Madness et Avant-gardes, s'offrent le film sensation de Cannes réalisé par Julia Ducournau, Grave, mais aussi Dog Eat Dog de Paul Schrader, qui avait fait la clôture de la Quinzaine cette année, Free Fire de Ben Wheatley, Message from the King de Fabrice du Welz et The Untamed d’Amat Escalante (photo), en compétition à Venise. Ces deux sections complètent la sélection compétitive Platform, la section Galas et la section Special Presentations.

Midnight Madness :
The Autopsy of Jane Doe d’André Øvredal
The Belko Experiment de Greg McLean
Blair Witch d’Adam Wingard
Dog Eat Dog de Paul Schrader
Free Fire de Ben Wheatley
The Girl With All the Gifts de Colm McCarthy
Headshot de Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto
Rats de Morgan Spurlock
Grave de Julia Ducournau
Sadako vs Kayako de Koji Shiraishi

Avant-gardes :
The Bad Batch de Ana Lily Amirpour
Blind Sun de Joyce A. Nashawati
Buster’s Mal Heart de Sarah Adina Smith
Colossal de Nacho Vigalondo
Godspeed de Chung Mong-Hong
I Am the Pretty Thing that Lives in the House de Osgood Perkins
Interchange de Dain Iskandar Said
Message from the King de Fabrice du Welz
My Entire High School Sinking Into the Sea de Dash Shaw
The Untamed d’Amat Escalante
Without Name de Lorcan Finnegan
Nelly de Anne Emond