Cannes 2012 : la sélection des courts métrages et de la Cinéfondation

Posté par vincy, le 17 avril 2012

Le Festival de Cannes a révélé ce matin les dix courts-métrages en lice pour la Palme d'or du court métrage et les quinze films retenus dans le cadre de la Cinéfondation. Le jury est présidé par Jean-Pierre Dardenne.

Côté courts métrages, la Syrie et Puerto Rico font leur entrée dans les cinéphilies sélectionnées sur la Croisette. On notera aussi la présence du rappeur français Hamé (La Rumeur). La durée de ces films est homogène, de 12 à 15 minutes.

- Mi Santa Mirada, d'Alvaro Aponto-Centeno
- Gasp (Souffle), d'Eicke Bettinga
- Ce chemin devant moi, de Mohamed Bourkba dit Hamé
- Falastein, Sandouk Al Intezar Lil Butuqal, de Bassam Chekhes
- The Chair, de Grainger David
- Night Shift, de Zia Mandivwalla
- Chef de meute, de Chloé Robichaud
- Yarbird, de Michael Spiccia
- Cockaigne, d'Emilie Verhamme
- Sessiz-Be Deng (Silencieux), de L. Rezan Yesilbas

Côté Cinéfondation, Cannes a reçu 1 700 films d'étudiants en provenance de 320 écoles de cinéma. Une école libanaise est pour la première fois sélectionnée. Du Japon à l'Argentine, les films retenus ont une durée variable de 6 à 58 minutes.

- Derrière moi les oliviers, de Pascale Abou Jamra (Alba, Liban)
- Riyoushi, de Shoichi Akino (Tokyo University of the Arts, Japon)
- Les ravissements, d'Arthur Cahn (La Fémis, France)
- Slug Invasion, de Morten Helgeland (The Animation Workshop, Danemark)
- Tambylles, de Michal Hogenauer (FAMU, Rép. Tchèque)
- Matteus, de Leni Huygue (Sint-Lukas, Belgique)
- Tabara Din Razaore, de Cristi Iftime (UNATC, Roumanie)
- Doroga Na, de Taisia Igumentseva (VGIK, Russie)
- Terra, de Piero Messina (CSC, Italie)
- Los Anfitriones, de Miguel Angel Moulet (EICTV, Cuba)
- The Ballad of Finn + Yeti, de Meryl O'Connor (UCLA, USA)
- Head Over Heels, de Timothy Reckart (NFTS, Royaume Uni)
- Abigail, de Matthew James Reilly (NYU, USA)
- Resen, d'Eti Tsicko (TAU, Israël)
- Pude Ver un Puma, d'Eduardo Williams (UCINE, Argentine)

Cannes 2012 : Jean-Pierre Dardenne présidera le jury de la Cinéfondation et des courts-métrages

Posté par vincy, le 28 mars 2012

Le Festival de Cannes a annoncé le jury de la Cinéfondation et des courts métrages aujourd'hui. Grand prix du jury l'an dernier, double Palme d'or et prix du scénario à Cannes, les films des frères Dardenne sont à chaque fois parmi les chouchous des festivaliers de la Croisette. Pas étonnant que Jean-Pierre Dardenne ait été choisi pour la présidence du jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

Il sera accompagné de l'actrice canadienne Arsinée Khanjian (par ailleurs épouse et égérie d'Atom Egoyan), du réalisateur et scénariste brésilien Karim Aïnouz (Madame Sata), de l'écrivain, scénariste et réalisateur Emmanuel Carrère (auteur de "Limonov" et réalisateur de La moustache) et du réalisateur (All Tomorrow's Party) et directeur de la photographie de Jia Zhang-ke, le chinois Yu Lik-wai.

Ils devront choisir parmi les films d'écoles de cinéma de la Sélection Cinéfondation, les trois premiers Prix, dotés de 15 000€, 11 250€ et 7 500€.

Le jury devra également désigner la Palme d’or du court métrage, remise lors de la cérémonie de Clôture du Festival, dimanche 27 mai.

Cannes 2012 : les quinze lauréats de l’atelier de la cinéfondation

Posté par MpM, le 15 mars 2012

L'atelier de la Cinéfondation a été créé en 2005 dans le but de favoriser la création en aidant des réalisateurs à accéder à la production et à la distribution internationale. Les lauréats et leurs producteurs  seront présents durant le festival de Cannes 2012 afin de rencontrer "tous les professionnels intéressés par leur projet et susceptibles de compléter le financement de leur film".

Une initiative qui a accueilli par le passé des cinéastes aujourd'hui reconnus comme Joachim Lafosse, Apichatpong Weerasethakul, Michelange Quay, Bertrand Bonello, Tsai Ming-Liang ou encore Lou Ye.

Cette année, les projets viennent véritablement du monde entier, avec peut-être une légère priorité pour l'Europe (Pays-Bas, Espagne, Roumanie et production franco-portugaise), l'Asie (Chine, Inde, Philippines) et l'Afrique (Algérie, Côte d'Ivoire et une production franco-sénégalaise), mais une bonne représentation du Moyen-Orient (Jordanie, Palestine) et de l'Amérique latine (Chili, Paraguay).

Parmi les lauréats, on retrouve Shivajee Chandrabhushan dont on avait découvert le premier long métrage, Frozen, au festival des cinémas d'Asie de Vesoul, Alejandro Almendras dont la première oeuvre, Huacho (photo), avait fait sensation à la Semaine de la critique 2009, Pablo Lamar dont on avait découvert le court métrage Noche adentro également à la Semaine de la Critique, ou encore le documentariste Malek Bensmaïl (1962, de l'Algérie française à l'Algérie algérienne, Le grand jeu, La Chine est encore loin...).

Les projets 2012

Odysseys de Malek Bensmaïl (Algérie)
To kill a man de Alejandro Almendra (Chili)
Du, Zooey and Ma de Robin Weng (Chine)
Underground fragrance de Pengfei Song (Chine)
Des Etoiles de Dyanan Gaye (France/Sénégal)
The Untold Tale de Shivajee Chandrabhushan (Inde)
Run de Philippe Lacôte (Côte d'Ivoire)
Blessed benefits de Mahmoud Al Massad (Jordanie)
In you name de Marco van Geffen (Pays-Bas)
3.000 Nights de Mai Masri (Palestine)
The Last Land de Pablo Lamar (Paraguay)
The Dog Show de Ralston Jover (Philippines)
Tristes Monroes de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt (France/Portugal)
Touch me not d'Adina Pintilie (Roumanie)
Cannibal de Manuel Martin Cuenca (Espagne)

Vincent Lindon incarne le docteur Charcot dans un premier film

Posté par vincy, le 20 novembre 2011

Demain débutera le tournage du premier film d'Alice Winocour (38 ans), Augustine. Le film de cette diplômée de la Fémis (scénario) avait été sélectionné par le programme Emergence en 2010, ce qui lui avait permis de tourner quelques séquences de son futur film (voir le site d'Emergence). Il a été retenu cette année à l'Atelier du Festival de Cannes, dans le cadre de la Cinéfondation, pour boucler son financement d'un peu poins de 5 millions d'euros.

Vincent Lindon, actuellement à l'affiche de Toutes nos envies, interprétera le docteur Charcot, et Soko, nominée au César 2010 de meilleur espoir féminin pour A l'origine, l'une de ses patientes, Augustine. Nous sommes en 1885. Augustine est une jeune bonne qui est internée à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Dans cette cité des femmes, le professeur Charcot, neurologue et clinicien de génie essaye de comprendre une maladie encore inconnue : l’hystérie. Augustine, qui présente tous les symptômes de la maladie, ne tarde pas à attirer l’attention du Maître. D’objet d’étude, Augustine devient vite objet de désir. Le professeur est chaque jour plus troublé par ce corps débordant de sexualité, qui échappe à la règle. Elle devient son cobaye favori, le sujet exclusif de ses recherches, son obsession… Au  fil des examens, une intimité commence à se créer entre eux. Mais plus Charcot s’approche d’ Augustine, plus il la désire. Et plus il la regarde, plus il la rend malade.

Le film, produit par Dharamsala, aux côtés d'ARP sélection, qui sera le distributeur, et France 3 cinéma, a bénéficié de l'avance sur recettes du CNC, du soutien de la région Île-de-France et d'aides de la Fondation Gan, partenaire financier d'Emergence.

Alice Winocour a déjà réalisé les courts métrages Kitchen, déjà produit par Dharamsala, en compétition à Cannes en 2005, Magic Paris et Pina Colada. Elle collaboré aux scénarios de Ordinary People, de Vladimir Perisic, sélectionné à la semaine de la Critique en 2009, primé à Miami, Sarajevo et Trieste, et Home, film remarqué à la Semaine de la Critique à Cannes en 2008, d'Urusula Meier. Le film, trois fois nommé aux Césars, avait été primé à Angoulême et Reykjavik, et avait reçu trois prix aux Césars suisses, dont celui du meilleur scénario.

Augustine devrait logiquement être sur la Croisette en 2012 ou 2013...

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L'illustration représente le Docteur Charcot en pleine démonstration. Elle est issue de l'encyclopédie Larousse.

Cannes 2011 : le jury de la Cinéfondation et des courts métrages

Posté par vincy, le 20 avril 2011

Le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages, on le sait depuis février, est présidé par Michel Gondry. Aujourd'hui, le réalisateur sait qu'il sera accompagné de l'actrice et productrice française Julie Gayet (membre du jury Un certain regard en 2009), la réalisatrice et productrice autrichienne Jessica Hausner (primé par la Cinéfondation en 1999, sélectionné deux fois à Un certain regard), le réalisateur roumain Corneliu Porumboiu (2e prix de la Cinéfondation en 2004, caméra d'or en 2006, prix Fipresci avec un film sélectionné à Un certain regarde en 2009) et le réalisateur portugais João Pedro Rodrigues (sélectionné à la Quinzaine en 2005, à Un certain regard en 2009).

Le jury devra choisir parmi les seize films de fins d’études de la Sélection Cinéfondation : les trois premiers Prix, dotés chacun de 15 000€, 11 250€ et 7 500€. Les prix seront remis le 20 mai. Ils devront aussi désigner la Palme d’or parmi les 9 courts métrages, qui sera remise lors de la cérémonie de Clôture, dimanche 22 mai.

Cannes 2011 : la sélection officielle de la Cinéfondation

Posté par vincy, le 17 avril 2011

En attendant la sélection officielle des courts métrages lundi 18 avril, voici les 16 courts et moyens métrages provenant des écoles de cinéma du monde entier qui seront projetés à Cannes dans le cadre de la sélection Cinéfondation 2011.

Géographiquement, on compte trois américains (dont deux de l'Université de Columbia), trois latino-américains, quatre asiatiques, six européens dont un français.

L'an dernier, le jury présidé par Atom Egoyan avait primé Taulukauppiaat (The Painting Sellers) du finlandais Juho Kuosmanen, et avait décerné le 2e prix à du français Vincent Cardona pour Coucou les nuages.

Cette année, le jury est présidé par Michel Gondry (voir actualité du 22 février 2011). Il devra élire les trois meilleurs fils, de 8 à 44 minutes, choisis par le Festival.

- Casey Tigers, d'Aramisova (FAMU, République Tchèque)

- Suu et Uchikawa, de Nathanael Carton (NYU Asie, Singapour)

- A Viagem, de Simao Cayate (Columbia, USA)

- Befetach Beity, d'Anat Costi (Bezatel Academy, Israël)

- The Agony and Sweat of the Human Spirit, de D. Jesse Damazo et Joe Bookman (U. of Iowa, USA)

- Bento Monogatari, de Pieter Dirkx (Sint-Lukas, Belgique)

- Der Brief, de Doroteya Droumeva (DFFB, Allemagne)

- Duelo Antes Da Noite, d'Alice Furtado (UF Fluminense, Brésil)

- Drari, de Kamal Lazraq (La Fémis, France)

- Salsipuedes, de Mariano Luque (UN de Cordoba, Argentine)

- La Fiesta de Casamiento, de Gaston Margolin et Martin Morgenfeld (U. del Cine, Argentine)

- L'Estate che non viene, de Pasquale Marino (CSC, Italie)

- Big Muddy, de Jefferson Moneo (Columbia, USA)

- Al Martha Lauf, de Ma'ayan Rypp (Tel Aviv U., Israël)

- Ya-Gan-Bi-Hang, de Son Tae-gyum (Chang-Ang U., Corée du sud)

- Der Wechselbalg, de Maria Steinmetz (HFF Konrad Wolf, Allemagne)

Cannes 2011 : les 15 élus de l’atelier de la cinéfondation

Posté par MpM, le 15 mars 2011

Comme chaque année depuis 2005, l'Atelier de la Cinéfondation du Festival de Cannes propose à quinze cinéastes et à leurs producteurs de participer au Festival, dans le but de les aider à accéder à la production et à la distribution internationale. En tout, quinze pays sont représentés dont l'Argentine, la Chine, la Grèce, l'Irak, la Roumanie et la Turquie.

Les 15 lauréats 2011 ont été sélectionné en fonction de leur projet, mais certains d'entre eux ont déjà connu un certain succès critique en France avec leur précédent long métrage. On retrouve ainsi George Ovashvili à qui l'on doit L'autre rive, Daniel et Diego Vega primés en 2010 pour Octubre dans la section Un certain Regard ou encore Alvaro Brechner, remarqué lui aussi à Cannes en 2009 avec Sale temps pour les pêcheurs, ou encoreDavid Verbeek (photo), sélectionné à Un certain Regard 2010 avec R U There.

Parmi les précédents lauréats, on retrouve des cinéastes désormais aussi reconnus que Joachim Lafosse, Apichatpong Weerasethakul, Michelange Quay, Bertrand Bonello, Tsai Ming-Liang ou encore Lou Ye.

Les lauréats 2011

- Escafandra de Pablo Reyero (Argentine)
- Now is the Future of the Past de Huang Weikai (Chine)
- Augustine d'Alice Winocour (France)
- Khibula de George Ovashvili (Georgie)
- Luton de Michalis Konstantatos (Grèce)
- Hier de Bálint Kenyeres (Hongrie)
- The Train Station de Mohamed Al-Daradji (Irak)
- Of Our Economical Situation d'Elad Keidan (Israël)
- Il Sud è Niente de Fabio Mollo (Italie)
- La delgada línea amarilla de Celso García (Mexique)
- Full Contact de David Verbeek (Pays-Bas)
- El Mudo de Daniel et Diego Vega (Pérou)
- Wolf de Bogdan Mustata (Roumanie)
- Romania Kings de Deniz Ergüven (Turquie)
- Mr Kaplan d'Alvaro Brechner (Uruguay)

Cannes 2011 : 5 bonnes raisons de confier le jury des courts métrages à Michel Gondry

Posté par MpM, le 22 février 2011

michel gondryC'est Michel Gondry qui présidera le jury des courts métrages et de la Cinéfondation lors du prochain festival de Cannes. Il succède ainsi à Atom Egoyan, Hou Hsiao Hsien, Martin Scorsese ou encore John Boorman. Le choix est excellent, et on vous en fait la démonstration en cinq points :

1) Michel Gondry est un auteur original qui cherche et innove dans chacun de ses films.  Comme le dit le communiqué de presse du festival, c'est un "Artisan virtuose [qui] réinvente sans cesse, en moderne Méliès, tout l'éventail d'effets et d'enchantements du cinéma". A ce titre, il sera ouvert à un cinéma moderne et soucieux de dynamiter les cadres.

2) Il a beau être un habitué de la Croisette (Human nature en 2001, Tokyo en 2008, L'épine dans le coeur en 2009), Michel Gondry n'a jamais été sélectionné en compétition. Cette fois, c'est lui qui remet les prix, dont la fameuse caméra d'or du court métrage. Il sera là sans pression, simplement guidé par son amour du cinéma.

3) 2011 est l'année Gondry. En janvier, son Frelon vert nous a réjoui en film de super héros qui ne se prend pas au sérieux. Jusqu'au 7 mars, le centre Beaubourg lui consacre une rétrospective et une carte blanche. Pour l'occasion, le roi du film suédé y a installé son "usine de films amateurs", qui permet au public de se lancer dans la fabrication de son propre court métrage.

4) Qui mieux que Michel Gondry est capable d'apprécier les films courts réalisés par les cinéastes de demain ? Pour la sortie DVD de Be kind, rewind, il avait initié un concours de films suédés, et s'était prêté au jeu de son côté. Avec lui, ce ne sont pas les oeuvres avec le plus gros budget qui ont le plus de chance...

5) Michel Gondry nous fait rêver, rire et croire encore dans cette entraide et cette communion que seul le cinéma permet. Et pour tout cela, on l'aime, et on est ravi de le voir investi d'une mission aussi captivante pendant le plus beau festival du monde... surtout si cela lui inspire un nouveau film farfelu, poétique et tendre !

Vesoul 2011 : Rithy Panh et le Cambodge d’aujourd’hui

Posté par kristofy, le 12 février 2011

Le Cambodge est un des deux pays, avec la Corée, qui est à l’honneur du 17ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. On y attendait son réalisateur emblématique, le plus connu à l'étranger, Rithy Panh, qui a une longue histoire avec le Festival, puisqu'il y avait présenté Un soir apèrs la guerre en 1999.

Un réalisateur occupé par son tournage

Mais il n’est pas encore arrivé pour cause de tournage de son nouveau film, Gibier d'élevage, produit par ARTE. Le film est issu de l'Atelier de la Cinéfondation à Cannes. Il a planté sa caméra au Cambodge pour raconter une histoire d'enfants. En 1972, un avion américain bombarde la piste Ho Chi Minh et s'écrase dans les montagnes cambodgiennes. L'unique survivant, un afro-américain, est capturé par les enfants d'un village isolé. Ils le cachent aux yeux des adultes et jouent avec cet homme comme ils le feraient avec un animal domestique jusqu'au jour ou des maquisards Khmers rouges découvrent leur secret... Il s'agit d'une parabole sur l'asservissement du peuple cambodgien par les Khmers rouges. Rithy Panh, dans sa note d'intention évoque une rencontre entre deux mondes : celui des enfants endoctrines par les Khmers rouges et celui d'un pilote noir tombe du ciel. Aux yeux des enfants, par sa nationalité, sa race, sa langue, il n'est pas qu'un ennemi, mais aussi une bête. Gibier d'élevage devrait être prêt pour le prochain Festival de Cannes.

Si Rithy Panh est le plus connu des cinéastes cambodgiens, il n'est cependant pas le seul réalisateur venu de ce petit pays coincé entre le Vietnam, le Laos et la Thaïlande.

Il faut savoir que la plupart des 400 films cambodgiens réalisés entre 1960 et 1975 sont perdus ; le cinéma est quelque chose qui a d’ailleurs presque disparu aujourd’hui : seuls une dizaine de films ont été produits en 2010, ils sont tournés en quelques jours avec du matériel vidéo. Il n’existe plus de lieux de projections au Cambodge (les écrans de cinéma se comptent sur les doigts de la main), et faute de lieu de diffusion, le 7e art est moribond; si quelques films sont piratés sur CD, les noms de Hitchcock, Truffaut ou Spielberg y sont complètement inconnus. A l'inverse, pour la plupart des touristes occidentaux qui visitent le Cambodge, le pays se résume souvent au temple d'Angkor. Le travail de Rithy Panh est de nous ouvrir les yeux sur les conséquences d'un carnage sur une civilisation.

Un pays de survivants

Le Cambodge porte toujours le poids de sa tragique histoire : entre 1975 et 1979 les Khmères rouges causeront un génocide où un quart de la population (près de 2 millions de personnes) trouva la mort. Les divertissement sont bannis (sauf quelques œuvres de propagande), et Rithy Panh est justement l’artisan majeur de la réappropriation de la mémoire détruite par ce régime tyrannique. Vesoul programme 7 films du réalisateur (et une dizaine d’autres réalisés dans les années 60, dont deux inédits, par Norodom Sihanouk, le seul cinéaste qui est aussi roi d’un pays). Parmi ces films :

S21, la machine de mort Khmère rouge, documentaire  qui revient dans l'enfer du camp S21, lieu où ont été déportés, torturés et tués plus de 17 000 personnes. Rithy Pan revient sur ces lieux avec un survivant qui se confronte à d’anciens bourreaux : les geôliers décrivent leur ‘travail’ de ‘destruction’ de prisonniers après les avoir forcé à avouer des complots invraisemblables de trahison. Avec une devise comme ‘mieux vaut arrêter par erreur que laisser l’ennemi nous ronger de l’intérieur’ les Khmères rouges obtenaient de chaque victime une cinquantaine de noms d’autres personnes à arrêter, l’endoctrinement était tel que des enfants ont dénoncé des parents… Les pratiques du camp S21 sont restées impunies faute de procès qui n’a jamais eu lieu.

Les artistes du théâtre brûlé (photo) : Le film s’intéresse aux conséquences du génocide, en particulier d’éradication d’une histoire culturelle avec une absence d’infrastructure. Il y a toujours des artistes mais aucune salle de spectacle, d’autant plus que la télévision est maintenant partout. Dans un théâtre en ruine des comédiens répète une scène sans espoir, trouver de l’argent pour se nourrir au jour le jour est un vrai problème.

Le papier ne peut pas envelopper la braise : Les témoignages déchirants des condition de (sur)vie de prostituées. Vendre son corps est le seul moyen pour certaines femmes pour se nourrir, et aider une partie de sa famille. Elles subissent les pires violences (des clients et des souteneurs), doivent faire face à des grossesses (avortements et naissances), sont victimes de maladies (dont le sida sans même le savoir) et de la drogue… La prostitution est à la fois assumée ("qui fait le bien reçoit le bien, qui fait le mal reçoit de l’argent") et insupportable, comme si cet échappatoire faisait reculer une absence d’avenir.

À travers chacun de ses films Rithy Pan s’intéresse aux différentes facettes du Cambodge en explorant la négation d’humanité par de multiples témoignages.

Une institution singulière : Bophana

En parallèle des films de Rithy Pan, Vesoul présente aussi une sélection de films issus du programme Bophana, qui coproduit le nouveau film du cinéaste. Le centre Bophana est une institution  initiée par Rithy Pan qui a pour objectif  de réunir toutes les archives audiovisuelles du Cambodge afin de sauvegarder (photo) et restaurer une partie du patrimoine culturel du pays. Il est charge aussi d'une éducation audiovisuelle, notamment avec des ateliers pour initier l’émergence de nouvelles œuvres, des diffusions de films...

En étant programmés à Vesoul, c'est la première fois que quatre de ses films sont vus à l'extérieur du pays.

A Blurred way of life de Soa Sopheark montre une jeune fille qui ne peut poursuivre des études car elle doit vendre des journaux pour rapporter un peu d’argent à ses petits frères et sœurs et sa mère malade du sida ; A pedal man de Yos Katank s’attache au quotidien d’un vieux chauffeur de cyclo (vélo-taxi) qui ne peut plus parcourir de longue distance : il gagne une misère et ça ne fera qu'empirer ; My yesterday night de Chan Lida montre le travail précaire d’une femme qui devient chanteuse dans des bars ; I can be who I am de Chhoun Sarin s’intéresse au ‘ladieboy’, ces garçons qui se sentent filles et qui se travestissent, avec la difficulté d’être compris ou non par leur famille et les insultes des autres, …

Ces différents films du programme Bophana reflètent la société actuelle du Cambodge avec une approche documentariste, ce sont en même temps les débuts de jeunes talents prometteurs, qui croient au témoignage par l'image, observent ce pays, certes cicatrisant toujours ses plaies ouvertes, mais poussé par l'énergie de sa mutation.

La Bulgarie raye le cinéma de son budget, ou presque

Posté par vincy, le 27 juin 2010

Le parlement Bulgare a décidé de réduire de plus de moitié son apport au cinéma. Les fonds publics destinés au financement des films ne seront ainsi dotés en 2010 que de 4 millions d'euros (au lieu de 9,5 millions l'an dernier). Le cinéma subit ainsi la rigueur budgétaire que s'impose ce pays européen (qui veut diminuer son déficit de 1 milliard d'euros à 250 millions d'euros). La Bulgarie connaît une forte croissance mais souffre d'un déficit public très important.

Après cette révision du budget en plein milieu d'année, les professionnels s'inquiètent de voir les fonds diminuer encore lors du prochain examen du budget. Pour eux, ces coupes sont disproportionnées et vont tuer le secteur. De quoi déprimer en effet puisque le Centre national du film a d'abord annoncé un report de certains financements à 2011 ou la réduction de moitié des financements publics. Puis le même Centre a décidé qu'aucun projet ne serait sélectionné d'ici la fin de l'année en vue d'une demande de financement.

De quoi anéantir une industrie qui peine à renaître, mais y parvient. Outre quelques succès épisodiques au Box office  - The World Is Big and Salvation Lurks around the Corner vient de passer le cap des 100 000 $ de recettes - dominé par less films américains, le cinéma bulgare a remporté de nombreuses récompenses dans des festivals (Stolen Eyes et Crayfish à Moscou, Eastern Plays à Tokyo et Varsovie, In Black and White à Annecy). Par ailleurs, l'atelier de la Cinéfondation présente cette année Zincograph de Javor Gardev.

La fréquentation cinématographique est  en forte hausse. Avec près de 13 millions d'euros en 2009, ce petit marché a connu une croissance de 31% par rapport à 2008. La fréquentation s'élève à 3,2 millions d'entrées en 2009.