Box office US : un week-end de Thanksgiving décevant

Posté par vincy, le 28 novembre 2011

Les chiffres ont beau être impressionnants : le box office du week-end de Thanksgiving a été moins performant que celui de l'an dernier.

En 2010, Harry Potter et les Reliques de la mort, 1ere partie avait récolté 75 millions de $, et Raiponce, plus de 68 millions. 6 autres films avaient empoché plus de 10 millions de $. Au total, les salles de cinéma avaient encaissé 181 242 458 de $, sensiblement la même somme qu'en 2009.

Cette année, le week-end de Thanksgiving a atteint son niveau de 2008. Cette tendance est la même depuis le début de l'année. Le cinéma ne parvient pas à retrouver son niveau d'avant la crise. C'est d'autant plus inquiétant que les recettes sont calculées sur un prix du ticket de cinéma en hausse constante : la fréquentation est donc en baisse continuelle.

Le week-end de Thanksgiving de 2011 a rapporté 162 960 400 $. Une perte sèche de 20 millions de $ en un an. Le leader, Twilight, chapitre 4, 1ere partie, ne glane ainsi que 62 millions de $. C'est beaucoup moins qu'Harry Potter l'an dernier et même que Raiponce. Cet affaiblissement se retrouve aussi dans le 2e film le plus vu du week-end, Les Muppets, qui n'engrange 42 millions de $. De même, seules 3 nouveautés sont entrées dans le Top 10 (contre 4 l'an dernier). Et avec 5 films en progression (contre 6 en 2010), on voit aussi que les continuités ont moins bien profité de ce long week-end férié.

La saison automnale n'aura donc pas connu de véritable embellie. Twilight 4, Le chat potté, Paranormal Activity 3 sont les seuls films à avoir franchi le cap des 100 millions de $. L'an dernier 5 films avaient réalisé cette performance. Et cinq autres films sortis en décembre avaient dépassé ce score.

Il reste 5 semaines pour que le box office américain rattrape son retard. En 2010, à date équivalente, 1,34 milliard de billets avaient été vendus pour un box office global de 10,57 milliards de $ de recettes. Pour l'instant, en 2011, 1,16 milliard de billets ont été vendus pour un B.O. de 9,23 milliards de $.

Parmi les grosses sorties sur lesquelles mise Hollywood, il y a la comédie New Year's Eve, la suite de la série familiale Alvin et les Chipmunks, la suite de Sherlock Holmes, deux Spielberg (Tintin, Cheval de guerre), le quatrième épisode de Mission : Impossible, le remake de Millenium, et la comédie dramatique We Bought a Zoo.

Deauville 2011 : la compétition à mi-parcours

Posté par kristofy, le 7 septembre 2011

Cette année, le réalisateur Olivier Assayas préside le jury du 37e Festival du cinéma américaine de Deauville, entouré par Nathalie Baye, Chiara Mastroianni, Bruno Todeschini, la réalisatrice Claire Denis, Nicolas Godin (musicien du groupe Air), Angelin Preljocaj (chorégraphe) et de Jean Rolin (écrivain). Ils vont devoir s’accorder pour remettre le Grand Prix et le Prix du Jury, le nombre de films en compétition est maintenant de 14.
Le jury Révélation a pour tâche de récompenser un des films de la sélection pour son originalité. C’est le réalisateur et écrivain Samuel Benchetrit qui en est le président, il est entouré des comédiennes Sabrina Ouzani, Leïla Hatami (à l’affiche du film Une Séparation), Elisa Sednaoui et de Benjamin Siskou.

A mi-parcours de la découverte de la compétition, l’occasion pour un point sur les films sélectionnés :

- Return : présenté par sa réalisatrice Liza Johnson et sa comédienne Linda Cardellini. Une femme militaire revient du front où se déroule la guerre, elle retrouve dans sa petite ville son mari et ses deux filles, son travail et ses amies. Elle éprouve des difficultés à reprendre sa vie d’avant après les violences qu’elle a vue et dont elle ne veut pas parler. Son couple se délite et différents incidents la conduisent à une condamnation pour ivresse au volant avec le risque de perdre la garde ses filles… Peut-être un prix du jury ?

- Take Shelter : présenté par son comédien Michael Shannon. Un homme est sujet à des hallucinations terrifiantes, et son comportement inquiète sa famille et ses proches. Le film était une des bonnes surprises de Cannes.

- On The Ice : présenté par son réalisateur Andrew Okpeaha MacLean. L’originalité du film est de se dérouler en Alaska, territoire rarement filmé. Trois adolescents partis à la chasse au milieu de la banquise se bagarrent et il en résulte un mort, les deux autres reviennent et déclarent un accident un accident de scooter des neige. Leur mensonge est en balance avec le poids de la culpabilité…

- Another Happy Day : présenté par son réalisateur Sam Levinson et ses comédiennes Ellen Barkin (aussi co-productrice) et Kate Bosworth (avec au casting : Ezra Miller, Demi Moore et Ellen Burstyn). Une famille décomposée se réunit quelques jours avant un mariage et les dysfonctionnements des uns et des autres éclatent lors de crises hystériques. Il y a surtout la mère encore meurtrie d’avoir été quittée par son premier mari qui avait choisi de garder avec lui l’aîné mais pas la petite sœur… Une réunion de famille où les membres de trois générations ont tous une blessure et en font souffrir les autres.

- En Secret : présenté par sa comédienne Sarah Kazemy. En Iran, deux jeunes filles profitent de leur jeunesse en cachette des interdits de la tradition, elle ses découvrent même une attirance réciproque. Mais le frère de l’une d’elle est très religieux et collabore à la police des mœurs qui réprime tout comportement d’émancipation…

- Yelling To The Sky : présenté par réalisatrice Victoria Mahoney et son comédien Jason Clarke. Une adolescente métisse (l’actrice Zoë Kravitz) subit la mauvaise influence de l’environnement de son quartier, et elle est en bute contre son père. Une genre de girl in the hood avec une ado sur la mauvaise pente avant qu’elle comprenne qu’elle doit s’en sortir…

- The Dynamiter : présenté par son réalisateur Matthew Gordon. Robbie est un adolescent qui va sur ses 15 ans qui doit déjà assumer des responsabilités d’adulte. Sa mère a abandonné le domicile et il doit s’occuper de son jeune demi-frère et de sa grand-mère, son grand-frère adulte revient car il a été viré de son logement… On découvre Robbie comme un mauvais élève voleur et menteur avant de mieux connaître sa vie où il doit travailler pour aider sa famille. Une tranche de vie émouvante à la fois bien interprétée et bien filmée qui a été favorablement remarquée... Peut-être un prix du jury ?

- Jess + Moss : présenté par son réalisateur Clay Jeter et sa comédienne Sarah Hagan. Jess est une grande fille de 18 ans et Moss est un garçon de 12 ans, ils sont tout les deux livrés à eux-mêmes dans un coin de campagne où ils profitent d’une maison à l’abandon comme refuge pour jouer et se raconter des histoires. Le film fait la part belle aux gros plans sur des parties de corps avec en voix-off des paroles des deux personnages qui viennent le plus souvent de leur magnétophone à cassette. On devine leur souffrance d’avoir été comme abandonnés avec des bribes de souvenirs. Le film est assez expérimental dans son traitement avec un montage d’images et de sons plutôt disparates duquel ressort, sinon un certain ennui, une certaine poésie. Peut-être un prix de la Révélation ?

Il leur reste encore six films à découvrir avant de rendre leur palmarès.

Deauville 2011 : Shirley MacLaine la nostalgique

Posté par kristofy, le 5 septembre 2011

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a rendu un double hommage à Shirley MacLaine pour à la fois sa carrière au cinéma d’actrice (et de réalisatrice) et aussi sa carrière littéraire (elle a écrit une douzaine de livres). A cette occasion Deauville fait redécouvrir ses films La garçonnière, La rumeur, Irma la douce, Le tournant de la vie, Bienvenue Mister Chance, Tendres passions et plus récemment Ma sorcière bien-aimée. Shirley MacLaine est un peu chez elle puisqu'une suite porte son nom dans l'un des Palaces de la ville.

Son parcours de comédienne est légendaire, elle a joué devant les caméras d'Alfred Hitchcock, Vincente Minnelli, Billy Wilder, Jack Cardiff, Robert Wise, Vittorio de Sica, Don Siegel, Hal Ashby, plus récemment Nora Ephron, Curtis Hanson, Rob Reiner, Garry Marshall et dernièrement Richard Linklater. Certains de ses livres sont biographiques et d’autres témoignent de son intérêt pour la réincarnation et autre spiritualité et de son engagement politique (les droits civiques, les droits des femmes…). Elle a aussi joué à travers le monde un spectacle one-woman show.

Ce sont toutes ces facettes de sa personnalités qui ont été abordées avec la presse, des questions les plus diverses auxquelles la comédienne a répondu soit avec des traits d’humour ironiques soit avec une sincérité désarmante. Ainsi ses plus grands bonheurs aujourd’hui sont de voyager facilement en avion et... son chien !

Le cinéma actue l? "La technologie est en train de pervertir la communication émotionnelle"... Elle semble désabusée : "C’est devenu surtout du marketing, et des suites de suites de suites. Les histoires audacieuses sont une chose révolue, aujourd’hui il s'agit surtout d'utiliser le dernier outil technologique. J’en ai un peu marre de m’asseoir au cinéma à attendre le prochain objet qui va me sauter à la figure avec des lunettes 3D. L'âge d'or du cinéma était celui des histoires qui éveillaient la conscience des spectateurs. On n'est plus là dedans."

Toutefois elle déclare que sa dernière belle expérience de cinéma est son dernier tournage : Bernie, avec Jack Black et Matthew McConaughey, réalisé par Richard Linklater. Mais elle regrette que le 7e art ait oublié les silences ... "Ça ressemble presque à une démarche intentionnelle pour maintenir les gens à l'écart les uns des autres."

Shirley MacLaine en images lors de la conférence de presse :

Deauville 2011 : Conversation avec Francis Ford Coppola

Posté par kristofy, le 4 septembre 2011

Pour sa 37ème édition, le Festival du Cinéma américain de Deauville s’est ouvert en présence d’un invité d’honneur très particulier : Francis Ford Coppola. Le réalisateur a proposé une sorte de masterclass sous forme de questions-réponses avec les festivaliers, qu'il a choisi de nommer "conversation". Ce dialogue a duré environ une heure, un moment durant lequel il a répondu à toutes sortes de questions à la fois sur ses films ou sur le cinéma en général et même à propos de sa vie personnelle.

Extraits choisis de cette conversation avec Francis Ford Coppola :

A propos du culte de la célébrité, sur le fait qu’aujourd’hui on admire Coppola comme lui a pu admirer Marlon Brando :

Francis Ford Coppola : Ce sont deux époques différentes. Marlon Brando a été admiré et aimé dès ses 25 ans, tout le monde voulait le connaître ou faire savoir qu’il le connaissait. Pour ma part, il m’inspirait en tant qu’acteur, j’avais déjà Brando en tête pour un des mes premiers scénarios et aussi pour Conversation secrète, et finalement il a joué dans mes films Le Parrain et Apocalypse Now qui a été compliqué à monter (c'était la première production à propos de la guerre au Vietnam). Pour mon cas j’ai dû batailler pour réussir à monter mes projets, j’ai dû me frayer un chemin vers la reconnaissance au fur et à mesure de mes films.

A propos des films en 3D, et de son film interactif Twixt :

FFC : Cette idée de faire de Twixt une sorte de spectacle vivant m’est venue un peu en réaction contre l’enthousiasme de la 3D, surtout depuis Avatar. La 3D, ce n’est pas si nouveau, Alfred Hitchcock avait réalisé une version en 3D de son film Le crime était presque parfait, mais ça n’a pas fait de révolution. Il est possible de rapprocher le cinéma d’autres formes d’art. Pour Twixt, je prévois des séances avec le montage en direct dans la salle, un peu comme un chef d’orchestre en musique. Le réalisateur présente ainsi à chaque fois une version originale. Ce titre Twixt signifie une zone d’ombre entre le jour et la nuit, entre le bien et le mal, entre la réalité et le rêve. Pour moi, ce film est à la fois un film personnel, une production à petit budget, et une romance graphique avec une certaine tradition gothique.

A propos des supports pellicule et numérique :

FFC : Je sais bien que comme la photo argentique disparaît au profit de la photo numérique, il va se produire la même chose avec le cinéma. Dans quelques années, tout va se tourner en digital. Toutefois, ma fille Sofia refuse toujours de faire un film qui ne soit pas sur pellicule, elle préfère ce support traditionnel. Moi j’ai envie de découvrir ces technologies. Le passage du 35 millimètres aux images numériques transforme la manière de travailler. Maintenant on compose ses images avec des superpositions plutôt que par juxtaposition. On est à l’aube d’une période nouvelle pour l’art cinématographique, et cette évolution des moyens sera freinée par des intérêts économiques, on est dans une transition intéressante.

A propos de l’influence des films américains / européens sur son œuvre :

FFC : Il y a cinquante ans, on avait encore l’influence de la grandeur des studios hollywoodiens et en même temps on découvrait un nouveau cinéma d’ailleurs : les films français et la nouvelle vague, les films italiens, Bergman et la Scandinavie, les films japonais… On voulait faire des films libres dans leurs sujets comme on en voyait d’ailleurs et en même temps les faire avec les structures américaines. J’ai eu cette double influence, je crois que je fais partie d’une génération bénie entre l'âge d’or d’Hollywood (Billy Wilder, King Vidor…) et fles films européens avec des libertés de formes et de thèmes. Aujourd’hui ce qui reste intéressant, c’est seulement le cinéma indépendant. Le cinéma commercial, ce n'est finalement que des suites ou les mêmes schémas dans les genres comédie/action/super-héros, il n’y a plus de drame. Certains cinéastes font des propositions intéressantes comme Wes Anderson, Steven Soderbergh et Woody Allen. L’enjeu est de réussir à faire des films très personnels.

Enfin, à propos de ses projets de films Megalopolis et Unforgiven, et des difficultés autour du tournage d'Apocalypse now, la réponse en images :

Jeu concours du 8 au 15 juillet : des places pour Un enfant pas comme les autres

Posté par MpM, le 8 juillet 2009

Un enfant pas comme les autresDans Un enfant pas comme les autres, un écrivain de romans de science fiction adopte un jeune orphelin qui prétend venir de la planète Mars. Fantasme enfantin ou troublante réalité ? Vite débordé, le nouveau papa ne sait plus que croire...

Ce 4e long métrage du réalisateur Menno Meyjes est l'adaptation d'une nouvelle de David Gerrold intitulée L'Enfant de Mars qui a remporté plusieurs récompenses à travers le monde, dont les prix Hugo et Nebula. L'écrivain est d'ailleurs producteur exécutif sur le long métrage.

A l'occasion de la sortie du film sur nos écrans le 15 juillet prochain, Ecran Noir met en jeu 10 places de cinéma. Pour participer, il suffit de répondre à la question suivante :

Un enfant pas comme les autres est la deuxième collaboration de l'acteur John Cusack avec le réalisateur Menno Meyjes. Comment s'appelait le film qui les a réunis pour la première fois ?

Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses, à nous adresser par e-mail en indiquant votre nom, votre email et votre adresse postale.

_________________metropolitan Filmexport

Un enfant pas comme les autres de Menno Meyjes
Avec John Cusack, Amanda Peet, Oliver Platt et Joan Cusack.
Au cinéma le 15 juillet 2009.

Jeu concours du 5 au 15 mai : DVD La vie devant ses yeux

Posté par MpM, le 5 mai 2009

DVD La vie devant ses yeuxEn septembre dernier, nous vous recommandions La vie devant ses yeux de Vadim Perelman, dans lequel Uma Thurman incarne Diana, une jeune femme hantée par le souvenir terrible d’une fusillade qui eut lieu dans son lycée lorsqu’elle était étudiante. Un personnage grave et profond mais dénué de tout pathos ou tentation mélodramatique qui, peu à peu, se remémore les événements qui ont décidé de son destin.

Désormais, il est possible de (re)voir le film chez soi. Le DVD, qui sort le 5 mai, permet notamment de découvrir un making-off assez détaillé du tournage ainsi que des scènes coupées et une fin alternative.

Pour l'occasion, Ecran Noir vous permet de gagner 10 exemplaires du film en répondant à la question suivante :

Dans quel film ayant reçu le Lion d'or à Venise en 2008 pouvait-on voir la comédienne Evan Rachel Wood ?

Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses, à nous adresser par e-mail en indiquant votre nom, votre email et votre adresse postale.

_________________metropolitan Filmexport
La vie devant ses yeux, de Vadim Perelman, avec Uma Thurman, Evan Rachel Wood, Evan Amurri, Oscar Isaac…
Sortie DVD le 5 mai 2009.

Le prix de la loyauté: deux stars, sinon rien

Posté par geoffroy, le 1 décembre 2008

prideandglory.jpg"- 40 ans à voir mes gars crever. Il faut garder la rage en soi et oublier le reste"

Synopsis : Dans la famille Tierney, on est policier de père en fils. Pour ce clan, le code sacré des flics qui consiste à protéger les siens est bien plus qu'un code d'honneur, c'est un code familial. Pourtant, lorsque le scandale se fait plus fort que la loi du silence, chacun va devoir choisir son camp...

Notre avis: Réunir Edward Norton et Colin Farrell dans une sombre affaire de flics sur fond de meurtres, de querelles de famille, de code d’honneur et de fraternité à l’épreuve avait de quoi séduire tous ceux qui ont encore en mémoire l’opus crépusculaire de James Gray, La Nuit nous appartient. Car si la filiation est évidente d’un bout à l’autre du film, l’inefficacité dramatique des situations proposées en prend le parfait contre-pied. Les divers rebondissements, trop factuels dans leur traitement évènementiel, brouillent les pistes et peinent à susciter l’attention autour de cet imbroglio familial à la limite de la mauvaise caricature. En effet, quel que soit la façon dont on prend le film, celui-ci fonctionne presque toujours sur l’opposition classique et éculée du bon flic respectueux du code d’honneur (Edward Norton) et du mauvais flic embarqué dans la spirale sans fin de la corruption (Colin Farrell). Malgré le sérieux du cinéaste Gavin O’Connor, Le Prix de la loyauté ne peut éviter le piège de la boursouflure morale improductive en termes d’enjeux.   

Le pire des scénarii prend place au bout de quelques minutes et scelle définitivement l’orientation d’un long-métrage à la sociologie de cuisine dont le manichéisme primaire décrédibilise des individualités à la fois torturés (Colin Farrell), en proie aux doutes (Edward Norton) ou aux remords (Noah Emmerich). L’idée de monter les fils les uns contre les autres via une enquête policière courue d’avance extériorise l’impact psychologique d’une telle affaire sur la cellule familiale. Le film perd en route sa raison d’être pour devenir lisse, trop peu immersif et d’un banal affligeant. Et c’est sans doute là où le film achoppe le plus, dans son incapacité à créer un personnage tampon à même de décloisonner ces figures archétypales propre au polar. Francis Tierney Jr, le fils aîné, aurait dû servir d’encrage symbolique à une historie complexe où les pressions d’un job difficile voilent le discernement et battent en brèche l’éthique de ces flics de terrain. Pour cela, le réalisateur devait humaniser (quitte à en faire un poil de trop) la parole de ces policiers désabusés au bord de la rupture. Hélas le chemin emprunté par Gavin O’Connor est tout autre et s’articule autour d’un chassé croisé inutile entre deux stars fatiguées avant l’heure.

L’enquête, a priori secondaire, se transforme petit à petit en un prétexte scénaristique légitimant la rivalité morale sous-jacente des deux figures (les seules possibles?) du flic américain. Le subterfuge atteint son paroxysme grotesque dans un final d’une pauvreté dramatique consternante. A bien y réfléchir, le cinéaste Gavin O’Connor aurait sans doute été plus inspiré en attaquant de front les vrais maux d’un corps de métier en souffrance au lieu de s'embarquer dans une énième "guéguerre" d'égos mal ficelée.

Les 100 plus beaux films du cinéma au Reflet Médicis

Posté par vincy, le 18 novembre 2008

citizenkane.jpgLe critique Claude-Jean Philippe a initié cette programmation insolite intitulée Les 100 plus beaux films du cinéma. Ainsi, cent personnalités du 7e Art - scénaristes, critiques, cinéastes, producteurs, ... - ont désigné leur Top 100.

Du 17 novembre 2008 au 6 juillet 2009, le cinéma parisien Le Reflet Médicis diffusera deux à trois de ces classiques en version originale.

Ouvrant avec Lola de Jacques Demy, le festival enchaînera evc Citizen Kane, La règle du jeu, Mulholland Drive, Les temps modernes, Les 400 coups, Parle avec elle, La mort aux trousses...

Parmi les cinéastes plusieurs fois cités, et donc projetés, on notera la présence de Federico Fellini, Kenji Mizogushi, Jean Renoir, Alfred Hitchcock, Vincente Minelli, Charlie Chaplin, Max Ophuls, Jean-Luc Godard, Jacques Tati, Howard Hawks et Francis Ford Coppola. L'absence de films venus d'Amérique latine, d'Afrique ou même de Chine, montre cependant que le patrimoine cinématographique se concentre autour de cinq grandes cinéphilies : Etats-Unis, Russie, Italie, France et Japon.

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Au Reflet Médicis
3-5, rue Champollion 75005 Paris

Tout le programme
Tarifs. Plein : 8 euros 90, réduit : 6 euros 80, scolaire : 4 euros 30, matinée : 5 euros 90 ; Tarif réduit pour étudiants, chômeurs, + de 60 ans et familles nombreuses, du lundi au vendredi jusqu’à 17h30, - de 18 ans et carte imagin’R, tous les jours.
Cartes Les Ecrans de Paris, UGC illimité et Le Pass acceptées.

Coup de foudre à Rhode Island : pas besoin de paratonnerre

Posté par MpM, le 15 septembre 2008

daninreallife.jpg

L'histoire : Dan est le prototype même du veuf inconsolable qui a reporté toute son affection, et même toute son attention, sur ses trois filles qu’il surprotège. Plein de principes stricts, il est persuadé de ne jamais retrouver l’amour. Jusqu’au jour où il croise Marie, dont il tombe follement amoureux. Hélas, une femme aussi parfaite ne pouvait pas être célibataire…

Critique  : Et encore une comédie romantique américaine où un homme et une femme tout ce qu’il y a de plus WASP ont moins de deux heures pour s’apercevoir qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Histoire d’offrir un peu d’originalité (c’est quasiment le seul effort en ce sens du scénario), le coup de foudre réciproque et fulgurant a lieu dès les premières minutes, mais il faut aux personnages tout le reste du film pour parvenir à vivre leur amour au grand jour. Rien de très innovant, donc, même si les spectateurs les plus "fleur bleue" se laisseront séduire par le style rafraîchissant et léger, un peu "indy", de Peter Hedges (Pieces of April, Pour un garçon ).

Le réalisateur mélange en effet gags premier degré (des pancakes brûlés, une machine à laver bruyante), situations rocambolesques (un rendez-vous secret dans la salle de bains se transforme en véritable torture à l’eau bouillante), moments d’émotion (quand le jeune veuf évoque son épouse décédée ou quand il voit celle qu’il aime dans les bras d’un autre), et dialogues plus ou moins savoureux, pour obtenir un film qui soit à la fois familial, romantique et drôle. Dommage pour lui, la majeure partie de l’intrigue repose sur des quiproquos extrêmement téléphonés qui gâchent une partie de l’effet de surprise et, du même coup, de plaisir. Quand on devine exactement là où le film essaye de nous emmener, le voyage semble plus long et moins exotique…
Côté casting, les acteurs s’en sortent bien : Steve Carell parvient à être touchant sans en faire des tonnes et Juliette Binoche est crédible en belle-fille idéale. Les autres, trop nombreux, souffrent d’être à peine esquissés, figurants sans importance dans le décor. Même la peinture peu amène que fait Peter Hedges de la sacro-sainte famille (envahissante, encombrante, étouffante et dénuée de tact) ne va pas très loin dans la dérision, s’achevant immanquablement sur une note positive (tout le monde est formidable et uni et c’est seulement au sein de la cellule familiale qu’on peut s’épanouir et trouver le bonheur). On ne plaisante pas avec certaines institutions… D’ailleurs, (attention, spoiler), le petit ami trompé s’avère finalement être un affreux coureur de jupons, afin de sauver la morale sans doute. Voilà ce qui arrive quand on s’adresse à un public que l’on souhaite le plus large possible...

Au milieu de la très vaste offre de comédies romantiques américaines, ce Coup de foudre à Rhodes Island ne sort donc pas suffisamment du lot pour faire date. Seuls les spectateurs très indulgents, ou les néophytes en la matière, pourront peut-être en apprécier l’intention. A moins que, tout simplement, vous n'ayez envie d'une soirée romantique où le happy end est de rigueur...

Claire et MpM.

Palmarès Venise 2008 : Lion d’or logique pour The Wrestler

Posté par MpM, le 7 septembre 2008

Darren Aronofsky et son lion d’or
Lion d’or du meilleur film : The Wrestler de Darren Aronofsky (USA)
Lion d’argent du meilleur réalisateur : Aleksey German Jr. Pour Paper Soldier (Russie)
Prix spécial du jury : Teza de Haile Gerima (Ethiopie, en coproduction avec l’Allemagne et la France)
Coupe Volpi du meilleur acteur : Silvio Orlando pour Il papa di Giovanna de Pupi Avatti (Italie)
Coupe Volpi de la meilleure actrice : Dominique Blanc pour L’autre de Patrick Mario Bernard and Pierre Trividic (France)
Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir :  Jennifer Lawrence pour The Burning Plain de Guillermo Arriaga (USA)
Osella de la meilleure contribution technique : Alisher Khamidhodjaev et Maxim Drozdov pour Paper Soldier de Aleksey German Jr. (Russie)
Osella du meilleur scénario : Haile Gerima pour Teza (Ethiopie, en coproduction avec l’Allemagne et la France)
Lion d’or spécial : Werner Schroeter pour "son œuvre dénuée de compromis et rigoureusement innovante depuis 40 ans"

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Pas de grosses surprises pour ce palmarès qui récompense logiquement les rares coups de cœur du festival (The wrestler et Teza) ainsi que les prestations les plus marquantes : celle de l’amoureuse trahie basculant lentement dans la folie (Dominique Blanc), celle de la jeune fille détruite par la culpabilité (Jennifer Lawrence) et celle du père dévoué corps et âme et à sa fille déséquilibrée (Silvio Orlando). Bien sûr, tout le monde attendait Mickey Rourke en meilleur acteur, mais un point du règlement aurait empêché Wenders et ses jurés d’offrir ce doublé historique au film d’Aronofsky. Par contre, le film éthiopien sur les années de "terreur rouge" de Hailé Mariam Mengistu ainsi que le film russe de Aleksey German Jr (sur la course à la conquête spatiale dans les années 60) ont eux remporté deux prix chacun, preuve assez flagrante du manque d’oeuvres à récompenser… Plus surprenant est le prix spécial décerné à Werner Schroeter alors même que son film en compétition, Nuit de chien, a reçu le plus mauvais accueil de la compétition.

Globalement, le palmarès de cette 65e Mostra reflète assez finement le ressenti général, celui d’une compétition de mauvaise qualité. Bien que son mandat ait été reconduit pour quatre ans, Marco Müller, le directeur artistique du festival depuis 2004, a été sévèrement critiqué par la presse italienne et internationale. Il se justifie comme il peut en évoquant le contexte politique (depuis deux ans, trois festivals ialiens doivent se partager l’aide du gouvernement : Turin, Venise et Rome, avec l’idée que Venise serait un lieu d’expérimentation et Rome celui du cinéma grand public) et surtout la concurrence de Toronto. Le festival canadien, qui commence généralement une semaine après la Mostra, attire stars hollywoodiennes (peu présentes sur le Lido cette année), grosses productions américaines et professionnels du monde entier en proposant une sorte de panorama du meilleur des mois passés et à venir. Il aurait même, d’après Marco Müller, fait pression cette année pour empêcher certains producteurs et distributeurs de films américains en compétition (comme Rachel Getting Married, de Jonathan Demme, The Hurt Locker, de Kathryn Bigelow et même The Wrestler de Darren Aronofsky) de faire le déplacement.

Pour résister, le directeur artistique compte sur la fidélité de certains réalisateurs (deux grands noms du cinéma américain lui auraient déjà promis l’avant-première mondiale de leur film pour la prochaine édition) et sur la taille plus humaine de Venise, où les professionnels peuvent découvrir dans de bonnes conditions (les salles de projection devraient même être rénovées pour 2009) les films importants de la saison à venir (par opposition à "l’énorme foire du cinéma mondial" que représente Toronto). Il a également le désir de créer une "Mostra des films à faire" en organisant un concours de projets.

Le fait est que le festival de Venise a beau être le doyen des grands festival européens (à moins que cela ne soit justement à cause de ça), il ne cesse ces dernières années d’être critiqué et remis en cause, comme incapable de trouver son identité aux côtés de la ligne auteuriste de Cannes, des tendances politiques de Berlin ou même de la volonté de découverte de Locarno. Un nouveau modèle de développement, du sang neuf, une orientation différente… ne pourraient donc que lui apporter le renouvellement dont il a le plus grand besoin.

Crédit photo : image.net