Claude Miller (1942-2012) : la meilleure façon de partir…

Posté par vincy, le 5 avril 2012

Claude Miller, réalisateur, scénariste et producteur, est décédé mercredi 4 avril au soir à l'âge de 70 ans. 7 fois nommé au César du meilleur réalisateur (sans jamais l'obtenir), trois fois dans la catégorie du meilleur scénariste (avec le prix pour Garde à vue), et quatre fois cité dans la catégorie du meilleur film (La meilleure façon de marcher, Garde à vue, L'effrontée, Un secret), Miller était parfois méprisé par une partie des critiques et de la profession qui voyait en lui un cinéaste populaire et non pas un auteur héritier de la Nouvelle Vague. Une ironie si l'on connaît son parcours : il a débuté avec Marcel Carné avant d'être l'assistant réalisateur de Michel Deville (Martin Soldat), Jean-Luc Godard (Week-end), Jacques Demy (Les demoiselles de Rochefort) et surtout le directeur de production de François Truffaut (La Sirène du Mississipi, L'enfant sauvage, Domicile conjugal, Les deux anglaises et le continent, La nuit américaine, L'histoire d'Adèle H.).

Deux fois sélectionné à Cannes (avec le prix du jury pour La classe de neige en 1998), prix de la Critique internationale à Berlin (La chambre des magiciennes), grand prix des Amériques à Montréal (Un secret) et enfin prix Louis Delluc en 1985 (L'effrontée), Miller a pourtant l'un des plus beaux palmarès de sa génération.

Charlotte for ever

De La meilleure façon de marcher, son premier film en 1976 à Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou, tout juste achevé (le film pourrait être à Cannes et sortira le 21 novembre), il aura tourné 17 films, dont quelques grands succès en salles comme Garde à vue, L'effrontée, La petite voleuse, L'Accompagnatrice ou Un secret. Certains de ses films ont également été de cuisants échecs, souffrant de sorties trop discrètes. Surtout, Miller, depuis La classe de neige, avait des difficultés à trouver des financements pour ses films. L'impossibilité de concrétiser son grand projet, Nana, l'a contraint à trouver des sujets plus modestes. Cela a d'ailleurs coïncidé avec sa découverte des caméras numériques, lui ouvrant de nouvelles perspectives et finalement une nouvelle façon de filmer, plus libre, plus rapide.

Le cinéma de Claude Miller était un cinéma d'émotions. Les visages des acteurs importaient plus que le décor. Les plus grands comédiens, qui lui furent très fidèles - certains ont tourné plusieurs films avec lui - sont passés devant sa caméra: Michel Serrault, Romy Schneider, Lino Ventura, Patrick Dewaere, Isabelle Adjani, Miou-Miou, Gérard Depardieu, Marina Hands, Sandrine Kiberlain, Jean-Claude Brialy, Nicole Garcia, Bernard Giraudeau, Jean-Pierre Marielle, Richard Bohringer. Il fut aussi un grand directeur de jeunes acteurs en herbe : Charlotte Gainsbourg lui doit son premier César, Romane Bohringer l'un de ses meilleurs films et on devrait aussi citer Ludivine Sagnier, Vincent Rottiers, ...

Les âmes grises

Il aimait les histoires ambigües, troubles, où la carapace morale se faisait taillader par des vérités blessantes ou la cruauté de l'humanité. L'ambivalence des comportements, des situations est ainsi admirablement incarné à l'image par Michel Serrault dans Garde à Vue (coupable ou pas d'un crime affreux) et Mortelle randonnée (à la fois flic et ange gardien de sa cible). Il plongeait dans l'intime, révélant les zones d'ombres, souvent dans des films où la lumière, artificielle ou naturelle, était omniprésente. Ces petites histoires ultra-sensibles composaient au final une oeuvre sur la lâcheté et la complicité, dans un ensemble empreint de tristesse. Le sombre l'attirait. Les zones obscures le tourmentaient. Miller faisait un cinéma anti-mélo, où la complexité prévalait sur les bons sentiments. L'adolescence et l'enfance l'intéressaient sans doute pour cela : coupable ou non, personne n'est innocent à ses yeux.

Fils d'un employé du Grand Rex, à Paris, né de parents juifs en pleine guerre, major de l'Idhec (ex-Fémis), Claude Miller a aussi été un cinéaste impliqué dans sa profession, en président la Fémis ou les salles Europa Cinémas.

Nous l'avions rencontré deux fois (mai 1998 et janvier 1999). La mélancolie - certains évoquaient même une dépression chronique - qu'il dégageait était atténuée par une douceur non feinte. Il aimait le dialogue avec les autres tout en étant abattu par la dureté de l'époque.

La meilleure façon de partir pour un cinéaste est celle de nous laisser un dernier film, posthume, pour nous consoler de sa disparition.

César 2012 : record d’audience pour une cérémonie longue et ratée

Posté par vincy, le 25 février 2012

Le palmarès, qui ne peut pas nous satisfaire évidemment, n'aura pas surpris grand monde - hormis peut-être la défaite de Maïwenn dans la catégorie réalisateur et le triomphe d'Omar Sy face à Jean Dujardin dans a catégorie acteur. Ces 37e César ont offert peu de moments mémorables durant les 2h45 de cérémonie au Théâtre du Châtelet. Pourtant Canal Plus a rassemblé 3,9 millions de téléspectateurs, soit 18% d'audience. Un record d'audience, et plus d'un million de téléspectateurs supplémentaires par rapport à l'an dernier.

La soirée commençait relativement bien avec un montage où l'animateur Antoine De Caunes, pas mauvais mais un peu tiède, s'incrustait dans quelques films césarisables (mais pas tous, hélas) et une transition entre la séquence de danse de Polisse à l'écran puis sur la scène, avec JoeyStarr et ses quelques pas de danse au public. Puis tout a déraillé. Des présentations trop longues, des textes mal rythmés, pas très bien écrits (les gags s'éternisaient) offrant de grands moments de solitudes aux intervenants, ont plombé l'ambiance. Malgré le talent de certains, difficile de rattraper ces baisses de tempo. D'autant que les discours des gagnants étaient souvent maladroits, peu inspirés et l'émotion manquait souvent.

Sans compter quelques dérapages en direct (Mathilde Seigner gâchant le César de Michel Blanc en faisant acte de favoritisme pour JoeyStarr), une série de présentations ratées (mention spéciale à celle d'Alexandre Astier) ou des plantages involontaires (qui pouvait comprendre le franglais de Michel Gondry quand il rendait hommage à Kate Winslet?).

On sauvera cependant quelques séquences :  l'arrivée sur scène de Kate Winslet (quelles formes), le beau montage en l'honneur d'Annie Girardot, la vanne sur Megaupload, deux trois discours (Michel Blanc, Omar Sy, la monteuse de Polisse), l'humour décalé de Sara Forestier, le clin d'oeil de Valérie Lemercier, la surprise rédemptrice de Mathieu Kassovitz (qui avait enflammé Twitter en insultant les Césars, comme Dany Boon les avait critiqué violemment avant de venir en remettre un). On peut aussi avoir été charmé par la tentative de Julie Ferrier de nous faire rire avec le dressage d'animaux...

L'intervention la plus drôle fut sans conteste celle de Laurent Lafitte, génial Maître de Cérémonie des Molières l'an dernier, et qui nous aura fait regretté de ne pas être celui des Césars cette année : en remettant le César du meilleur film étranger, il commence à égrainer la liste des nommés dans la catégorie du meilleur français dans une actrice américaine (avec une forte connotation sexuelle assez réjouissante, vidéo).

Reste le côté "fashionista". On ne jouera pas les critiques capillaires (le roux de Bérénice Bejo) ou vestimentaires (la robe de Carmen Maura). Mais notons cette année que les décolletés étaient plongeants. Un défilé de seins était offert à tous les regards (et certaines poitrines auraient affolé le téléspectateur si l'écran était en 3D : Aure Atika, Valérie Bonneton, Sylvie Testud, Kate Winslet ...). C'est sans doute l'explication à ce record d'audience digne de Miss France.

César 2012 : 31 révélations (et non plus 32) en 90 secondes dans 400 salles

Posté par vincy, le 29 décembre 2011

Ils ne sont plus que 31. Une comédienne manque à l'appel dans la liste des jeunes interprètes sélectionnables pour les nominations du Meilleur espoir (masculin et féminin) des prochains César (voir la liste). Agathe Bonitzer (photo) a, en effet, été retirée de la liste car son film, Une bouteille à la mer, de Thierry Binisti. Et pour cause : le film ne sortira finalement que le 8 février prochain.

Pour soutenir le jeune cinéma français, les César, avec le partenariat de Chaumet, va présenter ces talents de demain à travers le projet "Révélations 2012" : un film de 90 secondes réalisé par le photographe Jean-Baptiste Mondino, qui sera diffusé dans plus de 400 salles de cinéma du 18 au 31 janvier 2012.

A cela s'ajoutera un coffret collector tiré à 400 exemplaires présentant les 31 comédiens à travers l'oeil du photographe.

3 catégories des César font leur 5 à 7

Posté par vincy, le 19 décembre 2011

L'assemblée générale de l'Académie des arts et techniques du cinéma a décidé de donner davantage de visibilité à trois catégories reines des César, qu'elle organise. Il y a deux ans, le nombre de nominations pour les films était déjà passé de 5 à 7. Cette année, à leur tour, les réalisateurs, acteurs et actrices ne seront plus cinq mais sept.

Les 37e César se dérouleront le 24 février sous la présidence de Guillaume Canet. Pour la huitième fois, Antoine de Caunes sera le Maître de cérémonie.

Le public pourra voir les films en compétition au cinéma parisien Le Balzac du 8 au 22 février.

Guillaume Canet présidera les César 2012

Posté par vincy, le 16 décembre 2011

Deux ans après sa compagne Marion Cotillard, Guillaume Canet, 38 ans, présidera la prochaine cérémonie des César, le 24 février prochain. C'est le plus jeune acteur ou réalisateur qui sera ainsi honoré depuis 1976.

Canet est un habitué de la soirée puisqu'il a reçu le César du meilleur réalisateur en 2007 (Ne le dis à personne, qui était aussi nommé comme meilleur film et meilleure adaptation). Il avait été nommé au César du meilleur premier film en 2003 (Mon idole) et en tant qu'espoir pour En plein coeur en 1999.

Canet a connu un gros succès public avec sa dernière réalisation, Les petits mouchoirs en 2010. Cette année, on a pu le voir dans La nouvelle guerre des boutons (1,54 million de spectateurs). Début janvier, il sera à l'affiche du film de Cédric Kahn, Une vie meilleure.

Le court métrage dans tous ses états

Posté par MpM, le 3 juillet 2011

Plus besoin de le prouver, Ecran Noir aime le court métrage. Chaque semaine depuis presque un an, nous vous proposons grâce à l'Instant court des films venus de tous les horizons géographiques comme cinématographiques. Du clip au making-off, de la fiction au documentaire, de l'image fixe à l'image animée, tous les courants sont représentés.

En ce début d'été, afin de poursuivre cette exploration du petit format, nous vous indiquons les meilleurs lieux pour visionner des films courts sur grand écran !

Du 4 au 6 juillet 2011, lors des Nuits en or à l’UNESCO

Pour la première fois, l’UNESCO ouvre ses portes à l’Académie des César pour accueillir les "Nuits en or", un panorama des meilleurs courts métrages mondiaux de l’année, tous distingués par les Académies de Cinéma du monde entier (Oscar, Goya, Bafta…)

En tout 41 courts métrages de fiction, d’animation ou documentaires venus de 24 pays, parmi lesquels le fameux Logorama réalisé par le collectif H5, et lauréat non seulement d'un César du meilleur court métrage, mais également d'un Oscar.

Non seulement ces 3 "nuits en or" sont  la possibilité unique de découvrir les grands talents de demain, mais en plus elles sont gratuites et ouvertes à tous dans la limite des places disponibles !

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L'Académie des César à l'UNESCO
125 avenue de Suffren
75007 PARIS
Du 4 au 6  juillet
Séances à 14H30 et 17H00 au Grand Auditorium
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
Information et programmation sur le site de la manifestation

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Jusqu'au 13 juillet à Paris cinéma

Comme tous les ans, le Festival Paris cinéma réserve une place importante au court métrage auquel plusieurs séances spéciales sont consacrées. On pourra ainsi découvrir l'un des courts métrages primé à Cabourg, J'aurais pu être une pute de Baya Kasmi (samedi 9 au MK2 Bibliothèque), ainsi qu'une sélection de films courts réalisés par Jerzy Skolimowski (dimanche 10 au Nouveau latina).

Mais le clou du festival sera sans aucun doute le programme de courts métrages en 3D relief du samedi 9 (au MK2 Bibliothèque), en présence de leurs jeunes réalisateurs, qui viendront raconter comment ils se sont appropriés les nouvelles technologies 3D sur le format court.

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Paris cinéma
Jusqu'au 13 juillet
Information et programmation sur le site de la manifestation

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Du 5 au 9 juillet, au 34ème Festival du Film Court en Plein Air de Grenoble

Pas besoin d'habiter en Ile de France pour profiter du déferlement estival de films courts, novateurs et inventifs ! A Grenoble, cela fait plus de 30 ans que le Festival du Film court en plein air poursuit son œuvre de découverte autour de ce format court.

Un festival une fois encore totalement gratuit qui propose une compétition, une sélection de films muets italiens datant d'avant la première guerre mondiale, des séances thématiques sur le cinéma africain contemporain et sur le cinéma belge "nouvelle génération", une séance jeunesse, une "nuit blanche" passée à regarder les films sélectionnés par Christophe Taudière, programmateur de l’émission Histoires courtes sur France 2, et bien d'autres événements ludiques, instructifs et conviviaux.

A noter les 5 et 6 juillet, un stage d’analyse de film animé par Jean-Pierre Andrevon lui-même autour du cinéma de science-fiction.

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34ème Festival du Film Court en Plein Air de Grenoble
du 5 au 9 juillet
Information et programmation sur le site de la manifestation

Cannes 2011 : Qui est Anaïs Demoustier ?

Posté par MpM, le 15 mai 2011

Deux nominations aux César (meilleur espoir féminin en 2009 et 2011, battue respectivement par Déborah François et Leila Bekhti), le prix Romy Schneider il y a quelques semaines et maintenant un film en sélection à Cannes : ça y est, Anaïs Demoustier a pris son envol.

A même pas 24 ans, la jeune fille a pourtant déjà plus de dix ans de carrière derrière elle. Un premier film face à Michel Serrault en 2000 (Le monde de Marty), un rôle marquant face à Isabelle Huppert dans Le temps du loup (2003), des personnages secondaires dans plusieurs comédies (Le prix à payer, Hellphone), des apparitions à la télévision (P.J., Reporters...), elle tourne presque sans interruption pendant toute la décennie 2000.

Mais c'est dans Les grandes personnes d'Anna Novion (2008) qu'on la remarque vraiment. Mutine et rebelle, elle campe la fille adolescente d'un Jean-Pierre Darroussin surprotecteur et fait preuve d'un sens inné de la comédie. Instantanément, on retient son nom, son visage couvert de taches de rousseur, sa spontanéité naturelle.

Suit Sois sage de Juliette Garcias où elle incarne une jeune femme à la recherche de son amour perdu. Elle est aussi du casting en forme de portrait d'une génération de La belle personne de Christophe Honoré, aux côtés notamment de Grégoire Leprince-Ringuet et Léa Seydoux.

En 2010, elle retrouve cette dernière dans Belle Epine de Rebecca Zlotowski, mais c'est surtout dans D'amour et d'eau fraîche d’Isabelle Czajka qu'elle crève l'écran. Elle est Julie Bataille, une jeune fille surdiplômée qui est obligée d'accepter des petits boulots ingrats pour survivre. Une fois encore, elle brille par son naturel et sa vivacité, à la fois extrêmement mature et incroyablement fragile. Le César lui échappe une seconde fois (un peu injustement) mais cette fois c'est sûr, ce n'est que partie remise.

D'autant qu'Anaïs Demoustier semble n'avoir aucune envie de s'enfermer dans un style, ou un art. Depuis le début de l'année, elle est au théâtre dans Le problème de François Bégaudeau, mis en scène par Arnaud Meunier. Et à Cannes, donc, dans Les neiges du Kilimandjaro. L'occasion pour elle d'intégrer la "famille" Guédiguian et de revenir (par le grand escalier) dans ce festival qui l'a propulsée sur le devant de la scène. Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est d'en repartir avec un prix d'interprétation sous le bras, enfin.

Daniel Auteuil fait une OPA sur Pagnol

Posté par vincy, le 24 mars 2011

La première réalisation de Daniel Auteuil sort en salles le 20 avril. La fille du puisatier est le remake du film de Marcel Pagnol, tourné en 1940 avec Raimu et Fernandel.

Alain Sarde et Pathé ont signé pour qu'il poursuive sa réinterprétation de l'oeuvre de l'auteur provençal. Trois pièces de théâtre de Pagnol - Marius, Fanny, César - seront donc adaptées par Auteuil, dès 2012. Marius en 1931, Fanny en 1932 et César en 1936 ont déjà existé au cinéma, respectivement filmés par Alexandre Korda, Marc Allégret et Marcel Pagnol lui-même. Fanny a aussi fait l'objet d'une adaptation à Broadway sous forme de comédie musicale et et à Hollywood en film musical. La trilogie avait aussi été tournée pour la télévision en 2000.

L'oeuvre de Pagnol a toujours été populaire au cinéma, même après sa mort. Yves Robert a rencontré un immense succès avec La gloire de mon père et Le château de ma mère. Claude Berri fut sacré grâce au diptyque de L'eau des Collines (Jean de Florette, Manon des Sources)... dans lequel on croisait un certain Auteuil dans le rôle d'Ugolin. Avec ce personnage, sa carrière a viré de bord, passant des comédies potaches et séries B aux films d'auteur français les plus respectables. Et il gagna son premier César.

BENDA BILILI ! en DVD

Posté par Claire Fayau, le 6 mars 2011

Benda BililiAvant d'être un titre de film, Benda Bilili est un orchestre de rue du Congo Kinshasa composé de musiciens paraplégiques qui se produisent désormais dans les plus grandes villes du monde. C'est donc un véritable conte de fées qu'ont suivi les documentaristes Renaud Barret et Florent de La Tullaye pendant les 5 ans qu'a duré leur aventure auprès du Staff Benda Bilili.

Pourtant, au départ, le sujet pouvait paraître plombant, voire carrément misérabiliste : la pauvreté, la galère, la maladie... Il fallait une bonne dose d'optimisme pour percevoir le potentiel à la fois joyeux et universel de ces destins hors normes, et pour en faire ce documentaire chaleureux et empathique. Mais la force de Benda Bilili!, c'est justement d’aller au-delà des apparences, et c'est pourquoi il faut voir ce film qui va au-delà des clichés que l’on pourrait avoir sur la musique, l’Afrique ou le handicap.

Cela tombe bien, depuis le 1er mars dernier, le film est disponible en DVD. L'occasion de (re)découvrir Roger, l'enfant des rues, et Ricky, qui rêve de faire du Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo Kinshasa, mais aussi de suivre tout le staff de répétitions en galères, de déconvenues en bonnes surprises. Jusqu'au jour du départ, quand les musiciens s'envolent pour la première fois hors du pays pour se produire sur scène. Et puis bien sûr, il y a les traditionnels bonus, parmi lesquels des titres à télécharger, le récit de leurs aventures cannoises (le film a fait l'ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs en 2010) et de nombreuses scènes coupées.

On découvre ainsi comment Roger construit son monocorde à partir d'éléments de récupération. Au travers de plusieurs séquences de rue, on perçoit l'ambiance mais aussi les rapports de force entre les musiciens. Certains passages sont carrément savoureux, comme la perplexité gourmande des membres du staff devant une statue de Kate Moss à Oslo.

Enfin, il y a les extraits musicaux, bien sûr ! Une musique pleine d’énergie et de joie de vivre communicative à découvrir absolument en live. Justement, le staff est en tournée en France à partir du 15 mars. Parmi les 27 dates qu'ils assurent dans le pays,  il y en a forcément une près de chez vous...

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Benda Bilili! de Florent de la Tullaye et Renaud Barret
DVD disponible à partir du 1er mars 2011
Éditions Studio 37 et Sophie Dulac Distribution

A voir : le site internet officiel
A écouter : l'album "Très très fort"

Retour sur les Independent Spirit awards

Posté par MpM, le 5 mars 2011

spirit awardsPris entre les feux croisés des Césars (le vendredi) et des Oscars (le dimanche), les Independent Spirit awards qui se déroulaient le week-end dernier sont légèrement passés inaperçus. Pourtant, ces prix du cinéma américain indépendant permettent d'imaginer une version alternative du paysage cinématographique 2010, en cantonnant notamment Le discours d'un roi (qui a trusté les Oscars les plus prestigieux) à l'unique catégorie du meilleur film étranger (prix qu'il a bien sûr remporté haut la main).

Privé de de cet imbattable concurrent, c'est ainsi Black swan qui a tiré son épingle du jeu. Quand seule Natalie Portman avait trouvé grâce aux yeux de  la vénérable académie, le thriller classieux de Darren Aronofsky a été couronné quatre fois : meilleur film, meilleure image, meilleur réalisateur et meilleure actrice (pour Natalie Portman encore).

James Franco a lui été sacré meilleur acteur pour sa performance époustouflante dans 127 heures de Danny Boyle tandis que deux acteurs de Winter's bone (Dale Dickey et John Hawkes) remportent les prix d'interprétation dans un second rôle. Une petite consolation pour le très réussi film de Debra Granick, totalement boudé aux Oscars.

Finalement, même si les résultats diffèrent, nombreux étaient  les films à être indifféremment nommés lors des deux cérémonies, à commencer par les films déjà cités, mais aussi Faites le mur de Bansky (meilleur documentaire) et Tout va bien! The kids are all right de Lisa Cholodenko (meilleur scénario). On peut y voir la preuve que le cinéma indépendant brille au firmament, mais aussi constater que même dans les milieux cinéphiles, l'attention se cristallise désormais autour d'un nombre de plus en plus réduit de films.