Posté par MpM, le 15 novembre 2008
”Soit on se bouge, soit on part jamais.”
L’histoire : Ivan a 14 ans. Lui et son oncle Jaime économisent pour immigrer clandestinement aux Etats-Unis. En plus de son boulot dans un garage, l’adolescent commet des larcins qui permettent d’augmenter leurs revenus. Mais le passeur augmente ses tarifs et presse Ivan et Jaime de réunir la somme au plus vite, sous peine de ne plus avoir de place dans le dernier convoi.
Ce qu’on en pense : Pour son premier film, Aarón Fernández (voir notre interview) a voulu aborder plusieurs thèmes essentiels dans la société mexicaine actuelle comme la paupérisation galopante, le mirage du rêve américain et les réseaux de trafic de pièces détachées automobiles. Mais pour éviter un récit lourd et indigeste, il a choisi d’évoquer ces questions dans une chronique adolescente où la réalité sociale servirait seulement de toile de fond. Au centre de l’intrigue, on a donc Ivan et son copain Efraín qui ont les préoccupations habituelles des jeunes de leur âge : manger des tacos, conduire une bécane voyante et draguer des filles peu farouches. Cela apporte au film une dimension humaine chaleureuse et légère dans laquelle pourtant, dès le départ, se trouve le germe de la tragédie. Car cette insouciance faconde est peu à peu asphyxiée par l’irrésistible enchaînement d’événements qui oblige Ivan à prendre de plus en plus de risques. Cette surenchère dans l’illégalité (il vole d’abord un portable, puis des jantes, puis carrément une voiture complète) est comme l’implacable mécanisme du destin des pièces antiques : une fois enclenchée, elle ne s’arrête plus, ou alors brutalement. Et le fait est qu’Ivan, grisé par ses premiers succès, se prend pour le nouveau Scarface et croit avoir le monde entre ses mains. Jusqu’à ce que l’ultime trahison annonce sa chute imminente.
Mais point de moralisme, ni d’ailleurs de pathos, dans ce film construit subtilement sur le principe d’une alternance de scènes fortes et de larges ellipses couvrant les moments les plus dramatiques. L’émotion et la tension naissent tour à tour de ces contrastes et de ces pointillés que le spectateur doit compléter lui-même, sans interférer avec le message essentiel du film. Celui-ci, à l’image de l’histoire elle-même, est en demi-teinte, à la fois pessimiste (plongée dans l’inconnu et extrême solitude) et teinté d’optimisme (promesse de changement et réalisation d’un rêve). Quoi qu’il en soit, au-delà des thématiques et des enjeux qu’il véhicule, le film nous touche par son extrême simplicité, sa pudeur, et, plus encore, son immense sincérité.
Tags liés à cet article: Aarón Fernández, adolescent, cannes, cinéjunior, cinéma mexicain, festival, mexico, mexique, Partes usadas, pièces détachées, premier film, rome.
Publié dans Cannes, Critiques, Films |
Posté par Morgane, le 20 février 2008
Dans le cadre de sa programmation « les métiers du cinéma », le festival CinéJunior propose, entre autres, La Nuit Américaine de (et avec) François Truffaut. Le concept est simple et à la fois original : le spectateur est placé derrière la caméra et assiste par ce film au tournage d’un autre film, en l’occurrence celui de Je vous présente Paméla.
François Truffaut tient donc le rôle qui est le sien, celui de réalisateur. La Nuit Américaine donne alors l’occasion au spectateur de voir également l’envers du décor, de se glisser au sein d’une équipe et d’en apprécier tous les divers acteurs. Ceux qui dans la lumière ou dans l’ombre permettent au film de voir le jour.
Mais La Nuit Américaine n’a pas seulement un but pédagogique. Le génie de François Truffaut trouve ici l’art et la manière de créer le film dans le film, perdant ainsi le spectateur à la frontière entre les deux…
Un grand moment de cinéma, à voir et à revoir.
Tags liés à cet article: cinéjunior, françois truffaut, la nuit americaine.
Publié dans Festivals |
Posté par Morgane, le 18 février 2008
17 février – clôture du festival CinéJuinor au cinéma La Tournelle de L’Haÿ-les-Roses
Après 10 jours de projections et de débats, le festival CinéJunior touche à sa fin. Les prix pleuvent. La plupart des classes d’enfants ont plébiscité Linda, Linda, Linda de Nabuhiro Yamashita (Japon). Le prix du Grain à Démoudre a été remis à Chop Shop de Ramin Bahrani (Etats-Unis). Les Passeurs d’Images ont décerné un prix ex-æquo à Linda, Linda, Linda et Cochochi de Laura Amelia Guzman et Isarël Cardenas (Mexique). Le jury CICAE, lui, s’est tourné vers Pièces Détachées d’Aaron Fernandez (Mexique – France). Enfin, le grand prix du jury, présidé par Jean-Pierre Thorn, a été remis à Chop Shop.
Par la suite, le début du film Faire kifer les anges réalisé par Jean-Pierre Thorn a été projeté. Ces quelques minutes hip-hop ont laissé la place sur l’écran à Chop Shop, grand gagnant du festival.
Chop Shop nous entraîne sur les pas d’Alejandro, jeune orphelin de 12 ans qui tente de survivre dans la jungle new-yorkaise. Débrouillard, il travaille dans un garage planté en plein milieu d’une immense décharge. Sa sœur, Isamar, âgée de 16 ans, vient le rejoindre.
Sur un style proche du documentaire, Ramin Bahrani pose son regard sur une tranche de vie pas comme les autres mais qui concerne beaucoup plus d’enfants qu’on ne l’imagine. Il dénonce cette vie qui n’en est pas une pour un jeune garçon de 12 ans. Mais, malgré un sujet dur et fort intéressant, le film semble ne pas savoir où il va. Les scènes se répètent sans véritable but et le message n’en devient que plus obscur. Le film touche de par son propos mais laisse quelque peu le spectateur sur le bord de la route…
Tags liés à cet article: cinéjunior, palmarès.
Publié dans Festivals |