Cannes 2011 – le chiffre du jour : 130 000 spectateurs

Posté par vincy, le 21 mai 2011

130 000 entrées pour la Palme d'or de 2010, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. Un seul film a fait pire, Les meilleures intentions, en 1992, avec un peu plus de 90 000 spectateurs. Oncle Boonmee s'approche donc davantage du Goût de la cerise, avec ses 160 000 curieux en 1997.

Mais osons le dire : sans la Palme d'or, le film de Apitchapong Weerasethakul n'aurait sans doute pas briller ainsi. C'est un record pour ce cinéaste si confidentiel aux oeuvres souvent hermétiques. Sans doute son film le plus accessible, Oncle Boonmee a réussit un exploit en plein automne. Et ce film a déjà rapporté dans le monde plus de 1 million de $ de recettes. Aux Etats-Unis, avec 155 000 $ de recettes (il est toujours à l'affiche), il fait même mieux que L'Eternité et un jour, Sous le soleil de Satan et Papa est en voyage d'affaires. Il pourrait même battre Underground au final.

Si c'est en France qu'il a connu la plus grosse audience, il aussi touché les italiens, les espagnols et les britanniques. Dans son propre pays, où il était interdit aux moins de 15 ans, Oncle Boonmee a récolté 32 000 $, le classant au 164e rang de l'année. Mais reconnaissons qu'il est rare de voir un film thaïlandais cartonner en Occident, hormis Ong Bak. Et les films d'auteurs asiatiques font rarement de tels scores.

La prochaine Palme aura pour défi de remplir un peu les salles. Cela fait 7 ans qu'une Palme d'or n'a pas été un succès au box office américain (Fahrenheit 9/11). En France, Entre les murs en 2008 est le seul millionnaire depuis 2005.

Cannes 2011 : l’Asie avec ou sans Wong Kar Wai ?

Posté par vincy, le 22 février 2011

Peu importe l'importance du contingent asiatique de Cannes 2011 : la seule question qui tourmentera médias et organisateurs sera autour du nouveau Wong Kar Wai. Quatre ans après l'ouverture du Festival avec My Blueberry Nights, The Grandmasters sera-t-il prêt dans les temps? Grand habitué de la Croisette (il en même été Président du jury), l'homme aux lunettes noires vient de reprendre le tournage des scènes de son nouveau film, avec Tony Leung Chiu Wai et Zhang Ziyi (voir actualité du 21 mai 2009). Son incursion dans les arts martiaux (et un hommage à Bruce Lee par la même occasion) est si attendue que Cannes sera encore prêt à des compromis : absence de mixage, montage non définitif, bobines reçues à la dernière minute. Peu importe : WKW est avec Almodovar le cinéaste non palmé le plus privilégié du Festival.

Mais d'autres films asiatiques pourront compenser son éventuelle absence. Lou Ye (Nuits d'ivresse printannière, primé en 2009) devrait être présent avec Chiennes (Love and Bruises), qui ferait monter les marches au "prophète" Tahar Rahim. Wang Xiaoshuai, déjà sélectionné l'an dernier avec Chongqing Blues, est en pleine post-production de 11 fleurs. Toujours de Chine, on peut espérer le nouveau Peter Chan, Swordsmen, en séance spéciale, ou/et le dernier Johnnie To, avec une comédie romantique (sic) Don't go Breaking My Heart. Le genre est rarement sélectionné à Cannes, mais le nom du réalisateur pourrait amener un peu de fraîcheur hors-compétition. Dans les sélections annexes (Un certain regard, Quinzaine...), les films remarqués à Rotterdam et Sundance peuvent faire leur apparition comme Zhang Miaoyan (Black Blood). De même, primé l'an dernier à Berlin avec Apart Together, Quan'an Wang pourrait avoir terminé le tournage dans les temps de White Deer Plain. Hors-compétition, Cannes pourrait miser sur 1911, réalisé par Jackie Chan, dont ce sera le 100e film, et Li Zhang. Quant à Tsui Hark, il semble plus proche de Venise que de Cannes côté planning.

Le cinéma japonais compte sur ses fidèles représentants pour nourrir les sélections : Hirokazu Kore-Eda et son Miracle, Takashi Miike et son Harakiri 3D en séance de minuit, ou le récemment disparu Satoshi Kon et son ultime dessin animé The Dream Machine, un événement en soi. Côté animation, on peut aussi croire à la possibilité du dernier Makoto Shinkai, Children who chase lost voices from deep below, qui doit sortir en mai au Japon.

Le cinéma asiatique pourrait aussi être plus diversifié cette année avec Tastumi, du singapourien Eric Khoo (My Magic, en compétition en 2008), Captured, du philippin Brillante Mendoza (avec Isabelle Huppert), Gibier d'élevage du cambodgien Rithy Panh (projet issu de l'Atelier de la Cinéfondation), du film sans titre du thaïlandais Pen-Ek Ratanaruang... La Corée du sud, incontournable, a des pépites en réserve et notamment The Murderer d'Hong-jin Na (The Chaser était à Cannes en 2009).

On voit mal, symboliquement, Cannes ne pas réserver une place de choix à un cinéaste iranien, même si les conditions de tournage sont particulièrement complexes. Déjà programmé dans quelques festivals, Harud de Reza Naji ou The Day I Disappeared d'Atousa Bandeh Ghiasabadi peuvent faire escale dans une sélection parallèle. Mais les grands noms habitués du Festival sont soit censurés, soit au travail pour Cannes 2012. La bonne nouvelle serait que le prix Goncourt Atiq Rahimi soit prêt à temps pour l'adaptation de son propre roman, Syngue Sabour. Son film Terre et cendres avait reçu le prix du Regard à Un certain regard en 2004.

Côté Proche-Orient, on pourrait voir Restoration (primé à Sundance) de Yossi Madmony à Un certain Regard, le nouveau film de Joseph Cedar (Beaufort) intitulé Footnote, celui d'Eran Kolirin (La visite de la fanfare) avec The Exchange, ou encore Et maintenant on va où?, de la libanaise Nadine Labaki, qui reviendrait quatre ans après Caramel. En revanche on doute qu'Ari Folman et son film d'animation The Congress soit prêt à temps.

Avec ou sans Wong Kar Wai, on aura quand même du mal à imaginer ce festival de Cannes sans le turc Nuri Bilge Ceylan, quatre fois primé à Cannes (Grand prix du jury, meilleur réalisateur, prix France Culture, prix Fipresci) grâce à ses trois derniers longs métrages en compétition officielle. Il était une fois en Anatolie est son plus important budget à date. Et avec un titre pareil, comment ne pas séduire le président Robert De Niro...?!

Berlin 2011: Taïwan et la Chine continentale en pleine mutation cinématographique

Posté par MpM, le 15 février 2011

L'absence de films taïwanais sélectionnés à Berlin cette année n'empêche pas le pays d'être bien présent sur Potsdamer Platz, et notamment au marché. C'est que Taipei a des films à vendre ! En 2010, 45 longs métrages ont été tournés dans l'ile. En tout, 278 films (incluant les téléfilms et courts métrages) ont été soutenus par la commission du film de Taipei. Les co-productions sont également nombreuses et concernent principalement Hong Kong et la Chine continentale. Cette dernière représente notamment un marché considérable, à condition de jouer le jeu et de ne pas aborder de questions taboues.

De son côté, la Chine continentale est confrontée elle aussi à de nouveaux enjeux. En dépassant les 1,5 milliards de dollars en 2010, le box-office chinois a gagné 64% par rapport à 2009. Il est aussi bien parti pour devenir le deuxième marché le plus important du monde.

Par ailleurs, de plus en plus de films sont produits en Chine (520 en 2010) mais peu d'entre eux bénéficient d'une sortie en salles. Paradoxalement, près de 1000 nouveaux écrans verront le jour en 2011, portant le total à plus de 7000, et il faut bien les alimenter.

Le quota de films étrangers (limités à 20 chaque année) pourrait ainsi être remis en question, d'autant que la demande pour les films étrangers est de plus en plus forte. En 2010, Avatar a rapporté 210 millions de dollars contre 100 millions pour le meilleur film chinois, Aftershock de Feng Xiaogang. En tout, les films locaux ne représentent que 56% du box-office chinois.

Si les quotas sont modifiés, la marge de progression du box-office pourrait atteindre des sommets, dans la mesure où avec un écran pour 200 000 personnes, la Chine a encore un gigantesque potentiel de croissance. De quoi inciter ses voisins les plus proches, comme Taïwan ou Hong Kong, à la fournir en films, mais également Hollywood ou le marché européen. Et parmi eux, la France, qui occupe actuellement six des vingt places disponibles pour des films étrangers, a indéniablement une carte à jouer.

Vesoul 2011 : le tour de l’Asie en 90 films

Posté par kristofy, le 15 février 2011

Ce sont pas moins de 90 films qui sont programmés à Vesoul et, si certains nous sont déjà connus, les œuvres présentées sont autant de films anciens très rares et inédits sur grand écran ou de films récents découverts ici en avant-première. 90 films en provenance de toute l'Asie et qui délivrent un regard atténuant finalement les différences culturelles...

Tout d’abord le regard de l’enfant est toujours un point de vue qui interpelle. Dans La petite fille de la terre noire de Jeon Soo-il on découvre une petite fillette qui grandit avec des responsabilités qui ne sont pas de son âge : prendre soin de son grand frère attardé mental et de leur père qui a perdu son travail, sombrant dans l’alcoolisme alors que la famille doit être expulsée de leur maison. Dans La rivière Tumen de Zhang Lu c’est la fragile amitié entre un garçon nord-coréen immigré clandestin et un garçon chinois qui va être mise à mal avec les conflits entre les réfugiés de Corée du Nord affamés et les villageois de Chine. Susa de Pirveli Rusudan est un des films très remarqué de la compétition : un gamin de douze ans, vendeur ambulant de bouteilles de vodka, est sous la pression des policiers et d’adolescents qui font du racket ; le retour de son père qu’il ne connaît pas vraiment sera peut-être l’opportunité d’aller vers une vie plus agréable.

Le déracinement est aussi sources de nombreux drames humains. Autre favori de la compétition, Where are you going ? de Park Chur-woong montre les dilemmes de cinq membres d’une famille dont le logement dans un bidonville est menacé par des promoteurs immobiliers : le gouvernement veut réaménager cette zone et souhaite voir les habitants partir ailleurs alors que la mégapole voisine est une ville riche où ils n’ont pas leur place. Dans Le brouillard de Kim Soo-young un homme fuit Séoul pour revenir dans son village natal, il regrette son mariage sans véritable amour et séduit une femme qui espère  découvrir une autre vie dans la capitale. Ensemble, ils vont vivre une parenthèse de passion ardente (avec notamment une scène sensuelle assez osée pour l’époque en 1967).

La condition de la femme provoque de multiples questions, et cela très tôt d’ailleurs dans le cinéma coréen. Si Im Kwon-taek est reconnu comme un cinéaste majeur (avec plus d’une centaine de films !), son chef d’œuvre de 1986 n’a quasiment jamais été vu en France. Il s’agit de La mère porteuse (Sibajee) où il y a déjà plusieurs siècles (au temps de la dynastie Lee) un notable et riche seigneur et son épouse ne peuvent avoir d’enfant, son devoir est absolument d’être le père d’un fils (pas d’une fille) pour pérenniser le nom et la succession de la famille. Il ‘achète’ contre des arpents de rizière la fertilité d’une jeune campagnarde de 17 ans, mais alors qu’elle doit seulement procréer et donner son bébé commence une histoire d’amour interdite… En 1968 dans Les pommes de terre, q’unique film et chef d’œuvre du réalisateur de Kim Sung-ok (scénariste de Le brouillard), on revient dans les années 1920 sous l’occupation japonaise, une jeune fille quitte son village et sa famille pour suivre un mari qu’on lui a choisi ; il va se révéler être particulièrement fainéant et elle devra travailler pour entretenir son époux : les situations drôles et injustes se suivent pour en faire déjà un manifeste féministe.

Fractures sociale et familiale

L’ensemble de ces films cités histoires et personnages les plus divers comportent tous en filigrane une observation sociale de l’interdépendance entre des plus riches et des plus pauvres, mais aussi une critique politique (envers le gouvernement ou à l’aristocratie en place) plus ou moins allusive.

Mais cette édition 2011 est sous le signe la famille dans toutes ses composantes, comme l’indiquent Martine et Jean-Marc Thérouanne du FICA de Vesoul : "La famille est soit encensée comme pilier de la société, foyer de solidarité, centre d’épanouissement ; soit décriée comme milieu d’aliénation de l’individu, lieu de lutte d’intérêt ente fratries, instrument d’oppression du système familial patriarcal. Les films d’hier et d’aujourd’hui reflètent l’image de ce que furent les familles traditionnelles et dessinent les formes nouvelles qu’elles prennent". Ces différentes facettes se reflètent notamment avec des films aussi divers que L’enfant de Kaboul de Akram Barmak, Une famille chinoise de Xiaoshuai Wang, Le mariage de Tuya de Quan’an Wang, Shower de Yang Zhang, Le mariage des moussons de Mira Nair, Les Sept jours de Shlomi et Roni Elkabetz, 4:30 de Royston Tan, Serbis de Brillante Mendoza.

Vesoul 2011 : Rithy Panh et le Cambodge d’aujourd’hui

Posté par kristofy, le 12 février 2011

Le Cambodge est un des deux pays, avec la Corée, qui est à l’honneur du 17ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. On y attendait son réalisateur emblématique, le plus connu à l'étranger, Rithy Panh, qui a une longue histoire avec le Festival, puisqu'il y avait présenté Un soir apèrs la guerre en 1999.

Un réalisateur occupé par son tournage

Mais il n’est pas encore arrivé pour cause de tournage de son nouveau film, Gibier d'élevage, produit par ARTE. Le film est issu de l'Atelier de la Cinéfondation à Cannes. Il a planté sa caméra au Cambodge pour raconter une histoire d'enfants. En 1972, un avion américain bombarde la piste Ho Chi Minh et s'écrase dans les montagnes cambodgiennes. L'unique survivant, un afro-américain, est capturé par les enfants d'un village isolé. Ils le cachent aux yeux des adultes et jouent avec cet homme comme ils le feraient avec un animal domestique jusqu'au jour ou des maquisards Khmers rouges découvrent leur secret... Il s'agit d'une parabole sur l'asservissement du peuple cambodgien par les Khmers rouges. Rithy Panh, dans sa note d'intention évoque une rencontre entre deux mondes : celui des enfants endoctrines par les Khmers rouges et celui d'un pilote noir tombe du ciel. Aux yeux des enfants, par sa nationalité, sa race, sa langue, il n'est pas qu'un ennemi, mais aussi une bête. Gibier d'élevage devrait être prêt pour le prochain Festival de Cannes.

Si Rithy Panh est le plus connu des cinéastes cambodgiens, il n'est cependant pas le seul réalisateur venu de ce petit pays coincé entre le Vietnam, le Laos et la Thaïlande.

Il faut savoir que la plupart des 400 films cambodgiens réalisés entre 1960 et 1975 sont perdus ; le cinéma est quelque chose qui a d’ailleurs presque disparu aujourd’hui : seuls une dizaine de films ont été produits en 2010, ils sont tournés en quelques jours avec du matériel vidéo. Il n’existe plus de lieux de projections au Cambodge (les écrans de cinéma se comptent sur les doigts de la main), et faute de lieu de diffusion, le 7e art est moribond; si quelques films sont piratés sur CD, les noms de Hitchcock, Truffaut ou Spielberg y sont complètement inconnus. A l'inverse, pour la plupart des touristes occidentaux qui visitent le Cambodge, le pays se résume souvent au temple d'Angkor. Le travail de Rithy Panh est de nous ouvrir les yeux sur les conséquences d'un carnage sur une civilisation.

Un pays de survivants

Le Cambodge porte toujours le poids de sa tragique histoire : entre 1975 et 1979 les Khmères rouges causeront un génocide où un quart de la population (près de 2 millions de personnes) trouva la mort. Les divertissement sont bannis (sauf quelques œuvres de propagande), et Rithy Panh est justement l’artisan majeur de la réappropriation de la mémoire détruite par ce régime tyrannique. Vesoul programme 7 films du réalisateur (et une dizaine d’autres réalisés dans les années 60, dont deux inédits, par Norodom Sihanouk, le seul cinéaste qui est aussi roi d’un pays). Parmi ces films :

S21, la machine de mort Khmère rouge, documentaire  qui revient dans l'enfer du camp S21, lieu où ont été déportés, torturés et tués plus de 17 000 personnes. Rithy Pan revient sur ces lieux avec un survivant qui se confronte à d’anciens bourreaux : les geôliers décrivent leur ‘travail’ de ‘destruction’ de prisonniers après les avoir forcé à avouer des complots invraisemblables de trahison. Avec une devise comme ‘mieux vaut arrêter par erreur que laisser l’ennemi nous ronger de l’intérieur’ les Khmères rouges obtenaient de chaque victime une cinquantaine de noms d’autres personnes à arrêter, l’endoctrinement était tel que des enfants ont dénoncé des parents… Les pratiques du camp S21 sont restées impunies faute de procès qui n’a jamais eu lieu.

Les artistes du théâtre brûlé (photo) : Le film s’intéresse aux conséquences du génocide, en particulier d’éradication d’une histoire culturelle avec une absence d’infrastructure. Il y a toujours des artistes mais aucune salle de spectacle, d’autant plus que la télévision est maintenant partout. Dans un théâtre en ruine des comédiens répète une scène sans espoir, trouver de l’argent pour se nourrir au jour le jour est un vrai problème.

Le papier ne peut pas envelopper la braise : Les témoignages déchirants des condition de (sur)vie de prostituées. Vendre son corps est le seul moyen pour certaines femmes pour se nourrir, et aider une partie de sa famille. Elles subissent les pires violences (des clients et des souteneurs), doivent faire face à des grossesses (avortements et naissances), sont victimes de maladies (dont le sida sans même le savoir) et de la drogue… La prostitution est à la fois assumée ("qui fait le bien reçoit le bien, qui fait le mal reçoit de l’argent") et insupportable, comme si cet échappatoire faisait reculer une absence d’avenir.

À travers chacun de ses films Rithy Pan s’intéresse aux différentes facettes du Cambodge en explorant la négation d’humanité par de multiples témoignages.

Une institution singulière : Bophana

En parallèle des films de Rithy Pan, Vesoul présente aussi une sélection de films issus du programme Bophana, qui coproduit le nouveau film du cinéaste. Le centre Bophana est une institution  initiée par Rithy Pan qui a pour objectif  de réunir toutes les archives audiovisuelles du Cambodge afin de sauvegarder (photo) et restaurer une partie du patrimoine culturel du pays. Il est charge aussi d'une éducation audiovisuelle, notamment avec des ateliers pour initier l’émergence de nouvelles œuvres, des diffusions de films...

En étant programmés à Vesoul, c'est la première fois que quatre de ses films sont vus à l'extérieur du pays.

A Blurred way of life de Soa Sopheark montre une jeune fille qui ne peut poursuivre des études car elle doit vendre des journaux pour rapporter un peu d’argent à ses petits frères et sœurs et sa mère malade du sida ; A pedal man de Yos Katank s’attache au quotidien d’un vieux chauffeur de cyclo (vélo-taxi) qui ne peut plus parcourir de longue distance : il gagne une misère et ça ne fera qu'empirer ; My yesterday night de Chan Lida montre le travail précaire d’une femme qui devient chanteuse dans des bars ; I can be who I am de Chhoun Sarin s’intéresse au ‘ladieboy’, ces garçons qui se sentent filles et qui se travestissent, avec la difficulté d’être compris ou non par leur famille et les insultes des autres, …

Ces différents films du programme Bophana reflètent la société actuelle du Cambodge avec une approche documentariste, ce sont en même temps les débuts de jeunes talents prometteurs, qui croient au témoignage par l'image, observent ce pays, certes cicatrisant toujours ses plaies ouvertes, mais poussé par l'énergie de sa mutation.

Vesoul 2011 : l’Asie n’a plus de frontières…

Posté par kristofy, le 8 février 2011

Le plus ancien festival de cinéma asiatique d'Europe se trouve à Vesoul (Haute-Saône, Franche-Comté, autant dire un coin perdu de la France moderne) et il ouvre ses portes aujourd'hui. On y  découvrira les films de toute l'Asie (c'est-à-dire du Proche à l'Extrême-Orient), même si cette 17ème édition du FICA, Festival International des Cinémas d’Asie, mettra particulièrement à l’honneur le Cambodge et la Corée.

Vesoul présentera environ 90 films partagés entre plusieurs sections thématiques, dont une vingtaine de films inédits en France qui seront appréciés par 6 Jurys (le jury International, le jury NETPAC, le jury Musée National des Arts Asiatiques Guimet de Paris, le Jury Langues O'-INALCO, un Jury Lycéen et un Jury Jeunes).

Pour le Cambodge le réalisateur Rithy Panh, artisan de la réappropriation de la mémoire détruite par les Khmers rouges, est attendu à Vesoul avec en même temps 23 oeuvres couvrant 1950-2010.

Le regard sur le cinéma coréen déroulera 65 ans de cinéma (1945-2010) en 27 films clés, avec la présence de Kim Dong-ho, directeur honoraire du Festival de Pusan, le plus important festival de cinéma asiatique.

Certains films sur le thème des "Familles d'Asie" composeront un tableau des familles d'hier et d'aujourd'hui vues par les cinéastes asiatiques. On rendra aussi hommage avec Paprika à Satoshi Kon, le génial cinéaste d'animation récemment disparu.

Enfin, le FICA de Vesoul affirmera son soutien au réalisateur et ami du festival Jafar Panahi, condamné en Iran à 6 ans de prison et 20 ans d'interdiction d'exercer son métier de cinéaste, en projetant son film Le Cercle (lion d'or à Venise) lors de la clôture du Festival.

Bilan 2010 – 214 films au dessus de 100 000 entrées et 472 en dessous

Posté par vincy, le 5 février 2011

686 sorties répertoriées. Et 68,8% d'entre elles qui n'atteignent pas 100 000 spectateurs. Près de 40% qui ne dépassent même pas les 30 000 entrées. Cela pose question  quand, en moyenne, 13 films sortent chaque semaine.

Pour 2010, 214 films ont quand même franchi la barre fatidique des 100 000 entrées et 50 sont devenus millionnaires (soit presque un par semaine). Walt Disney en place 6 au dessus du million, Warner Bros fait mieux avec 8. Les distributeurs français sont à la peine avec 18 hits.

Par zone géographique, l'écart peut être cruel et le festival de Cannes s'avère porteur:

Amérique du nord : Harry Potter 7, 5,5 millions de spectateurs

France : Les petits mouchoirs, 5,3 millions de spectateurs

Europe de l'Ouest : Le voyage extraordinaire de Samy, 1,3 million de spectateurs

Amérique du sud : Dans ses yeux, 450 000 spectateurs

Afrique du nord : Hors-la-Loi, 430 000 spectateurs

Amérique centrale : Biutiful, 354 000 spectateurs

Asie de l'Est : Poetry, 205 000 spectateurs

Proche et Moyen Orient : Ajami, 140 000 spectateurs

Europe de l'Est : Le criquet, 62 000 spectateurs

Asie centrale et Russie : Le dernier voyage de Tanya, 55 000 entrées

Asie du sud-est et subcontinent indien : My Name is Khan, 42 000 spectateurs

Océanie : Disgrace, 36 000 spectateurs

Afrique : Le secret de Chanda, 11 000 spectateurs

Tran Anh Hung adapte Haruki Murakami et gagne les faveurs du box office

Posté par vincy, le 9 janvier 2011

La nouvelle d'Haruki Murakami, Norwegian Wood (La ballade de l'impossible), a été adaptée par Tran Anh Hung. le film, sélectionné à Venise puis Toronto, sort depuis quelques semaines dans les pays asiatiques: 11 décembre au Japon, 22 décembre au Vietnam, puis à Taïwan, en Russie et  maintenant à Hong Kong.

Il a fallu quatre ans à l'écrivain japonais pour accepter qu'on trahisse son livre, qui raconte l'expérience universelle d'un premier amour et d'un premier deuil. Les négociations avec le romancier à succès ont été longues et compliquées. Le nom de Murakami figure finalement à l'affiche comme co-scénariste.

Norwegian Wood (1987) est son plus grand succès avec plus de 9 millions d'exemplaires vendus. Il emprunte son nom à une chanson des Beatles.

Le film est entré 8e du box office de Hong Kong cette semaine en récoltant 127 000 $ dans 12 salles. Au Japon, il est déjà un joli succès : 6e après 3 semaines d'exploitation, il cumule déjà 9,6 millions de $ de recettes. Il fait ainsi mieux que Robin des Bois sorti la même semaine. En Russie, il est 9e avec un circuit de 6 copies seulement. A Taïwan, il a déjà trois semaines au compteur, 130 000 $ de recettes et se maintient dans le Top 15.

Il sortira en Europe entre mars et juin.

C'est d'ores et déjà le plus gros succès pour le cinéaste franco-vietnamien depuis L'odeur de la papaye verte (Caméra d'or à Cannes et César de la première oeuvre) et Cyclo (Lion d'or à Venise).

Le 17e festival de Vesoul met le Cambodge et la Corée à l’honneur

Posté par MpM, le 22 décembre 2010

Parmi les rendez-vous que l'on retrouvera avec plaisir en 2011, il y a le Festival international des Cinémas d'Asie de Vesoul (FICA) dont Ecran Noir est partenaire depuis 2008.

Pour sa 17e édition, le plus ancien festival de cinéma asiatique d'Europe nous a concocté un programme qui répond parfaitement à sa devise : "piquer la curiosité du plus grand nombre, pour votre plus grand plaisir, et en mettant la qualité à la portée de tous". Ce sont ainsi 90 films, parmi lesquels une vingtaine d'oeuvres inédites, qui seront présentés aux festivaliers entre le 8 et le 15 février 2011.

Outre la compétition, qui oppose longs métrages et documentaires du Proche à l'Extrême-Orient, on retrouvera un "Regard sur le cinéma coréen" (65 ans de cinéma coréen en 25 films clés, en présence de Kim Dong-ho, le directeur honoraire du Festival de Pusan) ; une sélection thématique autour des "Familles d'Asie" ; une section Francophonie d'Asie : "Cambodge : Rithy Panh et Bophana, la mémoire retrouvée (1950-2010)" ; sans oublier un hommage à Satochi Kon et une programmation jeune public.

En parallèle sont organisées des journées professionnelles et des actions pédagogiques qui impliquent le tissu local et régional. Et puis bien sûr,  fidèle à ses habitudes festives, le FICA proposera de nombreuses rencontres, des temps de partage et des soirées ouvertes à tous. Pourtant, au milieu de cette bonne humeur et de cette passion cinéphile partagée, on peut être sûr qu'organisateurs et festivaliers trouveront le temps de penser à Jafar Panahi, invité d'honneur du festival en 2010, et qui, déjà, n'avait pu quitter le territoire iranien pour venir recevoir son Cyclo d'honneur.

Aftershock fait trembler les Asia Pacific Screen Awards

Posté par vincy, le 3 décembre 2010

Les 4e Asia Pacific Screen Awards ont consacré la super-production chinoise Aftershock. Sa puissance hollywoodienne a été saluée comme un acte de résistance contre l'hégémonie américaine dans les salles. Son triomphe public dans tous les pays de la région promet même un succès international.

La Chine fait ainsi partie des 7 pays qui se voient récompensés cette année avec Israël, l'Australie, la Turquie, l'Iran, l'Inde et la Corée du sud. Le Japon et Taïwan sont les grands perdants malgré des films proposés intéressants. Mais la Palme d'or thaïlandaise n'était même pas nommée, et la Russie était à peine citée. La Chine monte en puissance tandis que la Corée du sud confirme son incroyable vitalité cinématographique.

Et justement le meilleur réalisateur est coréen : Lee Chang-dong (photo), sélectionné et primé à Cannes pour son scénario, a reçu son troisième prix dans la courte vie de la cérémonie (après Secret Sunshine, meilleur film, et Ya Haeng Ha, meilleur film pour la jeunesse). Son actrice, la légendaire Yun Jung-hee, qui n'avait pas joué depuis 15 ans, a évidemment eut les honneurs du prix de la meilleure comédienne.

Meilleur film : Aftershock (Chine)

Meilleur film pour la jeunesse : Digari / L'autre (Iran)

Meilleur film d'animation : Piercing 1 (Chine)

Meilleur documentaire : Last Train Home (Chine / Canada)

Meilleur scénario : Lebanon (Israël). Lion d'or à Venise 2009.

Meilleure image. Vihir / Le puits (Inde / Australie)

Meilleure actrice : Yun Jung-hee dans Poetry (Corée du sud)

Meilleur acteur. Chen Daoming dans Aftershock (Chine)

Mention spéciale pour le meilleur acteur : Tony Barry dans Home for Christmas (Nouvelle Zélande)

Meilleur réalisateur : Lee Chang-dong pour Poetry (Corée du sud).

Prix FIAPF pour sa contribution exceptionnelle au cinéma : Christine Hakim (Indonésie), actrice

Prix Unesco : Bal / Miel. (Turquie). Ours d'or à Berlin 2010.

Mention spéciale pour les effet spéciaux : Le Royaume de Ga'Hoole (Australie / USA)

Grand prix du jury Screen International : l'actrice Shinobu Terajima dans Caterpillar (Japon) et le réalisateur-scénariste Samuel Maoz pour Lebanon (Israël).

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site internet de la cérémonie