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Les femmes dans le cinéma français: ça progresse…

Posté par vincy, le 25 février 2017

Le CNC a publié le jour des César une étude sur "la place des femmes dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel". En voyant le palmarès des César hier, on notera qu'il y a du mieux: le meilleur premier film, le prix ex-aequo du court métrage, la meilleure adaptation ont couronné quatre femmes - réalisatrices, qui ont d'ailleurs toute souligné leur appartenance à une France ouverte, diverse, fragile et minoritaire. Alice Diop (Vers la tendresse) a même rêvé tout haut de "faire tomber les murs". En tout cas le plafond de verre craque. C'est une bonne nouvelle.

Comme le souligne Frédérique Bredin, Présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), "Depuis près de 10 ans est apparu une nouvelle génération de réalisatrices d’une très grande créativité. Leur talent, leur audace, ont donné un souffle nouveau au cinéma français avec, aujourd’hui, des premiers films reconnus dans le monde entier, comme Mustang ou Divines."

La France, championne d'Europe

L'étude montre qu'il y a une présence plus forte de réalisatrices que dans d’autres pays européens. En effet, 22 % des films français sortis en salle entre 2011 et 2015 sont réalisés ou coréalisés par des femmes, contre 19 % des films allemands, 11 % des films britanniques, 10 % des films italiens et 11 % des films espagnols. En cinq ans, 282 films français sortis en salles en France sont réalisés par des femmes et au cours des cinq dernières années, la France enregistre à elle seule 45 % de l’ensemble des films nationaux réalisés par des femmes en Europe.

En 10 ans le nombre de réalisatrices a augmenté de 71 % avec 567 films produits au total. Mais, car il y a toujours un mais, si il y a progression, le cinéma français ne parvient pas à briser cette "frontière" invisible des 22% de films réalisés chaque année par des femmes depuis 2011.

2 femmes sur 5 dans la profession

Dans le même laps de temps, le nombre de femmes employées dans la production de films a progressé de 20 % contre 5 % pour les hommes. Aujourd'hui 43,7% des emplois dans la fiction sont féminins, tous métiers confondus. La bonne nouvelle est qu'elles sont jeunes (moins de 30 ans). On constate aussi qu'il y a des métiers très "genrés". Les femmes sont sur-représentées dans les scriptes, les costumes, les coiffeurs-maquilleurs, la comptabilité, le juridique et la communication. Elles sont inexistantes dans les postes de chauffeur, d'électricien, de machiniste, de rippeur et de mixeur.

Un sacré problème : l'écart salarial

Cependant tout n'est pas rose ou bleu. On constate malgré tout que les femmes ont des rémunérations généralement inférieures à celles des hommes. "Dans une très grande majorité des professions, les salaires horaires moyens des femmes apparaissent inférieurs à ceux des hommes notamment pour la réalisation (- 42%), la production (- 38 %). Pour quelques métiers, cet écart est cependant en faveur des femmes comme scripte (+9 %) ou cascadeuse car elles sont peu représentées (+ 4 %)" rappelle l'étude. On est stupéfait de voir qu'une actrice est payée en moyenne 9% de moins qu'un acteur.

Elles disposent aussi d'un budget moyen inférieur à celui des films réalisés par des hommes. "En 2015, le devis moyen d’un film d’une réalisatrice est de 3,50 M€, contre 4,70 M€ pour un homme. Sur la période 2006-2015, le budget moyen des films réalisés par des femmes est 1,6 fois moins élevé que celui réalisé par des hommes" précise le document, qui reconnaît que "cet écart a tendance à diminuer". De façon marginale, pourrait-on ajouter: l'écart est structurellement ancré dans les mœurs.

Un renouvellement salutaire

Le document livre pourtant un rappel salvateur: 17 films réalisés par des femmes, en dix ans, ont attiré plus d'un million de spectateurs. Preuve que le sexe n'a plus beaucoup d'importance pour gagner la confiance des financiers et des diffuseurs. Ainsi, toujours sur la période 2006-2015, la part des premiers films est plus importante parmi les films réalisés par des femmes (42 %) que parmi ceux réalisés par des hommes (32 %) et les troisièmes films ou plus réalisés par des femmes passent de 20 % en 2006 à 47 % en 2015, "confirmant la consolidation des carrières des réalisatrices après leur première percée."

Une nouvelle génération de producteurs/productrices a donc facilité l'émergence de réalisatrices respectées, récompensées, et même populaires. L'avenir semble plus féminin (sur les dix dernières promos de la Fémis, il y a la moitié des années où les étudiants étaient majoritairement des étudiantes). La part des femmes parmi les réalisateurs de courts métrages augmente pour la cinquième année consécutive pour atteindre 38%.

De quoi se dire que le cinéma français sera moins sexiste. A condition que l'égalité salariale soit aussi au rendez-vous.

Bilan 2016: Grosse fatigue du cinéma français à l’export

Posté par vincy, le 15 janvier 2017

Ce fut une très belle année pour la fréquentation des salles en France. A l'inverse, 2016 a été désastreuse pour le cinéma français dans le monde. Seulement 34 millions de spectateurs sont venus voir des films français à l'étranger (soit 230 millions d'euros de recettes, et donc une chute de 62% des revenus). On est très loin des 111 millions d'entrées à l'international en 2015 ou des 120 millions en 2014, deux années où le nombre d'entrées à l'étranger était supérieur à celui des spectateurs en France pour des films français.

Le phénomène est global, touchant tous les genres et tous les pays. Du jamais vu depuis plus de dix ans. En effet, c'est la première fois que l'on passe sous le cap des 50 millions d'entrées depuis 2007.

Il faut dire que 2016 a souffert de l'absence d'une comédie porteuse comme Intouchables ou de productions anglophones d'Europacorp comme Taken ou Le Transporteur (2017 devrait ainsi être largement meilleure grâce à Valérian de Luc Besson). Mais ceci n'explique pas tout.

Car en 2016, les films en langue française n'ont séduit que 22 millions de spectateurs dans le monde: c'est une chute de 52% par rapport à 2015. Par voie de conséquence, Unifrance, qui publie les chiffres, constate que "Les 5 plus grands succès français de l’année 2016 ne représentent que 28,3% des entrées globales du cinéma français dans les salles étrangères, contre 70,5% en 2015. Autre conséquence notable, les films en langue française réalisent 22 millions d’entrées en 2016, soit près de 64% des entrées totales sur la période, une proportion record depuis plus de 15 ans, bien supérieure à la moyenne de 43,6% constatée sur les 10 dernières années."

On s'interroge cependant: sans Le Petit Prince, déjà un beau carton en 2015, qu'est-ce-que ça aurait été? "Après une année 2015 exceptionnelle à plus de 15 millions d’entrées, [il] continue de rayonner hors de nos frontières pour sa 2e année d’exploitation. Avec plus de 3 millions de spectateurs supplémentaires rassemblés sur une quarantaine de territoires, il devient le plus grand succès de l’année 2016 pour une production franc?aise et le film d’animation le plus vu à l’international."

Derrière Le Petit Prince et ses 92M€ de recettes cumulées, on retrouve un modeste succès d'EuropaCorp, Oppression de Farren Blackburn (1,8 million d'entrées, dont près de la moitié en Amérique du nord), puis Le goût des merveilles d'Éric Besnard (900000, essentiellement en Allemagne où il fait deux fois mieux qu'en France), Les nouvelles aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen (800000, dont les trois quarts en Chine), Un homme à la hauteur de Laurent Tirard (700000, qui a bien fonctionné en Pologne et en Russie), Les saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (700000 grâce au Japon), Mustang de Deniz Gamze Ergüven (700000), L'étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac (600000), Chocolat de Roschdy Zem (600000) et Elle de Paul Verhoeven (500000), qui n'a largement pas terminé sa carrière internationale. Médecin de campagne, 11e, approche des 500000 entrées et des films comme Les innocentes et L'avenir ont dépassé les 400000 entrées. En revanche, de Radin! avec Dany Boon aux Visiteurs 3 en passant par L'odyssée et Cézanne et moi, les flops ont été nombreux, ne réalisant pas les scores attendus dans des marchés captifs (Belgique et Suisse pour les comédies, Royaume Uni et USA pour les biopics).

Unifrance constate aussi le retour du leadership de l'Europe occidentale comme marché principal, repassant devant l'Amérique du nord, de très loin. Aux Etats-Unis et au Canada anglophone (-61%), seuls Elle et Les innocentes ont dépassé le million de dollars de recettes. Mais ce territoire reste le plus important pour l'export français.
L'Asie s'affiche aussi en baisse, notamment en Chine où le recul est de 93%! Les Saisons a été le film le plus vu au Japon, 2e marché de la zone, avec 421 000 entrées.
En Espagne, ça chute de 46%, en Allemagne (où la fréquentation globale est en fort recul), de 30%, en Italie (2e marché après les USA, sauvé grâce au Petit Prince), de 15% et en Belgique et Luxembourg de 13%, pour ne prendre que les cinq plus gros marchés.
Au Québec on enregistre 676 000 entrées pour le cinéma français (11% de parts de marché), grâce notamment aux 86 000 entrées du Petit Prince, mais aussi aux très jolis scores de Demain et de La Vache, qui viennent compléter le podium.

Plus de 7600 films sont produits par an

Posté par vincy, le 2 mai 2016

L'UNESCO vient de publier une étude inédite sur la diversité et l'état de la production mondiale. Si, à cause du temps nécessaire à collecter les informations, les chiffres d'arrêtent en 201, il reste que le panorama global de ces 97 pays étudiés entre 2005 et 2014 montre que, malgré la puissance hollywoodienne, la diversité et la quantité de films est une affaire plutôt européenne et asiatique. Après tout, selon l'UNESCO, ce sont plus de 7600 films qui sont produits chaque année, dont un cinquième en Inde. Et le chiffre est en hausse croissante. Mais il y a aussi une concentration réelle puisque les 5 pays les plus producteurs représentent plus de la moitié de ces films tournés. Si les films américains continuent de dominer le box office mondial, ils dépendent de plus en plus de marchés émergents comme la Chine, l'Inde, la Russie et la Corée du sud, désormais parmi les gros pourvoyeurs de cinéphiles comme le sont le Japon, la France ou le Royaume Uni. Ainsi les 10 plus gros marchés représentent les 3/4 des spectateurs internationaux.

L'Inde reste le pays produisant le plus de films chaque année

9 pays produisent plus de 200 films par an

La France, championne des coproductions

Les multiplexes en plein boom et ceux qui dépriment

Posté par vincy, le 31 janvier 2016

ugc ciné cité logo

Le Film Français, en partenariat avec Rentrak, dévoile le classement annuel des 200 complexes cinématographiques les plus fréquentés en 2015.

Les 5 multiplexes au top. UGC domine.
Le Top 5 est toujours dominé par UGC avec l'UGC Ciné Cité des Halles (Paris) et le Ciné Cité de Bercy (Paris), avec respectivement 3,2 millions et 2,05 millions de spectateurs. Les deux encaissent une baisse de leurs entrées (-3,4% et -10,8%). Ils sont suivis du Kinopolis de Lomme dans le Nord (2,03 millions), du MK2 Bibliothèque à Paris (1,71 million) et du Gaumont Carré Sénart en Seine-et-Marne (1,7 million).

Les gros réseaux. Gaumont-Pathé en tête.
Outre les Ciné Cité des Halles et de Bercy, le réseau UGC cinq autres complexes qui ont attiré plus d'un million de spectateurs: La Défense (Hauts de Seine), Strasbourg, Rosny (Seine Saint Denis), Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines) et Créteil (Val de Marne).
Gaumont-Pathé (Europalaces) compte 13 multiplexes dans cette liste de 23 millionnaires. Hormis celui de Carré Sénart, on retrouve le Pathé Plan de Campagne (Marseille), le Pathé Belle Epine (Région parisienne), le Gaumont Parnasse (Paris), le Gaimont de Montpellier, le Pathé Carré de Soie (près de Lyon), le Gaumont Opéra (Paris), le Pathé de Nice, le Gaumont de Labège (près de Toulouse), le Gaumont Wilson (à Toulouse),le Gaumont du Disney Village, le Pathé de Conflans (Yvelines) et le Pathé de La Garde (près de Toulon).
A part le MK2 et le Kinépolis, un seul autre cinéma hors des grands réseaux se classe dans ces 23 millionnaires, Les 3 Palmes à Marseille, avec 11 écrans et 1,15 million de spectateurs.

Les autres réseaux et indépendants. Kinépolis et Mega CGR en vedette.
Outre Les 3 Palmes à Marseille, quelques multiplexes tirent leur épingle du jeu. Kinépolis à Metz, à Nîmes, à Nancy, à Thioville et à Mulhouse ont tous attiré plus de 600 000 spectateurs. Côté Méga CGR, ceux de Tours, Brignais, Blagnac, Villenave d'Ornon, Torcy, La Rochelle, Saint-Saturnin, La Mézière et Pau, ont aussi séduit plus de 600 000 spectateurs. Pour MK2, seul celui de Quai de Seine/Quai de Loire a enregistré 919000 tickets.

Parmi les autres complexes très fréquentés citons le Ciné Dôme à Aubière (près de Clermont Ferrand), le Mégarama de Villeneuve la Garenne (Val de Marne), le Multiplexe Liberté à Brest, le Ciné Cap Vert à Quétigny (près de Dijon), le Méga Castillet à Perpignan, le Capitol Studios près d'Avignon, l'EuropaCorp Aéroville près de l'aéroport de Roissy, le Rex à Paris et le Cinéville à Hénin-Beaumont.

Les plus fortes progressions. Les villes moyennes dynamiques.

  • + 43,07%. Pathé Quinconces Le Mans (550000)
  • + 42,05%. Europacorp Aéroville Roissy (712000)
  • + 41,18%. Mega CGR Draguignan (290000)
  • + 15,72%. Pathé Beaugrenelle Paris (923000)
  • + 12,45%. Véo Muret - Toulouse (457000)
  • + 10,26%. Majestic Compiègne (504000)

Les plus fortes chutes. Les Champs Elysées et la banlieue souffrent.

  • - 30,43%. La Géode (320000) - lié à la fermeture de la Cité des Sciences et de l'Industrie durant près de deux mois.
  • - 23,18%. Alhambra Saint Etienne (350000)
  • - 20,97%. UGC Ciné Cité Rosny (1405000)
  • - 19,43%. UGC Normandie Champs Elysées (296000)
  • - 16,89%. Gaumont Champs-Elysées (657000)
  • - 16,57%. Gaumont Saint-Denis (367000)


Les leaders en région.

  • Ile de France. UGC Cité Cité Les Halles à Paris.
  • Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Kinépolis Lomme près de Lille.
  • Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes. UGC Ciné Cité Etoile à Strasbourg.
  • Bourgogne-Franche Comté. Ciné Cap-Vert à Quétigny, près de Dijon.
  • Rhône Alpes- Auvergne. Pathé Carré de Soie à Vaulx en Velin, près de Lyon.
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pathé Plan de Campagne près de Marseille.
  • Corse. Ellipse Cinéma à Ajaccio.
  • Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Gaumont Multiplexe à Montpellier.
  • Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Méga CGR à Villenave d'Ornon, près de Bordeaux.
  • Centre. Méga CGR à Tours.
  • Pays de la Loire. Gaumont Multiplexe à Angers.
  • Bretagne. Gaumont Rennes.
  • Normandie. Pathé Docks 76 à Rouen.

31e Fête du cinéma: 16% de fréquentation en moins

Posté par vincy, le 2 juillet 2015

Rien n'y a fait: la canicule (qui pourrait inciter les spectateurs à aller se rafraîchir en salles), les sorties des suites des Profs ou de Terminator, les continuations de Jurassic World et Vice-Versa. Non, décidément, cette Fête du cinéma n'aura pas emballé les spectateurs.

Avec 2,5 millions de spectateurs et malgré le démarrage monstre des Profs 2 (meilleur premier jour pour un film français cette année avec 311 000 entrées), la fréquentation est en baisse de 16% par rapport à l'an dernier.

Dimanche 28 juin, c'est même un tiers de spectateurs en moins qui manquaient à l'appel. Lundi, les salles étaient mieux remplies que l'an dernier. Mais , mardi affichait un gros repli de 14%. C'est finalement mercredi que la baisse a été le mieux contenue en rassemblant davantage de spectateurs que les autres jours.

Rappelons que la Fête du cinéma continue du 2 au 8 juillet avec le partenariat de BNP Paribas qui offre plus de 330000 contremarques au tarif unique de 4€ la séance.

Le cinéma français a tourné à plein régime au premier trimestre

Posté par vincy, le 8 mai 2015

Et si 2015 était l'année de la reprise? La fréquentation se maintient à un haut niveau au premier trimestre. Et les tournages repartent à la hausse selon la Fédération des industries du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia (Ficam).

Après une production et des investissements en baisse en 2014 (lire le rapport annuel de la Ficam 2014), surtout pendant le premier semestre, avec 203 films et à peine 800M€, la tendance semble s'inverser.

61 tournages

L'an dernier, seuls 28 tournages avaient été enregistrés au premier trimestre. Cette année, on en dénombre 61! Un record depuis 8 ans. En nombre de semaines de tournages, la hausse est aussi très nette, passant de 153 semaines à 386,6 semaines, là encore un record en 8 ans.

Deux tiers de tournages en France

Cependant, la délocalisation a  aussi augmenté au 1er trimestre 2015:  36% (26% au 1er trimestre 2014) des tournages ont eu lieu à l'étranger. Les tournages en France représentent quand même 64% du total (contre 73,7% l'an dernier).

300M$ d'investissements

Côté budgets, les montants investis battent également des records, en frôlant les 300M€ d'investissements (contre 121M€ au premier trimestre 2014). Ainsi on a tourné 8 films à plus de 10M€, du jamais vu depuis 2008 (avec 9 gros tournages), 20 films entre 4 et 10M€ et 14 films entre 2 et 4M€ (deux records en 8 ans),  et 9 films à moins de 2M€.

Bilan 2014: la France, la très bonne élève du cinéma en Europe

Posté par redaction, le 5 mai 2015

L'Observatoire européen de l'audiovisuel a fournit ses données provisoires pour le continent concernant l'année 2014.

La France et la Turquie bons élèves, le retour de l'Espagne

© oeaPremier élément: les recettes brutes des salles dans l’Union européenne ont connu en 2014 une légère hausse de 0,6 % pour atteindre 6,32 milliards d’EUR. Il s’agit du deuxième résultat le plus faible sur les cinq dernières années. Les recettes ont particulièrement chuté en Italie et en Allemagne, alors qu'elles ont augmenté en France, en Espagne et en Pologne. Comme en 2013, la courbe des recettes brutes des salles suit celle de la fréquentation, qui connaît une modeste croissance de 0,7 % et se situe à 911 millions de places vendues, soit environ 6,5 millions de plus qu’en 2013.
En nombre d'entrées la France reste le plus gros marché européen avec 208M de spectateurs, devant la Russie (hors calcul), le Royaume Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. La Turquie (hors calcul) connaît la plus forte croissance et devance la Pologne.
Sur les 36 marchés analysés, deux ont une part de marché nationale supérieure à 30% (la Turquie avec 58% et la France avec 44%). La république Tchèque, l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, le Royaume Uni, l'Italie, la Lituanie, les Pays Bas, la Pologne, la Suède et la Norvège limitent la casse avec plus de 20% de part de marché pour les films nationaux.

Deux films français dans le Top 10, des scores décevants pour Hollywood

© oeaDeuxième point: Le derniers volet de The Hobbit et le troisième épisode de The Hunger Games sont en tête des box-offices de l’Union européenne, avec respectivement 22,7 millions de spectateurs et 20,1 millions de tickets vendus. Juste derrière se trouve Dragons 2. Au total, 9 suites ou spin-off se classent dans le Top 20 des films les plus fréquentés. Pire, seuls trois films européens ont réussi à se faire une place au soleil: Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (5e avec 17,1 millions d'entrées), Lucy (6e, avec 15,2 millions d'entrées) et Ocho apellidos vascos (18e, avec 9,3 millions d'entrées et plus gros succès historique du cinéma espagnol). Tout le reste du Top 20 est américain ou coproduit avec les Etats-Unis. 16 films ont dépassé les 10 millions de spectateurs. Cependant, les superproductions hollywoodiennes ont attiré largement moins de spectateurs que les champions des années précédentes, généralement au dessus des 35 millions d'entrées.

Le cinéma français domine dans un marché europhile

© oeaCe qui conduit à un troisième constat: La part de marché des films européens atteint 33,6 %, soit un record depuis 1996. 12 films ont même dépassé les 3 millions d'entrées en 2014. Outre les deux champions français cités plus haut et le carton du film espagnol, des films comme Paddington, Supercondriaque ou la suite de The Inbetweeners ont fédéré plus de 5 millions de spectateurs. Le cinéma français est en pleine forme avec 5 films dans le Top 10 et 10 dans le Top 20. Certains ont fait l'essentiel de leurs recettes en France et en Wallonie, mais d'autres ont connu le succès dans plusieurs pays. Le cinéma britannique place 3 films, les cinémas allemand et espagnol 2 chacun, les cinémas belge, suédois et polonais un chacun. Quatre films de ce Top 20 sont sortis en 2013 et un gros tiers n'était pas encore sorti dans tous les gros marchés.

Plus de films produits et plus de salles numérisées

Quatrième donnée: Avec 1603 longs métrages (y compris les documentaires), la production de films dans l’Union européenne poursuit sa progression, après avoir déjà atteint un record l'an dernier avec 1587 longs métrages. 32% d'entre eux sont des coproductions.

Enfin, dernière observation; La numérisation des écrans est presque achevée puisque 92 % du parc de l’Union européenne étaient convertis fin 2014, contre 14% en 2010 et 87% en 2013. Il reste quelques points noirs comme la République Tchèque, la Grèce et les pays Baltes.

La production de films français connaît sa pire année depuis 2010

Posté par vincy, le 15 novembre 2014

La tendance s'est confirmée. Avec 678 millions d'euros, les investissements dans les films français ont reculé de 22,7% sur les 9 premiers mois de l'année. Un trou d'air inquiétant. Le nombre de films a lui aussi chuté durant la même période: 177 ont été produits depuis janvier contre 193 l'an dernier, à la même époque. Il faut revenir à 2010 pour trouver un chiffre aussi bas. Le devis moyen est ainsi de 4,09 millions d'euros pour les films d'initiatives françaises, soit là aussi le niveau le plus bas depuis 2010.

Les chiffres du Centre national du cinéma et de l'image animé (CNC) publiés hier placent un gros nuages noirs dans un ciel pourtant très clair: la fréquentation en salles est en hausse (+11,4% de janvier à octobre, comparé à 2013) et la part de marché des films français a progressé nettement par rapport à 2013 (passant de 32,5% à 44,7%).

Trois causes ont été identifiées: le recul du chiffre d'affaires des chaînes de télévision (qui financent une grande part de la production), la baisse des moyens des partenaires étrangers et les choix plus exigeants et sélectifs des distributeurs en France.

Cette année, seuls deux films avec un devis supérieur à 15 M€ ont été initiés, contre 7 en 2013, 10 en 2012 et 5 en 2011. Mais la dépression du cinéma français touche tous les segments, à l'exception des films compris entre 10 et 15 M€ (11 contre 6 en 2013, 12 en 2012, 13 en 2011 et 11 en 2010) et ceux entre 2 et 4 M€ (40, un record). Ainsi les films du milieu (entre 4 et 10 M€) n'ont été que 25 a être initiés, soit 14 de moins que l'an dernier ou 27 de moins qu'en 2010! Les devis inférieurs à 2 M€ n'ont pas été plus à la fête: 53 depuis le début de l'année, soit 8 de moins que l'an dernier.

Pas étonnant alors que le devis médian accuse son plus bas niveau avec 2,57 millions d'euros (la moitié des films sont produits au dessus de ce chiffre). Depuis 2010, chaque année, le devis médian baisse avec constance.

Au cinéma, la reprise est déjà là

Posté par vincy, le 4 avril 2014

supercondriaqueSelon les estimations du CNC, les chiffres de la fréquentation du mois de mars confirme la tendance amorcée en décembre dernier : la reprise est déjà là.

En passant le cap des 21 millions d'entrées au mois de mars, le box office a enregistré une hausse de 14,1% par rapport au mois de mars 2013.

Pour les trois premiers mois de l'année, cette progression est de 18,6%, avec 56,27 millions d'entrées (contre 47,45 l'an dernier). Rappelons qu'en 2012, le premier trimestre n'avait été sauvé que par le mois de mars.

Sur 12 mois, d'avril 2013 à mars 2014, la tendance positive se confirme avec une évolution de 0,8% contre seulement 0,1% en février. En janvier, la courbe était toujours négative sur 12 mois malgré la reprise constatée en décembre 2013 et janvier 2014. En décembre 2013, le nombre d'entrées avait en effet bondit de 19,4% (par rapport à décembre 2012), après un automne désastreux.

Autre motif de satisfaction, la part de marché des films français. Au premier trimestre les films français ont attiré 46,7% des entrées (contre 40,5% l'an dernier à la même époque). Les films américains  sont en forte baisse, passant de 48,3% en 2013 à 40,2% en 2014. Les films d'autres nationalités sont aussi en progression, avec 13% cette année contre 11,2% l'an dernier.

20 hits cet hiver

Avec près de 5 millions d'entrées, Supercondriaque a été la locomotive de ses deux derniers mois. Depuis les fêtes de fin d'année, le cinéma français a pu compter sur des films populaires comme Belle et Sébastien (2,9 millions d'entrées), Les Trois frères : le retour (2,2 millions d'entrées), La belle et la bête (1,8 million d'entrées), Yves Saint Laurent et Fiston (1,6 million d'entrées), Minuscule (1,4 million d'entrées) et Le crocodile du Botswanga (1,2 million d'entrées) ou encore la continuation de Les garçons et Guillaume, à table! (qui cumule à 2,8 millions d'entrées).

Le cinéma américain a été plus à la peine, essentiellement porté par des auteurs davantage que des blockbusters. Bien sur La Reine des neiges a continué son parcours triomphal commencé en novembre. Mais seuls Le Hobbit : la désolation de Smaug (4,7 millions d'entrées) et Le loup de Wall Street (3 millions d'entrées), sortis pendant les fêtes, ont réellement cartonné au début du trimestre. Le plus gros succès américain de ce début 2014 est le film qui a reçu l'Oscar : 12 Years a Slave (1,7 million d'entrées). Il devance 300 : La naissance d'un empire (1,5 million d'entrées), La grande aventure Lego (1,4 million d'entrées), M. Peabody (1,3 million d'entrées), Non-Stop et The Grand Budapest Hotel (1,2 million d'entrées) et Monuments Men (1,1 million d'entrées).

Enfin le cinéma en provenance des autres pays a pu compter sur quelques hits comme Le manoir magique (1 million d'entrées), sorti en décembre, Le vent se lève (750 000 entrées), Albator (725 000 entrées), Philomena (700 000 entrées), ou Ida (500 000 entrées).

Adaptation : Les éditeurs français en opération séduction à Cannes

Posté par emeline, le 22 mars 2014

Ils en rêvaient. C'est maintenant une réalité. Pour la première fois, des éditeurs français pourront rencontrer formellement des producteurs de cinéma étrangers au Festival de Cannes. L'opération, intitulée « Shoot the book ! », aura lieu le mardi 20 mai, selon une information parue dans Livres Hebdo ce matin, dans le cadre professionnel du Marché du Film.

Car, l'adaptation est un marché porteur : un film sur cinq sortis dans les salles françaises est une adaptation selon une récente étude du Bief. Un film français sur trois est une adaptation de livre. En 8 ans, les spectateurs ont ainsi pu voir sur grand écran 956 adaptations! 38% des films ayant attiré plus de 500 000 spectateurs sont des adaptations. Pas négligeable. Le chiffre grimpe à 58% parmi les films ayant fait plus de 2 millions d'entrées.
Les producteurs aiment principalement les romans, les oeuvres jeunesse et les BD. A eux trois, ils regroupent 818 des 956 adaptations.

En France, depuis six ans, éditeurs et producteurs ont déjà l'occasion de se regrouper au Salon du Livre, grâce à la Société civile des éditeurs de langue française (Scelf). Hier, 75 éditeurs ont "pitché" leurs romans pour séduire les producteurs en quête de projet. Mais la grande nouveauté de cette année, c'est bien la portée internationale du projet avec l'arrivée sur la Croisette, en plein Palais des Festivals.

En 2013, Nathalie Piaskowski, directrice générale de la Scelf, évoquait Cannes comme lieu de rencontre. « C'est l'un des festivals où le plus de producteurs étrangers sont présents. Et c'est un festival qui travaille, avec des rencontres professionnelles. Ce n'est pas juste le glamour. »

Car malgré le succès de ces Rencontres Scelf de l'audiovisuel (250 producteurs par an depuis 2009), difficile d'adapter son livre à l'international quand la majorité des producteurs présents sont français – francophones au mieux. Et selon le Bureau International de l’Édition Française (Bief), rien ne vaut un ouvrage écrit en français pour décourager les producteurs étrangers.

C'est pourquoi, afin de séduire ces derniers, l'opération « Shoot the book ! » prévoit une session d'une heure où chaque maison d'édition devra vanter le livre retenu pendant cinq minutes et en anglais. Le Festival de Berlin expérimente ce concept depuis 2006 avec « Books at Berlinale » dans le cadre du marché de la coproduction.
Dix titres seront sélectionnés par un jury de professionnels. Ils seront révélés le 31 mars. Les heureux élus auront alors plus d'un mois pour préparer leur prestations, avec l'aide d'un coach, Bertrand Mouiller, professionnel anglophone du cinéma et de la télévision. Enfin, un catalogue audiovisuel en anglais, tiré à plus de 11 000 exemplaires, sera remis à tous les festivaliers dans leur sacoche de bienvenue.

Que peuvent espérer les éditeurs français de cette rencontre ? Probablement beaucoup, à en croire le Bief. Selon Isabelle Fauvel, de la société Initiative Films, qui animera la journée du 20 mai, le Festival de Cannes permet à celui qui est déjà bien intégré dans le réseau des professionnels de l'audiovisuel d'avoir des contacts avec des personnes difficiles d'accès. Et aussi – et surtout – la   « French touch » est toujours aussi populaire auprès des producteurs américains. Une coupe de champagne et le tour est joué ? Verdict le 20 mai sous le soleil de Cannes.