Blake Edwards (1922-2010) : fin de « Party »

Posté par vincy, le 16 décembre 2010

Il avait une marque de fabrique. La comédie chic, élégante, enchaînant les gags les plus farces, les situations les plus improbables, des plans toujours soignés. Il savait aussi choisir ses stars. Blake Edwards (de son vrai nom William Blake Crump) a vécu une belle vie. Né en plein été 1922 au fin fond de l'Oklahoma, il est décédé aujourd'hui, au début de l'hiver 2010. 88 ans jusqu'au dernier clap. Et pour une fois, il n'y a aucun délire. Julie Andrews est veuve.

On lui doit une série de succès (pour ne pas de triomphes populaires), de films cultes, d'oeuvres respectées. Certes cela faisait 15 ans qu'il ne tournait plus, mais il a donné de son humour durant 40 ans.  Si les Oscars l'ont snobé (une seule nomination en tant que scénariste), ils se sont rattrapés en 2004 avec un Oscar d'honneur bien mérité, remis par Jim Carrey. Il laisse derrière lui un César (meilleur film étranger avec Victor Victoria), un Donatello (meilleur scénariste, pour le même film), plusieurs prix et nominations glanées ici et là, quelques statuettes pour l'ensemble de sa carrière et deux prix du meilleur scénario de la Writer Guild of America (Quand la Panthère rose s'en mêle, Victor Victoria) parmi huit nominations. Côté réalisateurs, ses confrères de la Director's Guild avait nommé Diamants sur Canapé (alias Breakfast at Tiffanny's) et en 1993, ils lui donnèrent un prix spécial.

La comédie est considérée comme un sous-genre, mais dans son cas, il fait partie de ses cinéastes qui ont donné leurs lettres de noblesse au cinéma de dérision. Héitier des Preston Struges, Leo Carrey, Howard Hawks, Billy Wilder, Blake Edwards a mis en scène Audrey Hepburn, Cary Grant, Tony Curtis, Jack Lemmon (son comédien favori), Natalie Wood, Bruce Willis, Kim Basinger, Julie Andrews, Burt Reynolds, David Niven, William Holden, Omar Sharif, Rock Hudson...

Avec un grand père grand réalisateur de films muets et un père chargé de production et premier assistant réalisateur, il passe logiquement derrière la caméra. Son premier long métrage date de 1955, Bring your smile around.

Le récemment disparu Tony Curtis devient vite sa star fétiche. Il tourna la plupart de ses premiers films avec lui. En 1959, il l'enrôle dans la Marine, aux côtés de Cary Grant, et forment un duo de tonnerre dans Opérations Jupons, une histoire de sous-marin rose durant la seconde guerre mondiale côté Pacifique, avec un gros cochon, des soutien-gorges et une armada d'emmerdements.

Mais c'est en 1961 qu'il trouve les premières formes de respect avec Diamants sur Canapé, adaptation d'un roman de Truman Capote. La fameuse scène où Audrey Hepburn, merveilleuse ingénue, frivole et romantique, où l'actrice , avec ses lunettes noires, boit son café et croque dans un donut devant les vitrine du bijoutier Tiffany, est devenue une référence (jusqu'à Desplechin qui utilisera un plan similaire dans Rois et Reine). Edwards a cet art de délirer avec classe, de se complaire dans la débauche et les désastres avec une décence assumée.

Le succès du film le pousse à passer au drame. Le jour des vins et des roses lui vaut un succès critique avec une histoire d'alcoolisme. À raison d'un film ar an, il enchaîne des films inégaux. Mais il croise une pépite. Une des premières franchises du cinéma depuis Tarzan, et à l'époque de James Bond : La panthère rose. Une musique de Mancini, un générique en animation, une histoire de casse avec un détective loufoque. Le tour est joué. Non seulement il cartonne au box office, mais il rencontre surtout Peter Sellers, à qui il met un imper et un bob et le métamorphose en Inspecteur Clouseau. Les gaffes de l'un et la maîtrise délicate de l'autre font une alchimie détonante. Il en réalisera huit épisodes.

blake edwards et peter sellersEn 1965, il filme une infernale course de voiture entre le diabolique Jack Lemmon, l'angélique Tony Curtis, la sublime Natalie Wood. La Grande course autour du monde révèle surtout une scène de tarte à la crème extrême. Mais c'est en 1968 qu'il entre dans la légende du 7e art avec The Party. Il laisse Peter Sellers en roue libre dans cette moquerie sur Hollywood et les mondanités (qui d'autre savait aussi bien filmer les pince-fesses?), nous offre une soirée mousse d'anthologie, un poulet qui se niche dans une coiffe, un rouleau de PQ interminable, des éléphants et leur pesant de gags. Les bévues de l'acteur indien joué par Sellers provoquent un délire hilarant et interminable.

Certes ils se sont fâchés sur la fin. Edwards lui reprochait son manque de professionnalisme et surtout d'envie. Il l'insérera quand même, de manière posthume dans A la recherche de la panthère rose en 1982. Pas rancunier. ils se devaient tant.

Hélas après, Edwards céda à des facilités, cumula les échecs (Darling Lili), s'attira les moqueries (Elle, avec Bo Derek), le mépris (S.O.B. pourtant très drôle par son cynisme). On pouvait croire à son déclin. Le nouveau cinéma américain le laissait sur le carreau. Les comédies avaient moins de place qu'auparavant. Surtout, hormis Burt Reynolds, il n'y avait pas stars charismatiques qui fassent rire dans les années 70. Il se rassure avec ses Panthère rose. Heureusement, 10, lui redonne espoir. Il est l'un des plus gros succès du box office de l'année 1979.

Et puis, un chant du cygne. Un scénario brillant, dans l'air du temps (rappelez vous Tootsie). Une actrice vénérée depuis Mary Poppins, Julie Andrews, qu'il a rencontré chez leur psychanalyste. Ils se sont mariés en 1969. Une réalisation utilisant à merveille tous les codes de la comédie classique américaine, mêlant vaudeville et quiproquos, enter Lubitsch et Wilder. Victor Victoria est sans aucun doute l'un de ses trois plus grands films, avec Diamants sur canapé et The Party. Une chanteuse se travestit en homme qui se fait prendre pour une femme, afin de pouvoir faire son métier dans un Paris des années folles.

Il réalisera encore quelques comédies romantiques, inégales. Boire et déboires, là encore un sujet sur l'alcoolisme, est sans doute le plus charmant de ses derniers films. On pourrait retenir aussi Switch, qui là encore traitait de l'identité sexuelle. Il adorait déguiser les hommes en femmes. Son humour "britannique".

Mais c'est une réplique française qui servira de conclusion. Dans Victor Victoria, il y a un bel adieu. "Au revoir". "Me too".

16 gars, 16 filles pour le César du meilleur espoir

Posté par vincy, le 25 novembre 2010

Les professionnels de la profession vont devoir choisir cinq acteurs et cinq actrices parmi les 32 comédiens proposés.
Comme d'habitude, de réels jeunes talents et des comédiens plus confirmés (Salim Kechiouche a commencé en 1996 par exemple), forment ce patchwork, certes, un brin cosmopolite (venus d'Argentine, Cuba, Vénézuéla...).
Un film, Belle Épine réussit même à placer deux acteurs dans chaque catégorie.

Notons que certains ont déjà été nommés parmi les meilleurs espoirs les années précédentes : Léa Seydoux (2009), Anaïs Demoustier (2009), Pio Marmaï (2009) et Grégoire Leprince-Ringuet (2004, 2008 et 2009).

Côté espoir féminin :

Raphaëlle Agogué (La rafle)
Clara Augarde (Un poison violent)
Leila Bekhti (Tout ce qui brille)
Judith Chemla (De vrais mensonges)
Vanessa David (Sweet Valentine)
Anaïs Demoustier (D’amour et d’eau fraîche)
Adèle Exarchopoulos (Tête de Turc)
Ana Girardot (Simon Werner a disparu…)
Annabelle Hettmann (Le sentiment de la chair)
Audrey Lamy (Tout ce qui brille)
Elise Lhomeau (Des filles en noir)
Nina Meurisse (Complices)
Veronika Novak (Les invités de mon père)
Agathe Schlencker (Belle épine)
Léa Seydoux (Belle épine)
Yahima Torres (Vénus Noire)

Côté espoir masculin :

Olivier Barthelemy (Notre jour viendra)
Cyril Descours (Complices)
Arthur Dupont (Bus Palladium)
Cyril Guei (Lignes de front)
Salim Kechouiche (Le fil)
Grégoire Leprince-Ringuet (La princesse de Montpensier)
Johan Libereau (Belle épine)
Pio Marmaï (D’amour et d’eau fraîche)
Guillaume Marquet (Crime d’amour)
Nicolas Maury (Belle épine)
Arthur Mazet (Simon Werner a disparu…)
Jules Pelissier (Simon Werner a disparu…)
Nahuel Perez Biscayart (Au fond des bois)
Raphaël Personnaz (La princesse de Montpensier)
Edgar Ramirez (Carlos)
Thibault Vinçon (Le sentiment de la chair)

Une cérémonie des César à oublier

Posté par geoffroy, le 4 mars 2010

cesar 2010La soirée des César 2010 n’a pas conquis les foules. L’audience, en chute libre, incite l’académie à revoir sa copie au plus vite.  

Soutenir que la 35e cérémonie des César fut sage et sans surprise relève du doux euphémisme tant elle aura été soporifique comme laborieuse. Ce triste constat, n’en déplaise aux lauréats, démontre la difficulté des César à célébrer comme il se doit – c'est-à-dire au-delà de la simple récompense – l’ensemble des professionnels du cinéma français. Sans remettre en cause le cru 2010, dominé par Un Prophète de Jacques Audiard, la cérémonie tourna court en égrenant sans âme les prix les uns à la suite des autres.

Vous me rétorquerez qu’un prix se décerne, s’acclame, se siffle à l’occasion – rarement aux César je vous l’accorde – et se remercie. Difficile, en effet, de changer un modus operandi balisé depuis 35 ans. Cela veut-il dire que la manière de s’y prendre n’aurait plus aucune importance ? A entendre les « pitch » d’avant récompense, oui. Au fil des années ils deviennent de plus en plus sirupeux et « télévisuellement » très plats, à l’instar du traditionnel discours d’ouverture prononcé cette année par une Marion Cotillard sans conviction ni originalité.

Quelques mots mous et pompeux prononcés avec hésitation pour rappeler que nous avons la chance de "partager ici ce soir le même rêve de cinéma, la chance d'être dans un pays qui rend ce rêve possible, un cinéma d'une grande richesse". Une chance en effet de pouvoir "aimer, vivre, rire" puis "de nous battre, nous mettre en colère... de hurler même si ça nous chante..."

Comme de coutume, les invités discourent sans gêne à la recherche du plus bel aphorisme afin d’éviter l’errance du lieu commun. N’empêche qu’ils furent nombreux un peu à l’image d’une soirée lente, statique, verbeuse, déclarative à en perdre la tête et le fil. Pourquoi ne pas avoir lâché la bride sur la scène du Châtelet en proposant un spectacle fait de surprises et de rebondissements, de bonne humeur et de spontanéité ? Il semblerait, au grand dam des spectateurs, que cela ne soit pas le genre de la maison. Que voulez-vous, chez nous, on ne badine pas avec les César quitte à plomber sévèrement l’ambiance.

Conséquence : notre duo vedette Gad Elmaleh / Valérie Lemercier s’est laissé étouffer par le rythme de sénateur d’une cérémonie morne, sans vivacité ni liberté de ton. Trois heures à faire du surplace et à attendre que chaque lauréat termine son discours, faut quand même assumer. Dans ce registre ils ont été plutôt bons, comblant autant que faire se peut un vide artistique pour le moins troublant. La soirée, exceptés les grognements lyriques d’une Jeanne Balibar en transe n’ayant pas peur du ridicule, l’émotion vraie d’une Adjani en larmes, l’hommage « lucchinien » à l’immense Eric Rohmer et le César d’honneur rendu à la star hollywoodienne Harrison Ford fut, il faut le reconnaitre, d’une platitude rarement atteinte.

Sans forcément prendre en exemple la cérémonie des Oscars, rendons à César ce qui est aux Oscars : le souffle, le show, les paillettes, le rêve. Il suffit de voir ou revoir  la « perf » d’un Hugh Jackman survolté en président de cérémonie des Oscars 2009 pour s’en convaincre. A côté d’un tel savoir-faire scénique, notre édition 2010 fait pâle figure. Résultat des courses, le programme diffusé en clair sur Canal+ a réuni 1,7 millions de téléspectateurs (9,1% de part d'audience, divisée de moitié depuis 2005).

Si les César 2010 auront plébiscité Un Prophète, récompensé par deux fois Tahar Rahim (une première un peu étrange faisant du jeune acteur aussi bien le meilleur espoir masculin que le meilleur acteur), mis un zéro pointé au Welcome de Lioret et récompensé une comédie comme meilleur premier film (Les Beaux Gosses), un dernier point s’impose. Il est navrant de constater qu’il n’y a toujours pas de César du meilleur film d’animation. Un comble pour le pays inventeur du dessin animé (Emile Cohl a projeté sa Fantasmagorie le 17 août 1908 à Paris).

Il serait judicieux de réparer cette injustice dès la revue 2011 qui, on l’espère, sera bien plus palpitante. Le maintient de sa diffusion sur une chaîne nationale en dépend.

Un prophète, de nouveau en salles le 3 mars

Posté par vincy, le 3 mars 2010

UGC n'a pas tardé à réagir à la moisson de 9 Césars pour son film Un prophète. Le co-producteur et distributeur du film ressort le film ce mercredi 3 mars dans 150 cinémas français. Il avait séduit lors de sa première exploitation 1 252 000 spectateurs et est actuellement disponible en DVD.
Le film commence sa carrière aux Etats-Unis dans 9 salles. A quelques jours des Oscars, où il est nommé (mais pas favori), le film a déjà récolté près de 200 000 $ de recettes.

Ecran Noir décerne « ses » Césars 2010

Posté par vincy, le 27 février 2010

Nous serons à coups sûrs déçus par les vainqueurs des Césars, comme souvent. On reste surpris de certaines nominations (La journée de la jupe, un téléfilm à l'origine), de certains oublis (Chiara Mastroianni) et de quelques obstinations (l'absence persévérante d'un César du meilleur film d'animation).

Si on voit mal le treize fois nommé Un prophète repartir bredouille, et s'il mérite le César du meilleur film et du meilleur réalisateur, il reste qu'on peut s'attendre à une surprise dans la catégorie reine. Welcome, avec son sujet politique et l'actualité récente sur l'identité nationale, peut s'avérer un outsider redoutable.
La catégorie meilleur acteur est l'une des plus ovuertes. Cluzet part en tête, si l'on prend en compte les récents prix distribués par différents corps de la profession. Mais, deux fois nommé, il peut aussi voir ses soutiens se dilluer. Un César pour Attal et surtout Lindon aurait plus de caractère : ils ne l'ont jamais eu, et les films qu'ils représentent sont clairement meilleurs.

Côté actrice, tout le monde souhaite la résurrection d'Isabelle Adjani. Ce serait un choix facile et injuste pour Kristin Scott-Thomas, qui signe clairement la meilleure performance de l'année, avec Dominique Blanc dans L'autre. Là encore Scott-Thomas n'a jamais été césarisée.
Les seconds rôles sont très ouverts; on miserait volontiers sur Niels Arestrup et Noémie Lvovsky; même si un César pour Anglade aurait de la gueule après sa traversée du désert, et pour Atika, par pure amitié. Enfin, on voit mal Tahir Rahim ne pas être sacré espoir masculin.

Dans les catégories techniques, les Césars auront le choix de prolonger la razzia attendue du Prophète. Mais c'est aussi avec ce prix que Welcome a le plus de chance. Dans les deux cas, ce serait un bon choix.  Trois adaptations parmi les cinq sont particulièrement réussies : Coco avant Chanel, Mademoiselle Chambon et Les herbes folles.

La meilleure première oeuvre devrait revenir, logiquement, aux Beaux Gosses, tout comme le meilleur documentaire aurait de la classe avec L'enfer de HG Clouzot. On ne se fait pas d'illusions : Le Ruban Blanc devrait recevoir son énième prix ce soir.

Pour le court-métrage soyons subjectif : nous votons pour nos amies Claire Burger et Marie Amachoukeli (C'est gratuit pour les filles). Et pour la musique, Le concert a toutes ses chances, vu son sujet. Ce qui nous ferait plaisir pour Camille Adrien qui a supervisé les orchestrations et les compositions d'Armand Amar.

Enfin deux Césars qui ne nous décevront pas : Eric Rohmer et Harrison Ford. Un grand écart qui souligne à quel point le 7e Art est riche de ses contrastes. Ce que souvent les Césars oublient dans leurs nominations.

Rencontre avec Lucas Belvaux, le plus français des réalisateurs belges

Posté par Benjamin, le 2 février 2010

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Lors du 22ème festival Premiers plans, Lucas Belvaux a tenu, jeudi matin, une leçon de cinéma. Pendant près de deux heures, il est revenu sur sa carrière d’acteur-réalisateur, expliquant son parcours, la spécificité de son cinéma et ses choix de réalisateur. Détendu, sympathique, derrière ce regard pénétrant et cette voix si apaisée se cache un cinéaste très attaché à l’homme et à ses combats.Dans un premier temps, il a donc évoqué sa carrière d’acteur et son départ de sa Belgique natale pour Paris en stop alors qu’il n’a que 17 ans. L’école ce n’est pas pour lui, il part tenter sa chance dans la capitale française. Et si les choses sont difficiles, il joue dans de petits rôles à la télévision qui lui permettent tout juste de quoi vivre. C’est l’année 1984 qui lui est salutaire puisqu’il joue coup sur coup devant la caméra de Rivette et de Chabrol dans Hurlevent et Poulet au vinaigre.

Et ce qui le décide à passer derrière la caméra, autre que le fait d’avoir toujours été attiré par le poste de réalisateur, c’est sa lassitude en tant qu’acteur. Belvaux déclare qu’il voyait ses limites d’acteur, et que donc, pour ne pas finir enfermer continuellement dans des rôles identiques ou par peur tout simplement de voir sa carrière s’arrêter, il s’est essayé à la réalisation. Et ses premiers grands succès sont trois films qui forment une même trilogie : Un couple épatant, Cavale et Après la vie. Trois films qui résument bien en quelque sorte la singularité du cinéma de Lucas Belvaux. « Les seconds rôles sont des personnages principaux dont on ne voit que des bouts ». Voilà le point de départ de sa trilogie : s’intéresser aux seconds rôles. Pour lui, un second rôle ne doit pas être caricaturé comme beaucoup dans les films, il doit être traité comme un personnage à part entière, car selon lui, ces personnages sont eux-mêmes les personnages principaux d’une autre histoire qui leur appartient, mais que bien sur, on ne voit pas. Et sa trilogie change de point de vue selon les films, s’attachant à toute une chorale de personnages tous magnifiquement interprétés.

Puis viennent les questions des auditeurs. Des questions qui concernent le caractère belge de son cinéma ainsi que l’aspect social de ses films. A la question « où vous situez vous dans le cinéma belge ? », il répond « à Paris ». Réponse des plus logiques, car il habite dans la capitale (et travaille) depuis 1979. Le seul lien qu’il a avec la Belgique – outre sa nationalité – ce sont les financements que le plat pays lui accorde.

Enfin, le réalisateur de Rapt a expliqué ses principales intentions dans ses films et qu’il cherchait avant tout à « trouver la complexité de chacun » qu’il soit ouvrier au chômage ou patron kidnappé. Il s’intéresse en premier lieu à l’Homme. L’homme, dépossédé de tout caractère social, qui retrouve sa condition première.

Son dernier film, Rapt avec Yvan Attal est d'ailleurs sorti en novembre et a reçu l'honneur de plusieurs nominations aux prochains César.