Une cérémonie des César à oublier

Posté par geoffroy, le 4 mars 2010

cesar 2010La soirée des César 2010 n’a pas conquis les foules. L’audience, en chute libre, incite l’académie à revoir sa copie au plus vite.  

Soutenir que la 35e cérémonie des César fut sage et sans surprise relève du doux euphémisme tant elle aura été soporifique comme laborieuse. Ce triste constat, n’en déplaise aux lauréats, démontre la difficulté des César à célébrer comme il se doit – c’est-à-dire au-delà de la simple récompense – l’ensemble des professionnels du cinéma français. Sans remettre en cause le cru 2010, dominé par Un Prophète de Jacques Audiard, la cérémonie tourna court en égrenant sans âme les prix les uns à la suite des autres.

Vous me rétorquerez qu’un prix se décerne, s’acclame, se siffle à l’occasion – rarement aux César je vous l’accorde – et se remercie. Difficile, en effet, de changer un modus operandi balisé depuis 35 ans. Cela veut-il dire que la manière de s’y prendre n’aurait plus aucune importance ? A entendre les « pitch » d’avant récompense, oui. Au fil des années ils deviennent de plus en plus sirupeux et « télévisuellement » très plats, à l’instar du traditionnel discours d’ouverture prononcé cette année par une Marion Cotillard sans conviction ni originalité.

Quelques mots mous et pompeux prononcés avec hésitation pour rappeler que nous avons la chance de “partager ici ce soir le même rêve de cinéma, la chance d’être dans un pays qui rend ce rêve possible, un cinéma d’une grande richesse“. Une chance en effet de pouvoir “aimer, vivre, rire” puis “de nous battre, nous mettre en colère… de hurler même si ça nous chante…

Comme de coutume, les invités discourent sans gêne à la recherche du plus bel aphorisme afin d’éviter l’errance du lieu commun. N’empêche qu’ils furent nombreux un peu à l’image d’une soirée lente, statique, verbeuse, déclarative à en perdre la tête et le fil. Pourquoi ne pas avoir lâché la bride sur la scène du Châtelet en proposant un spectacle fait de surprises et de rebondissements, de bonne humeur et de spontanéité ? Il semblerait, au grand dam des spectateurs, que cela ne soit pas le genre de la maison. Que voulez-vous, chez nous, on ne badine pas avec les César quitte à plomber sévèrement l’ambiance.

Conséquence : notre duo vedette Gad Elmaleh / Valérie Lemercier s’est laissé étouffer par le rythme de sénateur d’une cérémonie morne, sans vivacité ni liberté de ton. Trois heures à faire du surplace et à attendre que chaque lauréat termine son discours, faut quand même assumer. Dans ce registre ils ont été plutôt bons, comblant autant que faire se peut un vide artistique pour le moins troublant. La soirée, exceptés les grognements lyriques d’une Jeanne Balibar en transe n’ayant pas peur du ridicule, l’émotion vraie d’une Adjani en larmes, l’hommage « lucchinien » à l’immense Eric Rohmer et le César d’honneur rendu à la star hollywoodienne Harrison Ford fut, il faut le reconnaitre, d’une platitude rarement atteinte.

Sans forcément prendre en exemple la cérémonie des Oscars, rendons à César ce qui est aux Oscars : le souffle, le show, les paillettes, le rêve. Il suffit de voir ou revoir  la « perf » d’un Hugh Jackman survolté en président de cérémonie des Oscars 2009 pour s’en convaincre. A côté d’un tel savoir-faire scénique, notre édition 2010 fait pâle figure. Résultat des courses, le programme diffusé en clair sur Canal+ a réuni 1,7 millions de téléspectateurs (9,1% de part d’audience, divisée de moitié depuis 2005).

Si les César 2010 auront plébiscité Un Prophète, récompensé par deux fois Tahar Rahim (une première un peu étrange faisant du jeune acteur aussi bien le meilleur espoir masculin que le meilleur acteur), mis un zéro pointé au Welcome de Lioret et récompensé une comédie comme meilleur premier film (Les Beaux Gosses), un dernier point s’impose. Il est navrant de constater qu’il n’y a toujours pas de César du meilleur film d’animation. Un comble pour le pays inventeur du dessin animé (Emile Cohl a projeté sa Fantasmagorie le 17 août 1908 à Paris).

Il serait judicieux de réparer cette injustice dès la revue 2011 qui, on l’espère, sera bien plus palpitante. Le maintient de sa diffusion sur une chaîne nationale en dépend.

Bilan 2009 : Kad Merad et Jean Dujardin, premiers de la classe

Posté par vincy, le 2 janvier 2010

merad-dujardin.jpgDeux hommes ont su conquérir à la fois les médias et les salles de cinéma cette année. Issus sensiblement de la même génération, étiquetés comiques, alors qu’ils ont aussi brillé dans le dramatique, Kad Merad et Jean Dujardin sont les deux comédiens les plus populaires en France, cette année encore.

Kad Merad a une longueur d’avance cependant. D’une part, comme Sophie Marceau chez les femmes, son capital sympathie est au plus haut chez les Français. Ensuite, il est le père du Petit Nicolas,  qui, avec ses 5,5 millions d’entrées sera le plus gros succès français de l’année. Pour l’acteur c’est un remake de 2008, puisqu’il était aussi à l’affiche du carton de cette année-là (et de la décennie), Bienvenue chez les Ch’tis. Tandis que son collègue Dany Boon n’a jamais pu dépasser les 2 millions de spectateurs par film (De l’autre côté du lit : 1,8 millions ; Le code a changé : 1,6 millions ; Micmacs à tire-larigot : 1,3 millions), Merad cumulait avec Safari (près de 2 millions de touristes), qu’il portait seul sur ses épaules. Et RTT est la comédie française de cette fin d’année (avec déjà plus de 800 000 glandeurs). Champion du rire.

Bien sûr il n’est pas le seul. Et Jean Dujardin n’a pas démérité cette année, une fois de plus. Loin de Un gars, une fille, définitivement détaché de son image de Brice de Nice, il parvient à séduire petits et grands sur des projets aussi différents que OSS 117, Rio ne répond plus et Lucky Luke. Dans le premier (2,5 millions de fans), il confirme son sens de la dérision, sa classe et un talent incontestable pour se glisser dans le costume d’un agent secret nullissime. Dans le second, malgré la très grande faiblesse du script, il incarne un Lucky Luke (1,9 millions de curieux) crédible à l’écran. Ses anciens films cartonnent à la télé. Et son mariage avec Alexandra Lamy fut un événement de la presse people cet été.

A ces deux beaux gosses, il faut ajouter Gad Elmaleh pour compléter le podium. Coco, qu’il a écrit, réalisé et interprété, est l’un des quatre films français à avoir dépassé les 3 millions de tickets gold. Un exploit pour une comédie très faiblardre, qui prouve l’immense popularité du comédien, sur scène comme à l’écran. Car pour le reste, le bilan est contrasté.

Parmi les acteurs qui ont marqué l’année, on retiendra quand même Denis Podalydès. Son Bancs Publics a été un flop, mais en second rôle masculin dans Neuilly sa Mère!, La journée de la jupe et Rien de personnel, omniprésent sur les planches, il reste l’un des comédiens les plus intéressants et éclectiques de sa génération. Vincent Lindon, quant à lui, est proche de son premier César (il a déjà été nommé trois fois) grâce à Welcome (1,2 millions de généreux), l’un des meilleurs films européens de l’année, et Mademoiselle Chambon (presque 500 000 amoureux). En plus d’être attachant, ses prises de position citoyennes l’ont aussi rendu plus visible dans les médias.

Soulignons aussi les succès personnels avec des films au genre prononcé de Guillaume Canet (le thriller L’affaire Farewell), Daniel Auteuil (le mélo Je l’aimais), Albert Dupontel (la comédie décalée Le vilain). Tous ont su capter le public. Ce qui n’est pas le cas, par exemple, de François Cluzet, pourtant impeccable dans A l’origine, et d’une justesse impressionnante dans Le dernier pour la route, ou encore de Jean-Hugues Anglade, dont c’est le retour en grâce avec le beau Villa Amélia, le troublant Persécution et la série TV de Canal +, Braquo. Côté comiques, Franck Dubosc (Incognito) l’a emporté sur Elie Seimoun (Cyprien), mais les deux prouvent surtout l’impact du petit écran sur les entrées : soyez partout, dans n’importe quelle émission, un jour ça paiera.

Le bilan s’achèvera en fait sur un nouveau talent. Meilleur acteur européen, favori pour le César du meilleur espoir, en course pour tous les prix de l’hiver, Tahar Rahim, alias Un prophète (1,2 millions de spectateurs), a surgit de nulle part. Et emporté tout avec lui …

2000-2009 : Les 10 César du meilleur film

Posté par vincy, le 23 décembre 2009

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La décennie a été coupée en deux. La première moitié a fait la part belle aux films à dimension populaire (et même à des gros succès français de l’année), divertissant ou spectaculaires. Le César du meilleur film n’apporte alors pas grand chose à Jaoui/Bacri, Jeunet, Polanski ou même Arcand, si ce n’est une reconnaissance, un sacre, après, souvent, une récolte fructueuse de prix dans le monde.

Puis, après le couronnement d’une production anglophone et d’un film québécois, les professionnels ont changé de styles. En 2005, L’Esquive surprend tout le monde. Les César vont redécouvrir l’intérêt de primer des films d’art et d’essai. Le box office est moindre, mais souvent les récompenses l’aident à vendre des DVD ou à doper sa fréquentation.

Le palmarès continue de se féminiser mais aussi de s’ouvrir au monde et au métissage. Le drame reste le genre majeur de la catégorie reine. On peut juste remarquer que la moitié des films a une femme comme personnage principal. Mais surtout, on notera qu’un réalisateur a réussi à en obtenir deux César durant ces dix ans : Abdellatif Kechiche. Il rejoint Polanski et Resnais dans les multi-césarisé. En attendant Audiard en 2010?

2000 : Vénus Beauté (Institut) - 1 240 000 entrées
2001 : Le goût des autres - 3 859 000 entrées
2002 : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain - 9 290 000 entrées
2003 : Le Pianiste - 1 400 000 entrées
2004 : Les invasions barbares - 1 301 000 entrées
2005 : L’esquive - 477 000 entrées
2006 : De battre mon coeur s’est arrêté - 931 000 entrées
2007 : Lady Chatterley - 420 000 entrées
2008 : La graine et le mulet - 805 000 entrées
2009 : Séraphine - 770 000 entrées

César 2010 : les espoirs possibles…

Posté par vincy, le 19 décembre 2009

Les coffrets César arrivent avant le Père Noël chez les professionnels de la profession. Un prophète semble imbattable cette année, devant l’outsider Welcome. Mais dans deux catégories, les espoirs masculins et féminins, les votants auront un peu moins de choix. une pré-sélection a été livrée en novembre  par le comité Révélation de l’Académie des César. 32 comédiens sont en lice. Les jeunes hommes sont, à deux exceptions près, des quasi inconnus. La plupart symbolise une France métissée et migrante.Du côté des filles, on mise davantage sur des valeurs sûres ou des actrices déjà nommées.

Masculin : Tahar Rahim et Adel Bencherich (Un prophète) ; Reda Kateb  et Julien Lucas (Qu’un seul tienne et les autres suivront) ; Vincent Lacoste et Anthony Sonigo  (Les beaux gosses) ; Mhamed Arezki (Adieu Gary) ; Firat Ayverdi (Welcome) ; Abraham Belaga (Cendres et sang) ; Mehdi Dehbi (La folle histoire d’amour de Simon Eskenazy) ; Yann Ebongé (La journée de la jupe) ; Cyril Guei (L’autre) ; Jérémy Kapone (LOL) ; Alex Lutz (OSS 117, Rio ne répond plus) ; Vincent Rottiers (Je suis heureux que ma mère soit vivante) ; Samy Seghir (Neuilly sa mère !).

Féminin : Anaïs Demoustier (Sois sage) ; Lola Naymark (L’armée du crime) ; Florence Loiret-Caille (Je l’aimais) ; Mélanie Thierry (Le dernier pour la route) ; Marie-Julie Baup (Micmacs à tire-larigot) ; Astrid Berge-Frisbey (Un barrage contre le Pacifique) ; Agathe Bonitzer (Un chat un chat) ; Sophie Cattani (Je suis heureux que ma mère soit vivante) ; Judith David (Je te mangerais) ; Mati Diop (35 Rhums) ; Pauline Etienne (Qu’un seul tienne et les autres suivront) ; Alice de Lencquesaing (Le père de mes enfants) ; Sara Martins (Mensch) ; Vimala Pons (La Sainte Victoire) ; Soko (A l’origine) ; Christa Theret (LOL).

Nul n’est prophète en son pays

Posté par vincy, le 7 décembre 2009

unprophete_prison.jpg 

De quels prophètes accouchent les prisons ? Film de genre en soi, le film « incarcéré » a donné quelques grandes œuvres au cinéma. Huis-clos au destin souvent fatal. Le journaliste russe d’Expert profite de la sortie du film de Jacques Audiard, Un prophète, dans son pays pour tisser un intéressant parallèle entre la prison française, très fictive pourtant, et l’histoire communiste de la Russie, alors territoire enfermé dans ses barbelés. L’éloge de ce Rastignac sans caractère et adaptable à toutes les situations semble avoir séduit le monde entier : Grand prix du jury à Cannes, meilleur film  au Festival de Londres, meilleur film étranger selon le Bureau national des critiques américains, six fois cités aux European Film Awards, nommé aux Independant Spirit Awards dans la catégorie meilleur film étranger, le film fait figure de favori aux prochains César (trois de  ses acteurs sont sélectionnables dans la catégorie meilleur espoir masculin) et de sérieux candidat pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Un an après l’emballement pour la vision désenchantée du collège dans Entre les murs, le cinéma français propose une observation lyrique de la prison. Courrier International, dans son n°996 du 3 décembre, fait un tour du monde des cellules à barreaux. Et si le journaliste se désole que le cinéma russe (dont la production va assez mal ces temps-ci) ne s’y intéresse pas, le cinéma mondial est riche en films, souvent critiques sur les conditions (in)humaines ou historiques, traitant du sujet. On se souvient récemment d’Hunger en Irlande du Nord, de Buenos Aires 1977 ou encore de Leonera en Argentine, de Carandiru au Brésil, …

Hollywood n’a pas été avare : des films comme The Shawshank redemption (ou du même réalisateur La ligne verte), Papillon, La grande évasion, Midnight Express, L’évadé d ‘Alcatraz… montrent l’étendue des possibilités scénaristiques. Sans compter les séquences « en prison » des thrillers. De Soderbergh à Scorsese, tous les cinéastes y passent.

Du coup, comme le souligne le Changjiang Shangbao, dans le même numéro de Courrier International, ils ne sont pas censurés, car ils reflètent une vérité. Aussi l’article se plaint quand il invoque que le thème est « ignoré par le cinéma chinois ». Le cinéma officiel, en effet, ne veut pas regarder cette face la plus sombre du régime communiste. Pourtant, comme il le mentionne, il y a matière à inspiration avec tous les faits divers chinois qui meublent les colonnes des journaux. Bien sûr le cinéma indépendant a flirté avec. Il suffit de (re)voir Train de nuit, de Diao Yinan, où l’on assiste à des exécutions de femmes condamnées. L’article d’An Ping rappelle quand même qu’une version chinoise de Vol au-dessus d’un nid de coucou a pu être produite cette année. L’internement psychiatrique semble une voie « politiquement acceptable » par le régime pour un film.

Reste que ce genre si particulier, avec ses codes et ses contraintes, empêche parfois de se libérer de quelques clichés ou détours obligatoires. C’est sans doute pour ça que ce Prophète d’Audiard a su plaire : il est davantage du cinéma que du documentaire, bien plus proche du thriller initiatique que du western moraliste.

La prison reste un décor fascinant pour le cinéma, sans doute parce qu’elle révèle toutes les contradictions d’une civilisation qui se dit démocratique, civilisée, tolérante, alors qu’elle garde au fond d‘elle de violents démons et de noirs desseins.

Destin impitoyable pour Jocelyn Quivrin (1979-2009)

Posté par MpM, le 16 novembre 2009

Jocelyn QuivrinJocelyn Quivrin est mort dans un accident de la route dans la nuit du 15 au 16 novembre. Cet acteur éclectique qui fréquentait les plateaux de cinéma depuis l’âge de treize ans (il est Philippe, le Duc d’Anjou, dans Louis, enfant roi de Roger Planchon) semblait avoir pris le temps de gravir un à un les échelons de la notoriété.

Tout d’abord à la télévision, dans les séries à succès Navarro ou Julie Lescaut, puis au théâtre à Avignon (Do you love me de Redjep Mitrovista en 1998) et chez Oscar Wilde (L’éventail de Lady Wintermere mis en scène par François-Louis Tilly en 2003) et au cinéma pour Cédric Klapisch (Peut-être) ou Alexandre Jardin (Le prof). Il est souvent “le jeune mec, le cousin qui figure dans le plan, le lycéen de service“.

Jusqu’à la révélation dans Rastignac ou les ambitieux d’Alain Tasma, un téléfilm diffusé par France 2 en 2001. A 22 ans, il crève l’écran en flamboyant héros de Balzac et reçoit le prix d’interprétation masculine au Festival de Luchon.Il faudra malgré tout attendre 2005 et l’Empire des loups de Chris Nahon pour que les choses s’accélèrent un peu pour lui. Il tourne beaucoup, sans s’attacher à un registre précis : à Hollywood (Syriana de Stephen Gaghan), en costumes (Jacquou le croquant, Jean de la Fontaine, Le défi), chez Eric Rohmer (Les amours d’Astrée et de Céladon), dans des comédies (99 francs qui lui vaut une nomination aux César, Cash, à nouveau aux côtés de Jean Dujardin), avec sa compagne Alice Taglioni (Notre univers impitoyable)… Une frénésie et une curiosité récompensées en 2008 par le prestigieux Prix Patrick-Dewaere (anciennement prix Jean Gabin).

Dernièrement, on l’avait bien aimé face à un Bénabar rongé par la culpabilité (Incognito) et à l’affiche du grand succès populaire LOL de Lisa Azuelos, tout en regrettant que personne ne lui confie un vrai premier rôle à sa  mesure. Peut-être pourra-t-on se consoler avec La famille Wolberg en décembre. Il incarne à nouveau un personnage secondaire, mais il y est intense et saisissant. Plus tard, on le verra à l’affiche de L’île aux parents de Léa Fazer et Fashion week de Claude Zidi jr.

Les César renoncent au trophée du box office

Posté par vincy, le 7 novembre 2009

L’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, organisatrice des César, la renoncé à créer un nouveau prix pour distinguer un film ayant réalisé “un grand nombre d’entrées en salles” (voir actualité du 7 octobre dernier).

Il n’y aura donc que vingt trophées. On regrette, encore et toujours, que le secteur de l’animation soit oublié alors qu’il représente, autant en matière de financements que de recettes et d’emplois, une importante part du 7e art national. De même, en ces temps numériques où les professions techniques souffrent, il est érange de ne pas récompenser les effets visuels et speciaux dans un cinéma qui en consomment de plus en plus.

Pourquoi un César du box office?

Posté par vincy, le 7 octobre 2009

Les César, comme les Oscars, ne veulent pas se couper du public. Les Oscars ont bouleversé leurs règles cette année : de cinq nominations, nous passerons à dix, permettant d’accueillir sur le tapis rouge les stars de (bons) blockbusters. Les César ne semblent pas se remettre de la polémique autour de Bienvenue chez les Ch’tis où Dany Boon lançait l’idée d’un César de la meilleure comédie (voir actualité du 10 février 2009). Ineptie puisque des comédies sont souvent citées et même récompensées dans les catégories artistiques, y compris dans celle du meilleur film. Les César, comme toutes les récompenses, ne sont pas là pour plaire mais pour distinguer.

Mais la remise en question est trop forte : quête d’audimat pour les télés, avidité de récompenses pour les talents, volonté de se réconcilier avec le garnd public… L’Académie des César veut mettre à l’honneur le cinéma de divertissement. Selon la confidence d’Alain Rocca, trésorier de l’Académie, au journal belge Le Soir, il s’agirait du César du box office (que remettrait… Dany Boon). 7 nominations dont on ne connaît les critères : classement du box office ? sélection parmi les plus populaires ? Et quid si un film d’auteur reconnu est en plus un divertissement champion du box office?

Franchement, l’intérêt est avant tout opportuniste. On est loin de la philosophie qualitative qui anime ce type de Cérémonies. Cependant ce genre de prix existe ailleurs. Au Canada, il y a une récompensé spécifique pour le film natioanl qui a séduit le plus de spectateurs. Le gagnant est connu d’avance mais permet de féliciter les producteurs.

 Cette année, à date, nous aurons donc - peut-être - parmi les nommés : LOL, Coco, OSS 117 Rio ne répond plus, Neuilly sa mère, Safari, De l’autre côté du lit et Le Petit Nicolas. De tous, Ecran Noir n’a vraiment aimé que OSS 117.

César 2010 : les 12 courts métrages en lice

Posté par vincy, le 1 octobre 2009

Ils sont douze. Douze courts métrages à avoir été sélectionnés par l’Académie française des arts et techniques du cinéma en vue d’être nommé parmi les cinq césarisables du meilleur court (et moyen) métrage.

Subjectivement, on vous annonce d’entrée notre affinité pour C’est gratuit pour les filles, de nos amies Claire Burger et Marie Amachoukeli. leur moyen métrage avait été présenté à la Semaine de la Critique cette année Cannes, juste avant Adieu Gary.

Les cinq finalistes seront connus le 22 janvier 2010. Le lauréat sera révélé le 22 février.

Masques de Jérôme Boulbès (Lardux Films)

Lila du Broadcast Club (Autour de Minuit Productions)

C’est gratuit pour les filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli (Dharamsala)

¿ Dónde está Kim Basinger ? d’Édouard Deluc (Bizibi Productions)

Le feu, le sang, les étoiles de Caroline Deruas (Les Films au Long Cours)

Montparnasse de Mikhaël Hers (Les Films de la Grande Ourse)

Séance Familiale de Cheng-Chui Kuo (Ananda Productions)

Mei Ling de Stéphanie Lansaque et François Leroy (Je Suis Bien Content)

La raison de L’autre de Foued Mansour (C’est à Voir)

Les Williams d’Alban Mench (Les Films au Long Cours)

La harde de Kathy Sebbah (Ecce Films)

Voyage autour de ma chambre d’Olivier Smolders (Interscience Film)


Séraphine traînée au Tribunal…?!

Posté par vincy, le 19 septembre 2009

820 000 entrées, 7 césar (les plus importants) : Séraphine était le film inattendu de la production française en 2008. Et un an après sa sortie, Alain Vircondelet, historien, accuse les producteurs (TS productions) et les scénaristes (Martin Provost et Marc Abdelnour) d’avoir plagié un de ses ouvrages. Le film ne fait mention d’aucune référence bibliographique (adaptation) dans son générique.

Regrettant d’avoir été “totalement évincés du succès de ce film, alors même que le scénario reproduit à de nombreuses reprises des parties de l’ouvrage dont ils détiennent les droits“, l’écrivain et les éditions Albin Michel réclament 600 000 euros de dommages et intérêts. Ils s’aventurent même à demander que l’exploitation du film soit interdite tant en France qu’à l’étranger. Il est actuellement en salles aux Etats-Unis (où il cumule pour le moment 715 000 $ de recettes).

Ce docteur en histoire de l’art et universitaire est un spécialiste reconnu de Séraphine Louis (mais aussi d’Antoine Saint-Exupéry). Selon la dépêche de l’AFP, il a soutenu en 1984 une thèse de doctorat sur cette domestique un peu illuminée devenue peintre autodidacte. En 1986, Albin Michel publie une biographie intitulée “Séraphine de Senlis”, un ouvrage qui selon son avocat, Me Christophe Bigot, “révélait pour la première fois la vie publique et secrète de Séraphine de Senlis“. Le livre ressort en 2008 quelques mois avant l’arrivée du film dans les salles.

Or cette biographie contient, “outre quelques éléments d’information bien réels, déjà établis par les premiers commentateurs de Séraphine, ceux inédits, recueillis par l’auteur, et enfin des scènes romancées, inventées par l’auteur pour donner corps à l’interprétation de Séraphine, personnage hautement énigmatique“. M. Vircondelet et son éditeur estiment que de nombreux passages du long-métrage “sont la reproduction servile” de passages publiés en 1986.

Il y a quelques phrases regrettables

TS Productions s’indigne : “Nous contestons expressément l’existence d’une contrefaçon“, a réagi leur avocat, Me Yves Henri Nédélec, arguant que les passages litigieux trouvent leur origine “dans des ouvrages antérieurs” (ceux de Jean-Pierre Foucher en 1968 et Wilhelm Uhde en 1949). Les auteurs du film avancent également comme source Françoise Cloarec qui a soutenu en 1984, soit la même année que M. Vircondelet, une thèse sur Séraphine, mais sur le terrain de la psychopathologie clinique.

Certaines phrases, présentes à l’identique dans le livre de M. Vircondelet et dans le scénario de Martin Provost, laissent pourtant songeur. Ainsi de ce moment où Séraphine parle de son processus créatif d’essence divine: “C’est comme vous diriez du miel, des liqueurs chaudes“.

Il y a quelques phrases regrettables“, concède Me Nédélec, “mais ce n’est pas une contrefaçon de l’oeuvre, car le traitement n’a rien à voir“, assure-t-il. Selon lui, le film s’intéresse “à la relation de l’artiste avec le collectionneur, et à l’homosexualité de Uhde“, ce qui n’est pas la préoccupation majeure d’Alain Vircondelet dans son ouvrage.

L’affaire pourrait être tranchée d’ici un à deux ans.